Cher journal !
Je tenais à m'excuser pour mon égarement d'hier... Je crois que la proximité du mariage me rend à moitié folle... oui, bon, totalement folle... Il parait que d'en prendre conscience est un premier pas vers la guérison... Rien n'est moins sûr toutefois...
Néanmoins, ce matin, j'ai déjà le coeur plus léger qu'hier. Et la première chose qu'il faut que tu saches c'est que "Non, Drago n'a pas couché avec Rita". Bon, pour avoir cette information, il a fallu que je risque mon couple et mon mariage... Oui, pathétique, je sais... Tiens, il y avait longtemps que je ne l'avais pas prononcé celui-là... Et, il ne me manquait pas, à vrai dire...
Sinon, mon état d'esprit à cinq jours de mon mariage est plutôt dans le flou le plus total et artistique. Avec Drago, il y a tellement de haut et de bas que mon coeur et ma tête ont du mal à suivre... Il peut être si adorable et devenir si détestable en un quart de seconde... Au moins, j'apprends à mieux le connaître et c'est vrai que c'est important pour construire une relation capable de faire face à tout et n'importe quoi. Je n'imaginais pas qu'il ait une complexité aussi profonde. Rien n'est noir ou blanc avec lui, tout est une nuance de gris. Et au fond de moi, je sais que c'est ce qui le rend aussi spécial au final.
La note positive de ma journée d'hier est ma rencontre avec une vieille cousine très éloignée de Drago. Figure-toi, cher journal, qu'il s'agit d'une Malefoy fille volontairement "égarée" ! Elle est tout l'inverse de Narcissa et semble comprendre mon calvaire... Elle m'a invitée à venir lui rendre visite régulièrement et je pense que je dois accepter. Ça me permettrait d'ailleurs d'en savoir plus sur ce côté fantomatique de ma future belle-famille. Et puis, en attendant de trouver un hypothétique travail, je pourrais peut-être travailler sur un mémoire... Bon après, je ne suis pas spécialement convaincue que l'histoire des Malefoy passionne franchement la ménagère de moins de 50 ans avant d'aller se coucher, mais bon, quand je me rappelle des torchons d'inepties que j'ai consulté pour sortir Drago de son mariage arrangé, je me dis que mon livre aurait au moins sa place dans les archives du Ministère ! Imagine un peu quand même, cher journal, si jamais je publie et que mon livre arrive jusqu'au sous-sol, mes anciens collègues risquent de faire une de ces têtes quand ils réaliseront qui l'a écrit... Quoiqu'à y réfléchir, je ne suis pas sûre qu'ils fassent attention réellement au nom de l'auteur quand il classe... surtout dans les rayons de la généalogie... Oh, dans le doute... je l'enverrais moi-même avec un petit mot, histoire de montrer que je ne suis pas rancunière... Enfin, si, un peu quand même, je te l'accorde... Mais c'est de bonne guerre, non ?
Voilà, sinon, quoi dire après qu'aujourd'hui, je vais probablement passer la journée avec Ginny. Elle a pu finalement se libérer pour venir faire les essayages de robes de demoiselles d'honneur. Son hibou de ce matin m'a d'ailleurs assez surprise, car en toute honnêteté, j'avais complètement oublié ce détail de l'organisation du mariage. Tout comme le rendez-vous chez le mage cette après-midi que Narcissa nous a rappelée en envoyant un grand-duc à 7h00. Mais sur ce point, j'ai un doute qu'elle ne nous l'ai dit tout court… À ce rythme, je risque même d'oublier de dire « oui »… Enfin, si vraiment j'en arrive là, Drago risque de me passer un sacré savon, mérité cette fois-ci… Ah, journal, tu te rends compte quand même qu'on est mardi et que samedi, ce samedi-là, je me marie… Que les choses changent vite quand même…
Oh zut, un autre hibou, c'est probablement Ginny qui s'impatiente. Je vais devoir te laisser.
À demain !
Hermione ferma alors rapidement son journal en ne faisant pas attention de le refermer totalement, prit son sac, embrassa un Drago à peine réveillé qui évita de peu de se renverser sa tasse de café et sortit de l'appartement. Le cœur léger, elle soupira de contentement devant une journée qui commençait bien pour une fois. Drago l'avait réveillée en douceur avant de lui faire un simple câlin tendre et romantique puis, il lui avait préparé son petit déjeuner pendant qu'elle se prenait sa douche. Seulement, l'hibou de Ginny et la correspondance avec Luna par la suite, avaient écourté le repas matinal. Forcément, Drago avait râlé, voir maudit les Potter pour une énième génération et souhaité très fort que Luna s'étrangle avec tous ses trucs bizarres dont elle avait le secret, mais Hermione avait calmé la situation en lui offrant un baiser très sensuel et prometteur d'un pardon nocturne. Si avec ça Drago ne l'attendait pas fermement au lit quand elle rentrait, elle reprendrait probablement des cours de séduction. Mais vu comment il l'avait traité de « gourmande », elle sourit instinctivement avant de murmurer un « oui » tout en s'avançant sur le Chemin de Traverse.
Hermione, sûre d'elle et de sa décision, marcha la tête haute dans cette rue bondée à neuf heures de la matinée par une journée ensoleillée à souhait. Rien ni personne ne semblait capable de lui enlever son petit sourire et c'est d'un pas décidé qu'elle arriva jusqu'au point de rendez-vous où Luna, Ginny et ses enfants l'attendaient déjà.
- Mamione ! Hurla alors le petit Andy. Mamione est là, maman ! Regarde !
- Arrête de hurler comme ça, Andy, tu n'es pas obligé de prévenir la Terre entière, voyons ! Rouspéta sa mère.
- Bonjour tout le monde, répondit alors Hermione, avec une fraicheur qui surpris presque les deux autres femmes.
- Tu as bu quoi ce matin ? Demanda alors Ginny, surprise.
- Un thé, pourquoi ?
- Tu te maries dans quatre jours ! Souligna Ginny.
- Oui, merci, ça, je sais, se moqua Hermione avant de prendre le garçonnet dans ses bras.
- J'étais une vraie furie, moi ! Rappela Ginny.
- Elle est peut-être dans un état de somnambulisme, suggéra Luna avant de lui prendre la main. Est-ce que tu vois des lucioles au-dessus de ma tête ?
- Non, répondit simplement Hermione.
- Effectivement, elle dort encore, affirma Luna avant de voir Hermione et Ginny éclater de rire sans comprendre.
- Bon, allez, allons explorer le monde, suggéra Ginny en direction de ses enfants.
- Ouai ! On va chez les Moldus ! Se félicita Lizzy. Trop cool !
- Trop cool, répéta Ginny en faisant un clin d'œil à Hermione.
En passant le mur, les enfants sautèrent de joie pendant que Luna leur expliquait les règles magiques qui empêchaient toutes les petites créatures de franchir cette frontière. Andy goba tout comme vérité vrai et passa tout son temps à faire des « oh ! » des « ah ! » quand ce n'était pas des « pourquoi ? ». Lizzy était moins dupe que son frère et Ginny commenta cela à Hermione en précisant qu'elle était bien la fille de sa mère, elle… Hermione compléta la « formation » en leur expliquant tout ce qui attirait leur attention dans les rues. Les fous rires s'accumulèrent alors face aux questions les plus inattendues des enfants devant un monde qu'ils ne maitrisaient pas encore. Heureusement, la boutique de mariée n'était pas très loin du chaudron baveur et l'interrogatoire put se terminer avant de puiser son capital patience.
