Cher journal,
Tu veux connaître la news du moment ? Non ? Et bien tu vas la connaître quand même !
Hermione est faible !
Hermione est faible !
Hermione est faible !
Hermione est faible !
Hermione est faible !
Hermione est faible !
Hermione est faible !
Hermione est faible !
Hermione est faible !
Hermione est faible !
Hermione est faible !
Hermione est faible !
Oui… mais qu'est-ce que c'était bon…
Pas un mot, pas de reproche dans le regard, juste une envie furieuse d'être dans les bras de l'autre et de l'aimer comme jamais… Que c'est bon… Je serais capable de me damner pour avoir une autre soirée comme celle-là.
Mais, vu ce que j'ai préparé dans le dos de Narcissa, je ne suis pas sure que Drago estime que je le mérite. Néanmoins, elle l'aura bien cherché ! Tant pis pour mes économies ridicules ! De toute façon, elle devait me servir en cas de coup dur, et si ça, ce n'était pas un « coup dur », je ne sais plus ce que c'est ! Ginny a raison, hors de question de me marier dans un nid de vipères ! Plus qu'à lui glisser un petit mot en douce pour qu'elle puisse agir le temps venu en toute discrétion. Je suis sure qu'elle sera enchantée… C'est mon mariage, merde !
Sinon, objectif de la journée : vengeance : dire au moins dix fois le mot « doute » !
Il ne va pas m'avoir aussi facilement le petit salopiot. Passion ou pas, mon cœur crie réparation ! Non, mais c'est vrai, oser dire à une femme qui n'attend que ça, un simple « je t'aime » recevoir un « tu en doutes ? », on rêve !
Qui accepterait ça sans rien faire ? Ce n'est limite pas humain ! En tout cas, moi, Hermione Granger, je ne l'accepte pas !
Ah un hibou. Et Drago râle… Qu'est-ce qui se passe, encore…
J-3 !
À demain !
Hermione ferma son journal et le posa dans le tiroir avant de le fermer. Elle se tourna ensuite vers lui et s'étonna de le voir déchirer le parchemin en plusieurs morceaux de colère. Le voir perdre constance était assez nouveau, mais aussi très déstabilisent. Elle soupira alors longuement pour se donner du courage à affronter un ours en colère reparti au fin fond de sa caverne. L'en déloger pour obtenir une toute petite information relevait du suicide mental, mais la curiosité et le courage des légendaires Gryffondors égalait ce goût du risque.
- Que ce passe-t-il ? Osa-t-elle demander sur un ton délicat.
- Ton génial ambassadeur a fait pression sur mon principal client ! Il annule tout avec nous sous prétexte que je ne suis pas un homme de parole ! Du coup, en perdant celui-ci, d'autres mettent tout en stand-by le temps de réfléchir ! À ce rythme de mauvaises nouvelles, je serais ruiné avant samedi !
- Tu sais, si…
- Hermione, je te jure, si tu me fais un cours sur l'art et la manière de vivre comme « tout le monde », je risque de perdre tout contrôle ! Alors, ne me cherche pas, ce n'est pas le moment !
- Tu veux que j'aille lui parler ?
- A qui ? À l'autre ? Non, mais tu es incroyable ! S'écria-t-il à nouveau.
- Je ne vois pas ce qu'il y a de mal, balbutia Hermione mal à l'aise.
- Il n'attend que ça ! Je suis sûr qu'il y a deux ou trois bons photographes qui se feront un plaisir d'immortaliser le moment en mettant une jolie légende pour enfoncer le clou ! Tu cherches vraiment à ce qu'on annule ce foutu mariage ?
- Non, Drago, affirma-t-elle alors très fermement. Je cherche simplement à te trouver une solution, ajouta-t-elle avant de mettre ses mains sur les joues de Drago. Tu en doutes ?
Et d'un !
- Non, répondit-il en la regardant bizarrement comme s'il flairait le piège. Seulement, il n'y en a pas. Avec tous ces préparatifs de mariage, j'ai été distrait sur certains points et j'en paye les conséquences à présent. Et dans le milieu de la finance et des placements, il n'y a pas plus valeur marchande que la confiance. Si je la perds auprès de mes clients alors…
- Alors il y aura toujours un doute qui planera sur vos transactions… compléta Hermione – et de deux.
- C'est ça.
- Donc, il faut simplement leur prouver que la personne qui n'est pas digne de confiance ce n'est pas toi, mais Steve. Et toi et moi, on sait à quel point il est naturellement doué pour jouer les loups déguisés en agneaux.
- Ce n'est pas aussi simple que ça, Hermione.
- Oh si ! Affirma-t-elle avec enthousiasme. Parce qu'est-ce qu'il y a de plus dure à combattre dans cette sphère de confiance ?
- Dit toujours ?
- La rumeur, le doute ! Répondit Hermione en comptant trois dans sa tête et se félicitant d'aussi bien démarrer son défi.
- Il ne va pas être évident de l'atteindre, et en toute franchise, l'idée que tu puisses te rapprocher de lui de près ou de loin, j'en ai des frissons dans le dos, je préfère encore dormir dans une tente dans le jardin de Potter.
- Ah ce point ? Se moqua Hermione en réussissant à le faire légèrement plisser les lèvres. Non, l'idée n'est pas de l'approcher directement. Tu as probablement raison sur le fait qu'il m'attende au tournant, mais je connais un moyen beaucoup plus subtil, mais efficace.
- Vraiment ? Et qu'est-ce que c'est ?
- Je vais aller demander de l'aide à ta mère ! Déclara-t-elle avant de le voir exploser de rire et la prendre dans ses bras.
- Tu m'aimes vraiment, murmura-t-il.
- Tu en doutes ?
- Hermione ? S'interrogea-t-il subitement. Quelque chose à me dire ?
