Cher journal,
Drago vient de partir alors qu'il n'est pas huit heures. Etre seule dans son appartement me déboussole légèrement mais tout comme son propriétaire, j'ai ce sentiment de sécurité qui m'habite et je m'y sens bien. Il a un je ne sais quoi de spécial qui permet une certaine évasion ou une suspension du temps. J'aimerais pouvoir rester dans ses couvertures et ne plus jamais en sortir. Vivre d'amour et d'eau fraîche... Expression si tentante, si séduisante, si difficile à tenir quand on est humaine et affamée... Je dois dire que le retour à la réalité est assez déconcertant. En fait pour être exacte, ma réalité n'a justement rien de réel quand on y réfléchit. Elle est même tout sauf plausible vu ma normalité habituelle... Et là, je commence à m'embrouiller moi-même avec ma normalité... D'abord qu'est ce qui est normal et qu'est ce qui ne l'est pas?
Si je procède par élimination, moi, je suis réelle et normale. J'ai des amis, des parents, jusque là, on est dans la normalité d'une réalité normale. J'ai un fiancé et je suis toujours dans la normalité. Alors où est-ce que ma normalité ne devient plus normale? Que mon fiancé soit mon pire ennemi d'enfance, que mes amis et mes parents le tolèrent peu voire pas et qu'une certaine rivalité se soit installée entre mon fiancé et mon chat qui n'en ait pas réellement un? Pour une sorcière qui a participé à la fin du grand Lord noir Voldemort, alors qu'elle pensait que tout n'était que des contes pour faire peur aux petits enfants lorsqu'elle n'était que simple jeune moldue, ma vie est tout ce qu'il y a de normal, non?
Enfin, va dire ça à mes parents...
Oh misère, dans quelle pétrin je me suis mise... Mes parents n'avait jamais vu Drago de leur vie mais avec tout ce que je leur ai raconté sur lui, ils en savent assez pour ne pas le vouloir comme gendre. Après tout c'est compréhensible mais ils devraient me faire confiance, non? Et puis ce n'est pas comme si j'étais une personne sans bon sens. Ils doivent savoir que j'ai pas dit oui à Drago sur un coup de tête, enfin si mais pas réellement dans le sens où j'y avais déjà un peu réfléchi avant... De toute façon, maintenant c'est trop tard, je ne peux plus revenir en arrière et je n'en ai pas envie. Depuis que je suis avec Drago, je me sens tellement vivante et même si mes parents ne le voient pas encore, je me dois de suivre cette voie en attendant qu'ils apprennent à le connaître, aussi possible soit-il.
Ce qui me perturbe quand même c'est de devoir rentrer à mon appartement. Je sais que c'est chez moi et ce qui serait normal c'est que j'en sois ravie seulement j'ai cette drôle d'impression que ma place n'est plus là-bas. Pourtant il faudra bien que j'y aille, ne serait-ce que pour prendre encore quelques affaires. Et puis, maintenant que je suis sans emploi, même si j'ai quelques économies, je ne pourrais pas payer mon loyer durant des mois. Allez Hermione, une chose à la fois. Organiser un mariage tel que le notre en moins de quinze jours va me prendre tout mon temps et je verrais pour reprendre un emploi, ou une activité, comme me l'a si bien dit mon futur époux arriéré sur ce point, après être devenue Lady Malefoy.
Tu te rends compte journal? Dans moins de quinze jours, je serais Lady Drago Malefoy...Ca parait tellement loin comme tellement proche... J'ai quand même du mal à réaliser... C'est fou tout ce qui m'arrive...
Tiens, on frappe à la porte. Ca doit être ma chère future belle-mère. Drago m'avait annoncé qu'elle viendrait pour m'accompagner pour la conception de ma robe. Ca lui fera les pieds de patienter quelques minutes à la porte. Après tout, elle n'est plus en terre conquise ici et encore moins maintenant que je suis entrée dans la vie de son fils.
Bon, je te laisse. Il serait de mauvais genre de provoquer une faute diplomatique avec la douce maman de Drago... si? Oh que j'aimerais pouvoir dire oui... Méchante Hermione... Tu es une Gryffondor pas une Serpentard... Allez, ouvrons à la méduse!
Hermione soupira en refermant son journal et le glissa sous son oreiller. Après une légère caresse à son chat et la prise au vol d'un toast que Drago avait visiblement laissé pour elle, Hermione alla ouvrir à Narcissa Malefoy. Bras croisés, rouge de colère face à l'attente, elle la dévisagea de la tête au pied avec dénigrement avant d'entrer dans l'appartement de son fils. Elle fit un léger tour d'inspection comme s'il pouvait avoir changé depuis moins de vingt-quatre heures. Hermione préféra la laisser faire et s'affaira à prendre sa cape et son sac afin que l'actuelle et unique Madame Malefoy n'ait pas à le lui reprocher une nouvelle attente. Mais même en faisant ça, Hermione sentait bien le regard rempli de remontrances que Narcissa lui adressait. C'était comme si elle pouvait voir à travers ses propres vêtements et lui critiquait l'association de son bas de sous-vêtement rose avec le haut violet. C'était quand même pas de sa faute si elle avait un chat particulièrement friand de ces petites choses en dentelles et qu'il s'amusait à cacher ses butins de guerre. Forcément, du coup, lorsque Hermione avait une soirée galante, chose extrêmement rare, c'était une mission impossible de rassembler ses petits. Heureusement, l'inspection se termina et mis à part quelques mots de bienséance, Narcissa la précéda et Hermione ferma derrière elle.
L'épreuve suivante fut toutefois l'ascenseur. Narcissa reprit son jeu de regard en fixant de manière répétée les chaussures de la Gryffondor. Hermione essaya de vérifier discrètement si son chat n'aurait pas fait des dégâts qui lui aurait échappés, mais non pourtant, rien à signaler de ce qu'elle pouvait observer. De toute façon, Hermione savait qu'elle pourrait faire tous les efforts du monde, rien ne trouvait grâce aux yeux de sa future belle-mère, alors autant ne pas stresser de savoir si la couleur de ses chaussures lui plaisait ou pas. De ce fait, fatiguée du comportement de la mère de Drago, Hermione lui fit front lorsqu'elle croisa son regard ce qui eut le don de l'arrêter dans son manège. Hermione vit la jauge de son ego augmenter sur le coup.
Une fois dehors, capuches rabattues, les deux femmes prirent la direction du Chemin de Traverse. Forcément, il se devait de faire sa robe de mariée dans la meilleure boutique d'Angleterre, soi Gaichiffon. Hermione commençait à bien connaître cette boutique pour y être allée deux fois en moins de quinze jours alors qu'elle n'était franchement accessible qu'à ceux qui avaient les moyens de vivre dans autre chose qu'un trente mètres carré. Toutefois, Narcissa devait être une habituée vu l'accueil que les vendeuses lui firent dès qu'elles la reconnurent. Si Hermione ne se doutait pas de l'aspect commercial du rapprochement, elle aurait pu dire qu'elle assistait à la rencontre de bonnes vieilles copines d'enfance. Avant qu'on ne repère sa présence, Narcissa et la responsable bavardèrent pendant au moins un bon quart d'heure. Mode, tendance, nouveautés passèrent sous le commentaire sévère des deux connaisseuses. Naturellement, Hermione savait que Narcissa ne faisait là qu'un exercice de repérage pour faire le meilleur achat possible.
- Alors que puis-je faire pour vous ma chère? Lança toutefois la responsable qui voyait déjà son chiffre d'affaire de la journée augmenter de par cette présence.
- Oh, oui, c'est vrai, soupira Narcissa. Vous êtes sans doute au courant de ma... situation, soupira-t-elle tout en s'asseyant royalement sur l'un des fauteuils mis à la disposition de la clientèle.
- Qui ne l'est pas ma chère et permettez-moi de vous féliciter officiellement bien qu'officieusement, j'avoue ma surprise quant au choix de votre future bru surtout que nous avions terminé à quelques détails près la robe de la jeune miss Parkinson. Cette Granger n'a définitivement aucune classe et même mes plus belles robes seraient fades sur elle, reprit-elle plus doucement.
