Annonce de l'auteur :

Je dois dire que ce chapitre m'a donné beaucoup de fil à retordre. En plus d'être bloquée à un endroit clé, j'ai énormément de doute quand à la « réalité » des évènements par rapport aux caractères des personnages. Ce n'est pas dans ma nature de vous demander des commentaires mais pour le coup, votre avis m'intéresse pour la suite de cette fic, et éventuellement refaire ce chapitre s'il s'éloigne de vos attentes.

Sinon, la bonne nouvelle, c'est que j'ai beaucoup réfléchis sur ce que je voulais faire de cette histoire et j'ai bien l'impression que les 20 chapitres prévus initialement vont se transformer en 30… Vous n'êtes donc pas encore débarrassés de cette fic et au lieu d'être proche du The End fatidique, vous approchez plus de la moitié maintenant…

Je vous souhaite une très bonne lecture et je vous dis « à dans trois semaines » en plus de vous remercier de votre fidélité !!!

YvyLeeWoods

15. Quand on accepte l'évidence

Cher journal,

C'est qu'il m'en arrive des choses en ce moment ! Et j'aime ce qui m'arrive. Je ne sais pas comment il arrive à me mettre dans une telle euphorie mais il y arrive très bien et j'ai la douce sensation d'être heureuse. Bon, je sais pertinemment que cet état de grâce va vite s'en aller mais là, à la minute où je noircis tes feuilles, je suis heureuse et ça fait du bien. Je suis complètement surexcitée, impatiente de le revoir et je me demande comment je vais bien pouvoir tenir jusqu'à ce soir.

Je tiens quand même à m'excuser de ne pas t'avoir écrit hier mais je n'ai pas non plus que ça à faire maintenant que j'ai un homme dans ma vie. Attends, je crois que tu n'as pas bien compris, je vais te le répéter. J'ai un homme dans ma vie. Un vrai hein, pas un imaginaire, un vrai de vrai !!! Un homme qui a des mains généreuses (et tu sais ce qu'on dit des grandes mains ? non ? Tu manques singulièrement d'instruction, il faudra que j'y remédie…), qui a une forme appréciable, et même des formes appréciables et qui font de moi une totale adolescente de treize ans comme celles dont j'aimais me moquer à l'époque. Je fais peut-être ma crise avec un peu de retard… Va savoir…

En attendant, je me sens comme libérée d'un poids, celui de la culpabilité, et je préfère en profiter jusqu'à ce que ma conscience fasse son grand retour durant le week-end. J'avoue que j'appréhende le tête-à-tête avec Ginny chez elle et surtout le petit Andy qui se faisait une joie de faire de moi sa « titi »… Il va être tellement déçu… Pauvre bonhomme… Je devrais peut-être venir avec un cadeau histoire de faire passer la nouvelle… Je sais que ce n'est pas moralement correct mais bon, en même temps ce n'est qu'un enfant et les enfants comprennent toujours plus les priorités que les adultes, non ?… Et puis, je reste quand même sa marraine et ça rien ni personnes ne pourra l'enlever. Oui, c'est sur cet argument que je dois orienter la discussion avec le petit Potter. Là où ça risque d'être nettement plus délicat, c'est Grand-mère Molly … Merlin, comment vais-je pouvoir m'en sortir… Je devrais peut-être dire à Drago de profiter de moi avant de me dire adieu parce que s'ils apprennent pour –lui-, je suis morte… On pourra lire un « Hermione Granger, assassinée par des marmitons… » parce que la mère de Ron va prendre l'une de ses armes de prédilection et va me massacrer avec jusqu'à ce que je me rétracte pour son fils. Mais qu'est ce que je raconte moi, Molly est une adulte et une adulte est dotée de raison, non ? Elle ne peut que comprendre le fait que je veuille uniquement le bien de son fils et qu'il ne pourra pas être heureux avec moi, non ?

Je m'en fais peut-être pour rien finalement… Ah j'ai hâte que tout se calme un peu… Vivement la fin de ce week-end. J'affronte tout et tout le monde puis hop, à moi une vie bien carrée et un train train quotidien bien rassurant… avec Drago… Hum, j'aime beaucoup ce petit rajout de dernière minute… avec Drago…

Je me demande quand même comment il est au quotidien… Il n'a jamais eu de relation sérieuse et il a l'habitude qu'on soit à ses ordres, soit tout le contraire de moi donc je sens que là aussi ça ne va pas être simple…

Et puis, il a l'air assez possessif comme petit ami vu la façon dont il a… défendu son territoire oserais-je dire… avec Steeve… En même temps, vu le petit mot de l'après-midi, il y a de quoi. Encore des ennuis en perspective… Pourquoi n'ai-je pas une vie simple, Merlin ? Tu m'en veux ? Je t'ai fait quelque chose bébé qui t'a déplu et tu m'as maudite à vie ?

Enfin, ce n'est pas tout ça, mais j'ai un taudis à retransformer en studio confortable… Et j'ai du travail… Heureusement que la magie existe, c'est moi qui te le dis… heureusement…

Bye.

Après plus d'une centaine de « réparo », Hermione commença à y voir plus clair dans son appartement. Bizarrement, son chat semblait introuvable à première vue et devait, selon elle, se repentir de ses actes, bien qu'une fois trouvé dans le placard, elle le découvrit en train de dormir paisiblement. Elle pesta naturellement un « sale bête » avant de refermer légèrement la porte et rassembla ses affaires pour aller se préparer dans la salle de bain. En passant devant son bureau, elle ne put toutefois pas voir pour la sixième fois la vision matinale de la silhouette de l'appartement de Drago. De bonne humeur, elle descendit et, quelques marches avant d'arriver au pallier le plus angoissant de sa courte vie, elle vit sortir Boris, un journal à la main, grand sourire et dans une tenue qui lui laissa présager une nouvelle séance de séduction à venir. En arrivant prêt de lui, elle put sentir que malheureusement, même si la tenue, bien qu'aussi démodée et vieillotte que lui, était acceptable, l'odeur, elle, était toujours aussi prenante.

- Alors comme ça, on est à nouveau célibataire… lui lança-t-il avec un clin d'œil exagéré.

- Oh, alors hier tu me faisais la morale pour avoir deux hommes dans ma vie et aujourd'hui je suis célibataire ? Demain, je serais quoi ? Mariée et mère de dix enfants ?

- Dix, ça me va ma belle, nos filles auront ta beauté et nos garçons mon intelligence…

A cette remarque, Hermione imagina l'horreur du tableau qui s'offrait à elle et se demanda ce qui était le pire pour des rejetons pareils. Avoir la laideur de leur père ou son non-intelligence ? Ca c'est une bonne question existentielle, et heureusement pour elle, celle-ci ne serait pas sur sa liste.

- Bon, qu'est ce que tu veux Boris, je suis pressée là… s'exaspéra-t-elle en soufflant.

- Cet article est bien plus intéressant que celui de la veille… Ces journalistes n'ont vraiment rien d'autre à faire qu'inventer une vie privée aux gens, expliqua religieusement le trentenaire en pointant la photo de Ron qui faisait non de la tête de manière répété.

- Quel article ? S'interrogea Hermione avant qu'il le lui tende.