- Non, mais ne compte pas sur moi ce soir pour te faire la causette, je n'aurais plus de langue.
- Il restera la mienne, susurra-t-il alors à la faire pouffer de rire.
- Tu es incorrigible… Allez, je vais me prendre un bon petit déjeuner pour avoir toutes les forces nécessaires. On se voit ce midi ?
- Non, je pense que je vais passer ma journée à tenter de calfeutrer les fuites… Tu m'envoies un hibou pour me tenir au courant ?
- Je remplirai ma mission, mon commandant ! Affirma-t-elle avant de regretter ses paroles, vu le rictus qui en découla sur le visage de Drago. Obsédé !
- À ce soir mon petit soldat ! Murmura-t-il sensuellement avant de prendre sa serviette de document, sa cape, et s'en aller de l'appartement.
Forcément, le défi était trop simple, le destin avait réellement une dent contre elle et venait de lui complexifier les choses. Narcissa… Galère… Subitement, la bonne humeur et le courage s'en volèrent comme deux moineaux sentant la présence d'une vipère.
Heureusement, avant d'aller faire la plus improbable, et si possible la dernière, demande à l'aide à sa belle-mère, Hermione se devait d'aller aux essayages. Heureusement pour elle, ce point-là du mariage ne semblait pas encore rencontrer trop de problèmes. Hermione y alla donc avec une certaine sérénité. Seulement, juste avant d'arriver au passage entre les deux communautés, Hermione se sentit suivie et se retourna. Forcément, rien sinon ça n'aurait pas été drôle, mais persuadée de ne pas être encore totalement folle, même si certains disaient le contraire, Hermione resta sur ses gardes lorsqu'elle mit un pied dans le monde moldu. Heureusement, à 8h50 du matin en plein cœur de Londres, il y avait bien assez de monde pressé pour l'aider à se fondre dans la masse. Du coup en arrivant à la boutique, elle fut convaincue d'avoir réussi à semer son poursuivant jusqu'à ce qu'elle repère une petite chose en mouvement au coin de la rue.
- Rita, murmura Hermione sans avoir un seul doute.
La garce était visiblement bien décidée à découvrir ses moindres faits et gestes pour lui pourrir la vie et là, elle cherchait clairement à découvrir le « secret » d'une mariée : la robe. Hermione l'imaginait déjà en train de laisser sa plume à papote critiquer en long et en large chaque détail de sa robe. Et comme il était hors de question de donner de la paté à cette charogne, Hermione attrapa tout de suite la vendeuse dès son entrée dans la boutique pour lui parler discrète.
- Bonjour, désolée de vous brusquer, sincèrement, mais là, j'ai besoin de votre aide. J'ai été suivie par une journaliste sans scrupule. J'ai besoin de…
- Pas besoin d'en dire plus, j'ai compris, coupa la vendeuse. Venez avec moi.
Comme si de rien était, la jeune femme accueillit Hermione à nouveau avec un grand sourire. Elle lui parla tout naturellement et l'invita à passer en cabine pour les essayages. Hermione hésita sur le coup, mais garda confiance et commença à retirer ses vêtements en prenant soin de ne pas se retrouver dans une position suggestive juste au cas où Rita ai aussi un appareil photo miniature. Avec elle, on ne sait jamais…
Quand la vendeuse revint avec une housse, Hermione remarqua tout de suite que ce n'était pas la sienne. Soulagée, elle arbora un grand sourire histoire d'être pas trop moche sur l'éventuel reportage photo. Là, elle faillit éclater de rire en regardant la robe sortir de son écrin tellement la situation frôlait le ridicule… Comme la robe… Légèrement rose avec des nœuds fuchsia un peu partout, elle était aussi grosse qu'une meringue obèse. Le buste était agrémenté de paillette en tout genre et Hermione imaginait la musique des Beegees lors de l'entrée de la mariée qui avait probablement commandé cette robe. La vendeuse lui fit un petit clin d'œil et l'aida à l'enfiler. Forcément, elle était bien trop grande, mais comme elle devait justement venir pour des retouches, l'alibi était parfait. Elle sortit de la cabine pour monter sur la petite estrade et elle fit un énorme effort pour se retenir d'exploser de rire en se regardant dans la glace.
- Finalement, vous avez raison, Miss Granger. Il y a encore un peu de place pour rajouter un gros nœud juste sur la poitrine. Avec ça, vous serez parfaite.
- Il ne faut pas oublier d'en mettre un identique sur le voile alors, ajouta Hermione avant de sentir un flash aveuglant lui torturer les yeux.
- Que vous êtes mignonne ainsi, se moqua alors Rita. Un vrai bonbon… Ça valait vraiment le déplacement. Allez, un petit sourire ?
Hermione mit un bras instinctivement devant son visage au moment où Rita l'immortalisa à nouveau dans cette tenue grotesque et partit avec un éclat de rire qui ne laissait pas de doute sur sa satisfaction. Avec un peu de chance, elle ne pourrait pas être formellement identifiée. Même si Rita mangeait de la chance au petit déjeuner tous les matins… Hermione descendit ensuite pour retourner dans la cabine et enleva sans tarder cette bombe à retardement. La vendeuse lui expliqua ensuite qu'il s'agissait d'une véritable commande et qu'elle commençait vraiment à déprimer à la faire juste avant qu'Hermione ne débarque dans son magasin. Voilà ce qui avait probablement aidé à prendre sa commande en urgence. Elle revint ensuite avec la véritable robe d'Hermione et toutes les modifications demandées la veille furent déjà en place.
- C'est quand même beaucoup mieux, soupira la vendeuse.
- Oui, murmura l'intéressée en se regardant.
