Chap 16 : Quand le destin est en marche
Cher journal,
J'ai très peu de temps mais il fallait absolument que je soulage ma conscience. Hier, j'ai fait une chose tout à fait improbable pour une fille comme moi et j'ai encore un peu de mal à réaliser et surtout à envisager toutes les conséquences qui en découleront. Pour un objet qui n'a pas de nom, ce détail devrait te sembler futile mais en ce moment, le mien a tendance à jouer avec mes nerfs. Après avoir dit oui à Ron pour entrer dans la famille Weasley et m'être rétractée, je suis depuis quelques heures promise à devenir une Lady. Malefoy… ce nom me faisait presque vomir durant des années et je vais maintenant devoir le porter avec fierté. J'avoue être partagée par le poids d'un tel nom, lourd d'une histoire peu honorable, et par le respect d'une tradition qui veut qu'une femme porte le nom de son mari. Nous sommes à une époque où ce système pourrait changer, je pourrais ainsi épouser Drago sans devenir une Malefoy, mais c'est bien sur une idée qui ne restera qu'une idée. Drago en serait blessé. Je pense que je dois surtout me rappeler que j'épouse un homme et non un nom, même si je joue les naïves en faisant cela. Je devrais sûrement faire un travail sur moi pour accepter cette donne et apprendre à vivre avec. Moi qui ne voulait pas la facilité, et bien j'ai gagné le gros lot… Là, sûr, j'aurais tout sauf ça… Mais, finalement, ce qui m'effraie le plus c'est quand même le fait que j'ai su dire non à Ron en moins de soixante-douze heures alors aurais-je le courage de tenir mon oui à un homme dont j'ignore presque tout. Est-ce de la pure folie ? Est-ce que je fais la pire erreur de ma vie ?
J'avoue que je suis en totale panique. Drago a envoyé un message au ministre ce matin pour le prévenir de notre décision dès son lever et la réponse ne s'est pas fait attendre. On a rendez-vous à midi dans le bureau du ministre de la magie pour discuter de ce dossier, comme il l'a si bien noté. Dans moins d'une heure, je ne pourrais réellement plus reculer et je panique, je panique totalement même… Merlin… Que dois-je faire… Ca va si vite… Trop vite… Je ne suis peut-être pas prête et je devrais dire à Drago de repousser l'entrevue à la semaine prochaine… Il me sortira sûrement les arguments nécessaires pour me faire changer d'avis mais il faudra quand même qu'il prenne en compte que je ne suis pas habituée à ce qui va m'arriver. Etre fiancée à lui va m'exposer aux yeux des autres alors que je voulais me faire toute petite. Etre une Lady Malefoy veut aussi dire soirées mondaines, pas d'erreurs possibles, des préjugés à combattre… En tout cas, Drago a raison sur le fait que sans mariage, une relation entre lui et moi de manière ouverte n'aurait pas survécu plus d'une semaine et encore… En même temps, on ne va pas se marier dans les vingt-quatre heures donc tant qu'on n'aura pas échangé nos vœux, une certaine fragilité nous obligera à être prudents.
Enfin, bon, même si officiellement notre mariage sera faussement d'amour cachant un de raison, lui et moi saurons qu'officieusement, il est bien d'amour. Oui, d'amour… Certes, il ne me l'a pas dit mais c'était tout comme et il a été assez explicite pour me faire comprendre que notre intimité sera largement différente de notre vie publique. Ca sera assez marrant toutefois de jouer les faux amoureux alors qu'on l'est vraiment.
Enfin tout est relatif n'est-ce pas, faut-il encore que je survive à l'annonce de cet évènement à mes parents, à mes amis et à Ron…
Mince, un grand duc arrive… Mon Adonis a dû m'espionner et voir que je faisais autre chose que nourrir mon monstre et me changer… Je vais devoir lui rappeler une règle essentielle dans un couple, l'espace vital…
Je te laisse en bonne compagnie de mon chat. Tâche de ne pas finir en lambeau comme le reste de mes affaires durant mon absence, tu seras bien aimable, j'ai encore besoin de toi. En plus, si je meurs, tu seras seul témoin de mes derniers instants de femme amoureuse. D'ailleurs, au cas où c'est le moment ou jamais de le dire, Drago, je t'aime.
A je ne sais quand…
Après un long soupir tout en refermant son journal intime, Hermione récupéra le message que le volatile lui avait apporté. Le destinataire lui rappelait son propre principe de ponctualité et que si elle voulait une fois encore le respecter, elle ferait mieux de laisser son amant au fond de son tiroir pour une fois et se dépêcher de se préparer. Soucieuse de ne pas à faire de mauvaise rencontre le jour où elle n'en avait pas besoin, elle avait pris chez Drago une bonne douche bien chaude et surtout en pouvant écarter légèrement les bras sans avoir peur de se cogner à cause de parois étroites. Elle n'avait plus qu'à trouver une tenue digne d'un entretien avec le ministre lui-même sur ses projets maritaux avec Drago. Sans grand étonnement, son chat avait protesté à sa manière contre son manque de pudeur pour une jeune fille de bonne éducation comme elle, et avait fait preuve d'innovation cette fois-ci. Non content de faire ses griffes sur ce qu'il avait mis à terre, sa révolte l'avait conduit à renverser ses bols de croquettes, de lait et d'eau sur le tas de vêtements. Ce pudding peu appétissant avait été ensuite été pétri comme du pain si bien qu'Hermione prit une spatule pour prendre l'œuvre artistique et, sans vouloir chercher plus loin à comprendre, la mettre à la poubelle. Bien évidemment, le chemisier blanc qu'elle estimait potable pour ce rendez-vous faisait parti des portés disparus de son armoire et elle se laissa séduire par l'idée qui se profila devant elle, pendue à un cintre. Finalement, cette robe avait été presque un objet prémonitoire puisqu'elle l'avait acheté le jour où Pansy essayait sa robe de mariée et pour la mettre quand Drago était entrée réellement dans sa vie. Le destin s'illustrait vraiment sous toutes ses formes et Hermione en regretta presque son point de vue sur l'art des prédictions et d'avoir arrêté les cours de divination en troisième année pour essayer d'entrevoir ce qu'il lui réservait encore.
Faute de temps, elle ne chercha pas à ranger davantage son appartement et tenta vainement d'expliquer à son chat son intérêt à ne pas massacrer son habitat. Elle comprenait parfaitement que deux semaines sans aucune balade dans le parc, trois jours sans sa présence, le manque de nourriture fraîche l'obligeant à se contenter de croquettes ressemblant à des excréments de rongeur et l'arrivée d'un concurrent étaient des raisons suffisantes pour le mettre dans un état d'énervement pareil mais il restait un chat, un animal domestique même s'il se rapprochait davantage du sauvage.