La réponse à sa question se résuma alors sur une dizaine de lignes comme la réfutation d'une quelconque liaison entre elle et Ron. A la lecture des réponses de son ancien fiancé, elle ne put cependant être mélancolique et nostalgique d'une vie qu'elle avait tant espérée. Elle estima également qu'il n'était pas obligé non plus d'être aussi radical sur la négation de ses sentiments à son égard et c'est quand même le cœur serré qu'elle lut un « nous ne sommes que de simples meilleurs amis » avant de sentir un arrière goût de mauvaise conscience lorsqu'elle rajoutait « je sors avec ton pire ennemi d'enfance ». Mais au moins, les choses étaient claires maintenant et Ron devrait effectivement se sentir soulagé de dire que leur histoire s'était terminée depuis plus de cinq ans et qu'ils avaient maintenant pris des voies différentes. A y réfléchir, Hermione avait quand même du mal à reconnaître le Ron maladroit qu'elle avait l'habitude de côtoyer et devinait facilement l'état déprimé qui le rendait nettement plus sérieux pour ne pas dire pessimiste. L'amie qu'elle était commença alors à s'inquiéter et soupira de ne rien pouvoir faire pour lui cette fois-ci.

- Ma belle ?

- Hein ?

- Alors tu es célibataire, je suis célibataire, nous sommes célibataires et voisins. On peut considérer en quelque sorte qu'on vit sous le même toit et nous…

- Non, Boris, tu arrêtes tout de suite avec les nous parce qu'il n'y a pas de nous, ni même de toi et de moi, ni autre chose, frissonna-t-elle de dégoût avant d'aller s'enfermer dans la salle de bain.

A peine avait-elle enlevé ses vêtements qu'elle se précipita sous la douche comme pour se purifier de l'hypothèse écœurante de cette chose qui se disait être un homme. Une fois calmée, tout en laissant l'eau ruisseler sur son visage, elle préféra se prélasser en se concentrant sur la nuit précédente. Pour la première fois de sa vie, elle se serait presque autorisée de faire l'école buissonnière et aller retrouver son amant en catimini. L'idée parut si séduisante qu'elle en sourit avant d'être brutalement réveillée par la disparition de l'eau chaude. Hermione hurla tellement fort que Boris rappliqua en moins de deux, s'acharnant sur la porte afin de l'ouvrir. Elle eut alors juste le temps de se mettre serviette autour d'elle avant de le voir entrer dans cette minuscule pièce, baguette à la main.

- PAR MERLIN, SORS D'ICI !!!

- Mais, balbutia-t-il avant de se recevoir une énorme brosse à cheveux sur la poitrine.

- SORS, ESPECE DE PERVERS !!! SORS !!! Hurla-t-elle avec encore plus de conviction, si bien qu'un autre voisin arriva en panique.

- Qu'est ce qui se passe ? Demanda le voisin de pallier de Boris.

- MAIS SORTEZ DE CETTE FICHUE SALLE DE BAIN !!! Ordonna-t-elle toujours nue sous une petite serviette.

- Ca va aller ? Insista-t-il en la regardant avec interrogation.

- MAIS OUI !!! SORTEZ MAINTENANT !!! Reprit-elle en essayant de les empêcher de voir une quelconque partie intime de son anatomie tout en leur claquant la porte au nez.

Il fallut alors un bon dix minutes pour qu'Hermione se calme face à ce cauchemar qu'elle vivait pour la deuxième fois. Il était vraiment temps qu'elle parte de cet immeuble de fous et elle était à deux doigts d'accepter l'offre de son patron pour avoir enfin une vie sans Boris, soit le paradis sur terre à ses yeux. Elle tenta ensuite de faire quelque chose de potable avec ses cheveux mais le tremblement de sa main suite à un état d'énervement encore présent et sans brosse, elle dut se résoudre à une simple queue de cheval approximative. Elle haussa les épaules pour essayer de se convaincre que l'apparence ne comptait de toute façon pas et sortit d'un pas décidé de la salle de bain.

Après avoir rangé ses affaires de toilettes, Hermione remarqua l'heure avancée et commença à se précipiter pour ne pas être en retard, où à l'heure juste pour être exact. Etant quelqu'un de raisonnable à la base et qui aimait contrôler les choses, elle n'oublia pas de fournir deux belles gamelles à son chat et de l'eau pour tout un week-end accompagnés d'un « on ne sait jamais » en plus de joues rosies par l'idée que ça insinuait. Son chat la regarda faire avec un peu d'incompréhension et la caresse affectueuse un peu trop généreuse lui mit la puce à l'oreille. Il la regarda alors avec pure méchanceté et tenta de la griffer en signe de protestation. Non, sa maîtresse ne pouvait pas l'amadouer avec de la nourriture en abondance et par une affection intéressée, il n'était pas un chien et Hermione préféra en avoir un sur le coup.

- Au moins lui, ne me ferait pas des crises de jalousies aussi puériles…

Vexé, queue en l'air et droite, il se retourna avec classe comme il savait si bien le faire et alla s'installer confortablement entre deux oreillers du lit, tête bien emmitouflée dans le pelage de son postérieur faisant ainsi une boule parfaite.

- Et dire que je suis revenue pour toi hier soir… Ingrat ! Pesta-t-elle avant de prendre la direction du ministère.

L'avantage à travailler aux heures classiques de bureau était la foule compacte qui permettait de passer légèrement inaperçue lorsqu'il le fallait. L'article parlant de son non mariage faisait jaser beaucoup de monde et toutes les théories se confrontaient, faute d'avoir autre chose à faire. Dans l'atrium, Hermione repéra même deux de ces anciens collègues, journal à la main, en train de rire, et cette image l'agaça profondément. Elle les imaginait déjà en train de commenter sur le fait que forcément ce mariage ne pouvait avoir lieu parce qu'Hermione Granger était incapable d'avoir une vie privée. Qu'il était dur pour elle de ne pas aller leur dire qu'en plus d'être annulé et non infondé, Ron Weasley n'était pas le seul à l'avoir demandée en mariage et qu'elle avait un éventuel troisième postulant à son cœur. Pouvaient-ils en dire autant ? Hermione était sûre que non mais forcément, elle était bien la seule à le savoir. Suite à cette traversée, elle préféra rabaisser sa capuche, histoire de passer inaperçue, et monta jusqu'au deuxième par les escaliers, moins fréquentés.

Arrivée à son bureau, elle fut surprise de voir que Steeve était déjà là en train de discuter avec Thalie, visiblement de meilleure humeur que la veille, jusqu'à ce qu'elle la voit. Elle les salua avant d'aller déposer ses affaires dans son bureau. Là, un message l'attendait et son ouverture fut la première chose qu'elle fit en cette nouvelle journée de travail. Naturellement, elle ne fut pas déçue lorsqu'elle vit les initiales DM inscrit dans la cire qui assurait la confidentialité du contenu. Comme à son habitude, rien de romancé ni de sentimental, non, il l'invitait simplement à se voir après son travail et lui demandait de ne pas oublier de nourrir son chat, enfin son « estomac sur pattes » pour reprendre les termes exacts. Avec ça, elle savait pertinemment ce qu'il avait en tête et se demanda si elle ne retournerait pas rapidement chez elle le midi pour se préparer une petite trousse de toilette. A y réfléchir, ce geste aurait un goût de prémédité qui enlevait toute saveur à l'imprévu. Au moins, pour Pattenrond, c'était fait, elle n'aurait pas à y penser bien qu'elle se doutait que son animal de compagnie, qui s'apparentait plus à un tortionnaire sadique, ne se satisfasse pas d'être seul autant de temps.

- Hermione ? Intervint l'ambassadeur.

- Oui ? Répondit-elle encore dans ses pensées.