- Par contre, vous avez dû perdre un peu depuis les premières mesures, affirma-t-elle en repassant ses mains sur la taille d'Hermione. Ça flotte légèrement ici, dit-elle ensuite avant de mesurer. Ah oui, un centimètre en moins. Ça serait dommage de ne pas le souligner. Je vais reprendre ça et vous, pas d'excès avant samedi ! Sinon, pour les chaussures, vous avez trouvé ?
- Les chaussures ?
- Eh bien oui, les chaussures ! J'en ai besoin pour établir la longueur de la jupe.
- J'ai complètement zappé ça, soupira Hermione.
- J'en connais une qui va finir pieds nus samedi soir, plaisanta légèrement la vendeuse. Vous chaussez du combien ?
- 38.
- Je vais voir ce que je peux faire, réfléchit-elle avant de s'éloigner à nouveau.
Hermione en profita pour mieux s'observer dans le miroir et apprécia les nouveaux détails de sa robe avec soin. Dans trois jours, elle la porterait vraiment et maintenant, elle avait vraiment hâte que tout ça se termine. Et les 72H allaient être vraiment très longues…
La vendeuse revint avec une paire de ballerines toute simple et blanche. Elle les lui conseilla surtout si elle n'avait pas de paire déjà mise pouvant faire l'affaire. Hermione trouva cela très bien et du coup, les mesures et ajustements purent reprendre de plus belle. Ensuite, il fut question du voile et de l'étole et une fois totalement en place, Hermione put voir enfin ce que Drago observerait. Le résultat était parfait.
- Parfait, affirma également la vendeuse. Pour la coiffure, je vous conseille un chignon strict, ça vous changera de votre coupe naturelle habituelle. Accessoirement, ça donnera une touche classe supplémentaire à votre robe. Avec ça, votre fiancé n'aura plus de doute sur la réponse à donner au prête.
Au mage, corrigea intérieurement Hermione, mais peu importe. Hermione prit ensuite quelques instants pour bien se souvenir de cet instant puis elle retourna dans la cabine afin de remettre ses habits de tous les jours. Bizarrement, elle se sentit presque déprimée à le faire et soupira avant de sortir rejoindre la vendeuse. Celle-ci lui parla ensuite des robes de demoiselles d'honneur et lui montra son avancement. Maintenant que la robe de mariée était presque terminée, elle allait se concentrer dessus. Hermione devait néanmoins revenir le lendemain pour vérifier la couture définitive de la jupe et devrait revenir avec ses témoins.
En retournant sur le Chemin de Traverse, Hermione sentit tout de suite les regards sur elle. Les rires et les moqueries allaient bon train et la cible devina tout de suite le pourquoi de la situation. Elle mit alors sa capuche en place pour cacher on visage et acheta un exemplaire de l'édition spéciale de la gazette.
« Tout sur le mariage fantasque d'Hermione Granger »… Ni plus ni moins… Bah voyons… Hermione vit alors la photo en première page où heureusement la tête de la vendeuse cachait relativement bien la sienne avant qu'elle ne mette son bras, mais le commentaire juste en dessous ne pouvait pas laisser de doute au lecteur « Voilà ce que nous cachait si bien Miss Granger ! Drago Malefoy va-t-il dire « oui » après avoir vu cette monstruosité ? Est-ce volontaire afin de ridiculiser définitivement la noble famille Malefoy ? Est-ce que Granger souhaite discréditer le ministère au passage ? Est-ce une vengeance personnelle ? Que nous réserve encore ce mariage insolite ? Interview de la propriétaire de la boutique Gaychiffon précédemment accusé à tort de faute de goût à suivre dans ce numéro. » C'est sûr qu'avec une telle photo, il y avait de quoi douter de la bonne santé mentale de l'ancienne Gryffondor, mais vu la situation c'était un mal pour un bien.
Hermione passa donc son chemin en prenant soin de garder son self-control dès qu'elle entendait des commentaires disgracieux sur sa personne. Elle prit ensuite la direction du manoir Malefoy où une deuxième tâche périlleuse l'attendait. Jusque-là, elle ne comprenait pas les gens qui se plaignaient de leur belle-mère vu qu'elle s'entendait bien avec Molly, maintenant si…
Devant les grilles, Hermione respira et frappa à la porte d'entrée. Très rapidement, le judas se dirigea vers elle puis se ferma aussi sec. Hermione entendit alors les fermetures de la porte s'activer pour lui faire bien comprendre qu'elle n'était pas la bienvenue. Charmant… Hermione frappa à nouveau et quand le judas s'ouvrit à nouveau, elle annonça vouloir impérativement être reçue par la maîtresse de maison et que cela concernait son fils. Comme la première fois, le judas se referma aussitôt, mais les serrures ne bougèrent pas pour autant. Hermione attendit ainsi plus de dix minutes avant que le judas ne revienne.
- Je suis encore là, lui répondit-elle les bras croisés.
Il se referma à nouveau et Hermione attendit encore un bon cinq minutes avant d'entendre enfin les serrures se libérer. La porte s'entrouvrît alors et un elfe de maison lui répondit de manière pas spécialement courtoise que sa maîtresse était fortement occupée. Hermione sentit là une petite vengeance personnelle et ne se plia pas spécialement à l'invitation de départ. Bien au contraire, elle poussa l'elfe, tout en se reprochant tant de violence face à un être qui n'y était pour rien, puis parcourut le long couloir d'entrée qui menait au salon. Là, tous les tableaux furent scandalisés et l'insultèrent au possible. L'elfe tenta aussi de l'arrêter, mais Hermione sortit sa baguette avant qu'il puisse agir et le menaça clairement s'il l'empêchait d'aller voir la propriétaire des lieux. Arrivée à destination, Hermione ne frappa même pas à la porte et entra avec une humeur explosive.
