Petit mot de l'auteur :

Merci à tous ceux qui me laisse si gentiment des reviews après la publication d'un chapitre. Déjà, sachez que je ne suis pas « blasée » et que ça me fait toujours plaisir de voir que j'arrive à être cohérente et puis la communication entre lecteur/auteur est toujours assez sympas. Alors au programme dans ce chapitre, deux grandes rencontres et plein de stresse pour notre couple qui devra être unis comme jamais. Je vous souhaite une très bonne lecture et je vous dis à l'année prochaine, enfin dans trois semaine quoi ;o) En attendant, passez de bonne fête de fin d'année, et n'oubliez pas de prendre de bonnes résolutions pour cette nouvelle année en sachant que 2007 : sortie de HP 5 au ciné et Tome 7… ( Vous entendez mon cœur qui fait boum boum ? Le votre aussi ? ah quelle belle année qui arrive…) Allez bonne lecture !

Chap 17: Quand l'horizon s'assombrit

Cher journal,

Je suis contente que Drago ait accepté qu'on passe prendre quelques affaires chez moi avant de rentrer à son appartement. Je n'aurais pas pu me passer de toi en ce dimanche matin. Oui, tu es devenu totalement indispensable à ma conscience et tu peux te venter de la soulager plus qu'elle ne pouvait l'espérer.
J'ai plein de choses à te raconter mais avant, j'ai besoin de te faire part de ma première victoire sur l'horrible monstre d'égoïsme machiste, non pas Drago espèce de journal mal intentionné, mais Pattenrond ! Enfin sur Drago aussi par la même occasion…

Arrivée chez moi, non seulement, aucun dommage à déclarer mais l'adorable matou m'a fait une fête digne d'une reine. Même si je le soupçonnais d'être plus hypocrite et manipulateur que pouvait l'être le ministre de la magie, il n'empêche que pour une fois, j'étais plutôt contente de lui surtout que Drago était là. Forcément, lorsque j'ai demandé à le ramener avec nous dans son appartement, il n'a eu aucun contre argument pour refuser et le petit roi se repose actuellement confortablement en boule au pied du lit. Le mieux a quand même été la réaction de Drago lorsque mon chat a miaulé, pour ne pas dire harceler, pour entrer sous la couverture et se glisser jusqu'à mes pieds. J'avais beau lui dire qu'en hiver, ce genre d'habitude pouvait avoir des avantages, le fait qu'on soit en plein été avec une température ne descendant pas en dessous d'un bon quinze degré la nuit n'était pas forcément en ma faveur. Mais j'avoue avoir pas mal ri lorsque Drago a mis son oreiller sur sa tête pour ne plus entendre le ronronnement jubilatoire de mon chat. Il faut dire qu'à peine arrivé, il n'a pas perdu de temps pour s'approprier les lieux et la terrasse n'en avait pas fini de charmer ses visiteurs. La pauvre bête semblait revivre et je crois que si j'essaye de le ramener dans mon appartement, ça sera à mes risques et périls. Donc, voilà, problème numéro un réglé ! Jusque là, je ne m'en sors pas trop mal. Au suivant…

Sinon, quoi de neuf depuis hier ? Oh simplement le fait que je suis officiellement la future Madame Drago Malefoy, la future Madame Hermione Granger Malefoy et plus simplement, la future Lady Malefoy… Lady, cette appellation me met encore assez mal à l'aise mais je crois que je vais surtout le laisser bien volontiers à celle qui en est encore l'unique propriétaire. Le ministre nous a reçu et après avoir négocié assez sévèrement le contrat, d'ailleurs ça me fait penser que j'ai deux mots à dire à Drago sur sa vision de voir la place de la femme dans un couple, il nous a présenté officiellement au soir devant des centaines de gens. Je crois que je n'ai jamais été aussi terrifiée de toute ma vie, enfin presque mais ce n'était pas la même peur et encore moins le même contexte. Les gens ont mis quelques minutes avant de réagir à l'annonce de notre mariage et encore, il a fallu qu'on s'embrasse en public pour vraiment obtenir leur attention. Remarque, ça a valu le coup de s'exposer comme ça en public parce que, tiens-toi bien, le hasard a voulu que Pansy Parkinson, l'ex fiancée de Drago, se rende justement à cette fête. Elle a tellement hurlée qu'elle s'en est évanouie. Sur le coup, je n'étais pas très fier de moi mais maintenant, je trouve la situation particulièrement intéressante. Je ne peux pas m'empêcher de repenser au baiser que Drago lui avait donné devant moi et à sa façon de me rabaisser ce jour là. J'ai un sentiment de vengeance satisfaite honteux mais c'est plus fort que moi… Enfin, la pauvre, ça a dû lui faire un sacré choc quand même… Drago, lui, semble plutôt assez content de l'incident… Je crois que de ce côté, je ne pourrais plus rien y faire… Mais je jure de lui faire payer son imagination lorsqu'Harry est venu l'évacuer en la prenant dans ses bras. « Tu crois qu'il va essayer d'en profiter ? » … Pfff… Même si je sais qu'il plaisantait, je ne trouve vraiment pas ce genre de commentaire très drôle. Enfin bref… J'étais habituée à l'humour de Ron, celui de Drago sera un jeu d'enfant à côté…

Hum, ça commence à sentir bon à côté… Ah, oui ma victoire sur Drago… J'ai oublié de le dire… Et bien, ce macho en puissance est en train de préparer le petit déjeuner… Bon certes je l'ai légèrement supplié et fait chanter mais quand même… C'est moi qui suis restée au lit et lui qui s'affaire aux fourneaux… Connaissant le personnage, il y a de quoi s'en féliciter, non ?

Voilà cher journal, ma vie de future femme mariée commence réellement aujourd'hui et… Attends je te laisse j'entends quelqu'un hurler à côté.

Bye.

Alertée par la voix d'une femme visiblement hystérique, Hermione ferma rapidement son journal, le posa sur la table de nuit de son côté du lit et se leva assez brutalement à en déranger le bon minou encore endormi. Elle mit alors une fine robe de chambre et ouvrit discrètement la porte de la chambre. Là, dos à elle se tenait effectivement une femme mais pas n'importe laquelle. Drago avait remarqué sa présence mais sa mère ne lui laissa pas le loisir de l'en avertir, Narcissa Malefoy ne semblait pas franchement ravie de la grande nouvelle du jour et ne se gêna pas pour le faire savoir à son fils unique avec de grands gestes théâtraux.

- Que tu ne veuilles plus de Pansy, je veux bien comprendre mais quand même Drago !!! Qu'est ce qui a bien pu te passer par la tête !!! Une décision pareille sans me consulter avant !!! Je suis quand même ta mère !!! Pas une amie ou une connaissance, non, mais ta mère !!! Déjà, tu découches trois soirs de suite, ce qui n'est pas dans tes habitudes, pas de hiboux pour me parler d'éventuels projets justifiant cette absence, je commençais à m'inquiéter, et visiblement à juste titre !!! Connaissant ton aptitude à t'attirer des ennuis, je me suis même demandée si tu n'avais pas subis des représailles quelconques et si on allait m'annoncer ta présence scandaleuse à Sainte Mangouste !!! Finalement, j'aurais presque préféré cela à ce que j'ai pu lire dans la Gazette ce matin !!! Peux-tu imaginer mon indignation à lire que monsieur a annoncé la veille au soir ses fiançailles lors du solstice d'été, rien que ça, et moi, sa mère, je l'apprends par la presse !!! Je n'avais pas fini mon thé que je commençais déjà à recevoir des hiboux de félicitations déplacés alors que moi, ta mère, Drago, ta mère, celle qui a eu la bonté de te donner la vie, n'était même pas au courant de ton futur mariage avec une sang de…

- Mère, je vous en prie, la coupa Drago d'une voix nette. Je sais pertinemment que j'aurais dû vous mettre dans la confidence. Je suis navré que vous en ayez perdu votre sang froid et encore plus qu'Hermione y assiste, ajouta-t-il en déviant son regard vers le coin de sa porte donnant sur sa chambre à coucher. Mère, permettez-moi de vous présenter ma fiancée, Hermione Granger, continua-t-il invitant cette dernière à venir le rejoindre. Hermione, voici ma mère, Narcissa.