Soucieuse d'un peu de tranquillité, elle appliqua une nouvelle fois un sort de silence lorsqu'elle descendit les escaliers et se retrouva dans une rue commerçante bondée en ce samedi matin. Hermione se rappela alors ces matinées si spéciales qu'elle aimait passer à regarder de chez elle. Elle prenait un plaisir incalculable à rester en pyjama, pieds nus, et s'installait pas forcément confortablement sur son bureau pour être spectatrice d'une vie dont elle avait participé à préserver. Pour elle, voir tous ces gens faire leurs courses, flâner devant les magasins et être en famille, dans la plus grande insouciance, était sa plus belle récompense. Le ministère avait préféré taire la perte de quelques résistants à la soif de Gloire de Celui-qui-n'est-plus, et bien qu'au début, Hermione avait crié au scandale et à l'ingratitude pour ceux qu'elle estimait être des héros, avec le recul maintenant, elle comprenait ce geste aussi maladroit soit-il. Les gens avaient besoin de se reconstruire et savoir le nombre exact de morts n'allait pas les y aider. Elle se consolait en se disant qu'un jour où l'autre, les choses se sauraient obligatoirement. D'un geste automatique, Hermione leva la tête en direction de sa mansarde et dans un esprit nostalgique, elle se dit alors à elle-même qu'à présent, elle ne serait plus spectatrice de la vie mais actrice à part entière avant de se sentir bousculer par quelque chose.
- Oh Hermione ! Tu es magnifique avec cette robe !!! S'exclama son ancienne camarade de classe portant le prénom de Lavande. Par Merlin ça fait quoi, un bon dix jours qu'on s'est pas vues, non ? Un vrai petit miracle parmi cette foule, n'est-ce pas ? Au fait, j'ai su pour ce malheureux Ron et toi. Tu aurais dû me dire que ça n'allait pas au mieux entre vous, j'aurais pu éventuellement te donner quelques conseils. Tu sais, Ron et moi, ce n'était peut-être pas aussi sérieux que vous dans la durée mais je pense le connaître suffisamment pour savoir ce qu'il aime ! Des fois, une bonne discussion entre ex et nouvelle, ça peut avoir du bon ! Ah pauvre Ron quand même, un étalage de sa vie privée alors qu'on travaille au ministère n'a jamais rien de bon. Enfin, les articles de ce genre sont toujours légèrement déformés, Ron est du genre rancunier certes mais il n'y a rien de mieux qu'une réconciliation, si tu vois ce que je veux dire…
Hermione se demanda à ce moment précis, après s'être dit que son ancienne camarade de classe s'intéressait un peu trop à sa vie privée ou peut-être plutôt à celle de Ron, si Lavande était réellement en train de lui parler de relation sexuelle d'ex à ex ou si c'était sa déception de n'avoir pas mis le compteur en route au premier mot qui la faisait divaguer. Puis, elle s'interrogea sur une partie du monologue à savoir qui était l'ex et qui était la nouvelle vue l'étrange expression souriante qu'elle pouvait arborer. Les malheurs des uns font apparemment le bonheur des autres de toute évidence. Par réflexe, Hermione agrippa alors sa baguette discrètement en se rappelant que la guerre était finie et qu'une provocation délibérée telle que celle-ci ne pouvait en aucun cas être un argument justifiant le meurtre prémédité tout en l'écoutant continuer son monologue de la parfaite petite épouse soumise. Hermione lui aurait bien dit que même Ron n'aurait pas voulu d'elle mais ce n'était pas parce qu'elle allait se fiancer officiellement avec un ancien Serpentard qu'elle devait le laisser l'influencer de la sorte.
- N'est-ce pas Hermione ? Reprit-elle en la regardant avec interrogation.
- Heu… oui… balbutia l'intéressée sans trop savoir à quoi elle acquiesçait.
- Ah l'amitié, on pourra dire que la votre aura été sans faille, soupira Lavande. Et bien, je suis ravie pour vous dans ce cas. Allez ce n'est pas tout mais j'ai encore des multitudes de choses à acheter dans un temps record, mes parents viennent dîner chez moi ce soir et rien n'est encore prêt, ajouta-t-elle en regardant sa montre. Par Merlin, déjà onze heure et demi et j'ai encore une bonne dizaine d'achats à faire… Je te laisse Hermione, à très bientôt, et n'hésitez pas à me rendre visite, n'est-ce pas ? S'écria-t-elle en la laissant penaude.
55 secondes, une petite baisse de forme, commenta Hermione avant de réaliser ce qu'elle venait d'entendre. Onze heures trente, Drago allait la tuer avant même de l'épouser si elle ne se dépêchait pas de le rejoindre tout de suite. Elle rabaissa la légère capuche de sa cape d'été et se faufila dans une ruelle, devenue invisible aux yeux des gens tellement la foule en devenait compacte à l'approche de l'heure du repas. Se repérant aux brefs points de repères qu'elle avait mémorisés lors de ses différents trajets, elle arriva très facilement au pied de l'immeuble de Drago en moins de dix minutes. Son empressement pour venir trancha totalement à l'attente stupide durant sa montée en ascenseur et le stress prit alors une ampleur sans précédent. A l'ouverture de la porte, Hermione fut totalement paralysée et ne réussit pas à sortir avant qu'elle ne se referme. Dans un élan de courage, elle appuya à nouveau sur le bouton et vit les panneaux s'écarter mais encore une fois ses jambes ne semblaient pas vouloir exécuter le moindre mouvement. Lors de la troisième tentative, Hermione sursauta à voir Drago, bras croisés, regard agacé, apparaître au fur et à mesure de l'éloignement de ce qui était devenue une frontière infranchissable.
- Je suppose qu'il y a une raison à ce petit jeu ?
- Tout à fait, se vexa Hermione prise sur le fait. En fait, je t'attends ! Tu as vu l'heure ? On va être en retard…
Bien qu'il n'y réplique pas, l'expression qui se dessina sur son visage ne laissa aucun doute sur ce qu'il pouvait penser. Un œil plus ouvert que l'autre accompagné d'un haussement de sourcil en plus d'un léger soupir, il n'en fallu pas plus pour donner mauvaise conscience à l'ancienne Gryffondor. Elle baissa alors les yeux tout en se poussant pour que Drago entre et s'appuya contre l'une des parois. Elle pouvait parfaitement sentir Drago la déshabiller du regard et ne put retenir un sourire.
- Elle me rappelle quelques souvenirs cette robe… commenta-t-il malicieusement.
- Vraiment monsieur Malefoy ? Questionna-t-elle avec le ton qu'elle avait pris lors de leur première rencontre.
- Il me semble t'avoir déjà dit de ne pas m'appeler comme ça et si tu oses recommencer, je te jure qu'on sera définitivement en retard… lui répondit-il tout en s'approchant tel un félin en chasse.
- Est-ce bien raisonnable, monsieur Malefoy ? Nous avons tous les deux une réputation concernant la ponctualité et nous n'allons pas, commença-t-elle tout en savourant un premier baiser dans le cou, y renoncer, poursuivit-elle avant un second, monsieur Malefoy… supplia-t-elle ensuite, le ministre !!!
- Et dire que la belette a failli épouser une rabat-joie. Il ne connaît pas sa chance d'y avoir échappé, persifla-t-il avec un humour discutable tout en observant l'horrible grimace qu'il savait légitime.
- Si tu envies tant que ça Ron, je peux peut-être arranger ça, s'emporta Hermione tout en se dégageant de lui.
- C'est fou de voir avec quelle facilité j'arrive à te faire sortir de tes gonds… se félicita Drago. Et puis, rabat-joie ou pas, quand je prends un engagement, je le fais en toute conscience de cause et je m'y tiens, sache-le ! Ajouta-t-il avec beaucoup de sérieux.