- Je dérange ? Répliqua-t-il alors légèrement vexée de la voir sourire dans le vide.

- Heu, non… Alors le programme de la journée ?

- Je vais te le donner mais avant j'aimerais te poser une question, annonça-t-il avant de fermer la porte de son bureau, ce qui n'était pas vraiment rassurant pour Hermione. Il me semblait que tu connaissais Drago Malefoy que par votre scolarité à Poudlard et que vous étiez plus ennemis. Aurais-je manqué de discernement ?

- Vu mes nouvelles fonctions, il est de mon devoir de laisser ces vieilles rancunes au passé, non ? Et Drago Malefoy est une porte d'entrée dans la société magique Londonienne. Je me devais d'honorer sa demande d'entrevue, expliqua-t-elle en s'en sortant plutôt bien dans l'art de la déformation de la vérité.

- Rien de plus intime entre vous ? Insista-t-il en la faisant rougir.

- Désolée, mais je ne répondrais pas à cette question, elle sort du cadre de ma vie professionnelle, répliqua-t-elle de manière directe.

- Fais attention Hermione, Drago Malefoy est peut-être un ancien camarade de classe pour toi, mais il est surtout un homme d'affaire redoutable et influent, et ça, pas que dans les affaires… Il a la réputation d'obtenir ce dont il a envie par tous les moyens et je n'aime pas du tout le voir tourner autour de ma collaboratrice.

- Si vous, enfin tu, si tu m'as engagé, c'est parce que tu sais que j'ai de quoi me défendre face à des personnes peu faciles, Drago Malefoy ne m'a jamais intimidé et ce n'est pas maintenant que ça va commencer.

- Bien, je n'insisterais pas. Et pour l'appartement, tu as eu le temps d'y réfléchir ?

- Ce n'est pas une décision à prendre à la légère. J'ai besoin de temps pour y penser davantage.

- En quoi ça t'engage au juste ? Entre un trente mètre carré et un appartement standing ? Financièrement, tu n'auras aucun problème et tu n'as aucune attache familiale à prendre en compte.

- Je vais y réfléchir, répéta-t-elle. Alors le programme ?

- Ce matin, on va recevoir des ressortissants dont les dossiers sont assez problématiques, puis nous iront manger avec le directeur de l'organisation internationale du commerce magique.

- Très bien, je serais prête dans quelques minutes, lui annonça-t-elle tout en retournant consciencieusement à son bureau telle une parfaite employée sérieuse, ce qui déstabilisa l'ambassadeur.

Dire que les paroles de son patron ne l'avaient pas touchées aurait été pur mensonge. La méfiance naturelle de la Gryffondor qu'elle avait été se pointa sans perdre un instant et la fit s'interroger sur ce qu'elle connaissait de la situation. La discussion de la veille avait répondu à presque toutes ses questions mais elle savait le personnage assez intelligent pour mener un argumentaire sans faille, si bien que durant toute la matinée un « Et si » l'obsédait. Et si Drago et Pansy avait tout monté ensemble pour l'humilier une ultime fois ? Si Drago voulait se venger d'Harry ou bien de Ron ? Et si Drago voulait simplement redorer sa popularité avec une enfant de moldus et la jeter ensuite pour cause officielle d'incompatibilité de caractère ? Et si Drago cherchait à s'amuser avec elle pour se prouver à lui-même qu'il peut avoir tout ce qu'il désire ? Et si Drago la considérait simplement comme un amusement de plus soit faire tomber une sang de bourbe amoureuse de lui et la jeter en lui riant au nez ?

- Hermione ? Tu en penses quoi ? Intervint l'ambassadeur de manière très sérieuse en la regardant fixement tout comme le ressortissant en face d'elle.

- Heu… Je pense qu'il serait bon d'étudier ce dossier plus profondément… essaya-t-elle de s'en sortir.

- Tu peux m'expliquer en quoi un mariage avec une anglaise, alors qu'il est marié à une américaine, mérite réflexion ? Il y a une loi autorisant la polygamie territoriale en Angleterre ? Demanda-t-il presque intéressé.

- Non, bien sûr que non, se rattrapa son assistante honteuse d'avoir été tête en l'air au mauvais moment. C'est juste même s'il ne peut épouser son anglaise, rien ne l'interdit de la fréquenter non plus et après, cela relève d'un problème conjugal hors de nos compétentes.

- Mais lors de ma dette de jeu, j'ai fais un serment par le sang !!! Je suis obligé de l'épouser si je ne veux pas maudire ma famille sur dix générations !!! S'inquiéta l'homme qui brandissait déjà la photo de ses deux enfants d'à peine deux ou trois ans et quelques mois aussi adorables l'un que l'autre.

- Bon, ne vous inquiétez pas, nous allons voir ce qui est possible avec le ministère des jeux et des sports magiques et nous vous tiendrons au courant, annonça l'ambassadeur tout en raccompagnant le pauvre homme à la porte de son bureau.

Une fois la porte fermée, Steeve la regarda avec incompréhension et lui demanda si elle allait bien tout en prenant sa cape sur le portemanteau. Elle lui assura que oui en l'imitant après avoir constaté qu'il était déjà l'heure d'aller manger. Le dernier dossier fut naturellement au centre de la conversation durant le trajet et Hermione tentait tant bien que mal de trouver une solution. Elle s'était mise dans un sacré pétrin en jouant les étourdies égoïstes et il fallait maintenant assumer sans perdre trop de plumes. Heureusement, elle avait l'avantage d'être brillante et tout en entrant dans le restaurant, elle trouva une idée qui passionna les deux collègues. En attendant que le troisième convive de la table arrive, Steeve et Hermione parlèrent sans relâche de la méthode à suivre pour sortir ce joueur malchanceux de ce malencontreux engagement. Satisfaite d'elle-même, elle en oublia la forte probabilité que Drago soit à quelques mètres d'elle en train de prendre également son repas et participa pleinement au divertissement que lui proposait son patron. Le dossier réglé, Steeve ne gâcha pas l'occasion d'un rapprochement subtile avec son bras-droit et enchaîna sur les autres cas difficiles qu'il avait eus jusque là, en sortant bien évidemment les plus risibles. Exposé d'une manière grotesque, Hermione ne put résister à cette détente improvisée et ne retrouva son sérieux qu'à l'approche d'un vieil homme dont une canne assez étonnante l'aider à marcher. Plus intriguée par l'objet que par l'homme, Hermione suivit l'oscillation de la tête d'hibou sculptée agrippée à ce qui semblait être une vieille branche d'arbre sinueuse.

- Voilà, votre table monsieur, annonça le serveur tout en l'aidant à s'installer dans le box. Je vous souhaite un bon appétit.

- Merci jeune homme, termina la personnalité digne de manger dans cette partie du restaurant.

- Votre réputation d'être à l'heure est impressionnante, salua Steeve en regardant sa montre qui indiquait midi pile, à la seconde prêt.

- C'est l'une des qualités qui fait les grands de ce monde cher monsieur, expliqua-t-il en regardant ensuite Hermione avec étonnement.

- Oh, je ne pense pas avoir eu l'occasion de vous présenter celle dont je ne pourrais plus me passer de sa présence tellement elle est indispensable, Hermione Granger, indiqua l'ambassadeur alors qu'un léger fracas attira son attention vers le point d'origine, intrigué.

- Enchanté ! Tiens, ce nom me dit quelque chose, réfléchit-il en se grattant le menton.

- Peut-être parce qu'elle fait partie de l'Ordre du Phénix et qu'elle fut l'une des résistantes actives lors de la dernière guerre ?