Là, Lizzy resta immobile et en extase devant la devanture de la boutique. Hermione eut comme l'impression de voir la petite fille rêver éveillée à être à sa place. La jeunesse et la fraicheur de la petite d'Harry et Ginny seraient bien différentes de sa propre vision de son mariage et une part d'elle regrettait de ne pas pouvoir vivre son mariage avec ce regard de petite fille. Naturellement Hermione eut le même réflexe la seconde suivante dans le sens inverse tout en accusant le coup de se prendre plus de quinze ans minimum sur les épaules. Elle imaginait Lizzy avec un énorme sourire, montant l'allée dans une robe généreuse correspondante à ses espoirs de petite fille. Hermione arrivait à se projeter assise proche de l'allée à la regarder arriver au bras d'Harry avant de se tourner à sa gauche et y voir un Drago moins émotif qu'elle à ce genre d'évènement. Seulement, même s'il pouvait paraître toujours aussi froid, elle le voyait lui donner un mouchoir pour l'aider à éponger les quelques larmes qui s'évaderaient effrontément de ses yeux comme s'il avait prévu sa réaction. Hermione sourit à cette image et tout en empêchant le petit Andy de lui arracher le bras à vouloir entrer dans le magasin, elle sentit une chaleur réconfortante en réalisant qu'elle avait la certitude que quoi qu'il puisse se passer, Drago ressemblait à un iceberg concernant ses sentiments. Certes, il ne lui avait encore jamais avoué, mais tous les signes étaient réunis et Hermione n'en avait à présent plus aucun doute. Reboostée, elle avait également maintenant toute confiance sur la sincérité et la solidité de son mariage.
- Hermione, tu es avec nous ? Demanda Ginny qui avait remarqué son absence.
- Oui, pardon, balbutia-t-elle avant de voir la vendeuse venir vers elle.
- Vous, vous aviez le regard d'une femme qui sait à présent pourquoi elle se marie, n'est-ce pas ?
- Encore heureux ! Souligna Ginny. Sinon, elle aurait à faire à moi, je vous le garantis ! Menaça légèrement sa meilleure amie.
- Ah, ne me la stressez pas ! J'ai encore des essayages importants aujourd'hui ! Se plaignit la couturière. D'ailleurs, en attendant que je finisse quelques retouches, je vous propose de regarder ma sélection de robes de témoins.
Hermione s'amusa à voir Lizzy courir vers le portique désigné et passa d'une robe à l'autre avec des exclamations alors que son frère tirait la langue de dégout à chaque crie de sa soeur. Hermione s'amusa à les voir se disputer et encore plus de voir Ginny ensuite à l'action pour les obliger à s'assoir sur la chaise afin de lancer le super méga ultra plus génial des concours pour enfant : le Kikabouget ! Ce qui aurait pu sembler être une punition dans d'autres circonstances sembla être une véritable partie de plaisir pour ces deux enfants là, surtout quand Ginny annonça la récompense : tenir une baguette magique d'adulte durant dix secondes. À les voir silencieux, calmes et immobiles la seconde d'après le top départ fit de Ginny une véritable magicienne aux yeux des employées moldus de la boutique. Ginny put alors réellement se concentrer sur sa mission de la journée : être la meilleure amie d'Hermione et celle-ci soupira de soulagement à ressentir enfin un peu de sérénité dans toute cette folie.
- Et si tu me faisais voir d'abord ta robe pour voir à quoi on doit s'accorder ? Proposa-t-elle. Fait-moi rêver et revenir quelques années en arrière, soupira-t-elle ensuite avant de s'assoir à son tour juste en face de la cabine d'essayage.
- Mais elle n'est pas encore terminée, protesta un peu la couturière.
- Ce n'est pas grave, j'ai juste envie de voir ma meilleure amie dans cette fichue robe qui fera d'elle ma non-belle-soeur, insista Ginny avec un regard ne permettant pas d'autre négociation possible.
- Ginny... Soupira Hermione.
- Bah quoi ! C'est vrai, non ? Alors, vas-y et enfile là afin d'enterrer une bonne fois pour toutes ce fichu espoir que tu changes encore d'avis
Hermione ne discuta pas d'avantage et se rendit dans la cabine où la vendeuse lui apporta la robe encore sous son étui. Sans un mot elle défit la fermeture éclair et sortit l'objet de toutes les attentions avec délicatesse sous les yeux émues d'Hermione. Elle l'aida ensuite à l'enfiler et une fois prête, le rideau s'ouvrit devant une Ginny stupéfaite. Un pas après l'autre Hermione avança avec une petite difficulté du fait de la longueur à revoir, puis se plaça devant un immense miroir, laissant la vendeuse placer parfaitement la petite traine à l'arrière. Ginny se leva alors et la prit délicatement dans ses bras en tentant de retenir ses larmes. La vendeuse sembla particulièrement satisfaite et revint quelques minutes plus tard avec un voile qu'elle installa dans les cheveux d'Hermione après lui avoir fait un rapide chignon. Ginny observa alors mieux le reflet d'Hermione dans le miroir et commença à détailler davantage la robe et l'allure générale de son amie.
- Vas-y, parle ! Sourit Hermione qui connaissait bien Ginny.
- Elle est très belle et tu es magnifique dedans...
- Mais ? Insista Hermione.
- Je ne sais pas bien... Déjà, le voile... Je ne suis pas sure, réfléchit Ginny avant de regarder les accessoires sur une étagère un peu plus loin. Ce n'est pas comme s'il allait te découvrir le jour de ton mariage et Drago pourrait avoir peur qu'à la dernière minute une autre s'y cache à ta place. Je te vois plus arriver en le regardant droit dans les yeux, ajouta-t-elle en remarquant une petite barrette. Le chignon, je suis tout à fait pour. On te voit rarement les cheveux relevés et tendus et ça te donne une certaine noblesse qui sera peut-être appréciée par ta future... enfin l'autre... Bref. Essaye cette broche.
- Si on part sur ce principe, j'ai peut-être quelque chose qui pourrait être juste parfait, intervint la couturière avant de revenir avec une brosse, et un écrin qu'elle ouvrit très rapidement.
- Magnifique, sourit alors Ginny avant de saisir la broche où une fausse d'orchidée blanche agrémentait des arabesques de brillants qui remontaient vers le haut de la tête. Une vraie fleur rendrait le tout juste parfait, murmura Ginny à l'oreille d'Hermione qui comprit le sous-entendu.
- Alors ? Demanda la couturière.
- C'est bien, répondit Ginny avant de regarder à nouveau le reflet. La forme de la robe, le tissu, le chignon, la broche, tout ça j'aime, ça te va vraiment bien, Hermione...
- Mais ? Redemanda Hermione tout en se regardant à présent avec un oeil tout aussi critique alors que tout lui semblait juste magique.
- Je suis désolée, je suis une romantique incurable, tu me connais, et je trouve qu'il manque peut-être un peu de féérie...
- De dentelles, murmura la couturière.
- Ce n'est pas un peu ... tenta Hermione.
- C'est traditionnel, rectifia tout de suite Ginny.
- J'ai déjà pris une robe blanche et sans trop de fioritures pour justement respecter cette tradition, se justifia Hermione.
- Ça fait un peu "hôpital" et "stérile", répondit au tac au tac Ginny. Et ma belle, même si ça me fait mal de te dire ça, mais il est clair que Drago Malefoy attend une descendance...
- Je ne suis pas stérile ! Protesta Hermione instinctivement.
- Alors, prouve-le !
- Je vais attendre d'être mariée pour ça ! Répondit-elle avant de voir la couturière revenir avec un rouleau de dentelles comme si elle n'avait pas écouté l'avis contraire de sa cliente. Mais...
- Fermez les yeux et faites-moi confiance, exigea-t-elle. De toute façon vous aurez le dernier mot.
Hermione s'exécuta. Elle entendit les « hum » et les « oui » des deux femmes, et sentit quelques aiguilles la piquer légèrement puis le silence reprit ses droits dans la salle. Paniquée, elle ouvrit instinctivement les yeux et tomba sur une image d'elle qui la laissa toute aussi béate que Ginny et sa couturière. Même si l'ajout en dentelle était très sommaire et fragile, cela donnait une réelle idée du résultat possible. Son sourire se transforma très rapidement en un rire nerveux avant que quelques larmes ne valident définitivement l'idée.
- Comme tu es belle Tati ! S'extasia Lizzy.