- Le ministre voudra faire tous les efforts possibles pour intégrer ces gens dans notre société d'élite, il y a vraiment des choses qui ne s'obtiennent que par la naissance, ajouta Narcissa avec détachement. Mais bon, si je viens vous voir c'est pour essayer, autant que vous le pouvez de faire quelque chose de correct avec elle, désigna Narcissa en se retournant en direction d'Hermione, à deux doigts de perdre son calme.
Là, devant son apparence, tout à fait normale selon Hermione, la responsable réclama l'attention de ses trois vendeuses occupées jusque là au rangement de la boutique. Hermione se retrouva alors très vite dévêtue de sa cape et de son sac avant de voir un mètre magique l'ensaucissonner afin de prendre ses mesures, lui faisant presque mal. Le résultat faillit d'ailleurs causer une crise cardiaque à la responsable et provoqua une indignation chez Narcissa qui lui conseilla tout de suite un bon régime dès que possible. La responsable donna ensuite un catalogue à la couverture cuivrée, visiblement réservé à une certaine clientèle, et Narcissa commença à le feuilleter non sans en faire des commentaires. Trop frivole, trop courte, trop longue, trop commune, trop tape à l'oeil, trop simple, trop colorée, trop blanche, trop ivoire, trop dentellée, trop maniérée, trop superficielle, trop déjà vue, trop originale ou bien trop jouvencelle, ajouta-t-elle en regardant Hermione du coin de l'oeil en se doutant bien qu'avec un fils aussi expérimenté que le sien, le mariage avait déjà été consommé et qu'il n'était pas nécessaire de jouer les hypocrites sur ce point. Elle se tourna ensuite vers sa future belle-fille et lui fit toutefois part de sa trouvaille.
- Que pensez-vous du haut de celle-ci, du derrière de celle-là, de la traîne ici et du décolleté de la dernière? Demanda-t-elle avec un air sûr et hautain.
Hermione regarda alors chacune des robes proposées par la mère de Drago et elle s'en dégoûta d'admettre qu'elle avait bon goût. La robe imaginée par Narcissa était tout bonnement digne d'une reine ou d'une Lady née et Hermione ne se sentit franchement pas à l'aise avec cette idée. Elle regarda alors le reste du catalogue et une idée lui vint à l'esprit: faire la robe qui lui conviendrait. Après tout, elle venait de supporter le venin de quatre femmes sans scrupule alors c'était à son tour de jouer les intransigeantes. Elle passa alors au crible fin l'ensemble des modèles qui s'offraient à elle et rapidement, une ébauche se fit dans son esprit. A son tour, elle se tourna vers Narcissa et lui montra ses idées. Forcément, elle était nettement plus simple et moins ample pour ne pas dire imposante que celle qui aurait été parfaite pour une future Malefoy mais elle se mit en tête que ça serait celle là ou un jean et un vieux T-Shirt. Au choix! Quoi que sur le coup, Hermione se serait bien risquée pour la deuxième option, rien que pour voir la tête de Lady Narcissa Malefoy aux côtés de son fils devant l'autel... Et là, il s'avérait plus qu'évident que le côté sadique et vicieux de Drago commençait à déteindre sur elle. Toutefois, Hermione fut alors surprise de ne recevoir aucune protestation, ce qui était franchement douteux et elle la soupçonna de cacher une approbation par son silence. Evidemment, reconnaître qu'une Gryffondor non introduite dans une société aux règles et coutumes particulières avait bon goût, ne devait pas être chose possible pour elle. Au vu de cette première victoire uniquement cachée, il lui faudrait donc attendre un autre moment pour faire payer son audace à la mégère frigorifiée.
- Bien, nous souhaitons celle-ci. Naturellement, il serait appréciable que la robe soit prête pour vendredi, suggéra l'unique blonde du magasin tout en étant consciente que ça ne laissait que cinq petits jours pour la concevoir.
- Oh, vacilla nerveusement la responsable qui voyait déjà ses nuits se raccourcir pour honorer la commande de l'année qui aurait due jusque là être remplie par la robe de Pansy Parkinson. Considérez qu'elle est déjà prête, osa-t-elle dire sans mesurer l'impact sur sa cliente.
- Très bien, si cela vous semble donc facilement réalisable, je suppose que vous pourrez nous la livrer jeudi soir, ce qui permettra certaines retouches, ajouta-t-elle tout en lançant un petit regard supérieur à sa future bru comme si elle devait y voir là sa première leçon Malefoyienne.
Bien que sur le coup, Hermione s'en vexa, il faut dire qu'elle trouva la poigne de Narcissa assez déconcertante mais délicieuse face à de telles vendeuses. Après tout, c'était des filles comme elle, qui mettaient un point d'honneur à respecter les rangs, et ça, Hermione l'avait assez bien compris lors de ces visites, alors Narcissa n'était qu'en son droit de leur faire honneur. Au moins, là, les rôles étaient inversés! Les vendeuses qui avaient méprisées Hermione la première fois se retrouvaient à la place des moins que rien au regard de Narcissa. Un bon et juste retour des choses, non? En tout cas, la Gryffondor qu'elle était préféra cette justice à l'injustice du traitement de Narcissa envers les harpies vaniteuses. De ce fait, tout comme la mère de Drago, elle n'ajouta qu'un simple au revoir et quitta la boutique assez satisfaite de sa commande. Seulement, le léger sourire qu'elle pouvait arborer en s'imaginant habillée de la robe s'envola subitement lorsqu'elle se retrouva nez à nez, Narcissa à sa droite, devant Molly Weasley. "Bordel de nom de Merlin de fichue destin à la noix qui complique toujours tout" fut alors l'une des protestations de l'ex future belle-fille qui voyait une confrontation sanglante qui se préparait devant elle.
La mère de Ron, bouche légèrement ouverte, semblait ne pas croire ce que ses yeux lui décrivaient. A vrai dire, il y a encore peu, Hermione elle-même ne s'imaginait pas faire les boutiques avec Narcissa Malefoy et encore moins refuser les avances attendues pour ne pas dire inespérées de Ron alors, la réaction de Molly lui paraissait finalement compréhensible. Mais très vite, elle vit une légère différence et une transformation dans le regard de cette mère d'adoption. La surprise laissa place à de la déception et choquée, Molly baissa ses yeux et passa son chemin sans même adresser la parole à Hermione. Là, un poignard pointu imaginaire qui arrivait à une vitesse indéfinissable, visa Hermione et se planta en plein coeur. Le souffle coupé, de sa jeune vie, elle ne se rappela pas d'avoir eu aussi mal. Tout mais pas ça, tout mais pas la déception, tout mais pas l'ignorance, tout mais pas l'indifférence, non, ça, Hermione ne pouvait pas le supporter. Molly Weasley n'était certes pas sa mère ni même quelqu'un de sa famille mais pour elle, la matriarche en avait la valeur à ses yeux. L'amour de cette femme lui avait toujours fait du bien et avec ses parents extérieurs à sa vie de sorcière, Molly et Arthur lui avaient donné un soutient précieux, des conseils irremplaçables et des valeurs familiales qu'elle n'aurait jamais pu avoir dans un schéma d'enfant unique. Même si parfois, elle la trouvait particulièrement envahissante, elle avait espéré pendant plus de dix ans faire partie de cette famille si généreuse. Et là, non seulement elle n'avait pas la possibilité de garder Drago et de lui faire changer de mère mais en plus d'avoir ses parents à dos, elle venait visiblement de perdre l'estime d'une personne importante pour elle. Hermione ferma alors les yeux, sentit son coeur se contracter comme s'il refusait de fonctionner, frissonna, versa quelques larmes et se laissa volontairement envahir par la culpabilité.
- Oh moins, cette histoire aura su me faire sourire, se félicita Narcissa en suivant des yeux l'ex future belle-mère de sa future belle-fille.