- Oui, peut-être, marmonna-t-il, peu convaincu.

- Hermione, voici Augustus Tradley, le directeur de l'organisation international du commerce magique.

- Très honorée, répondit-elle en baissant légèrement la tête sur le côté par respect.

Comme tout repas d'affaire qui se respecte, le vif du sujet ne fut abordé qu'après le plat principal. Durant tout ce temps, les deux hommes bavardèrent sur leurs expériences personnelles liées à la présence indispensable des femmes dans la vie d'un homme. Hermione finit par connaître la vie amoureuse d'une certaine « Minnie » aussi parfaitement que si c'était la sienne. Le grand amour d'Augustus avait eut un grand destin qui l'avait malheureusement éloigné de lui après leurs études, et celle qui y avait échappé de peu se laissait émouvoir par la malchance sentimentale de cet homme. Il affirmait ne pas regretter sa vie de célibataire et qu'il s'y était finalement habitué mais il était clair pour Hermione que « Minnie » avait toujours une place dans son cœur vu la passion qui animait son récit, accompagné de détails et anecdotes précises sur leur relation fusionnelle. Steeve déclara qu'il était quand même dommage d'avoir sacrifié une vie personnelle pour une cause, aussi louable soit-elle, mais Hermione pouvait vraiment comprendre l'état d'esprit de la jeune fille et tentait de justifier les décisions les unes après les autres. Seulement, lorsqu'Augustus affirma l'avoir demandé en mariage après la tempête qui avait malmenée leurs vies, elle ne trouva rien à en dire sur la réponse négative cinglante. Le bilan de ce récit post réunion très sérieux ne laissa nul doute sur le gâchis personnel qu'il en ressortait et Hermione s'interrogea quand même ce qu'avait pu devenir la jeune fille de l'époque.

- Oh, et bien, elle a préféré suivre l'idéal d'un vieux fou et elle est devenue… Oh mais je sais où j'ai déjà entendu votre nom. Minnie m'a beaucoup écrit à votre sujet ! Elle ne tarissait pas d'éloges sur votre intelligence et votre courage et elle avait l'impression de se revoir en vous.

- Vraiment ? Répliqua Hermione qui voyait déjà l'avenir que lui réservait la comparaison, tout en remerciant Drago avec tous les « Si » qui lui laissaient quand même une chance de ne pas finir vieille fille.

- Minnie m'a d'ailleurs dit que vous étiez la première à égaler ses résultats scolaires, qui frôlaient la perfection déjà à mon époque, et qu'en plus, vous avez passé vos aspics par correspondance en travaillant dur à chaque moment de libre. A la lire, vous étiez l'élève parfaite pour un professeur… Je suis sûr que votre vie sociale à Poudlard ne devait pas être des plus garnies, commenta-t-il avec un clin d'œil amusé alors qu'un autre bruit de fond peu reconnaissable perturbait le récit.

A ce moment là, l'esprit d'Hermione enclencha la vitesse supérieure et enquêta sur l'identité de « Minnie » avec les indices qu'elle avait obtenus. Visiblement, elle devait avoir à peu prêt le même âge que le directeur et avait été professeur. Cela s'enchaînait sur un enseignement préposé à Poudlard puisqu'elle lui avait donné des cours et elle devait bien la connaître vu l'intérêt qu'elle lui portait dans les lettres. De toute évidence, ça devait être une personne raisonnée, voire un peu trop, et là, une image choquante d'une sorcière stricte toujours habillée de vert avec un chapeau imposant qui se transformait en jeune fille séduisante en plus d'être courtisée venait se dessiner sous ses yeux. Non, imaginer Minerva McGonnagal en « Minnie » relevait de l'indécence la plus sacrilège ! Hermione se devait alors de se faire violence pour ne pas imaginer ce qu'elle faisait elle, et ce qu'avait pu faire son professeur au même âge.

- J'ai eu la chance d'avoir deux très bons amis, se concentra-t-elle donc à lui répondre.

- Ah oui, le héro et le trouble-fête, ajouta-t-il alors que Steeve toussota sur ce qu'Hermione avait clairement vu comme un rire étouffé malvenu digne de Drago Malefoy lui-même.

- Et qu'est devenue votre « Minnie », alors ? Demanda l'ambassadeur pour changer de sujet vu le regard noir que son assistante lui lançait.

- Et bien après avoir enseigné à Poudlard, elle a pris sa retraite et se consacre maintenant à des recherches sur sa passion de toujours qu'est la métamorphose. Je dois dire qu'elle a des résultats assez impressionnants et j'ai hâte de voir la publication de ses notes.

- Egalement, poursuivit Hermione qui se concentra sur la vision de la vieille dame avec des fioles, des chaudrons et des grimoires étalés sur un bureau.

L'arrivé du pudding traditionnellement servi avec du thé accompagné d'une goutte de lait sonna l'heure du changement de sujet et la politique menée de front par l'ambassadeur prit le dessus sur « Minnie ». A la grande surprise de Steeve et d'éventuelles oreilles indiscrètes, Hermione participa avec beaucoup d'aisance à la conversation comme si elle avait toujours évolué dans ce domaine. Steeve trouva à nouveau l'occasion de montrer les mérites de son assistante et d'ainsi justifier davantage sa présence à ses côtés et le vieil Augustus lui donna allégrement raison. D'un autre côté, sa concentration sur l'économie mondiale permettait à Hermione de ne pas penser à autre chose et cela l'arrangeait fortement. De ce fait, il fut que peu surprenant de constater que le repas prit finalement fin sur un bon quinze heures bien tassé. Devant la porte du restaurant, ils se souhaitèrent les marques habituelles de salutation et Hermione chargea toutefois le directeur de transmettre également les siennes à son ancien professeur à l'occasion, chose qu'il lui promit avec un grand sourire.

Steeve et Hermione rentrèrent alors tranquillement au ministère sous un vendredi après-midi très ensoleillé. Sally et Thalie les regardèrent de manière trop gentille pour être honnête selon Hermione qui sentit le poids involontaire d'une relation extra-professionnelle peser sur ses épaules. Gênée, elle lui proposa alors de se charger de la résolution du dernier dossier vu au matin et prévoyait une absence d'environ une heure, ce que Steeve approuva avec un petit air presque déçu qu'elle ne l'abandonne. Seulement, la négociation avec le directeur du département des jeux et sports magiques s'avéra plus délicate que prévue et Hermione dut fournir une argumentation sans faille pour pouvoir libérer son ressortissant de tout engagement contractuel de sa dette de jeu. En sortant du bureau du directeur, assez satisfaite d'elle-même, elle tomba alors nez à nez avec une personne qu'elle espérait pouvoir éviter malgré le fait qu'il y travaille comme un des principaux intervenants. Même si finalement, elle était aussi ravie de le voir qu'elle était confuse devant la tête peu réjouie de celui qu'elle venait juste de larguer.

- 'Mio… Hermione ? Se reprit celui-ci à dire sur un ton moins intime.

- Bonjour Ron, salua-t-elle mal à l'aise.

- Tu es venue voir mon directeur ? S'étonna-t-il en remarquant la direction d'où elle provenait.

- Oui, un dossier assez délicat mais j'ai réussi à le convaincre… sourit-elle avec une pointe de fierté.

- Oh, et bien je vais éviter d'aller le voir maintenant alors. Il n'est pas du genre à apprécier de perdre une partie, quelle qu'en soit sa nature, précisa-t-il avec un accompagnement de jeu de regard, alors ce n'est pas le moment de lui faire part de ma demande de congés.

