23. Quand le pathétique quotidien devient souvenir.

Cher journal,

Dans une semaine très exactement, je te livrerai mes derniers mots de femme célibataire avant de sceller ma vie à celle de Drago Malefoy. Sept jours. C'est tout ce qui reste avant de devenir sa femme. Sept minuscules petits jours, un peu plus de 168 heures... C'est fou comme les choses et le temps s'écoule rapidement. C'est presque affolant. J'en soupire encore, ça ne fera que le vingt-troisième en même pas dix minutes depuis que j'y pense... Sept jours et trois semaines de bouleversements dans ma pathétique vie. Tout est allé si vite... Ce qui est le plus bizarre c'est que j'ai l'impression d'avoir toujours été avec lui alors que ça ne fait qu'une semaine et demi réellement qu'on est ensemble. C'est fou... Je suis folle... mais aussi totalement folle de lui...C'en est presque à oublier totalement ma vie d'avant... ma petite vie il y a trois semaines. Moi, mon chat, ma vie sociale quasi inexistante, mon boulot à peine rentable pour une vie spartiate et un amour pas uniquement réciproque dans mes rêves... Comment est-ce possible? Encore sept jours et je deviens Lady Malefoy alors que jusque là c'était Weasley qui devait être mon nom d'épouse. Me voilà à présent sur le point de devenir Hermione Malefoy. Hermione Granger Malefoy. L'épouse de Drago Malefoy. Madame Drago Malefoy. De quoi me faire soupirer une vingt-quatrième fois. Le plus bizarre dans tout ça, ce n'est pas le fait de me marier avec celui que j'aurais presque tué de sang froid dix ans plus tôt mais plus le fait d'être totalement sereine par rapport à ça. Certes, après la nuit indécente que je viens de passer, au grand malheur de ma conscience et dont je ne ferais aucun commentaire naturellement, j'ai de quoi être apaisée mais quand même, j'ai cette légère impression que je fais le plus incroyable mais le meilleur choix possible pour moi. Il a réussi là où Ron a malheureusement échoué. C'est presque le monde à l'envers. Mais, c'est un fait, il me rend heureuse quand je suis près de lui. Je comprends maintenant Ginny lorsqu'elle était si pressée d'épouser Harry. Il y a parfois des frontières telles que l'âge ou le passé qui n'ont plus d'importance quand l'amour entre en jeu et une telle union en devient évidente.

Enfin, je ne sais pas où tout ça va me mener mais je prends le risque d'essayer. Je verrais assez vite si j'ai fait une erreur bien que j'en doute. Après tout, qui ne risque rien n'a rien, n'est ce pas? Ce n'est pas une gryffondor qui va avoir peur d'affronter l'inconnu! Et puis je risque quoi au pire des cas? D'être déçue? D'être blessée? D'être à mille pied sous terre? J'ai bien survécu à ma rupture avec Ron, alors que j'aurais juré du contraire à l'époque, je survivrais bien à nouveau. Je suis même sûre que mon ancien chef serait ravi de me reprendre aux archives si besoin et ce n'est pas mon cher ex-voisin qui m'empêcherait de retourner dans mon « home sweet home ». Un retour à la case départ sans prendre les gallions, enfin les Livres, au passage. Bref. Penser à la rupture à sept jours de son mariage, ce n'est pas forcément très créatif.

Donc changement de sujet.

Ce soir, on va organiser nos enterrements de vie de célibataires et franchement j'ai un peu d'appréhension à ce sujet. Ginny, je sais qu'elle va rester raisonnable avec moi, quoi que raisonnable soit vite dit avec elle en ce moment, mais Blaise... La seule idée qu'il puisse suggérer à Drago de profiter de sa liberté une ultime fois avant de s'emprisonner avec moi toute sa vie, m'angoisse totalement. Je n'ai jamais douté de la fidélité de Ron lorsqu'on était ensemble mais je savais aussi qu'il avait un caractère et un comportement qui ne séduisait pas 80 de la population féminine. Drago, lui, a la fortune, le nom, la renommée, l'intelligence, le pouvoir de séduction, le regard, la prestance, et le physique pour attirer la convoitise. Je sais que je dois lui faire confiance mais l'idée de perdre Drago maintenant m'est devenue insoutenable... Je devrais peut-être lui en parler mais j'imagine sa tête, genre justement que je ne lui fais pas confiance avant de s'en vexer. Remarque ça pourrait s'avérer un bon test, s'il me reste fidèle malgré les tentatives quasi certaines de Blaise, c'est que j'ai aucun soucis à me faire dans l'avenir à ce sujet et si c'est le cas contraire alors c'est qu'il ne me mérite pas et j'annulerais tout... Enfin ça, c'est facile à dire, et une autre paire de manche à s'y résoudre...Encore une pensée peu créative à sept jours de devenir sa femme.

Changement de sujet N°2.

Ah oui, ce matin je dois aller vider mon appartement. Encore une nostalgie d'un temps maintenant révolu. Au revoir l'ancienne et pathétique Hermione, bonjour à la nouvelle et vivante Hermione. Enfin ça va me faire bizarre de partir définitivement de là. Cet appartement n'était pas d'un grand luxe, c'est sûr, mais il représentait mon indépendance et mon choix profond d'après guerre. Il était symbolique et j'y étais attachée finalement. J'espère que le prochain locataire l'appréciera comme j'ai pu le faire, bien que j'en doute avec le voisinage...

Bon sur ce, je dois tourner la page de ce journal tout comme celle de ma vie pour continuer sur un chemin aussi accueillant que les bras de l'homme qui me regarde fixement en ce moment même.
Non de dieu, je n'aime pas ce regard, trop vicieux pour être honnête. Merde il arrive, il a l'air décidé cette fois à prendre m...

Hermione n'eut pas le temps de terminer sa phrase qu'elle dut arrêter net d'écrire afin de refermer son journal intime à temps. Drago tenta de l'ouvrir une deuxième fois avant de le reposer sur la table avec une déception non dissimulée. Hermione, forcément outrée, se leva brutalement de sa chaise, croisa les bras et fit un air qui laissait clairement le message à Drago qu'il devait lui rendre des comptes. Drago soupira avant de s'enfuir sur la terrasse sans dire un mot. N'acceptant surtout pas que les choses en restent là, elle le suivit tout de suite et lui tapota le dos d'un doigt pour lui signaler qu'elle n'allait pas lâcher l'affaire aussi facilement.