A cela, la petite cloche de l'ascenseur leur signala la fin de leur aparté intime et le début de leur vie publique à deux. Instinctivement, l'un et l'autre rabattirent leur capuche et prirent soin de rester à une bonne distance. Sans un mot, ils entrèrent au ministère qui était en train de se vider de ses occupants, trop préoccupés par le futur menu de leur assiette pour prêter attention à l'identité des deux personnes non affamés. Ils montèrent ensuite jusqu'au bureau du ministre de la magie et voyant la chaise de la préposée assistante vide, Drago n'hésita pas à frapper à la porte. Il se tourna ensuite vers Hermione et lui indiqua que c'était le moment où jamais pour changer d'avis.
- Une fois passée cette porte, on ne pourra plus faire marche arrière, ajouta-t-il avec une petite appréhension qu'elle ne suive son conseil.
- Je sais… murmura-t-elle. Mais cette fois-ci je ne reviendrais pas sur ma parole…
- Petit argument ? Proposa-t-il d'un air séducteur.
- Pas de refus, sourit Hermione avant d'accepter avec allégresse les lèvres qui se posaient sur les siennes brièvement.
- Ca va mieux ?
- Possible, provoqua-t-elle avant de réajuster sa capuche principalement pour cacher le petit sourire qu'elle arborait.
- On verra si tu feras autant la fière ce soir… murmura-t-il tout en entendant la poignée s'actionner. En attendant, ne parle que si nécessaire et laisse moi mener la conversation, s'il te plait.
Devant une telle conviction dans la voix, Hermione ne chercha pas à protester sur le coup mais se promit de lui dire le fond de sa pensée sur son air supérieur typiquement masculin. La porte s'ouvrit alors devant un homme qui sentait l'hypocrisie à plein nez selon elle. Il les accueillit solennellement en prenant soin de ne pas prononcer leur nom avant de refermer et d'appliquer un sort de confidentialité. Il fit ensuite le tour de son bureau et chercha quelques rouleaux avant de les regarder à nouveau.
- Voilà, nous sommes tranquilles. Je vous en prie, prenez place, indiqua-t-il d'un geste de la main. Alors, j'avoue que j'ai été assez étonné de votre message monsieur Malefoy, mais ce n'est pas moi qui vais me plaindre d'un tel évènement. Toutefois, même si vos raisons me paraissent envisageables pour accepter cette union, les vôtres miss Granger attisent ma curiosité.
- J'ai simplement su trouver les bons arguments, justifia Drago en jouant la carte de l'altération de la vérité.
- Qui étaient ? Insista le ministre.
- Estimez-vous que la consolidation de l'après guerre, comme vous me l'avez si bien exposé n'est pas suffisante pour une jeune femme sortie première de sa promotion ? Maintenant, si vous souhaitez ruiner mes efforts dans ce projet, je vous en prie, continuez donc cet interrogatoire déplacé.
- Loin de moi cette idée, monsieur Malefoy, répondit-il tout en ouvrant un des parchemins présents sur son bureau. Très bien, alors naturellement, je vous demanderais d'être légèrement proches durant vos apparitions publiques, quelques sourires, une certaine politesse et des petits mots doux suffiront à créditer l'annonce officielle de vos fiançailles. Attention, il faut absolument que la communauté croie que votre union est dictée par l'amour alors si quelques conflits provenant de votre passé sont encore présents, tâchez de les régler en privé. Il est important que les gens voient en ce mariage l'arrivée d'une nouvelle ère mettant ainsi un terme à ces années de guerre, s'emballa-t-il avec un grand sourire qui ne laissa pas de doute sur l'ego gonflant de l'administré.
- Si on pouvait en revenir à notre affaire, recadra Drago.
- Donc, je ferais l'annonce ce soir durant la soirée fêtant le solstice d'été. Le nécessaire sera également fait concernant l'article officiel dans les différents journaux lundi. Bien évidement, l'idéal serait que la cérémonie soit célébrée à la date anniversaire de la fin de cette guerre. Cela ne vous laisse que quinze jours pour organiser le mariage mais je ne doute absolument pas de l'efficacité de votre mère, Drago, pour être dans les temps, flatta le ministre sans faire attention au teint devenu pâle de la prétendue fiancée. En attendant cette date, des apparitions bien choisies seraient les bienvenues forcément.
- Et ? Coupa Drago en voulant en venir à un point précis.
- Votre réputation d'homme d'affaire aguerri n'est pas surfaite monsieur Malefoy… Donc, en contrepartie, après signature de ce pacte, déplia-t-il juste devant eux, le ministère s'engage à vous verser une rente plus que confortable, une gestion médiatique de ce dossier, le libre droit à nos archives secrètes accompagnés de l'autorisation de rouvrir un dossier qui vous tient à cœur et nos sincères félicitations !
- Et pour ma fiancée ? Continua Drago en parfait commerçant.
- J'ai cru comprendre que vous êtes sans emploi miss Granger, je pourrais obtenir un poste suivant vos convenances, proposa le ministre alors que la concernée s'étonnait de voir que tout se savait très rapidement dans ce bâtiment.
- Non merci… répondit Hermione d'une voix assez frêle.
- Dites-moi alors ce que vous souhaitez en échange de votre consentement dans ce contrat.
- Faites don de cette rente aux orphelins de la guerre, ni lui ni moi en avons besoin et établissez une liste officielle des personnes mortes pour cette paix que vous chérissez tant, réclama-t-elle sous l'œil surpris des deux hommes.
- Nul doute que vous ferez une parfaite Lady Malefoy, commenta le ministre. Soit…
- Le parchemin… reprit Drago en lui préparant la plume pour qu'il puisse le compléter.
Après modification, le ministre orienta le document pour que Drago puisse y apposer sa signature. Une fois cela fait, Drago le glissa jusqu'à Hermione tout en la fixant comme s'il souhaitait se rassurer d'un ultime doute. Consciencieuse jusqu'au bout, Hermione lu alors le contrat de mariage en pesant chaque mot pour être sûre de ne jamais devoir à regretter ce qu'elle était sur le point de faire. De nombreuses images s'emparèrent alors de son esprit à la lecture du nom de son fiancé. Drago Malefoy, celui qui lui avait fait la misère durant ses premières années à Poudlard, l'éternel ennemi de son groupe d'amis, celui aux préjugés étroits qui ne voyait pas plus loin que son nombril et celui de son père, celui qui avait peur d'un simple chien, mais aussi le souvenir du regard haineux après lui avoir mis sa plus belle droite de toute sa vie, et également le doute qu'elle avait ressentit durant sa sixième année en plus de son trouble lorsqu'elle découvrit l'article expliquant son implication dans la chute de Voldemort, tous ces évènements défilèrent comme si elle pouvait les vivre à nouveau. L'homme qu'elle avait redécouvert avait de toute évidence bien changé depuis cette époque. Il était un peu comme tous ces gens à la mémoire sélective, honteux de la noirceur et de la faiblesse que la guerre leur avaient inspirée. Il était à la fois resté ce même Drago, renfermé sur lui-même, peu apte à se livrer à qui que ce soit, froid, distant, intransigeant et fier mais de la chaleur humaine avait réussi à s'installer en lui. Qu'est-ce qui avait bien pu le faire changer ainsi ? Etait-ce de la folie de croire à cette rédemption ? Pouvait-elle sincèrement épouser et aimer un homme élevé dans la haine contre des personnes comme elle? Renoncerait-elle par la même occasion à ses propres principes qui lui ordonnaient de même sentiments à proximité de celui qui allait être son mari ? Serait-elle capable de devenir la femme que ce contrat exigeait ? Tous ces gens ingrats, et plus préoccupés par leur vie que par celles qui se sont éteintes pour eux, méritaient-ils son intérêt ? Les questions s'enchaînaient dans l'esprit de cette jeune femme torturée entre sa raison et son coeur.