Pris d'une panique soudaine, Hermione planta la blonde pour rejoindre la rousse et l'appela pour la retenir. Molly stoppa son avancée et se retourna lentement en inclinant très légèrement sa tête sur le côté, offrant ainsi un signe d'écoute temporaire à celle qui l'avait déçue. Pas après pas, la distance de quelques mètres se réduit et sans faire attention à la transformation des passants en public attentif, les deux femmes se jaugèrent du regard comme si le sort du monde pouvait en dépendre. Mais au lieu d'exposer chacune leurs griefs et leurs argumentations, l'impensable se produisit devant une Narcissa maintenant gênée par cette exposition scandaleuse. Submergée par l'émotion, Hermione ne retint alors plus ses larmes et Molly ne put résister de lui ouvrir les bras comme elle avait pu le faire jusque là. Se serrant plus que de mesure, personne ne put alors savoir qui réconfortait maintenant l'autre. Puis, toujours sans préméditation, elles se regardèrent dans les yeux et se mirent instinctivement à rire avant de se blottir l'une contre l'autre. Hermione se sentit alors rassurée sur le fait que quelque soit ses choix, ses proches la suivraient coût que coût, bien qu'une partie d'elle restait consciente que tout ne se résoudrait pas en quelques secondes, et qu'il ne s'agissait que d'un des premiers pas d'une longue marche vers l'acceptation.
La tension redescendue, Molly fouilla dans son énorme bourse et en sortie un mouchoir qu'elle offrit à Hermione afin qu'elle essuie ses larmes avant d'en faire de même avec un deuxième qui apparut d'un coup de baguette magique. Trop occupée dans leur moment d'émotion, elles ne firent pas attention au retour à la normalité autour d'elle. S'attendant sûrement à un règlement de compte typiquement féminin, les spectateurs du moment reprirent leur occupation ou leur destination, laissant juste une Narcissa, mauvaise et bras croisés, à peine à un mètre d'elles. Et là, contrairement à ce qu'Hermione aurait pu prévoir, au lieu d'avoir une Narcissa à l'attaque, ce fut une lionne prête à écraser une vipère qui rugit à plein poumon.
- Vous me prenez peut-être celle qui est une seconde fille pour moi mais jamais vous n'obtiendrez son coeur, et rien que pour ça, je vous plains et j'ai pitié de vous... Hermione est un ange et votre fils doit toujours se rappeler qu'il a une chance insolente de l'avoir volée au seul autre homme qui aurait pu la rendre heureuse.
- Laissez-moi rire, ironisa l'ancienne Serpentarde. Si ça ne tenait qu'à moi, et tant que le mariage ne sera pas célébré, tout est encore possible, je vous rendrais bien les miettes de mon fils...
- Vous avez la mémoire courte chère Lady Malefoy, mon Hermione était avec mon Ron bien avant qu'elle ne soit fiancée à votre cher rejeton! Alors laissez-moi rectifier que c'est votre fils qui récupère les miettes du miens, répliqua Molly à la limite de provoquer une réaction d'Hermione.
- Si cela peut vous consoler et vous sortir quelques secondes de votre condition d'infériorité, je pense que je peux vous l'accorder, soupira Narcissa d'un air hautain.
- Oh mais d'avoir l'amour et le respect d'un être comme Hermione me rend largement supérieur à vous Milady! Et un jour, vous m'envierez! Et pour toi Hermione, je serais toujours la belle-mère que tu aurais due avoir. Et si jamais son fils te fait des malheurs, n'hésite jamais de venir chercher un peu de réconfort autour d'un bon thé bien chaud au Terrier. Ton mariage ne changera rien entre nous ma petite fille. Mais promets-moi surtout de ne pas laisser cette mégère te changer en petite prétentieuse, hautaine, nombriliste, capricieuse, arrogante, glaciale, dédaigneuse, orgueilleuse, guindée et précieuse qui n'a de chaud que le fond de sa cheminée, piqua Molly avant d'obtenir un discret oui de la tête de sa protégée et de s'en aller aussi vite qu'elle était venue.
Naturellement, Narcissa n'allait pas s'abaisser à commenter ce qu'Hermione dégustait intérieurement et après avoir tourné la tête dignement, sans un mot, elle reprit le chemin du restaurant sans attendre la fille de coeur de Molly Weasley. Au fond d'elle, bien que théoriquement elle n'avait plus le droit de le faire par respect pour Drago, Hermione se promit de raconter en détails l'entrevue aussi courte que dévastatrice entre les deux femmes. C'était du culte pour elle et cette image serait sûrement gravée à jamais dans son esprit. Ah Molly Weasley, ce petit brin de femme qui arrivait encore à surprendre à chaque situation où on l'attendait à l'opposé. Hermione se souhaita de devenir ne serait-ce qu'un dixième de cette grande femme à ses yeux. Et pour ça, elle devrait passer outre la froideur superficielle de son futur mari et sans conteste occulter l'aspect belle-famille qui risquait pour le coup d'être plus que contraignante. Mais tous ces inconvénients semblèrent s'envoler lorsque Hermione vit la silhouette de son promis arrivant presque en même temps qu'elles à la grande porte du restaurant. Une fois la grâce de la vision passée, Hermione se dit quand même qu'il faudrait qu'elle lui apprenne la douceur d'un repas "maison" et l'intimité appréciable que cela procurait. La gastronomie du restaurant de son ancien camarade d'école était certes goûteuse mais y aller tous les jours comme semblait le faire Drago ne l'emballait pas plus que ça.
- Mère, salua-t-il tout en lui faisant un baisemain qui fut commenté par un lèvement de sourcil de sa fiancée avant de se tourner vers elle. Hermione...
Et là, la concernée voulu crier toute sa colère. Non seulement pas de sourire, comme si sa présence le faisait totalement chier, mais en plus de ça, lorsqu'il s'approcha de son visage, au lieu de l'embrasser sur la bouche, chose naturelle pour un couple déclarée, ses lèvres bifurquèrent sur sa joue gauche volontairement. Alors non, Hermione n'avait pas supporté une matinée d'insultes en tous genres de la part des vendeuses et de sa future belle-mère pour obtenir en récompense qu'un simple bisou chaste pour ne pas dire amical sur la joue. Voulant lui montrer sa consternation, elle le regarda avec une noirceur sans précédent. Elle fut alors fier d'elle à observer un léger frisson de remord chez son partenaire et continua sur sa lancée en passant devant lui dans une totale indifférence. Il voulait jouer à ça? Après ces dernières heures, elle avait assez de rancoeur pour s'amuser à son niveau. De ce fait, lorsqu'ils arrivèrent à leur table, au lieu de se mettre à côté de lui, elle se plaça en face, mettant ainsi Narcissa entre eux telle une barrière infranchissable pour toute tentative discrète de rapprochement. Ne prêtant pas attention à sa réaction pour lui montrer à quel genre de femme il allait maintenant avoir à faire, elle saisit son menu avec intérêt et se concentra sur ce qu'elle allait bien pouvoir manger. Salade de cuisses de crapauds à la ciboulette, pavé de calamar géant sauté, brochette de limaces françaises, canard fouetté à la mangue, velouté de salamandre ou alors le plat du jour qui était un mijoté d'agneau baigné au jus de citrouille se voyaient déjà dans son assiette à tour de rôle. Si ses parents ne l'avaient pas bien élevée, elle aurait tout commandé et mangé comme une véritable affamée pour compenser ses contrariétés, mais déjà l'insistance qu'elle montrait envers le menu semblait poser problème à sa belle-mère qui n'hésita pas à le commenter à son fils.
- Compte-t-elle avaler tout ce qui se trouve en cuisine pour s'attarder ainsi? Demanda Narcissa à son fils qui se contenta de soupirer. Il faut qu'elle fasse attention à sa ligne maintenant que sa robe est commandée. Je ne tiens pas à expliquer aux vendeuses que j'hérite d'une ogresse comme unique belle-fille...
- Mère, soupira à nouveau Drago avant de se tourner vers Hermione. Tu as choisi?
- Peut-être, répondit-elle tout en continuant sa prospection. Il me reste à déterminer si les limites de ma fierté me permettent d'honorer ce repas où si je préfère rentrer chez moi et me faire un plat de pâtes trop cuites... J'avoue hésiter...