- Congés ? Tu te prends des vacances ? S'intrigua son ex fiancée.

- J'ai besoin de prendre un peu l'air et Charlie me propose de venir lui rendre visite quelques jours. Alors, voilà… Expliqua-t-il en levant les épaules.

- Ron, soupira-t-elle après quelques secondes de silence, merci pour l'article…

- Il n'y a pas de quoi…

- Si, j'insiste, il est très bien, murmura-t-elle tout en le regardant avec un air triste que Ron remarqua.

- Garde ta pitié pour un autre, Hermione, je n'en veux pas.

- C'est juste que l'amie que je suis n'aime pas te voir ainsi…

- Tu aurais préféré que je sois heureux et que je pète la forme ? Ironisa-t-il à demi en colère.

- Non, enfin, disons que ton bien-être m'intéresse voilà tout…

- Ne t'en fais donc pas pour moi Hermione, je ne suis plus le pauvre petit garçon que tu as connu. J'ai grandi, tu sais, surtout depuis peu…

- Tu crois qu'il sera possible qu'un jour…

- Je n'en sais rien, le coupa-t-il. Je… Je dois y aller Hermione et puis nous sommes de toute manière le parrain et la marraine d'Andy, qu'on le veuille ou pas… D'ailleurs, j'apprécierais si tu l'embrassais pour moi quand tu le verras samedi…

- Tu ne… Très bien, je le ferais… soupira Hermione tout en remarquant parfaitement que Ron évitait de la regarder droit dans les yeux.

- Bon bah, salut… s'enfuit-t-il en retournant dans son bureau en lui faisant un signe de la main approximatif.

Songeuse de cet intermède avec Ron, Hermione remarqua à peine la foule de l'atrium lorsqu'elle le traversa pour se rendre à la volière ministérielle. Elle devina uniquement qu'elle avait sûrement mis plus de temps que prévu et qu'elle ne devait pas tarder à envoyer la missive au joueur d'un soir si elle voulait qu'il la reçoive avant la fin de la journée. Une fois cela fait, elle réalisa alors que la journée s'était passée assez vite finalement et qu'elle allait bientôt retrouver Drago. Elle remonta donc tranquillement, l'esprit plus joyeux et léger et rentra dans les bureaux dédiés à l'ambassade. Là, elle vit alors Thalie qui mettait son manteau dans un silence pesant et voyant qu'elles étaient seules, Hermione saisit l'occasion pour avoir une petite discussion avec elle.

- Quelque chose de prévue pour votre week-end ? Amorça-t-elle gentiment.

- Pourquoi ? Vous souhaitez ma présence pour un dossier ? Répliqua froidement l'assistante.

- Mais non, voyons ! Pas du tout !

- Parfait, à lundi, continua Thalie en prenant la direction de la porte.

- Attends, je peux savoir ce que j'ai bien pu te faire pour recevoir autant d'animosité de ta part ?

- Je ne vois pas de quoi vous pouvez parler, feinta la jeune fille.

- C'est pourtant clair, il me semble. Ca ne fait même pas une semaine que je suis ici et mis à part un léger apprivoisement mardi après-midi, tu m'aurais plus d'une fois massacrée du regard si tu avais eu une baguette à la place des yeux.

- Je vous prie de m'excuser si je ne réponds pas à vos attentes, je tâcherais à l'avenir d'être plus joviale avec vous.

- Mais enfin, Thalie, si j'ai dit ou fais quelque chose de mal, autant me le dire qu'on puisse s'expliquer !

- Alors si vous me permettez d'être honnête, je suis de celles qui n'apprécient pas les promotions douteuses…

- Comment ça ? S'intrigua Hermione qui voyait revenir le coup classique de son passé en guise de passe-partout tel un boulet.

- Je suis sûr que votre nouvel appartement vous conviendra, tout comme son voisinage, affirma-t-elle alors en appuyant bien deux mots pour essayer de se faire comprendre avant de s'en aller.

Alors c'était donc ça, non seulement elle se faisait accuser d'intimité répréhensible avec son patron mais surtout par une fille qui était sans nul doute jalouse ou envieuse d'une telle complicité. Sur le coup, Hermione se demanda si elle devait la prendre en sympathie et lui expliquer qu'il n'en était rien ou lui prouver, à elle aussi, qu'elle n'avait obtenue sa place que par son intelligence. Seulement, ça devenait de plus en plus énervant de devoir se justifier par rapport à cette place plus que controversée depuis son obtention. Agacée, elle s'avança vers son bureau jusqu'à ce qu'elle s'aperçoive qu'un spectateur privilégié avait secrètement assisté à la scène.

- Oh, vous êtes là…

- Plus de tutoiement ?

- Pardon, c'est que…

- Tu devras apprendre à faire face à la jalousie Hermione. Dans notre milieu, elle est malheureusement monnaie courante.

- Il y a surtout une énorme méprise, répliqua-t-elle tout en le regardant approcher, non sans entendre une petite alarme lui ordonner de reculer pour garder une distance respectable.

- Pas forcément, murmura-t-il maintenant à quelques mètres d'elle.

- Steeve, vous… tu te méprends sur…tenta-t-elle d'expliquer tout en amorçant maintenant une retraite tant bien que mal.

- Elle a simplement vu mon attirance envers toi… murmura-t-il en lui caressant la joue de son doigt.

- Je vous en prie, ne… commença-t-elle à dire avant de sentir le mur l'empêchant de continuer une fuite contrôle du mieux possible dans une telle situation. J'ai un… tenta-t-elle à nouveau jusqu'à sentir des lèvres étrangères à celles autorisées par son cœur sur les siennes.

Coincée, elle essaya alors de le repousser avec ses mains mais l'ambassadeur, prit dans l'euphorie de l'action, profita de l'occasion pour les lui saisir et reprendre de plus belle l'exploration non réciproque des lèvres de son assistante. Hermione essaya de toutes ses forces de se dégager mais l'oppression du corps et la pression des mains de Steeve ne lui laissaient aucune opportunité. Elle savait pourtant qu'elle se devait d'essayer encore et encore, ne serait-ce que pour pouvoir se regarder en face une fois libérée. Seulement le problème c'est qu'elle devait le faire tout en essayant de garder dans l'esprit que c'était son patron qui l'embrassait et non un homme qui aurait pu recevoir, sans remord, une résistance bien placée. Par contre, ce qu'elle n'arrivait pas à admettre c'était qu'il devait bien sentir son dégoût et qu'il ne s'arrêtait pas pour autant de la badigeonner d'une salive sinueuse et écœurante. Quel fut alors son soulagement lorsqu'un toussotement extérieur particulièrement vif et réprobateur ne termine cet intermède qui était tout sauf amoureux. Trop choquée pour s'intéresser à l'identité de la personne dans un premier temps, elle se fixa comme unique objectif de prendre son manteau et s'en aller. Puis, reprenant ses esprits, elle redescendit à la réalité et reconnut la voix de Drago dans son ton le plus froid et menaçant.

- Qui vous dit qu'elle n'a pas apprécié ? Lança l'ambassadeur alors que même un aveugle aurait pu voir qu'il s'était acharné tel un chien enragé sur sa proie.

- Et bien, vu sa tête, j'ai comme un doute, expliqua Drago tout en s'approchant d'Hermione. Ca va ? Lui murmura-t-il en n'obtenant qu'un faible hochement positif de la tête.

