Mot de l'auteur

Bonjour à tous,
Oui… Trois long mois… Que puis-je faire pour que vous me pardonniez ??? Un chapitre ??? Et bien voilà, il est là… enfin…
Que s'est-il passé ? Et bien, pour reprendre l'expression que j'ai mis pour une autre de mes fics, j'ai eu pas mal de poêle sur le feu durant ces derniers temps et j'ai eu beaucoup de mal à vous concocter ce vingtième chapitre. Est-ce que le prochain va se faire autant attendre ? Il est clair que je ne pourrais peut-être pas vous le donner dans 3 semaines vu que je déménage fin mai et que de ce fait, j'aurais beaucoup de peinture, de cartons, de choses administratives etc donc comptez plus un mi/fin juin en sachant que si je peux avant, je le ferais.
En tout cas, merci de votre fidélité, de votre patience, et bienvenue aux nombreux nouveaux lecteurs qui ont pris le temps de me faire un coucou.
A bientôt tous ;o)
YvyLeeWoods
Ps : Minute de silence pour tous les Boris

20. Quand la solitude frappe à la porte.

Cher journal,

Tu vas m'en vouloir… Enfin en même temps, il n'y a pas de quoi mais quand même un peu… Je sais, ce que je dis ne veut rien dire mais bon, mon cerveau a un peu de mal ce matin. Il faut dire que je n'ai pas beaucoup dormi… C'est d'ailleurs le moins qu'on puisse dire… Oh Merlin que j'ai honte… Je vais mourir de honte… Je ne me reconnais pas… Vilaine et faible Hermione… Du coup, j'appréhende trop le réveil de Drago… Je sais cher journal que j'écris un peu tout et n'importe quoi, et surtout n'importe comment mais bon, je suis tout sauf raisonnable à même pas six heures du matin… et dans même pas une heure, Drago va ouvrir la porte de la chambre et là, panique… Je fais quoi ? Je lui dis quoi ? Je réagis comment ? Oh Merlin à l'aide…

Bon, je crois que si je veux me raisonner, il faut que je couche mes idées les unes après les autres. Mais promis, tu ne me grondes pas… Enfin non tu ne pourrais pas puisque tu n'es qu'un journal mais bon… enfin dans six mois quand je relirais ça, je crois que je m'engueulerais moi-même… Je suis en train de me dire que j'ai bien fait de rendre mon retourneur de temps au professeur McGonagall, quoiqu'il m'ait été bien pratique quand même… Allez, je me lance… De nombreux ouvrages de mages spécialisés dans la psychologie et des psychiatres moldus disent que ça fait du bien d'extérioriser nos angoisses pour mieux les appréhender, voyons voir si ça marche pour moi où s'ils ont un peu abusé de certaines potions ou boissons…

Donc hier soir, Drago est resté lui-même en faisant ce qu'il faut pour me tenter et ce n'est assurément pas humain de résister… Et bien premier constat, je ne suis pas humaine… Quand je repense à ses caresses, à ses baisers, mais pourquoi n'ai-je pas cédé, pourquoi ??? J'en tremble encore… Bref, c'est fait, c'est fait… Tant pis pour moi…

Alors forcément, ça ne lui a pas plu, ce qui est tout à fait compréhensible et pour éviter une énième dispute, j'ai préféré prendre le large… J'ai donc dormi sur le canapé, enfin dormi, c'est un grand mot, j'ai surtout tourné en rond et fait des allers-retours entre le canapé et la porte de la chambre… Céder ou ne pas céder, voilà la question qui m'a obsédée toute la nuit…

Et bien non, je n'ai donc pas cédé, du moins jusque là, et même si une partie de moi-même en est fière, l'autre partie insulte la première sans ménagement. Stupide défi… Je n'ai déjà pas assez d'un mariage à préparer avec une femme qui fait tout pour me faire comprendre que je ne mérite pas son fils chéri, il faut que j'aie aussi besoin de me mettre le chéri en question à dos… Seulement si je faiblis maintenant, il saura qu'il a de l'ascendance sur moi et s'il ne change pas d'avis d'ici là et que je l'épouse, ça sera une notion qui me pourrira la vie jusqu'à mon dernier souffle. Non, il faut que Drago comprenne que je ne suis pas comme toutes celles qu'il a pu facilement mettre dans son lit, que je suis différente de toutes celles qu'il peut manipuler avec brio, non moi je suis Hermione Granger, celle qu'il n'aura pas en un seul coup de baguette magique… Je veux être spéciale à ses yeux, je veux être l'unique, je veux qu'il me voie comme la seule femme au monde qui puisse le combler rien qu'en un regard, je veux qu'aucune autre n'obtienne plus son intérêt maintenant que j'ai une place dans son cœur… Etre la femme de sa vie n'implique pas uniquement porter son nom ou ses enfants. Si cela se limitait à ça alors je serais en train de préparer mon mariage dans l'optique de devenir une Weasley et non une Malefoy. Non, je suis peut-être utopique de vouloir ça mais la vision que j'ai du mariage me conduit à celle de mes parents, unis, complices, satisfaits à la simple présence de l'autre, ressentir un manque lorsque l'autre est absent même après vingt ans de mariage et avant tout, passionnés par l'unique existence de cette moitié qui fait qu'on devient un couple. Alors, non, et définitivement non, je ne ferais pas de concession dans ce domaine et Drago doit l'apprendre, même à mes dépends…

Bon, le programme d'aujourd'hui ne va pas être trop compliqué… J'ai encore l'immense honneur de passer ma journée avec Lady Malefoy, mais ce qui m'angoisse le plus c'est le repas que mes parents souhaitent donner au soir, avec Drago…

La dernière fois, ça n'a pas été ce qu'on peut appeler une réussite et depuis… je n'ai pas trop sondé l'atmosphère depuis… Je devrais peut-être aller les voir vite fait ce matin… Oh oui ! La bonne idée !!! Comme ça, j'évite le face-à-face gênant avec Drago en plus !!! Allez hop, bon cher Journal je te laisse, par contre, je ne sais pas si j'aurai le temps de t'écrire demain parce qu'une très, très, très, très longue journée m'attend… Donc au pire je te dis à vendredi ! Je te raconterais tout ça !!! Promis !

Aussi discrètement que possible, comme elle avait pu le faire depuis qu'elle était réveillée, Hermione referma son journal intime, le posa sur un coin d'une console, un peu en retrait histoire de ne pas attirer l'attention dessus, et prit un parchemin en plus d'une plume afin de laisser un mot à Drago. Après quelques secondes de réflexion, un simple « Rendez-vous de dernière minute, à tout à l'heure, je t'embrasse, Hermione » ne l'obligeait pas à mentir et était assez neutre pour ne donner aucune idée de son état d'esprit. Il pourrait ainsi largement imaginer qu'elle se rendait chez Ron si ce n'est pas chez Steeve ou tous autres amants potentiels, soit de quoi lui faire regretter de la torturer ainsi; et rien qu'à cette idée, Hermione sentait l'influence Serpentarde la gagner dangereusement. Elle sourit malicieusement puis plaça le petit mot en plein centre de la table à manger avant de prendre sa cape et de s'en aller.