- Pour vous, ça sera Lady Malefoy, répliqua-t-elle tout de suite d'un regard menaçant et vampirique.

- Très bien, il en sera de même pour vous dans quinze jours, répondit Hermione sur le même ton, surprenant ainsi son fiancé.

- Puis-je espérer que tu arrives à contrôler son caractère avant de la présenter de nouveau en public, persifla Narcissa froidement avant de la dévisager de la tête au pied comme pour un examen de passage.

- Son caractère, comme vous dites, pourrait bien vous surprendre, mère…

- Serais-tu en train de la défendre ? Demanda-t-elle presque dégoûtée. Mais quel sort t'a-t-elle lancé pour t'asservir à ce point ? L'interrogea-t-elle ensuite avant de faire une mine encore plus écœurée. Oui, je vois… Le plus ancestrale et charnel d'entre eux… Tu me déçois Drago, ajouta-t-elle avant d'assembler plusieurs pièces d'un puzzle expliquant selon elle la situation et de se retourner vers Hermione. Est-ce que vous êtes enceinte ? Demanda-elle alors de manière très directe alors que Drago s'en étrangla presque sur le coup. Même s'il me semble que ton père t'avait expliqué comment te protéger de ça et que tu as fais preuve de négligence, je connais différentes méthodes pour régler le problème et t'éviter ainsi un mariage aussi grotesque, commença à expliquer Narcissa en choquant cette fois-ci les deux autres personnes dans cette pièce.

- Mère !!! Non ! Non, Hermione n'est pas enceinte, s'indigna-t-il.

- Oh, voilà déjà une bonne nouvelle ! Se félicita-t-elle en levant les mains au ciel pour en remercier Merlin.

- Il faudra pourtant vous faire à l'idée que ça puisse arriver un jour, expliqua Drago avec peu d'assurance vu le regard de la future mère désignée.

- Le plus tard possible si tu veux mon avis, ajouta-t-elle avec vigueur. Vous êtes bien trop jeunes pour assumer l'éducation d'un Malefoy comme il se doit, continua-t-elle en fixant Hermione comme si le vouvoiement n'était plus qu'une marque de distance adressée uniquement à sa prétendue future belle-fille.

- Ne vous inquiétez pas, j'ai également mes méthodes pour que des erreurs comme celles-ci n'arrivent pas, s'énerva Hermione à bout de patience de se faire rabaisser de la sorte. Elles sont plus radicales certes, mais tout à fait efficaces, ajouta-t-elle en regardant Drago avec un sourire tellement hypocrite pour que le message de l'abstinence soit tout à fait saisi par le concerné.

- Je vous remercie toutes les deux mais je sais parfaitement gérer ce dossier, se reprit Drago. Bon, mère, je sais que j'ai été assez maladroit dans ma démarche vous concernant et je regrette sincèrement de ne pas avoir eu l'intelligence de vous prévenir alors que j'étais conscient que votre aide nous aurait été très précieuse dans l'organisation d'un tel évènement. J'ai tout simplement oublié ce détail et à présent, Hermione et moi en assumerons pleinement les conséquences. Je vous assure que nous n'exigerons rien de vous et je suis sûr qu'avec Hermione nous nous en sortirons parfaitement, n'est-ce pas?

- Tout à fait, confirma-t-elle en défiant sa future belle-mère.

- Oh non mon cher, il est hors de question que notre nom soit ridiculisé le jour de ton mariage à cause d'une incompétente dans ce genre de mise en place pour un évènement pareil. J'organiserais ce mariage puisqu'il doit en être ainsi mais avant j'aimerais te parler, s'énerva légèrement Narcissa.

- Je vous en prie, je vous écoute, répondit son fils tout regardant victorieusement Hermione, faussement indignée face à la vision d'un nouvel exemple sur l'art de la manipulation de Drago.

- En privé ! Insista sa mère.

- Je ne vois pas ce que vous auriez à me dire que ma fiancée ne puisse entendre mère… répliqua Drago en se sentant pris entre deux feux.

- Le mariage n'implique pas la perte d'une vie privée mon fils ! Argumenta-t-elle en mettant mal à l'aise Hermione, non par l'attaque de sa future belle-mère mais à cause du fait qu'elle partageait le même point de vue qu'elle.

- Je vais aller prendre ma douche, céda-t-elle donc contre toute attente en s'en allant.

Hermione se sentit comme soulagée de refermer la porte derrière elle. Abasourdie, elle resta contre elle durant quelques minutes et malgré elle, sa curiosité lui inspira silence pour essayer d'entendre ce que la marâtre pouvait bien avoir de si important à dire à son fils chéri. Même si tout ne semblait pas clair, elle était assez contente de ne pas subir l'interrogatoire que faisait subir Narcissa à Drago. Tout l'article non officiel sur eux était passé en détail au point qu'au bout d'un moment son fils finit par s'en énerver. Hermione s'en félicita et voyant qu'il s'en sortait plus que bien, elle eut moins d'appréhension à aller prendre sa douche.

Sous le filet d'eau plus que tiède, elle essaya de faire le vide autour d'elle et surtout dans son esprit. La conversation avec sa future belle-mère avait ouvert un sujet que Drago et elle n'avaient jamais abordé, celui des enfants. Enfin, Drago lui avait quand même dit l'autre jour qu'il ne serait pas contre l'idée d'avoir une fille avec elle mais ça entrait dans un autre contexte. S'il s'avérait qu'ils en arrivent finalement là et qu'ils aient une fille, la grand-mère en aurait sûrement une attaque. Hermione pouvait imaginer les « méthodes » possible pour avoir un héritier Malefoy et rien que pour ça, sa méthode contraceptive lui paraissait être une bonne alternative pour ne pas avoir à supporter sa belle-mère de manière régulière.

Lorsqu'elle sortit enfin de la douche, elle s'entoura d'une serviette et partit en quête de vêtements tous rassemblés au bord du lit de Drago. Heureusement pour elle, l'agencement de l'appartement avait voulu que l'unique accès à la salle de bain donne directement sur la chambre. Le silence ambiant lui inspira l'hypothèse du départ de Narcissa et elle en soupira de soulagement. Une fois habillée, tout en continuant de se démêler les cheveux, elle alla à la rencontre de Drago pour avoir confirmation. Elle le trouva alors à cette place qu'elle affectionnait déjà, appuyé sur la rambarde de la terrasse à s'évader dans un monde subitement trop étroit, un verre à la main. Naturellement, elle posa sa main sur son bras pour lui indiquer sa présence et se vit recevoir un léger sourire.