- J'attends!
- Tu attends quoi? Fit semblant de rien Drago ce qui énerva davantage Hermione.
- Comment ça quoi? J'attends je te dis!
- Tu vas quand même pas me faire une scène à cause de ce maudit journal? Demanda presque innocemment l'ancien Serpentard.
- Parce que tu trouves que ta réaction est normale, toi? S'indigna Hermione qui n'en revenait pas de la mauvaise foi de son fiancé.
- Etant donné que tu te confies plus à ce fichu truc qu'à moi, oui, j'estime qu'il est normal que je cherche à savoir ce que tu veux bien me cacher! S'expliqua enfin Drago.
- Ce sont des pensées à chaud ou à froid, des réflexions écrites, une sorte de pensine épistolaire, je ne vois pas où est le mal à en tenir un! Et je ne te cache rien, ce sont des choses, des idées, des pensées totalement personnelles! Et que je sache, je ne suis pas la seule sur terre à en tenir un! Même Voldemort en avait un!
- Excuse-moi, reprit-il avec ironie, mais te concernant, tenir un journal intime c'est comme si tu racontais ta vie à un inconnu, ce qui implique que tu as plus de rapport avec un inconnu qu'avec moi! Argumenta Drago sur de lui.
- Pas du tout! Seulement, il y a des moments où j'ai besoin de noter des choses pour mieux les comprendre, les analyser ou même réaliser d'autres choses. C'est comme ça que je fonctionne! Je couche tout ça sur papier et j'analyse ensuite! C'est comme si je parlais à moi-même dans un miroir! Maintenant s'il y a des sujets que tu veux aborder, je suis tout à fait prête à en parler avec toi, l'un n'empêche pas l'autre!
- Et si j'ai envie de connaître toutes tes pensées et tes interrogations? Si ça m'intéresserait? Je fais comment pour deviner ce que tu acceptes de me livrer et ce que tu gardes en toi? Ce journal est uniquement la preuve qu'on ne se parle pas assez. Enfin, avec le temps, je suis sûr que j'arriverais à te faire comprendre qu'en étant avec moi, tu n'auras plus besoin de cette chose. Tout comme ton chat d'ailleurs, ajouta-t-il plus doucement.
- L'espoir fait vivre Malefoy, y répondit-elle sur le même ton, obtenant quand même un sourire narquois. Bon, dis-moi, que veux-tu savoir? Puisque c'est ça finalement, il y a quelque chose que tu veux savoir et que tu espérais trouver dans ces lignes, alors demande-moi!
- Laisse tomber, renonça-t-il en choquant Hermione qui ne se priva pas de riposter.
- Et bien, c'est du joli ça, monsieur DonneurDeLeçonMaisQuiL'AppliquePasALuiMême! Et après tu vas encore me dire que...
- Très bien, céda-t-il en lui coupant la parole. Je voulais juste savoir si tu comptais classer la nuit dernière comme une erreur de parcours dans ton pari ou si tu avais changé ta position, avoua-t-il sur un ton assez neutre mais quand même assez inquiet pour émouvoir Hermione.
- Et bien pour ta gouverne, je n'en ai même pas parlé dans mon journal, déjà par faute de temps puisqu'on m'a interrompue et surtout parce que je ne sais pas trop moi-même, déclara-elle avec satisfaction avant de voir l'air perplexe de Drago et réagir en s'installant dans ses bras. Ecoute Drago, même si on est à sept jours de se marier, on se connaît pas encore très bien toi et moi, seulement sache que tu ne m'obligeras jamais à rien et qu'hier c'est avec une totale sincérité que je suis venue vers toi. Je pense que j'en avais également besoin parce qu'avec toutes ces tensions extérieures, les moments intimes avec toi me permettent de ne pas tomber dans la folie...
- Certains pourraient penser que tu l' es déjà, plaisanta légèrement Drago qui se vit obtenir une grimace peu gracieuse de sa fiancée. De moi, naturellement, continua-t-il avant de se faire frapper sur le bras et sentir Hermione se dégager de lui, vexée. Hé! Restes-là, tu veux! Réclama-t-il en la rattrapant. Excuse-moi, c'était trop tentant... Vieux réflexe on va dire.
- Et bien continue dans ce registre et tu pourras aller dormir sur ton fauteuil en cuir noir que tu aimes tant!
- Hors de question, tes bras sont trop confortables pour aller m'installer ailleurs, se rattrapa-t-il en sachant pertinemment l'effet que ça ferait sur Hermione vu le regard presque pervers qu'il arbora à ce moment là avant de l'embrasser tendrement.

Annonce officielle: Pari perdu. A peine l'horloge affichait les neuf heures du matin, et pour la troisième fois en moins de 24 heures, Hermione bafouait ses résolutions pourtant justifiées à l'époque où elle se les était imposées. Enfin, autant dire qu'à présent, c'était tout juste si elle s'en souvenait toujours. Drago était autant un serpent que son charmeur et elle, une proie bien trop facile à son goût. Néanmoins, lorsque le petit carillon annonça les dix heures, les deux amants encore préoccupés à apprécier la proche présence de l'autre durent définitivement se lever pour faire face à la réalité du programme chargé de la journée. L'option prise de douche à deux fut écartée lorsqu'on frappa à la porte d'entrée et c'est Hermione qui eut donc la primeur de la salle de bain. En y sortant, elle chercha Drago du regard et sortit de la chambre avec pour seul vêtement une serviette ne couvrant que 40 de son corps. Le regard surpris de Drago puis celui de Blaise franchement ravi lui provoqua une rapide réaction de marche arrière avant de réaliser l'impact que ça pourrait provoquer. Là, elle se décida clairement de ne plus sortir de cette chambre sans que Drago lui assure que l'importun se situait à des centaines de mètres de l'appartement. Rouge de honte à imaginer ce que Blaise avait bien pu remarquer et apprécier, son choix de vêtements s'en sentit totalement inspiré. Col roulé en plein mois de juillet et jean aussi large que long de Drago, sa tête et ses mains n'était à présent que les parties visibles de son corps. Lorsque le propriétaire des vêtements constata ça, la semi colère qu'il avait en passant la porte se transforma en un fou rire à constater qu'en plus elle était sur le point d'y ajouter sa cape d'hiver.

- C'est bon il est parti, annonça-t-il avant de lui enlever ce qui allait la faire fondre de chaleur en sortant de l'appartement. Enfin, maintenant, il va probablement ne plus m'embêter sur le fait que je vais y perdre à devenir l'homme d'une seule femme. Il sait, maintenant presque totalement, ce que j'ai dans mon lit.
- Même si cette remarque se veut flatteuse, je pense que déjà, tu dois avoir des problèmes de vue et en plus de ça, je ne suis pas sûre d'apprécier le fait que ce soit tout ce qui t'intéresse chez moi…
- Hermione, on va pas revenir sur ce sujet, non? Et puis de toute manière, on n'a pas le temps. Et j'ai une très bonne vue qui apprécie à sa juste valeur le paysage soit dit en passant. Toutefois, même si ton appartement n'est pas très grand, on ne va pas le vider en cinq minutes et nous avons une après-midi assez chargée. Donc, dépêche-toi...
- Il voulait quoi, au fait? Demanda quand même Hermione, curieuse.
- Blaise a apporté tous les journaux de ce matin parlant de nous et de notre déclaration d'hier mais je le soupçonne d'avoir voulu voir de ses propres yeux la véracité de notre relation. Je crois qu'il n'a plus trop de doute maintenant, rigola légèrement Drago avant de prendre un autre haut dans l'armoire et de le présenter à Hermione. Tiens, il fait presque trente degré dehors.

Effectivement, la chaleur en cet mi juillet obligea moldus comme sorciers à chercher de la fraîcheur là où ils pouvaient tellement l'étouffement londonien était total. Arrivé à l'ancien appartement d'Hermione, le couple monta non sans quelques difficultés respiratoires les trois premiers étages. Hermione expliqua à Drago que le propriétaire de l'immeuble n'avait jamais fait le nécessaire pour lancer un sort magique de refroidissement général en cas de grosse chaleur parce qu'il y avait toujours eu un locataire contre cette mesure. Drago ne fut ni surpris d'apprendre que l'occupant du troisième porte droite était le responsable de cette gène, ni du fait que le phénomène en question chantait très faussement un opéra italien dans l'unique salle de bain commune de l'immeuble à plein poumons tout en profitant généreusement de la douche. Hermione continua en révélant que Boris aimait tout particulièrement ces jours là pour faire le ravalement de printemps avant d'aller s'installer à un table extérieure d'un bar durant des heures pour déshabiller du regard toutes les sorcières osant se promener sur le chemin de Traverse sous ce soleil de plombs. Lorsque Drago lui demanda comment elle avait pu savoir ça, elle lui montra la vue que son unique fenêtre lui offrait et il constata très vite que la thèse d'Hermione était belle et bien fondée. Juste devant l'immeuble, habillé d'un large short et d'un marcel laissant voir tout ce qui était pourtant préférable de cacher, lunettes de soleil cachant ses yeux, Boris s'installa telle une araignée guettant l'arrivée de proies appétissantes. Drago en grimaça de dégoût.

