Message de l'auteur:
Voilà, après deux mois de déménagement, je suis maintenant bien installée dans ma tite maisonnette modeste mais confortable. Je m'imaginais bien écrire le soir dans mon jardinet histoire de profité de la fraicheur de la soirée après de chaudes journées mais avec notre météo actuelle, j'aurais l'air plus d'un chat mouillée qu'une pinup huilée bien bronzée... Enfin quoi qu'il en soit, du fait de l'enfermement forcé, j'ai tué le temps en me replongeant dans les bras de Drago, oups heu , dans la tête d'Hermione... Bref, voilà, chapitre tout frais prêt à être dévorée par vos yeux affamés... Et si tout se passe bien, le prochain devrait être pour la fin août... Ca sera mon cadeau d'anniversaire ;o)
Bonne lecture à vous tous et merci pour toutes vos reviews qui me donnent toujours autant mauvaises conscience quand le chapitre tarde à venir... Allez, j'vous lâche avec mes blablas, à bientôt, biz!
Yvy
21. Quand l'angoisse submerge la raison.
Cher journal,
Une odeur d'euphorie me berce depuis ce matin sans savoir pourquoi ou presque...
Hier, c'était le premier soir depuis longtemps où Drago et moi, nous nous endormons sans être en conflit. Il était même collé à moi ce matin, son bras me pressant contre lui... Trop mignon... J'ai dû me mordre la lèvre pour ne pas devenir faible... une très très très faible femme... Bref, voilà quand même toute la richesse du monde... Etre dans les bras de son homme, respirer son odeur, être bercée par les soulèvements de sa poitrine, réagir à ses mouvements, l'observer secrètement afin d'apprécier pleinement le paysage qui s'offre à soi, savourer chaque seconde de paix et de sérénité comme dans un cocon protecteur dont on rêverait de ne jamais partir. Ce sont tous ces petits moments là qui rendent tout les moins bons supportables, tels que le programme d'aujourd'hui.
Pourquoi a-t-il fallu qu'elle soit une des rares proches, même officiellement involontaire, de Voldemort à s'en sortir aussi bien, hein? Elle pouvait pas, je ne sais pas moi, se prendre quelques endoloris et finir ses jours à Sainte-Mangouste, loin, très loin de Drago et surtout de moi... Non, forcément, elle est belle et bien là, à s'accrocher à son fils chéri que je tente de lui voler... Le mythe de la belle-mère en puissance... Je ne pouvais pas imaginer pire... Il y a peut-être des livres sur l'art et la manière de se débarasser d'un furoncle comme elle. Je suis même sûre que j'en ai vu passer dans le rayon 2B aux archives. Une petite visite pourrait être tout à fait intéressante... Non! Hermione NON! A commencer comme ça, tu vas finir en une Narcissa... Bref, Fleury & Bott ont peut-être ça en réserve, j'irais faire un tour à l'occasion... Bon j'en étais où... Attends je me relis deux secondes ... Ah oui, ma journée... ma super méga génial journée qui n'attend plus que moi... Comment lui expliquer que je ne suis pas pressée... Bref...
Normalement, je devrais être toute excitée de me dire que ce soir, je vais essayer ma robe de mariée... Toutes les jeunes filles rêvent de ce moment. C'est un instant qu'on chérie toute à un moment de notre vie. Il devrait être parfait. Seulement le point noir est l'option « belle-mère » du nom de Narcissia Malefoy. Enfin, elle a pour elle d'avoir un fils comme Drago... Et encore, je suis sûre qu'elle n'est en rien responsable de son changement de voie éducative.
D'ailleurs en parlant du loup, on en voit la... STOP! Journal (ou vilaine conscience) vicieux! NON, tu n'auras pas le mot, ni toi, ni moi d'ailleurs. Il ne vaut mieux pas que j'écrive la suite, pas en ce moment, ça devient tellement de plus en plus dur de tenir... Bref, je l'entends se lever. Il vient par ici, il me regarde, non en fait, il me dévore des yeux, et là, dans son regard, ça devient trop intime pour tout décrire ici... Par Merlin, il est horrible à me fixer comme ça avec cet air pareil... Je ne suis quand même pas un morceau de viande prêt à être dévoré par un carnivore sans pitié comme lui... Et puis, il pourrait quand même mettre une robe de chambre au lieu de me mettre, lui aussi, l'eau à la bouche comme ça... Je suis sûre qu'il fait exprès de me chercher pour que je lui saute dessus et que je cède... Hermione!!! Ca suffit !!! Drago n'est pas un bout de viande!!! Enlève-toi ça de la tête tout de suite !!! Ne fais pas ce que tu n'acceptes pas qu'on te fasse! Drago est une personne douée de raison – parfois - et qui a d'autres qualités que son corps si attractif à tes hormones - saletés d'hormones - c'est un être humain et pas un objet... Etre humain! Etre humain... - sexy - ... Etre humain !!! Et merde, il a vu que je le regarde fixement à mon tour. Par merlin, il me sourit genre il pense que je vais craquer... NON! Etre humain!!! HERMIONE, J'AI DIT ETRE HUMAIN!!! JOURNAL AIDE MOI !!! Pitié... être humain, être humain, être humain, être humain qui a surtout intérêt à quitter la pièce avant que mes hormones disent le fond de leurs pensées à ma conscience. Il ne faut pas qu'il s'approche, non pas d'approche... surtout pas... Oui, va vers la cuisine, le jus d'orange c'est très salutaire pour la santé, mince il repasse devant moi. Je hais son regard malicieux. Je hais sa façon de savoir parfaitement jouer avec moi. Tout se paye un jour Malefoy... TOUT !
Ouf... Il s'en va... L'honneur est sauf et ma raison aussi.
Monsieur prend maintenant sa douche – Stop pensées vicieuses -, c'était moins une que l'être humain que je suis redevienne un animal en chasse... C'est quand même fou l'influence qu'il a sur moi... Je ne me reconnais pas. Jamais Ron n'a eu cet effet là... Ce manque, ce désir, cette attraction... Ca devient de plus en plus dur de résister... Et dire qu'il reste encore un peu moins de 10 jours...
Enfer sur terre...
Malefoy de malheur...
Fichu samedi de garde aux archives...
Satanées recherches...
J'aurais dû lui imposer la dernière option de ma main sur sa gueule de playboy, j'ai été trop gentille de lui laisser le choix...
Maudit jour où je lui ai dis de rester...
Peste sur cet arrangement de mariage...
Drago doit encore avoir l'adresse de Pansy...
Bon, et si j'arrêtais surtout mon délire. Si au moins j'avais de sincères regrets, mais non, je chéris chacun de ces moments... En fait le problème, c'est pas Drago mais moi... J'ai laissé faire tout ça... J'ai voulu tout ça... Il ne me reste plus qu'à assumer maintenant.