- Perdu ! Se moqua alors son petit frère avant de sautiller sur place, fier de lui.
- Mais, ce n'est pas juste ! Maman ! Se plaignit son ainée.
- Désolée, ma chérie, mais pour compenser, vient, tu peux venir avec nous.
- Je rajouterai encore un peu de traines peut-être, murmura ensuite la couturière.
- Non, coupa fermement Hermione, elle est parfaite...
- Tout comme toi, murmura Ginny avant d'embrasser Hermione sur la joue. Ron me tuerait s'il savait, mais j'aime à savoir que Drago peut m'être redevable…
Hermione et Ginny rirent à nouveau nerveusement de bon cœur avant qu'Hermione ne quitte la robe afin que la couturière puisse arranger les épingles nécessaires au véritable assemblage à faire en moins de cinq jours. Hermione était légèrement gênée de devoir lui imposer ça, mais une partie plus égoïste d'elle fit en sorte que sa bouche soit bel et bien close à ce moment-là. Telle une chatte contente de ses méfaits, Hermione avait l'impression de ronronner de plaisir avec autant de fierté que possible pour cacher ses remords. Elle comprenait un peu mieux ce que pouvait ressentir son propre chat et se promis à elle-même de lui accorder une grâce histoire de se donner bonne conscience.
Légèrement soulagée, elle se concentra ensuite sur la tenue de Ginny, ravie d'essayer des vêtements sortant un peu de la mode totalitaire imposée par la boutique aussi prétentieuse qu'ancienne que Gaichiffon. Au départ, Ginny se fit juste plaisir à essayer tout ce qu'il y avait de plus sexy à provoquer un fou rire de sa meilleure amie puis plus sérieusement, le choix se fit plus judicieux. Déjà, il en fallait une qui ne fasse pas racoleuse. Même si Ginny faisait la moue à ne pas pouvoir rendre aphone et tirer partie de cette journée pour rappeler à Harry pourquoi il l'avait épousé, il n'aurait pas été correct d'avoir quelque chose de trou moulant ou décolleté. Ginny lui en proposa une deuxième avec des tulles qui lui donnait dix ans de moins surtout avec son air faux de petite fille innocente. Hermione lui proposa de lui rappeler comment elle avait fait ses deux enfants, mais quand Ginny accepta avec malice et un petit sourire au coin comme si elle se souvenait précisément de ces deux occasions, le chat se fit prendre à son propre jeu et un sentiment de dégoût à les imaginer l'envahit. Elle tenta de se concentrer à nouveau, mais ce n'est qu'au cinquième essai que l'image horizontale de ses deux amis commença à s'effacer de son esprit. Heureusement, très vite la couturière fut de retour aux essayages après avoir rangé la robe d'Hermione et l'orientation des choix se fit plus judicieux. Elle retira toutes les robes en soie fluide du portique pour éviter à Luna et Ginny s'avoir un portrait d'elle à la une de la Gazette avec une étiquette indiquant le prix de la passe le lendemain du mariage. Elle ôta également toutes celles en taffetas pour rester en harmonie avec la robe d'Hermione puis demanda si une couleur avait été définie pour le mariage. Hermione raconta alors son calvaire chez le fleuriste ce qui poussa Ginny à imposer des robes bien rouge bordeaux histoire de rappeler les valeurs de leur maison gryffondor.
- Hors de question que tu te maries dans un nid de vipères !
- Il y aura quelques pensées rouges quand même… se défendit Hermione.
- Elle est bien capable de te faire le coup du « oups, je suis désolée, mais finalement le fleuriste n'a pas pu en avoir à temps… Désolée… » et te retrouver vraiment dans un nid de vipères !
- Il y aura vraiment des serpents, maman ? Demanda sa fille en tirant sur sa robe pour attirer son attention.
- Mais non, ma chérie, rassura la mère avant que l'amie reprenne le dessus une fois l'enfant repartie dans son coin avec son frère. Enfin pas à terre, mais sur la tête de ta belle-mère telle une méduse, ça, il n'y a pas à en douter ! Ça sera donc rouge !
- Ginny… soupira Hermione en imaginant déjà le visage de Narcissa quand elle le saurait. Je ne veux pas non plus déclarer une guerre… On essaye justement de prouver qu'on est capable d'unir deux camps, et ce n'est pas en…
- Attends, ce n'est pas moi qui mets du vert partout ! Se justifia Ginny.
- Je lui en toucherai deux mots, capitula-t-elle avant de sortir une des robes du lot. Compromis, douceur, amour… Pas mal ça, non ? Proposa-t-elle en la montrant à Ginny et la couturière.
- Certes, mais je te jure que j'aurais du rouge sur moi, même si ça se limite à ma culotte ! Répondit Ginny par défi.
Cette robe rose peau comme la décrivait Lizzy sembla très adéquate pour Hermione. Il y avait un voile de dentelle au dessus d'un tissu plus ferme pour faire un rappel avec sa robe, les épaules étaient recouvertes et le décolleté n'était pas trop prononcé, et Hermione se sentit bien inspirée quand elle vit Luna et Ginny ressortir de la cabine. Le choix était enfin fait. Naturellement, Ginny protesta un peu, juste pour la forme, mais Hermione ne céda pas. Avec les cheveux relevés, Ginny ferait le petit effet qu'elle souhaitait et… et l'image d'Harry et elle au lit revint immédiatement. Hermione chercha alors à nouveau de retirer cette image de sa tête, mais l'air satisfait de Ginny devant la glace à bien placer sa poitrine le lui empêcha… Le mal était fait. Beurk…
- Ah, tu vois, finalement, tu n'aimes pas ? Tu préfères rouge ?
- Non, non, c'est très bien, se rattrapa-t-elle avant de se murmurer « justement trop… ».
- Serais-tu nerveuse à te marier, Hermione ? Demanda Luna tout en restant de marbre alors que la vendeuse luttait avec ses longs cheveux pour tenter d'en faire un chignon à son tour.
- Nerveuse ? Moi ? Répéta-t-elle alors avant de voir le sourire satisfait de Luna et soupirer. J'ai hâte que le mariage soit passé, oui…
Et ce sentiment là, s'accentua deux heures plus tard lorsqu'elles retournèrent du côté sorcier de Londres après avoir tenté de canaliser toutes les idées toutes aussi farfelues que magique dont seule Luna pouvait en avoir le secret. Les gens semblaient s'être donné le mot à les regarder soit avec dédains soit avec mépris. Ginny mit ça sur le compte des pieds nus de Luna, mais Hermione n'était pas dupe. Elle savait que les gens la jugeaient encore et ce matin peut-être un peu plus que les autres sans qu'elle sache trop pourquoi. Le mystère fut néanmoins rapide à percer lorsqu'elle entendit plus clairement le crieur nain de la Gazette scander les gros titres du jour : « Les bans publiés de Drago Malefoy et Hermione Granger : la prédiction de Miphilda Rogers nous dit tout sur l'avenir hypothétique du couple… » Naturellement, Hermione ne s'abaissa pas à en acheter un du fait de son avis sur les voyantes et sur la Gazette, mais Ginny ne résista pas au doux pouvoir de la rumeur, aussi lâche soit-elle. Et sans grande surprise pour Hermione, outrée de tant de faiblesse, Ginny ouvrit rapidement la page qui l'intéressait et lut à haute voix cette prophétie puante laissant alors l'occasion aux oreilles d'Hermione de la trahir à leur tour.
« Mes feuilles de thé sont claires sur le fait qu'ils ne passeront pas le cap de la première année. En effet Mars et Jupiter sont alignés le jour du mariage, un signe évident qu'il vaut mieux éviter d'être leur voisin. Pour ne rien améliorer, Miss Granger est du signe de la vierge alors que M. Malefoy est un gémeau. Autant dire que tout les oppose sur un plan astral. L'association de ces deux signes les places devant des conflits inévitables. Le Gémeaux est plus volatile, sensible au regard des autres, toujours en recherche du contact, il a besoin d'être entouré alors que la femme vierge est plus en phase avec la réalité de la vie, le sens pratique et les responsabilités. Le gémeau aime être aimé alors que la vierge se donne sans condition. Attention de ne pas confondre sentiment amoureux et grande affection… Quand on associe la date du mariage, leur signe astral et leur passé, autant dire que je ne leur donne pas plus de six mois… »
- Six mois ? S'étonna Luna. C'est très peu !