Petit à petit, toutes les affaires d'Hermione se virent rapetissées et envoyées dans un sac de voyage en vieux cuir marron. Les quelques photos installées sur le bureau d'Hermione auxquelles Drago n'avait pas forcément fait attention jusque là provoquèrent presque un malaise. L'une montrait Hermione riant à souhait avec Harry et Ron dans la salle commune de Gryffondor à l'âge de 14 ou 15 ans, la seconde était une de ses parents, curieusement immobile et la troisième était celle où Hermione, assise à côté de la petite Lizzy sur une chaise appartenant sans nul doute à l'hôpital Sainte Mangouste, tenait dans ses bras le petit Andy à peine né. Hermione aurait donné cher pour connaître les pensées de Drago à ce moment là vu le temps qu'il mit à reposer cette dernière dans le sac mais ne préféra pas aborder un sujet jusque là jamais envisagé. Au bout d'une heure, seul le bureau, le lit et l'armoire vide remplissaient ce qui avait abrité Hermione durant presque cinq longues années. Drago laissa alors Hermione fermer la porte, non sans nostalgie, puis ils descendirent tous les deux le premier étage avant que Drago ne s'arrête subitement. Là, un sourire narquois s'installa très lentement sur son visage, signe d'un plan machiavélique, puis il posa le sac à terre et sortit sa baguette.

- Qu'est ce que tu comptes faire? Demanda alors Hermione inquiète.
- Ca m'intrigue de trop! Déclara-t-il avant d'entrer par effraction dans l'appartement de Boris. Je veux savoir...
- Imagine s'il revient plus tôt que prévu? Alerta-t-elle tout en suivant Drago à l'intérieur de petit appartement.
- Tu m'as dis toi-même qu'il y resterait au moins toute l'après-midi, rassura Drago, sûr de lui, avant de reprendre, et bien, qu'avons nous là? S'exclama-t-il en ouvrant l'unique placard de la salle de séjour. Oh, tout le nécessaire du petit alchimiste à première vue... ambroisie, gingembre, phéromones de chattes en chaleur et ça c'est quoi? Du parfum? S'interrogea-t-il avant de l'ouvrir, le sentir, et le refermer aussi sec. Ne me dis pas qu'il s'asperge de ce truc? Remarque vu ce qu'il est, je comprends parfaitement qu'il utilise des arômes hypnotisants pour attirer autant de filles alors que la nature aurait dû le rendre hermétique à toute approche féminine. J'imagine qu'il a dû le tester sur toi non?
- Remercie les frères Weasley quand tu les verras, s'amusa à répondre Hermione. Ils ont été malgré eux, les gardiens de ma vertu...
- Et bien, pour ce soir, il devra se contenter d'une forte démangeaison contrairement à de la compagnie, se félicita-t-il avant de faire quelques mélanges supplémentaire et de l'ajouter dans la bouteille de parfum.

Satisfait de sa concoction, bien qu'Hermione tenta de lui faire comprendre ô combien ce n'était pas juste de s'en prendre aux plus faibles en plus de s'introduire illégalement dans une demeure autre que la sienne, il se justifia en argumentant le fait que des dizaines de filles encore plus faibles que lui en seraient reconnaissante à vie. Sachant qu'il n'avait pas totalement tord, elle eut moins mauvaise conscience à passer devant Boris dans la rue tout en affichant un parfait bonheur au bras de son fiancé. Hermione venait de faire ses adieux à son cher voisin du quatrième étage et à tous les micro-habitants qui vivaient avec lui en symbiose. Boris ignorerait donc qu'elle aurait au moins une fois franchi le pas de la porte de son appartement et devrait finir sa vie dans l'ignorance d'une victoire enfin obtenue.

Au bout de quelques minutes dans la rue grouillante de passants profitant de ce beau jour pour justifier les vêtements d'été qui moisissaient dix mois sur douze dans les placards de ce pays, Drago et Hermione eurent du mal à supporter tous les regards et les messes basses qui se développaient dès que les gens les reconnaissaient. Ce qui pouvait être un plaisir quand on était totalement inconnu de la société, la flânerie dans un centre ville était une véritable épreuve pour le centre de toutes les attentions actuelles. Drago n'était pas du genre très expressif, bien que ça ne l'avait pas empêché d'embrasser goulûment Pansy le lendemain même de leur premier baiser, mais ce qui le déstabilisait n'était pas les regards mais plus le fait de ne pas pouvoir maîtriser ce qui se passait. Voir que toutes ces personnes doutaient quand même, malgré tous leurs efforts, l'énervait et il était clair pour Hermione qu'il n'allait pas attendre longtemps pour réagir. Refusant probablement de perdre son sang froid en public plutôt que d'exposer sa façon de voir les choses, l'option de la fuite fut naturellement envisagée pour cet ancien Serpentard et après s'être posés dans un coin, malgré la protestation d'Hermione, Drago lui prit la main avant de transplaner avec elle.

En ouvrant les yeux, Hermione crut défaillir. Ils étaient juste au bord d'une falaise et à quelques centimètres près, les journaux auraient pu faire de sa vie un conte mélo-dramatique servant à faire peur à toutes les jeunes filles arrivant à 25 ans. Au lieu d'obtenir « et elle vécut heureuse auprès de l'homme qu'elle aimait » la fin aurait été plutôt du genre « et elle s'aplatit comme une vulgaire crêpe jambon/fromage/champignons sur le flanc de la falaise à sept jours de son mariage ». Rien que d'y penser, Hermione devint blanche à avoir la phobie du vide et prit très vite la décision de mettre le plus de mètres possible entre elle et l'option funeste. Bien sûr, Drago se moqua sans ménagement avant de lui courir après tout en appuyant sur le point sensible découvert mais Hermione ressortit la carte de l'ego et nia tout en bloc.

Affamés, il firent une hâte dans un petit bourg que Drago connaissait visiblement plutôt bien. Ce qui surprit Hermione dès son arrivée furent les panneaux. Le premier indiquait que les voitures étaient invitées à utiliser la route qui contournait le bourg, qui n'avait visiblement pas les rues adaptées pour une circulation moderne, puis un second en bois qui indiquait toute une série de petites boutiques de manière désordonnée mais surtout où seuls les initiés à l'art magique pouvaient y trouver leur chemin. Autant dire que le peu de moldus qui souhaitaient mettre les pieds dans ce village boueux, brumeux voire presque fantomatique étaient soit fous soit suicidaires. Après avoir fini de faire le tour des environs, ils s'installèrent dans l'unique restaurant qui avait plus l'aspect d'une auberge malfamée et à la grande surprise d'Hermione, Drago y fut accueilli comme un roi. Interdite durant plusieurs minutes à regarder son fiancé saluer les uns après les autres les personnes présentes, elle dut ensuite se racler la gorge pour rappeler que s'il était poli d'une certaine manière, il était tout le contraire vis à vis d'elle.