Seulement, ce mariage me semble si loin quand je me retrouve dans cette situation mais il est quand même dans 10 jours... On m'aurait fait lire mon journal intime rien qu'au début de ce mois de juillet, j'aurais été indignée, écoeurée, énervée en pensant à une mauvaise plaisanterie de mauvais goût. Naturellement, j'aurais attribué ça aux jumeaux... C'était une oeuvre signée sans l'ombre d'un doute. Eux seuls auraient été capables de me monter une telle histoire... Et pourtant... Voilà... Les jumeaux n'y sont pour rien, pour une fois, j'en suis seule et unique responsable, enfin pour moitié on va dire, je ne vais pas innocenter Drago alors qu'il est plus qu'impliqué dans ce retournement de situation dans ma vie.
Ma vie justement tiens... Celle d'avant me paraît si pâle maintenant. J'étais si stressée pour un rien, bornée, fermée d'esprit alors qu'à présent j'ai l'impression d'être tellement ouverte, libre, heureuse... Ca me fait tellement peur cette sensation... Enfant, j'ai toujours voulu rendre mes parents fiers de moi en travaillant dur. J'ai de ce fait eu peu d'amis en plus d'être enfant unique avec des parents toujours occupés. Je ne peux pas considérer mon enfance d'heureuse, mais juste neutre, normale à mes yeux. Je suppose que quelque part Drago a eu la même que moi dans l'esprit, vu sa famille. Et voilà que je nous cherche des points communs, passons... Il est clair que ça n'a jamais été comme celle de Ron, passionnée avec des disputes et des rigolades avec ses frères et soeur. La notion de famille n'est pas une chose que j'ai pu connaître avant d'entrée à Poudlard. Et même arrivée là, je me suis battue contre des préjugés. La lutte avec Voldemort ne m'a pas non plus permise d'avoir une adolescence normale... Puis, l'après guerre et ma relation avec Ron a été plus que délicate voire colorée avec toutes nos disputes et désaccords.
Seulement, je n'ai pas le droit de dire non plus que j'ai été malheureuse. Je pense que je croyais que la vie serait toujours ainsi, beaucoup de neutralité et quelques pics de bons sentiments... Cette vie, c'était celle que je voulais construire avec Ron... Par Merlin, je me rends compte maintenant que si Drago n'était pas entrée dans ma vie, je serais morte après des années de « survie » et surtout sans connaître la vraie définition de terme « vivre ».
Drago ressort... Il faut que j'abrège.
Ah, un hibou... Il m'a l'air bien chargé. Je me demande ce que Drago a encore comploté. Allez, je crois que là, je dois vraiment me bouger un peu... Allez voir belle-maman en nuisette n'est pas du meilleur effet... J'ai déjà eu de la chance de pouvoir me libérer l'esprit quelques minutes... Cher journal, j'ai le plaisir de te dire toutefois que tu es bien plus constructif qu'une pensine quand même...
A demain peut-être... Si j'ai le temps... Bye.
Fermant rapidement ce qui soulageait sa conscience d'un geste vif, Hermione se dépêcha de se préparer dans la salle de bain afin de revenir rapidement dans le séjour et découvrir ce que le paquet contenait. En arrivant à hauteur de Drago, elle put constater que toutes les brochures colorées en mouvement obtenaient l'entière concentration de son fiancé. Elle en saisit une qui se mit à produire le bruit de mouette et de vague avec une envoûtante odeur vanillée. Elles lui firent parfaitement comprendre le but de cette publicité: un voyage exotique.
Intriguée, elle parcourut la brochure qui décrivait le séjour d'une manière des plus vendeuses jusqu'à ce qu'elle demande à Drago ce que cette vingtaine de dépliants faisaient sur la table, bien qu'elle en avait une bonne idée.
- Attends, tu me mets la ceinture pendant deux semaines, alors tu peux être sûre que je vais me rattraper avec un voyage de noce de cette même longueur! Quoi de mieux qu'un endroit "magique" pour se connaître davantage... susurra-t-il de manière sensuelle... Une île au Caraïbes, le Mexique et des haciendas luxueuses, une croisière sur la mer Baltique où on devrait rester l'un contre l'autre pour se réchauffer, ou alors dans le désert avec pour seule compagnie une tente, argumenta-t-il avec des yeux malicieux avant de poursuivre. Remarque, je pense que le mieux reste quand même les Caraïbes. Je pourrais te faire l'amour sur la plage, sous un palmier, dans l'eau turquoise, devant un lever de soleil jusqu'à son coucher...Hum, je m'y vois d'avance... Allez vendu pour les Caraïbes!
- Dis j'ai quand même mon mot à dire, non? Tu ne crois pas? Certes, je suis d'accord sur le fait qu'un voyage de noce, loin de ta mère et de Londres, nous permettra de souffler un peu après toute cette préparation stressante, mais tu ne penses qu'à « ça » ma parole! J'aurais quand même bien envie de visiter!
- Visiter quoi? Il n'y a que la plage et la mer! Tu veux compter les poissons dans l'eau et les prendre tous en photos pour pouvoir dire « oh comme il est beau ce bleu là! »? Se moqua-t-il en exagérant volontairement avant de poursuivre. Et puis l'optique d'un voyage de noce n'est pas franchement de visiter... Je peux te faire un dessin si jamais tu ne comprends pas... voire même te montrer une situation réelle si tu insistes...
- C'est bon Drago, je saisis parfaitement. Et puis, je ne dis pas que ça ne fera pas partie du contrat mais il doit y avoir quand même des villages, des églises, des forts, des paysages à voir, des gens sympathiques à rencontrer, ces îles ont une histoire qui peut être intéressantes! Et ce n'est pas tous les jours qu'on pourra voir de telles vues! Expliqua-t-elle en laissant Drago blanchir de voir son projet sensuel devenir un programme touristique.
- Hum... Et bien, Toi tu peux visiter autant que tu veux, mais moi, je profite de ma lune de miel Hermione. Alors si tu ne vois pas d'inconvénient à ce que je te fasse l'amour sur la place du village, entre deux bans d'églises, au pied d'une muraille, en pleine nature avec insectes en option, chez l'habitant histoire de tester leur hospitalité, ça ira pour moi... Enfin, je t'imaginais quand même nettement plus pudique que ça...
- C'est ça, bien sûr ! Ton « éducation » ne te laisserait jamais aller jusque là! Que dirait maman Narcissa si elle nous voyait en première page des quotidiens??? Alors?
- Tu veux tester? Poussa-t-il très sérieusement alors qu'Hermione était assez tentée quelques secondes.
- Tu n'es qu'un obsédé et un pervers Drago Malefoy!!
- Et alors? Hermione Granger? Répondit-il sur le même ton ironique avant de reprendre avec un air malicieux tout en s'approchant d'elle dangereusement. Ne fais pas ta sainte, je sais que tu aimes ça...
- Il y a un temps pour tout quand même! Argumenta-t-elle en reculant instinctivement.