- Toujours décidée à m'épouser ? Demanda Drago avant de finir cul sec le reste de son apéritif.

- Hors de question de donner satisfaction à ta mère après son passage ! J'ai connu pire qu'elle et puis c'est mal me connaître ! Affirma Hermione après s'être installée près de lui.

- Ils doivent tous être en train de lire l'article, murmura-t-il ensuite, à moitié présent tout en lui donnant un exemplaire que sa mère lui avait laissé.

- Et Ron aussi… Il doit être… commença-t-elle à dire avant de voir Drago s'en aller et de le rejoindre. Qu'est ce qu'il y a ?

- Va donc le retrouver si tu t'inquiètes tant !!! S'énerva-t-il.

- Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire… et non, je préfère rester ici, avec toi… En plus de toute façon, nous devons aller affronter les miens, de parents, pour prendre le thé et je dois me préparer mentalement à justifier mon chômage, ma rupture avec Ron et mes fiançailles avec mon ennemi d'enfance, le tout en moins d'une semaine…

- Tes parents ? Au thé ? Et tu pensais me le dire quand ?

- Maintenant comme tu le vois, sourit-elle malicieusement avant d'aller fouiller dans la cuisine. Tu penses parfois à faire des courses ?

- Pourquoi faire ? Et puis, ne changes pas de sujet s'il te plait. C'est quoi cette histoire de thé chez tes parents ? Tu l'as prévu quand ?

- Vous avez la mémoire courte monsieur Malefoy, affirma-t-elle avant de voir le regard de Drago devenir véritablement vicieux face au ton qu'elle avait pris et de mettre une distance raisonnable pour éviter de se faire manger toute crue. Je vais tous les dimanches chez mes parents pour prendre le thé, enfin sauf cas exceptionnel. C'est notre moment à nous mais pour le coup, ça serait l'occasion de te les présenter…

- Je n'y vois pas d'obligation, marmonna-t-il

- Oh si, répondit-elle sur un ton assez menaçant avant de voir Drago soupirer longuement.

- Aller viens-là, lui murmura-t-il en lui proposant ses bras vite comblés.

La tête contre son cœur, il lui fallut subitement une énorme force intérieure pour ne pas craquer face à l'émotion que cet instant lui inspira. Sans l'échange d'un seul mot, tous les « si » qui rendaient leur relation tellement plus simple les envahirent subitement. Drago la serra davantage contre lui et lui murmura ensuite un presque inaudible merci. Il replaça ensuite une de ses mèches bouclées derrière son oreille et la regarda intensément. Hermione remarqua qu'il cherchait à se rassurer et justifier tout ce qui arrivait. Le petit doute qui s'installait en elle fut ensuite rapidement envoyé lorsqu'il lui sourit avant de l'embrasser. Finalement, être juste contre lui, sentir sa chaleur et se retrouver presque dans un état second en se délectant des lentes caresses de ses mains sur son dos valaient toutes les belles paroles qu'elle avait attendues de Ron. Il ne lui en fallait de toute évidence pas plus pour ressentir cette grâce qui la laissait goûter au bonheur. A ce moment là, elle aurait voulu que le temps s'arrête et qu'ils restent ainsi durant le reste de leurs vies mais malheureusement son souhait n'avait pas de place dans la réalité qui les entourait. Drago l'invita alors à prendre le petit déjeuner qu'il avait préparé et naturellement le sujet principal fut la rencontre entre les deux actuelles femmes de Drago. Il lui sortit la carte de l'enfant unique, héritier mâle portant sur lui tous les espoirs inavoués d'une mère bridée par un père intransigeant. Hermione tenta de lui faire comprendre qu'il n'était pas seul à être dans ce cas vu qu'à quelques détails près, ça aurait pu être un résumé de sa propre vie, mais que ce n'était pas pour autant que ses parents faisaient un scandale pareil comme si c'était la fin du monde. Drago en rigola avant de préciser qu'elle devrait attendre le fameux « tea time » pour avancer de tel propos mais bizarrement, Hermione ne trouva pas la remarque franchement drôle.

Midi arrivant, Drago lui proposa de se rendre en ville pour un premier repas officiel en faux amoureux secrètement véritables ce qu'Hermione accepta avec un peu de réserve. Elle aurait préféré rester dans cet appartement qui faisait office de refuge pour elle aussi maintenant mais le fait qu'elle risquait surtout d'y mourir de faim vu que les placards de la cuisine ne contenaient en tout et pour tout que de quoi faire du thé et quelques bouteilles de boissons dont elle préférait ignorer son contenu.

Une fois prêts à y aller, Drago et Hermione quittèrent l'immeuble et prirent la direction du chemin de traverse après avoir rabattu instinctivement leurs capuches. Une nouvelle fois, Hermione remarqua qu'elle n'avait vraiment pas forcément besoin de parler à Drago pour justifier tous ses faits et gestes. Bien au contraire, elle avait l'impression qu'ils partageaient les même interrogations ce qui était une relation franchement opposée à celle qu'elle avait eu avec Ron durant quatre années. Ca lui paraissait presque étrange d'être aussi sereine dans un couple alors qu'elle passait toujours son temps à l'époque à hurler pour tenter de communiquer avec celui qui était en plus un ami. Tenir deux jours sans une seule dispute et ressentir une telle plénitude étaient donc totalement nouveau et déstabilisant pour elle.

Tout au long du trajet, et pour la première fois, tout en se tenant la main, elle se sentit plus proche que jamais d'une personne alors qu'en fin de compte c'était pourtant celle qu'elle estimait le moins connaître. Néanmoins, elle ne pouvait faire autrement que reconnaître son bien-être à ses côtés et avoir l'impression que tout était comme naturel.

Après un bon quart d'heure de marche à travers une foule qui semblait particulièrement bavarde en ce dimanche midi comme si les frais ragots leur servaient d'apéritif, l'unique restaurant qui portait dignement ce nom, d'après Drago, apparaissait devant eux. De manière instinctive, Hermione s'engagea vers la petite ruelle qui donnait sur l'entrée réservée aux gens qui souhaitaient rester discrets sur leur emploi du temps mais Drago l'arrêta tout de suite.

- On a plus à se cacher… lui murmura-t-il en faisant ainsi grimper l'adrénaline de l'appréhension.

Ils arrivèrent alors devant la grande porte du restaurant où quelques couples attendaient patiemment une table. Le maître d'hôtel les accueillit poliment sans pour autant les reconnaître à cause de leurs capuches encore en place et annonça plus de deux heures d'attente. La jeune femme juste à côté d'Hermione lui fit un petit sourire narquois qui laissait présager qu'elle allait bientôt être placée ce qui agaça fortement la future Malefoy. Elle tourna sa tête en direction de son fiancé qui était justement en train de faire le même mouvement et toujours sans avoir besoin de communiquer pour se comprendre, ils rabaissèrent enfin leurs capuches. Hermione se tourna alors à nouveau vers la demoiselle qui n'en menait à se stade plus très large et lui fit un parfait sourire hypocrite lui apprenant ainsi qu'il était très incorrect de se moquer de la malchance d'autrui. La leçon de morale se poursuivit par la subite libération d'un box annoncé par un Seamus passant par là et qui les reconnut tout de suite. Devant le couple écœuré, Drago conduit Hermione à le devancer et tous les deux suivirent le propriétaire des lieux vers leur table.