- Vous êtes bien plus persévérante que je le pensais, Miss Granger, soupira Narcissa en buvant son thé dans son canapé. Soyez la bienvenue…
- C'est bien aimable de votre part, répondit Hermione en grinçant des dents. Je vous dérange peut-être.
- Vous en seriez que trop contente, j'imagine…
- Non, en réalité, cela m'indiffère, répondit Hermione fière de sa réponse.
- Peu importe, alors que me vaut cette visite incongrue ? Est-ce des conseils en mode nuptiale ? Demanda-t-elle en laissant clairement comprendre ce qui pouvait l'occuper jusque-là. Parce que je vous préviens qu'il est bien hors de question que vous portiez cette « chose » samedi. Je préfère être morte que d'assister à ça !
- Tentant, murmura Hermione avec un petit sourire.
- Pardon ?
- Rassurez-vous, je n'ai pas besoin de conseil.
- C'est pire que ce que je pensais alors, soupira Narcissa en posant sa tasse. Mais qu'est-ce que j'ai fait pour que Drago mérite cela…
Hermione s'arrêta à lui raconter le pourquoi du comment quand une bataille entre sa conscience et son démon intérieur se mirent à se batailler. Le fait qu'elle soit dans le même camp face à Skeeter ne réussit à faire contre poids de deux jours de stresse. Hermione referma alors sa bouche et avança vers elle en se rappelant le réel motif de sa venue. Elle expliqua alors à Narcissa les problèmes de Drago et l'origine de la situation. Narcissa en profita naturellement pour lui dire qu'elle avait prévu ce genre de situation et prévenu Drago vers quoi il allait en restant buté dans sa décision de l'épouser. Seulement, Narcissa n'était pas la seule à avoir ce don de deuxième vue, car Hermione aussi avait deviné la réaction de sa belle-mère à cet instant précis. Elle leva alors les yeux au ciel en la laissant persiffler toutes ses mises en garde sans les écouter réellement. Quand enfin Narcissa termina sa tirade sur la pire erreur que son fils ferait dans sa vie, l'erreur en question décida de reprendre le contrôle de la situation.
- Narcissa, écoutez…
- Madame Malefoy, corrigea sa belle-mère.
- Chère Belle-mère…
- Vous n'êtes pas encore ma bru !
- Future belle-maman…
- Certainement pas !
- Bon, peu importe, soupira Hermione, sachez toutefois que si je suis venue vous voir c'est pour une raison bien précise et non juste pour vous permettre de m'insulter trois jours avant que j'épouse votre fils. Il y a une solution à ce problème, mais pour cela, j'ai besoin de votre aide.
- Je ne suis pas une solution à tous vos problèmes !
- Croyez-moi, si j'avais d'autres options, je les aurais utilisées.
- Et on vous dit intelligente…
- Justement, et c'est pour cela que je suis ici !
- Voyons voir, quelle est donc cette idée si brillante ?
Narcissa écouta pour une fois sans l'arrêter. À la fin de l'exposé, Hermione attendit dans un silence perfide que la mère de Drago daigne enfin lui donner son avis. Celle-ci soupira alors et se resservit en thé comme si elle savait parfaitement l'ascendance qu'elle avait actuellement sur l'ingénue qui avait eu son fils. Tout en tournant la cuillère, elle fixa le parc derrière la propriété à travers la fenêtre. Hermione soupira et la regarda avec un tel mépris qu'un ouragan force cinq s'abattant sur la manoir aurait à peine pu illustrer ce qui se passait au fond d'elle. L'idée que sa future belle-maman puisse passer à travers la fenêtre, la jupe sur la tête en hurlant était toutefois assez jouissive.
- Soyez à 17h00 précis au 18 Downing Street et frappez cinq fois de manière égale, reprit Narcissa avant de poser sa tasse sur un guéridon. Maintenant, veuillez me laisser, j'ai encore beaucoup de choses à voir pour faire en sorte que votre mariage ne soit pas l'attraction du siècle. Et faites le nécessaire pour trouver une robe !
- Je vous assure que ma robe sera parfaite.
- Et moi je vous assure que vous ne quitterez pas votre antichambre tant que vous porterez cette chose ! À vous de voir ! Cette robe ou mon fils !
Hermione s'en alla sans répondre à cette menace. Le sourire aux lèvres, elle ne prêta plus attention aux tableaux et quitta le manoir avec un certain soulagement. Soulagée d'avoir passé cette étape, elle rentra à l'appartement. Toutefois, à peine avait-elle passé la porte qu'une beuglante la frappa sur le front avant de se déplier et s'égosiller.
« C'est du délire ! J'espère que tu as une bonne explication ! »
Pas besoin de signé, Hermione savait parfaitement de qui provenait cette missive. Néanmoins, au lieu de le rassurer, Hermione, fatiguée après sa confrontation avec Narcissa, préféra jouer un jeu dangereux.
« La curiosité est un vilain défaut ! Il est interdit au marié de voir la robe avant le jour J ! Tu n'aurais pas dû regarder ! »
Le hibou à peine parti, à peine de retour.
« Il est interdit de vouloir porter une telle horreur ! »
Et là, l'occasion fut trop tentante …
« Douterais-tu de moi ? »
Quatre. Hermione sourit puis attendit une réponse, mais la chouette ne revint pas aussi vite que les deux premières fois. Hermione prit alors le temps de lire l'article dans sa totalité et quand enfin un volatile se fit connaître sur la terrasse, elle fut déçue de constater qu'il ne s'agissait pas du même destinataire. Il s'agissait d'Hedwige et plus particulièrement d'un mot de Ginny qui l'invitait à déjeuner à la maison. Sur le coup, elle hésita parce qu'une partie d'elle voulait vraiment parler à Drago et tout lui expliquer, mais l'autre était assez déçu qu'il croie plus Rita qu'elle sur un point aussi important. Ne voulant pas pour autant déclencher une nouvelle guerre entre eux, elle envoya une autre lettre à Drago : « Je vais chez Ginny manger autre chose qu'une robe ». Avec ça, il aurait de quoi revoir sa copie… Enfin, Hermione l'espéra.