-
Hermione… murmura Drago avant de lui serrer la main déjà
présente discrètement dans la sienne.
Après
un long soupir, presque larme à l'œil, elle se tourna vers
lui et y vit presque une certaine frayeur. Touchée par la
réalité de leur relation, ses spéculations tout
comme ses interrogations s'envolèrent. Quelque soit leur
passé, il était maintenant question d'avenir. Sa
signature au bas de cette page lui en offrait un avec l'homme
qu'elle aimait et après tout ce qu'elle avait pu vivre de
douloureux dans sa vie jusque là, elle avait tout de même
droit au bonheur et celui-ci s'appelait Drago Malefoy. Elle aurait
le temps de voir venir les problèmes et de les résoudre
un par un. N'était-elle pas connue pour tout savoir et tout
arranger ? Quelques soient les obstacles rien ne pourrait être
insurmontables pour Hermione Granger n'est-ce pas ? Sur ces
deux questions qu'elle imaginait forcément avec des réponses
positives, elle regarda une dernière fois Drago, lui sourit
timidement et signa.
- Parfait ! Soupira le ministre. Voilà une bonne affaire de conclue qui aura eu le don de m'ouvrir l'appétit. Puis-je me permettre de vous inviter au restaurant ?
- Désolé, répondit Drago en soulageant sans le vouloir Hermione. Nous avons à faire en prévision de la réception de ce soir.
- Très bien, alors je vous dis à tout à l'heure, annonça-t-il en se levant pour les raccompagner à sa porte. Dix-neuf heures précises devant mon bureau. Nous éviterons ainsi la foule lorsque nous utiliserons l'un des portoloins prévu pour l'occasion.
Une fois sortie, Drago lui proposa sans détour de rentrer chez lui. Il était clair qu'une discussion s'imposait face à la rapidité de la finalité de ce projet. Même si était clair qu'ils n'attendraient pas un an avant de se marier, il n'était pas du tout prévu que ça aille aussi vite et Hermione se sentait légèrement prise au piège. Par ailleurs, l'une des clauses du contrat titillait son intérêt. Non seulement, elle avait appris qu'il y avait des archives secrètes, ce qu'elle ignorait complètement et qui avait le don de l'agacer, mais en plus Drago semblait y tenir tout comme la réouverture d'un dossier. Connaissant quelque peu son fiancé, il était clair que ce détail devait avoir son importance mais il restait encore à savoir laquelle. Au moins, elle se félicitait d'avoir pu négocier ce qu'elle souhaitait depuis longtemps et rien que pour ça, même si ce n'était pas réellement un sacrifice, il aurait été largement justifié à ses yeux. Puis, son esprit se concentra enfin sur l'essentiel des conséquences de l'entrevue pour elle. Il était clairement partagé entre le fait qu'elle serait officiellement ce soir, et ce devant des centaines de personnes, la future Lady Malefoy et le fait que son mariage avec Drago allait se dérouler à la même date que ce qui avait été prévu avec Ron. A l'évocation même de ce prénom, Hermione paniqua tout en pestant sur la fatalité qui l'avait apparemment prise en grippe. Qu'allait penser d'elle Ron, lorsqu'il saurait ? Et les autres, ses amis, la famille Weasley, sa famille ? Dans tous les cas, il fallait qu'elle le leur dise avant d'en être au courant autrement !
A leur arrivée à l'appartement, Drago eut la délicatesse de faire appel à un traiteur afin qu'ils puissent manger tranquillement chez lui. Il s'agissait sans conteste leurs derniers instants dans l'innocence de l'ignorance et ils devaient en profiter pleinement. Drago retrouva ensuite, sans grande surprise, sa fiancée sur la terrasse. Cette pièce lui concédait un sentiment de liberté énorme, lui donnant l'occasion de se laisser bercer par les songes. Elle aimait tout particulièrement regarder la rue principale du chemin de Traverse et l'animation qui commençait à diminuer et le tout n'échappa apparemment pas à Drago.
- Je vois que tu prends déjà tes marques dans mon appartement en plus de rajouter une ligne dans notre liste de point commun
- Qui est ? Demanda Hermione avec intérêt.
- Moi qui te pensais intelligente, je suis déçu de constater que tu ne connaisses même pas ça, plaisanta Drago.
- Disons que j'ai besoin de l'entendre, soupira-t-elle.
-
On mange et je te fais ma récitation ensuite, ca te va ?
-
Si tu veux mais je t'avoue que je n'ai pas très faim.
- Seulement, avec la journée qui nous attend, il va falloir prendre des forces, alors ne discute pas et viens manger.
Durant le repas, Hermione le questionna sur le fait qu'il n'y ait aucun elfe à son service. D'un ton neutre, il lui expliqua qu'il n'avait jamais été autant dans cet appartement que depuis ces derniers jours. Employer un elfe n'était pas vraiment nécessaire mis à part pour le ménage et pour ça, il faisait venir l'un de ceux du manoir de manière occasionnelle. Cela ne rassura que peu Hermione mais elle ne se sentait pas encore la force de contester cet état de fait. En se mariant avec lui, elle aurait toute sa vie pour lui faire comprendre la notion des droits des elfes, terrain qu'elle se promit de ne pas abdiquer en faveur d'un confort malsain. Puis, Drago l'invita à s'asseoir au salon, composé de deux canapés en cuir noir, afin de prendre un thé comme léger digestif. Après trois tours de sa petite cuillère dans sa tasse, Hermione prit le courage d'engager le vif du sujet.
- Quinze jours… Ce n'est pas un peu rapide quand même ?
- C'est le temps qu'il nous a fallu pour nous… apprécier mutuellement, il me semble non ? Répliqua-t-il d'une manière assurée.
- Drago, c'est la date qu'on avait fixée avec Ron… Je me sens mal à l'aise avec ça…
- Dis lui que tu n'as pas le choix, ce qui en plus n'est pas faux dans la mesure où le ministre ne reviendra pas sur ce point, je peux te l'assurer. La date est trop symbolique pour ça.
- Ron s'en fiche que je sois obligée ou pas, tout ce qu'il va voir c'est que je me marierais bien ce jour là sauf que ce ne sera pas avec lui mais avec celui qui lui a pourri la vie durant six années. Drago, il est mon ami et je ne peux pas lui faire ça…
- Ecoute moi bien, si la belette ne peut pas admettre la situation et penser à autre chose que sa petite personne alors il ne mérite pas l'attention que tu lui portes. De plus, je me dois de te rappeler qu'étant donnée votre histoire, Weasley n'est pas ton ami mais ton ex et à ce titre, quelque soit la date de ton mariage, il le prendra forcément mal. Maintenant, autant je veux bien faire un effort concernant l'autre, lui, il est hors de question qu'il gravite autour de nous comme un chasseur guettant le bon moment.