Une fois en bas de l'immeuble, elle transplana directement devant la porte de chez ses parents, tout en se disant qu'à cette heure si matinale, il n'y avait que peu de chance d'être surprise en pleine utilisation de la magie, contrairement à prendre ses parents au pied du lit. D'ailleurs, tout en ouvrant la porte, elle prit bien soin de ne pas faire trop de bruit en entrant. Elle vérifia que toute âme était encore endormie et comme à son habitude, lorsqu'elle venait tôt le matin, elle prépara le café et de l'eau chaude pour le thé. Elle dressa ensuite la table avec soin et fit le brin de vaisselle que ses parents avaient laissé de la veille histoire de s'occuper en attendant que la bonne odeur d'un petit déjeuner prêt n'attire deux affamés.

Seulement, plus le temps passait, plus Hermione stressait de se retrouver à nouveau devant ses parents vu le résultat de la dernière visite. Tout en frottant une assiette honorée généreusement de sauce tomate, elle se faisait déjà la scène avec quelques variantes, comme pour se préparer à les affronter. De ce fait, elle ne vit pas son père entrer dans la cuisine et sursauta lorsqu'elle sentit sa main sur son épaule.

- Ce n'est que ton vieux père Hermione…
- Je ne t'ai pas entendu arriver, se justifia-t-elle en contrôlant sa respiration.
- Je vois ça… Alors que nous vaut l'honneur ? Il me semblait qu'on se voyait ce soir pour un dîner, pas ce matin pour un petit déjeuner, à moins que j'aie mal compris ce que m'a dit ta mère…
- Non, non, on vient bien manger ce soir, c'est juste que je voulais venir vous voir un peu, j'ai plus le droit ? S'indigna faussement Hermione en faisant des petits yeux de chien battu.
- Le jour où tu ne nous prépareras plus le petit déjeuner à l'improviste, je me vexerais ma chérie, argumenta le père d'Hermione alors que sa mère entrait à son tour dans la cuisine.
- Bonjour ma chérie ! Je me disais bien que ça ne pouvait être que toi, ajouta-t-elle en regardant son mari avec un petit air de reproche.
- La prochaine fois Hermione, part avant que ta mère ne descende, comme ça je pourrais la contredire, s'amusa son père avec une détente déconcertante pour une scénariste qui avait prévu tout sauf ça…
- Ah mince, je n'ai plus de marmelade aux groseilles, se plaignit sa mère ce qui surprit à nouveau Hermione face à tant de légèreté.
- Alors quoi de nouveau ma chérie, demanda son père, tout en prenant sa première gorgée de café.
- Et bien, la préparation du mariage avance, mais supporter la mère de Drago toute la journée a de quoi me rendre limite folle, expliqua-t-elle naturellement. Mais je dois reconnaître que sans elle, je n'aurais probablement pas obtenu aussi bien et aussi vite. J'ai l'impression qu'elle a fait ça toute sa vie c'est assez, comment dire… terrifiant et impressionnant à la fois…
- Alors ce mariage aura bien lieu, soupira la mère d'Hermione tout en recevant un regard réprobateur de son époux.
- Tu es bien sûre de ce que tu veux faire Hermione ? Demanda ensuite son père.
- Je ne peux plus reculer maintenant, soupira-t-elle en pensant à ce qu'elle pourrait ressentir si ce mariage était annulé.
- Tu l'as bien fait pour Ron, alors pourquoi pas pour celui-là ? Pesta sa mère qui reposa sa tasse de thé brutalement sur la table.
- Ce n'est pas pareil maman…
- Et en quoi ? Insista-t-elle avec fermeté.
- Tu es amoureuse de lui ? Questionna alors son père devant le visage figé de sa fille.
- J'en ai bien peur, répondit-elle en fermant les yeux, se remémorant leur premier baiser, enfin leurs trois premiers baisers, et ce qui ça lui avait procuré.
- Peur ? S'étonna-t-il tout comme sa femme.
- Oui, peur… Parce qu'autant Ron, je savais que je le garderais dans ma vie en tant qu'ami, autant Drago, j'ai peur de ce sentiment de vide et de souffrance à l'idée de le perdre.
- Et c'est réciproque ? Reprit-il avant de soupirer et de boire une nouvelle gorgée de son café.
- J'en ai bien peur également…
- Peur ? Intervint cette fois-ci sa mère.
- Oui, peur… Parce qu'un Drago Malefoy amoureux, tous les journaux affirment unanimement que c'est une première et je suis pas sur d'être à la hauteur de ses espérances… J'ai peur de le décevoir, de lui faire mal, de noircir ce sentiment qu'il n'a que très rarement ressenti depuis qu'il est né… C'est une telle responsabilité que oui, j'ai peur de ne pas pouvoir l'assumer pleinement…
- Alors tu es vraiment amoureuse, se résigna sa mère en regardant sa fille avec compassion.

Hermione releva alors la tête en direction de celle qui lui avait offert la vie et sans besoin d'émettre un seul mot, les deux femmes se prirent dans les bras. Le père d'Hermione leva les yeux en l'air comme blasé de ces bons sentiments typiquement féminins et termina d'une traite son café pour s'éviter de regarder ce spectacle d'effusions. Hermione ressentit ensuite le besoin de tout leur raconter, en omettant certains passages tels que sa petite bataille avec des voyous qui auraient inquiétés sans raison ses parents. L'explication du pourquoi du mariage fut, quant à elle, nettement plus compliquée à faire comprendre mais le père d'Hermione saisissait parfaitement la portée que pouvait avoir un tel événement avec tout ce qu'il savait sur la communauté magique. Sa mère lui souffla quand même qu'elle méritait un peu plus de romantisme mais Hermione lui avoua que venant de Drago Malefoy, la carte du romantisme ne pouvait pas être plus totale, bien que depuis quelques jours l'ambiance entre eux ne soit plus comme aux premiers jours.

En réalisant ses propres paroles, Hermione devint légèrement triste ce qui n'échappa pas à ses parents qui lui demandèrent alors le pourquoi réel de sa visite. Elle délia alors sa langue à nouveau et au bout d'une heure de conversation, ses parents étaient au courant de presque tout, sexe non compris bien évidemment. La mère d'Hermione tenta de lui remonter le moral en lui racontant combien leur préparation de mariage à eux avait été encore plus chaotique vu que leurs parents n'étaient absolument d'accord sur rien et qu'ils avaient même failli se séparer à trois jours de la célébration. La tête d'Hermione passa alors de pâle à morbide, limite fantomatique, en s'imaginant déjà dans la même situation, ce qui n'était pas des plus fantasmatiques. L'ajout des petits détails dont sa mère se souvenait étrangement parfaitement termina de la paniquer sur le sujet et son père intervint heureusement pour rappeler aussi que le mariage avait bien eu lieu et que plus de vingt-cinq ans plus tard, ils s'aimaient malheureusement encore avant de se prendre une petite tape bien méritée de sa femme sur l'épaule. Hermione récupéra quand même quelques couleurs juste avant de devoir partir et malgré les quelques coups de stress, elle fut rassurée pour le repas du soir même avec Drago.

