Mot
de l'auteur:
Non,
non, je n'étais pas morte où déjà
atteinte de problème irrémédiable au cerveau,
juste que je suis dans une période assez délicate dans
ma vie personnelle et que ça a beaucoup affecté mon
envie d'écrire. Néanmoins, tel un défaut bien
tenace « chasser le naturel, il revient au galot »...
Et bien j'ai gagné le tiercé!!! Bon, bref, je vais vous
abréger mes conneries débitées à 1h du
matin et plutôt vous laissez lire ce que vous avez réellement
envie, enfin si c'était le contraire, vous seriez pas là
en même temps, donc, stop au blabla, place au chap 24.
En
tout cas, un « GRAND MERCI » pour tous vos
messages de soutient, d'encouragements et vos quelques engueulades
justifiées pour retard, car sincèrement tous me
touchent à chaque fois, surtout dernièrement, et me
motive à continuer, à me surpasser pour ne jamais vous
décevoir et oblige ma conscience à forcer le travail de
mes doigts.
Allez, je vous dis « au plus vite
possible » et en attendant, je vous souhaite une bonne
lecture.
Je vous embrasse et j'en profite pour vous souhaiter une
très bonne année 2008 (un peu en retard mais je suis
plus à sa près en même temps lol, d'ailleurs
« joyeux noël » :op)
Bien à
vous,
Yvy
24. Quand chaque erreur a sa conséquence
Cher journal,
Je n'ai pas beaucoup de temps, je profite que Drago soit parti dire le fond de sa pensée à son futur témoin mort avant de l'être... De toute façon s'il ne le fait pas, je m'en chargerai ensuite et je mettrai ça sur le compte de représailles de guerre... Je sais, autant de violence en si peu de phrases peut étonner mais Blaise n'avait qu'à pas livrer tous nos secrets sur l'oreiller avec une des journalistes les plus vicieuses de notre temps. Et puis « yerk!!! » L'imaginer en train de faire des trucs au lit avec Skeeter... Par Merlin, j'espère que Drago a tord sur ce point... Yerk... Bref, pensons à autre chose que « ça »... A cause de lui, un nouveau « scoop » à la une de la Gazette à croire qu'il ne se passe rien d'autre pour qu'ils s'acharnent sur nous ainsi...
Franchement qu'est-ce qui lui a pris d'aller raconter à cette insecte, qu'il avait été trop occupé durant la soirée pour voir Drago s'en aller avec une « charmante demoiselle », seule raison pour être parti si tôt de sa soirée d'enterrement de vie de garçon. Maintenant tout le monde va croire que je suis cocue avant même d'être mariée alors qu'au lieu de m'être infidèle, il me redemandait en mariage avant de me faire l'amour toute la nuit. Forcément, personne ne croirait ça, Skeeter est parole d'évangile... Elle aussi mériterait que je m'occupe à nouveau de son cas... Après Blaise, je vais aller écraser quelques scarabées... Si jamais cette histoire a des conséquences fâcheuses et que Drago n'a pas su se modérer face à Zabini, je le ressuscite et je le torture avant de le tuer à nouveau... Parce que si ça ne suffit pas, non bien sûr ça aurait été trop simple sinon, Monsieur a été dire qu'il m'avait vu en petite tenue un matin, prouvant qu'on avait « larrrrrgemennnnt » consommé le mariage avant qu'il ne soit célébré, me faisant « larrrgemennnt » passer pour facilement séduite et peu séduisante par rapport à ce que Drago avait pu mettre dans son lit... Par Merlin, si Ron lit ça, il va y avoir un massacre... Oh mon Dieu, mes parents lisent ce journal aussi... Blaise, foi de Granger, tu es un homme mort, je te jure que je vais te faire payer tes faiblesses... Et quant à la cerise sur le gâteau, là je laisserais Drago s'en charger. Le faire passer pour un coureur sans coeur, avouant ouvertement qu'il a passé son temps à tromper Pansy et qu'à ce titre, il devait y avoir une meilleure raison que « l'amour » pour que Drago s'enferme définitivement avec moi…Drago n'a d'ailleurs pas vraiment apprécié cette « légère » réputation alors que Blaise connaît visiblement les raisons de tout ça... Tu sais quoi journal? Jamais, jamais et jamais, j'avalerais à nouveau une goutte d'alcool... Ca a failli me faire déraper il n'y a pas si longtemps, et si c'est pour finir comme cet abruti de première... C'est un bon exemple pour rayer ce moyen de décompresser à vie... J'te jure... Mais quel imbécile... On a déjà reçu trois hiboux ce matin, celui de « Belle maman adorée » en premier bien sûr. Elle ne pouvait pas s'empêcher de nous porter « la bonne nouvelle » accompagnée de commentaires cinglants... Remarque, j'aurais eu au moins l'occasion de voir à quoi ressemble une colère de Drago Malefoy avant de « l'enchaîner » égoïstement à moi... Je comprends pourquoi tant de gens redoutent cette famille. Je pense que la dernière phrase de l'article a dû quand même profondément blesser Drago et il y a de quoi quand on lit ça : «En fait, ce n'est pas un mariage arrangé caché par une pseudo histoire d'amour que le ministère tente de nous faire avaler mais bel et bien une banale histoire de non précaution d'un soir, indigne du nom des Malefoy, qu'ils essayent de nous cacher. Les valeurs se perdent... » Il faudra d'ailleurs que je tente d'en parler avec lui pour éviter qu'il garde ça pour lui... J'ai l'impression qu'il garde tout en lui...
Bon, il va falloir que j'abrège, même si Drago a averti sa mère qu'il la préviendrait de son retour à l'appartement, je parie tout ce que j'ai qu'elle ne va pas s'arrêter à ça... bien au contraire...
Au fait, mis à part ça cher journal, je ne vais quand même pas rester sur une note négative alors que j'ai vécu l'un des plus beaux moments de ma vie hier soir. Soirée fabuleuse avec Ginny, des ex beaux-frères à mourir de rire, une petite boite à tester (je t'expliquerai au moment venu), et une nuit plus magique que la magie elle-même... Ce sentiment si étourdissant de besoin de l'autre au point de perdre toute notion d'intelligence, cet état de grâce juste en étant tout contre lui, cette douce vibration à chacune de ses respirations, ce réel mal-être lorsqu'il s'éloigne, ces frissons provoqués autant par ses mots que ses caresses…Ce bouleversement total en moi me fait autant peur qu'il me séduit mais il est sûr qu'il est maintenant hors de question de vivre sans... la vie s'ouvre à moi de manière différente, de manière intense, de manière insoupçonnée, m'enveloppant d'un sentiment de sûreté, de confiance, de force ultime au point de me dire « maintenant je sais ce que c'est d'Aimer ».