- Drago Malefoy s'inquiétant pour une fille de naissance moldue ? La rubrique potin s'en frotterait les mains de le savoir !

- Je vais être clair, même avec Weasley, tu n'aurais pas pu avoir ta chance avec elle, alors avec moi, enlève-toi vite cette idée de la tête.

- Elle a pourtant prétendu le contraire quand je le lui ai demandé ce matin, argumenta-t-il tout en appréciant le froncement de sourcil de son concurrent.

- Ma vie privée ne vous regarde pas que je sache ! Intervint-elle en le regardant d'un air mi écœuré et mi en colère.

- Ma relation, quelle qu'elle soit, avec Hermione ne regarde qu'elle et moi, et il est clair qu'elle ne souhaite pas en développer une avec vous, répliqua Drago tout en regardant à nouveau celle qui prit la direction de son bureau d'une manière assez déterminée.

- Elle reconsidéra sûrement les choses une fois qu'elle se sera rendue compte qu'elle n'est qu'un jouet sans valeur pour vous.

- Et qui vous dit que ce sont là mes intentions ? Répliqua-t-il en n'étonnant pas que Steeve.

- Il ne peut en être autrement venant de votre part…

- Libre à vous de le croire !

- Hermione est une femme qu'on épouse et non de celle qu'on place comme maîtresse, reprit Steeve sur un ton sérieux.

- Ne vous donnez pas la peine de m'apprendre une chose que je sais déjà, répondit Drago tout en gardant une classe qui troubla Hermione en revenant vers lui avec quelques affaires à la main, ce qui n'échappa pas à son patron.

- Hermione, je peux savoir ce que tu es en train de faire ?

- C'est pourtant clair, non ? Le coupa Drago.

- Ecoute, Hermione, c'est ridicule voyons…

- Ridicule ? S'énerva-t-elle à demi en larme. Non, ce qui est ridicule, c'est moi et ma stupide naïveté ! Oui, j'ai été totalement ridicule de croire que vous m'aviez embauché pour mes capacités et non… et non pour votre bon plaisir personnel, ridicule de ne pas donner plus de valeur aux alertes que m'ont signalés mes proches, oh oui, ça c'était ridicule mais vous remettre ma démission, ça par contre, c'est ce que je vais faire de plus censé cette semaine.

- Je t'assure Hermione que tu te méprends sur mes intentions initiales. Quand j'ai su qui tu étais et où tu travaillais, il m'a paru évident que je devais te donner la place que tu méritais d'avoir.

- Bah voyons, la carte du chevalier servant, il ne manquait plus que ça… s'indigna Drago.

- C'est sûr que vous, vous l'auriez laissé dans ce trou poussiéreux…

- Elle est assez grande pour faire ses choix, répliqua Drago sous un regard reconnaissant d'Hermione qui n'hésita pas à se justifier ensuite.

- Je préfèrerais retravailler aux archives que de continuer à être votre assistante. La compagnie des livres est nettement plus agréable que la votre. D'ailleurs, je suis au regret de ne pas donner suite à votre proposition de logement, rétorqua-t-elle sans voir la naissance d'un sourire narquois, victorieux voire provocateur se dessiner sur le visage de Drago.

Sur ce, Hermione ne laissa pas le temps aux deux coqs d'ajouter une seule parole. Elle prit la main de Drago et le força à la suivre, non sans claquer la porte. La colère qu'elle avait contre son ancien patron mais surtout contre elle lui donna la force d'avancer dans le couloir jusqu'à sentit la main de Drago glisser de la sienne. Sentant le malaise, elle soupira profondément en repensant d'une manière très accélérée à tout ce qui venait de passer et subitement, une envie de s'asseoir devint prioritaire pour elle, faute de force pour se tenir debout. Elle plaqua alors sa tête contre ses mains comme pour refuser la réalité.

- Mais ce n'est pas vrai… Quelle idiote… murmura-t-elle en se cognant assez durement avec la paume de sa main contre son front.

- Allez viens, restons pas là… proposa-t-il tout en remontant sa capuche à l'approche de deux personnes dans le couloir.

- Oui, bien sûr, coucher avec moi, ça tu peux mais être vu en public ensemble, c'est trop te demander, pesta-t-elle en perdant totalement son self-control.

- Ok, on va arrêter cette conversation tout de suite et la reprendre à mon appartement, répliqua Drago en perdant patience.

Là, à son tour, il saisit son bras, la releva de force et l'emmena, en prenant bien soin de cacher son visage, jusqu'à l'extérieur du ministère. Sans lui demander son avis, il transplana avec elle jusqu'au pied de son immeuble. Toujours aussi silencieux, ils se regardèrent avec défi à l'entrée et Drago céda en lui lâchant le bras avant de la laisser passer devant lui. Dans l'ascenseur qui menait à son étage, Hermione préféra fixer le chiffre clignotant pour éviter d'avoir à le regarder lui. Intriguée par ce qu'il pouvait bien faire, elle ne résista quand même pas à la tentation de jeter un petit coup d'œil furtif qui se solda par une prise en flagrant délit. Rouge de honte, elle sursauta presque quand la cloche sonna l'arrivée à la destination voulue. Drago ouvrit alors la porte de son appartement et y fit entrer Hermione. Pour la deuxième fois, elle fit le tour du propriétaire du regard et fut irrémédiablement attirée par la terrasse. Elle scruta l'horizon sans chercher à savoir ce que le propriétaire des lieux pouvait bien faire jusqu'à ce que des bruits de pas et des bras l'entourant à la taille lui signalent sa présence.

- J'estime simplement que notre relation est encore trop fragile pour être exposée aux regards d'autrui, lui murmura-t-il à l'oreille.

- Alors pour toi, le jour, on peut avoir une vie officielle et une officieuse la nuit tombée ?

- Non, pour moi, ce qui se passe entre nous ne regarde personne d'autres que nous dans un premier temps.

- C'était bien là mon intention jusqu'à ce que tu donnes à Harry ce dont il avait besoin pour conforter son idée de ta présence dans ma vie.

- Laisses Potter en dehors de mon appartement s'il te plait, pesta-t-il en lâchant prise et en se reculant, vexé.

- Je crois que je ferais mieux de rentrer chez moi… soupira-t-elle peu à l'aise face à la situation sans issue.

- Tu me fais encore le coup du chat affamé ?

- Non, il a de quoi manger mais je pense que je ferais simplement mieux de rentrer chez moi. Je n'ai pas envie de me disputer avec toi et j'en ai encore moins la force, expliqua-t-elle en retournant vers l'entrée de l'appartement.

- Reste, demanda-t-il en bloquant l'ouverture de sa porte.

Rester, bien sûr qu'elle en mourrait d'envie, pourtant, il manquait un « je ne sais quel petit quelque chose » qui aurait eu raison de l'empressement de ses jambes à quitter cette garçonnière. Drago se tenait maintenant devant elle et lui résister devenait de plus en plus dur. Tout ce qu'elle désirait était un peu de réconfort et il ne l'avait visiblement pas compris. En lui demandant de rester, Hermione avait bien évidemment fait la relation avec sa propre requête la semaine d'avant ainsi que ce que ça avait entraîné pour eux. Elle se demanda alors si Drago souhaitait simplement faire une pseudo réconciliation sur l'oreiller ou bien pour une raison que la sienne ne trouvait pas. Ne donnant pas de réponse, Drago se décala et lui ouvrit lui-même la porte sans rien ajouter avant de s'en aller dans son salon. A ce moment là, Hermione avait deux solutions. Si elle passait cette porte, elle devait accepter qu'il y ait peu de chance qu'il vienne la rattraper une seconde fois et dire adieu aux règles élémentaire d'une histoire romantique purement féminine. Si elle prenait l'autre option et accédait finalement à la requête de Drago, elle savait qu'il lui faudrait assumer et regarder la vérité en face. Elle en venait à croire qu'elle fuyait une chose de toutes ces forces et se faisait peur elle-même.