- Justement, à 25 ans, il me semble que le temps de l'abstinence est largement dépassé. Tu te la joues fille moderne et tu me sors la carte de la « virginité » jusqu'au mariage alors qu'on a largement consommé avant même d'être fiancés, justifia-t-il sur un ton moralisateur avant de devenir plus songeur... Tu as vraiment de la chance que je... qu'on se marie. Aucune fille ne m'a jamais fait ce que tu me fais subir, je te signale! C'est carrément de la torture à ce stade! Je me force à m'y tenir parce que si je le voulais vraiment, je te ferais plier sans aucune difficulté! Affirma-t-il ensuite avec assurance, ce dont Hermione ne doutait pas un instant. Et je sais que tu sais...
- Peu importe, on dérive là, se reprit-elle en prenant la première brochure venue. Va pour les caraïbes mais je veux au moins faire le tour de l'île et découvrir un peu les lieux. Pour le reste, je prendrais un livre histoire de ne pas me sentir bête si on me pose des questions, se murmura-t-elle à elle-même tout en sachant que Drago pouvait parfaitement l'entendre puisqu'il en fit un léger sourire victorieux.
Après avoir envoyé un hibou signalant leur souhait de voyages de noces, Drago rangea le reste des dépliants dans un tiroir en disant tout simplement que ça pourrait resservir un jour et finit de se préparer pour aller voir sa mère. Le fait qu'elle ait reçu les faire-part la veille impliquait qu'ils viennent dès le lendemain matin à l'aube et la clarté dans la pièce laissait déjà comprendre qu'ils auraient droit à une remarque.
La subtilité de Narcissia fut néanmoins plus fine pour leur faire comprendre qu'elle n'aimait ni attendre ni être ignorée. Une phrase bien placée montrant du doigt la mauvaise influence de la Gryffondor sur son fils illustra parfaitement ce qu'ils s'attendaient à avoir. Hermione eut du mal à gérer ses reproches constants durant la matinée et le fait que Drago l'abandonne purement et simplement vers onze heures pour un énième rendez-vous à Gringott fut la goutte d'eau. Hors de question de rester avec la marâtre une minute de plus. Sautant sur l'occasion au départ de son fiancé, Hermione prétexta avoir à faire concernant ses témoins, ce qui était totalement faux, mais un mensonge de plus ou de moins sur son ardoise ne la préoccupa pas plus que ça, et elle prit la fuite quelques minutes après Drago. Narcissa fut verte de rage à devoir s'occuper des envois seule alors qu'elle se voyait déjà envoyer Hermione à sa place et hurla des « veuillez rester ici, nous n'avons pas terminé, ne soyez pas insolente » avant de lancer le dernier mot qu'Hermione put entendre « Sale petite ingrate ». Il fut clair pour Hermione que la mère de Drago s'en voulait d'avoir sous-estimé son intelligence et elle était sûre qu'elle ne l'y reprendrait pas sur ce terrain. Personne ne pouvait se jouer de Narcissia Malefoy, c'était une question d'honneur, point tout à fait jouissif quand on y réussit. Le sourire d'Hermione une fois sortie du manoir illustra alors sa totale victoire.
Durant le déjeuner, elle se retrouva seule du fait que Drago avait un rendez-vous important jusqu'à tard dans l'après-midi et décida d'aller dans son ancien appartement histoire de vérifier déjà que tout était encore là mais aussi par soucis de vider son frigidaire en espérant qu'il y ait encore quelque chose de comestible. Elle croisa sa voisine du premier et la salua très brièvement avant de gravir les escaliers supérieurs en croisant les doigts que son cher Boris ait déjà oublié son existence. Par chance, le silence inhabituel à l'avant dernier étage lui offrit la certitude d'être tranquille et non sans émotion, elle rentra dans sa boite à chaussure. En plus de le trouver plus que minuscule par rapport à l'appartement de Drago, elle eut un sentiment de vieux souvenir lointain alors qu'elle vivait là il y a encore une semaine et qu'elle s'en satisfaisait. D'une main, elle caressa son bureau qui avait si souvent servi à recueillir ses confidences et s'assit en soupirant sur son lit une personne avant de s'y allonger pleinement. Songeuse, elle confirma les impressions qu'elle avait laissées sur son journal le matin même. En observant en détails l'état peu glorieux de son appartement, elle réalisait vraiment qu'elle avait accepté jusque là une vie qui ressemblait plus à de la survie qu'à autre chose. Sans trop réfléchir, elle se leva ensuite, et prit la direction de son armoire. En la fouillant tout en étant un peu dans sa rêverie, elle vit la fameuse robe qui avait eu tant d'effet sur Drago le premier jour au ministère. La nostalgie des premiers instants l'envahit et de nombreuses images lui revinrent en mémoire. Elle repensa aux moments clefs de l'évolution de sa relation avec Drago et tout en serrant la robe contre elle, elle se mit légèrement à sourire de ce qui lui arrivait. Dans sa tête, il était clair que cette robe resterait à jamais dans sa garde-robe en gage de relique précieuse comme pour ne jamais oublier le commencement de son idylle avec son ancien ennemi d'école. Elle pourrait devenir dix fois celle qu'elle était actuellement et être sûre de ne jamais pouvoir la remettre, et même mitée, « l'excuse » qui l'avait menée chez Gaichiffon, se moquer de Pansy sans savoir qu'elle prendrait sa place, et la petite remarque de Drago le lendemain de l'achat, resterait à jamais une preuve du plus délicieux bouleversement de sa vie.
Son ventre lui implora ensuite de ne pas l'oublier et malheureusement, à part une boite de conserve de thon, de maïs et des sachets de thés, le reste était tout bonnement à jeter à la poubelle vu l'odeur et la vue qui lui rappela un certain endroit de l'anatomie de son voisin avec dégoût. Le repas fut assez spartiate par rapport aux nombreux déjeuners au restaurant qu'elle avait pu faire depuis une dizaine de jours mais son tour de taille n'en était pas moins mécontent. Avec le mariage à venir, et surtout la robe à enfiler le soir même, il fallait qu'elle se modère dans le coup de fourchette si elle ne voulait pas que Narcissa la compare à un mammifère peu gracieux le jour de ses noces. Elle fit tout de suite après sa vaisselle en se disant que ça serait sûrement la dernière fois avant un bon bout de temps et apprécia presque un geste ménager qui n'avait été jusque là qu'une perte de temps. Ca en était quand même parfois arrivé au point qu'elle attendait plus d'une semaine avant de se forcer à la faire tellement sa vaisselle lui lançait des messages moralisateurs tels que des « lave-moi », « gratte-moi », « rince-moi », « essuie-moi », voire même des « désinfecte-moi ». Seulement, cette fois-ci, aucune réclamation ne fut nécessaire pour obtenir un peu de propreté et une fois le nettoyage terminé, Hermione eut la surprise de voir toquer le hibou dont se servait ses parents pour la contacter dans le monde magique. Elle récupéra rapidement le message et blanchit à lire que sa mère souhaitait être là pour les essayages du soir.