Tiens... ça frappe à la porte... qui ça peut bien être...
Ah
et oui, j'allais oublier... « J-6 », Merlin que ça
approche vite...
A demain probablement, enfin si je suis pas
arrêtée pour meurtre ...
Enfilant rapidement un pantalon, entrant la chemise de nuit à l'intérieur, petit gilet ample pour pas que « belle-maman » devine le peu de savoir vivre qu'avait sa « belle-fille » le matin, Hermione s'étonna à se voir relativement présentable en quelques secondes et le tout en courant vers la porte d'entrée qui recevait l'assaut d'un éléphant apeuré. Deux secondes pour reprendre son souffle, quelques autres pour remettre ses cheveux en place, trois pour vérifier qu'il n'y avait rien sur son visage qui pourrait lui attirer une remarque inutile, et cinq pour se concentrer à se calmer par rapport à sa dernière entrevue avec la marâtre, et Hermione ouvrit lentement la porte. Seulement tentait-elle de dire poliment bonjour comme lui avait si souvent martelé ses parents, que la mère de Drago entrait furieuse dans l'appartement de son fils. Hermione leva les yeux en l'air en maudissant le destin de mettre un tel défaut dans la balance d'un tel homme.
- Il n'est pas «
encore » là, annonça Hermione avec un manque de
patience réel.
- Vous n'arrivez donc déjà pas
à le garder dans votre lit? Piqua Narcissa verte de rage de la
situation.
- Intéressant de voir l'estime que vous portez à
votre fils unique...
- Oh mais, ce n'est pas lui qui est en tord,
mais bien vous... Ce n'est que la preuve que vous n'êtes pas
faite pour lui! Répliqua avec force Narcissa alors qu'Hermione
s'approchait d'elle.
- Votre fils pense pourtant le contraire!
Lança-t-elle alors en lui présentant sa bague de
fiançailles avant de s'en aller dans sa chambre sous prétexte
d'avoir à se préparer.
Quelques minutes plus tard,
alors qu'elle sortait de la douche un peu plus relaxée qu'en y
entrant, elle put parfaitement entendre la dispute qui faisait rage
dans la salle. Se mettant tout contre la porte pour bien comprendre
chaque mot, elle put voir à quel point Drago et sa mère
se laissait régir par un code de conduite dont elle ignorait
tout. Mais ce qui lui importait c'était de voir avec quelle
détermination Drago pouvait la défendre. Elle savait
néanmoins au fond d'elle qu'il en était capable même
si elle n'y avait pas forcément réfléchi jusque
là, mais face à sa mère, là elle tombait
quand même de haut dans la surprise. A entendre à quel
point il l'estimait intéressante, intelligente, pure, sans
arrière-pensée, vivante, sans parler du fait qu'il
avoua l'aimer comme jamais il pensait pouvoir être capable de
faire, les larmes coulèrent sur ses joues sans lui demander
son avis. A cette remarque, Hermione put toutefois constater que
Narcissa ne trouva rien à en dire et quand le silence
l'intrigua, Hermione osa entrouvrir légèrement la
porte. Le regard de défi que les deux Malefoy se lançait
était sans précédent pour elle. A ce moment
précis, elle se demanda ce qu'il pouvait bien arriver et une
frayeur incontrôlée de voir Narcissa gagner s'empara
d'elle au point de l'empêcher de respirer. S'il y avait
bien quelqu'un capable de briser son couple, c'était bien
sa belle-mère du fait de la relation quasi fusionnelle qu'elle
entretenait avec son fils. Hermione savait que Drago tentait de s'en
affranchir du mieux qu'il le pouvait mais dans ce genre de
situation elle voyait bien qu'il pouvait vaciller en quelques
secondes. A ses yeux, ils auraient eu des baguettes ou même des
armes moldues dans les mains, ça n'aurait pas été
aussi virulent que ce qui se passait à ce moment là à
travers leurs yeux. Ce qui était alors des secondes lui
paraissait des heures entières l'obligeant même à
se demander si le temps ne s'était pas alors arrêté.
Aucun des deux n'avait le reste du corps qui bougeait d'un seul
millimètre, tout se passait dans l'expression visuelle entre
la mère et le fils. Seulement, et ce, probablement à la
grande surprise de Narcissa vu son étonnement, ce fut bel et
bien Drago qui remporta la victoire.
- Si je ne suis ni forcé par un quelconque contrat, ni par une quelconque naissance non programmée que vous savez totalement improbable de ma part, ni pour une opération financière, ni par défi ou dépit… pourquoi pensez-vous que je le fais ?
Naturellement, même si Hermione aurait aimé que sa future belle-mère y réponde, c'était trop demander à celle qui ne connaissait que la partie maternelle de l'expression de ce mot dans sa plus grande définition. Sans un mot, celle qui était vaincue par K.O repartit sous le regard déterminé de son fils alors qu'Hermione ne se remettait toujours pas de ce qu'elle venait d'entendre. Aucun doute n'était permis, il venait de dire d'une manière détournée qu'il l'épousait parce qu'il l'aimait et même si à force, la frustration de ne pas entendre ces trois petits mots commençait à se faire sentir, cette phrase lancée à la figure de sa belle-mère n'en avait que plus de valeur à ses yeux. Bien sûr, après avoir récupéré le peu de neurones encore en marche après une telle émotion, Hermione ouvrit la porte et se jeta dans les bras de Drago qui semblait peu étonné de sa présence. En voyant ce visage là de son futur mari, elle ne regretta plus, mais alors plus une seule seconde, tous les choix difficiles qu'elle avait dû prendre jusque là. La preuve d'amour qu'il venait de lui donner justifiait tout, absolument tout…
Suite à cela, Hermione donna une leçon de vie en révélant en même temps un secret féminin à Drago. Compliments et attentions étaient toujours généreusement récompensés à la hauteur du plaisir ressentit par sa destinataire. D'une preuve d'amour résultait l'acte d'amour et l'intellect de Drago fut alors un élève attentif à ce cours. Hermione le vit sourire à cette révélation interne et fut satisfaite d'avoir parfaitement fait passer le message tout en étant entièrement comprise.