L'image de Minnie devenant une McGonnagal apparut sous ses yeux et son ancien professeur lui adressa ensuite un sourire consolateur comme pour la rassurer sur un avenir pas aussi noir qu'il le paraissait à première vue. Seulement, une autre arriva où elle pouvait se voir avec Drago en train d'accompagner leur aîné jusqu'au quai accueillant le Poudlard Express et là, le choix apparut nettement plus simple à ses yeux. L'option deux lui dicta alors de refermer la porte et de se retourner pour y voir un homme visiblement soulagé de cette décision.

- Est-ce que tu pensais tout ce que tu as dis à Steeve tout à l'heure ? Lui demanda-t-elle avec un regard rempli d'incertitude.

- Chaque mot… lui répondit-il en la regardant venir à lui.

- Alors, je reste...

Le sourire qu'elle put apercevoir chez Drago lui prouva la sincérité qu'elle recherchait chez lui. Elle n'en apprécia alors que davantage le baiser qu'il lui donna ensuite. Sur les premiers instants, elle n'y répondit pas et le vécut comme une sorte de purification nécessaire après l'intrusion intime de son ex patron. Puis, se laissant porté par la chaleur de celui qui avait l'exclusivité de son consentement, elle réalisa ô combien ses baisers à lui pouvaient être délicieux. L'âge et l'expérience ouvrant les portes d'une passion dévorante, elle désira autant que lui d'aller au bout du feu qui la consumait de l'intérieur. Elle savait au fond d'elle que leur relation n'était pas uniquement que physique mais le reste de son corps la remerciait de lui laisser libre court à son épanouissement de côté-là. Allongée contre lui, profitant de cette magie si spéciale de l'après, elle vit alors « Minnie » réapparaître au pied du lit et lui sourire avant de s'évaporer aussi vite qu'elle lui était apparue.

- Et de quatre… souligna Drago en bon provocateur qui grimaça au léger coup que lui adressa l'unique femme qui avait eu accès à ce lit.

- Considère-toi chanceux qu'on soit au vingt-et-unième siècle et que tu n'ais pas dû m'épouser pour obtenir le droit de dire ça, plaisanta Hermione en le regardant avec malice.

- Au moins, ça m'aurait donné une raison valable pour accélérer les choses sans trop me mouiller, se justifia-t-il.

- Très drôle, ironisa Hermione sans prendre au sérieux ce qu'il venait de dire.

- Et, le ministre avait l'air d'être plutôt pour, également… ajouta Drago tout en sachant pertinemment la réaction qu'il allait obtenir.

- Je te demande pardon ? S'étonna Hermione en se relevant légèrement pour mieux faire face à son amant.

- Bien que je ne lui ai rien dit sur nous, cet après-midi, il semblait assez déçu que tu ais trouvé une solution pour me débarrasser de Pansy, autre que celle de son remplacement.

- La prochaine fois que tu le verras, excuse le pour moi d'être simplement plus intelligente que lui, répondit-elle avec un petit air supérieur qui donnait raison à son égo.

- Ou je pourrais lui dire que ce n'est pas une si mauvaise idée que ça…

- Bah voyons, rigola Hermione avant de constater que Drago, lui, était visiblement très sérieux. Tu plaisantais n'est-ce pas ?

- Ce n'est pas comme si c'était la première fois qu'on envisageait la question…

- Les circonstances n'étaient pas du tout les mêmes Drago !

- Mais le résultat, lui, l'aurait été… argumenta-t-il, sûr de lui.

- On se connaît à peine, enfin réellement je veux dire… tenta-t-elle d'expliquer.

- Et c'était encore moins le cas la semaine dernière !

- Mais enfin Drago, je ne t'ai pas débarrassé de Pansy pour que tu t'engages avec la première venue, s'emporta-t-elle sans faire attention à l'impact de ces paroles.

- Première venue, hein ? Se moqua-t-il avant de l'embrasser dans le cou.

- Tu pourrais prendre le temps de choisir une fille plus, commença-t-elle à dire avant d'être déconcentrée par les frissons provoqués par les baisers de son amant, plus de ton monde, non ?

- Possible oui, répondit-il de manière évasive tout en attaquant le haut de son épaule. En même temps, une joli blonde qui passerait pas son temps à me contredire, à m'engueuler ou à me compliquer la vie, je dois dire que c'est tentant, provoqua-t-il à nouveau avant de se faire repousser violemment en arrière. Hé !

Celle-là, Hermione estimait qu'il l'avait bien méritée. Lui rappeler qu'il y avait encore quelques jours, il se baladait aux bras d'une blonde, aussi gâtée qu'un fantasme masculin pouvait l'être, alors qu'ils venaient de faire l'amour, elle le trouvait particulièrement gonflé. Et puis, après s'être répété la phrase une bonne dizaine de fois, elle pesa chaque mot employé avant de les analyser ensemble. Elle était naturellement tout le contraire de cette blonde mais également de toutes ces filles qui avaient dû rendre Pansy furieuse bien des soirs. Hermione réalisa alors qu'elle était plus du genre à ressembler à celles que Drago avait réussi à fuir qu'à celles qu'il cherchait à obtenir près de lui. Vexée de n'être finalement que le remplacement d'une sangsue à demi névrosée, elle récupéra quelques vêtements à sa portée et les enfila avec empressement.

- Très bien, le message est passé, s'emporta-t-elle de manière aussi prévisible que Drago l'espérait. Je rentre!

- Et où, dans ta boite à chaussure où chez ton playboy ?

- D'abord, ma boîte à chaussure est bien plus accueillante que ta souricière, et puis Steeve ne m'avait pas proposé de vivre chez lui mais dans un appartement juste en dessous du sien. Tu comprends, l'assistante personnelle d'un ambassadeur se devait d'avoir un logement décent et une disponibilité à toute épreuve… soupira-t-elle.

- Je vois, une boîte molletonnée et un voisinage problématique, rien de très novateur en soi… Si tu tiens tant à déménager, ce que je peux tout à fait comprendre, tu n'as qu'à venir vivre ici…proposa-t-il de manière très sérieuse.

Bouche et yeux grands ouverts, Hermione eut beaucoup de mal à assimiler les paroles de Drago. L'avait-il réellement invité à s'installer chez lui où était-ce encore l'une de ses remarques provocatrices qu'il affectionnait tant ? Avec tout ce qu'elle venait d'entendre en quelques minutes, elle ne savait plus quoi croire. En même temps, il était vrai qu'elle avait été séduite au premier coup d'œil et que la terrasse correspondait totalement à son envie de voir le monde sans en être vue. Il y avait certes quelques améliorations à prévoir pour en faire un chez-soi chaleureux mais le potentiel était là. Le hic dans cette séduisante alternative à une proximité à vie avec Boris était le changement d'adresse officiel. Que diraient Harry, Ginny mais surtout Ron, au fait qu'elle vive chez Drago Malefoy quelques jours après lui avoir rendu sa bague de fiançailles ? Non, elle ne pouvait vraiment pas leur… non, lui faire ça et puis de toute manière, ça ne pouvait être qu'une plaisanterie des plus douteuses de l'abruti décoloré qui préférait les blondes.