- Oh pardon, messieurs, se reprit Drago, je vous présente ma fiancée, Hermione Granger. Hermione, voici quelques individus que ton cher Potter aimerait bien « entretenir », osa-t-il avouer avant d'en rire.
- Quoi? C'est une amie d'Harry Potter? Demanda l'un avant qu'un autre ne lui tape sur l'arrière de la tête.
- Crétin, c'est Hermione Granger, « la » Hermione Granger... Ca y est, ça te monte au peu de cerveau que tu as?
- Dans ce cas, c'est pas moi le crétin, affirma-t-il désabusé, mais bien Malefoy! Précisa-t-il avant de se tourner vers l'intéressé. Qu'est ce qui te prend de t'acoquiner avec « la Granger »? Tu peux largement te taper tout ce que tu veux et il a fallu que tu la choisisses elle! Pourquoi pas Potter lui-même pendant que tu y es! Reprit le premier avant de se faire frapper de nouveau par le second. Quoi encore?
- Finis ta bière au lieu de dire des âneries plus bêtes qu'un âne lui-même!
- Moi qui croyais que toute l'Angleterre était au courant de ta malchance, intervint Hermione en regardant Drago de travers avec un humour discutable.
- Disons qu'ils sont un peu tous réfractaires aux abonnements, quels qu'ils soient, étant donné qu'ils tentent tous de se faire oublier et non se faire ficher dans un registre, expliqua Drago tout en invitant Hermione à s'installer à une table un peu isolée afin de se restaurer.
- Et, il y a une bonne raison pour que tu sois si « proches » de tous ces fugitifs?
- Je fus l'un des leurs à une certaine époque, répondit-il avec une voix feutrée. A la fin de la guerre, malgré mon acquittement, il ne faisait pas bon d'être un Malefoy. Contrairement à ma mère, j'ai préféré prendre du recul que de faire face aux engagements de mon père. En plus, j'avais besoin de faire le point sur plusieurs choses...
- Drôle d'endroit quand même pour quelqu'un d'habitué à dormir dans de la soie, si tu permets la remarque, ironisa-t-elle
- Il y a un cottage familial à quelques miles d'ici, sourit légèrement Drago.
- Pourquoi je ne suis pas étonnée, soupira Hermione tout en secouant légèrement sa tête, désappointée.
- Il n'y a pas meilleur investissement que l'immobilier Hermione, surtout quand on souhaite se mouvoir discrètement ou organiser des rassemblements sans éveiller des soupçons, le genre de chose dont ma famille a toujours été friande, expliqua-t-il à en laisser pensive sa fiancée.
- Ca me fait bizarre de t'imaginer dans cet environnement... soupira-t-elle en regardant un des clients tomber à terre, ivres ou s'essuyer des mousses de bières avec des manches aussi sales que le reste de leurs vêtements.
- Entre ici, ou supporter les angoisses de ma mère et les aspirations de Pansy, le choix a vite été fait, tu sais. En plus, entendre des gens maudirent Saint Potter me faisait un bien fou à l'époque... Même si Voldemort n'était pas forcément de leur goût, la chasse que les Aurors ont fait ensuite pour traquer tous les adeptes de sa cause a dérangé beaucoup de sorciers pas forcément honnêtes. Je suppose que je n'ai pas besoin de te faire de dessins sur leurs activités, demanda Drago alors qu'Hermione s'assurait qu'il n'y avait aucune menace autour d'elle tout en cherchant des doigts sa baguette.
- Non, ça ira. Mais, tu es resté combien de temps ici?
- Quelques mois... Le temps de réaliser que même si je portais pas Potter dans mon coeur, il valait mieux l'avoir lui aux trousses que... Disons que ce petit séjour ici m'a fait comprendre pas mal de choses concernant mes agissements passés, de l'influence des idées des autres sur ma vie et sur mon aveuglement sur certaines théories, continua-t-il avant de lui caresser la joue lentement. J'ai d'ailleurs pensé à toi... La Miss-Je-Sais-Tout, celle qui avait nettement plus de capacités qu'une bonne moitié de mes suivants de l'époque... La preuve vivante qu'être douée en magie n'est pas une chose héréditaire, ajouta-t-il en pesant chacun des mots avant de l'embrasser furtivement. Si j'avais su que je reviendrais ici, à cette même place, avec toi en face de moi, à sept jours de t'épouser... On m'aurait dit que j'avais bu un verre de trop et on m'en aurait servi un autre, plaisanta-t-il ensuite avant de voir le visage d'Hermione passer de la joie spontanée au sérieux.
- Merci de m'avoir fait venir ici Drago, soupira Hermione reconnaissante de voir une porte secrète s'ouvrir devant elle.
- Au moins on ne sera pas pointés du doigt toute l'après-midi... Enfin toi peut-être mais pas « nous »... Dis, ça te dis d'être un couple « normal », sans regards, sans protocole, sans corbeau prêt à nous maudire, juste toi et moi le temps de quelques heures?

Un oui évident, deux heures de balades irréalistes, trois fous rires incontrôlables, quatre détours à se perdre dans les collines, cinq glissades peu élégantes évitées avec autant de malédictions proférées contre les chaussures non adaptées pour ce genre de virée spontanée, six moments de baisers tendres face à une nature enchanteresse, sept découvertes sur le passé torturé du jeune Malefoy devenu homme depuis, huit kilomètres de marche dans une forêt peu rassurante entre le village et le cottage familial plus terrifiant que le manoir lui-même, neuf portraits de générations précédentes aussi « accueillants » que ceux logeant chez sa belle-mère et dix doigts inséparables tout au long du temps passé ensemble, plus tard, le temps du retour vers Londres devint inévitable. Légèrement triste de quitter le berceau de la renaissance de Drago qui abritait sans l'ombre d'un doute encore de nombreux mystères, Hermione ne se consola qu'à la satisfaction d'avoir découvert le chemin de croix d'un repenti. Elle put largement se faire une idée de ce qu'avait bien pu vivre Drago pendant qu'elle tentait elle-même de se construire après la guerre et visiblement, l'un comme l'autre avaient eu bien du mal à s'y retrouver dans ce nouvel équilibre.

Le retour à l'appartement et à la réalité de sa vie lui procura alors une sensation étrange de voir les choses avec un oeil neuf. Elle comprenait alors pourquoi Drago avait pris cet appartement et également pour quelles raisons, il n'y venait qu'occasionnellement avant d'être plus proche d'elle et de le transformer en résidence principale. Même si les tensions sociales s'étaient calmées, lui permettant de revenir sur le devant de la scène des affaires, il devait avoir parfois le besoin de se retrouver seul pour faire le point et c'était sa manière à lui d'évacuer, comme le journal l'était pour elle. La solitude était sa liberté à lui. A elle de respecter cela si elle voulait avoir la paix de son côté.

18H00. Première chose à ne pas oublier de Blaise Zabini, c'est qu'il aimait la ponctualité à la seconde près. Drago alla lui ouvrir la porte et Hermione put voir le regard surpris de son fiancé avant de comprendre le pourquoi de sa réaction. Sexy à souhait, respirant le désir, limite parfumé aux hormones les plus attractives présentes sur le marché des senteurs, regard malicieux, c'était à se demander qui de Drago ou lui était la « star » de la soirée. Enfin, à ce moment là, Hermione avait déjà cessé de penser, trahie par l'aspect animal de sa composition féminine si faible. L'expression « ce n'est pas parce qu'on est au régime qu'on a pas le droit de regarder le menu » prit toute sa définition à ses yeux. Enfin, lorsqu'on avait Drago dans son assiette, on avait de quoi être rassasiée à vie mais c'était comme si on proposait une glace au chocolat à un enfant de quatre ans. Comment dire non? Impossible! Toutefois, à deux doigt de poser sa langue sur le parfum interdit de la séduction, du moins dans son esprit, une voix fut comme un signe de reconnection au repas légitime auquel elle avait uniquement droit.

- Il faut bien qu'un de nous deux se dévoue, déclara Blaise en réveillant Hermione de sa léthargie hormonale. Avec moi à tes côtés, tu pourras assurer à ta Gryffon qu'aucune fille ne te tournera autour ce soir!
- Des filles? S'inquiéta alors Hermione en imaginant d'autres femelles affamées assez gourmandes pour avoir des plats consistants à se mettre sous les dents.
- Hé! C'est sa soirée d'enterrement de vie de garçon! La dernière fois de sa vie qu'il pourra draguer à volonté! Il faut qu'il en profite! Affirma Blaise avant de donner une petite tape dans le dos de Drago visiblement tout aussi surpris qu'Hermione.
- Draguer? S'étrangla-t-elle avant de regarder son fiancé dans les yeux avec reproche. Vraiment?
- Oh, ne sois pas aussi rabat-joie Hermione, justifia l'ami de son futur ex si jamais il avait le malheur de tenter quoi que ce soit, message d'ailleurs passé par le regard glacial qu'elle lui envoya. Tu vas l'avoir pour toi toute seule jusqu'à ... enfin longtemps... Pense à toutes ces malheureuses qui vont pleurer des nuits entières leur mauvaise fortune!
- Blaise... Tenta de calmer Drago qui voyait déjà un nouveau conflit arriver alors qu'il avait jusque là passé une journée idyllique. Je t'avais dit que je ne voulais pas de ce genre de soirée!
- Jusqu'à preuve du contraire, cher ami, tu es notre invité ce soir, ce n'est donc pas toi qui décide mais tes témoins! Et tes témoins veulent t'offrir une soirée inoubliable avant de te livrer à ses griffes, alors tu prends ta cape, tu lui fais un gros bisou et tu me suis en ne me posant plus une seule question!
- Hé! Protesta Hermione. Je te jure Drago... commença-t-elle à dire avant qu'il n'arrive à lui poser un doigt sur sa bouche, lui murmurer qu'elle pouvait lui faire confiance et l'embrasser tendrement.
- Bonne soirée Hermione! Se félicita Blaise alors qu'Hermione méditait déjà sa vengeance sur ce pseudo ami.
- Oh, elle le sera, Ginny en a prévu tout autant... Vous comprenez, ma dernière soirée où je pourrais draguer, je sens que je vais bien m'amuser, déclara-t-elle victorieuse avant de refermer la porte à un Drago presque choqué pour ne pas dire inquiet et un Blaise amusé.