Vers midi, une fois que les études de rattrapages furent terminées, il fut temps de revenir à la réalité des choses et de penser aux trous de la passoire dont Blaise se servait de langue. Forcément, un déjeuner en public était déjà inévitable, et tel qu'Hermione connaissait à présent Drago, il y avait peu de chance qu'il s'en contente. Et effectivement, lorsqu'elle commença à se préparer, il arriva derrière elle, soufflant très légèrement dans son cou presque hésitant à ne pas lui retirer ce qu'elle avait à peine enfilé tout en se contentant de trois seuls longs baisers – un juste en dessous de l'oreille, un en plein milieu sur la veine empressée par l'émotion, le dernier à la base terminant de lui provoquer un étourdissant frisson-. Il la laissa se reprendre puis remonta à son oreille pour lui murmurer de se faire aussi jolie qu'une femme le ferait pour séduire l'homme qu'elle convoite. Sur le coup, Hermione s'interrogea sur les intentions demandant une telle requête puis compris. Elle mit alors cette robe qui était lié au commencement de leur histoire -ce que Drago remarqua avec un léger sourire suivi d'un « très bon choix »-, arrangea légèrement ses cheveux, fit en sorte d'être aussi séduisante et naturelle tout en ne devenant pas ridicule. Heureusement, elle fut vite rassurée lorsqu'elle sortie de la chambre et qu'elle provoqua un arrêt de respiration spontanée au commanditaire de son apparence. Le petit sentiment de fierté en elle de plaire lui fit remonter la tête, échapper un petit bruit de satisfaction qui fit rire Drago puis elle mit sa cape avec la dignité d'une dame habituée à ce genre de rituel. Une fois dans la rue principale du chemin de Traverse, il ne fut plus question de se cacher ou de jouer les timides. La volonté de Drago était aussi claire que ses intentions.
- Tu veux vraiment
qu'on joue les amoureux transis ne faisant pas attention au monde qui
l'entoure alors qu'en faisant ça on va devenir centre de ce
même monde? S'interrogea Hermione comme pour être bien
sûre d'avoir compris et pas faire d'erreur.
- Non, Hermione,
juste qu'on ne cache plus un état de fait, répondit-il
avec un clin d'oeil qui eut pour effet de lui couper toute
possibilité de parler.
Il lui prit donc la main juste
après de lui avoir refermer une bouche ouverte, et engagea
ensuite une conversation avec elle à propos de leur couple. Au
début, ce fut plus un amas de bruit plutôt que de
paroles compréhensibles mais petit à petit son cerveau
se reconnecta et Hermione fut encore une fois surprise de voir à
quel point Drago savait s'adapter à la situation. Elle
l'écouta alors presque religieusement parler du futur de leur
histoire et de sa vision des choses. Visiblement, il souhaitait
déménager dans un temps assez court afin de partir sur
des bases communes même s'il adorait cet appartement qui avait
vu naître cette relation. Jusque là, Hermione arrivait à
gérer cette petite appréhension du « après
mariage » qu'elle n'avait pas encore elle-même envisagé.
Seulement quand le mot « enfant » fut prononcé,
là, panique à bord. Même si ce n'était pas
du tout le moment ni l'endroit pour aborder cette question, un «
Quoi? » instinctif sortit quand même de sa bouche jusque
là muette. Ses jambes se statufièrent sur l'instant
tellement le sujet de conversation lui provoqua un choc.- Si
tu tiens à supporter ma mère te reprocher jours après
jours, et là sois-en certaine, elle ne va pas se gêner
pour le faire, de ne pas l'avoir fait grand-mère, d'avoir «
ruiné la dynastie des Malefoy en plus de l'avoir entaché
d'un mariage à sangs mêlés », et empêcher
son fils unique de goûter aux joies paternelles, il ne faudra
jamais venir t'en plaindre...
- Non, non, non, mais, non, attends
là !!! Tu me sors ça comme ça! Normal! En pleine
rue! Ah au fait, pour les enfants... Les en plus! Vous n'en avez pas
qu'un seul par génération en plus? Et puis, je ne sais
pas, tu pourrais quand même m'en parler, non? S'époumona-t-elle
presque à attirer davantage les regards sur eux.
- Et on
fait quoi là? On parle, non? Baissa d'un ton Drago tout en
souriant à quelques personnes trop curieuses.
- Oui, en
pleine rue! Reprit-elle de pleine gorge avant de se rendre compte de
la situation et se calmer légèrement.
- Ah parce
qu'il y a un endroit pour parler maintenant? La rue ce n'est pas
permis? Ironisa-t-il à l'énerver.
- Mais arrête
Drago! Ce n'est pas un sujet comme le temps ou le programme télé
du soir!
- Le programme quoi? Questionna-t-il en levant un sourcil
tout en se disant que ça lui rappelait un vague souvenir sans
savoir d'où exactement.
- Télé, bref, ne
change pas de sujet. C'est quand même pas rien ce sujet «
là » !
- Je ne vois pas en quoi il est si particulier
que ça... On va se marier et si j'ai bonne mémoire on
attend de gens mariés qu'ils fassent des enfants, non?
Déclara-t-il presque comme un professeur devant un élève.
-
Les autres ont s'en fout Drago, il s'agit de toi et moi!
- Et on
va se marier! Donc...
- Il est hors de question d'avoir des
enfants parce que la société ou la normalité ou
la dynastie ou ta mère ou la mienne ou Dieu le père ou
Merlin ou je ne sais pas qui ou quoi le désire! Si on devient
parents c'est parce qu'on l'aura souhaité et désiré
l'être! Toi et moi! Expliqua-t-elle dans une même
respiration ce qui fit sourire légèrement Drago avant
de redevenir sérieux.
- Si j'ai bien compris, tu es en
train de me faire comprendre que tu ne souhaites pas d'enfants avec
moi? Te marier oui, mais les enfants, non?
- Ne me fais pas dire
ce que je n'ai pas dit! C'est juste que je n'en veux pas si c'est
uniquement par obligation morale et sociale!
- Toi et ta fâcheuse
manie à vouloir faire tout contre les normes de notre
société... Après les elfes, la non récompense
pour service rendu à la communauté, voilà que tu
vas nous militer contre le droit d'avoir des enfants par «
envie d'en avoir »... Tu sais qu'il y a un mot pour ça?
Anticonformiste !
- Et fière de l'être !
- Et si
c'est moi qui te le demande? Si c'est moi qui te dis que j'aimerais
bien qu'un jour, on agrandisse notre famille avec autre chose qu'un
chat ou un chien? Qu'on fasse une place sur l'arbre généalogique
des Malefoy? Osa-t-il dire non sans déglutir après,
preuve d'un effort tout particulier pour lui.
- Oh, on arrive!
S'échappa Hermione qui ne savait plus vraiment gérer la
situation tellement elle en devenait déstabilisante.