- Je peux savoir ce qui te met dans un état pareil? Demanda-t-il, perplexe d'une telle rancoeur.
- Mon cher, intervint sa mère, ne vous intéressez donc pas à ses enfantillages, parlons de choses plus intéressantes. Alors, vous avez vu notre cher Gustave ce matin?
- Oui, s'exécuta-t-il tout en regardant fixement Hermione en espérant visiblement encore une réponse.
- Et qu'a-t-il dit concernant ce... tenta de continuer Narcissa avec un peu de difficulté.
- Mariage, mère, mariage avec Hermione... Rien de spécial. Il ne peut y avoir de consanguinité du fait que ses parents soient moldus et également aucun problème légal puisque le ministre lui-même appuie l'acte.
- Et pour le contrat de mariage? L'a-t-il déjà établi?
- Il le termine pour ce soir mais j'ai demandé quelques modifications, expliqua Drago qui pour le coup eut toute l'attention de sa future épouse vu la réaction de Narcissa.
- Comment ça? Celui que tu avais fait faire pour Pansy me semblait tout à fait correct!
- Hermione n'est pas Pansy, mère... Certaines clauses ne sont pas nécessaires avec elle et la connaissant, je suis sûr qu'elle préfèrerait tout annuler que signer ce contrat.
- Ne me dis pas que tu as enlevé la clause d'infidélité !!! S'indigna-t-elle alors qu'Hermione en aurait recraché son repas s'il lui avait été servi à ce moment là.
- Quelle clause d'infidélité et puis c'est quoi ce contrat? Tu ne m'en as pas parlé hier soir! S'énerva-t-elle en regardant Drago avec écoeurement.
- Tous les Malefoy en font un Hermione, c'est une sorte de tradition familiale qui permet de garder au centre les intérêts familiales. Il est garant de l'héritage et de la succession principalement. C'est monnaie courante dans les familles aisées, se justifia-t-il tout en sentant la réprobation de sa fiancée.
- La clause d'infidélité en est d'ailleurs la plus importante, souligna Narcissa en forçant son fils à la regarder. Il garantit la paternité de chaque enfant né durant le mariage. Mais il est sûr que si j'avais un petit-fils roux, continua-t-elle en se tournant vers Hermione, vous pouvez être certaine que clause ou pas, il sera hors de question de le reconnaître comme l'un de mes héritiers.
Hermione n'en revint alors pas. Elle n'était pas encore mariée qu'on la traitait déjà comme une adultère. Sa fierté de Gryffondor n'en supporta pas plus. Elle jeta alors sa serviette sur la table, se leva sans dire un mot ni même regarder Drago et partit du restaurant sans se retourner. Se remémorant tout ce qu'elle avait vécu depuis ce matin, elle ne vit alors pas le temps passer et se retrouva très rapidement devant le hall d'entrée de sa cage à lapin. Presque heureuse de revenir finalement chez elle, Hermione apprécia chaque marche jusqu'à ce qu'elle arrive à un certain étage où ses pas s'accélérèrent subitement. Naturellement, même si elle en avait prié Merlin, elle ne fut que peu étonnée d'entendre un verrou s'ouvrir rapidement, laissant en sortir un voisin peu commun. Bien sûr, Hermione avait fini par courir le long de son palier pour commencer l'ascension du dernier étage mais comme toujours, ça n'avait pas suffit à arrêter l'ardeur de son fan numéro un. Du coup, à l'appel de son nom, enfin du "hé ma belle!", elle se retourna et soupira à la vue de Boris. Lui, il ne lui avait franchement pas manqué, ça, Hermione en était sûre...
- Tu te cachais où ces trois derniers jours? Tu sais très bien que je ne peux vivre une seule journée sans te voir... J'ai cru mourir plus d'une fois à l'idée que tu m'abandonnes, moi, l'amour de ta vie... Ma mignonne, je te pardonne pour ta colère de l'autre fois... Allez viens chez moi et réconcilions-nous, proposa-t-il avec un ton qui fit presque vomir Hermione tellement l'invitation à coucher avec était prévisible.
- Toi qui lis les journaux, tu as du voir que j'étais fiancée, non? Tenta de s'en sortir Hermione sans avoir à le rabaisser de nouveau.
- Visiblement, on ne doit pas se fier à ces torchons... Si on les écoutait, tu serais fiancée à des hommes différents deux fois par semaines. Mais toi et moi, nous savons que c'est faux et que rien n'entravera notre amour... Allez viens ma belle, rentrons boire un verre... reprit-il en lui faisant un clin d'oeil séducteur à souhait.
- Je suis réellement fiancée Boris! Et je vais me marier dans quinze jours! Alors non, je ne vais pas venir chez toi!!!
- Si tu es fiancée comme tu dis, pourquoi cette fois-ci tu n'as pas de bague au doigt? Quel homme honnête ferait une demande digne de se nom sans offrir la plus belle bague au monde pour une femme aussi parfaite que toi, ma douce? Allez, ne cherche pas à lutter contre notre amour, viens... s'approcha-t-il en lui provoquant un mouvement de recul instinctif.
Comprenant l'hésitation d'Hermione qui fixait un doigt précis totalement nu, Boris saisit l'occasion pour jouer au jeu de l'araignée et continua d'avancer jusqu'à la bloquer contre le mur. Hermione se sentit alors totalement idiote de s'être fait avoir de la sorte et paniqua à l'approche de deux lèvres qui réalisaient un mouvement de future succion tout à fait traumatisant. Au moment prévu de l'impact, Hermione se glissa contre le mur et passa furtivement en dessous du bras, tout en retenant sa respiration, avant de s'enfuir dans les escaliers, trois marches par trois, jusqu'à son appartement. Bien sûr, dans l'affolement, elle en fit tomber ses clefs, alors que Boris osait la poursuivre, et ce n'est que de justesse qu'elle put entrer chez elle, claquer la porte, saisir sa baguette, prononcer de multiples sorts complexes de verrouillage et tenter de calmer sa respiration en se pensant maintenant en sécurité. Elle attendit ensuite d'entendre la redescente de son voisin avant de se sentir autorisée à bouger et une fois la menace partie, elle s'écroula sur son lit, la tête face à son plaid. Non pas qu'elle voulait mourir étouffée mais l'idée de ne plus être de ce monde durant l'espace de quelques secondes lui fit du bien. Exit Boris, Drago, Ron, Narcissa, Molly, Harry, Ginny, parents et toutes connaissances de près ou de loin, et bonjour le bonheur de la solitude. N'ayant plus d'air dans les poumons, elle finit toutefois par se retourner et se mettre sur le dos en fixant son plafond. Elle remarqua une araignée et regretta que Pattenrond ne soit pas là. Puis, elle se reconcentra sur la tragédie de sa vie et un blond prit le contrôle de son esprit. Drago allait lui en vouloir de l'avoir planté ainsi au restaurant et ce, devant sa mère. Qu'allait-elle encore penser et dire en sa défaveur? Même si Hermione était consciente de l'attachement qu'ils avaient l'un pour l'autre, elle estimait quand même la relative menace que représentait Narcissa et ne doutait absolument pas de l'influence qu'elle pouvait avoir sur son fils. L'idée même qu'elle puisse y arriver la fit frissonner. Perdre Drago maintenant lui était devenu impensable et mettre un oreiller sur son visage n'arrivait pas à lui ôter la peur de continuer sa vie sans cet homme au double visage. Son estomac se réveilla alors et le plat de pâtes s'imposa à elle. Hermione se leva donc, sortit une casserole, déclancha le feu de son poil avec sa baguette et une fois l'eau bouillie, y versa une cuillère d'huile, une pincée de sel et le contenu non généreux du petit sachet de son alimentation principale de célibataire endurcie. Elle regarda ensuite les nombreuses lettres que les hiboux avaient laissées dans l'embrassure de sa fenêtre et fut surprises d'y voir davantage de menaces de mort que de félicitations. Ce n'était décidément pas sa journée... Toutes les admiratrices secrètes ou pas de Drago s'étaient visiblement défoulées sur ces parchemins et la colère montante, sa vigilance baissa et ne vit pas le caractère dangereux de l'un d'eux. Lui explosant presque au visage, Hermione en vint à exprimer un cri étouffé d'énervement et à s'autoriser à perdre deux secondes un état mental normal. Elle se regarda alors dans la glace et l'état de ses cheveux valait tout à fait celui poussiéreux de son visage. Pour ne rien arranger, l'eau de ses pâtes déborda, lui indiquant ainsi le côté trop cuit de son repas. Hermione se résolut alors à accepter le côté maudit de son destin et préféra retourner sur son lit et attendre d'y mourir de faim. Seulement, même ça, ça lui était interdit. Quelqu'un frappa à la porte et l'idée de voir la tête de Boris en dernier avant de rejoindre quelques amis ne lui faisait pas franchement envie. A y réfléchir un peu mieux, elle se rappela que c'était déjà le cas, alors au bout du quatrième lot de coups sur sa porte, elle se résigna et se leva pour aller ouvrir en oubliant totalement son apparence peu avantageuse. Certes, la vue était nettement plus agréable une fois devant son visiteur mais la situation n'était pas forcément mieux que celle qu'elle venait de vivre avec Boris.