- Aurais-tu peur de lui ? Se moqua Hermione devant une telle explication.
- Comme je te l'ai déjà dit, je fais juste attention à mes intérêts et je n'ai pas confiance en lui, point.
- En attendant, il faut vraiment que je le lui annonce avant qu'il le lise dans la presse…
- Ne te sens pas obligée Hermione… murmura-t-il en plissant des yeux d'avance à une réaction qu'il savait prévisible.
- Drago !!!
- Excuse-moi de ne pas souhaiter tout le bonheur du monde à ton ex Hermione… Mais si ça te tiens à cœur, je peux arranger une rencontre avec Pansy…
- Drago !!! S'indigna-t-elle à nouveau avant de rire. Tu es un sans cœur ! Pauvre Ron…
- Pardon ? Pauvre Pansy tu veux dire… Ce n'est pas un cadeau ta belette je te signale !
- Parce que ta sangsue si, peut-être ? Argumenta Hermione avec vigueur.
- Bon, ok, changeons de sujet, tu veux ?
- Très bien, alors parlons du dossier que tu veux rouvrir… proposa Hermione en remarquant le malaise s'installer chez Drago.
- Effectivement, le ministre a raison sur au moins un point, tu as tout pour faire une parfaite épouse Malefoy… soupira Drago.
Après quelques minutes d'hésitation, Drago leva le voile sur beaucoup d'ombres concernant sa vie. Le dossier concerné était celui de son parrain. Accusé à posteriori de meurtre sur la personne de Dumbledore avec préméditation par le magenmagot durant la guerre, Drago voulait simplement redonner des lettres de noblesses à celui qui n'était plus de ce monde au moment de se justifier. Il raconta ensuite à Hermione le rôle que Rogue avait joué lors de sa sixième année et le fait qu'il était persuadé que Dumbledore et lui avait presque prévu ce dénouement. Cet évènement l'avait apparemment beaucoup perturbé tout comme la confiance démesurée que le vieux sorcier pouvait avoir en la nature humaine. Durant leur fuite, Rogue lui avait demandé d'apprendre à agir selon son propre arbitre et de ne pas oublier qu'il n'avait pas qu'un père à ne pas décevoir mais aussi une mère. Cela n'étonna pas Hermione lorsqu'il lui avoua ensuite qu'il n'avait pas vraiment appliqué ces conseils jusqu'à ce qu'ils se retrouvent face à Voldemort et qu'il ne voit son parrain prendre un avada kedavra à sa place.
- Je crois que la haine que j'avais pour toi à l'époque n'était en rien à coté de celle que j'ai pu avoir à ce moment là contre lui…
- Je t'aiderais, Drago. On réhabilitera Rogue ensemble…
- Je te remercie, commença-t-il à dire avant de la regarder avec malice, mais il ne faut pas te donner autant de peine uniquement pour pouvoir entrer dans les archives secrètes du ministère…
- Drago !!! S'offusqua-t-elle, les yeux grands ouverts.
- Comme si ça ne t'intéressait pas… Pas à moi Miss-Je-Sais-Tout, plaisanta Drago avec un petit air séducteur. Tu damnerais ton âme pour avoir la connaissance ultime…
- Mais ce n'est pas vrai, répliqua vivement Hermione. Mais si tu le prends comme ça, tu devras te débrouiller tout seul ! Ajouta-t-elle en croisant les bras.
- Je trouverais bien une jeune femme aimable, elle, pour m'aider dans mes recherches, insista Drago en la provoquant davantage.
- Très bien, alors demande lui aussi de trouver un moyen pour rendre caduc ton contrat de fiançailles, parce que je vais te rendre la vie si dure que Voldemort passera pour un ange à côté de moi !!!
A cette menace, Drago explosa de rire devant une Hermione surprise d'une telle réaction, surtout chez lui. En plus du fait que c'était bien la première fois qu'elle le voyait dans cet état, elle réalisa qu'il l'avait encore eu comme une débutante. Le prince des Serpentards était devenu le roi des manipulateurs et elle n'y avait vu que du feu. Vexée dans un premier temps, le fou rire fut très rapidement communicatif et en moins de deux, Drago l'entourait déjà de ses bras en lui adressa un sourire très agréable à voir sur une personne qui n'avait pas due en faire très souvent. Il la regarda ensuite avec beaucoup d'émotion avant de l'embrasser tendrement. Là, aucune recherche de plus où même d'exploit en tout genre, juste un simple baiser qui avait pourtant la facilité déconcertante de donner tous les arguments du monde à Hermione pour continuer cette aventure avec lui.
Drago accepta ensuite sa proposition en lui expliquant la direction de ses réflexions sur le sujet. Hermione en apprit alors beaucoup plus sur son fiancé rien que par sa manière de défendre son parrain et sa mère. Elle aurait bien voulu lui sortir une boutade qui la titillait mais un « finalement, tu as un cœur » aurait été franchement mal venu au moment même où il se livrait sans réserve. Toutefois, elle ne put retenir un contre interrogatoire dicté par ses propres connaissances des faits. De ce fait, les coups bas ne furent toutefois pas absent de la discussion entre les remarques typiques de Gryffondor ou la facilité légendaire des Serpentards, et ce qui aurait pu être une discussion plus que tendue se trouva être finalement bonne enfant. Ravie de voir que finalement, ils pouvaient tenir deux bonnes heures à parler sans se chercher ou se provoquer, elle en oublia presque le rendez-vous que lui avait fixé Harry.
- La dernière fois que je t'ai laissé aller voir ton sauveur, tu m'es revenue fiancé à l'autre… Tu crois que je suis assez idiot pour recommencer la même erreur ? Bougonna-t-il en provoquant ainsi un léger rire de sa fiancée.
- Déjà, je te rappelle qu'on a signé un contrat qui ne me permet pas de rompre ces fiançailles, en plus Ron ne sera pas là et comme Harry est déjà marié, il n'y aura aucun bon parti à me présenter…
- On sait jamais avec eux, se méfia-t-il. Que je sache les deux rigolos sont encore célibataires…
- Remarque deux hommes pour moi toute seule, il peut y avoir des avantages, imagina Hermione. Dommage que je ne m'en sois pas rendu compte plus tôt…
- Ok, c'est de bonne guerre… soupira Drago. Je suppose que tu veux leur dire pour nous…
- Il le faut… Je ne veux pas qu'ils le sachent par quelqu'un d'autre que moi.
- Soit… Tu penses revenir vers quelle heure ?
- Et bien, j'aurais voulu retourner à mon appartement pour me préparer pour ce soir, enfin si j'en sors vivante… Je te rejoindrais au ministère c'est mieux.
- Tu es sûre que tu ne veux pas que je vienne te chercher chez Potter ?
- Non, je n'y tiens pas particulièrement, s'amusa Hermione avant d'aller chercher ses affaires dans l'entrée. A ce soir monsieur mon fiancé. Et tu me dois une liste, je te rappelle !!! Ajouta-t-elle avant de fermer la porte.