En arrivant chez Ginny, Hermione se sentit à nouveau respirer. Cette maison était une bouffée d'oxygène à elle seule. Le câlin du petit Andy suivit de Lizzy confirmait le fait qu'ici au moins, elle était vraiment la bienvenue, ce qui la changeait que très légèrement de celui de sa belle-mère. Ironie diplomatique, bien sûr… Puis vint le tour de Ginny, qui avait de la farine sur le nez, le tablier sale au possible et les cheveux totalement défaits.
- Qu'est-ce qui t'arrive ? Demanda alors Hermione.
- Je pourrais t'en dire autant !
- Je n'ai pas un garde-manger sur la tête, moi…
- Et je ne vais pas avoir un garde-manger sur le corps, moi… C'est quoi ce truc à vomir que Rita à immortalisé à jamais ?
- Elle me suivait, commença à avouer Hermione avant de se sentir très lasse. Je savais qu'elle ne me lâcherait pas tant qu'elle n'aurait pas vu la robe alors voilà…
- C'est sûr qu'au lieu de prendre n'importe quelle autre robe, il a fallu la plus insolite…
- C'est la vendeuse qui a choisi et j'avoue que c'était assez marrant sur le coup.
- C'était tellement drôle à lire Rita que j'ai glissé sur le camion moldu d'Andy et j'ai emporté tout mon établi avec moi. Depuis je suis en guerre avec le balai et mon rouleau à pâtisserie…
- Pourquoi m'as-tu proposé de venir si c'est un champ de bataille chez toi ? Demanda Hermione un peu surprise de la réaction de Ginny.
- Pour réparer tes torts ! Et faire le ménage, vilaine fille ! Ordonna-t-elle avant d'appeler le balai en question et de le mettre dans les mains d'Hermione.
Au bout d'une demi-heure de ménage, enfin de carnage, Hermione fut presque dans le même état que Ginny. Les enfants s'amusaient tellement à les voir galérer que les objets de tortures n'obéissaient plus à personne. Ginny estimait que la magie infantile était parfois pire qu'une armée de mangemort et même si ça faisait rire Hermione au départ, elle trouva ça beaucoup moins d'autres très rapidement. Quand Harry rentra enfin pour manger, il les trouva là, à courir toutes les deux après une dizaine d'assiettes qui se faisaient la malle.
- Petit monstre, gronda-t-il à peine avant de sourire. Allez, vous avez assez joué. Si ça continue, vous n'aurez vraiment rien à manger ce midi, et votre mère serait bien capable de vous en priver ce soir également.
- Mais papa… Tenta de se défendre Lizzy.
- C'est elle qui a commencé, coupa alors Andy.
- Bah voyons
Harry rigola avant de rejoindre les deux femmes dans la cuisine. Heureusement pour lui, il arrêta très vite l'enchantement involontaire de ses enfants, car Hermione sentit que Ginny aurait bien été capable d'un meurtre si son mari n'était pas intervenu. La seconde d'après, ce n'était plus après les balais, mais bel et bien derrière ses enfants que Ginny exerça sa mauvaise humeur.
- C'est le côté obscur de la maternité, expliqua Harry. Heureusement, ça n'arrive pas trop souvent.
- Ça donne envie, se moqua Hermione tout en tentant d'enlever la farine de son t-shirt.
- Alors, c'est quoi cette robe ?
- Tout le monde va donc me poser la question ?
- Bah disons que… Enfin, je ne t'imaginais pas comme ça, en fait…
- Alors, fais plus confiance à ton instinct qu'à tes yeux, Harry Potter ! Suggéra Hermione avant de voir Ginny revenir.
- Alors ? Demanda Harry.
- J'ai forcé l'un pour tuer l'autre et j'ai fini le travail. On est tranquille, répondit Ginny avec un sérieux qui fit rire Hermione avant de s'occuper de son four.
- Ça tombe bien, j'ai faim, avoua Harry avant d'entendre sa femme marmonner sans comprendre. J'ai dit quelque chose de mal ? Demanda-t-il en catimini à Hermione.
- Je crois que tu ferais mieux de te lever, prendre les assiettes, mettre la table et nous servir, avec ça, je pense qu'elle t'adressa la parole ce soir, répondit Hermione en ne sachant pas si elle devait rire ou rire ou rire ou bien rire de la situation.
- Le problème c'est que je ne sais pas où elles sont… J'ai l'impression que Ginny change les assiettes de place toutes les semaines, du coup…
Du coup : Rire. Hermione entra dans un fou rire libérateur. Ginny et Harry la regardèrent sans trop comprendre et plus ces deux-là lui demandaient ce qu'elle avait, plus elle s'enfonçait dans l'incapacité à reprendre le contrôle. Harry décida de la laisser se calmer et aida finalement sa femme à mettre la table. Hermione se calma enfin quand les petits revirent cinq minutes plus tard en demandant très poliment à leur mère s'ils pouvaient manger et après hésitation, celle-ci accepta sous le regard encore pétillant d'amusement d'Hermione.
Après le repas, Harry prit avec lui les enfants afin de les conduire chez leur grand-mère. Ginny et Hermione étaient donc libres pour passer un peu de temps ensemble avant 17h. Et à quelques jours d'un mariage. Ginny imposa à Hermione de la suivre sans poser de question. Et que restait-il à faire à une future mariée à ce stade ? Et bien le ravalement de façade ! Hermione protesta et affirma s'entretenir, mais Ginny lui sortit un argument sans pareil.