- Je dois dire Hermione que tu es toujours aussi surprenante, plaisanta son ancien ami d'école. Ne le prends pas mal Drago, s'autorisa-t-il à dire devant une Hermione intriguée d'une telle familiarité, c'est juste que je viens tout juste de la revoir après des années d'ermitage et il y a encore une semaine, Harry me la présentait comme sa future belle-sœur par alliance. J'ai pu d'ailleurs constater que vous êtes le principal sujet de conversation ce midi, battant même l'annonce des différents préparatifs de commémoration. J'ai même entendu le rédacteur en chef de la Gazette se venter à celui de Sorcière Hebdo qu'il avait fait son meilleur tirage depuis plus de quatre ans. Et ce jour là, c'était le compte-rendu du mariage de ton meilleur ami si tu te souviens bien Hermione, ajouta Seamus avant de désigner leur table.

- Oui, je m'en souviens parfaitement, confirma Hermione qui avait déjà plus en tête le fait que ce jour là, Ron avait tout gâché entre eux.

- Ce n'était pas le jour où ta seule recette de la journée était due à mon unique présence ? Souligna Drago avec un petit sourire moqueur.

- Si, d'ailleurs, pour votre mariage, j'ai décidé de fermer… soupira-t-il en levant les yeux en l'air.

- Alors tu seras libre pour venir y assister, remarqua Drago coupant ainsi l'herbe sous le pied d'Hermione.

- Si Hermione ne revient pas la semaine prochaine avec un autre prétendant, ça sera avec plaisir, plaisanta à nouveau Seamus avant de partir rapidement et d'éviter ainsi la réflexion que Drago s'apprêtait à lui envoyer.

- Alors comme ça, vous vous appelez par vos prénoms ? Reprit Hermione tout en s'installant à table.

- Je viens quasiment tous les midis ici depuis qu'il a ouvert. Ca m'évite d'aller manger chez ma mère d'une part et me permet de faire des repas d'affaires le midi. Les hommes d'affaires sont plus enclins à parler finances autour d'une bonne assiette et accessoirement, je ne sais pas faire la cuisine. Donc à force…

- Je vois… Mais dis-moi, tu ne sais même pas faire un plat de pâtes ?

- Tout mon talent culinaire se résume à ce que tu as vu ce matin…

- Soit couper des oranges en deux, servir du thé et toaster du pain… Je suis très impressionnée, se moqua-t-elle.

- Vu ton appartement, et ce qu'on ne peut pas vraiment appeler « une cuisine », je serais curieux de voir ce que tu sais faire, répondit Drago avant d'ouvrir le menu.

- Il existe des livres de recettes Drago, s'indigna-t-elle faussement avant de l'imiter. Ce n'est pas uniquement destiné aux elfes de maisons !!!

- Ah oui, toi et les livres… Attention, autant que tu saches que je suis très possessif et jaloux. Donc le premier livre que je retrouve dans notre lit va passer un très mauvais quart d'heure, je te préviens ! Ironisa-t-il tout en gardant son sérieux si bien qu'Hermione douta un instant de la véracité de ses propos.

- J'ai cru remarquer que tu avais une grande armoire presque vide dans ta chambre… Elle me sera très utile, décida-t-elle de répliquer tout en restant dans le quiproquo.

- J'espère pour toi que tu ne comptes pas t'habiller avec du papier tous les jours, et que tu préféreras y mettre tes vêtements plutôt que tes amants, précisa-t-il avec un naturel qui déboussola Hermione avant d'interpeller un serveur afin qu'il prenne leur commande.

L'humour de Drago et sa maîtrise de lui en toutes circonstances avaient vraiment le don de l'impressionner et c'est donc sans gêne qu'elle rigola la première de la situation. Elle vit tout de même un léger sourire chez son fiancé prouvant que leur complicité était presque parfaite ce qui lui procura un réel sentiment de satisfaction. Elle eut ainsi la confirmation que leur relation n'était pas uniquement liée à une attirance physique résultant d'une alchimie dont elle ignorait encore les propriétés mais qu'au-delà de ça, ils s'appréciaient mutuellement comme s'ils avançaient dans un même univers. Une fois encore, elle ne pouvait s'empêcher de comparer Drago à Ron mais surtout ces deux relations dans un même contexte. Elle était certes touchée par la naïveté et la maladresse enfantine de Ron lorsqu'ils se retrouvaient dans un restaurant mais la vérité c'est qu'ils n'arrivaient surtout pas tenir une conversation dès lors qu'ils étaient seuls où alors elle se limitait à ce que Ron maîtrisait soit le sport en général et sa famille. Là, avec Drago, ils parlaient tranquillement d'eux, de leur relation confrontée à une société intolérante mais aussi des différents moments clés qui faisaient qu'ils en étaient arrivés là. Elle sentait qu'elle était capable de tout aborder avec lui sans la moindre retenue, ou presque. Elle en eut d'ailleurs la preuve lorsqu'ils finirent par évoquer les périodes de trouble précédent la guerre ouverte proprement dite. A sa grande surprise, il tourna le tout à la dérision comme s'il ne se sentait pas ou plus concerné. Naturellement Drago n'échappa pas au retour de bâtons et finit même par s'amuser de l'autodérision que lui peignait Hermione de sa scolarité.

- De toute façon avec comme élite, une fouine, deux molosses écervelés et une sangsue, Voldemort était obligé de perdre Drago, avoue…

- Hé ! Pesta-t-il vexé. La fouine, comme tu dis, aurait pu parfaitement se faufiler là où elle voulait comme dans une certaine maison très ancienne. Quant aux molosses, ils se seraient accessoirement occupés des jolies petites fesses de Potter et Weasley, bien que je sois sûr qu'en réalité, il n'y a rien de bon à se mettre sous la dent, même pour eux… persifla-t-il au passage, et quant à Pansy, elle aurait pu apprendre plein d'informations en te suçant le sang par exemple…

- Les conséquences aurait été terrible…Imagine si Pansy en était devenue intelligente ? Rigola Hermione.

- A vrai dire, non, je ne préfère pas, répondit Drago visiblement presque dégoûté.

Hermione fut vraiment étonnée de voir avec quelle légèreté Drago arrivait à tenir cette conversation. Cette guerre n'avait pas été sans perte et ce dans les deux camps. Même si Drago n'y avait finalement que très peu participé, certains de ses amis avaient été tués par les siens. Il avait aussi vu son nom terni par son procès et celui de son père, qui croupissait toujours à Azkaban. Hermione supposa qu'après la victoire, Drago avait dû vivre un enfer et se remettre en question pour revenir sur le haut de la scène socialement et financièrement, comme il pouvait l'être à l'heure actuelle. Le connaissant, son ego en avait dû en prendre un coup et ses mains ne devaient pas être toutes blanches pour avoir obtenu cette franche réussite. Une partie d'elle aurait bien voulu lui parler de ses réflexions mais l'autre lui imposait de la patience, pensant qu'un jour, il le ferait peut-être de lui-même. Finalement, elle retrouvait un peu d'Harry en lui avec cette faculté d'occulter ses moments difficiles pour profiter pleinement du peu de bonheur accordé. D'un œil extérieur, cette méthode semblait facile voire naïve, mais à y réfléchir, elle préférait celle-ci à celles qu'ils étaient toutefois en droit d'avoir, telle que la lamentation sur leur sort.