- Merci Luna de cette parfaite compréhension du temps, marmonna Ginny.
- Toute fois, je trouve cette analyse tout à fait perspicace ! Repris Luna, sure d'elle.
- Mais non, pas du tout, contredit Ginny en regardant Hermione du coin de l'œil. Les feuilles de thé ont toujours été du mauvais goût en matière de voyance…
- Elles m'ont pourtant particulièrement bien indiquée combien de bébés avaient eu mon Albus lors de ses trois premières portées !
- Et pas les suivantes ? Demanda Ginny à peine convaincue.
- Non, je n'avais plus de thé, répondit simplement Luna.
- Évident, murmura Ginny avant de se tourner vers Hermione, pensive. Allez, arrête, ce ne sont que des sornettes… Et puis, tu n'es plus à ton premier défait, non ?
- Je sais bien, affirma Hermione avant de fixer davantage ce qui avait déjà légèrement attiré son attention. Par contre ça, c'est bel et bien réel ! Montra-t-elle du doigt.
- Non, mais je rêve ! S'insurgea Ginny avant de devenir rouge colère. Fred et George Weasley ! Pouvez-vous me dire ce que vous êtes exactement en train de faire ? Hurla-t-elle en pleine rue à faire retourner tout le monde vers elle.
- Rien d'illégal, je te l'assure ! Affirma le premier.
- Rien que tu ne pourrais faire toi-même ! Ajouta le second.
- Vous êtes en train de parier sur la durée du mariage d'Hermione ! Hurla à nouveau Ginny.
- Et après ? Répondit George avant de se retourner et ajouter un galion sur le comptoir extérieur qui gérait les mises.
- Mais c'est Hermione ! S'insurgea Ginny avant d'attirer Hermione devant elle pour mettre une image sur ses mots. C'est votre amie ! Vous ne pouvez pas faire ça !
- Ne t'inquiète pas, intervint Fred en faisant un clin d'œil à l'intéressée, c'est George qui a parié cent galions sur trois mois…
- Cent galions ! Hurla Ginny.
- Moi, reprit Fred, je t'en ai laissé quatre!
- Fred ! S'époumona sa sœur. Vous devriez avoir honte !
- Honte ? Mais non ma chère sœur ! Si vraiment nous n'aimions pas Hermione, on ne mettrait pas tant d'argent dans ces paris qu'on risque de perdre !
- Au contraire, surenchérit George, on lui fait confiance !
- Imagine, Ginny, les paris en sont à mille contre un !
- Vous êtes pathétique et incurable, soupira Ginny alors qu'Hermione pouffa légèrement avec Luna.
- Non, juste réaliste, ma chère sœur, ajouta-t-il avant de passer son bras derrière l'épaule d'Hermione pour l'amener contre lui. Et sache très chère Hermione que je serais là pour te consoler le moment venu, tu pourras toujours compter sur moi !
- Ôte tout de suite tes sales pattes de là, menaça alors une voix juste derrière eux qui fit sursauter Hermione comme une petite fille prise la main dans le sac.
- Drago ! S'étrangla Hermione.
- Encore heureux que tu te souviennes de mon prénom, grogna ce dernier.
- Maman, j'ai peur, pleurnicha alors Andy avant d'aller se réfugier derrière sa mère.
- Il ne faut pas mon petit neveu ! Il grogne plus qu'il n'est méchant, rassura son oncle. En fait, quand tu enlèves la carapace de ce genre d'individu, tu y trouves de tendres nounours tout doux qui ne veulent que des câlins et leur maman quand ils ont peur, tout comme toi !
- C'est vrai ? Demanda alors Andy en regardant un Drago bouche bée.
- Non ! S'écria-t-il alors avant de mettre son propre bras autour de l'épaule d'Hermione. Et je mange des enfants curieux à chaque petit déjeuner !
- Drago ! S'indigna Hermione.
- Il ne faut pas me chercher ! Argumenta-t-il en défiant Fred du regard.
- Ce n'est qu'un enfant ! Répondit Hermione avec le soutien de Ginny.
- C'est aussi un Potter, marmonna Drago avant de remarquer les pieds nus de Luna. Certaines choses ne changeront jamais, soupira-t-il.
- 200 ? Lança alors Fred vers George.
- Non, 300 !
- Allons manger, Hermione, soupira Drago en sachant visiblement exactement de quoi ils faisaient allusion en regardant en direction du comptoir.
- J'ai demandé à Ginny et Luna de venir manger avec nous, informa alors Hermione en sachant pertinemment qu'elle serait la réaction de son homme.
- Voilà de quoi me couper tout appétit, ronchonna celui-ci.
- On peut venir ? Demanda alors Fred.
- Hors de question ! Répondit froidement et surement Drago.
- Drago ! S'indigna à nouveau Hermione.
- Non négociable ! On va manger tous les deux, un point c'est tout ! Ordonna-t-il tout en se maitrisant afin que toute la rue n'entende pas leur conversation.
- Hermione n'est pas du genre à recevoir d'ordre, répliqua Ginny.
- Et moi, je ne suis pas connu pour avoir une grande patience, surenchérit Drago.
- Vous voyez, intervint Luna, Milphilda Rogers n'a pas si tord que ça finalement… Les feuilles de thé sont formelles !
- Bien vrai, ça, Luna, confirma George ! Et si tu as besoin de quelqu'un pour combler tes nuits, je suis ton obligé, proposa-t-il à nouveau. Il faut bien se dévouer pour les amis, justifia-t-il en voyant le regard tueur de sa sœur. Le temps que Ron se réveille, ne t'inquiète pas.
-Rassurez-vous, coupa Drago tout en regardant Hermione d'un air vicieux, pas la peine d'être aussi prévenant, concernant ses nuits, Hermione n'a plus de doute sur ce qu'elle est en droit d'attendre et ce que ni vous ni votre frère pouvez lui offrir… Maintenant, on va manger, affirma-t-il en prenant Hermione de la main pour l'obliger à le suivre, laissant sur le carreau tout le monde. De toute façon, ce n'est pas comme si tu n'allais pas les revoir cet après-midi…
- Ah bon ? S'étonna Luna.
- Luna, soupira Ginny, tu n'as donc pas reçu le grand-duc de Lady Narcissa ce matin à six heures ? Demanda Ginny avec un ton de lassitude qu'Hermione pouvait comprendre vu l'heure à laquelle il avait dû les réveiller à la demande de sa maitresse.
- Oh, pauvre Rusard… soupira Luna. Il va être déçu…
- Rusard ? Répéta Drago.
- Mon serpent à sonnette, expliqua Luna. Vu son ventre de ce matin en plus du fait que je ne l'avais pas vu depuis une semaine, je pensais qu'il était tombé enceint, expliqua naturellement Luna alors que Drago fixait avec désappointement une Hermione mal à l'aise. Je vais devoir lui annoncer la mauvaise nouvelle…
- Hermione, au restaurant, tout de suite, et seuls ! Exigea Drago sans laisser la moindre place à la négociation.
- Rendez-vous au mariage, Hermione, lança Fred. Je serais l'homme le plus élégant de l'assemblé, prêt à te soutenir si tu changes d'avis, ajouta-t-il avant de se prendre une tape derrière la tête de la part de sa sœur. Par quoi c'est vrai, c'est maman qui le dit que je suis le plus beau de ses fils, et une mère a toujours raison, n'est-ce pas Ginny ? Demanda-t-il en regardant son neveu et sa nièce.
- Maintenant ! Grogna Drago en tirant Hermione par le bras pour l'éloigner du groupe.