- Il va falloir que tu apprennes à te contrôler Hermione, soupira Drago apparemment intrigué par quelque chose, vu son regard perplexe, avant de s'apercevoir qu'elle ne l'invitait pas à entrer.
- Désolée de ne pas être ta mère...
- Je ne te demande pas ça mais au moins fais en sorte de ne pas lui donner d'arguments pour justifier l'incompatibilité de notre couple!
- Je vais essayer, soupira Hermione avant d'aller jeter son cake de pâtes dans sa poubelle.
- Dis-moi, ta coiffure... commença-t-il à dire avant de rire de la réaction de panique honteuse de sa fiancée qui n'attendit pas une minute de plus pour se lancer un sort d'arrangement facial avant de reprendre naturellement ses occupations sous le jet d'eau de son évier.
Des bras fermes l'entourèrent ensuite, l'empêchant de s'exécuter à laver sa petite vaisselle et lui inspirant un soupir de soulagement. Il avait le don de lui faire oublier tous ses problèmes et elle lui en voulait presque. Mais faute de pouvoir tout régler dans la minute qui venait, elle opta pour apprécier chaque bon moment que la clémence du destin lui offrait. Elle se retourna pour lui faire face et ne résista pas à la caresse de son visage qui radoucissait l'atmosphère. Fermant les yeux pour mieux se délecter de la sensation que lui procurait Drago, Hermione frissonna au souffle de Drago qui la frôla avant qu'elle ne sente la chaleur moelleuse et humide des lèvres de son ensorceleur sur les siennes. Comment ne pas être à la merci d'un homme qui procurait autant de plaisir avec si peu de choses? Impossible, tout bonnement impossible! Toutes les filles de la Terre entière pouvaient être jalouse d'elle à un moment pareil et pour rien au monde elle n'aurait voulu échanger sa place avec l'une d'elles! C'était son homme à elle seule et elle ferait tout pour que cette donne ne change pas! Chantages, menaces, propositions indécentes n'auraient pas raison de ce qui était maintenant sa propriété et le second baiser qu'il lui donna renforça sa résolution de possession. Hermione remporterait tout match par KO et elles pouvaient lui envoyer toutes les beuglantes possibles, piégées ou pas, seules ses mains auraient l'autorisation de parcourir ce corps divin. Et à y penser, les siennes glissèrent le long de son dos pour tomber sur une courbe généreuse et s'y maintenir. Seulement, au lieu de l'inviter à aller plus loin, elle vit Drago rompre le contact en reculant d'une dizaine de centimètres d'elle.
- Ma mère nous attend au restaurant... Lâcha-t-il en le regrettant visiblement lui-même vu la direction que prenaient les choses.
- Je la déteste, murmura Hermione malgré elle avant de plaquer sa main sur sa bouche en se rendant compte qu'elle avait dit tout haut ce qu'elle pestait tout bas.
- Je te demande pardon? Demanda-t-il avant de comprendre pourquoi elle en était venue à avouer ces paroles et imaginer ce qu'elle pouvait avoir en tête. Obsédée! Rigola alors Drago en provoquant le déclanchement d'une rougeur sans précédent sur le visage de sa fiancée.
- Mais non! Pas du tout! Absolument pas! Jamais de la vie! Je t'interdis de penser ça! Tu me connais très mal! Moi, obsédée? C'est toi qui a l'air de penser que je pensais à penser faire ça! Bafouilla Hermione avec vigueur à en finir par s'embrouiller elle-même.
- Et tes mains sur mes superbes fesses? Elles prenaient l'air? Insista-t-il avec un air malicieux.
- C'est quand même pas de ma faute si elles sont à hauteur! Se justifia Hermione de plus en plus mal à l'aise. Tu n'avais qu'à avoir des fesses plates, mes mains n'auraient fait que passer au lieu d'y rester!
- Mais oui... J'espère que tu ne fais pas reposer tes mains sur tous les postérieurs qu'elles pourraient approcher... Tu aurais du mal à continuer à te faire passer pour une sainte, chose que je sais être faux depuis quelques temps... ajouta-t-il plus doucement avant de l'embrasser dans le cou. Je dirais même que tu es une véritable petite coquine qui ne rêve que de se révéler, reprit-il avant de se faire frapper vivement par une furie outrée à l'écoute de tels propos.
- Espèce de... Oh tu vas voir si je suis une coquine!!! Tiens, je vais commencer par appliquer "ma" méthode de contraception!!! Comme ça, ta mère pourra être sûre qu'il n'y aura pas d'erreur! Annonça-t-elle les mains sur les hanches. Tu fais moins le fier maintenant, hein?
- Tu ne tiendras pas deux jours avant de me supplier de te faire l'amour !!! Surenchérit-il par défi.
- Sûrement pas! Et tu sais quoi, je vais même te dire qu'on ne fera plus rien avant le mariage!!!
- Tu n'es pas sérieuse? Paniqua-t-il à l'annonce qu'il savait réalisable provenant de la plus entêtée des filles qu'il connaissait.
- Pense à remercier ta chère maman, termina Hermione en lui faisant un sourire ravageur avant de reprendre sa cape et d'ouvrir la porte.
Oh oui, il allait la remercier. Elle en était sûre. Ah, il pensait qu'elle était une coquine et bien elle allait lui montrer ô combien il avait raison! Il allait souffrir, foi d'Hermione Granger! Et elle le lui fit comprendre en lui donnant un nouveau regard rempli de promesses qui allaient le rester. Visiblement, le message était bien passé vu la tête penaude de Drago lorsqu'il referma la porte derrière lui. Il soupira bruyamment et la précéda dans la descente des escaliers. Son humeur assez douce à son arrivée n'était alors plus d'actualité et celle d'Hermione prit le chemin tout inverse. Sourire aux lèvres, regard victorieux, à l'écoute de l'ouverture d'une porte, elle savait qu'un autre bon moment arrivait. Le vaillant et courageux Boris, bras croisés fermement, prêt à affronter l'ultime bataille de sa vie avec le dragon qui lui avait enlevé sa princesse, se plaça devant eux et leur coupa la route, de toute évidence résolu de reprendre ce qu'il estimait lui appartenir. Seulement, il en fallait un peu plus pour prétendre faire peur à un Malefoy et c'était réellement limite s'il ne l'ignora pas. Boris dut insister pour obtenir une réaction du cracheur de feu et au fond d'elle, Hermione lui adressa un "valait mieux pas..." du regard.
- Vous essayez de faire quoi là? Demanda Drago agacé.
- Je sauve Hermione du monstre que tu es! Osa-t-il dire avec le peu de courage qui l'habitait.
- Un monstre? Moi? Demanda Drago avant de rire à ne plus pouvoir s'arrêter.
- Je t'interdis de rire! Je suis très sérieux! Reprit Boris en sortant sa baguette. Je défendrais Hermione jusqu'à la mort! En garde! Ordonna-t-il en pointant sa baguette.