Plutôt rassurée par rapport à ce qu'elle était quelques heures plus tôt, elle transplana en bas de l'immeuble pour arriver devant chez Harry et Ginny. La vision de cette maison si tranquille eut une nouvelle fois un effet apaisant sur la jeune fille. Elle sourit involontairement tout en imaginant pouvoir un jour avoir ce même sentiment en rentrant chez elle. La vie de famille qu'avaient Harry et Ginny la touchait particulièrement au point de très souvent de l'envier. Renoncer à cette chaleur humaine que proposaient les Weasley était très dur pour celle qui s'était toujours imaginée être un jour l'une des leurs. Seulement, maintenant, elle ne pouvait plus reculer. Elle était fiancée à Drago et ce soir tout le monde le saurait. Elle savait que c'était trop rapide et une partie d'elle espérait presque qu'ils arrivent à la faire changer d'avis afin de retrouver un peu de sa vie passée, simple et habituelle mais une autre réclamait également du changement et refusait de renoncer au bonheur qui s'offrait enfin à elle après tant d'années de solitude affective. Bien sûr, ça ne serait pas facile de leur faire comprendre en quoi ce qui lui arrive était bénéfique mais au moins, ils ne pourraient pas l'accuser de malhonnêteté et c'était le principal pour elle en cet instant précis.
Une fois à la porte d'entrée, Hermione eut la surprise de voir Ron la lui ouvrir. Mêlée d'angoisse et d'incompréhension, elle resta paralysée quelques minutes face à lui. Sans un mot et d'un geste de la main, il l'invita à entrer. Puis, bien qu'elle ne le lui ait pas demandé, il lui annonça simplement le refus de son supérieur concernant ses congés. Les deux petits vinrent ensuite à sa rencontre et Andy se mit soudain à lui donner quelques petits coups à la hauteur des cuisses. Visiblement en colère, Hermione comprit qu'il devait être au courant de la situation.
- Michante Titi ! Râla le jeune Potter.
- Andy, je t'ai déjà expliqué, répondit Ron en le prenant dans ses bras. Elle reste ta Mamione quoi qu'il puisse se passer.
- Je veux qu'elle soit ma Titi !!! Pesta le garçonnet.
- Aussi entêté que son père celui-là, commenta Ron en le laissant s'enfuir tel une furie. Désolé Hermione…
- Ce n'est pas grave, murmura-t-elle, choquée du spectacle qu'elle venait de voir. Ginny et Harry sont là ?
- Dans la cuisine…
Hermione était sur le point de s'y engager quand elle réalisa que si une personne devait être au courant en premier des changements dans sa vie, c'était bien Ron. Elle fit alors demi-tour et trouva l'intéressé dans le salon assis dans un des fauteuils, pensif. Elle savait que leur amitié incertaine était en jeu à cet instant précis et qu'elle se devait de trouver les mots adéquats pour éviter une rupture de contact définitive avec celui qui avait été son meilleur ami durant des années mais aussi son premier amour. Lentement, elle prit place juste à côté de lui, dos à la seule source de chaleur qu'il y avait à ce moment précis. Ron leva alors les yeux vers elle avant de faire le geste inverse. Peu encouragé à la discussion, elle prit tout son courage pour se lancer.
- Ron, ce soir…
- Je n'ai pas franchement envie de parler Hermione, et encore moins de t'écouter me parler d'un autre…
- Pourtant, il le faudra bien. Je veux te le dire moi-même avant que tu l'apprennes par quelqu'un.
- Tu croyais quoi Hermione ? Que ça n'allait pas se savoir ? S'écria-t-il. Une nouvelle pareille fait le tour du ministère en moins d'une heure Hermione… Révéla-t-il en provoquant un choc chez son interlocutrice qui mit une bonne minute à s'en remettre.
- Je suis désolée Ron, je t'assure que…
- Tu n'as pas de comptes à me rendre, on était séparés, tu es donc libre de faire ce que bon te semble, s'énerva-t-il avant de rajouter une branche à la cheminée de manière assez brutale, non sans bousculer légèrement celle qui était juste devant.
- Je comprends ton énervement, c'est naturel, mais je t'assure que ça ne changera en rien à notre amitié entre Harry, toi et moi…
- Mais bien sûr, ironisa Ron. A qui tu veux faire croire ça Hermione ? A toi ? Parce que pour ma part, je doute franchement que notre soit disant amitié survive à ça.
- Attends Ron, quand tu t'es mis avec cette fille juste quelques temps après notre rupture, j'ai absolument rien dit et j'ai tout fais pour être aimable avec elle. Je sais pertinemment que tu ne pourras jamais être ami avec Drago mais tu pourrais au moins respecter le fait qu'il sera mon mari et ne pas me compliquer la vie comme tu sais si bien le faire quand tu le veux. Je sais que tu souffres autant que tu as pu me faire souffrir mais notre amitié mérite un minimum d'effort !!! S'écria Hermione d'une traite.
- Drago ? Drago Malefoy ? Ton mari ? Dis-moi que j'ai mal compris s'il te plait ! S'écria Ron visiblement surpris.
- Pourquoi me poses-tu cette question puisque tu es au courant qu'on est fiancé ? Questionna Hermione prise d'un doute.
- Drago Malefoy… répéta Ron avec une pointe de dégoût et d'ironie. Je rêve… Il ne manquait plus que ça… Je te préférais encore te savoir avec ton ambassadeur, au moins, lui, je pouvais comprendre que tu puisses être attirée par lui. Mais là… Alors comme ça, tu préfères te marier avec lui plutôt qu'avec moi… et te me parles d'amitié ? Je rêve… souffla-t-il tout en s'éloignant progressivement d'elle.
- Je t'ai déjà expliqué pourquoi je ne pouvais pas me marier avec toi. Et puis, je t'interdis de me juger Ron vu que tu es vraiment mal placé pour faire ça avec moi. Je t'ai attendu quatre ans et c'est ta faute si mes sentiments ont fini par s'en aller, pas la mienne! Tu étais bien le seul à ne pas voir que j'étais toujours amoureuse de toi, ou était-ce volontaire ? Seulement, moi, j'ai respecté ton choix avec cette fille, je n'ai pas essayé de te récupérer ou de la discréditer. Non, tout ce que je te souhaitais, c'était d'être heureux et c'est tout ce que je te demande à mon tour maintenant, se calma Hermione en le regardant droit dans les yeux.
- Mais comment peux-tu être heureuse avec cette chose ? Je ne peux absolument pas souhaiter que tu sois avec ce qui est tout sauf un homme digne de ce nom, non seulement je ne ferais pas honneur à l'amitié que je suis censée te porter mais encore moins par… hésita-t-il à continuer. Enfin, Hermione, Malefoy ! Réveille-toi par Merlin !!!
- Je te demande simplement de respecter mon choix, par amitié pour moi, murmura Hermione de plus en plus déstabilisée par la colère de Ron.
- Je n'ai jamais aimé tes choix, Hermione, et celui-là encore moins, répondit-il très sérieusement. Tu n'en fais qu'à ta tête en suivant une morale qui me dépasse. Epouse Malefoy et sois heureuse si Merlin le veut mais me demande pas d'accepter ça parce que j'en serais incapable, affirma-t-il ensuite avant de s'en aller de la pièce, croisant ainsi Harry et Ginny qui semblait avoir parfaitement suivis la conversation.