- Ah, la, la… Si des cheveux blancs apparaissent ma chérie, tu pourras te sentir responsable en tout cas, plaisanta son père.
- Dites, je peux savoir à quoi est du ce retournement de position ? Parce que bon, dimanche vous étiez prêt à tout faire pour que « je retrouve l'esprit » et là… Enfin, pas que je vais m'en plaindre mais avouez que c'est totalement déroutant, non ?
- Disons que nous avons eu le temps de réfléchir à tout ça et le moins qu'on puisse dire c'est que ton Malefoy a raison quand il dit que s'il y a bien une personne en qui on peut avoir confiance, c'est notre propre fille, notre Hermione, répondit son père en la prenant dans ses bras.
- Evitez de lui dire qu'il a raison… Il va être énervant après, plaisanta-t-elle avec un rire limite nerveux.
- Et puis ma chérie, le moins qu'on puisse dire c'est que tu as le courage de tes convictions, chose qu'on a toujours aimé en toi… Alors, on ne te promet pas de l'aimer mais au moins de respecter ton choix…
- Si un homme comme lui sait te rendre heureuse alors je crois qu'on ne peut plus rien te dire, rigola son père avec une dérision franchement limite pour Hermione.
- Il n'est pas aussi froid et distant qu'il ne le paraît vous savez… Il faut simplement lui laisser le temps de s'ouvrir à vous…
- De toute façon, ce n'est pas un morveux qui va m'impressionner, baguette magique à la main ou pas, s'amusa son père alors qu'Hermione se demandait ce qu'il y avait dans l'eau qui avait servit à faire le thé et le café…
- Vous êtes sûrs que vous allez bien tous les deux ? Demanda Hermione de plus en plus inquiète.
- Parfaitement, s'enthousiasma sa mère avec plus que de raison au point qu'Hermione sentit l'implication de la magie à plein nez.
- Vous n'auriez pas reçu un hibou ou quelque chose provenant de mon quartier très spécifique depuis dimanche ?
- Pas que je me souvienne, marmonna vite fait la maîtresse de maison avant de prendre son manteau. Bon allez, ce n'est pas que je ne t'aime pas ma chérie mais j'ai beaucoup de travail aujourd'hui, en plus d'un repas à préparer. Ah oui, et en parlant de préparation, je souhaiterais participer à celui de ton mariage, et ça, ma chérie, tu ne peux pas m'enlever ça ! Tu es ma seule fille et tu ne te marieras qu'une fois ! Allez gros bisous et à ce soir ! Expédia-t-elle avec un geste de la main avant de claquer la porte.
- Mais il lui arrive quoi à maman ?
- Mais rien ma chérie ! Bon, moi aussi je vais devoir te laisser, mon premier patient a rendez-vous dans un bon quart d'heure et si je ne me presse pas il va patienter devant la porte du cabinet, chose que je déteste comme tu le sais.
- Oui, oui, resta-t-elle interdite… Bonne journée…
- Oui, à toi aussi ma chérie, à ce soir !

Immobile quelques minutes, totalement pas remise de ce à quoi elle venait d'assister, Hermione chercha à comprendre le pourquoi du comment de cette situation tout à fait burlesque. Non seulement, elle n'avait jamais connu ses parents aussi joviaux, pour ne pas dire hystériques, mais en plus de ça leur changement de position lui imposait un sentiment d'anormalité extrême, un instinct probablement fortement voire trop développé de par les années précédentes. Une fois réveillée de son mutisme, elle se mit à regarder autour d'elle, puis la raison la quitta lorsqu'elle sortit sa baguette magique pour invoquer toute trace de magie dans la pièce, seulement rien, absolument rien n'apparut. Se sentant franchement frustrée et idiote à la fois, elle se rendit dans la salle à manger où elle fit le même manège sans résultat également avant de s'attaquer au salon, toujours en vain. Forcée de constater que la folie la guettait, elle se convint qu'elle n'était plus à ça prêt et la chambre de ses parents subit le même interrogatoire. Néanmoins, rien de magique, elle mise à part, ne se logeait dans cette maison. Enervée d'être sûre d'une chose apparemment erronée, mais surtout entêtée dans son idée, elle rejeta un coup d'œil général autour d'elle au cas où quelque chose lui aurait échappé, seulement Merlin en voulait à sa santé mentale et après un long soupir, elle renonça, pour le moment, et transplana. Après tout, elle les verrait encore le soir même et elle pourrait investiguer à sa guise.

A son retour à l'appartement, l'esprit perturbé d'Hermione ne donna pas la possibilité à son cœur de paniquer à l'idée de voir Drago. Un peu dans le vague, encore à moitié dans la maison de ses parents à se remémorer ce qui s'était passé, elle ouvrit la porte mécaniquement au point de ne même pas faire attention à l'accueil chaleureux de son chat qui en failli se faire marcher sur la queue. Alors que ce dernier pestait d'un crachement ingrat en la regardant avec une envie de meurtre, elle s'assit à la table, pensive. Au bout d'une bonne dizaine de minutes, le silence ambiant la ramena à la réalité et un petit papier sur la table attira son attention. Elle pensait y voir son écriture mais c'était bien celle de Drago qui le noircissait. Un simple « Très occupé aujourd'hui, à ce soir chez tes parents. Passe le bonjour à ma mère. » la frustra totalement, mais quelque part, vu son propre message, ce n'était que de bonne guerre. Toutefois, le fait qu'elle ne le voie que le soir impliquait qu'elle ne mange pas avec lui le midi, chose à laquelle elle commençait à s'habituer avec plaisir, mais également, qu'elle se tapait la future belle-mère, seule et presque douze heures consécutives…

- Autant me souhaiter d'aller en enfer… soupira Hermione à cette pensée.

En attendant les dix heures, heure fixée pour rejoindre la mère de Drago, Hermione tenta de se faire pardonner auprès de son chat qui lui faisait franchement la tête, mais ce fut peine perdue jusqu'à ce qu'elle n'ouvre le placard et n'en sorte une boite de pâtée. La queue en l'air, les oreilles aux aguets, les moustaches raidies et les yeux aussi ronds que possible, le royal minou miaulant de contentement à en faire un opéra s'approcha de sa maîtresse, se frotta hypocritement tout autour de ses jambes et ne lui donna plus aucun intérêt lorsque la gamelle pleine fut enfin mise à terre. Hermione en rit légèrement avant de lever les yeux au ciel, puis elle prit quelques affaires avant de se rendre tranquillement au manoir Malefoy.

Aujourd'hui le programme était la cérémonie en elle-même. Elles devaient voir la musique pour le sacrement mais aussi pour le soir lors du repas. Il y aurait également à étudier les différents textes et témoignages lors de l'office, mais aussi l'attribution des places dans l'assistance, l'organisation et la délégation de tous ces préparatifs afin que les deux femmes n'aient à se préoccuper de rien d'autre que de leur coiffure, mais aussi de la question des témoins.

Sur ce dernier point, Hermione hésitait énormément car vu l'importance médiatique de son mariage, elle ne voulait pas qu'on pense certaines choses alors que les motivations en étaient tout autres. Forcément, ce doute concernait principalement la présence d'Harry à ses côtés en tant que meilleur ami, mais la convenance voulait qu'elle n'ait que des filles et si elle insistait pour déroger à la règle, les gens auraient pu interpréter cela comme du matraquage publicitaire sur la « réconciliation des camps ». Alors que pour elle, avoir Harry auprès d'elle se justifiait par cette amitié sans faille qu'ils avaient tissée pendant presque quatorze ans. D'un autre côté, Ron lui en voudrait sûrement mais c'était son jour, sa journée unique à elle et Hermione estimait qu'elle pouvait être égoïste au moins une fois dans sa vie.

Arrivée à l'entrée, de ce qui resterait à jamais la demeure de Narcissa, Hermione n'écouta qu'à moitié les commentaires des tableaux qui lui réservaient toujours un accueil particulièrement agréable. L'elfe l'accompagna ensuite jusqu'au salon et c'est avec une grande joie bien dissimulée qu'elle salua sa future belle-mère.