- Ouh, j'ai peur! Ironisa Drago en faisant semblant de trembler avant de reprendre sa froideur légendaire à la vision d'une baguette de plus en plus proche. Bon, la plaisanterie a assez duré. Au lieu de jouer à un jeu auquel vous n'êtes pas à la hauteur, utilisez donc votre baguette pour éradiquer toutes vies autre que la votre logeant sur et sous votre peau!
- Je ne te laisserais pas partir scélérat! Surenchérit-il d'un air assez menaçant pour finir d'énerver Drago.
Un bloclang suivi d'un furunculus termina la série de sorts commencés par un incarcerem lancé par le plus terribles des monstres décolorés. Le pauvre Boris, plus repoussant que jamais, inspira de la pitié à sa voisine qui le libéra au moins des lianes lorsqu'elle fut un étage plus bas. Drago lui adressa un regard réprobateur mais il connaissait maintenant le caractère de sa future femme et pour éviter une nouvelle confrontation, aucun des deux ne commenta le duel, aussi déséquilibré soit-il. Le couple retourna donc jusqu'au restaurant où ils trouvèrent une Narcissa en pleine conversation avec un notable qui s'était incrusté à leur table, autour d'un verre qui ne devait sans doute pas être du jus de citrouille. Le teint légèrement rosé supposait d'ailleurs qu'elle n'en était pas à son premier et même Drago s'en indigna. L'homme non convié au repas remarqua très vite la mauvaise humeur du mangemort repenti et tenant sûrement à ses intérêts pour ne pas dire sa vie, il décampa rapidement après avoir poliment salué Narcissa. Dès qu'ils furent installés, Drago décala ensuite le verre de sa mère et pressa un serveur pour qu'il s'occupe enfin d'eux. A l'arrivée de celui-ci, Drago lui rendit l'objet encore à moitié plein et suggéra la prise de leur commande. L'ambiance était nettement différente maintenant et Hermione soupçonnait une certaine responsabilité à l'état second de sa future belle-mère. L'imaginer en vieille alcoolique aigrie était peu faisable mais connaître l'effet que quelques verres pouvaient avoir sur elle était une information qui pouvait s'avérer utile ultérieurement. A la fin du repas et calmement, Narcissa annonça le reste du programme de l'après-midi qu'elle allait imposer à Hermione et Drago lui-même lui demanda si c'était pas un peu... trop...
Mais que nenni! Pour une Lady Malefoy et une future du genre, le programme était une broutille pour débutante. Naturellement, Hermione n'y crut pas une minute et à juste cause. A peine sorties de table, Narcissa l'emmena chez l'imprimeur pour commander plus de cinq cents faire-part de mariage qu'elles récupèreraient dans deux jours. Suite à ça, elles se rendirent au domicile du mage le plus influent de la communauté afin de vérifier qu'il était libre ce jour précis. Malheureusement, un autre mariage avait été prévu ce jour là et ce, depuis très longtemps. Narcissa s'offusqua généreusement et négocia férocement un changement d'emploi du temps. Au bout d'une heure de discussion, de promesses de dons conséquentes pour ne pas dire quelques menaces, il finit par accepter de célébrer l'union de Drago et d'Hermione et de déléguer l'autre à l'un de ses confrères qu'il convaincrait. Satisfaite de cette réponse, Narcissa ne resta pas une minute de plus et pressa Hermione à ne pas s'éterniser dans les aux revoirs avec le mage. Le rendez-vous d'après fut naturellement le fleuriste. Narcissa fut extrêmement ferme sur ce point. Il fallait épater et pour ça, rien ne valait des fleurs rares et en abondance. Hermione réussit néanmoins à pouvoir imposer une note de rouge parmi le blanc et vert et choisit certaines fleurs telles que des lys blancs ou des pensées rouges mais Narcissa imposa quand même des phalaenopsis, des orchidées, des amaryllis, des feuilles de laurier, de cocotier sans compter les dix kilos de pétales de roses, ni plus, ni moins. Très vite, Hermione la laissa faire. Visiblement Narcissa s'y connaissait en fleurs et le vendeur s'en rendit compte rapidement également. Il n'était plus question de lui sortir un joli discours commercial comme il le faisait dès qu'une cliente venait pour préparer son mariage, non, au bout de quinze minutes, il dut manoeuvrer sévèrement pour pouvoir répondre positivement à toutes ses exigences et Merlin qu'elles étaient grandes. Hermione avait vraiment l'impression que Narcissa organisait son propre mariage tellement l'oeuvre commençait à lui tenir à coeur et malgré elle, la fiancée écoeurée de son propre silence dut quand même reconnaître que la mère de Drago savait y faire et qu'elle n'aurait jamais pu en faire autant en si peu de temps. Toutefois, elle se garderait bien de le lui dire. Presque une heure et demi de commandes de fleurs plus tard, les deux femmes s'en allèrent voir les bureaux de la rédaction du magazine Sorcière-Hebdo où la mère de Drago semblait être connue des journalistes. La directrice en personne les accueillit chaleureusement dans son bureau et durant une bonne demi-heure, les trois femmes discutèrent des modalités d'exclusivité du journal sur l'évènement. Naturellement un service de cinq photographes et journalistes serait affrété pour couvrir la journée et les Malefoy s'engageaient à n'autoriser aucune autre presse à moins de dix miles du lieu de cérémonie. Il fut alors bientôt dix-huit heures quand elles quittèrent le bâtiment mais la journée n'était pas terminée pour autant. Narcissa ordonna à Hermione de lui prendre la main afin de transplaner dans un endroit qu'elle seule connaissait. La première réaction d'Hermione fut alors la surprise d'une telle demande puis très vite un certain dégoût de mettre sa main dans la sienne prit le dessus accompagné d'un "hors de question". Néanmoins, la raison, la fichue raison fortement influencée par sa conscience de fille conciliante, lui ordonna de répondre positivement à l'invitation. Franchement dégoûtée, elle livra sa main lentement avant qu'elle ne soit étranglée par la poigne de Narcissa et quelques secondes plus tard, toutes les deux se retrouvèrent en plein milieu d'un parc fleuri. Après quelques minutes de silence où la plus âgée faisant un tour d'horizon et d'inspection, le rapport tomba franchement.
- Assez grand, séduisant, pas trop d'ombre, quelques arbres quand même, des petits bosquets, le plan d'eau pour l'arche... Parfait! Qu'en pensez-vous? Demanda-t-elle ensuite à Hermione.
- Parfait pour quoi? Répondit la brune en ne sachant pas trop où elle voulait en venir.
- Pour la cérémonie, quoi d'autre? S'indigna Narcissa avant de regarder à nouveau le paysage qui s'offrait à elle. Oui, parfait et le château en arrière-plan, les photos vont être splendides. Plus qu'à avoir une petite discussion avec une amie et nous pourrons commencer à y préparer toute la décoration. J'étais sûre que cet endroit conviendrait à nos besoins, j'ai toujours eu un faible pour ce château. Avec Lucius, nous avions envisagé d'acheter ce domaine mais cette prétentieuse Amelia Robinson prétendait qu'il avait une valeur sentimentale et qu'elle préférait le garder dans sa famille. Manque de chance, elle n'a jamais eu d'enfant... Pathétique...
Pathétique... ce mot résonna alors tel une onde dans l'esprit d'Hermione. Elle regarda alors les lieux éclairés par un soleil couchant et les jeux de lumières lui inspirèrent davantage de songes et rêveries. Il y avait plus de deux semaines et demi de cela, elle se traitait elle-même de pathétique et voilà que maintenant elle visitait le château qui allait accueillir sa cérémonie de mariage avec Drago Malefoy. Même si elle aurait préféré un plus petit comité que cinq cents personnes, cet endroit avait un charme indéfinissable. Elle s'y sentait bien et rien que pour ça, elle ne contredit pas Narcissa sur ce choix. Encore une fois, sa future belle-mère remportait la bataille. Satisfaite de ce qu'elle avait obtenu durant son après-midi, la mère de Drago consentit toutefois à reporter la réalisation au lendemain de la liste d'invités, le choix des témoins et leurs tenues, la réservation de l'argenterie et du service de traiteur et le choix des différents musiciens pour agrémenter la journée. Hermione soupçonna Narcissa d'être plus satisfaite de pouvoir être maîtresse des lieux durant quelques heures que de l'organisation du mariage en général. Jusqu'au bout, la volonté d'aller là où ses intérêts personnels l'appelaient était plus fort que tout chez cette femme et Hermione fit une autre promesse intérieure à Molly Weasley, de ne jamais être une intéressée.