Avoir des enfants avec Drago, « des », « un » déjà était une chose qu'elle n'avait jamais encore envisagée. Et pourtant, elle savait au fond d'elle qu'un jour où l'autre, la question se poserait. Elle l'aimait, donc bien sûr qu'avoir un enfant avec lui était une continuité de leur relation, une nouvelle preuve d'amour, un acte d'amour total exprimant leur attachement l'un à l'autre. Avoir un enfant avec l'homme qu'on aime est la finalité la plus ultime, entière et sacrée presque, c'était donner la vie à deux! Seulement, pour le moment, il fallait déjà gérer leur couple, leur situation, leur histoire, leur relation avec le reste de leurs proches et de la communauté, Hermione ne se sentait donc pas forcément capable de gérer en plus de ça un nouveau né. Une chose à la fois, et là c'était trop tôt à son goût. Drago s'aperçut toutefois de son malaise. Une fois assis à une table et non dans un box pour être bien à la vue de tous, et ce en attendant également Blaise, il lui murmura tendrement à l'oreille qu'il s'excusait de l'avoir brusquée sur un sujet qui devrait être plaisant théoriquement. Il la rassura ensuite en lui avouant qu'il ne se sentait pas non plus prêt à devenir père et que pour le moment, la priorité était la survie de leur couple. Hermione fut alors totalement d'accord avec lui à ce sujet et lorsqu'elle vit Blaise arriver tout penaud, une certaine rage en elle lui rendit toute sa combativité sur ce point.
Dire que l'ambiance fut glaciale était peu dire. Hermione démontrait à quel point il était facile pour une femme de faire la tête sans sourciller une seule seconde. Malgré les flashs des photographes à l'extérieur du restaurant, il était clair qu'elle estimait hors de question de faire le premier pas pour calmer la situation. Blaise, lui, n'en menait pas plus large également, serpentard dans l'âme, ses habitudes ne lui permettait pas de céder ainsi même s'il avait tord. Ce fut donc Drago qui désamorça la situation. Il se remplit son verre de vin sans en proposer à personne d'autre, félicita le serveur d'apporter les repas juste au moment où il le désirait, se mit à manger sans même souhaiter un bon appétit ni même calculer leur présence. Si Blaise ne s'en formalisa pas, Hermione elle, fixa son fiancé comme pour être sûre de bien voir ce qu'elle voyait. Il les ignorait! Royalement même ! Drago Malefoy dans toute sa splendeur ! Elle détestait! De rage, elle jeta sa serviette sur la table et croisa les bras, supposant que ça ferait réagir son serpentard vicieux machiavélique de fiancé à deux doigts se repartir seul de l'autel. Mais même ça, rien, nada, niet! Il continuait à manger son assiette consciencieusement sans se préoccuper du reste du monde. Elle but son verre d'eau d'une traite et reposa son verre avec vigueur. Toujours aucune réaction de Drago alors que Blaise, lui, la regarda d'un oeil. Elle se racla la gorge. Dernière tentative.
- Agréable, non? Murmura-t-il après avoir pris bien le temps de finir de mâcher ce qu'il avait dans la bouche.
Un partout. Après la leçon qu'Hermione lui avait fait au matin, c'était à elle d'en recevoir une. Elle regarda Blaise avec un air de reproche comme pour lui faire comprendre que Serpentard ou pas c'était lui qui avait fait sa bourde. Elle le fixa, exprimant plein de morale à travers son regard combiné avec ses sourcils. Le plissement léger de son nez et l'expression de ses yeux s'associaient à interpréter son sentiment. Il était peut-être un Serpentard orgueilleux mais elle était une Gryffondor courageuse et patiente. Et Blaise céda. Victoire pour Hermione qui décida ensuite de se resservir à boire de manière très sensuelle comme pour se célébrer elle-même cette bataille remportée. Elle vit Drago sourire à son manège.
- Ok... J'ai merdé, je m'excuse... Mais
elle a vraiment tout fait pour m'avoir celle-là... Et sa
plume... Je vous jure que si cette fichue plume se retrouve à
nouveau à travers de mon chemin, je la déplume très
lentement pour lui faire écrire toute les souffrances du
monde! S'exclama Blaise. Je suis sûr qu'elle m'a envoûtée!!!
Elle a probablement mis quelque chose dans mon, enfin mes, verres...
J'ai envie de vomir à me souvenir de l'avoir trouvé
séduisante... Moi! Une vieille !!! Je m'en veux assez moi-même
pour que vous en rajoutiez...
- Tu veux son adresse? Osa Drago
avant de rire du regard tueur de Blaise.
- Ca y est? Tu t'en
lasses? Répliqua-t-il avec les mêmes armes. Tu me
refiles tes vieilleries? Tu m'as pris pour un brocanteur? Remarque...
sourit-il tout en plaçant son regard sur Hermione.
- Tu as
une seconde pour imaginer autre chose sinon c'est la tienne d'adresse
que je donne à Skeeter... pesta Drago qui n'appréciait
pas forcément l'esprit fertile de son ami.
- Et si vous
continuez tous les deux, c'est moi qui vais aller la voir en avouant
que tu m'épouses uniquement pour cacher tes tendances
amoureuses secrètes avec ton meilleur ami, pesta Hermione
histoire de se mettre à leur niveau puis de prouver sa
supériorité féminine.
- Elle est toujours
comme ça? Demanda alors Blaise à Drago.
- C'est un
échantillon oui... répondit-il naturellement.
- Tout
s'explique alors... s'amusa Blaise. Veinard va...
- Non, juste la
classe, se venta-t-il sur un ton digne d'un total bad boy.
Le fait qu'il se mette à rire de cette remarque stupide totalement masculine, à écoeurer la féministe demeurant au fond d'Hermione, lui donna la nausée. Mais la cérémonie d'enterrement de hache de guerre eut raison de sa garde intérieure. Voir Drago s'amuser avec Blaise en crachant sur les manies, manières, coutumes, habitudes des femmes dans les cas extrêmes fut assez déstabilisant dans un premier temps mais l'autodérision qu'elle avait appris avec Ron durant sa jeunesse lui permit de s'intégrer à la longue. Au fur et à mesure, elle essaya également de leur montrer que les hommes n'étaient pas en reste dans le ridicule qu'ils énonçaient et bizarrement ça les faisait moins rire. Forcément elle en prit donc un peu pour son grade mais dès que Blaise allait trop loin, Drago le lui faisait remarquer. Lui seul en avait le droit parce qu'il savait comment se rattraper derrière et Hermione trouva ça vraiment touchant et particulièrement très séduisant.