- Un peu plus et vous m'auriez fait attendre… Lança Narcissa, mettant ainsi Hermione directement mal à l'aise.
- Votre fils vous passe le bonjour, changea-t-elle de sujet, afin de ne pas être désagréable dès le matin, en prévision d'une journée entière avec sa belle-mère.
- Bon, alors voyons… Première chose à voir, ce sont les témoins. Bien entendu, ils seront au nombre de trois, et même si la tradition pure demande à ce que de votre côté il s'agisse de femmes non mariées, au vu de ce que m'a raconté mon fils sur votre vie sociale, nous allons uniquement nous limiter sur l'âge. Je vous demanderai donc de ne pas choisir des jeunes filles plus âgées que vous, imposa Narcissa alors qu'Hermione se demandait déjà qui pourraient être les deux autres en plus de Ginny. Drago prend bien évidemment mon cher Blaise, et il m'a annoncé qu'il me donnerait les deux autres noms dans la soirée, ajouta-t-elle alors qu'Hermione pestait sur Drago pour ne pas avoir discuté du sujet en privé avant d'en parler à sa mère. Et vous, des idées ?
- Heu… Et bien, Ginny Wea… heu Potter entre dans vos critères. Pour les deux autres, je vais y réfléchir.
- Ne tardez pas, samedi nous devons aller avec elles faire les essayages des robes, il faut donc qu'elles soient disponibles toute la journée…
- Nous allons en discuter avec Drago ce soir et nous vous donnerons notre réponse en même temps, répondit Hermione, un peu excédée par tant d'agressivité.

Suite à ça, l'organisation du plan de cérémonie fut étudiée avec minutie par Narcissa, au point de donner un vicieux mal de tête à Hermione, le genre de migraine qui ne veut absolument pas partir avec le temps. Ne pouvant que répondre oui à presque toutes les questions, elle ne vit pas l'heure passer, et si son ventre n'avait pas crié famine, elle se serait presque endormie sur place à entendre le discours interminable, et c'était le cas de le dire, sur l'art et la manière de marier les gens dans une assemblée pour rendre une cérémonie parfaite. Même si Hermione estimait ne pas avoir le talent réel de Narcissa pour tous ces détails, il était clair qu'elle estimait que la mère de Drago en faisait franchement « trop ». Savoir qu'il n'était pas recommandé de mettre deux célibataires à côté lors d'une cérémonie n'était pas donné à tout le monde. D'après Narcissa, il ne fallait pas qu'ils pense qu'on souhaitait les mettre ensemble, même si c'était vrai, parce qu'ils pourraient, de ce fait, plus se parler au cours de la soirée. Alors que justement, ils auraient été placés à la même table pour pouvoir se rencontre. Tout ça était quand même une notion qui ne pouvait sortir que d'un esprit qui n'avait probablement pas autre chose à penser. Hermione en arriva même à supposer que Narcissa préparait le mariage de son fils depuis des années, pour ne pas dire depuis qu'elle lui avait donné la vie tellement le tout était ficelé « parfaitement ». En même temps, vu que Drago devait à l'origine se marier avec Pansy, en commençant à connaître le personnage, Narcissa avait dû déjà prévoir tous ces détails depuis des mois. Toutefois, il était clair pour Hermione que seule, elle n'aurait jamais réussit à offrir un mariage digne de ce nom à Drago sans l'aide de « Milady Perfection ».

- Vous m'écoutez Hermione ? Questionna la blonde, visiblement vexée.
- Je réfléchissais aux noms de mes demoiselles d'honneur, mentit Hermione avec de plus en plus de facilité.
- Je vois… Hé bien, si tout cela ne vous intéresse pas, je peux tout à fait continuer seule, de toute façon, on ne peut pas dire que vous me soyez d'une grande aide… Nous nous reverrons donc à quatorze heures afin d'écouter les cinq groupes disponibles qu'on m'a conseillés.
- Très bien, soupira Hermione, plutôt ravie de quitter les lieux.

Ne sachant pas trop où aller, seule, capuche rabaissée, elle flâna discrètement à travers la foule compacte d'un milieu de journée sur le Chemin de Traverse. Elle n'avait pas particulièrement envie d'aller au restaurant où Drago devait certainement manger avec l'un de ses rendez-vous, et retourner à l'un des deux appartements ne l'enthousiasmait pas plus que ça non plus. Elle s'arrêta donc à un marchant ambulant de nourriture rapide et comme le commun des sorciers, elle prit ce que les moldus appelaient simplement un sandwich. De boutique en boutique, elle se remémora le temps où elle le faisait uniquement pour avoir un peu de compagnie, alors que maintenant, c'était la solitude qui motivait le hasard de ses pas. Elle put également entendre quelques conversations qui mentionnaient son mariage et bizarrement, la vitrine qui se trouvait juste près d'eux la passionnait tout particulièrement. Le couple qui commentait l'événement était visiblement perplexe par rapport au choix d'Hermione et supposait soit qu'elle était sous pression ministérielle, soit qu'elle était enceinte après une nuit trop arrosée, soit que Drago menaçait un proche, soit que Ron l'avait larguée et qu'elle se vengeait en se mariant avec son ennemi, et aucune notion d'amour ne fut même envisagée, alors que pourtant… D'un autre côté, il était vrai qu'ils ne s'étaient jamais affichés comme n'importe quel autre couple dit amoureux et qu'ils n'avaient absolument pas montré de quoi alimenter l'argumentation du ministre, et elle le regrettait bien sincèrement. Même si leur histoire était belle d'une certaine manière, elle restait avant tout discrète et privée, c'est-à-dire à l'opposé du plan du Ministre de la Magie. Déprimée par la réalité si peu séduisante de son couple, elle soupira tout en fermant les yeux et s'appuya sur la vitre de la boutique de chaudrons.

- Tu comptes ajouter ça à notre liste de mariage ? Demanda une voix discrète mais familière qui fit sursauter Hermione. Hé bien, dois-je y voir un signe de cachotterie et me méfier que tu me trompes avec le vieux monsieur Grabbis ou l'un de ces chaudrons ? S'amusa Drago tout en lui lançant un regard narquois qui titilla l'ancienne Gryffondor.
- Je regardais simplement quel chaudron serait assez grand pour contenir ton ego, ou même toi tout entier lorsque j'aurai des envies de meurtres, se justifia-t-elle en faisant un peu rire son fiancé.
- La seule chose dont tu auras envie avec moi ne terminera pas dans un chaudron mais dans un lit ma chère, répliqua-t-il avec un petit clin d'œil énervant.
- Ca reste à voir, mon cher, répondit-elle, en insistant sur les derniers mots avec un air malicieux avant de reprendre son sérieux. Mais que fais-tu ici ? Tu n'avais pas une journée chargée au point qu'on ne devait se voir que ce soir ? Enfin pas que je sois ravie, bien au contraire…
- Et si je te dis que tu me manquais, tu me crois ? Murmura-t-il au creux de son oreille.
- J'ai beaucoup de mal, non… se moqua Hermione avec un petit sourire au coin.
- Soit… soupira-t-il, c'était pourtant le cas mais bon, je peux repartir tout de suite puisque je ne suis pas désiré par ma propre fiancée… argumenta-t-il tout en se retournant.
- Non, attends, reste, je suis désolée Drago… Je suis un peu préoccupée aujourd'hui… Je suis contente de te voir, sincèrement…
- Je préfère ça, sourit-il tout en l'approchant d'elle… Et si on s'isolait dans la petite rue histoire d'approfondir notre rencontre improvisée, qu'en dis-tu ?
- La perspective d'une réconciliation entre nous me tente vraiment, seulement après ce que je viens d'entendre, il vaudrait mieux qu'elle soit publique et non entre deux sombres murs… Déclara-t-elle avant d'afficher un regard sérieux. Drago, les gens ne croient pas du tout à notre histoire…
- Y crois-tu toi-même ?
- Quand tu me prends dans tes bras, oui… soupira-t-elle en le regardant droit dans les yeux, non sans émotion.
- Alors viens…