Hermione jeta à un coup d'œil derrière elle pour s'excuser auprès de Ginny, mais cette dernière lui lança un sourire qui la mit mal à l'aise sur le coup. Puis, elle analysa la scène qui venait se passer pouvant éventuellement justifier le comportement de sa meilleure amie et sourit à son tour. Son cœur ronronna alors aussi fort que son chat devant une boite de thon… Drago était jaloux et tel un chien possessif, il venait de lever la patte devant le poteau de son quartier afin de parfaitement délimiter son territoire. Finalement, elle pourrait bien aussi parier sur la durée de son propre mariage avec cette nouvelle info. Il n'avait pas seulement agi selon son orgueil, mais surtout par peur de la perdre et la différence signifiait beaucoup pour Hermione. Parfois les mots étaient inutiles devant des actes, et c'était bel et bien une preuve d'amour…
- Trop mignon… murmura-t-elle alors en passant la porte du restaurant.
- Qui ? Pesta Drago en fixant d'un air très furieux l'homme qui passa justement à côté d'eux. Tu nous la joues chatte en chaleur ?
- Mais non, rigola Hermione en appréciant à nouveau ce visage soucieux aussi blanc que possible. C'est toi qui es mignon !
- Arrête de te foutre de ma gueule, surtout en public !
- Tu préfères que je t'embrasse ?
- Comme si tu en étais capable, répliqua-t-il sans savoir qui la mettait au défi alors qu'elle n'attendait que ça.
La seconde suivante, et ceux devant la moitié des clients du restaurant le plus en vue de la communauté, Hermione le fit se retourner vers elle, lui attrapa le col de sa chemise pour l'attirer contre elle et l'empêcha définitivement de protester en laissant pleinement exprimer la chatte en chaleur qu'il avait provoquée. Naturellement, Drago répondit volontiers à cet élan de passion et si Seamus ne racla pas la gorge pour les ramener à la réalité, Hermione se demanda jusqu'où ils auraient pu aller ainsi. Forcément Drago informa le propriétaire que tout était de sa faute à elle, et forcément, défi pour défi, Hermione miaula en le regardant droit dans les yeux, provoquant alors un fou rire de Seamus durant le trajet jusqu'à leur box. Drago 1 / Hermione 1 … Égalité ! Les jumeaux allaient probablement avoir du travail supplémentaire cet après-midi avec ce baiser. De quoi augmenter les stats en leur faveur et faire taire cette diseuse de mauvais augure ! Six mois… Et puis quoi encore ?
- Deux semaines !
- Pardon ? S'étrangla Hermione en sortant de ses réflexions.
- Je vois que tu ne m'écoutes même pas…
- Désolée… Tu disais ? Deux semaines quoi ?
- Que je ne pourrais pas me libérer avant deux semaines pour notre voyage nuptial.
- Voyage de noces, corrigea Hermione.
- Oui, si tu veux, bref… Avec toute cette histoire de mariage, les affaires sont perturbées et les gens me parlent plus de ce foutu mariage que de contrat. Ils ont peur de l'influence que tu peux avoir sur moi et mes décisions, du coup tout est plus ou moins suspendu avant samedi…
- Voilà l'objet de ta mauvaise humeur alors, soupira Hermione.
- C'est surtout une preuve supplémentaire qu'on n'aurait jamais pu être ensemble autrement que dans cette situation. Visiblement, même ma vie privée oriente les marchés financiers… C'est fatigant toute cette pression, soupira-t-il avant de prendre sa main et y glisser ses doigts. Heureusement, j'ai de quoi la relâcher le soir, ajouta-t-il avec un petit sourire au coin avant que Seamus n'arrive pour prendre la commande.
- Vous avez choisi ?
- Et c'est bien là tout le problème, répondit Drago en rigolant légèrement.
- Oh je vois, comprit Seamus, mais un choix de prince, si je peux me permettre, ajouta-t-il en faisant un clin d'œil devant une Hermione pas aussi dupe qu'ils voulaient le croire.
- J'approuve, répondit Drago avant de se reprendre. Alors deux, ajouta-t-il comme pour terminer de tenter de garder la face alors qu'Hermione cachait un large sourire derrière sa carte avant de la rendre.
- Merci Seamus, dit à son tour Hermione en la lui donnant avant de le voir partir.
- Tu comptes vraiment garder cette folle comme témoin, Hermione ? Demanda ensuite Drago en ramenant Hermione à une réalité moins glamour. Elle est bien capable de ramener son serpent au mariage comme son fiancé en se sentant responsable de sa grossesse à ce rythme !
- Elle est un peu excentrique, je te l'accorde…
- Un peu ? Souligna Drago, peu convaincu de la nuance.
- Bref, elle a toujours été une amie fidèle et avec Ginny, nous l'avons toujours acceptée telle qu'elle était !
- Tant que tu ne l'invites pas à la maison tous les dimanches prendre le thé avec toute sa famille… soupira Drago avant d'avoir un petit sourire au coin. Je connais une personne qu'on pourrait lui présenter afin d'augmenter son zoo personnel…
Yerk ! Hermione comprit tout de suite où il voulait en venir : Boris. Non, même Luna ne méritait pas un tel châtiment. Et même si elle arrivait à surmonter le phénomène, Hermione estimait qu'elle était bel et bien capable de cultiver la « chose » et cette pensée lui provoqua un long frisson de dégoût. Elle fit part de sa réflexion à Drago qui faillit également perdre l'appétit. Ils changèrent vite de conversation et Hermione l'écouta tranquillement lui parler de ses petits problèmes du matin. Silencieuse, elle sourit légèrement à constater qu'il avait leur première une discussion de couple autant banale que passionnante. Elle ne comprit pas tous les tenants et aboutissants, mais rien que le fait d'entendre la voix calme de Drago avait de quoi l'envoûter. Puis subitement, il s'arrêta et la fixa ce qui sortit Hermione de sa léthargie.
- Est-ce qu'au moins tu te rends compte que tu es en train de baver légèrement ? Demanda-t-il avant de rire légèrement. Si un contre rendu de mes réunions d'affaires t'excite à ce point, je vais me faire le devoir de te faire un rapport détaillé chaque soir…
Hermione ne répondit pas, et se contenta d'essuyer le petit filet qui venait de la trahir. Drago tenta ensuite de vérifier sa thèse, mais Hermione ne fut pas dupe et le lui fit savoir par une légère grimace. Et là, sans comprendre trop pourquoi, elle entendit Drago rire réellement pour la première fois. Certes, il se foutait de sa gueule, mais il riait de bon cœur et oh grand dieu qu'il était beau et attractif en faisant cela. Leçon retenue : pour le faire rire : singer ! Cette information venait de se graver profondément dans sa mémoire. Forcément, elle ne put ensuite pas se retenir de se rapprocher de lui sur la banquette et l'embrasser passionnément, qui aurait pu franchement ? Après tout, elle en avait ce droit contrairement aux autres et elle était bien décidée à en profiter, ne serait-ce pour toutes les fois où elle était spectatrice de ce genre d'effusion chez les autres. C'était son tour maintenant et elle ne se sentait pas honteuse de jouer les totales égoïstes. Et Drago non plus visiblement, constata-t-elle, en sentant la main de celui-ci descendre dangereusement de sa taille.
- Drago ! S'indigna-t-elle juste pour la forme.
- Allumeuse ! Pesta-t-il sur un ton enfantin. On rentre ?
- On n'a pas fini notre repas ! Lui fit-elle remarquer.
- Entre une part de tarte et toi, mon dessert est vite choisi…
- Mais on a rendez-vous à 14h00 avec le mage, les témoins et ta mère pour préparer la cérémonie !
- Ça nous laisse 25 min… C'est jouable, suggéra-t-il d'un regard malicieux.
- Pervers…
- Oui, mais le tien, se moqua-t-il avant de mettre avec vigueur sa main sur les fesses d'Hermione.