Lorsqu'ils finirent le repas et qu'ils se dirigèrent vers la porte où au moins une vingtaine de photographes voyaient enfin la fin de leur attente arriver, Hermione vit Drago donner une petite tape sur l'épaule à Blaise l'air de dire « bon courage ». Les flashs se succédèrent ensuite à aveugler l'ancienne Gryffondor, l'empêchant de bien saisir ce qui se passait mis à part la main de Drago qui attrapait la sienne afin de la diriger à travers la foule de journalistes affamés de scoop. Elle entendit alors Blaise déclarer que les propos de Rita était le résultat unique de procédés peu professionnels de sa part et nullement à prendre au sérieux. Il ajouta ensuite qu'il était vraiment ravi que son meilleur ami ait enfin trouvé une femme à sa mesure et que même si à la base il avait été très surpris de son choix, il l'approuvait à présent totalement. Puis Drago prit le relais une fois encore pour insister sur le fait ce n'était pas des actions non justifiables ou des articles douteux qui auraient raison de leur décision, et que le mariage aurait bel et bien lieu. Les journalistes se tournèrent ensuite vers Hermione en la harcelant de dévoiler ouvertement ses sentiments envers Drago et après ce qu'elle avait pu recevoir de sa part depuis ce matin, elle mit un point d'honneur à empêcher Drago de couper court à cette séance de torture.
- Oui, je l'aime, répondit-elle tout en le regardant dans les yeux. Le passé que nous avons l'un et l'autre est différent certes dans une certaine manière mais proche dans le sens où on sait tous les deux par où l'autre est passé. Les différences nous ont rapprochées, nous ont appris la tolérance, l'absurdité des préjugés, la compréhension et le pardon. J'ai appris à le connaître au delà des apparences et en plus d'avoir une confiance totale en lui, oui, je l'aime.
Le baiser qu'il lui donna dès que la dernière syllabe fut sortie de sa bouche sortirait probablement sur la une des journaux dès le lendemain matin. L'euphorie que pouvait procurer un tel baiser lui fit oublier tout ce qui se passait autour. Limite ces éclairs de lumières qui les entouraient rajoutaient un côté mystique particulier à ce moment incomparable. Ils étaient ailleurs, l'un comme l'autre. Même le baiser terminé, ils ne purent rouvrir tout de suite les yeux à la fois à cause de l'aveuglement mais aussi par l'émotion ressentie. Blaise en profita alors pour faire sa BA de la journée en réparation de sa bourde de la veille en demandant aux journalistes de partir, maintenant qu'ils avaient obtenu ce qu'ils souhaitaient. Il déclara ensuite avoir beaucoup de choses à faire et préféra les laisser seuls. Seulement l'option de rentrer tranquilles dans leur appartement et de continuer ce que leurs hormones commençaient à réclamer aurait été trop simple. Non, bien sûr, si la simplicité était une notion obligatoire pour qu'un couple se solidifie, ils n'en seraient pas un. Non, eux, c'était presque une nouvelle maladie qui les poursuivait : « la Compliquité ». Notion de toujours attirer les ennuis, de séduire les emmerdes, d'appâter les complications. Et à ce moment là, la « Compliquité » se nommait Ronald Weasley. Adossé à un mur, visiblement juste après que la rue fut un peu plus dégagée, il finit par signaler sa présence.
- Je crois que des félicitations
s'imposent, non? Lança-t-il les bras croisés, contenant
sa colère et sa rage.
- Ron? Mais qu'est ce que tu fais là?
S'étonna Hermione subitement mal à l'aise en se
souvenant de ses pensées matinales.
- C'est une rue
publique, à ce que je sache, j'ai le droit d'y être tout
autant que vous! Se justifia-t-il en serrant les dents.
- Que
veux-tu Weasley? Demanda ensuite Drago en sentant bien arriver un
conflit et ne préférant pas tourner autour du pot
durant des heures malgré la main d'Hermione se posant sur son
torse souhaitant un peu de modération.
- L'empêcher
de faire l'erreur de sa vie! Répondit-il froidement en
regardant Drago droit dans les yeux.
- C'est bon, ça je
l'ai déjà fait, répliqua Drago sur le même
ton.
- Tu insinues que toi, toi le petit merdeux de Poudlard, fils
à son papa mangemort, sang pur et fier de l'être,
infidèle jusqu'au bout des ongles, toi, tu peux rendre heureux
une femme généreuse, altruiste, courageuse, passionnée,
exceptionnelle et magnifique que tu ne mérites pas?
- Pas
plus qu'un trouillard de première, toutou suiveur ne prenant
les bonnes décisions au bons moments, vivant sous la coupe de
sa maman chérie, et surtout incapable de garder une femme
effectivement si exceptionnelle et de la rendre heureuse... Tu as eu
ta chance Weasley, elle a fait son choix! Et seule!
- Elle me
reviendra! Tu devras vivre avec ce doute quotidien qu'elle me
reviendra. Hermione et moi ont est ensemble depuis notre première
année à Poudlard et on finira ensemble quoi qu'il se
passe! Tu n'es qu'un sale parasite dans notre histoire!
- Je
préfère vivre avec ce doute que de vivre tout en
sachant qu'un autre fait l'amour aussi souvent que possible à
la femme que j'aime et qu'elle y prend grand plaisir! Attaqua Drago
alors qu'Hermione commençait à se sentir très
mal dans cette situation. Mais attends autant que tu veux, je sais
pertinemment quelle chance j'ai et contrairement à toi, je
vais profiter de chaque jour pour lui donner toutes les raisons de ne
jamais me quitter.
- Hermione n'est pas le genre de fille qui
s'achète! Argumenta-t-il en estimant marquer un point.
-
Exact, c'est le genre de fille qu'on apprend à écouter,
qu'on respecte, qu'on soutient dans ses projets et qu'on aime dans sa
forme la plus ultime. Chose que tu ne sais visiblement pas faire...
-
Bon ok messieurs, intervint enfin Hermione, à bout de nerf et
à deux doigts de pleurer. Ron, sincèrement je suis
désolée que tous les deux ça n'ait pas marché.
J'ai espéré tant d'années que tu réalises
tes erreurs et que tu reviennes vers moi seulement voilà,
c'est Drago qui s'est trouvé sur ma route et ce, d'une manière
des plus inattendues. J'ai du faire un choix dans un premier temps,
et c'était toi parce que tout comme toi, je pensais que nous
deux c'était notre destin. Seulement voilà, ce que m'a
fait découvrir Drago c'est que l'amour que j'avais pour toi
était celui d'un proche. Tu es et restera toujours une
personne importante pour moi au même titre qu'Harry, Ginny ou
même mes parents, mais c'est de Drago dont je suis tombée
amoureuse et c'est lui que je vais épouser. Ne me reproche pas
d'avoir suivi mon coeur Ron, j'ai accepté que tu sois heureux
avec celle qui m'a remplacée avant même que je puisse
ravaler mon ego, à ton tour d'accepter que je sois heureuse
dans les bras d'une autre personne.