Après le début d'une vingtaine de gros mots inavouables de la bouche d'une fille théoriquement bien élevée et presque tout autant de soupirs en moins de trois minutes, Hermione termina de se préparer à vivre son « ultime » mais surtout « première » soirée de « Drague Autorisée ». Bien que la débauche était légale pour ne pas dire tentante, l'esprit de l'abeille butineuse prête à se faire un champ de Narcisse était plus tourné sur l'aspect « Bourdon chez les coquelicots » qu'autre chose. Elle ne fit donc aucun effort vestimentaire ou de présentation particulier et se rendit même avec vingt minutes d'avance au restaurant de Seamus où sa soirée était prévue.

Telle une habituée des lieux à présent, la serveuse à l'entrée la conduisit directement dans le large box où ses amis et elle avaient rendez-vous. Etant un peu en avance, elle fut naturellement la première à s'y installer. Hermione estima qu'il était peut-être exagéré de réserver autant de place alors qu'elles n'aillaient être pas plus d'une demi-douzaine en tout mais très vite, Ginny arriva accompagné d'une ... TRENTAINE... Les recomptant une par une, Hermione s'étrangla à voir toutes ces filles investir les lieux...

- Mais... Mais...Balbutia Hermione alors que le troupeau tentait vaguement de se placer. Ginny!!! Mais qui sont toutes ses filles??? Demanda-t-elle même si Hermione reconnaissaient quelques unes telles que Lavande qui lui fit un petit sourire faussement angélique en plus d'un petit signe de la main.
- Heu, et bien, en fait, la plupart sont de Poudlard et quelques autres ont su pour ta soirée et...
- Mais enfin Ginny!!! Je les connais pas moi ces filles!!! Je ne suis pas une bête de foire qu'on exhibe que je sache! S'emporta-t-elle, indignée.
- Hé! Protesta Ginny. Je voulais t'offrir une belle soirée je te signale! Alors même si tu ne les connais pas, encore, tu vas profiter de ces dernières heures de « célibataire » pour t'ouvrir à autre chose qu'aux bras à ton blondinet. Tu verras, ça sera sympa! Je te réserve de belles surprises, ajouta Ginny avec le regard.
- Parfois, tu m'as l'air bien plus machiavélique que Drago lui-même...
- Pour ce soir, je vais prendre ça comme un compliment, se félicita Ginny alors qu'elle s'installa à la droite d'Hermione pour bien signifier qu'elle serait la maîtresse de cérémonie. Je vais enfin pouvoir me venger de ma propre soirée, ajouta-t-elle en murmurant à Hermione qui se souvenait parfaitement avoir été un peu généreuse ce soir là lorsque les rôles étaient inversés.

Tout commença alors avec un discours de Ginny qui se félicitait d'avoir réuni autant de femmes mariées ou sur le point de l'être ou espérant l'être, mise à part Luna qui était là uniquement en tant qu'invitée d'honneur au titre de témoin de la future mariée, puis continua sur une présentation d'Hermione tout à fait atypique pour une amie théoriquement fidèle et loyale.

- Enfin, voilà, le principal point de notre soirée prometteuse est cette jeune fille à côté de moi qui est bien plus surprenante qu'elle pourrait laisser paraître sous ses airs de première de la classe. Hermione Granger, qui de notre génération ne l'a pas maudite à savoir toujours tout sur tout à l'époque de Poudlard? Demanda Ginny alors que toutes pouffaient de rire mise à part Luna qui fut la seule à lever la main. L'amie fidèle, un second toujours présent, une lionne au courage sans limite, doublée d'une intelligence sans bornes, notre Hermione pourrait être la femme parfaite incarnée. Seulement voilà, l'unique défaut de cette brune à mes côtés est de s'être fait envoûter par le côté obscur, par l'interdit, plutôt que par un gentil garçon sans prétention certes mais qui avait le sacré avantage d'être mon frère. Non, au lieu d'avoir la chance de devenir ma soeur par alliance, elle a préféré céder à l'appel de la chair, condamna Ginny en la montrant du doigt. Vilaine Hermione Granger! Un jour tu le regretteras d'avoir refusé d'offrir une « titi » à mon Andy. Et je te jure que si mon stupide frère me ramène une gourdasse à la place, j'apprends à mes enfants à dire haut et fort que leur marraine cache une horrible verrue sur le nez par un sort d'illusion, menaça-t-elle avant de regarder toutes les belles-soeurs potentielles et de reprendre avec un air peu rassurant, avant de leur apprendre plein d'autres choses sur les gourdasses... Bref, tout ça pour qui? Ah oui... Un petit merdeux qui réclame sa maman quand un chien aussi gentil que crockdur s'approche de lui... Si c'est pas honteux Hermione, vraiment...
- J'ai souvenir que Ronald a peur face à d'adorables araignées, non? Questionna Luna qui obtenait ainsi tout mérite à être témoin de son mariage aux yeux d'une Hermione perplexe par l'attitude de Ginny.
- Adorable? Répéta Padmila alors que les autres filles grimaçaient tout autant qu'elle.
- Araignée ou chien, la peur de ces deux prétendants face à l'amour a été un plus grand combat avant de devenir un duel, et malheureusement pour mon frère, c'est Drago Malefoy qui a remporté la victoire par KO, reprit Ginny avec un sourire. Ce soir, nous disons adieu à une Hermione Granger raisonnable, modérée, conventionnelle, vertueuse, moralisatrice et à demi-vivante, parce que dans une semaine, après avoir dit oui à un homme, qui a plutôt intérêt à prendre soin d'elle sinon il aura une armée d'aurors aux fesses, cette Hermione Malefoy deviendra irrationnelle, passionnée, une héroïne vivante et pleinement heureuse, un exemple pour beaucoup et un espoir que même l'improbable est réalisable. Toute fois, de manière plus personnelle, quoi que tu puisses devenir, tu resteras toujours une amie, une confidente, une soeur de coeur et la titi à mon Andy et je serais heureuse si tu l'es. Alors juste pour cette soirée, fêtons sa folie! S'exclama-t-elle en levant son verre. A Hermione, qu'elle soit Granger ou Malefoy!

Soulagée que Ginny ne finisse pas par la clouer sur une croix en bois avec des reproches tout aussi douteux que possible, Hermione se demanda quand même si Harry ne l'avait pas influencée dans l'écriture de son discours. Elle n'en aurait pas été étonnée plus que ça. Certes, quand elle en avait fait de même, le côté « Petite Ginny folle amoureuse hystérique d'un mythe » ne devait pas être de très bon goût non plus mais bon... Ce genre de rituel devait probablement faire parti du rite d'initiation à la vie maritale. Hermione regrettait quand même d'avoir été peut-être trop loin lors de l'enterrement de vie de jeune fille de Ginny, celle-ci était devenue comme sa mère, une experte dans l'art de la vengeance qui se mangeait froide voir glacée vu l'air vicieux de Ginny.