- Ne fais pas ta prude, veux-tu ! Tu disais toi-même que nous étions au vingt-et-unième siècle. Plus personne n'aurait à redire au fait que deux fiancés vivent ensemble avant le mariage.

Merlin, avait-elle inventée la phrase qu'elle semblait avoir entendu ? Etait-ce le fruit de son imagination ? Drago lui faisait autant d'effet qu'elle en arrivait à extrapoler des paroles d'une telle importance ? Non, il n'avait pas pu dire ça. Pas lui. Seulement, plus Hermione cherchait à comprendre en le regardant droit dans les yeux plus le doute prenait place dans son esprit. Si ? Il l'avait réellement dit ?

- Tu peux me redire ça s'il te plait ?

- Hermione Granger aurait-elle secrètement peur du mariage ? Elle, la Gryffondor courageuse qui a combattu les pires mangemorts ? Se moqua-t-il avant de reprendre son sérieux face à un regard de tueuse. Pense au bien que ce mariage ferait pour notre communauté !

- Bah voyons ! La revoilà, la belle excuse !

- Autant pour toi que pour moi si tu y réfléchis bien… Epouser Drago Malefoy par amour serait mal accepté par tes soi-disant amis mais par obligation, après une franche indignation à la Potter, ils finiraient par accepter. Et puis, le ministre se fera un plaisir de le confirmer en ajoutant que c'est son idée à qui voudra l'entendre, ce qui ne serait pas entièrement faux.

A l'entendre, tout était déjà presque planifié. A ce rythme, dans la minute qui suivait, elle aurait eu une date, un mage, sa robe, un traiteur, et celle d'après elle se serait appelée Lady Hermione Malefoy. Il est vrai que l'argument se tenait et que cela aurait pu lui faciliter la vie. L'idée aurait même pu suivre son chemin avec le temps et justifier le sérieux d'une relation prolongée entre eux. Mais si vite… Ca fait à peine deux jours qu'elle avait dit non à Ron, elle ne pouvait pas décemment dire oui à Drago maintenant. Non, ce n'était pas raisonnable… Et que diraient ses parents et ceux de Ron, en plus d'Harry et de Ginny… Ses proches auraient eu vite fait de la remettre dans le droit chemin. Et puis, on ne peut pas dire que ce soit une demande en mariage digne de ce nom, même Ron avait fait largement mieux, et pourtant c'était Ron…

- Ecoute Hermione, je comprends ton hésitation. J'ai eu l'occasion d'y réfléchir peut-être plus que toi. C'est vrai qu'on s'est détesté pendant plus de douze ans et je te demande ça en moins de quinze jours, reprit-il devant une Hermione dubitative qui rajoutait un « en plus » intérieurement. Seulement, le fait est que je préfère largement une brune intelligente même si elle a des idées peu communes avec les miennes qu'une blonde écervelée paradant en public et pensant qu'un livre est un objet de décoration ringarde, expliqua-t-il avec beaucoup de sincérité, ce qui la toucha. Et puis, j'ai remarqué qu'à chaque fois que notre relation fait un pas vers une direction qu'on n'aurait jamais imaginée plus jeunes, il y a toujours un obstacle pour nous faire douter et franchement, je n'ai pas envie de me demander chaque matin si tu seras toujours là au soir.

Sans le vouloir, Hermione ne put brider quelques larmes et le trop plein d'émotion que ces paroles venaient de provoquer. Gérer un Drago narcissique, glacial ou méprisant, elle savait le faire, mais un Drago tendre, doux, sincère, affectueux et sentimental, ça, elle ne s'y attendait pas. Il paraissait apeuré à la perdre et cette idée était plus que touchante. Cela lui rappelait le Drago qu'elle avait pu voir une semaine auparavant, mais également ce qu'elle avait elle aussi ressentit ce jour là. Oui, elle avait été sur le point de lui dire oui mais pas que pour la raison officielle, elle avait aimé être avec lui et se sentait à l'aise. Il avait su lui faire perdre tous ses a priori en une nuit et il y avait encore une fois réussi. Seulement, il manquait juste l'unique argument qui aurait pu lui faire dire oui sans hésitation.

- Je ne sais pas Drago… je… balbutia-t-elle avant de sentir la main de Drago sur sa joue lui faire perdre à nouveau la raison.

- Ecoute ton cœur pour une fois… lui murmura-t-il à l'oreille. Si tu es là ce n'est pas par obligation Hermione. On est tous les deux attirés par l'autre. Donne-nous simplement une chance…

- Mais un mariage…

- Notre couple ne survivrait pas sans ça… Tu crois vraiment qu'on nous laisserait tranquilles si on affichait notre relation au grand jour avec les vies qu'on a sans ça ? Demanda-t-il en la regardant droit dans les yeux.

Là, Hermione vit alors le quotidien que lui réservait ce scénario. Les journaux dans un premier temps, les remarques désobligeantes, les regards, les critiques, les réflexions, la déception et l'incompréhension au sein de leurs proches et ça, d'un côté comme de l'autre. Elle réalisa qu'effectivement, ils en auraient souffert rapidement et que les disputes auraient sûrement eu vite raison de leur couple. Il avait raison mais est-ce que ça lui donnait pour autant l'ultime justification d'un tel engagement, à nouveau, Hermione douta. Peut-être qu'après tout, leurs destins n'étaient pas d'être ensemble et un mariage ne devait pas être une excuse mais un acte d'amour. Hors, Drago avait exposé tous les points sauf celui-là.

- Et l'amour dans tout ça, Drago ?

- Je te le montrerais le soir, dans notre lit conjugal, sourit-il en levant les sourcils.

- Drago ! S'indigna-t-elle en le frappant légèrement sur la poitrine.

- Bah quoi ? Que comprends-tu par « faire l'amour » ?

- Je te parle du sentiment moi, tu sais ce truc qui doit déplacer des montagnes et tous ces trucs romantiques que les garçons détestent entendre !

- Un mariage entre une Miss-Je-Sais-Tout Sang-De-Bourbe, commença-t-il à dire avant de se faire à nouveau frapper, aïe…, et un Sang-Pur qui n'évoluent pas dans les mêmes sphères, c'est quoi pour toi ? Une banalité ?

- De la folie ?

- Ou autre chose…

- Drago Malefoy aurait-il peur de dire un mot très spécifique ? Remarqua-t-elle en se moquant.

- J'ai juste besoin de temps. Enfin, si tu nous laisse l'occasion de l'avoir… précisa-t-il avant de soupirer doucement. Et c'est une chose que tu devras m'apprendre…

Certes, il ne l'avait pas dit directement, mais il fallait être aveugle et dénuée d'un minimum d'esprit pour ne pas comprendre ce qu'il voulait insinuer. Et c'est tout ce qu'elle demandait. Alors après lui avoir fait un tendre sourire, elle l'embrassa et prit l'initiative d'augmenter leur record personnel. Hermione remarqua une différence avec les fois précédentes et nota plus de tendresse dans les gestes et les attentions de son partenaire. Apaisée par la chaleur et la plénitude que venait de lui procurer l'homme qui la tenait fermement contre lui, c'est tout naturellement et sans réfléchir qu'elle lui murmura un presque inaudible oui. Elle sentit alors ses bras se resserrer davantage autour d'elle et apprécia ce moment si spécial qui fit d'elle la future madame Drago Malefoy.