Déjà qu'elle-même n'était pas pressée d'y être alors savoir que sa mère rencontrerait pour la première fois celle de Drago avait de quoi la faire paniquer en une fraction de seconde.
- Pitié, non, pas ça... Pas aujourd'hui... Qu'ai-je fait dans une autre vie pour mériter ça, Merlin? S'exclama-t-elle à haute voix avant de mettre en boule le parchemin et viser la petite poubelle de bureau. Raté..., soupira-t-elle avant de la reprendre et la déposer tout aussi nerveusement dans la corbeille en osier.
Seulement, dire non à sa mère pour un moment comme celui-là n'était forcément pas possible au risque de se la mettre à dos à vie. Hermione se sentit alors obligée de lui répondre favorablement en espérant secrètement qu'elle change d'avis à la dernière minute. Elle lui donna rendez-vous au Chaudron Baveur pour dix-huit heures trente, histoire de la « briffer », et renvoya le hibou à son expéditeur. Le pire pour elle, c'est que Drago ne pourrait même pas être un soutien pour elle vu qu'il serait purement et simplement interdit de séjour durant ce rendez-vous théoriquement essentiel à la cérémonie. Elle serait donc seule avec Narcissa et sa mère.
Ce face à face eut le don de la perturber toute l'après-midi alors qu'elle était censée décider du menu de la soirée avec Narcissa. Autant cette dernière était pointilleuse sur le rendu, la présentation et le goût des plats présentés par les deux finalistes sélectionnés, Hermione, elle, distinguait à peine la différence entre poulet, lapin, veau ou truite. Une boule au ventre la rendait incapable de relier la vue au goût et au fur et à mesure, plus rien ne pouvait passer la limite de sa gorge sans lui donner la nausée. Son état avait en plus tendance à s'aggraver au fur et à mesure que l'horloge l'amenait vers ce rendez-vous redouté et Narcissa termina alors de choisir seule le menu, non sans un profond énervement. Le moment venu de quitter le deuxième restaurant, le regard noir de Narcissa ne laissa aucun doute sur le fait qu'elle lui en tenait rigueur. « Tout se paye un jour », voilà ce qu'elle pouvait en traduire et elle l'en savait tout à fait capable. D'ailleurs, en pensant à ce qui allait suivre, Hermione crut un moment qu'elle allait s'évanouir de trouille au point de tout plaquer et s'enfuir en courant le plus loin possible.
Seulement, le choixpeau l'avait mise à Gryffondor et non à Serpentard et cette différence s'exprimait encore à ce moment précis. Narcissa annonça qu'elle rentrait une petite heure chez elle pour appeler son fils afin de valider le menu avec lui puisque sa future belle-fille n'avait aucun palais, accompagné d'un discret mais tout à fait audible « Et si ce n'était que ça... » qui s'ajouta à la longue liste de coup bas qu'Hermione avait pu emmagasiner depuis leur rencontre. De son côté, Hermione prit la direction de la limite entre le monde moldu et le monde sorcier tout en essayant de préparer une attaque d'ouverture de discussion.
- Tu sais maman, comment dire... La mère de Drago est... Je sais que tu m'as appris la politesse et le respect des autres mais sans vouloir faire déhonneur à ton éducation, ma future belle-mère est... voyons voir... envahissante, imposante, moralisatrice, hautaine... chieuse, sangsue et une Madame-Je-Sais-Mieux-Que-Tout-Le-Monde... Si, maman, je suis encore très polie là, imagina-t-elle à répondre à sa mère. Je peux te faire l'option plus officieuse, continua-t-elle en hésitant à se faire plaisir alors qu'elle arrivait à destination.
L'ouverture dans le mur dégagée, elle s'enfonça à l'intérieur du pub toujours aussi mal fréquenté. A son arrivée, tous se retournèrent en se taisant d'un seul coup, ce qui la fit sursauter avant de la mettre péniblement mal à l'aise du fait des nombreux chuchotement qui commentait la présence de la future Lady Malefoy dans un endroit comme celui-ci. Sans attendre, elle s'assit à une petite table reculée et commanda ce qu'ils avaient de plus fort afin de la détendre malgré ce que pourrait en conclure l'assistance. Le serveur demanda confirmation en l'ayant reconnue mais le regard fixe d'Hermione lui ôta tout doute. Whisky pur feu ou rien.
Sa mère arriva à l'heure et constata avec effroi que les trois verres vides sur la table de sa fille l'avaient mise dans un état franchement lamentable. Son Hermione saoule juste avant d'essayer sa robe de mariée, il y avait une chose qui n'allait pas et ce n'était pas à une mère qu'une fille pouvait cacher ça. Un peu honteuse de son laisser-aller, elle lui expliqua le pourquoi de son état avant d'amorcer la description du personnage de Narcissa Malefoy. Autant dire qu'elle ne fut pas franchement tendre avec sa future belle-mère et à de nombreuses reprises, la mère d'Hermione tenta d'amenuiser le phénomène en pensant qu'elle exagérait, mais Hermione restait ferme sur ses propos. Après les trois verres de Whisky pur feu, sa belle-mère était les plaies d'Egypte en personne qui la hanterait même après sa mort telle une momie dans le dernier film américain au titre alléchant de « La malédiction de la brue », si par chance, elle ne l'a pas tuée avant d'usure nerveuse.
Avant de quitter le pub, la mère de la future mariée la plus célèbre du mois demanda un bon jus de tomate histoire d'éponger un peu l'odeur vaporeuse de l'alcool suivis de deux verres d'eau afin de diluer un peu le tout. Hermione dut naturellement se rendre là où personne ne pouvait y aller pour elle et en se lavant les mains, le regard fixe sur le miroir fissuré de toute part, elle vit le retour de la Hermione pathétique qu'elle souhaitait combattre quelques semaines plus tôt. Elle se fit une remontrance à elle-même via son reflet histoire de se motiver à stopper ses angoisses et c'est donc plus rassurée qu'elle sortit rejoindre sa mère afin de se rendre dans la boutique où attendait sa robe nuptiale.