- Un peu de tenue, mon fils, intervint alors une voix qui coupa toute envie à l'un comme à l'autre.
- Mère, soupira Drago avant de remonter sa main sur la taille.
- Quel enthousiasme ! S'indigna-t-elle en croisant les bras. Avez-vous terminé ? Demanda-t-elle ensuite en observant leur plat.
- Oui, répondit Drago.
- Vraiment ? Insista Narcissa qui savait le goût prononcer de son fils pour les sucreries.
- Oui, assura Drago avant de regarder avec regret Hermione. Tu voulais quelque chose ?
- Je passais dans le quartier et comme je sais que tu manges ici tous les midis au lieu de venir manger avec moi au manoir, ajouta-t-elle en insistant bien le ton de reproche au passage qui fit grincer les dents d'Hermione, je suis venue te rejoindre pour prendre un café avec toi avant d'aller voir le mage. Je ne m'attendais pas à te trouver avec… elle…
- Il est important qu'on nous voie ensemble à quelques jours du mariage, se justifia-t-il tout en resserrant la taille d'Hermione, lui laissant bien comprendre de fermer sa gueule sur le côté plus officieux de leur présence.
- Certes, mais il n'est peut-être pas nécessaire d'être aussi… proche… pour autant.
- Tu sais très bien mère que j'ai toujours su allier l'utile à l'agréable… coupa-t-il avant de se lever et entrainer Hermione dans son initiative.
Drago 1 – Belle-mère 0… De quoi redonner un peu d'appétit… N'est-il pas utile de s'entrainer durement pour obtenir un objectif ? Alors si Narcissa souhaite que le nom des Malefoy perdure, il faut bien faire et refaire l'exercice, non ? Ne veut-elle pas le petit fils parfait ? Petite réflexion qu'Hermione aurait bien aimé partager avec la mère de Drago, mais vu la conversation sérieuse que la mère et le fils avaient à présent concernant les affaires perturbées, Hermione savait qu'elle n'aurait pas le petit effet supplémentaire qui rend le tout intéressant. Dommage…
Avec Narcissa à côté d'eux, marcher sur le Chemin de Traverse prit une autre tournure. Hermione observa la réaction des gens pendant que Narcissa et Drago parlaient calmement et elle eut comme l'impression d'être moins montrée du doigt tout en étant tout de même observée. Serait-ce possible que la présence de Narcissa à leur côté avec une attitude plus naturelle puisse ouvrir une voie presque légitime à la situation ?
Silencieuse, elle serra davantage sa main dans celle de Drago. Elle regarda ensuite la foule agitée devant le comptoir de Fred et George qui jubilait de cette nouvelle réussite. Avait-elle gagné un mois ou deux de mariage avec cette démonstration en public ? La curiosité semblait la titiller avant de se concentrer à nouveau sur les raisons de son choix. Devant le mage, sa belle-mère, les quatre témoins et Drago lui-même, elle n'aurait pas le droit à l'hésitation pour rendre crédible définitivement ce mariage. Et en arrivant devant la maison de celui qui allait officier, elle réalisa que ça ne serait pas des plus faciles.
- Ah, Madame Malfoy ! Quel plaisir ! Gratifia le mage accompagné d'une révérence presque déplacée. Monsieur Malfoy, miss… ajouta-t-il ensuite avec une légère pointe de dégoût qui mit tout de suite mal à l'aise Hermione.
- Les témoins sont-ils arrivés ? Demanda Narcissa.
- Ceux de monsieur, uniquement, répondit-il en regardant Hermione avec un air de reproche.
- Pourquoi je ne suis pas étonnée… soupira la future belle-mère.
Hermione grogna au fond d'elle, mais la pression de la main de Drago lui envoyer un message clair : ne te laisse pas déstabiliser dès la première minute où c'est foutu. Encore une fois, il avait raison et Hermione grogna à nouveau. Le mage les conduit ensuite à son bureau qui ressemblait à une classe où il régnait en maître. Elle qui aimait pourtant les premiers rangs, bizarrement se sentait attiré par les sièges du deuxième rang, mais Drago ne lui en laissa pas le choix comme s'il sentait qu'elle avait besoin de soutient. Blaise et Théodore semblaient être tout aussi impressionnés comme du temps de Poudlard où ils étaient punis pour une énième bêtise contre un autre élève. Le regard de pitié qu'ils lancèrent alors à Drago lui donna la sensation de rajeunir de dix ans. Heureusement, le gong sauva la mise quelques instants.
- Ah quand même, pesta le mage à peine assis qui se releva aussi sec pour aller ouvrir. La ponctualité n'est plus d'actualité avec cette génération, Poudlard n'est vraiment plus c'était, ajouta-t-il avant de quitter la pièce.
Hermione regarda alors Drago qui soupira longuement. Des yeux, il lui demanda où était parti le courage légendaire des Gryffondors et Hermione se contenta de soulever les épaules, ce qui fit pouffer de rire Blaise. Narcissa les fixa alors avec un air de reproche identique à celui que fit le mage en revenant avec Ginny et Luna, toujours pieds nus.
- Je vous préviens Miss Granger, je ne vous marierais pas si elle vient dévêtue ainsi ! C'est un sacrilège !
Hermione fut autant choqué par le reproche du mage que par le sourire de sa, (ex ?), future belle-mère qui y voyait une bonne solution à ses problèmes. Hermione regarda alors Ginny et à nouveau, il y eut comme une communication silencieuse où les deux se promirent d'apporter une paire de chaussures supplémentaire, juste au cas où celle prévue « disparaisse » bizarrement… Hermione se demanda alors si elle ne devait pas en faire autant avec les fleurs finalement. Un passage chez le fleurisse le soir même ne serait peut-être pas du luxe…
- Le nécessaire sera fait, affirma ensuite Ginny qui semblait porter à elle seule le courage des deux Gryffondors présentes dans cette pièce.
- Tout à fait enchérit Drago à la surprise de sa fiancée. Ce mariage est trop important pour la communauté pour qu'il soit annulé à cause d'une simple paire de chaussures.
Le match venait alors de commencer. Drago 1 – Mage 0
- La communauté est une chose, le caractère sacré de la magie en est une autre, Monsieur Malfoy ! Pour qu'un mariage soit officiel, il ne suffit pas d'une signature en bas d'un simple contrat, mais bel et bien d'un rite bien précis, méticuleux et respectueux des lois de notre monde magique, répliqua le mage ramenant le score à égalité.
- Tel est bien l'intension de mon fils, je peux vous l'assurer, intervint Narcissa laissant présager d'un troisième joueur en jeu.
- Soit, répondit assez sèchement le mage, donnant alors son premier point à la mère de Drago. Alors pour commencer, j'ai besoin de connaître nom et prénom des témoins.
- Luna Lovegood, Ginny Potter, Blaise Zabini et Théodore Nott, répondit Drago avant de voir Hermione tiquer.
- Ginevra Weasley épouse Potter, corrigea-t-elle comme si elle se doutait que ce détail d'état civil puisse tout annuler dans quelque année.
- Très bien. Le fiancé est donc Drago Malefoy et vous ? Demanda-t-il en marquant un point supplémentaire fort désagréable autant pour la concerné que son fiancé.
- Hermione Granger, répondit-elle sèchement.
- Je ne connais pas de Granger, quelles sont vos parentés ? Demanda-t-il en appuyant sur la susceptibilité déjà égratignée d'Hermione.
- Mes parents ne sont pas sorciers, je suis la première de ma famille, compléta-t-elle avant de remarquer le réel étonnement du mage qui se tourna ensuite vers Narcissa.
- Rassurez-vous, je n'ai rien à voir avec cela…
- Bien évidemment, commenta le mage.