- Là, au-dessus de tes yeux, c'est loin d'être prometteur ! Et entre filles, on sait ce que c'est qu'un chantier !
- Dis que je ressemble à un ouvrier pendant que tu y es !
- Yeti serait plus adapté en réalité !
Hermione en resta bouche bée. Ginny l'amena alors de force à l'unique salon de beauté qui fermait les yeux sur certains détails ou certaines demandes bizarres de ses clientes. En arrivant, l'esthéticienne regarda Ginny avec un grand sourire, qui s'évanouit aussi tôt quand elle fixa Hermione. Forcément, l'exemplaire exceptionnel de la gazette était dans les mains de chacune des clientes présentes dans le coin coiffure « artistique ». Sans y prêter attention Ginny demanda une séance sans rendez-vous pour toutes les deux, comme il était possible de faire jusque-là, et se vit attribuer une cabine non sans une certaine réticence pour Hermione et elle.
Ginny passa la première et Hermione attendit à demi toute nue dans une pièce même pas réchauffée où le silence était limite lugubre. Une bonne demi-heure plus tard, l'esthéticienne arriva enfin sans un bonjour ou un banal « pas trop long ? ». Elle prépara la cire sans un mot puis l'appliqua directement sur la jambe droite. L'instinct d'Hermione s'affola et comme prévu la réalité lui donna raison. La cire, ultra brulante, fut étalée sur la jambe tel un instrument de torture et quand arriva le moment de la retirer, Ginny entendit son amie hurler à la mort à l'autre bout du salon. Hermione sortit alors de la cabine à peine rhabillée et rouge de colère.
- Pas un mot, signifia-t-elle en direction de Ginny qui se demandait ce qu'il se passait. Dehors, maintenant ! Et ne comptez pas pour que je vous paye quoi que ce soit ! Cria-t-elle ensuite en direction de l'esthéticienne.
Une fois dehors, Hermione fit encore quelques pas avant de s'adosser à un mur. Sa jambe lui faisait terriblement mal et elle prononça une formule discrètement pour calmer la douleur. Ginny se sentit alors désolée pour son amie.
- D'habitude, elles font du travail parfait…
- D'habitude, répéta Hermione avant de reprendre le chemin. Je vais rentrer chez moi maintenant…
- Il faut terminer le travail, Hermione, sinon tu seras ridicule en plus d'avoir mal…
- Il parait que le ridicule ne tue pas, alors que ton esthéticienne en serait bien capable ! À choisir…
- Allons dans un salon moldu, non ?
- Pas spécialement motivée, bouda Hermione.
- Allez, il faut arranger ça. Et je t'offre un soin massage pour te détendre.
- Il faudrait plus une thalasso là, murmura Hermione.
- Une quoi ?
- Rien, soupira son amie. Va pour le salon moldu.
Cette fois-ci, Hermione n'eut rien à redire. En expliquant son problème à l'entrée du salon, elle fut chouchoutée au possible et elle fut allégée de « quelques grammes » (ou kilo) de « cheveux courts ». L'esthéticienne lui enduit ensuite de la crème hydratante généreusement sur la jambe enflammée et lui fit un soin du visage, une french-manucure en plus d'un massage des mains au passage. En sortant de là, Hermione se sentit quand même plus détendue qu'à son arrivée, mais le feu intérieur n'était pas encore totalement éteint.
- Tout ça, c'est ta stupide robe, certifia Ginny. Quelle idée aussi… Il faudrait presque faire une déclaration pour expliquer que tu l'avais pistée…
- Je mets ça sur ma liste de chose à rectifier, répondit Hermione tout en regardant sa montre. Sacrebleu, elle va me tuer…
- Sacrebleu ? Se moqua Ginny.
- Et tu t'inquiètes plus de mes expressions que de ma vie ? Gronda Hermione avant d'emprunter une petite ruelle. Il faut que j'y aille maintenant.
- Où ça ?
- Je ne sais pas trop encore, répondit Hermione songeuse. On se voit demain matin ?
- Oui, et je préviens Luna.
- Ok, merci.
- Et désolée pour tout à l'heure.
- Tu peux l'être, reprit Hermione avant de transplanner aussi discrètement que possible.
À 16h58, Hermione arriva devant la maison répondant à l'adresse 18 Downing Street. Cette maison était de style bourgeois et identique à toutes celles de cette rue. Rien n'indiquait une appartenance quelconque à la communauté magique, mais Hermione savait qu'il ne fallait pas se fier aux apparences et cette donne semblait aussi s'appliquer aux « dames » de la haute société ; si telle était bien le résultat de la demande d'Hermione. Elle monta alors les quelques marches et frappa cinq fois de manière égale. Une sorte d'onde se propagea du point d'impact des coups et Hermione la vit envelopper toute la maison. La seconde d'après, le seul détail différent fut l'inscription gravée juste au-dessus de la porte : SSND. La seconde suivante, une elfe de maison habillée telle une femme de chambre du siècle dernier vint ouvrir.
- Miss Hermione Granger, nous vous attendions, déclara-t-elle tout en la regardant de la tête au pied. Veuillez me suivre s'il vous plait.
Parfait. Comment être polie tout en faisant remarquer un retard.
- Vous êtes attendue au grand salon pour le thé. Quel parfum pouvons-nous vous servir ?
- Un darjeeling, répondit simplement sans faire attention au visage surpris de l'elfe de maison.
Elle fut conduite au premier étage et devant une grande porte noblement ornée trônaient encore les fameuses lettres SSND. L'elfe frappa cinq fois à son tour puis les portes s'ouvrirent… sur l'enfer sur terre…
D'un seul coup, l'elfe disparût la laissant seule devant le purgatoire : une assemblée de ladies toutes aussi tirées par quatre épingles que pouvait l'être la mère de Drago. Les yeux braqués vers elle, Hermione se sentit alors totalement nue et pétrifiée. Le tribunal de la bonne société n'allait faire qu'une bouchée de celle qui était coupable du pire : voler un fils bien né à sa mère sans en être digne à leurs yeux.