A bout de force après une telle conversation, le fauteuil trouva grâce à ses yeux. Les mains plaquées sur son visage, elle regretta tout de suite la tournure de la discussion avec Ron. Elle aurait dû s'assurer qu'il parlait bien de Drago avant de parler de mariage si brutalement. Devenant la goutte d'eau de trop, l'émotion que provoqua cet intermède la plongea dans une détresse sans précédent. Tout le stress, les conflits, les évènements et les émotions contradictoires qui s'étaient accumulées depuis les deux dernières semaines s'exprimèrent par une succession de larmes. Très vite, elle sentit les bras rassurants de Ginny autour d'elle et entendit des morceaux de phrases qui se voulaient rassurantes d'Harry. Mais rien ne semblait pouvoir la calmer et finalement, ses deux amis comprirent qu'elle avait simplement besoin de relâcher la pression. Au bout d'un bon quart d'heure et une bonne dizaine de mouchoirs en tissu plus qu'humides, les caresses de sa meilleure amie finirent par la calmer. Harry s'accroupit devant elle et lui assura que Ron avait besoin de digérer l'information et qu'il ferait comme d'habitude, bouderait dans son coin, jouerait au pauvre malheureux et finirait par retrouver la raison. Ginny lui assura ensuite que son frère s'en remettrait et qu'au cas contraire, elle le frapperait pour lui faire encore plus mal et lui permettre de relativiser. Naturellement, Hermione sourit à l'imagination de la scène d'une Ginny en furie sur son pauvre grand frère avant de les remercier sincèrement de leur gentillesse. Puis le petit Andy refit son apparition avec sa sœur et, attristé par l'état de sa marraine, il se sentit investit de la mission de lui faire retrouver le sourire. Après une petite pause câlin, il fit les pires bêtises avec sa sœur, forcément complice, à en faire enrager leur mère.
- Alors Malefoy et toi… fiancés ? Je n'aurais jamais cru ça possible de sa part pour tout te dire, soupira Harry.
- Officiellement, nous faisons un mariage d'amour cachant un de raison pour le bien de la communauté. Vous seuls serez au courant qu'en réalité l'officiel n'est qu'une excuse pour pouvoir être réellement ensemble.
- Ce n'est pas un peu rapide quand même ? Je veux dire, jeudi midi, tu m'assurais qu'il n'y avait rien de sérieux et que tu ne le souhaitais pas forcément et là, tu es prête à passer toute ta vie avec lui… J'avoue avoir beaucoup de mal à vous imaginer ensemble…
- Tu sais, murmura Hermione tout en regardant Ginny gronder son cadet, je ne me suis jamais sentie aussi vivante que depuis qu'il est entré à nouveau dans ma vie. Je ne te sortirais pas l'excuse d'un changement brutal d'identité parce que je pense surtout qu'on n'est plus les adolescents de Poudlard et que la guerre a permis d'aller au-delà des préjugés pour l'un comme pour l'autre. On a simplement appris à ce connaître et voilà… Je l'aime…
- Et lui ? Intervint Ginny légèrement perplexe.
- C'est un homme… Ce n'est pas le genre de mot qu'ils arrivent à dire facilement alors si en plus ils sont élevés sans cette notion… En tout cas, il m'a largement prouvé qu'il tenait sincèrement à moi et même s'il ne me l'a pas dit, je sais que c'est le cas… affirma Hermione avec beaucoup de conviction.
- Qu'est ce que tu nous fais pas faire Hermione, je te jure, soupira Harry avant de sourire. Faire ami ami avec Malefoy, heureusement que je te sais dotée d'un minimum d'intelligence, sinon je t'aurais pris pour une folle furieuse… Dis, au fait, tu as vraiment rendu ton retourneur de temps, Hermione ? Parce que si tu l'as encore, je veux bien l'utiliser, aller défigurer Malefoy et me défouler sur lui avant de ne plus pouvoir…
- HARRY !!! S'indignèrent sa femme et son amie.
- QUOI ? Reprit-il sur le même ton avant de le descendre. On ne peut même plus rigoler avec vous deux… grogna-t-il alors en faisant une légère grimace. Bon et ce mariage, il est pour quand alors ?
Là, Hermione devint à nouveau blanche. Elle avait oublié d'informer Ron de ce détail et à l'annonce, Ginny et Harry devinrent tout aussi livides. Leur amie expliqua alors le contexte du non choix de la date sans pour autant mentionner la contre partie de Drago. Ginny s'inquiéta ensuite du temps qu'il lui restait pour préparer une telle cérémonie alors que les trois semaines prévues avec Ron paraissait déjà de l'ordre de l'impossible. L'évocation du nom de Narcissia provoqua alors autant de frissons pour celle qui aurait dû être sa belle-sœur que pour Hermione, elle-même. Harry en profita pour commenter que son châtiment d'aimer Malefoy était d'en supporter sa mère et se rattrapa en ajoutant que de son côté, il avait eu beaucoup de chance. Après la légère dispute conjugale qui en découla, Hermione les remercia de leur soutient et leur avoua ses appréhensions avant de venir. Ginny confirma les dires d'Harry sur le fait que même si Ron était son frère, elle n'avait pas accepté sa conduite lors de son mariage et encore moins de refaire sa vie avec une autre aussi vite. Même si elle aurait préféré l'avoir comme belle-sœur pour ne pas dire sœur tout court, elle estimait que son amie devait suivre son cœur et que s'il la conduisait vers Drago Malefoy, alors elle tâcherait de respecter ça. Le sourire d'Harry laissa comprendre à Hermione qu'il partageait l'avis de sa femme et il n'en fallut pas plus pour leur tomber dans les bras. Devant cette scène, les petits voulurent suivre l'exemple des aînés et Hermione sentit alors des petits bras lui entourer chaque jambe. Amusées par la situation, elle réussit ensuite à se détendre et à profiter pleinement de son filleul et de la petite Potter.
Harry lui annonça ensuite qu'il était prévu qu'il se rende à cette soirée dans le cadre de son travail ce qui faisait d'ailleurs enrager Ginny, obligée de rester avec les enfants faute de baby-sitter depuis que sa mère se faisait infirmière particulière de son frère. Hermione lui fit remarquer que Ron était chez elle et non chez sa mère et Ginny ne perdit pas de temps à lui répondre qu'il était hors de question qu'elle confit ses enfants à Ron et que toute manière, elle l'avait entendu transplaner quand elle avait récupérer un Andy en fuite dans la cuisine. Puis, Hermione leur indiqua qu'elle devait de toute manière rentrer chez elle se changer mais Ginny tissa un sourire qui en disait long sur ses intentions. En moins de cinq minutes, elle se retrouva dans la chambre du couple à voir les robes de Ginny atterrir sur le lit. L'un des avantages d'être l'épouse du survivant et d'un auror était les différents dîners mondains plus ou moins obligatoires où ils devaient de se rendre. Autant pour Harry, ça ressemblait plus à une corvée, Ginny, elle, y prenait un plaisir assez démonstratif. Sans qu'elle ne le voie, son mari la mimait lui raconter, une énième fois, ses impressions lors du bal du tournoi des trois sorciers lors de sa troisième année avec Neville. Hermione rigola discrètement des mimiques d'Harry jusqu'à ce que Ginny le remarque. Naturellement, elle n'hésita pas à rappeler que Neville, lui, savait danser contrairement à d'autres et que justement, faute de pouvoir le faire avec son mari, elle prenait son unique plaisir dans le choix de ses tenues. Harry renonça alors et préféra s'éclipser afin d'aller surveiller les deux monstres probablement déjà en pleine préparation de leur prochaine pitrerie.