Et le premier ring commença bien trop rapidement aux yeux d'Hermione. Apparemment bien préparée, Ginny se lança dans l'organisation d'un premier gage, celui-là même qu'Hermione avait été fière de lui faire quatre ans plus tôt: le test des saveurs, yeux bandés, censé rappeler certains moments de sa vie avant mariage. Dire qu'Hermione paniqua lorsque Luna lui serra bien le bandeau et provoqua un fou rire lorsqu'elle lui demanda ce qu'elle faisait ensuite pour être sûre qu'elle ne voyait rien, était un euphémisme. Hermione peur? Jamais voyons... Quoique ce qui se présentait à ses narines juste après cette pensée la déstabilisa quelque peu.

D'une odeur pétrifiante, un premier touché qui lui provoqua une nausée tellement ça semblait visqueux à souhait, Hermione était sûre à ce moment là que Drago ne pouvait avoir le même sort qu'elle, le bien chanceux. Hermione proposa alors de la morve de troll avec dégoût tellement elle espérait que Ginny n'ait pas osé ça. Les applaudissements la firent pâlir et sa main eut une envie soudaine de s'essuyer une bonne centaine de fois sur quelque chose à sa portée. Suivie une goutte de Polynectar qui lui fit pousser des oreilles de chat à faire franchement rire tout le monde sauf Hermione qui gardait un très mauvais souvenir de ce moment en seconde année. Une bonne quinzaine d'épreuves de ce genre malmenèrent la pauvre fiancée durant près d'une heure. Toutes les invitées étaient hilares face à cette pensine améliorée pour l'occasion et même Hermione finit par céder devant son propre ridicule tellement Ginny avait fait preuve d'imagination.

Le repas fut une pause bien méritée bien qu'une série de questions tests perturba son appétit. Comment Drago et elle s'étaient rencontrés pour la première fois? La réponse de la répartition de leur première année d'école ne fut bizarrement pas la réponse attendue. Comment s'était déroulé leur premier baiser? Deux paires de lèvres qui se rapprochent et se touchent n'était pas non plus des plus espérées. Comment Drago l'avait demandé en mariage? En posant simplement la question ne suffit pas à les calmer. Pourquoi il n'y avait pas de bague de fiançailles? Aïe, dans le mille, le côté non obligatoire de la chose ne convainquit personne alors une fois de plus, elle dut mentir en racontant qu'elle était chez le bijoutier pour la faire ajuster. A cette question épineuse, s'en suivit des dizaines d'autres du genre « pourquoi l'aimes-tu? », « Pourquoi lui et pas Ron? », « Drago est-il si bon au lit que ça? », « Tu me le prêterais pour une nuit? » de Lavande où elle répondit non, bien évidemment, « Ronfle-t-il la nuit? » « Caleçon ou slip? » « Pervers ou romantique ? » « Quelle position préfère-t-il? » à partir de là, Hermione refusa de répondre quoi que ce soit à toutes ces curieuses aussi vicieuses qu'une vipère et malsaine que Voldemort lui-même.

- Allez quoi, il doit bien avoir au moins un défaut cet homme parfait que tu le défends à ce point, insista Lavande soutenue par les jumelles Parvati.
- Sa mère, rigola Ginny qui n'était pas forcément dans l'erreur comme pouvait l'exprimer la grimace d'Hermione à cette réponse.
- Allez Hermione, ne sois pas si égoïste s'il te plait, on veut tout savoir, votre histoire semble si romantique qu'on veut pouvoir goûter à ça juste en t'écoutant, reprit Lavande.
- C'est vrai qu'il a rompu avec Pansy pour toi? Demanda Luna qui s'était visiblement bien renseignée en une journée, ce qui surprit Ginny et Hermione.
- En même temps, il n'y a pas trop de mal, pouffa Patil.
- En quelque sorte oui, hésita Hermione.
- Allez!!! Raconte !!! Répéta Lavande, intenable alors qu'Hermione mourrait d'envie de lui lancer un sort de FermeTaBouche.
- Disons que des affaires privées ont provoqué la rencontre entre Drago et moi, que nous avons réappris à nous connaître, balbutia-t-elle.
- Certes, mais après!!! Comment ça fait de se rendre compte qu'on aime Drago Malefoy? Continua l'inquisitrice.
- Heu, balbutia-t-elle avant de soupirer. Très bien, on se sent vivante, on se sent euphorique comme si plus rien ne peu vous atteindre, on se sent forte de tout affronter et on n'a qu'une envie c'est d'être dans ses bras jusqu'à la fin de sa vie, avoua-t-elle sans respirer ce qui eut le don de rendre toute l'assistance silencieuse, les yeux rivés sur elle.

Certaines soupirèrent, d'autres sourirent au souvenir de leur propre expérience, quelques unes restèrent interdites comme si elles en voulaient encore plus mais lorsque Luna se leva pour embrasser Hermione en lui adressa tous ces voeux de bonheur, plus personne ne continua la séance de torture. Hermione déclara Luna comme Sainte injustement non reconnue. Ginny lui sourit à son tour sincèrement avant de la prendre dans ses bras, versant quelques larmes dont Hermione se demanda si c'était de joie pour elle ou de peine pour son frère, ou encore les deux à la fois. En attendant le dessert, Ginny donna le top pour la distribution de cadeau au thème bien précis et ce fut une grosse demi-heure de délire, de rire, de détente, et d'amusement qui s'en suivit. Naturellement, elle n'eut pas de grille-pain moldu ou autres ustensiles de ce genre, mais plus tout le nécessaire pour offrir des nuits bien exotiques à Drago lorsque c'était pas pour elle-même... Morte de honte parfois, Hermione préféra en rire qu'en pleurer. Elle pensa quand même que Ginny avait bien de la chance d'être déjà mariée, chose que l'intéressée avait pris largement conscience, tout comme le fait qu'elle n'avait pas intérêt à se retrouver veuve ou divorcée sur le point de récidiver... Oh non, parce qu'Hermione imaginait déjà tout ce qu'elle pourrait lui faire en retour... Ginny le comprit d'ailleurs parfaitement lorsqu'elle la regarda en tripotant son alliance l'air de dire « trop tard » avec son petit sourire narquois.

- Tu ne perds rien pour attendre, menaça-t-elle quand même entre ses dents.
- Attends de voir la suite, pouffa Ginny lorsqu'elle vit le gâteau, assez énorme même pour tous ces estomacs déchaînés, s'avancer en volant d'une manière assez sinueuse.