Lorsque Hermione remarqua que Drago avait surpris son état de songe personnel, elle lui offrit un sourire en guise de réponse ce qu'il accepta sans sourciller. Le repas terminé, ils s'en allèrent à nouveau par la grande porte et sans grande surprise, mais avec beaucoup d'agacement, au moins un journaliste et un photographe par journaux étaient présents pour essayer d'avoir une nouvelle information, moins formelle cette fois-ci.

- Ah, les voilà… Monsieur Malefoy, est-ce vrai que vous avez obligé Miss Granger à rompre ses fiançailles avec Ron Weasley à votre profit ? Lança une première qui mit tout de suite Drago sur les nerfs ce qui l'incita à ne pas répondre.

- Miss Granger ? N'est-il pas vrai que vos fiançailles avec Ron Weasley ont été véridiques contrairement aux déclarations de celui-ci ? Demanda une deuxième alors qu'une troisième ne lui laissa pas le temps de répondre.

- Comment a réagi monsieur Weasley à cette annonce ?

- Quelles sont les véritables raisons de ce mariage ? Reprit la première.

- Monsieur Malefoy, est-ce l'idée de votre mère que de proposer cette alliance ? Questionna-t-elle ensuite.

- Mais enfin, répondez-nous, nos lecteurs ont le droit de savoir la vérité ! Insista la troisième alors que Drago prit fermement la main d'Hermione pour essayer de passer entre deux flashs.

- Miss Granger, pourquoi n'avez-vous pas de bague de fiançailles ? Monsieur Malefoy a-t-il réellement fait sa demande où est-ce une manipulation du ministère ? Questionna un quatrième journaliste qu'Hermione reconnu comme étant le père d'une ancienne amie à elle.

- Ca suffit, râla Drago. Veuillez nous laisser passer! Demanda-t-il ensuite assez calmement ce qui confirma sa maîtrise d'un self-control qu'Hermione était sur le point de perdre.

- Monsieur Malefoy est-ce un moyen de vous offrir une rédemption au sein de notre communauté ? Reprit la première avant de s'en mordre les doigts.

- Ecoutez-moi bien, Hermione et moi-même n'avons rien à vous dire ni à vous prouver. Tout ce que vous aviez à savoir, le ministre lui-même vous l'a révéler. Contentez-vous en ! Le reste nous regarde et entre dans le cadre de notre vie privée, maintenant, laissez-nous tranquille! Ordonna-t-il en perdant presque son sang froid.

Assez déçus de ne pas obtenir leur dû, les journalistes se rabattirent sur les photos. Bien que Drago n'ait dit que de minimes phrases, Hermione remarqua que la plume à papotte du journaliste de Sorcière Hedbo en écrivait un véritable discours, ce qui n'annonçait rien de bon. Drago la pressa à s'éloigner du restaurant et sans la surprendre, il ne dit pas un mot durant leur trajet, de nouveau encapuchonné, jusqu'à son appartement. Très rapidement, Hermione sentit un léger malaise et regarda avec appréhension Drago se diriger vers sa terrasse. Sans savoir pourquoi, elle sentit qu'elle devait le laisser tranquille. Elle chercha alors de quoi lui laisser un mot et une fois équipée d'un parchemin, elle commença à lui expliquer que finalement, ça serait mieux qu'elle prépare le terrain avec ses parents et qu'ils auraient l'occasion d'organiser une rencontre d'ici peu. Elle continua en lui indiquant qu'elle retournerait directement chez elle ce soir histoire de le laisser un peu respirer, chose dont elle avait besoin également. Seulement, avait-elle presque fini que Drago entra à nouveau dans la pièce, intrigué par son initiative.

- Je peux savoir ce que tu es en train de faire ? Demanda-t-il en prenant presque des mains le mot qu'il savait lui être destiné. Ecoute Hermione, reprit-il en se massant les yeux des doigts comme pour se soulager d'un poids de plus en plus lourd. Autant en finir aujourd'hui, je suis plus à ça prêt maintenant.

- Drago, je ne t'en voudrais pas si tu préfères attendre…

- Si on s'est fiancés c'est justement pour ce genre de moments. De toute façon, je ne pense pas que tes parents soient pires que les miens, alors si je sais plus ou moins les gérer eux, je saurais sûrement faire face aux tiens.

- Très bien…

- Il me reste juste le temps pour prendre une douche et me détendre un peu histoire d'être à mon avantage. N'en profite pas pour t'enfuir, ajouta-t-il avant d'entrer dans sa chambre et d'hurler un « sale bête ».

Hermione entendit alors son chat cracher de tout son corps avant de courir comme si sa vie en dépendait devant elle, de se cogner contre une chaise en dérapant sur le sol, de partir se réfugier sur la terrasse, de grimper sur une des gouttières et de disparaître de sa vue. Sans perdre un instant, elle chercha à comprendre ce qu'il se passait et entra dans la chambre. Elle vit alors la robe de chambre de Drago à moitié à terre et en la remettant sur le lit, elle observa une trace arrondie de poils en son centre qui lui laissa l'hypothèse d'un conflit d'intérêt sur l'utilisation du vêtement. Sans faire de bruit, histoire que Drago ne se défoule pas sur elle faute de le faire sur le chat, elle partit alors à la recherche de celui-ci en essayant de monter sur la rambarde de la terrasse. Elle tenta de voir, aussi difficilement que possible vu sa position branlante, mais après quelques minutes de repérage, pas de matou à l'horizon. Elle s'inquiéta tout de suite de la probabilité de retour de son compagnon et regretta de ne pas avoir de boite de pâtée sur place pour augmenter ses chances. Pour le coup, elle regretta quand même de ne pas être à l'aise avec un balai magique, objet qui aurait pu lui être franchement utile à cette occasion.

En attendant que Drago soit prêt, elle s'allongea comme elle le put sur l'un des canapés du salon et commença à réfléchir sur la meilleure manière d'annoncer à ses parents ce qui lui arrivait. Pour le bonjour, elle y arriva tout de suite, mais ça se compliqua ensuite sur la justification de Drago derrière elle. Elle avait en plus assez souvent parlé d'un certain Drago Malefoy à ses parents et ce, pas dans les meilleurs termes, durant sa scolarité et même s'ils ne l'avaient jamais réellement vu de visu, elle ne doutait pas que ses parents réagiraient à l'évocation du nom de famille. A cette réflexion, elle préféra donc renoncer à l'option du souvenir de cette période.

- Papa, maman, je vous présente mon fiancé… lui parut, rien qu'à la prononciation, totalement mal venu et presque ingrat. Papa, maman, bonjour, le thé est prêt? Je vous expliquerais tout ensuite, reprit-elle ensuite tout en se disant que la méthode du rapport de force n'était pas non plus dès plus délicate. Papa, maman, j'ai des tas de choses à vous dire, et je vous présente mon fiancé, essaya-t-elle en se disant qu'il y avait du mieux mais que ce n'était pas encore ça. Papa, maman, désolée, Ron n'a pas pu venir mais Drago a bien voulu venir à sa place, tenta-t-elle avant de se frapper le front pour tant d'imbécillité en moins d'une minute.