Les deux femmes s'engouffrèrent ensuite sur le Chemin de Traverse et le regard de sa mère durant le trajet avait, comme à chaque fois, de quoi lui rappeler d'où elle venait. Entre émerveillement et angoisse, la gryffondor n'avait besoin d'aucun mot pour savoir ce qui plaisait ou qui apeurait sa moldue de maman. Malgré le temps, les parents d'Hermione avait toujours mis un point d'honneur à respecter chaque monde et qualifiait toujours la particularité de la rue où résidait leur fille comme un quartier à tradition. A part lors des achats de rentrées des premières années de scolarité de leur fille à Poudlard, où leur curiosité avait animé une fréquentation plus régulière, ils n'y venaient que très rarement plus faute de temps et d'habitude que d'appréhension. Ils considéraient ce lieu comme l'univers et l'intimité de leur fille et même s'ils aimaient qu'elle raconte des anecdotes aux repas, ça n'allait jamais plus loin. Seulement ce jour là, les gens, qui avaient repéré Hermione, non cachée sous sa cape, dévisageaient de la tête au pied cette moldue facilement reconnaissable de par sa tenue vestimentaire pourtant assez classique pour le Londres non magique. Vite mal à l'aise de la situation qui était nettement plus vivable qu'il y a encore quelques années, Hermione lui murmura qu'elles étaient presque arrivées et qu'elle n'avait pas à rougir de son statut. Elle ajouta ensuite qu'ils devaient sûrement observer la probable mère de la future mariée en vogue et rien d'autre même si aucune des deux n'en étaient totalement persuadées.
Avec cinq petites minutes d'avance, Hermione fit retentir le petit carillon qui signalait l'entrée de clients dans le magasin où elles étaient attendues. Naturellement, Narcissa était déjà là, entourée de presque toutes les vendeuses. Croquis, catalogues et mètres sur un mannequin amovible, elles s'afféraient toutes sur ce qui devait être la robe d'Hermione en attendant l'intéressée. Seulement, même si l'imagination d'Hermione devant tout ce déploiement d'énergie visible uniquement de dos ressemblait à la réalité des choses, cela n'empêcha pas à Hermione et sa mère d'être totalement ignorée.
- Et bien, c'est ce qui s'appelle un accueil, commenta-t-elle un peu vexée.
- Je suppose que ma belle-mère est déjà là, soupira Hermione tout en enlevant sa petite cape avant de s'asseoir sur les sièges réservée à l'attente.
- Mais ma chérie, tu es la future mariée, non? Tu ne vas pas te laisser faire ainsi? Il faut signaler ta présence et ne pas attendre qu'elles se posent la question de ton absence. Surtout que je suis sûre qu'elles seraient bien capables de dire ensuite que tu es arrivée en retard! Non, non, ma fille, allez lève-toi et allons à la rencontre de la mère de ton fiancé, s'exécuta-t-elle avec poigne au point de donner un énorme frisson de panique à sa fille.
- Attends maman, c'est pas grave si... commença-t-elle à dire alors que sa mère tapotait déjà l'épaule d'une vendeuse... on attend un peu avant se faire dévorer toutes crues par ma menthe religieuse de belle-mère, continua Hermione pour elle-même alors que la vendeuse en question se retournait d'un air agacé pour ne pas dire outré.
- C'est pour quoi? Demanda froidement l'employée sans même que Narcissa ne fasse une seule seconde attention à cette interruption.
- Ma fille va se marier et... tenta de répondre la mère d'Hermione avant d'être déshabillée par le regard méprisant de l'employée qui la catalogua vite comme cliente très peu intéressante.
- Ecoutez, veuillez attendre sur le côté, nous sommes occupées pour le moment et je viendrais vous voir dès que nous aurons fini. Si vous souhaitez, il y a un catalogue pour notre collection de robes pour budget modéré, continua-t-elle en vexant définitivement son interlocutrice qui n'avait nul besoin de s'inquiéter de son compte en banque pour marier sa fille vu leur travail mais surtout le temps qu'ils y avaient passé son mari et elle.
- Si vous le prenez comme ça, nous pouvons tout aussi bien nous adresser à une autre boutique, menaça-t-elle très sérieusement.
- Nous sommes les seules sur le chemin de traverse à proposer des robes de mariée. Néanmoins, vous pouvez certainement trouver des couturières qui pourront vous dépanner si vous n'êtes pas sensible à la qualité, riposta la vendeuse d'un air hautain qui raccompagnait de force la mère d'Hermione vers la porte de la boutique mais également voire surtout très loin de Narcissa et d'un scandale peu valorisant devant leur hôte de marque.
- Certes, mais il n'y pas que le chemin de traverse qui peut fournir ce dont ma fille peut rêver pour son mariage. Si le quartier magique ne s'estime pas assez bien pour elle, nous irons du côté cartésien de Londres où les vendeuses sont nettement plus aimables, tenté soit-il que vous compreniez ce terme, lança-t-elle en provoquant la surprise de la vendeuse.
- Vous êtes une moldue? S'indigna-t-elle tout en s'essuyant peu discrètement la main qui avait touché l'épaule de la mère d'Hermione afin de la reconduire peu élégamment à la porte. Veuillez sortir de notre boutique, nous ne servons pas les moldus! Veuillez quitter notre boutique maintenant! Ordonna-t-elle comme si la mère d'Hermione était la peste personnalisée avant que s'en soit trop pour Hermione qui était restée en retrait sur le côté sans pouvoir intervenir jusque là tellement les échanges se faisaient rapidement entre les deux femmes.
- Oh mais très bien, puisque vous insistez ainsi, s'emporta Hermione qui se leva d'une traite avec une voix assez forte qui interpella Narcissa. Considérez l'annulation de la commande de ma robe par vos soins. Comme vient de le préciser ma mère, la future épouse de Drago Malefoy ne portera donc pas une robe de votre boutique et se fera un plaisir de vanter votre pratique durant le vin d'honneur à l'ensemble des invités qui me demandera la provenance de ma tenue, expliqua-t-elle alors que la vendeuse devint aussi blanche que neige consciente de son erreur et surtout de ses conséquences.
- Je... Ce n'est pas ce que je voulais dire... Nous vous attendions, tenta-t-elle de rattraper alors que Narcissa approchait d'un air tout aussi peu conciliant que sa future belle-fille.
- Veuillez cesser ce scandale, jeune fille! Il est de tradition que les familles nobles de sang prennent leurs robes de mariées dans cette boutique tout à fait respectable pour cette occasion particulière. Il est hors de question que le mariage de mon fils soit assimilé à la vue d'une robe moldue! Arrêtez donc vos enfantillages et venez essayer votre robe. D'ailleurs, puisque ça fait plus d'une demi-heure que je vous attends, j'ai eu le temps de bien observer vos différents choix et d'en modifier certains points qui me semblaient nettement plus judicieux.
- Ma fille n'achètera pas sa robe dans cette boutique irrespectueuse des bonnes manières, résista la mère d'Hermione.
- Votre fille? S'étonna celle de Drago en regardant ensuite Hermione en espérant avoir des explications.
- Je vous présente ma mère, Jane Granger, désigna-t-elle avant de continuer les présentations, maman, voici la mère de Drago, Narcissa Malefoy.
- Lady Malefoy, rectifia Narcissa alors qu'Hermione l'imitait intérieurement tout en faisant un petit sourire hypocrite que sa belle-mère avait su lui apprendre au fil des rencontres.