Alors que les autres se frottaient presque les mains à oublier la notion des mots régime et calorie ou encore crise de foie, Hermione eut un mauvais pressentiment devant le rire injustifié que Ginny avait du mal à retenir. Là, Hermione paniqua. Non, Ginny ne pouvait pas avoir oser quelque chose comme... Choquée avant même d'avoir pu finir de réfléchir, bouche ouverte, neurones totalement déconnecté au reste de son cerveau, les yeux bloqués sur cette vision totalement irréaliste, quoi que pas autant que ça finalement, Hermione espérait avoir trop bu, ou mangé une plante hallucinogène plutôt que se dire que se tenait devant elle les deux frères jumeaux de Ginny, habillés uniquement d'une feuille de vigne, dansant de manière très sensuelle sur le gâteau musical tout en distribuant des parts à chacune des invitées, transformées en bêtes enragées. Morte de rire, Ginny manqua de s'étrangler à force de vouloir prendre quelques photos souvenirs tout en sifflant le spectacle tel une ado célibataire et non femme mariée et mère de deux enfants qui inspire un certain comportement. Une fois la distribution faite aux femelles maintenant en chaleur, les deux mâles présents à cette fête privée se dirigèrent vers l'hôte de marque qui resta immobile malgré une petite voix intérieure qui criait au danger face à l'approche des frères Weasley. Le show des deux dieux idolâtrés se renforça. Ils se mirent à se trémousser royalement devant elle en lui montrant « ce dont un Weasley est capable de faire », lui proposant même de revoir sa position vis à vis de Drago et de les prendre tous les deux pour le prix d'un en argumentant qu'à eux deux, elle aurait tout ce que Ron ne pouvait pas lui offrir. Se vendant presque d'une manière tout à fait dégradante, Hermione ne put nier qu'ils avaient réussi à mettre une ambiance électrique en cette fin de soirée. Essuyant un refus d'Hermione qui mentit à se dire immunisée à cause de tous les tests qu'elle avait accepté de subir pour leur commerce, les deux se reportèrent sur toutes celles qui n'étaient pas aussi difficiles qu'Hermione. A ce stade de la soirée, autant dire que toutes les langues avaient intérêt à se taire vis à vis des hommes dans l'ombre au risque que toutes aient besoin de justifier leurs gestes, leurs propos et surtout leurs pensées peu fidèles. Néanmoins, les garçons furent tout à fait respectueux des promesses pourtant bafouées par les sorcières présentes et se rabattirent sur l'unique célibataire non réceptive à leur charme jusque là: Luna. Jouant le jeu après que l'un d'eux ne lui murmure quelques chose à l'oreille, la jeune fille provoqua une jalousie presque générale à être libre de se laisser mener par ses envies et permit à Hermione de rire à n'en plus pouvoir à l'instar de Ginny à la limite de la syncope. Déifiée, Luna se retrouva avec deux esclaves près à tout pour elle, et à croire qu'elle était née pour ça, le trio parut alors tout à fait crédible à la grande stupéfaction générale.

Les jumeaux souhaitèrent toutefois offrir également des cadeaux, bien spéciaux, à la future mariée et en fouillant au fond du gâteaux où ils étaient cachés, une mallette noir avec un énorme « W » gravé dessus provoqua la curiosité de toute l'assistance. Toujours si peu habillés et visiblement sans l'intention de se civiliser quelque peu, ils s'approchèrent à nouveau d'Hermione, se disposèrent juste en face d'elle puis toussèrent légèrement pour obtenir un silence et une attention qu'ils avaient déjà.

- Chère Hermione, commença Fred en ouvrant légèrement la boite avant de la refermer brutalement à en provoquer le sursaut d'Hermione mais aussi de quelques filles hypnotisées par le contenu.
- Chère ex-belle-soeur-qui-ne-le-sera-donc-jamais, idiot de Ron et bienheureux Malefoy, si tu veux mon avis...
- Nous nous sommes dits que vu ton choix de mari, et du fait d'une amitié tout à fait sincère envers toi...
- Il te fallait absolument un petit nécessaire pour ton quotidien d'épouse Malefoy, déclara George avant de rouvrir la boite et y laisser découvrir quelques fioles.
- Attention, chaque usage est à mûrement réfléchir, précisa Fred.
- On n'a pas encore trouvé des anti-sorts pour tous, d'ailleurs si tu pouvais nous faire part des résultats sur ton mari, ça pourrait nous faire avancer dans nos recherches, reprit George sous le regard moralisateur de Ginny. Arrête toi, tu deviens comme maman!
- Pauvre Harry, soupira Fred.
- Ah ça, c'est sûr, pauvre Harry... On devrait lui proposer l'autre mallette d'ailleurs, remarqua le second en regardant malicieusement le premier.
- Essayez pour voir, menaça très sérieusement Ginny ce qui fit rire discrètement Hermione.
- Revenons à Hermione, tenta d'esquiver Fred. Donc première fiole, la bleue nuit...
- On s'est dit qu'un homme comme lui devait avoir un appétit assez démoniaque alors si un soir tu veux la paix, une goutte de cette fiole dans un thé verveine menthe est radical...
- Il y a une essence d'ours hibernant donc théoriquement tu devrais pouvoir dormir tranquille, se félicita Fred.
- Par contre, une fois cette fiole finie, on ne pourra plus t'en procurer... On a un peu risqué notre vie pour obtenir cette essence alors bon... Apprécie-la...
- Et si jamais une odeur inhabituelle de « renfermé » se dégage de ta royale moitié, la seule solution qui s'offre à toi est d'ouvrir la fenêtre... On n'a pas su ôter ce désagrément de la formule... Désolé, s'excusa à nouveau Fred.
- La seconde est l'effet inverse. A la base, on avait préparé ça en pensant que tu épouserais notre frère dont on connaît son amour du sommeil et on s'était dit que tu pourrais avoir besoin d'un petit « motivant » si tu voulais un jour être mère...
- George !!! Râla Ginny.
- Bah quoi? Le gêne de mâle sexy qui assure, c'est nous qui l'avons eut, alors on sait forcément que pour les frangins, c'est pas totalement ça... Maintenant, je ne sais pas si ça va vraiment te servir, vu la réputation de ton cher et tendre mais on sait jamais...
- Notre Hermione est peut-être une tigresse, sourit Fred avec un regard vicieux limite dragueur qui fit rire Hermione.
- La troisième c'est notre petit bijoux, très précieux, et là aussi c'était prévu pour la version Weasley du mariage mais vu le remplaçant, elle te sera quand même utile...
- C'est notre futur produit phare de notre gamme marital, je t'avoue qu'on en est très fière, se félicita Fred.
- Chère Hermione, reprit George en prenant la fiole dans sa main pour la présenter officiellement, voici notre « DiseuseDeOui ». Avec ça, une petite goutte dans n'importe quel liquide et tu n'obtiendras plus aucun « non » dans les deux heures qui suivent l'absorption.
- Je ne pense pas qu'il soit nécessaire de préciser le pouvoir qu'une femme peut avoir avec ce genre de fiole dans son placard, souligna Fred alors que toutes les autres épouses et fiancées de l'assistance observait ce Saint Graal avec un intérêt biblique.
- Pour la dernière, on pensait qu'elle te serait utile pour supporter avec le sourire toutes les frasques de notre cadet mais elle te sera également utile pour toutes tes mondanités. Ce concentré d'énergie te boostera durant des heures entières sans montrer une once de fatigue.
- Attention quand même de rien prévoir le lendemain, tu risques de ne pas te lever avant que ce soit l'heure de te recoucher et il vaudrait mieux également d'éviter de faire un « after » intime après la soirée en question, enfin après c'est toi qui voit mais bon, nos copines de l'époque sont devenus nos ex le lendemain...
- On les aurait « usées »... Des petites natures, ironisa George alors que Ginny refaisait son regard désapprobateur.
- Et la dernière? Une fiole de fertilité au cas où Ron ne soit pas capable de repeupler la terre parce que vous l'avez déjà fait avec toutes vos ex? Se moqua Ginny qui ne déstabilisa nullement les deux frères qui en bombèrent même le torse.
- Et bien, ça, tout comme notre couleur de cheveux, la fertilité n'est pas un problème de famille bien au contraire, et puis de toute façon, les Malefoy ne sont pas forcément porté sur le repeuplement de manière générale non plus, argumenta George. Et puis notre mère nous tuerait si on avait eu des enfants sans mariage et surtout sans lui présenter les mères.
- Vous ne ramenez jamais personne, précisa Ginny, l'air de dire que leurs arguments ne se valaient pas.
- Il te faudra donc assurer notre lignée chère soeur, sourit Fred avec un air moqueur.
- Elle a déjà commencé, enfonça George alors que Ginny grimaçait.
- Mais Hermione, cette dernière fiole te permettra de voir si oui où non ton mari te ment! Déclara Fred en attirant à nouveau la vive attention de toute l'assemblée.
- Attention, elle ne marche qu'une fois que vous êtes mariés, précisa George alors qu'une bonne moitié des jeunes filles présente soupiraient de déception. Mets lui ça dans son repas et profite s'en pour poser toutes les questions sensibles. L'effet dure une demi-heure alors choisis bien ton sujet.
- De tout petits boutons rouges germeront sur le bout de son nez pour devenir une véritable verrue si le mensonge est vraiment grand, se félicita en riant Fred. Et seule l'épouse peut le voir donc pas de risques lors d'un repas familial de se faire prendre. Cette potion est une pure merveille d'honnêteté...
- Avec tout ça ma chère Hermione, ton dragon se fera dompter par notre lionne, s'amusa à métaphorer George.
- Alors heureuse? Plaisanta Fred en lui faisant les yeux doux alors que Ginny levait les yeux au ciel, fatiguée de l'attitude de ses frères.
- Et bien, hésita Hermione. C'est sûr que par rapport à une vie entière avec vous, je ne pourrais jamais prétendre à être totalement heureuse, mais avec ces fioles, je pense que ça devrait aller avec Drago, merci les garçons, rentra-t-elle dans le jeu avant de sentir deux paires de lèvres assaillir chacune de ces joues avant de lui murmurer un « de rien » tout à fait sincère.