Seulement, plus elle s'essayait à des formules plus ou moins polies, respectueuses ou complètement excentrique, plus une certaine angoisse d'échouer aux présentations grandissait. Tous ces changements allaient être un choc pour ses parents et ça ne serait pas facile de les convaincre que c'est ce qu'elle désirait maintenant le plus au monde. Enfin, être au chômage, non, mais Drago, oui. En plus, ses parents la connaissaient et savaient qu'elle n'était pas du genre à changer d'avis toutes les cinq minutes. Elle se demanda alors si elle n'aurait peut-être pas dû leur écrire pour annoncer ces évènements au lieu de les mettre au pied du mur de la sorte. Mais tout s'était passé si vite qu'elle-même avait encore du mal à tout réaliser alors comment l'expliquer rationnellement à ceux qui lui avaient toujours fait confiance jusque là ?

La torture que son esprit critique lui infligeait s'arrêta toutefois à l'écoute de bruits provenant de la chambre. Drago avait visiblement terminé de se préparer et l'échéance parentale ne s'en accéléra que d'autant plus. Elle sentit alors son cœur s'accélérer brutalement et la panique prendre du terrain sur le peu de confiance en elle qui lui restait. Hermione le vit ensuite entrer dans la pièce, parfaitement calme à en être jalouse et habillé à son habitude, soit en noir. Elle se promit alors à elle-même d'essayer de lui faire connaître d'autres couleurs possibles mais quelque part, elle s'avoua que cette certaine neutralité lui donnait tout le mystère qui faisait finalement son charme.

- On y va ? Demanda-t-il avant de faire un léger sourire narquois qui perturba Hermione.

- Quoi ?

- J'ai bien aimé ton dernier essai, c'était quoi déjà, ah oui, papa, maman, voilà j'ai viré la belette et j'ai un amant fabuleux à la place… plaisanta-t-il en voyant très nettement que son humour ne passait toujours pas auprès de l'ancienne Gryffondor.

- D'abord, je n'ai pas dit la belette mais Ron et ensuite je pense que tu aurais mieux fait de te nettoyer parfaitement les oreilles au lieu d'écouter une discussion privée et d'en déformer tous les propos !!!

- Je trouve pourtant que ça résume bien la situation…

- Oh, oui Drago, dire à mon père que tu es un amant fabuleux à votre première rencontre, j'avoue que c'est particulièrement judicieux pour établir une relation de confiance et de respect… ironisa-t-elle tout en prenant sa cape.

- Ton père ne pense tout de même pas que sa petite fille de vingt-cinq ans est … innocente… pouffa-t-il avant de voir le regard noir de la concernée.

- Contrairement à toi, visiblement, mes parents n'estiment pas nécessaire de connaître tous les détails de ma vie privée, ou de me donner des « méthodes » répondit-elle avec un ton assez hautain. Et j'aimerais tout autant que tu ne parles pas de ton côté… adonis… devant eux.

- Tu me prends pour qui ? S'indigna-t-il faussement. Et puis-je te rappeler le fait qu'en réalité, celui qui doit rougir de nous deux c'est quand même toi… Enfin, Hermione, tu m'as clairement demandé de rester ce soir là, je n'ai pas eu à insister pour atterrir dans ton lit, jeune fille de petite vertu ! Se moqua-t-il et ce davantage lorsqu'il vit Hermione les yeux presque exorbités, la bouche ouverte et incapable de sortir un son tellement elle était choquée. Allez, allons annoncer à tes parents que je t'ai fait retrouver la raison et que tu as de ce fait rompu avec Weasley.

Vexée, presque en colère bien qu'elle savait que cet humour noir cachait de toute évidence un stress lié à leur destination, Hermione ferma la bouche, finit de s'habiller en silence, bomba ensuite la poitrine, leva le menton tout en balançant ses cheveux en arrière et sortit de l'appartement très dignement. L'expression qui dit que le venin du serpent ne touche pas la blanche colombe s'illustra alors idéalement à cet instant par l'attitude d'Hermione. Même si elle ne put le voir à ce moment là, elle entendit parfaitement le petit esclaffement de Drago qui fermait la porte derrière elle. Toutefois, elle préféra ne pas relever et se sentir supérieure à ça. Une fois en bas de l'immeuble, le couple se mit légèrement à l'écart en vue d'un transplanage et Hermione soupira avant de se rapprocher de lui.

- Donne-moi ta main, ordonna-t-elle sur un ton sec et précis à bout de patience.

- Bien qu'il me semble que ce ça soit déjà fait, ma demande était quand même moins brutale que la tienne, ironisa-t-il à l'en excéder d'autant plus.

- Oh parce que tu appelles ça une demande, attends comment tu m'as sorti ça déjà ? Ah oui, la première fois c'était pour que je joue les remplaçantes avec un sacrifice salutaire pour la communauté et la seconde pour ne pas contredire l'idée brillantissime du ministre. Très romantique je l'avoue… Et après tu vas me sortir quoi ? Que le mariage n'est pas un conte de fées mais une affaire de plus à négocier et que le romantisme est pour les petites ou vieilles filles?

- Bien sûr que le mariage n'est pas un conte de fée Hermione, s'emporta-t-il face à l'attaque et la mauvaise humeur progressive de sa fiancée. Tu es totalement naïve si tu le crois surtout dans notre cas !

- Oui, je te confirme que tu n'es pas ce qu'on peut appeler un prince charmant, répliqua-t-elle froidement.

- Parce que Weasley l'était peut-être ? S'écria-t-il, sûr de sa réponse.

- Lui au moins a su me faire une demande en bonne et due forme.

- Oh oui, totalement bourré d'après ce que j'ai pu comprendre avec une phrase féerique qui n'a eu comme effet que de te faire fuir, précisa-t-il avant de revoir le poisson aux branchies totalement ouvertes.

Seulement là, Hermione ne voulait pas lui pardonner aussi facilement. Elle refusa de lui donner la satisfaction de pleurer devant lui et se cacha derrière un visage totalement glacial. Sans un mot, elle saisit la main de Drago, pensa très fort à l'entrée de la maison de ses parents et y transplana avec Drago. Le double bruit de leur arrivée ne tarda pas à alerter les propriétaires des lieux. La mère d'Hermione qui était à l'étage sembla s'être transformée en guépard vu la vitesse où elle commença à descendre les escaliers pour aller à la rencontre de sa fille.

- Oh ma chérie, tu ne devineras jamais à qui j'ai parlé hier de ton mariage. Tu ne dois plus vraiment t'en souvenir mais… mais ce n'est pas Ron !!!Se bloqua-t-elle en fixa Drago. Qu'est ce que tu as fais de ton fiancé ? Et qui est-ce?

- Maman, bonjour… salua Hermione, assez mal à l'aise.

- J'ai comme l'impression qu'il ne va pas le rester… bon… Je peux savoir ce qu'il se passe ? Reprit sa mère en perdant ainsi toute la bonne éducation que sa fille pensait qu'elle avait.

- Chérie, voyons… Intervint enfin le père d'Hermione en soulignant l'accueil de sa femme avant de se tourner vers sa fille. Bienvenue ma chérie, ajouta-t-il en la prenant chaleureusement dans ses bras. Pitié, ne dis pas à ta mère que tu as annulé le mariage, elle va m'en faire une attaque et je vais devoir la supporter toute la semaine, lui murmura-t-il ensuite sur un ton suppliant.

- Heu, non, sinon papa, maman, voici Drago Malefoy… Le thé est prêt ? Questionna-t-elle ensuite très rapidement histoire de faire passer la pilule du nom de l'invité surprise.