- Tuez-moi, murmura-t-elle avant de voir Narcissa lui faire un signe de la main pour qu'elle approche. Maintenant…
Hermione respira à fond puis avança en essayant de garder la tête haute devant toutes ses femmes qui la détaillait au possible afin de faire une liste aussi longue que possible de tous ses défauts. Un siège rouge, alors que les autres étaient blancs comme la pureté, apparût en face de Narcissa et instinctivement Hermione s'y dirigea.
Encore un peu et un tatouage au fer rouge l'aurait marquée à vie « Indigne » au lieu « Adultère », même si Hermione était persuadée qu'il devait exister dans un des placards de la pièce juste au cas où…
- Je vous en prie, invita Narcissa. Mesdames, même si je ne pense pas que ça soit nécessaire, je vous présente néanmoins Miss Hermione Granger, la… hésita-t-elle avant de soupirer, la fiancée de mon fils.
- Bonjour Mesdames, salua poliment Hermione, très mal à l'aise. Et vous…
- Il n'est pas coutume de nommer les membres de cette assemblée, coupa Narcissa.
- Mais, vous m'avez…
- Vous n'êtes pas membre, souligna sa future belle-mère en la remettant bien à sa place. Donc, vous imaginez bien qu'elle n'est pas présente juste pour mon bon plaisir, continua-t-elle sans faire attention à la tête stupéfaite d'Hermione. Il se trouve que mon fils se retrouve dans une difficulté particulière et qu'étant donné que c'est de sa faute, elle est venue espérer un peu d'aide de notre part, expliqua-t-elle en provoquant un fou rire guindé à la table et celles à côté.
- Ce pauvre Drago, franchement, on dit d'un homme qu'on voit son envergure à la femme qu'il épouse, mais lui fait exception à la règle bien évidemment, déclara la voisine de Narcissa.
- Le ministère n'est vraiment plus ce qu'il était avant… ajouta une autre.
- Mon Marcus aurait bien voulu se présenter, mais je lui ai fait remarquer qu'il y avait peu de chance qu'il l'emporte vu ses antécédents. Et il n'y a pas pire que la honte d'une défaite aux urnes.
- Mon James, lui, pense qu'il serait limite criminel d'encourager ce genre de union, mais je lui ai conseillé de ne pas trop le dire en publique s'il veut postuler au poste de directeur de mangemagot.
- Il est vrai qu'il serait totalement déplacé d'émettre des propos en ce moment. L'opinion publique est que trop volatile, précisa l'autre voisine de Narcissa. Les affaires de mon Rufus en sont d'ailleurs fortement perturbées. Et je lui ai d'ailleurs suggéré comme vous me l'aviez dit d'investir uniquement que sur les marchés immobiliers.
- C'est plus sûr en effet, valida Narcissa.
Ok. Le tableau était clair. L'eau était limpide. Devant elle, Hermione observait le côté obscur de la vie sociale et mondaine. Les « femmes de », influentes au possible. Parfait. Maintenant qu'elle avait compris les codes. C'était à elle de jouer.
- Mon fiancé essuie aussi des soucis financiers à cause de cette instabilité. Certains en profitent pour percer à travers la stabilité financière de notre communauté et je trouve cela franchement (pitoyable, non trop familier, nul, trop vulgaire) déplacé (oui c'est mieux).
- Vous vous y connaissez en affaire, miss ? Demanda l'une de ses voisines aussi surprises que les autres.
- Naturellement. Je suis sortie major de ma promotion. C'est aussi pour cela que j'ai été embauchée auprès de l'ambassadeur américain.
- Ah ce cher Steve, soupira une autre sans faire attention à l'air victorieux d'Hermione.
- C'est vrai qu'il est vraiment charmant.
- Mon Rufus l'apprécie tout particulièrement. Et il est vraiment de bons conseils…
- Oh les apparences sont bien trompeuses, je vous assure, mesdames. J'ai justement démissionné quand j'ai compris à qui j'avais à faire. J'ai même vu Drago perdre son sang-froid pour la première fois, ajouta-t-elle en surprenant tout le monde même Narcissa.
Le tour était joué. Plus qu'à balancer. Oh oui Steve était un charmant jeune homme, mais derrière le masque, il était aussi manipulateur qu'un américain était capable, le joli cœur avait surtout la sale manie de ne pas aimer qu'on lui résiste et il avait la vengeance facile. Jusque-là, aucun mensonge. Par contre ensuite, Hermione ne s'engagea en rien.
- Et dire que mon Rufus le pensait digne de confiance. Quand je vais lui dire ça…
- Ma cousine m'avait déjà avertie de son comportement un peu empressant, maintenant, je comprends mieux…
- Et vous en pensez quoi Narcissa ? Votre… Enfin, est-elle digne de confiance ? Demanda sa voisine.
- Malheureusement, le seul reproche qu'on ne peut pas lui faire c'est justement sur son honnêteté, soupira Narcissa. J'ai bien peur que ces propos soient fondés. Et j'ai cru savoir aussi qu'il avait une inclination envers elle. Mon fils semble payer le fait de lui avoir volé sa conquête.
- Les Américains sont vraiment sans gêne…
Bingo ! Narcissa le comprit également et regarda fixement Hermione avec un petit sourire au coin. C'est à cet instant qu'une tasse apparût juste devant Hermione, fumante d'une odeur de Darjeeling à plein nez. Toutes les femmes se tournèrent instantanément.