Mage :4, Narcissa : 2, Drago : 1 et Hermione : 1, couple = 2…
Après le remplissage du formulaire de base, le mage expliqua dans les grandes lignes le détail des formalités à lui remettre avant 24h00. Le certificat médical était logique en soit sauf que la close de virginité pour la future épouse mit mal à l'aise tout le monde du fait du pouffement de rire de Blaise. Le mage adressa un regard plein de reproche à Hermione, et non à Drago, indiquant son opinion sur la place de la femme dans la société, puis exigea quand même un certificat sur l'honneur de la fidélité de la promise envers le futur époux. Hermione fut prête à s'insurger lorsque Drago intervint en affirmant être parfaitement sûr de ce point. Narcissa tenta d'insister, mais Ginny riposta à son tour en garantissant la moralité sans faille de sa meilleure amie.
- Oh vraiment ? S'étonna faussement le mage. Pourtant, il me semble qu'elle devait épouser votre frère à cette même date ? Et elle a également été vue avec l'ambassadeur américain à une soirée, souligna-t-il en prouvant par la même occasion qu'il savait parfaitement qui était Hermione, ce qui agaça profondément Drago et humiliant Hermione au passage.
- L'engagement qu'a pris Hermione envers le ministère et moi-même n'a pas à être mis en doute, déclara Drago très froidement. Quelque soit son passé, nous sommes là pour parler d'avenir pour notre couple, mais aussi pour la communauté alors passons à des questions plus pertinentes ! Ajouta-t-il en marquant deux points indiscutables.
- Soit. Alors devant vos témoins et un membre de votre famille, je vous prie d'être parfaitement honnête dans vos réponses. La plume de la vérité validera ou pas et si vous dépassez trois croix, je ne serais pas en mesure de vous accorder la licence de mariage. Première question : Où vous êtes-vous rencontré ?
- Poudlard, répondit instinctivement Hermione
- Les archives du ministère, répondit Drago en même temps. Mais Poudlard est vrai aussi, se rattrapa-t-il.
- Quelles sont les qualités de l'autre ? Miss, vous en premier.
- Et bien, hésita-t-elle avant de le regarder du coin de l'œil. Drago est attentif, intelligent, cultivé, et fort, ajouta-t-elle à faire rire légèrement Ginny. Une grande force intérieure, précisa-t-elle alors pour calmer son amie.
- Messieurs, en qualité de témoins, confirmez-vous la vérité de ces propos ?
- Heu, balbutia Blaise, disons que ce n'est pas à cela que j'avais en tête, mais oui, il est ça aussi.
- Est-ce tout, Miss ? Insista le mage.
Tout ? Non ! Mais le reste était clairement privé et même si une partie d'elle souhaitait crier à quel point ses autres qualités la rendaient heureuse, le mage aurait eu tous les arguments possibles pour crier au scandale en plus de choquer définitivement sa future belle-mère. Elle se contenta alors d'incliner la tête pour valider avant de regarder l'horloge sur la cheminée et constater qu'il n'était que quatorze heures et vingt minutes. Encore quarante…
- Et vous Monsieur Malefoy ? Quelles qualités avez-vous trouvées ?
- Hermione est intelligente, attentive, cultivée, et courageuse, répondit-il presque par défi, le regard sûr, remontant son score à égalité avec le mage.
- Vraiment ? S'étonna-t-il avant de se tourner vers les filles. Confirmez-vous ?
- Parfaitement, affirma Ginny tout en regardant Drago du coin de l'œil comme si elle lui signait avec fierté par la même occasion une dette non négociable.
- Soit, soupira-t-il avant de lancer une troisième question. Même question pour les défauts, Miss ?
- Fier, caractériel, exigeant, hautain, répondit-elle avec beaucoup moins de difficulté, ce qui ne sembla pas forcément plaire à Drago qui lui serra légèrement la main.
- Intéressant, sourit le mage avant de se tourner vers le fiancé. Et vous ?
- Fière, caractérielle, exigeante, et impertinente, lâcha-t-il avec un petit rictus.
- Décidément, murmura le mage visiblement contrarié. Témoin, vous confirmez ?
- Oh oui, répondirent en cœur, Blaise, Ginny et Théodore accompagnés d'un soulèvement d'épaule de Luna que le mage ne remarqua pas.
- Quels sont vos rapports avec vos futurs beaux-parents respectifs ? Questionna-t-il alors à la grande satisfaction de Narcissa.
Aille… Alerte… Sujet qui fâche !
Hermione soupira et écouta Drago se lancer dans une explication liée à la différence des cultures qui faisait part entière de ce mariage. Hermione l'écouta parler de ses parents et du respect qu'il avait pour eux et lorsqu'il lui donna la parole, Hermione se remémora alors la discussion qu'ils avaient eux après une dispute sur le sujet de Narcissa.
- Mes rapports avec la mère de Drago sont actuellement en construction. Nous en sommes encore à une phase où nous devons apprendre à nous connaître et nous comprendre, expliqua-t-elle alors avant d'apercevoir le petit sourire de Drago.
- Voilà qui est très diplomate, souligna le mage. Alors ensuite, je vous demande un peu d'extrapolation en me disant comment vous imaginez votre couple dans dix ans ? Miss ?
- Et bien, l'image qui me vient en tête est un dimanche après-midi, tous les deux avec un livre à la main allongée sur une couverture après un pique-nique dans un immense jardin, en paix... répondit-elle avant de constater l'étonnement général suivit d'un nouveau pouffement de Blaise qui regarda Drago avec désolation, lui laissant ainsi comprendre le manque de passion attendue.
- Intéressant, murmura le mage en regardant avec sérieux la plume donner son avis sur le parchemin. Monsieur Malefoy ?
Pourquoi Drago la fixa à ce moment-là ? Hermione aurait tué pour le savoir. Est-ce qu'il était vexé ? Désenchanté ? Regrettait-il à présent ? Non, le regard qui lui offrit n'avait rien de négatif au contraire, comme si la réponse était presque parfaite pour lui. Il lui baisa alors la main et se tourna à nouveau vers le mage pour lui répondre que pour sa part, il préférait lire dans un salon confortable donnant sur un immense jardin, mais qu'à l'occasion, il ne serait pas contre un pique-nique à condition d'avoir quelques coussins. Les quatre amis furent presque abasourdit de sa réponse, autant que Narcissa à vrai dire, mais Hermione elle, sentit à nouveau la chatte ronronner à l'intérieur. Un petit air complice s'échangea ensuite comme si la suite de l'après-midi imaginaire était trop privée pour être avouée. Hermione se jura alors de ne pas attendre dix ans avant de rendre cette image réelle et quelques parts au fond d'elle, elle pourrait parier que Drago soit plus rapide qu'elle à le proposer. Finalement, pari tenu…
S'en suivit une dizaine de questions moins intéressantes dans un premier temps, mais qui ne manquait pas de répondre sur une certaine harmonie générale. Le nombre d'enfants ? Un, forcément ! Mais peut-être plus ? Hermione se garda de préciser à voix haute. Le sexe de l'enfant ? Garçon pour Drago, classique. En bonne santé pour elle, même si au fond d'elle Hermione espérait presque une fille juste pour voir la tête de sa belle-mère au moment de le lui apprendre. Fille finalement, mais chut...
L'emploi du temps de l'épouse ? Autre sujet tabou… Hermione fut prête à dégainer les armes et Drago dût le sentir puisqu'il répondit de manière très évasive, presque trop au goût d'Hermione en affirmant que ça serait du gâchis de ne pas exploiter la plus grande intelligence de leur génération. Hermione fut moins diplomate : Travail ! D'une manière ou d'une autre, elle aurait une activité professionnelle ! Le mage regarda alors Narcissa avec des gros yeux et celle-ci sembla ruminer au point de perdre patience, mais Hermione ne céda pas du terrain. Être ou ne pas être une femme au foyer ? La question était vite résolue ! Et quand le mage demanda à Drago s'il était d'accord avec ça, Hermione rugit de l'intérieur. Elle le regarda sans se démonter avec un message clair : « Essaye de dire non pour voir ! Essaye ! »
- Je ne suis pas contre, répondit-il encore par une pirouette dont il avait l'habitude, ce qui ne calma pas Hermione.