- Enchanté, salua l'intéressé en tendant sa main vers son futur beau-père qui la refusa, le laissant penaud.

- Malefoy comme celui qui… Commença à dire le père d'Hermione, confirmant ainsi l'hérédité paternelle de son intelligence.

- Celui qui a insulté, ridiculisé et jugé ma fille durant plus de six ans durant sa scolarité ? Continua sa mère, visiblement très, mais alors très contrariée par ce qu'elle avait sous les yeux, soit sa fille qui tenait la main d'un autre garçon que celui qu'elle s'était sûrement habitué à appeler « mon gendre ».

- Celui-là même, répondit poliment Drago en surprenant Hermione comme jamais.

- Heu, oui, c'est lui… Dites, on peut aller dans le salon pour prendre le thé, s'il vous plait, insista Hermione de moins en moins convaincue que cette rencontre soit judicieuse.

- Bien sûr, autorisa son père en l'y invitant de la main à y entrer.

- Merci, soupira-t-elle tout en serrant davantage sa main dans celle de Drago.

Hermione eut comme un léger retour en arrière en repensant à une même scène une semaine plus tôt sauf que là, le tableau était nettement plus accueillant. A cet instant, la dispute, aussi importante et profonde soit-elle, aurait valu qu'elle fasse la tête au moins durant plusieurs jours, là, elle le remercia intérieurement de ne pas l'avoir laissée seule face à ses parents. Elle savait parfaitement que sa mère serait déçue et que son père peu ravi de son nouveau choix mais de là à en faire un Everest, non, elle ne l'aurait jamais imaginé. Voyant que sa mère était probablement partie en cuisine, Hermione essaya de sonder le regard de son père, assis dans un des fauteuils fleuris en face de Drago et elle. Elle remarqua alors que celui qu'elle espérait avoir comme allié fixait fermement Drago. Même si celui-ci avait reçu une bonne éducation, elle lui savait des limites et Drago n'était pas du genre à baisser les armes aussi vite et surtout facilement. C'était à elle de détendre l'atmosphère et de faire en sorte que tout le monde sorte vivant de cette entrevue.

- Ta semaine s'est bien déroulée papa ?

- Pardon ? Réagit-il en sursautant légèrement. Oh, euh, oui… Enfin ta mère m'a parlé de fleur, de pétales et de dragées à tous nos repas mais jusque là oui, ça allait… Et la tienne ?

- Disons que… Enfin, elle a été riche en évènements on va dire…

- J'ai cru comprendre oui, répondit son père avant de se lever pour aider son épouse à dresser le service à thé.

- Pourrais-tu venir m'aider dans la cuisine Hermione ? Demanda froidement sa mère.

En neuf mots, Hermione venait de toucher le summum de la panique. Que pouvait-il y avoir de si stressant et angoissant à aller préparer un simple et malheureux thé ? Peut-être de recevoir l'eau bouillante sur la figure ou se faire assommer par une théière ? Sa mère en serait-elle capable uniquement parce qu'elle lui brisait ses rêves de mariage ? Pourquoi à cet instant précis, elle aurait largement préféré être à la place de Drago et rester au salon avec son père ? A côté du désarroi de sa mère, l'interrogatoire de son père serait une partie de plaisir. C'est donc peu sûr d'elle qu'Hermione se leva et arracha difficilement sa main de celle de Drago tout en ne le quittant pas du regard, jusqu'à ne plus pouvoir. Un pas derrière sa mère, la distance de quelques mètres qui séparaient le salon de la cuisine lui parut des kilomètres entiers. Une fois arrivée, sa mère resta plusieurs interminables minutes muette, à attendre que le sifflement de la bouilloire s'arrête. Lorsque le silence arriva brutalement, Hermione sursauta involontairement.

- J'avoue que je ne te comprends pas Hermione… soupira-t-elle. Je me souviens parfaitement de tes paroles, il n'y a même pas trois semaines. Tu étais même à deux doigts de pleurer dans mes bras que Ron te semble plus que jamais proche de toi au ministère avant de rejoindre cette autre fille. Ces fiançailles même si elles étaient tout de même rapides, semblaient justifiées par un amour en attente. Je ne pouvais rien espérer de mieux pour ma fille unique. Alors que t'est-il passé par la tête ? Pourquoi n'est-ce pas Ron qui est là assis en face de ton père ?

- Le thé va refroidir maman…

- Et ce Malefoy, ce n'est pas un… comment tu disais déjà… ?

- Mangemort… soupira Hermione tout en donnant des gants pour éviter à sa mère de se brûler les mains.

- Oui, c'est ça, donc dans mes souvenirs il faisait parti de ceux que tu combattais, alors que fait-il dans mon salon ?

- Disons que ce n'est pas aussi simple que ça… murmura Hermione avant de suivre sa mère jusqu'au salon.

Là, lorsqu'elle vit Drago toujours à la même place, elle sentit un énorme sentiment de soulagement et une justification profonde du conflit intérieur qu'elle vivait. Très rapidement elle se réinstalla près de lui et ne perdit pas une seconde de plus à replacer sa main là où elle estimait qu'elle était la mieux, soit dans celle de Drago. Visiblement, les deux hommes n'avaient pas dû échanger une seule parole et l'atmosphère devint alors encore plus glaciale que celle qu'elle avait connue le matin même avec Narcissa. Le thé servi, la mère d'Hermione la fixa de manière impatiente pour inciter cette dernière à enfin s'expliquer. Son père n'en attendait pas moins et après une gorgée qu'elle espéra sur le coup brûlante à l'en rendre aphone, et tout en serrant davantage la main de Drago en recherche de soutien, elle se lança.

- Ron et moi, nous ne sommes plus ensemble… En fait, j'ai rompu… Je ne pouvais pas consciemment l'épouser tout en sachant que je n'étais pas celle qu'il lui fallait… Il était avant tout mon ami et je ne pouvais pas en toute honnêteté lui faire ça…

- Grand Dieu… s'exclama-t-elle en reposant sa tasse sur la table basse, décontenancée.

- Ma vie a tellement changée en seulement quinze jours… soupira-t-elle en fixant un point au sol. Ron qui fait le retour que j'attendais, ma promotion qui n'était qu'illusion et…, hésita-t-elle avant de regarder Drago droit dans les yeux, papa, maman… même si tout parait un peu surréaliste pour vous, il y aura bien un mariage dans quinze jours seulement c'est à Drago que je dirais oui.

- Ce n'est pas sérieux Hermione ? S'exclama sa mère qui n'arrivait apparemment pas à y croire.

- Il y a eu une succession d'évènements qui ont fait que nous en sommes arrivés là et… Je ne regrette rien bien au contraire…

- Mais enfin, Hermione, ce garçon t'a mené une vie épouvantable durant toute ta scolarité et a prêché un point de vue fondamentalement opposé au tien qui se résumait à haïr des gens comme nous ou même comme toi ! Comment peux-tu raisonnablement épouser une telle personne ?

- La Guerre a été terrible pour notre communauté, maman. Beaucoup de choses ont été faites ou dites sans avoir été voulues ou pensées. Ca n'a été facile pour personne de se reconstruire après ça et Drago fait parti de ceux qui ont eu le plus à prouver. Finalement, je ne serais pas mieux que Voldemort lui-même si je n'accordais ni bénéfice du doute, ni seconde chance et que je réduisais mes pensées au fait qu'il n'a pas fait les bons choix aux bons moments sous prétexte qu'il appartenait à une catégorie de personnes à cause de son sang.