- Bien, je vous dis donc à demain, neuf heures au manoir des Malefoy. Demandez à mon fils de se libérer également quelques heures et de venir avec vous! Ordonna-t-elle avant de transplaner et laisser en plan une Hermione pas plus étonnée que ça.
Hermione soupira. Une journée avec Narcissa Malefoy et elle était totalement vidée de toute énergie. Heureusement, la vue magnifique de ces fleurs au firmament de leurs vies, les angelots qui donnaient du cachet aux fontaines et l'air paisible que l'harmonieuse disposition des parterres inspirait, lui fit du bien. Elle se sentit comme soulagée, déchargée de toute la misère du monde et arrivait à relativiser. Il y avait largement pire au monde par rapport à elle et elle ne devait pas se laisser démoraliser de la sorte. Comme le couple d'oiseau qui volait l'un à côté de l'autre à quelques mètres d'elle, Hermione avait cette même sensation de liberté avec Drago et savoir qu'elle avait trouvé enfin un homme avec qui elle pouvait être elle-même lui donna envie de planer à son tour au gré du vent. Elle n'entendit pas alors les pas incertains d'une personne qui approchait.
- Quand cette chère Narcissa Malefoy veut quelque chose, il est très dangereux de se mettre sur son chemin, intervint une vieille femme qui s'aidait d'une canne finement travaillée.
- Oh, je suis désolée pour cette intrusion, nous ne voulions pas... tenta d'expliquer Hermione complètement gênée.
- Bien sûr que si, vous vouliez visiter mes jardins pour estimer s'ils convient à votre mariage... Je suis peut-être vieille mais pas sénile, du moins pas encore...
- Sincèrement, je ne connaissais pas les intentions de ma future belle-mère... Je vous prie à nouveau d'accepter mes excuses pour être venue chez vous sans votre autorisation...
- Hé bien, qu'avons-nous donc là, sourit Amelia Robinson, les ancêtres de votre futur mari se retourneraient dans leur tombe s'ils vous voyaient en train de me supplier de vous pardonner. Un Malefoy ne supplie jamais, sachez-le... Il ordonne... Mais vous... J'avoue que vos origines m'ont déjà bien surprise mais le ministère a des drôles d'idées depuis la fin de la guerre... Il s'agit là d'une première dans cette famille qui se vente facilement d'avoir un sang noble sur de nombreuses générations...
- Pas si noble que ça, rectifia Hermione en repensant aux soirées qu'elle avait passées à éplucher l'arbre généalogique de Drago. Sans compter les quelques filles Malefoy qui ont toutes étrangement terminées officiellement célibataires, il y a beaucoup de zones d'ombre autour de la dixième génération...
- Vous êtes visiblement bien renseignée à ce que je vois... Souhaitez-vous voir mon jardin d'hiver? Demanda la vieille sorcière intriguée par sa visiteuse.
- Heu, et bien, c'est que Drago...
- Ah non, ne refusez pas à une vieille femme une promenade qui risque d'être plus qu'agréable... Et puis, il faut apprendre à faire patienter un homme, demoiselle, il ne faut pas qu'il se sache en terre conquise, et encore moins un Malefoy...
Le sourire malicieux de la sorcière lui fit rappeler ses propres idées de torture qu'elle voulait appliquer à Drago. De toute façon, il n'était pas dit qu'il soit déjà rentré chez lui alors une petite marche dans un endroit si paisible ne pouvait que lui faire du bien, non? Hermione lui donna donc une réponse positive et écouta la Lady si peu appréciée par sa belle-mère lui raconter quelques anecdotes qui avaient pu se passer dans ces carrés de jardins. Elle fut surprise de savoir qu'elle s'occupait elle-même de l'entretien de ses parterres de fleurs et de sa roseraie. Le fait qu'elle ait été une Serdaigle passionnée de botanique résolut pas mal de mystères et Hermione aurait parfaitement imaginé son ancien ami Neville dans une même situation s'il était encore parmi eux, ce qui la rendit triste sur le moment. La vieille dame lui révéla d'ailleurs avoir connu une des filles Malefoy répudiée et lui avoua qu'elle n'avait pas du tout finie enfermée à l'abri des regards mais qu'au contraire, elle avait même épousé un Lord anglais moldu en toute illégalité et en secret. Intriguée, Hermione demanda naturellement à en savoir plus et voyant sûrement la passion animée dans son regard, la vieille dame lui conta l'histoire d'une certaine Ordina Malefoy. Entre renoncement officiel de l'utilisation de la magie pour ne pas se faire repérer par sa famille, la crainte perpétuelle d'être découverte et par son mari et par son père, la mort toujours non expliquée de son mari retrouvé en pleine forêt alors qu'elle attendait son unique enfant, la découverte que son fils était un sorcier au sang-mêlé, son entrée à Poudlard contre son avis, mais aussi la perte du goût de vivre sans l'homme qu'elle aimait, la rancoeur de son fils qui lui reprochait son retranchement, et sa mort relativement jeune de désespoir, tout lui fut conté comme si l'histoire avait été vécue par la vieille femme elle-même, ce qui lui inspira de la tristesse. Mais au moins, si cette histoire était vraie, Hermione avait donc eu raison de penser que le côté célibat des filles Malefoy cachées n'étaient donc que pure fiction et son rapprochement familial avec Pansy n'en devait être finalement qu'encore plus évident. Puis, ce fut au tour d'Hermione de raconter son histoire et sans avoir réellement à mentir, elle lui expliqua comment un Malefoy avait pu avoir raison d'elle et de son coeur. Séduite par le récit, la Lady lui assura que son château était donc parfait pour accompagner une telle union mais qu'elle ne devait en souffler mot à sa belle-mère pour le moment. Suite à cela, Hermione prit enfin congé et transplana jusqu'en bas de son immeuble. Arrivée au troisième étage, elle s'assura d'un sort de discrétion pour ne pas être dérangée par d'éventuels voisins hargneux et prit quelques affaires avant de repartir rapidement pour se rendre à l'appartement de Drago. Lorsqu'elle frappa à la porte, elle dut attendre quelques minutes avant que son fiancé ne lui ouvre. Il semblait surpris de la voir et lui adressa un petit sourire sadique qui ne présageait rien de bon pour l'ancienne Gryffondor.
- C'est pour quoi? Demanda-t-il vicieusement, obligeant ainsi Hermione à le remettre à sa place.
- Pour mon chat! J'aimerais le récupérer! Mentit-elle en croisant les bras.
- Oh, ce truc là... Le problème c'est que je ne sais pas où il est parti vadrouiller... Expliqua Drago avec un total détachement qui outra Hermione.
- Tu as cherché partout dans l'appartement?
- Excuse-moi de ne pas avoir que ça à faire! Mais je t'en prie, entre et va récupérer ta bestiole! Invita-t-il avec une galanterie intéressée.