- Mais c'est...
- Drago
Malefoy, oui, merci Ron, je m'en étais aperçu... Et
après? Si tu t'arrêtes à tes souvenirs et à
son nom alors tu ne vaux pas mieux que l'image que tu as de lui, Ron
!
- Il va te tromper avant même que tu fêtes ta
première semaine de mariage!!! Argumenta Ron en pointant Drago
du doigt, chose que l'intéressé n'apprécia
pas.
- Baisse ça! S'emporta Drago tout en mettant sa main à
sa poche.
- Stop! Ordonna alors Hermione. Ecoute Ron, je souhaite
te garder comme ami parce que je tiens à toi, mais si tu
continues sur ce ton avec l'homme que je vais épouser, je
serais contrainte de faire un choix et je peux t'assurer qu'il sera
vite fait en ta défaveur! J'en ai marre de tes excès
d'humeur Ron. Il est grand temps pour toi d'assumer tes actes et tes
choix. J'ai fait le mien! Et puis ne fais pas cette tête de
vieille mule empâtée! Allez, ravale ta rancoeur et ta
mauvaise foi puis passe le bonjour à Harry, Ginny et mes deux
amours, on se voit samedi pour le mariage! Termina-t-elle avec d'un
sourire dont elle ne savait même pas elle-même d'où
il pouvait provenir.
Elle prit ensuite le bras de Drago, presque frustrée de ne pas exprimer tout ce que ces hormones et son esprit embrumé par la rage lui dictait de faire. Même si elle avait arrondi les angles pour éviter un bain de sang, une boule de rage était toute aussi vivace que celle de Drago. Comment Ron osait-il lui dire quoi que ce soit alors que tout était quand même de sa faute à la base. C'était lui qui avait estimé qu'une demande en mariage se faisait bourré jusqu'en chaque pore de la peau et que le non donné sous la colère était à prendre comme parole d'évangile. S'il la connaissait aussi bien qu'il le prétendait, il aurait dû savoir qu'une fois calmée, la demande reformulée de manière plus romantique aurait obtenu un oui. Seulement au lieu de ça, il avait préféré lui faire payer en sortant, même pas deux mois après, avec cette fille qui avait eu probablement moins de scrupules que Drago à briser les espoirs de celle qui aurait dû être à sa place. Ron avait fait moins dans la délicatesse qu'elle à ce moment là et elle avait tout pris dans la figure sans ménagement. Alors non, non Ron n'avait pas le droit de la juger sur sa décision. La main fermement agrippée à celle de son fiancé, elle était bien décidée à ne plus se laisser avoir par l'esprit quelque peu manipulateur d'un homme trop souvent axé sur sa petite vie.
Une fois revenus à l'appartement et la pression redescendue, aucun des deux n'osa toutefois d'aborder le sujet. Drago s'affairait à ses dossiers, qu'il avait mis de côté sur son bureau du fait de la préparation du mariage, bien que parfois Hermione le surprenait à la regarder du coin de l'oeil, et elle s'occupait de répondre à tous les courriers reçus suite à l'article afin d'affirmer à ceux qui voulaient l'entendre que tout allait bien entre eux. « Non, Drago ne m'a pas trompé avec votre fille, ce soir là nous étions en plein repas avec nos témoins, votre fille fréquente donc une autre personne et je vous prierais de ne pas faire circuler des rumeurs non fondées »; « Non, le ministère ne nous a pas emprisonné dans une des salles d'études dans le département de l'amour en tant que cobaye »; « Non, aucun chocolat provenant de la boutique des Weasley est responsable de notre union, néanmoins je vous conseillerais leur nouvelle boite Aphrodisia qui pourrait rendre service à votre fils s'il n'ose pas avouer ses sentiments à celle qui l'attend, même si au début il risque de délirer un peu, par la suite il sera tellement heureux de clamer son amour que la demoiselle ne risque pas d'oublier sa déclaration. »; « Non, le ministère n'a pas organisé notre rencontre, seul le destin s'en est chargé lorsque nous avions onze ans alors pas la peine de demander audience... » ; « Oui, Ron est libre à ma connaissance... » Commença-t-elle à écrire avant de continuer la lecture, de voir la signature de la lettre et de se souvenir qu'il s'agissait de son ancienne collègue de bureau lorsqu'elle travaillait avec Steve. S'étouffant presque de rire tellement elle trouvait la situation risible, elle attira l'attention de Drago.
- Qu'est ce qui se passe?
- Oh rien,
juste que dans l'une des lettres, une des secrétaires de Steve
me demande des renseignements sur Ron et de manière assez
détaillée, répondit-elle à moitié
hilare tellement c'était ridicule et pathétique selon
elle.
- A jouer les coeurs brisés, chose qu'il sait faire
naturellement déjà, il va rapidement se consoler,
commenta Drago avant de se concentrer à nouveau sur ses
documents alors qu'Hermione riait déjà beaucoup
moins.
- Ne le juge pas Drago s'il te plaît, défendit-elle
en appréhendant la réaction de son fiancé. Il
n'est peut-être pas le plus démonstratif des hommes mais
il a un coeur généreux et un sens du devoir très
développé. Ron est quelqu'un de bien derrière sa
carapace!
- Epouse-le alors! Cracha-t-il sur un ton froid et
vindicatif qui fit mal à Hermione.
- Ce n'est pas parce
qu'il ne me convient pas qu'il ne peut pas convenir à
quelqu'un Drago! Et si je voulais l'épouser, je ne serais pas
là en ce moment même je te signale, mais avec lui en
train d'organiser le mariage qu'il m'avait proposé!
Rebondit-elle en voulant lui faire comprendre qu'il n'avait pas le
monopole de la parole blessante.
- Bon stop! De toute façon
il est l'heure d'aller voir tes parents si je ne me trompe pas, et
puis j'ai assez entendu parlé de lui pour aujourd'hui, pour ne
pas dire pour la semaine et plus...
- Drago attends,
soupira-t-elle, en ne souhaitant pas non plus continuer dans une
escalade de dispute, tout en le rejoignant. Comme je lui ai dit, j'ai
fait mon choix, et c'est toi que je veux garder auprès de moi
pour le restant de mes jours... Lui ne restera qu'un simple ami et tu
es l'homme de ma vie, déclara-t-elle avant de l'embrasser
tendrement sans lui laisser vraiment le temps de se remettre de ces
phrases touchantes même pour un homme faussement insensible.