- Lady ou pas, Hermione est mon unique fille et j'estime que cette boutique ne peut fournir la robe qui pourrait convenir à ma fille pour le jour de son mariage.
- Parce que vous pensez que vos couturières moldues savent faire des robes que la magie rend si fastueuses? Ironisa Narcissa en faisant rire nerveusement les quatre vendeuses postées derrières elle.
- Qui vous dit que ma fille souhaite ressembler à une meringue clignotante? Répondit au tac au tac la femme qu'Hermione elle-même ne reconnaissait pas et qui cloua le bec à toutes les personnes présentes. Vos robes sont peut-être réalisées par magie mais la robe de ma fille sera ensorcelante parce que ce sera la sienne et non le résultat du socialement correct pour votre ... comment dire... votre reflet. D'ailleurs Hermione, continua-t-elle en se tournant vers sa fille, je ne voudrais pas te presser mais ton mariage étant dans même pas dix jours, nous devons rendre visite à des dizaines de boutiques qui nous accueilleront avec un grand sourire, précisa-t-elle ensuite avant de prendre sa fille par l'épaule et laisser en plan les cinq autres femmes. Quelle prétentieuse!! S'exclama-t-elle finalement dans la rue, déclenchant ainsi un fou rire entre sa fille et elle.
- Tu es complètement folle maman!!! Rigola Hermione. Tu te rends compte que tu viens d'envoyer balader ma future belle-mère? C'est totalement hallucinant!!!
- D'où crois-tu que te viens ton caractère ma chérie! Argumenta fièrement cette femme qui ne devait pas être un cadeau durant son adolescence vu l'aperçu qu'elle put donner à cet instant. Et puis tu avais qu'à mieux choisir ta belle-mère parce que ma chérie, celle-ci, elle va te pourrir la vie jusqu'à ce que tu meurs. A savoir aussi que ce genre de femme là, ce ne sont jamais les premières à partir, soit-en sûre! Expliqua Jane Granger avant de rire pleinement en voyant la tête de sa fille à cet instant. Tu ne veux pas qu'on passe dire bonjour à Molly Weasley, tu sais, la mère de Ron Weasley, ton ex fiancé qui a une mère si charmante...
- Bien tenté maman... bien tenté... soupira Hermione tout en se disant également « bien tentant... » en repensant aux dernières paroles de sa mère avant de se souvenir de ce qui l'avait fait changer d'avis, Drago.
- Si tu veux, je peux être toute aussi charmante avec ton future mari... proposa-t-elle avec un petit air vengeur.
- Ca ira maman, il doit déjà subir sa mère, pas la peine de lui en donner une deuxième dans le même genre...
- Dommage... Enfin si un jour tu changes d'avis...
Changer d'avis, c'était justement une action qui malmenait sa vie depuis maintenant trois semaines et Hermione souhaitait plus que tout de la stabilité à présent. Néanmoins, la perspective d'avenir prédit par sa mère avait de quoi décourager toute bonne âme. Surtout qu'après ce qu'il venait de se passer, elle était persuadée que la mère de Drago n'en resterait pas là. Oh non. Hermione savait pertinemment qu'elle aillait effectivement lui faire payer l'épisode Gaichiffon en plus de celui des envois d'invitation du matin avec un joli pourcentage d'intérêt.
Cependant, les deux heures suivantes furent assez exceptionnelles pour elle au point d'en oublier tous ces soucis. Ses parents n'avaient jamais eu beaucoup de temps pour elle et bien souvent, elle avait même dû les écarter de sa vie pour leur sécurité alors voir sa mère si engagée dans la préparation de ce point du mariage était une chose précieuse à ses yeux. Sa mère avait suppliée une petite boutique de Londres réalisant des robes de mariées sur mesure pour qu'elle s'occupe en urgence de leur cas particulier et après avoir brodé les arguments de sa requête de manière moins magique, l'ego de la gérante à prouver qu'une « couturière » pouvait largement mieux faire qu'une boutique huppée, donna des ailes à l'imagination de la créatrice de la robe d'Hermione.
Après lui avoir exposé sa rencontre avec « l'élu de son coeur », également épurée au possible, expliqué un peu son caractère, ses aspirations et ses souhaits pour « sa » robe, Hermione fut bouleversée devant le croquis que la styliste fit tout en l'écoutant. Alors que sa mère continuait de gérer les moindres détails liés à sa propre expérience de la cérémonie, longueur du voile, des gants, etc…, Hermione rêvassait à s'imaginer dans cette robe « parfaite » en tout point. Elle se voyait répondre fermement ce « oui » qui lui provoquait encore parfois des frissons et pour elle, il était maintenant hors de question que ce soit une autre que celle qui était griffonnée sous ses yeux.
- Alors, ravie que ta petite maman soit quand même venue? Questionna Jane Granger avec un regard malicieux auquel il fallait absolument répondre oui au risque de voir s'effondrer toutes les espérances de celle qui lui avait donné la vie.
- Je ne pouvais pas espérer mieux maman, répondit-elle en ne mentant pas pour la première fois depuis quelques temps, chose qu'elle remarqua à l'en faire sourire de satisfaction. Ma belle-mère mise KO par la mienne et une robe ... divine... plus que divine en fait... que demander de mieux ? Cette journée est « magique »! Plaisanta-t-elle en regardant sa mère avec complicité.
- Alors, vous pouvez nous assurer que cette beauté sera prête pour le samedi prochain? Redemanda la mère de la future mariée.
- Et bien, déjà, on va prendre tout de suite ses mesures et il faudra qu'elle vienne tous les matins la semaine prochaine afin d'avancer plus vite. On va retarder toutes les autres robes en cours mais pour moi, elle pourra donner une jaunisse à belle-maman, sourit la styliste qui devait n'avoir que quelques années de plus qu'Hermione.
- Tu vois ma chérie, parfois la magie peut s'opérer sans baguette, souligna-t-elle alors qu'Hermione grimaçait légèrement.
Le sourire aux lèvres après s'être faite mesurer de la tête au pied sous toutes les coutures dans une atmosphère détendue, Hermione rentra à l'appartement de Drago alors que le soleil se mêlait déjà à la nuit. La journée avait été plus que surprenante et malgré le retour de bâton qu'elle savait imminent, elle appréciait le moment présent. Sa mère s'était dévoilée sous un jour qu'elle ignorait encore malgré les vingt-cinq ans de vie à ses côtés et d'une certaine manière, le fait de devenir une épouse lui offrait une chance de développer une nouvelle relation avec ses parents. Cette idée lui faisait chaud au coeur et le spectre de Narcissa qui lui répéterait toujours qu'elle ne méritait pas son fils en valait bien le coup.