La fin de soirée arrivant, un livre d'or circula et Hermione fut surprise de lire ensuite tous ces messages d'encouragements et de félicitations. Lavande lui fit naturellement une liste de toutes les choses qu'il fallait faire pour rendre un homme heureux et lorsqu'elle la montra à Ginny, celle-ci éclata de rire en commentant que si elle en avait fait ne serait-ce qu'une seule à Harry, il serait parti direct en courant. Hermione supposa également que si elle se mettait à apporter les pantoufles à Drago à chaque fois qu'il rentrait chez eux, il se poserait plein de questions, et encore plus si elle disait toujours oui à tout. Possible que ce genre d'attentions plaisaient à certains hommes mais il était quand même clair que Lavande n'avait pas eu de relation depuis très longtemps si c'est pas pour dire qu'elle n'avait personne de sérieux depuis Ron, tout à fait capable d'ailleurs d'aimer ce genre de filles même si elle ne le lui souhaitait pas.

Quoi qu'il en soit, vers les une heure du matin, la fatigue, le rappel des maris qui avaient donné une heure précise de retour, le départ des copines qui incite à en faire de même, la soirée se termina sur une touche sentimentale appréciée par Hermione. Ginny, au nom de toutes, lui souhaita d'être aussi heureuse que possible avec un Malefoy, et que de toute façon, qu'elle s'appelle Granger, Weasley ou Malefoy, elle resterait toujours leur Hermione, celle qui pense avec son coeur, celle qui définit la notion de loyauté, de justice mais surtout passionnée par des principes aussi valeureux qu'elle même. Une bonne centaine de larmes plus tard, provoquées par ces douces paroles, les deux amies se séparèrent non sans se promettre de se revoir très vite. A ça, Ginny lui souhaita de passer une bonne nuit, si c'était possible, et Hermione blêmit légèrement à voir un petit rictus.

Rentrant chez elle, rêveuse en repensant à la soirée, le discours, les questions et les jumeaux toujours aussi spectaculaires, elle mit quelques minutes pour revenir à la réalité. Son appartement était légèrement tamisé, une odeur florale se diffusait timidement dans la pièce centrale, une bougie parfumée probablement pensa-t-elle, et très vite, un léger parterre de pétales de fleurs se dévoila à elle. Assez surprise, elle suivit alors le chemin improvisé et sortit sans surprise sur la terrasse où l'y attendait un Drago à peine éclairé par quelques bougies.

- Bonne soirée? Demanda-t-il avant de la prendre dans ses bras.
- Surprenante plus exactement, répondit-elle en soupirant.
- Attends de voir l'état de notre chambre, annonça-t-il avec un soulèvement de sourcil significatif. Tu remercieras ton ami Potter pour moi demain, je trouvais justement que la chambre avait besoin d'un petit changement de mobilier, avec sa petite « blague », on va devoir précipiter les choses...
- À ce point? Demanda-t-elle avec un peu d'appréhension.
- Je te laisserais juger plus tard, avant j'aimerais terminer une chose avec toi.
- Attends, et ta soirée? S'inquiéta-t-elle un peu. Blaise n'a pas été trop fort? Des filles, de l'alcool bien évidemment mais tu as eu droit à quoi d'autres? Demanda-t-elle en ironisant à moitié.
- Oh juste une petite sauterie dans un village moldu, on a fait un petit massacre avant de s'envoyer en l'air avec toutes les sorcières du bar où on fêtait ça, répondit-il avec un sérieux qui choqua Hermione avant de rire légèrement à la voir ainsi. Tu verrais ta tête... Blaise a bien profité de la soirée mais j'avoue m'y être un peu ennuyé... Bizarrement, être entouré de jolies filles et ce genre de soirée n'ont plus le même intérêt qu'avant... Je n'ai plus à fuir ce que j'ai chez moi, bien au contraire...
- Tu ne t'es pas amusé alors? S'inquiéta Hermione un peu honteuse d'avoir ressenti le contraire.
- C'était sympa de voir tous les anciens avec qui je tuais le temps loin de Pansy mais j'avoue être vite parti...
- Ah, s'étonna-t-elle simplement.
- J'ai ensuite mangé un morceau dans un restaurant digne de ce nom et puis j'ai été faire une petite course, précisa-t-il en souriant.
- A cette heure si tardive? Plus rien n'était ouvert, non?
- Tout est ouvert pour un Malefoy, se moqua-t-il avant de la regarder plus sérieusement. Hermione, j'ai sans le vouloir écouté une conversation de ta soirée... J'en profite d'ailleurs pour te remercier de ta discrétion envers notre histoire. J'ai vraiment apprécié que tu gardes ça pour nous, avoua-t-il avant de prendre un objet dans sa poche et de saisir sa main droite. En ce qui me concerne, tu sais, je n'ai aucun regret sur la manière dont je t'ai demandé de m'épouser. Ce n'est peut-être pas de la plus romantique possible mais ma demande rentre dans un contexte particulier qui fait parti de notre histoire. Et puis ce n'est pas dans ma nature de faire des niaiseries à la Potter, se moqua-t-il en faisant référence à la demande d'Harry presque sur la place publique qui était à présent l'exemple dans le genre. Néanmoins, je tenais à te dire que ce mariage me tient à coeur et que c'est pourquoi je me devais de terminer une demande peu conventionnelle, déclara-t-il devant une Hermione sous le charme et l'émotion qui ne tarda pas à grandir lorsqu'une légère bague, aux traits travaillés en or blanc supportant de nombreuses pierres scintillantes facilement reconnaissables, le tout digne d'être propriété Malefoy, se glissa facilement à son annulaire comme si elle était faite pour elle. Tu pourras ainsi dire qu'elle est enfin réparée, ajouta-t-il en indiquant effectivement sa présence à proximité d'une partie de la soirée.

L'embrassant dès que son esprit se débloqua de la vision de ce nouveau compagnon de vie à son doigt, la reconnaissance d'Hermione s'exprima ensuite par son regard, ses caresses et sa passion, dévoilant tout l'amour qu'elle ressentait à cet instant pour cet homme toujours aussi surprenant. Allongé l'un contre l'autre sur le sol du salon, Drago lui décrivit alors l'état de la chambre tel un piège contre des futurs amants sur le point d'avoir une tentative immorale de goûter au fruit défendu avant le mariage. L'illustration de Drago à lui montrer qu'il appréciait tout à fait la précocité du repas la fit rougir avant de lui provoquer un fou rire nerveux. Après avoir repris son sérieux, il lui caressa la bague lentement et alors qu'elle s'attendait à entendre enfin quelques mots si particulier, elle se contenta d'un regards et d'un baiser sur le front, preuve d'un respect réel envers celle qu'il tenait à présent fort dans ses bras lui laissant aucune chance de s'en aller, chose qu'elle n'envisagerait naturellement plus jamais à présent.