Sans se faire prier, Hermione se laissa envelopper par la chaleur des bras de Drago et savoura le moment d'affection qu'il venait de lui offrir. Elle était également parfaitement consciente qu'il venait à nouveau de faire un pas vers elle, et tout comme le fait que cela se passe dans la rue centrale du chemin de Traverse, ce geste était à apprécier à sa juste valeur. L'un contre l'autre, ils purent à nouveau entendre les commentaires de deux autres personnes, deux femmes visiblement relativement âgées de par leur voix rocailleuse et Drago s'amusa à quelques commentaires au creux de l'oreille de sa fiancée, qui tentait tant bien que mal de garder son calme et de ne pas rire. La première se moquait de la mauvaise éducation d'Hermione, et n'annonçait pas six mois avant qu'elle ne se ridiculise en société. A ça, Drago susurra qu'elle devrait alors se faire pardonner en nature, forçant ainsi Hermione à se pincer les lèvres pour ne pas pouffer à nouveau. La deuxième argumenta ensuite que l'ancienne Gryffondor avait peut-être de l'esprit mais pas le physique adapté pour devenir une Lady Malefoy, ce qui blessa quelque peu Hermione, et lui fit baisser la tête. Drago la lui releva de sa main, l'obligeant à voir son sourire sincère avant de laisser échapper une phrase qui termina de la rendre certaine de son choix.

- Si je ne m'intéressais qu'à ta beauté, Hermione, je ne mériterais ni de t'épouser ni d'avoir ton affection parce que je ferais offense à ce que tu es, cependant, reprit-il avec un air sadique naissant, pour une intello, tu n'es pas trop vilaine, ça va encore, conclut-il vicieusement, tout en encaissant une légère frappe sur le bras accompagnée d'une moue accentuée dessinée sur le visage de sa fiancée.

Bien que le romantisme laisse à désirer sur la fin de la phrase, elle résumait parfaitement la relation qu'Hermione aimait tant entre eux. A la fois tendre, honnête, respectueuse, elle était aussi mêlée de jeu, de complicité et de ce mordant qui lui offrait une perspective de non-monotonie, qu'elle avait peur d'avoir avec Ron. Elle lui aurait quand même bien répondu qu'il n'était pas aussi beau qu'il pouvait bien le penser, mais vu qu'elle l'aurait bien dévoré, aussi moche soit-il, elle s'en garda et en rougit même. Les commentaires suivants les contrarièrent par contre légèrement plus vu qu'ils portaient atteinte directement à l'honneur du nom des Malefoy, et portaient sur le fait qu'aux yeux des deux commères, il resterait un ancien mangemort, un meurtrier et une personne de peu de confiance, époux d'Hermione Granger ou pas. Le regard de Drago devint alors froid, pour ne pas dire glacial, et Hermione sut qu'elle devait agir vite avant qu'il ne se renferme sur lui-même et ne rompe leur moment d'intimité brutalement. Elle lui murmura alors qu'elle, elle avait confiance en lui puis l'embrassa chastement avant de lui enlever sa capuche, puis la sienne et dit tout haut qu'elle préfèrerait un chaudron de 20 cm au lieu d'un 18 cm parce que plus utile pour faire les potions de vieillissement prématuré pour femme aigrie et envieuse. Surpris de la réaction osée d'Hermione, pour ne pas dire perplexe face à autant d'audace, Draco prit quand même le plaisir de regarder le visage décomposé des deux femmes qui s'étaient retournées à la remarque. Il alla ensuite jusqu'à les saluer avant de prendre la main d'Hermione et de continuer la balade au cœur de la rue.

Forcément, à découvert, les gens les regardaient avec curiosité, lorsqu'ils ne les fixaient pas avec peu de politesse et d'éducation. Mais ce jeune couple n'en avait que faire. Puisqu'il fallait prouver qu'ils s'aimaient pour complaire au ministre, autant qu'ils se fassent plaisir et, oubliant la foule qui les entourait, ils parlèrent tel un couple normal à dix jours de se marier, main dans la main, à en dégoûter allégrement Ronald Weasley qui assista à tout ce spectacle en sortant de la boutique pour animaux. La petite promenade se termina finalement dans le parc qui était au bout de la rue et qu'Hermione avait l'habitude de fréquenter entre la sortie anciennement hebdomadaire de son chat et son jogging quotidien avorté. Hermione put enfin aborder le sujet du mariage jusque là évincé, et surtout celui des témoins. Drago lui avoua qu'il ne savait pas encore qui réellement choisir, parce qu'au-delà de l'amitié, et l'amour, leur mariage s'illustrait principalement par le symbole de rassemblement et même, voire surtout, les témoins ne devaient être choisis sans réflexion. Certes Ginny et Blaise étaient deux noms presque définitifs mais les autres restaient franchement hasardeux. Hermione expliqua son dilemme par rapport à Harry puisqu'il était son meilleur ami depuis ses onze ans, et Drago lui fit part d'une amitié assez surprenante avec Théodore Nott, fils du malheureusement célèbre mangemort, qui avait suivi les traces de son père lors de la dernière guerre. Ted, de son diminutif, avait eu, selon Drago, beaucoup de remords juste avant la fin de la guerre, lorsqu'on lui donna l'ordre de tuer une ancienne camarade d'école et sa famille, et le fait qu'on lui fasse subir un imperium afin qu'il s'exécute l'avait profondément choqué. Il était venu le voir dès le lendemain pour qu'il l'aide à se cacher des mangemorts, ce qu'il avait naturellement fait. Leur passé commun les avait, d'après lui, rapprochés au fil du temps et même s'ils n'étaient pas aussi proches qu'avec Blaise, il avait sa place à ses côtés le jour de son mariage. Seulement voilà, Nott était un nom de famille tout aussi craint que celui des Malefoy, et il ne serait peut-être pas bon d'associer les deux noms lors d'un jour comme celui-là. Draco ajouta également avoir gardé de ce fait des contacts avec Millicent Bullstrode puisqu'elle portait depuis quelques mois maintenant le nom de Nott, chose dont Hermione se souvenait avoir bien ri à l'époque et qu'elle se garda de répéter. C'est alors que la jeune femme eut une idée qu'elle savait parfaite pour la situation.