Arrivant à la porte de son appartement, Hermione n'eut pas le temps de l'ouvrir que celle-ci se retrouva presque à quelques millimètres de son nez. Le dit spectre sortait justement visiblement très en colère de l'appartement de son fils et le regard noir haineux qu'elle envoya à Hermione ressemblait à l'effet qu'un détraqueur pouvait avoir sur un sorcier. La perte totale de bonheur en un quart de seconde accompagnée d'un avis de tempête préconjugal s'abattit sur ses épaules, la forçant à soupirer longuement pour ne pas mourir étouffée. Très hésitante à passer la porte, Hermione regarda une dernière fois en arrière pour voir la mère de Drago s'en aller et après un deuxième soupir, elle passa la porte tout en sachant que Drago allait probablement « bien » l'accueillir...
Un geste après l'autre, Hermione tenta de faire le minimum de bruit afin de reculer l'instant fatidique de la dispute prévisible. Après la matinée aussi complice qu'il avait eu, elle désespérait à voir comment les choses évoluaient en dent de scie entre eux. Elle l'imaginait en train de ruminer dans un coin à l'attendre sans dire un mot, sans bouger d'un millimètre. Il ne devait pas se douter qu'elle était rentrée et elle aurait sûrement l'avantage de la surprise pour elle, du moins durant les premières minutes. Hermione tenta une approche dans la chambre mais tout comme la salle, aucun ruminant en vue. La salle de bain était tout aussi vide et le fauteuil que Drago affectionnait tant dans le salon était occupé par l'autre mâle concurrent vivant sous ce toit. Le seul endroit qui restait était le balcon et lorsqu'elle y entra, un léger frisson la fit se frictionner les bras pour obtenir un peu de chaleur. Seulement malgré cela, quelque chose l'empêcha de se réchauffer, ou la présence de quelqu'un...
- Tu étais vraiment obligé de mettre ma mère dans un état pareil? Demanda Drago cachée par l'ombre de la nuit à en faire sursauter Hermione.
- Si les choses avaient pu se faire autrement, je t'assure que je l'aurais fait, tenta de se justifier Hermione tout en essayant de maîtriser ses angoisses de rupture en se répétant que ce ne serait qu'une énième dispute sans conséquences parmi d'autres.
- L'humilier devant ce qui se fait de mieux en commères n'était vraiment pas évitable? Questionna Drago en tentant probablement d'avoir une autre version des faits pour se faire une idée précise de ce qui c'était passé.
- Au moins, elle a pu se rendre compte ce que ma mère à pu ressentir, argumenta-t-elle en sachant pertinemment que prendre la défense de sa mère n'était pas la meilleure idée en soit pour une optique de réconciliation.
- Ecoute Hermione, ma mère n'est certes pas celle de Weasley ou la tienne mais elle reste ma mère, avec ses qualités et ses défauts. Elle a un passé pas si facile qu'on pourrait le croire en apparence et la guerre n'a pas été évidente non plus à gérer pour elle. Malgré tout, elle a su résister et je trouve qu'elle s'en sort plutôt bien dans cet après guerre hostile à ce qu'elle représente. Même si Pansy n'était pas non plus une brue à sa convenance, mon mariage avec toi lui demande davantage que si tu avais été une sang-pure. Et je ne te parle pas de t'accepter toi, mais du fait que tout notre monde nous attend au tournant et que le moindre faux pas peut lui être fatal. Elle n'a plus que son style de vie pour tenir la tête haute et je ne laisserais personne l'abattre au sol, affirma-t-il froidement à en glacer totalement sa fiancée avant de quitter l'appartement en claquant la porte sans donner l'occasion à Hermione de rebondir.
Tétanisée, terrorisée, déboussolée, perdue comme jamais, Hermione tomba au sol, plus capable de se tenir sur ses jambes. Comme plus tôt dans la journée, tout et rien passait dans sa tête, entre leur premier baiser, leur première nuit jusqu'à ses derniers mots si meurtriers à ses oreilles. Sans pouvoir se contrôler, Hermione se mit à pleurer à ne plus s'arrêter, se maudissant d'avoir une vie si compliquée et d'aimer un homme si incompatible à sa vie d'ordinaire si simple. Après un temps qu'elle n'arriva pas à juger, elle se demanda quoi faire. Drago ne semblait pas vouloir revenir de sitôt et rester dans cet appartement lui rappelait trop de souvenirs qui lui redonnaient à chaque fois envie de pleurer. Se sentant mal à l'aise de rester, ne sachant surtout pas si les paroles de Drago étaient signature de rupture ou pas, le réflexe qu'elle eut à ce moment là fut de retourner là où elle se sentait en sécurité, son appartement.
Pattenrond n'était forcément pas du même avis qu'elle et tenta à plusieurs reprises de lui échapper mais encore une fois, la baguette d'Hermione ne lui laissait aucune chance. Elle se demanda ensuite si elle devrait laisser un mot ou pas et uniquement pour ne pas laisser croire à une fuite, elle décida quand même de justifier son choix. Le besoin de réflexion et de retour aux sources lui était nécessaire et furent son excuse la plus honnête. Elle quitta ensuite les lieux non sans un dernier regard lourd de nostalgie et ferma la porte lentement comme pour repousser à son maximum le point de non retour.
Seule, marchant de manière hésitante dans les rues, elle espéra tout du long qu'une main la retienne et lui fasse faire le chemin inverse, seulement mis à part son chat miaulant à la mort, rien d'autre n'obtint son attention durant le trajet. Le bruit de sa clef dans la porte de son petit appartement lui fit quelque chose mais Hermione prit sur elle de ne pas se laisser aller à la moindre chose. Seulement une fois prête à aller se coucher, il lui totalement impossible de trouver le sommeil. Le moindre bruit d'escalier ou de fenêtre lui créait des fantasmes de signe de Drago. Naturellement, mis à part entendre rentrer son voisin du dessous dont tout le quartier devait également être au courant vu tout le bruit qu'il fit en mettant « Let it be » des Beattles à fond, couvrant à peine sa voix peu mélodieuse alors qu'il était une heure et cinquante-neuf minutes du matin, aucun message et aucune présence de son fiancé n'était à répertorier. Si bien qu'au passage des deux heures, Hermione craqua de nouveau et prit son oreiller comme confident d'appoint.
Les minutes puis les heures passèrent sans qu'Hermione ne puisse trouver le sommeil. Toutes les théories imaginables s'enchaînèrent dans son esprit sans qu'elle puisse en avoir le contrôle. La seule chose qu'elle arrivait à tenir de clair était le fait qu'elle voulait que Drago vienne, qu'il la prenne dans ses bras et qu'il lui dise qu'il... l'aime. Quoique pour ce dernier point, vu qu'il ne l'avait jamais fait, elle n'était même pas certaine qu'il ressente la même chose qu'elle. A chaque réflexion, le moral et sa vision de son couple chutaient dans un puit visiblement sans fond.