Après un long soupir d'exaspération, elle passa devant lui pour commencer ses recherches. Elle regarda dans un premier temps dans les différents points stratégiques tel que canapé, chaises, recoins difficiles d'accès pour terminer sur la terrasse à crier tous les petits surnoms qu'elle lui avait donné devant un Drago presque mort de rire. Morte de peur qu'il soit arrivé quelque chose à son chat, elle retourna dans la cuisine pour employer les grands moyens, la nourriture. Malgré la protestation de son fiancé pas franchement ravi qu'elle prenne son bacon, unique viande fraîche présente dans son réfrigérateur, elle repartit agiter l'appât en jouant sur le point faible de son compagnon à quatre pattes. A nouveau, les agissements d'Hermione provoquèrent un fou rire de Drago qui ne regretta pas une minute le bout de viande agité vivement afin que l'odeur attractive fasse son effet. "Petit, petit, petit!!! Qui a de la bonne viande bien fraîche pour son pépère adoré? Hum qu'elle sent bon!!! Un matou aimé de sa maîtresse apprécierait de se la mettre sous les dents!!! Pattenrond, minou, minou, minou !!! Allez viens! Viens me voir! Viens voir maman! Une bonne tranche de bacon rien que pour toi!!! Et je te promets de te faire tout plein de câlins et te promener dans le parc dès demain matin !!! Mon gros pépère d'amour !!! Pattenrond !!! Si tu ne viens pas, je vais remettre la tranche dans le frigo et le vilain blondinet va te la manger!!! Petit minou!!! Petit Pattenrond!!! Hum que ça sent bon!!! L'odeur du bacon frais qui serait mieux dans ton estomac!!!" Seulement à la grande surprise du blondinet sadique qui estimait ce manège ridicule comme une pure perte de temps, le matou affamé pointa le bout de ses moustaches poussiéreuses. Soulagée, Hermione le prit dans ses bras et le couvrit de baisers à en rendre Drago franchement jaloux avant de lui donner sa récompense.
- Et bien merci, je vais y aller maintenant... annonça Hermione en prenant son chat tout en se dirigeant vers la porte.
- Oh, bien sûr... Le sac qui est encore dans le couloir c'était pour... Tenta de savoir Drago avec un air espiègle comme il savait si bien faire.
- Récupérer le reste des affaires que j'avais amenées ce week-end! Se justifia-t-elle franchement mal à l'aise.
- Moi je les trouve très bien ici ces affaires, répondit-il froidement comme par défi... Bon, et si on arrêtait ce petit jeu... Une journée avec ma mère et tu es presque aussi froide qu'elle!
- Mais il me semblait que c'est ce que tu voulais, non? Que je devienne une Malefoy... Je ne fais qu'appliquer les bonnes leçons de celle qui est experte du genre...
- Hermione, si c'était le cas, je ne serais pas venu te demander de l'aide aux archives et j'aurais épousé Pansy, expliqua-t-il tout en se servant un verre de whisky pur feu avant de le boire d'une seule traite.
- Au fait, ta mère souhaite que tu nous accordes ta matinée de demain, probablement pour établir la liste des invités au mariage...
- J'ai rendez-vous chez le notaire demain matin, je viendrais après. D'ailleurs, si tu pouvais lire le document sur la table et le signer, exigea-t-il avec détachement alors qu'Hermione regardait le dossier fixement.
- C'est le contrat de mariage?
- Que veux-tu que ce soit d'autre? Ironisa-t-il toujours avec autant de distance, visiblement agacé par l'attitude d'Hermione.
- L'amabilité est gratuite Drago, autant l'utiliser! Pesta-t-elle en allant prendre le document et de le lire avec intérêt.
Devant une telle lecture, Hermione préféra s'asseoir dans le canapé. Naturellement, il était spécifié qu'elle n'était en rien gestionnaire directe des biens familiaux dès lors qu'elle ne donnait pas d'héritier mâle à la lignée des Malefoy. Elle ne fut pas non plus surprise de l'insistance du contrat sur sa capacité à enfanter et à tenir une certaine moralité liée au rang de Lady. En cas de décès sans enfant, elle ne pourrait garder que son titre et son propre apport à l'union, soit pas grand chose mis à part un chat, commenta silencieusement Hermione, et dans le cas où elle aurait donné la vie, fille ou garçon, elle ne serait que tutrice légale de l'héritage jusqu'au dix-sept ans de l'aîné des enfants. S'il y en avait plusieurs, l'aîné majeur deviendrait alors tuteur légal des suivants ce qui revenait à nominer Hermione en simple couveuse bonne à jeter une fois que les enfants seraient en âge de l'envoyer balader royalement. De quoi l'encourager à en faire, aucun doute pour elle sur ce point... Toute fois, plus elle parcourait le document, plus elle se demanda où était la clause de fidélité si controversée chez sa future belle-mère. Le dernier alinéa disant que le bien immobilier que l'époux Malefoy offrait à son épouse en guise de cadeau de mariage et qui n'entrait plus alors dans la communauté de biens saisissables termina de l'intriguer sur ce qui manquait visiblement. Là, où elle sentait que Drago avait fait un effort était quand même le côté dominatif du mari. Certains mots et même quelques phrases avaient été modifiées telle que le fait que les époux se devaient respect mutuels ou bien que ce qui avait été acquis durant le mariage par l'épouse serait traité à la même importance que son époux et qu'en cas de non héritier, elle en serait l'unique légataire. Hermione lui en fut secrètement reconnaissant bien que l'aspect poule pondeuse lui resta sur la gorge.
- Tout est là? Demanda-t-elle de manière glaciale.
- Tu vois autre chose à rajouter?
- Il manque de toute évidence le cas où je te maltraiterais, ce qui pourrait arriver, menaça-t-elle avec beaucoup de sérieux, où peut-être si j'abandonnais le domicile conjugal pour incompatibilité de caractères, toujours aussi probable, sans compter le cas où je demande une séparation pour ne pas dire carrément une répudiation de ta part suivant ta convenance... mais surtout, la fameuse clause de fidélité si chère au coeur de ta mère... Après tout, notre mariage est plus officiellement un arrangement ministériel déguisé, ce qui ne m'engage en rien à t'être fidèle et ne pas faire un enfant avec un autre... expliqua-t-elle avec une distance qui ne laissa visiblement pas Drago de marbre.
Sans dire un mot, il se dirigea vers sa chambre, claqua la porte afin de s'enfermer dans la chambre. Surprise de cette réaction alors qu'elle attendait simplement qu'il la rassure, elle se demanda si elle n'avait pas été finalement trop loin. Puis, les différents bruits de casse lui indiquèrent son état de nervosité sans précédent. Seulement apeurée dans un premier temps, très vite sa conscience fit un retour en force et elle s'en voulut. Tout en reposant son chat à terre, Hermione avança jusqu'à la porte de la chambre et après quelques minutes d'hésitation, elle tourna la poignée pour y entrer. Elle trouva alors Drago assit sur le bord du lit, les mains plaquées fortement sur son visage et là, toute la colère d'Hermione s'envola pour laisser place à une consolatrice née. Elle s'approcha lentement pour ne pas le brusquer et posa doucement une main sur son épaule avant qu'elle ne glisse lentement le long de son dos ce qui le fit frissonner. Elle tenta ensuite de mettre la deuxième de l'autre côté mais Drago la saisit subitement pour l'emprisonner plus que de mesure dans ses bras en l'attirant par le cou. Surprise, il lui fallut quelques minutes avant de lui rendre l'étreinte fusionnelle et lui murmurer ses excuses. L'effet fut radical. Drago commença à l'embrasser dans le cou tout en lui caressant les cheveux de manière aléatoire. Son visage finit par rencontrer celui d'Hermione et les deux fiancés s'embrassèrent frénétiquement jusqu'à ce que la passion les habitent et leur réclame plus. Elle eut à nouveau cette sensation de leur première fois où elle avait l'impression d'être précieuse à ses yeux de par la manière dont il la tenait avec force comme s'il allait la perdre. Cette idée ne fit d'ailleurs qu'augmenter sa propre envie de le rassurer sur ce point mais l'ennemie actuelle d'Hermione, qui n'était autre qu'elle-même, lui rappela vicieusement le pari que Drago lui avait lancé. Au moment où Hermione estimait qu'un peu plus et elle ne pourrait plus répondre d'elle-même, elle se dégagea assez brutalement, faisant tomber Drago au pied du lit.
- C'est toi qui viendras me supplier avant vingt-quatre heures... Lança-t-elle tout en finissant de se déshabiller totalement devant lui avant d'aller prendre une douche, de revenir dans la chambre en chemise de nuit et s'installer confortablement dans le lit, devant un Drago toujours sur place et totalement écoeuré.