- Drago, que penserais-tu de prendre Harry dans tes témoins ?
- Heu, Hermione, comment dire… Je sais que l'amour rend aveugle et que la raison est un peu mise de côté mais pour le coup, tu la perds totalement là…
- Mais si Drago ! Tu prends Harry et je prends Millicent ! Ca prouvera qu'en plus d'associer deux personnes, le ministère associe leurs amis !
- Attends, Blaise ne peut pas voir Potter en peinture et je ne suis pas sûr que ton héros apprécie d'être à vingt centimètres de Ted… et de moi… pendant une heure… si ce n'est plus… Autant souhaiter un massacre le jour de notre mariage…
- Drago, nous ne sommes plus des gosses, Harry acceptera j'en suis certaine ! Affirma-t-elle tout en sachant que pour qu'elle tienne cette parole, elle devrait franchement le travailler au corps.
- Je ne suis vraiment pas sûr que ça soit une bonne idée Hermione… Notre mariage ne sera déjà pas très simple à gérer de lui-même, alors y mettre une bombe comme celle-ci si proche de nous… Autant tout annuler maintenant, ça éviterait qu'on se ridiculise devant toute la société anglaise…
- Tu voudrais annuler ? Redouta Hermione, devenue blanche.
- Hé bien, en voyant ta tête à cet instant, je pense que je vais dire non, mais je pense encore que ton idée n'est pas la meilleure que tu aies pu avoir jusque là…
- Ecoute, je m'occupe d'Harry, de Ginny et de la future troisième et tu t'occupes de contenir les tiens. Le mieux étant de faire un repas tous ensemble avant le mariage histoire de faire connaissance, entre adultes…
- Ma mère t'a donné quelques chose à boire ce matin ? Demanda Drago d'un air tout aussi inquiet qu'amusé.
- Je suis sérieuse, Drago ! On n'a qu'à dire vendredi soir, ça me paraît pas mal non ?
- Faut vraiment que tu arrêtes de fréquenter ma mère toi… soupira-t-il désespéré.
- Et bien, vient plus souvent nous aider à préparer le mariage, ça évitera peut-être qu'elle ne déteigne sur moi comme tu as l'air de le dire…
- J'ai vécu vingt-cinq ans avec ma mère Hermione, il y a une raison pour que je sois si souvent hors du manoir… On va dire que c'est un peu ton bizutage, rigola-t-il.
- Attends de voir le mien, je ne vais pas te rater mon bonhomme… Tu vas déguster, foi de la fille qui a fini première de sa promo à Poudlard… menaça-t-elle avec un air bien sournois.
- C'est bien ce que je disais, tu fréquentes déjà trop ma mère toi… Je vais peut-être finalement venir avec toi cet après-midi, et pour ça, il faut retourner à la poste pour que je ne prévienne pas trop tard de mes annulations de rendez-vous.
- Tu ferais ça ?
- Après hier soir Hermione, oui, je ferais ça… On a besoin de passer du temps ensemble et vu que tu es surbookée par l'organisation impériale de ma mère, je suis bien obligé de m'y coller également si je veux te voir… Précisa-t-il en surprenant Hermione, qui à force d'être étonnée, se demanda si elle n'était pas en train de rêver simplement de la journée et si en réalité, elle n'était pas en train de dormir sur sa chaise en attendant que Drago se lève.
- Je te remercie, murmura-t-elle juste après s'être pincée le bras et ayant bridé un petit cri de douleur.
- Ne t'inquiète pas va, j'y trouve mon compte en faisant ça, se reprit-il avant de lui prendre la main et de retourner faire leur « apparition publique » dans la rue commerçante afin de se rendre à la volière londonienne.

Après avoir fait le même effet qu'à l'aller, provoqué une cohue curieuse à la poste sorcière avant de transplaner sans sommation au manoir, le couple entra dans la grande salle, précédé d'un elfe chargé de les y conduire. Là, au centre dans un fauteuil imposant, une main facilement attribuable à Narcissa fit signe au premier groupe sur les cinq présents de commencer sa prestation. Le couple prit place à côté de la maîtresse de maison, après que Narcissa ait chaleureusement ignoré sa future belle-fille puis salué son fils, et à peine Hermione était-elle installée que ses oreilles se plaignaient au reste de son corps. Le petit quatuor déguisé avec des costumes du dix-huitième siècle correspondait parfaitement au style de musique qu'il proposait et visiblement même la mère de Drago n'était pas particulièrement séduite par la mode perruque blanche avec visage poudré blanc vu la grimace qu'elle fit au bout de quelques minutes. Donc sans étonnement et surtout sans ménagement, le second orchestre fut convié à se mettre devant eux. Là, d'un style nettement plus classique avec queue-de-pie, le petit orchestre symphonique était déjà plus audible mais pas pour autant moins ennuyeux. Hermione surprit Drago à bailler discrètement et sourit de voir que même lui perdait patience au bout d'à peine dix minutes de prestation. Les deux groupes suivants furent malheureusement aussi soporifiques et seul le dernier attira un quelconque intérêt pour les trois auditeurs. Narcissa semblait particulièrement satisfaite, contrairement à Hermione qui ne put se taire plus longtemps lorsque sa belle-mère s'apprêta à donner son accord sans même avoir consulté les intéressés.

- Narcissa, attendez s'il vous plait !
- Plait-il ? S'étonna l'organisatrice officielle du mariage de l'année.
- Et bien, comment dire, cet ensemble est bien, je l'avoue, mais… Comment vous dire… Enfin il serait peut-être bon d'en prendre un plus à la mode, ou au moins à la page… Je n'ai rien contre la valse et les danses de salon seulement tout le monde n'aime pas forcément ça, surtout les plus jeunes…
- Insinuez-vous que je suis vieille ? S'emporta Narcissa alors que Drago se frottait le front avec sa main, sentant le conflit arriver.
- Pas du tout, c'est juste que…
- Je ne vous permets pas de m'insulter dans ma propre demeure miss Granger, fiancée de mon fils ou pas !
- Mais je vous assure que… Tenta à nouveau de s'expliquer Hermione, en vain.
- Mère… intervint Drago en soupirant.
- Très bien, alors si ce n'est pas le cas, cet orchestre est très bien n'est ce pas ? Supposa Narcissa en montrant l'étendue de sa maîtrise dans la manipulation.
- Je suis sûre qu'on peut trouver un groupe qui puisse faire un peu de tout non ? Insista quand même Hermione.
- Hermione… Soupira à nouveau Drago.
- Votre mariage doit être irréprochable, un exemple de finesse et même de raffinement… Il est hors de question que des énergumènes qui ne savent ni s'habiller ni se coiffer y mettent ne serait-ce qu'un seul petit doigt !!!
- Et moi je refuse qu'on se souvienne de mon mariage comme étant celui où les gens se sont le plus ennuyés ! Contre-argumenta-t-elle avec force.
- Ce point est non-négociable ! Affirma Narcissa en croisant les bras.
- J'ai peut-être… Commença à dire Drago avant qu'Hermione ne le coupe.
- Moi non plus ! Sur l'organisation générale du mariage, je vous laisse déjà choisir la plus part des choses mais là, sur ce point, je ne vous laisserai pas faire à votre guise !
- Si vous vouliez bien m'écouter, tenta à nouveau Drago, sans résultat.
- Ce n'est pas ma faute non plus si vous n'avez pas la carrure et les épaules pour organiser votre propre mariage !
- Oh mais si j'avais eu plus de temps, je suis sûre que j'aurais fait aussi bien, si ce n'est mieux que vous et avec moi, on se serait souvenu de l'événement comme d'une réussite totale !
- Dites, vous savez que j'existe ? Soupira pour une troisième fois le fiancé invisible.
- Mais débrouillez-vous donc si vous pensez en être capable, j'ai largement à faire d'autre que de préparer ce qui va être la tombe de mon fils !
- Mère…
- Visiblement, votre fils préfère passer le reste de sa vie avec moi qu'avec vous que je sache… Osa dire Hermione, hors d'elle…
- Hermione s'il te plait… S'exaspéra Drago qui semblait s'énerver petit à petit.
- Ne soyez pas si prétentieuse !!! Drago a eu plus d'une femme qui pensait être capable de l'éloigner de moi, et aucune n'y a réussi !
- Jusqu'à maintenant ! Précisa Hermione.
- Bon… Stop !!! S'écria Drago en frappant d'un poing ferme sur l'une des chaises. On prendra ton orchestre, mère et…
- Ah, merci de prendre mon parti mon chéri, se félicita Narcissa.
- ET… reprit Drago, on cherchera un groupe plus de notre époque pour une deuxième partie de la soirée, comme ça, il y en aura pour tout le monde et les gens seront ravis de voir du changement, précisa-t-il en provoquant un sourire chez Hermione et une grimace chez sa mère. Maintenant, Hermione est effectivement capable d'organiser le mariage maman mais je suis sûr qu'elle reconnaît elle-même l'aide précieuse que tu nous offres. Pour le reste, même si c'est assez flatteur, aucune de vous deux n'a à craindre de l'autre, et maman, Hermione n'est pas comme toutes les autres comme tu l'insinues… Hermione est ma future femme et à ce titre, autant que vous deveniez alliées plutôt qu'ennemies… Ca serait plus facile pour nous tous, affirma-t-il avant de se tourner vers l'orchestre. Merci, nous vous indiquerons très prochainement le lieu et l'heure ainsi que les modalités de votre cachet dans un prochain hibou.