Apaisé par ce baiser bienvenu, le couple arriva alors chez les Granger en fin d'après-midi pour le traditionnel « tea time » qu'Hermione aimait honorer avec eux. Bien sûr, à peine arrivée, elle fut accaparée par sa mère qui lui demandait des nouvelles de l'avancement du mariage et laissa presque sans le vouloir Drago seul avec son père. Du coin de l'oeil, elle pouvait voir qu'ils n'étaient quand même pas très à l'aise et s'étouffa presque à se rendre compte ensuite qu'il parlait probablement d'elle vu les coup d'oeil furtifs en sa direction. Avec sa mère qui la saoulait de flots de mots que son esprit luttait à assembler pour former des phrases cohérentes, et ce spectacle masculin peu rassurant, Hermione sentit comme un frisson la parcourir. Heureusement la bouilloire devint héroïne malgré elle et sauva Hermione d'une mort par noyade. Les cinq minutes de silence, qui s'en suivirent du fait de l'harmonieux mélange du sucre et du thé dans la tasse de sa mère, furent un réel paradis sur terre au point qu'elle compara ensuite tout autant cette petite cuillère se posant sur la soucoupe comme le démon le plus sadique au monde puisqu'il était le signe du retour du moulin à paroles. Hermione regarda à nouveau son homme du coin de l'oeil, échangea un bref sourire avec lui puis supporta avec plus de concentration ce que sa mère avait impérativement besoin de lui dire. Sur le coup, elle se promit quand même que si elle avait des enfants, elle ferait le maximum pour ne pas leur imposer ça, en souvenir de la torture passée.
Sa mère lui rappela quand même qu'elle avait oublié d'inviter quelques cousines oubliées depuis des années mais qu'elle tenait à les convier à l'unique mariage qu'elle n'aurait jamais à organiser. Hermione avait beau lui dire que les invitations étaient déjà prêtes à partir, sa mère décréta qu'elle en ferait faire de son côté pour pallier aux oublis malencontreux de sa fille. Il ne restait plus qu'à Hermione de régler la logistique du repas et rajouter quinze cousines germaines (ou pas) en plus, douze cousins aux mêmes degrés, et un peu moins de conjoints. Bien sûr, avec tous ces adultes, il y avait les enfants à gérer mais là, sa mère semblait confuse de ne pas savoir combien d'enfants ses chères cousines et cousins avaient pu engendrer. Hermione remercia son père de n'avoir « vraiment » plus de famille mis à part celle de sa femme à supporter.
- Mais au fait, c'est quoi cette histoire ma fille?
Intervint d'un seul coup sa mère après avoir vérifié
que les hommes n'étaient plus à portée de vue et
d'ouïes. D'après le journal de ce matin, tu serais
enceinte d'un homme infidèle de nature? Enchaîna-t-elle
en surprenant une nouvelle fois Hermione dans l'art et la manière
de passer du coq à l'âne en toute innocence.
- Maman,
cette Rita se complaît à écrire tout ce qui est
l'inverse de la vérité... Il ne faut pas croire ce que
ce scarabée peut sortir. C'est une femme envieuse, arriviste,
perfide et viscéralement méchante.
- Seulement, il y
a bien des indices qui ont dus la conduire à écrire ce
genre d'article non? Insista sa mère en écartant la
liste où résidait le nom des fameuses cousines comme si
ça n'avait plus d'importance à ses yeux.
- Non, je
ne suis pas enceinte maman. Drago et moi, nous avons déjà
bien du mal à construire notre couple avec toutes ces attaques
quotidiennes alors fonder une famille maintenant serait pure folie.
On n'en est pas du tout à ce stade et je ne pense pas qu'on
le soit de sitôt, ajouta Hermione, pensive, alors que sa mère
ne semblait pas convaincue.
- Et sur sa fidélité?
Appuya-t-elle sur le seul point sensible de la situation.
- Drago
et Pansy étaient fiancés depuis leur naissance. Comme
on vous l'a expliqué, c'est d'ailleurs comme ça qu'on
est venu à se revoir après ces quelques années.
Il ne souhaitait pas ce mariage imposé et je lui ai apporté
la solution. Effectivement, d'après ce que je sais, il n'a pas
été fidèle à la parole que ses parents et
ceux de Pansy avaient scellée mais jamais Drago n'a éprouvé
de sentiments amoureux pour elle donc à partir de là je
ne sais pas s'il est totalement condamnable de ces moments «
d'égarement », argumenta-t-elle en se rappelant qu'elle
avait été elle aussi une maîtresse avant que
Drago ne se libère de Pansy. Et puis, le soir où soit
disant il me trompait, il était en réalité avec
moi pour me mettre ceci au doigt, avança-t-elle avec un geste
de la main en même temps, jusque là habillement
dissimulée.
- Oh... resta stupéfaite sa mère
en voyant la beauté de la bague de fiançailles. On peut
lui reconnaître un certain bon goût...
- Merci,
intervint l'intéressé qui venait d'entrer dans la pièce
avec le père d'Hermione à cet instant précis.
-
En tout cas, je suis ravie que vous ne vous pressiez pas pour fonder
une famille, se félicita la mère d'Hermione un peu
soulagée face au regard sûr que lui offrait son futur
gendre tout en allant s'asseoir à côté de sa
fiancée. Vous êtes jeunes et Hermione doit à
présent recommencer toute sa carrière professionnelle
après le fiasco du consulat, argumenta-t-elle en mettant un
pied dans un plat fumant.
- Maman... soupira Hermione tout en
suppliant son père du regard pour qu'il intervienne.
-
Laisse-les donc un peu tranquille maintenant que tu as tes
réponses... Hermione semble heureuse et épanouie avec
ce rebelle au grand coeur, se moqua son père, c'est tout ce
qui doit compter. Et par pitié brûle moi cette liste
avec ces cousines que j'espère ne jamais plus avoir le «
plaisir » de revoir... Rien que d'y penser j'en ai des
frissons...
- Quand même, ces gens de votre communauté
vont s'attendre à un faire part et vont penser que notre fille
n'a pas de vertu alors qu'elle a bien plus de moralité que
nombre d'entre eux, s'emporta-t-elle alors qu'Hermione ne put
s'empêcher de rougir comme jamais, ce qui fit rire son père.
-
Hermione sera mariée avant d'être mère, pour ça,
vous pouvez compter sur moi, répondit Drago fermement. En
m'épousant, elle épouse mon nom et il est hors de
question qu'il soit traîné dans la boue par une vieille
envieuse. Néanmoins si cela devait être le cas, ce qui
ne l'est pas, insista-t-il, ça ne serait pas pour me déplaire,
bien au contraire, continua-t-il en provoquant presque un arrêt
cardiaque à Hermione.