- Tout de même, ce n'est pas comme s'il ne t'avait rien fait personnellement !

- Madame Granger, si vous me permettez, intervint alors Drago, j'aimerais tout autant que vous cessiez de rabaisser l'intelligence et le bon sens de votre fille. J'assume parfaitement mes erreurs et ce n'est pas à Hermione de les justifier devant vous. Cette décision a été mûrement pensée et réfléchie et s'il y a bien une personne sur qui on peu avoir confiance, c'est Hermione. Je ne connais pas plus honnête qu'elle…

Sur le coup, Hermione en trembla. Même si ces dernières semaines semblaient vouloir contredire les deux dernières phrases de Drago, le fait qu'il la défende devant ses parents lui redonna un peu de courage et de convictions. Elle l'écouta alors religieusement expliquer son implication dans la mort du professeur Dumbledore, ce qui ne manqua que de peu de faire défaillir sa mère, sa fuite durant une guerre où les deux camps étaient devenus hostiles à sa survie, mais aussi le fait qu'il en était sorti acquitté de peu à son procès, contrairement à son père. Il récita le tout sur un ton tellement absent qu'Hermione y vit une certaine protection instinctive qu'il avait probablement forgée à force de devoir répéter ce même discours à qui voulait ou avait besoin de l'entendre. Il continua pourtant une suite inattendue en présentant celle qui était à sa droite comme salutaire à sa vie et qu'il lui serait à jamais reconnaissant d'avoir fait preuve de largeur d'esprit et de lui avoir offert sa confiance.

- Et son cœur ? Intervint alors le père d'Hermione jusque là uniquement attentif à ce qui s'échangeait devant lui.

- Bien que ce soit privé, ma seule présence ici peut vous indiquer la réponse sur ce point, répondit Drago en le regardant droit dans les yeux après quelques secondes de réflexion.

- Et vous ? Avez-vous des sentiments sincères pour ma fille ? Demanda-t-il ensuite en lui faisant face sans une once de crainte.

- Navré, mais c'est uniquement à elle que je dois cette réponse.

- Hermione est ma fille et mon rôle de père est justement de m'assurer qu'elle a une vie pleinement heureuse. Pouvez-vous m'affirmer que ça sera le cas si elle vous épouse ?

- Je ferais le nécessaire, affirma-t-il d'un ton sûr.

- Tout ce que je vous demande c'est de me faire confiance une fois de plus, reprit Hermione suppliante.

- Mais c'est ce qu'on a toujours fait, répliqua sa mère en se remettant droite sur son fauteuil. Comment peux-tu affirmer que ce n'est pas le cas alors qu'on a accepté tous les risques que tu as pris pour un univers qui rejetait les gens comme toi ! Tu crois que ça a été facile pour nous de te voir partir en guerre à dix-sept ans alors que tous les autres parents de notre quartier n'avaient à s'inquiéter que des bulletins de notes, des sorties, des petits amis en tout genre et de l'argent de poche ? Tu penses qu'on n'a pas non plus accepté de te faire confiance lorsque tu nous as dis que tu arrêtais tes études pour seconder un garçon du même âge que toi dans sa quête de je ne sais plus quoi alors qu'il était l'ennemi direct de Voldemachinchose ? Ah non, Hermione, je t'interdis de nous accuser de ne pas te faire confiance alors que ton père et moi n'avions qu'une envie c'était de te ramener ici et de t'empêcher de risquer ta vie si précieuse à nos yeux au lieu de respecter ton choix.

- Visiblement, vous avez bien fait jusque là, souligna Drago en marquant un point décisif pour Hermione.

- Ecoute Hermione, soupira son père, laisse-nous un peu de temps pour digérer tout ça…

- Très bien, murmura Hermione en tentant de contrôler la marée d'émotions qui prenait du terrain. Nous allons vous laisser alors…

Hermione se leva telle une vierge face à son sacrifice imminent et marcha lentement jusqu'à l'entrée de la maison. Après quelques secondes d'hésitation, sa mère la prit tout de même dans ses bras et lui adressa ensuite un timide sourire. Son père, quant à lui, proposa quand même sa main à Drago qui lui répondit positivement. Ce dernier sentit ensuite une pression grandissante à ce niveau et regarda alors son futur beau-père droit dans les yeux.

- Sorcier ou pas, je n'autoriserais jamais qui que ce soit à faire du mal à ma fille, menaça l'hôte des lieux.

- Nous avons au moins un point commun, répondit froidement Drago avant de retirer vivement sa main et prendre celle d'Hermione. Madame Granger, au plaisir… ajouta-t-il en se tournant vers elle.

- Au revoir papa, murmura ensuite sa fille tout en l'embrassant brièvement sur la joue.

Sans attendre une minute de plus, Drago prit alors l'initiative de transplanner jusqu'à une ruelle près de chez lui. Là, Hermione ne put contenir davantage la détresse que cette rencontre lui inspirait. Tous les poignards qu'elle avait senti se planter dans son cœur durant la conversation se mirent alors à tourner sur eux-mêmes, augmentant ainsi le mal de manière exponentielle. Oh, elle ne leur en voulait pas, non, mais jamais elle n'aurait pu un instant douter du sentiment d'insécurité que cachaient ses parents durant toutes ces années. Ils avaient toujours tout accepté, c'était vrai, et jamais il ne lui avait interdit quoi que ce soit lorsqu'il s'agissait de magie. Elle s'en voulu alors de leur avoir fait endurer tout ça par procuration sans même s'inquiéter de leurs sentiments. Peut-être que cette fois-ci était celle de trop pour eux ? Son mariage avec Drago pourrait-il même fragiliser les rapports si particuliers qu'elle avait réussi à préserver jusque là ? Méritaient-ils justement un tel remerciement après tous ces sacrifices ? Hermione en douta sur le coup et la chaleur des bras de Drago lui fit alors le plus grand bien. Décidément, il avait vraiment le don de la rassurer quand il le fallait. En étant juste là, contre elle, ne portant aucun jugement alors qu'il aurait été en droit de le faire, il lui offrait un refuge précieux et réconfortant. Elle apprécia chaque caresse qu'il lui donnait dans le dos puis les mouvements gracieux qu'il arrivait à faire avec ses cheveux avant de sentir une légère pression qui l'obligea à attirer son visage vers le sien et à l'embrasser chastement. La douceur des lèvres de Drago sur les siennes, le léger souffle sur le coin de sa joue, le silence qui l'entourait comme une bulle, tout était l'expression d'un amour encore inavoué mais totalement éprouvé. Hermione sut alors qu'elle devait se battre pour ses sentiments et qu'ils valaient la peine qu'elle lutte pour faire entendre sa voix à ses parents ou à toute personne qui douterait de la réussite de ce mariage. Après un long soupir, elle se nicha fermement dans le creux de son cou et versa quelques larmes. Elle sentit alors les bras de Drago l'entourer totalement comme si, sur le moment, il avait autant besoin d'elle, qu'elle de lui, et contre toute attente, il leva toutes les craintes possibles et imaginables qu'un esprit aussi vif qu'Hermione pouvait avoir et lui murmura les paroles les plus magiques à ses oreilles.

- Chut… murmura-t-il tendrement, je suis là…