- Mais pas pour non plus, insista le mage qui eu le don de faire partir le peu de bonne volonté d'Hermione.
- Je suis encore libre de faire ce que bon me semble, non ? Me marier ne signifie pas être sa chose, sa prisonnière ou sa subordonnée ! Je travaillerais si j'en ai envie, et j'en ai envie, et ce n'est pas mon mari, mon père ou le ministre de la magie qui m'en empêchera ! Hurla-t-elle debout avant de tenter de reprendre une respiration normale.
- Fière, caractérielle, exigeante, et impertinente, je valide, nota le mage en commentaire sur son parchemin. Et donc, monsieur Malefoy ? Pour ou contre ? Insista-t-elle en rendant aphone Hermione, choquée.
- Je pense qu'elle n'a pas la patience ni le goût à s'occuper d'une demeure et de politique de salon, expliqua-t-il avec diplomatie. Si c'est pour avoir un lion en cage prêt à m'égorger quand je rentre tard après une dure journée, je préfère encore qu'elle ait l'activité de son choix. Tout ce que je lui demande c'est de ne pas se mettre dans une situation qui pourrait mettre à mal l'honneur de notre famille comme un métier inférieur à ses capacités, ajouta-t-il avec clairement une référence aux archives ministérielles. Après, elle est libre de faire ce quelle veut, ajouta-t-il en la regardant droit dans les yeux en lui faisant comprendre clairement qu'elle ne devait pas voir cette réponse comme un défit supplémentaire, mais plus comme un calumet de la paix.
- Il n'y a rien de dégradant à ne pas travailler, releva tout de même Narcissa en croisant les bras.
- Mère, je n'ai jamais dit cela, seulement, Hermione n'a pas grandi avec cette aspiration de vie. Je la respecte pour cela, et c'est également une part de changement que le ministère souhaite nous voir endosser. La place de la femme dans la société est un sujet très sensible en ce moment et vous-même, vous avez dû faire des choix il y a quelques années qui étaient contraires à ceux de père tout en sachant qu'il y aurait des représailles. Cela nous a coûté cher et je ne vais pas appliquer aujourd'hui ce que je reprochais hier. Hermione sera mon épouse, ma compagne, mon allier, mais nullement ma propriété. Elle aura mon avis, positif ou négatif, mais pas un ordre.
« Oui » ! Je le veux ! »
Qui en doutait encore ? Avec quel argument ? Jalousie mal placée, peut-être ?
Non, Drago était sien et même s'ils n'étaient pas propriétaire l'un de l'autre, il était sien autant qu'elle serait sienne. Alors, tel un volcan en éruption, l'envie de l'embrasser fut plus fort que tout. Surpris dans un premier temps, peut-être même gêné vu les spectateurs, Drago finit tout de même par répondre à cet élan. Puis il la fit reculer et lui murmura à l'oreille qu'il reprendrait cela en rentrant. Hermione sourit, car sur ce point, il n'y avait nul doute…
- Bon, dernière question donc. Miss Granger, pouvez-vous m'affirmer que vous aimez Monsieur Malefoy ?
- Oui, répondit-elle sans hésitation ni honte de son assurance avant de réaliser que Drago allait lui aussi devoir répondre et attendre ce moment.
… qui ne vint pas !
Choquée, Hermione vit le mage noter des informations sur le document alors que Blaise et Théodore serraient la main de Drago pour le féliciter. Rouge colère, Hermione posa ses mains sur les hanches et racla la gorge pour obtenir l'attention de sa fausse moitié.
- Et toi ? Tu n'as pas l'obligation d'y répondre ?
- Il n'est pas obligatoire que le futur époux s'y soumette, renseigna le mage en la regardant avec étonnement. Et encore moins pour un membre d'une famille au sang pur, osa-t-il en plus ajouter.
- Sans pur ou pas, je me permets d'insister ! Au nom du droit des femmes ! Surenchérit-elle en reprenant l'argument de Drago lui-même.
Non, mais c'est vrai quoi ? Après tout ! Non seulement c'était rabaissant de devoir répondre à cette question si personnelle, constater que l'époux n'a pas cette obligation est limite dégradante. Bon, ok, tout cela était surtout motivé par un intérêt très basique, personnel et sentimental, mais rien ni personne n'aurait pu le lui faire avouer à ce moment-là. Elle vit alors Drago revenir vers elle légèrement contrarié et il lui prit à nouveau la main pour la porter à sa bouche.
Ça y était ! Il allait le dire ! Enfin !
Hermione se sentait prête à accueillir ces quelques petits mots qui symbolisaient tout ce qu'ils avaient traversé.
Drago offrit un long baiser, la regarda ensuite droit dans les yeux, suspendant presque le temps autour d'elle et de manière très discrète, même si le silence autour ne laissait aucune place à l'intimité, il lui murmura simplement : « Tu en doutes ? »
« Tu en doutes » ? « Tu en doutes » ? « Tu en doutes » ? Il avait osé dire simplement « Tu en doutes » ?
Blaise, Théodore, Ginny, Luna en rire, le mage nota avant d'avoir un hoquet de surprise qu'elle remarqua, Drago s'éloigna naturellement comme s'il ne s'était rien passé et Narcissa ignora totalement l'importance du moment, mais Hermione, elle… Oh non, il n'était pas possible de décrire ce qu'elle pouvait réellement ressentir à ce moment-là.
Colère ? Oui, bien sûr, qui ne l'aurait pas été. Déception ? Forcément. Mais il fallait aussi rajouter : tristesse, envie de vengeance, recherche d'excuses valable, pardon, puis à nouveau de la contrariété, jusqu'à l'envie de meurtre, le passage à tabac, frapper, oh oui, le frapper de toute ses forces puis l'envie de pleurer reprenait le dessus jusqu'à avoir réellement… le doute.
Jusqu'à la fin du rendez-vous, Hermione fonctionna au ralenti, comme éteinte. Naturellement, son orgueil lui permit de feindre un maximum pour éviter de devoir s'expliquer. Narcissa, Drago, Blaise et Théodore repartir à leur activité tout de suite après, Luna s'en alla, la mort dans l'âme, aussi pour vite s'occuper de son serpent et Ginny lui offrit un chocolat chaud et compara avec elle son propre entretien avec un autre mage beaucoup plus progressiste que celui-ci. Seulement lorsqu'elle se retrouva enfin seule au milieu du Chemin de Traverse en faisant un signe de la main à Ginny, son cœur sembla peser une tonne.
Machinalement, elle regarda autour d'elle les jeunes couples et sentit très vite la limite de ses yeux à retenir les larmes. Pleurer ? Non, elle ne lui ferait pas cet honneur ! Il ne le méritait pas ! Et pour lutter, deux options qui s'offrirent à elle : une déclaration de guerre et un fleuriste !
Fière d'elle, Hermione rentra chez elle juste un peu après la fermeture du second fleuriste qui lui assura finalement pouvoir trouver les fleurs que Narcissa avait annulées chez le premier dès le lendemain de la commande. À cinq jours du mariage, Hermione et le prestataire avaient dû faire des miracles pour trouver une solution au problème d'égo surdimensionné de sa future belle-mère, mais face à une Hermione en colère contre le monde entier, rien ne pouvait lui résister.
Seulement, à peine rentrée, elle vit Drago se lever rapidement du fauteuil pour venir la rejoindre et la prendre sans raison dans ses bras. Qu'auriez-vous fait à sa place, franchement ?
Oui, elle est faible. Pauvre faible femme amoureuse qui n'a de choix que de soupirer longuement avant de resserrer ses propres bras autour de la taille de Drago. Elle apprécia ce moment à sa juste valeur avant que l'un comme l'autre ne se laisse emporter par la frustration d'en vouloir toujours plus, laissant l'animal prendre possession de l'âme, les ramenant à leurs instincts les plus basiques.
De toute façon, il était trop tard pour régler les comptes et elle n'en avait plus ni l'envie ni la force. Demain serait un autre jour…