A ça, il fit volte-face devant les deux femmes médusées et s'en alla sans un au-revoir. Hermione lui courut tout de suite après et une fois rattrapé, elle l'embrassa en remerciement de son intervention diplomatique. Drago joua alors les faux insensible blasés et la salua avant de lui dire qu'il allait s'investir un minimum pour le mariage et trouver de quoi réveiller les invités en fin de soirée. Hermione le supplia de l'emmener avec lui mais Drago lui rappela à quel point il était important de mettre le holà à sa mère sur certaines choses et Hermione avait plus de volonté et de mordant que lui lorsqu'il s'agissait de Narcissa. Constatant alors qu'il était toujours aussi bon manipulateur que sa mère, et flatteur également, elle accepta tout en lui rappelant que tout se payait un jour.

- Du moment que c'est en nature, je te laisserai même un pourboire, plaisanta-t-il alors avant de s'en aller lâchement.

Le reste de l'après-midi fut donc tendu entre les deux femmes et les conflits s'enchaînèrent les uns après les autres, surtout lorsqu'Hermione aborda son idée pour les témoins. Narcissa fut totalement outrée et du même avis que Drago, et cria à la faute de goût pouvant ruiner le mariage. Fatiguée d'un combat rude et sans pitié, la future Lady Malefoy prétexta avoir des courses à faire pour le repas du soir pour s'en aller plus tôt que prévu, ce que Narcissa accepta très facilement. A son retour à l'appartement de Drago, un câlin bien mérité à son chat lui fit plus que du bien, avant qu'elle ne lui ouvre la porte-fenêtre et le voie s'en aller sans aucune reconnaissance. Elle prit ensuite une douche bien chaude histoire de se détendre et prit le temps de se préparer convenablement. Même si elle n'avait pas encore transféré toutes ses affaires, elle sut associer un jean et un haut avec assez de classe et fit un effort supplémentaire sur la coiffure. Se sentant déjà nettement mieux, son image plus séduisante dans la glace, elle termina par une légère touche de parfum avant d'envoyer un hibou à Drago pour dire qu'elle partait en avance chez ses parents. Seulement quelle fut sa surprise de constate qu'il y était déjà, et se trouvait en plein dans une conversation plus que gênante avec ses parents…

- Ah, ma chérie ! Tu tombes bien ! J'étais justement en train de montrer à ton fiancé la photo où tu as embrassé le petit Philippe Fibs, s'exclama sa mère, calmant un rire alors que Drago la regardait avec un sourcil plus haut que l'autre.
- Maman ! Qu'est-ce que tu es en train de faire là ? S'horrifia Hermione qui aurait crié un « mais sortez-la-moi ! Au secours !!! » vu le moment de solitude qu'elle vivait, avant de se tourner vers Drago. Tu aurais pu me dire que tu allais chez mes parents plus tôt que prévu !
- Tu aurais des squelettes dans les placards dont je ne devrais pas avoir connaissance, s'amusa-t-il à répondre.
- C'est de plus en plus bizarre ici… s'inquiéta Hermione, plus déstabilisée que jamais, avant de voir une photo d'elle à six ou sept ans, plein sourire, avec l'appareil dentaire imposé par son père. Non ! Vous avez osé montrer ça ??? Je ne vous avais pas demandé de la brûler celle-ci ???
- En attendant Hermione, maintenant tu peux montrer une belle dentition… Ce qui n'était pas couru d'avance quand tu étais petite, précisa son père avant de se tourner vers Drago. Vous auriez vu l'état de sa mâchoire à l'époque… Les canines chevauchaient les pré-molaires et les incisives n'avaient pas la place de pousser l'une à côté de l'autre. Heureusement qu'elle avait deux parents dentistes n'est-ce pas ?
- De toute évidence, se moqua Drago en prenant la photo pour la regarder de plus près et faire ensuite un lever de sourcil. Très séduisant tout ça… De quoi faire concurrence à notre chère Pansy !
- Espèce de… Grogna Hermione avant de le prendre par le col et l'obliger à la suivre dans la cuisine. Bon maintenant avoue… Tu as envoûté mes parents, fait boire une potion de ta cave personnelle ou est-ce carrément un Imperium ?
- Et bien, rien que cela… Je pensais que tu étais capable de mieux dans le genre, s'énerva Drago.
- Attend Drago, déjà ce matin, ils étaient tout, tout… tout pas normal quoi… Et là ce soir, c'est comme s'il te considérait comme le gendre idéal alors que dimanche dernier, ils t'auraient presque mis à la porte avec un bon coup de pied aux fesses.
- Alors, au lieu de m'affronter ce matin, tu es allée pleurer dans les jupes de tes parents ? Répliqua froidement Drago.
- Ne détourne pas le sujet, veux-tu ? Qu'as-tu fait à mes parents pour qu'ils changent si vite et à ce point d'avis te concernant ?
- L'Imperium, bien évidemment, quoi d'autre sinon, hein ! S'emporta-t-il, déçu de l'accusation.
- Drago !!! S'indigna-t-elle
- Et bien quoi ? Puisque tu ne peux pas imaginer que tes parents puissent m'apprécier sans magie…
- Ce n'est pas ce que je voulais dire Drago, soupira Hermione. C'est que voilà, je ne comprends pas du tout leur comportement… J'ai l'impression d'avoir raté une marche, qu'il me manque une information, ça me perturbe beaucoup… ajouta-t-elle avant de s'asseoir de tout son poids. Excuse-moi, j'ai eu un après-midi horrible avec ta mère, je suis à bout de nerf…
- Il n'y a aucune magie dans le changement de comportement de tes parents Hermione. Juste une simple conversation d'adulte à adultes…
- Tu es sérieux ? Mais quand ? S'étouffa Hermione, estomaquée.
- Si je commence à te dire tous mes petits secrets, ça ne serait plus drôle ma chère… plaisanta-t-il à nouveau avec un petit air sadique.
- Mais tu leur as dit quoi pour qu'ils soient comme ça ?
- Oh, et bien, si tu veux vraiment tout savoir, je leur ai dit qu'en fait, tu étais amoureuse de moi depuis plusieurs années mais que tu ne voulais pas te l'avouer, mentit-il tout en encaissant un petit coup sur l'épaule.
- Vantard et menteur, voilà ce que tu es !
- Quoi, même pas une petite once de vérité à ça ? Demanda-t-il avec un petit air de chien battu.
- Même pas en rêve ! Répondit-elle avec force.
- Libre à toi de ne pas le reconnaître, continua-t-il en choquant quelque peu une Hermione déjà agacée.
- Sois sérieux deux minutes Drago, tu leurs as dit quoi ? Insista-t-elle à nouveau.
- Ca t'agace de ne pas savoir n'est-ce pas ?
- Mais oui !!! S'époumona-t-elle avant de voir s'approcher Drago.