Son chat semblait d'ailleurs autant désespérer qu'elle vu son acharnement à gratter la vitre de son velux afin de pouvoir faire son petit tour nocturne dont il avait pris l'habitude chez Drago. Seulement à mieux y regarder, Hermione constata que son chat en avait surtout après une petite chouette aux yeux jaunes franchement inquiétants. Ni une ni deux, elle s'élança de son lit et laissa entrer le volatile. Elle récupéra ce qu'elle attendait depuis des heures et lit au moins une centaines de fois ce tout petit mot mais si grand pour elle « Reviens ».
L'euphorie passée, Hermione réalisa que si elle repartait là-bas, elle donnait l'impression à Drago qu'elle obéissait à son moindre claquement de doigts. Après tout ce qu'elle devait accepter, lui faire la faveur de devenir une femme sans conviction était impensable. Mais résister signifiait aussi aggraver les choses alors qu'il avait fait un pas dans la bonne direction. Seulement, à trop jouer aux entêtés, Drago pourrait se lasser de son caractère trop orgueilleux. D'un autre côté, si elle y retournait, ça serait preuve de faiblesse. Pourtant, elle jouerait la carte de l'intelligence à réagir au mieux pour son couple et non pour elle. Par contre, elle serait totalement idiote de foncer tête baissée sans lui faire comprendre qu'elle aussi, elle a des problèmes et que sa mère est une vieille bique égocentrique mal léchée. Néanmoins, elle devait composer quand même avec le caractère tout aussi – simple- de Drago. Un pas comme celui-là pouvait se compter sur une main dans une vie. Même si jusque là, il avait toujours été assez entreprenant avec elle, là, il s'agissait de sa mère et comme il l'avait si bien dit, il ne laisserait personne lui faire du mal, pas même sa fiancée où bien sa femme. Faute de réponse claire et précise dans sa tête, Hermione dérangea son pauvre chat endormi et le prit par les deux pattes de devant pendant que le matou tentait de comprendre ce qui lui arrivait.
- Qu'est ce que je vais faire? Demanda-t-elle à son chat. J'y vais où j'y vais pas? Continua-t-elle sans savoir que pour son interlocuteur, cela se traduisait par un « manger ou diet » et au quel cas, aucun doute possible à la réponse. J'aimerais tellement savoir ce que tu penses mon bon Pattenrond, soupira-t-elle alors que son interlocuteur répétait très fort au fond de lui « manger, manger, manger, manger!!! Ecoute mon ventre gargouillant et tu sauras !!! ». Imagine qu'il veut que je revienne pour qu'on se dispute encore à propos de sa mère? Questionna-t-elle en cherchant un peu de réconfort dans les yeux de son chat qui tentait un message subliminal pour la convaincre de céder. Tu crois qu'il m'aime? Continua-t-elle sans comprendre à quel point son chat n'en avait rien à faire de ce détail si futile à ses moustaches. Je sais plus quoi faire, se murmura-t-elle alors que son chat se mit à se débattre, se diriger vers la porte et gratter sans s'arrêter pour qu'enfin, sa maîtresse daigne le comprendre: chez l'autre mâle, il y avait à manger, point!
La réaction de son chat fut interprétée comme une indication du destin pour Hermione. Si Pattenrond lui-même souhaitait revoir Drago, alors qu'ils se faisaient la guerre continuellement, c'était un signe pour répondre positivement à l'appel de son tourmenteur. Aveuglée par ses propres espérances, elle était très loin d'imaginer que son fameux destin était uniquement lié à un estomac peureux à la restriction. Quoi qu'il en soit, Hermione se releva, se changea histoire de ne pas se balader en chemise de nuit dans les rues peu fréquentables à cette heure là de la nuit, mit sa cape, plaça sa baguette à bonne hauteur au cas où et ouvrit sa porte. Là, son coeur s'arrêta de battre, son corps se tétanisa pour la deuxième dois de la journée, ses jambes commencèrent à s'affoler et pour finir le tout, un pétillement au fond de sa gorge l'alerta sur une angoisse maladive montante. Drago se tenait contre le mur de gauche, bras croisé, la regardant de biais d'un oeil vu que l'autre était caché par une mèche tombante de par l'inclinaison de la tête.
- J'ai bien cru que tu ne l'ouvrirais pas...
- Je te croyais chez toi, répondit-elle en essayant d'éviter un point épineux.
- Chez nous, rectifia Drago. Je pensais ne plus avoir à devoir te le rappeler...
- C'est facile pour toi de me dire ça... Tu serais dans ma situation, Drago, tu ne...
- Non, ne viens pas dire que c'est plus facile pour moi Hermione parce que tu te trompes royalement dans ce cas. Seulement si je n'y mets pas toute la meilleure volonté du monde, avec vous, il y a longtemps que j'aurais laissé tomber, lui coupa-t-il la parole. Merde Hermione, je me bats contre ma propre mère, je me bats contre ton sale caractère, je me bats contre tous les préjugés de toutes sortes à chaque fois que je prends une décision et celle de tout faire pour que tu m'épouses est de loin la plus difficile que j'ai prise jusque là. Ce n'est pas parce que je ne réagis pas de la même manière que toi que je ne réfléchis pas à tout ça. Je suis même persuadé être largement plus réfléchi que toi à propos de notre couple. Je sais bien que tu fais des efforts, que c'est pas non plus facile pour toi et je sais aussi que ma mère t'en fait voir, seulement Hermione, il va falloir que tu relativises sur certaines choses et y mettes davantage du tien aussi parce que je ne peux plus tout gérer tout seul. Si tu veux que notre mariage ait une chance d'être célébré et de marcher dans l'avenir, je vais te demander de faire preuve à ton tour de bonne volonté. Si on veut résister, il faut être solidaires, il faut être deux contre tous. Mais, de toi à moi, poursuivit-il en s'approchant d'elle et en la prenant ensuite dans ses bras, je suis sûr que ça en vaut la peine, non? Qu'en penses-tu? Continua-t-il en la regardant droit dans les yeux avec un air nettement plus doux qu'au départ, permettant à Hermione de se calmer à son tour.
- Oui...
- Alors reviens... murmura-t-il très sérieusement.
- Drago? Murmura-t-elle tout en posant sa tête au creux de son cou.
- Oui? Répondit-il avec une voix nettement plus douce.
- Je... Je t'aime.
La serrant davantage contre lui, le silence déçut quelque peu Hermione mais la force avec laquelle il l'entoura, lui prouva qu'au moins, pour la deuxième fois, il appréciait l'aveu de ses sentiments et si Pattenrond n'en avait pas profité pour prendre le large entre leurs jambes, l'élan de l'instant aurait fait vaciller toute promesse de chasteté d'Hermione tant le baiser qui suivit lui provoqua un besoin charnel afin d'approfondir la réconciliation. Au lieu de cela, Hermione se vit dévaler les escaliers à toute vitesse pour récupérer celui qu'elle maudirait le reste du voyage pour retourner à l'appartement de Drago, enfin, plus précisément, à leur appartement.