Après quelques essayages peu concluants, Hermione décida d'opter pour du discret, classe et inspirant le respect. Longue, droite d'une couleur bleue nuit légèrement pailleté accompagnée d'une légère traîne, la robe eut le don de couper toute parole aux deux Gryffondors, une fois enfilée sur le mannequin d'un soir. Ginny sourit alors à Hermione dans le miroir et l'embrassa sur la joue avant de lui souhaiter d'être aussi heureuse qu'elle peut l'être elle-même. Bêtement, comme si elle savait que c'était le moment où jamais de le faire, Hermione se laissa à nouveau envahir par le sentiment de grâce qui s'emparait d'elle à ces paroles et prit sa meilleure amie dans ses bras. Cette dernière évita de justesse de la rejoindre en essayant de se concentrer sur sa mission de rendre son amie potable et continua sur la coiffure. Alors qu'Harry n'eut besoin que d'une demi-heure pour se préparer, Hermione et Ginny sortirent de la chambre presque une heure et demie après y être entrée.
- Mademoiselle, vous permettez ? Demanda-t-il en lui proposant le bras pour descendre les escaliers.
- Et je n'ai pas mon mot à dire ? Protesta Ginny, mains sur les hanches. Hermione, obligation de me faire un rapport plus que détaillé de la soirée et toi Harry, tu restes à une distance raisonnable de son fiancé et de toutes femmes autres que ta meilleure amie !
- Oui madame, répondit scolairement son mari.
- Et dire que c'est ça qui a sauvé le monde magique… soupira Ginny en haussant les épaules. Bonne soirée quand même…
Harry le lui promit avant de l'embrasser tendrement et de lui murmurer des paroles aux oreilles, qu'Hermione devina comme sensuelles, vu le changement brutal de couleurs de ces dernières passant au rouge vif. Une fois sortie de la maison, elle ne put se retenir de lui dire qu'il était beau à voir aussi heureux en ménage. Harry reprit alors tout son sérieux et lui répondit qu'il avait simplement tenu une promesse faite à ceux qui n'étaient plus là pour le voir et que Ginny méritait ce bonheur familial. A ces paroles, Hermione confirma son impression sur le fait qu'Harry n'avait pas pour autant oublié cette partie de lui, morte en même temps que tous ses proches et que le bonheur affiché n'était finalement qu'un masque volontairement affiché par Harry pour ne plus en faire souffrir un seul. Sa force de caractère lui inspira alors une profonde admiration. Elle se permit de l'embrasser sur la joue tendrement avant de lui sourire. Harry le lui rendit non sans une émotion provoquée par quelques souvenirs remontés à la surface et lui prit ensuite la main afin de transplaner ensemble jusqu'au ministère.
Comme l'avait prévu le ministre, avec la fête qui se préparait, le ministère était totalement désert lorsque Harry et Hermione arrivèrent. Sans un mot, ils traversèrent l'atrium et montèrent jusqu'au bureau du représentant de la communauté magique du pays. Pas après pas, toujours au bras d'Harry, deux silhouettes se dessinèrent sous ses yeux avant de prendre la forme des deux personnes qui l'attendaient. Le regard noir de Drago dirigé vers le cavalier temporaire de sa fiancée mit un léger froid dans le couloir bien que le ministre ne salue plus que chaleureusement celui qui avait eut la décence de ne pas s'envoler dans une carrière politique. Harry s'excusa alors à l'oreille d'Hermione de devoir la laisser afin d'aller prendre son service, ce qui ne sembla pas forcément plaire à Drago, se sentant même obligé de faire quelques pas en leur direction. Harry le remarqua et en profita pour embrasser Hermione sur la joue, manège parfaitement compris par son amie qui l'en gronda du regard.
- Quand je te disais qu'on ne peut même pas s'amuser avec vous… répondit Harry avant de se tourner vers Drago de manière sérieuse. Je te préviens, tu as plutôt intérêt à en prendre soin et à la rendre heureuse sinon malgré tout le respect que je porte à ma meilleure amie, je n'hésiterais pas à te montrer l'étendue de mes capacités avec une baguette magique.
- Pas besoin de jouer au héro Potter et il y a longtemps que les serpents ne me font plus peur. De plus, je sais parfaitement où sont mes intérêts, répliqua froidement Drago tout en proposant son bras à Hermione.
- Merci pour tout Harry, murmura Hermione avant d'accepter l'invitation de son fiancé.
- Fais attention à toi s'il te plait et n'oublie pas qu'on est là si besoin… insista Harry légèrement peu en confiance.
- Elle va avoir un mari pour ça, reprit Drago visiblement à bout de patience.
- Hermione aura également toujours ses amis, que ça te plaise ou non Malefoy, ne put s'empêcher de dire Harry prêt à sortir de ses gonds.
- Et je vous en suis à tous très reconnaissante, tenta de calmer la concernée avant d'entendre un toussotement provoqué du ministre.
- Je ne voudrais pas être impoli mais nous sommes attendus, annonça le ministre en regardant sa montre.
Hermione salua Harry de la tête puis suivit Drago et le ministre jusqu'à son bureau ou un portoloin les attendait. Une fois arrivé sur place, dans un bureau feutré, le couple fut invité à rejoindre d'autres notables présents ce soir là. Tout en restant dans l'ombre et à l'écart d'éventuelles commères, ils virent ensuite le ministre donner le coup d'envoi de la soirée en débutant son traditionnel discours. Seulement cette année, au lieu d'exposer son public à un monologue ronflant, il surprit plus d'un à évoquer les notions de réconciliation, réunion, ouverture d'esprit, tolérance et unification communautaire. Pour appuyer son argumentation typiquement politicienne, il demanda à son auditoire d'accueillir chaleureusement Hermione Granger et Drago Malefoy, les invités d'honneur de la soirée.
Alors que les applaudissements retentissaient, Hermione se sentit comme tétanisée. Son destin était en marche et une petite voix lui hurlait de partir en courant là où personne ne pourrait la retrouver. Seulement la chaleur de la main de Drago lui redonna le courage dont elle aurait besoin pour passer au-delà du rideau rouge, frontière entre sa vie passée et celle qui l'attendait. Un pas après l'autre, l'angoisse provoquait une accélération cardiaque sans précédent. A leur arrivée, le ministre reprit son allocution et enchaîna sur la magie de l'amour et les miracles qu'elle pouvait faire comme de rassembler sous sa coupe deux anciens ennemis, opposés de par leur naissance et leur existence. Il enjoliva ensuite une histoire digne des romances mélodramatiques très loin de ressembler à celle qui avait conduit Hermione et Drago à se tenir devant une grande partie de leur communauté. Ce conte eu le don de provoquer un échange complice et moqueur entre les fiancés avant de devoir assumer la raison de leur présence.
- Pour finir, j'ai le plaisir, non que dis-je, l'honneur de pouvoir vous prouver une dernière fois que nous vivons un moment historique, un pas dans une société grandie de ses blessures grâce à ce couple qui s'engagera dans le sacrement du mariage à la date anniversaire de la fin des années sombres. Mesdames, messieurs merci d'applaudir les futures mariés, Drago Malefoy et Hermione Granger.