- Comment ça? Réussit-elle
à dire quand même.
- La continuité du nom...
Un jour où l'autre, il faudra y penser, alors maintenant ou
plus tard... Ce n'est pas comme si on avait dix-sept ans.
-
Seulement, Hermione doit se retrouver un emploi avant! Ce n'est pas
enceinte jusqu'au cou qu'elle pourra faire ses preuves et encore
moins dans les langes!
- Bon, stop, paniqua l'intéressée
qui se voyait déjà avec de la bave sur les épaules,
le nez agressé par des odeurs pestilentielle et des oreilles
torturés par des cris incessants. Une chose à la
fois... Déjà le mariage, après on verra...
D'ailleurs, il faudrait rentrer Drago. Je suis épuisée
et demain j'ai une longue journée qui m'attend avec ta mère
en plus de la mienne et je sens qu'elle va me nécessiter «
toute » mon énergie...
- Que veux-tu dire par là?
S'offusqua sa mère alors que son mari tentait de la modérer
d'un geste compatissant.
- Juste que vivement que ce mariage soit
passé, soupira Hermione en regardant Drago du coin de l'oeil
avant d'en obtenir un sourire de soutient.
- Ce fut un plaisir,
monsieur et madame Granger, je vous dis donc à bientôt!
-
Au moins à samedi prochain, déclara le père de
la fiancée tout en lui serra la main. N'hésitez pas si
vous avez besoin de quoi que ce soit.
- Merci papa, embrassa
Hermione avant d'en faire autant à sa mère tout en lui
glissant un je t'aime bienvenu.
- Moi aussi ma chérie,
soupira-t-elle avant de les voir transplaner.
Soulagés visiblement l'un comme l'autre de rentrer, un certain silence pesa néanmoins à cause de deux sujets sensibles. Hermione et Drago se regardaient successivement du coin de l'oeil sans jamais oser amorcer la conversation et ce petit manège dura jusqu'à ce qu'ils soient tous les deux dans le lit. Hermione tournée de son côté, Drago à moitié assis, adossé au mur avec un oreiller pour adoucir le contact, l'un comme l'autre avait de quoi estimer la situation ridicule. Hermione retournait tout ça dans sa tête et de nombreux tableaux se succédaient sans qu'elle n'ait le pouvoir d'arrêter ça.
Le premier la plaçait en Mrs Weasley numéro deux, mais en moins douée, ce qui résultait à un appartement complètement délabré, avec des langes qui pendouillaient un peu partout, deux enfants se disputant un morceau de pain tellement ils étaient affamés, un qui hurlait à la mort parce qu'un quatrième venait de lui prendre son jouet et elle qui se concentrait à lire un livre ayant pour thème la maternité, ou comment être une bonne mère de bientôt cinq enfants vu la rondeur de son ventre. Après s'être secoué la tête, c'était un fils unique tel un Malefoy junior copie conforme de ce qu'elle avait du subir jeune qui se présenta à elle. Il la méprisait parce qu'elle avait fait de lui le premier sang mêlé de son illustre famille et il en avait honte. Hermione sentit son coeur se serrer à la pensée d'être repoussé par son propre enfant à cause de ses origines. Se forçant à imaginer autre chose, ce fut une fille qui vint venger son orgueil. Vive, maligne, intelligente et arborant des cheveux aussi lisses que blond, cette petite semblait être un parfait mélange entre Drago et elle, seulement elle savait que Drago exigerait d'elle un fils pour la continuité du nom. Alors qu'une quatrième situation naissait petit à petit, elle sentit un mouvement à côté d'elle et une main se placer sur son ventre avant de sentir le menton de Drago se poser sur son épaule. Venant de lui, cette marque de tendresse n'était surtout pas à repousser.
- Jusque là, j'ai toujours envisagé
ma paternité juste pour la succession mais avec toi pour mère,
le jour où on aura un enfant, parce que ce jour viendra, ça
ne sera pas pour des questions de descendance mais bel et bien parce
qu'il sera la preuve de notre amour. On a tout notre temps de toute
façon Hermione. Il viendra quand le destin l'aura décidé
et j'avoue que pour le moment j'ai plutôt envie de profiter de
toi que de transplaner dans tout Londres pour te chercher des
fraises.
- Préjugé pathétique... On n'est
pas toute à réclamer des fraises franchement...
-
Très bien, alors tu iras te les chercher puisque c'est si
pathétique...
- Mais je ne sais pas d'avance si je vais en
vouloir ou pas, ce que je te dis simplement c'est que les femmes
enceintes ont toutes leur façon de réagir face aux
changements qui s'opèrent en elles. Il n'y a rien de défini,
c'est tout!
- Ah oui donc si je te ramène des fraises pour
te faire plaisir, tu les refuseras? S'amusa Drago.
- Mais je n'en
veux pas de tes fraises! Pesta-t-elle en ne comprenant pas qu'elle
courrait droit vers la taquinerie.
- Tant mieux, ça m'en
fera plus alors!
- Mais garde-les tes fraises! S'énerva-t-elle
en repoussant la main de Drago.
- Et bien si c'est faux pour les
fraises, j'espère que c'est également faux pour le sale
caractère capricieux, parce que sinon je ne suis pas sorti de
l'auberge avec toi... désespéra d'avance Drago avant de
lui faire de tendres baisers dans le cou de sa fiancée,
totalement livrée à ses lèvres.
- N'essaie
pas de m'avoir comme ça, tu n'y arriveras pas...
Bougonna-t-elle.
- Je vais finir par croire que tu es déjà
enceinte, se moqua davantage Drago sans pour autant s'arrêter
dans son harcèlement.
- Tu irais me chercher des fraises?
Lança-t-elle à demi amusée.
- Non, là
j'ai plutôt envie de tester la rumeur qui dit qu'une femme
enceinte est plus réceptive à la tendresse, et puis, il
y en a dans le frigo... Remarque je peux aller les chercher si tu
veux qu'on s'amuse avec, sourit-il en imaginant un jeu amoureux
assez.
- Dodo... couina Hermione avant de voir que cette requête
se solda par une attaque plus ardente de son compagnon à lever
les yeux en l'air avant de céder. Va donc chercher les fraises
alors...
- Comme quoi les rumeurs ont toujours un fond de vérité,
rit légèrement Drago avant d'embrasser le ventre
d'Hermione à présent sur le dos tout en murmurant «
un jour ... » avant de se lever pour aller quérir de
quoi rassasier tous leurs appétits.