A quelques centimètres de son oreille, d'une voix calme et assurée, il lui murmura simplement avoir promis à ses parents de rendre heureuse une femme qui était tout aussi précieuse à ses yeux qu'elle pouvait l'être aux leurs. Ne lui laissant pas le temps de réagir et d'y répondre, il retourna dans le salon où les parents d'Hermione continuèrent l'apprentissage, ou du moins le rattrapage d'une vie qu'il avait soif de connaître. Entre le Philippe qui en avait encore à ce jour après elle, le fait qu'elle ait fait pipi de peur le premier jour où la magie était apparue dans sa vie et qu'elle ait transformé sa maîtresse en vilaine sorcière pour lui avoir mis un zéro non justifié à une récitation où aucun son n'était sorti de sa gorge de panique, ou bien le récit du jour où elle s'essaya à la magie avec un manuel pour débutants et où son chat de l'époque s'était retrouvé sans un seul poil sur le caillou, toutes les petites anecdotes y passèrent les unes après les autres. Naturellement, la pire d'entre elles ne fut pas épargnée, au grand désespoir d'une Hermione qui rêvait d'être déjà six pieds sous terre. Ainsi Drago prit connaissance du jour où elle rata si bien sa première potion, qu'elle en eut les cheveux tous brûlés alors que le lendemain elle devait jouer dans le spectacle de l'école moldue juste avant son entrée à Poudlard, et qu'elle ne connaissait pas encore de formule pour réparer les dégâts. La perruque blonde à couettes que sa mère avait réussi à trouver à la dernière minute d'un déguisement d'une voisine, le maquillage pour masquer les égratignures sur le nez, la fausse dent de devant collée à la dernière minute par son père et le texte écrit sur sa main droite, ne lui épargnèrent pas le ridicule le plus total lorsqu'une bourrasque mit à jour toute la supercherie, et ce, devant toute l'assemblée.

- Moi qui pensais que c'était une folle qui débarquait à Poudlard en première année, tout s'explique, rigola Drago. Vous l'auriez vue, elle ne tenait pas en place, voulait tout faire, tout voir, s'enthousiasmait pour un rien, et j'ai cru comprendre que même Weasley ne pouvait pas la voir à l'époque tellement elle était une vrai « madame-je-sais-tout ». Avec mes amis, on avait même supposé qu'elle avait appris l'histoire de Poudlard par cœur dès le berceau…
- Et bien, en fait, commença à dire son père avant qu'Hermione ne proteste.
- Je te l'interdis papa !
- Ne me dites pas que c'est vrai quand même ? Demanda Drago les yeux grand ouverts à deux doigt d'un fou rire nerveux incontrôlable.
- Et bien… Continua sa mère.
- Maman !
- Mais laisse donc parler tes parents, ma chère, ironisa-t-il avec intérêt avec le peu de force qu'il lui restait avant de perdre tout son sérieux.
- Nous avons trouvé le manuel dans une brocante lorsqu'elle avait sept ans. Elle a cru à un conte de fées ou un roman de fiction et elle a tout de suite été séduite par ça puis par la magie en générale…

Honteuse, Hermione se leva en prétextant vouloir commencer à mettre la table et fut très rapidement rejointe par sa mère alors un rire presque démoniaque résonnait dans la salle qu'elle venait de quitter. Voyant sa fille légèrement triste, elle la prit tout de suite dans ses bras et lui proposa de s'asseoir quelques minutes pour discuter entre elles. Après avoir relativiser ce qui venait de se passer, elle lui expliqua alors que son père et elle avaient entendu la conversation avec Drago plus tôt dans la soirée et confirma la venue de Drago dès le lendemain de leur visite dominicale. Il leur avait donc expliqué la situation et l'importance pour Hermione d'avoir au moins le soutien de ses parents en ce moment. Il ne demandait pas à être aimé mais juste respecté comme celui qu'avait choisi leur fille unique, en précisant que si elle était avec lui au lieu d'être avec Ron c'est que leur relation et leur futur engagement étaient justifiés. Il n'était visiblement pas resté longtemps mais son discours les avait fait réfléchir et ils avaient fini par lui donner raison. Sa mère précisa qu'elle n'avait pas vu sourire sa fille ainsi depuis pas mal de temps et qu'elle était ravie de ce changement également. Même si, elle l'admettait, elle aurait préféré Ron, si c'était son choix d'épouser un blond plutôt qu'un roux, alors ils acceptaient cette donne. Toutefois, tout ça était le résultat de quelques nuits blanches et beaucoup de stress, et de thés, ce qui expliquait un peu leur état second. Hermione laissa alors ses émotions emmagasinées s'exprimer et s'effondra dans les bras de sa mère.

Une grosse demi-heure plus tard, le repas débuta dans une atmosphère plus décontractée. Le père d'Hermione et Drago se ressemblaient sur plusieurs points et l'économie sorcière intéressait beaucoup le premier. Hermione put alors en savoir plus sur les activités de son futur mari et n'imaginait pas à quel point les gobelins pouvait être fins négociateurs, en plus d'être ultra administratifs. Drago gérait son patrimoine certes, mais le plus gros de son travail était surtout de jongler entre les décrets du ministère et les exigences des résidents de Gringotts. Il faisait également beaucoup d'investissement, chose qui intriguait grandement le futur beau-père, et si la mère d'Hermione n'avait pas rappelé que dans un peu plus d'une semaine il y avait un mariage, les deux hommes auraient facilement continué toute la soirée ainsi. La future mère de la mariée fit alors part de ses exigences et le regard de Drago vers Hermione en dit long sur le scandale que cela allait provoquer auprès d'une certaine personne. Mais les réclamations étaient légitimes et le couple ne put qu'accepter son implication.
Une fois le repas terminé, le couple s'excusa d'avoir une journée épuisante à venir et les jeunes gens prirent rapidement congé de leurs hôtes. Rentrés à l'appartement, un hibou les attendait de la part de Narcissa, indiquant qu'elle avait récupéré les faire-parts et qu'elle attendait toujours les noms des témoins.

- Trop fatigué pour réfléchir, soupira Drago, elle attendra demain…
- On fait de la résistance contre maman d'amour ? Ironisa Hermione telle une vengeance.
- Ne commence pas toi, ou je te transforme en blonde à couette, répondit-il tout en entrant dans la salle de bain pour prendre une douche.
- Au moins j'aurais été à ton niveau d'intelligence, pesta Hermione tout en tirant la langue.
- J'ai entendu !!! Déclara Drago juste avant d'ouvrir le robinet, et il obtint en réponse une gracieuse grimace.
- Soulagée de ne pas épouser un sourd, murmura-t-elle avant de se mettre en chemise de nuit, se blottir dans la couette et faire semblant de dormir histoire de se venger, ce qui fonctionna vu le soupire que Drago fit en sortant.