- Savez-vous qu'on étudie facilement le potentiel d'une personne en observant son thé ?
- Je ne suis pas une adepte de la lecture de feuille de thé, expliqua simplement Hermione avant de les entendre rire.
- C'est le parfum, Miss, le parfum ! Expliqua discrètement sa voisine.
- Et Darjeeling, ça vous dit quoi de moi ? Demanda Hermione en regardant sa belle-mère sans perdre de la constance.
- C'est celui que je prenais quand j'avais votre âge, répondit-elle simplement. Mais moi, au moins, je m'habillais de circonstance lorsque je me rendais au salon de thé.
Le même que Narcissa… Hermione en appela à la faucheuse, qu'elle vienne vite… Très vite !
- Et je n'avais pas le mauvais goût de prendre une robe de mariée rose !
Ah et voilà. Prévisible en même temps… Acte 2 scènes 3 …
- J'imagine parfaitement. Mais pour tout vous avouer, j'ai surtout été au plus pressée…
- Si vous m'aviez laissé faire, les couturières de Gaychiffon auraient tout à fait réussi à préparer une robe digne de mon fils !
- Vu comment Rita Skeeter a été capable de faire pour arriver à me suivre jusqu'à la boutique moldu, les détails de ma robe auraient été dès le lendemain en pleine page de la gazette.
- Quelle différence cela fait à présent ? Demanda Narcissa piquée.
- Une énorme, répondit Hermione à faire pouffer quelques-unes de ses voisines en référence à la taille de la robe. Surtout qu'il ne s'agit pas de ma « vraie » robe.
- Oh quel rebondissement voyons-nous là ! S'exclama la voisine de Narcissa à présent fort intéressée.
- Je l'ai vu me suivre alors plutôt que de lui offrir l'exclusivité, j'ai préféré lui rendre la monnaie de sa pièce.
- Ce n'est pas votre robe ? Insista Narcissa.
- Non. La mienne n'a ni de rose ni de petit nœud.
- Eh bien, Narcissa, vous pouvez respirer à nouveau. Votre nom ne sera pas entaché davantage. Toutefois, permettez-moi de vous dire que cette petite a du potentiel.
- Votre fils est peut-être plus de flair que vous, ma chère, ajouta une seconde.
Et voilà une magnifique scène finale… Le temps de quitter la scène est arrivé.
Hermione termina sa tasse tranquillement en écoutant les propos des unes et des autres. Puis elle les vit se lever pour aller s'assoir au petit salon et les groupes se mélangèrent avec facilité. Les deux informations introduites purent alors parfaitement se diffuser et lorsque sonnèrent les six coups, Hermione les vit toutes se préparer à partir. La réunion était déjà terminée et s'enchaînait comme un acte habituel ou même un rituel. Hermione attendit poliment la mère de Drago afin de partir en même temps qu'elle et en passant la porte, l'elfe salua la « noble dame ».
SSND… ND pour Noble Dame et Hermione trouva le reste assez facilement. Elle avait donc pris le thé avec les membres de la Société Secret des Nobles Dames. Là où tout se jouait dans les coulisses, là où Narcissa avait un rôle dans la vie politique et sociétaire, là où elle n'était plus simplement la femme de ou la mère de, mais bel et bien un être pensant et capable d'exprimer ses opinions librement. Cette femme était finalement plus profonde qu'elle ne voulait bien le paraître. Ou bien était-ce simplement son jugement qui l'avait aveuglée à ce point ? Était-ce volontaire de la part de Narcissa ?
- Toutes les femmes n'ont pas la chance d'épouser un fils comme le mien, répondit-elle comme si elle devinait les pensées d'Hermione. Il faut parfois se taire pour mieux parler ensuite…
Il était grand temps de rentrer. Encore un peu et Hermione versait sa larme.
- Il se fait tard. Drago attend avec impatience le résultat de cette entrevue.
- Naturellement, passez-lui mon bonsoir, voulez-vous ? Exigea-t-elle avant de partir dans le sens opposé.
- Et si je ne veux pas ? Se dit-elle à elle-même. Quelle journée franchement…
Hermione soupira longuement puis s'en alla à son tour. Vannée, elle préféra transplanner directement chez elle que de marcher. Même si l'appartement de Drago n'était finalement qu'à quinze minutes à pied. Une fois arrivée, la première chose qu'elle fit en entrant fut d'enlever ses chaussures de manière peu élégante. Son chat, qui savait ce que signifiait ce geste, se précipita à la rencontre d'une des chaussures, glissa la tête entière à l'intérieur d'une des chaussures et mit ses deux pâtes contre elle pour bien caler.
- Espèce de drogué, se moqua Hermione avec une pointe de dégoût face à l'odeur de pied qui devait forcément y régner vu la journée qu'elle avait passée.
Elle alla ensuite au niveau du secrétaire de Drago pour y prendre une feuille et un crayon. Elle nota alors un « La vipère est dans le nid » qui reçut un « La vipère sera dans mon lit ». Hermione rit puis répondit « Attention, elle pourrait mordre » ce qui impliqua forcément un « Intéressant ». Quoi de mieux qu'un « Sans aucun doute ». Et de cinq mais la conversation déviait, une nouvelle fois…
Hermione ne répondit pas et décida de se prendre un bon bain bien mérité. Comme elle n'avait pas nourri son chat en arrivant, celui-ci vint réclamer son dû dans la salle de bain et monta sur le rebord de la baignoire. Hermione, qui avait les yeux fermés, fut surprise et vit tout ce qui suivit au ralenti. Le chat sursauta puis glissa du fait de la mousse qui s'était déposée au passage. Il tenta de se retenir en vain à la paroi et tomba le cul en premier dans l'eau. Aussi affolé que trempé, une fois les pattes reposées sur Hermione, il prit appui en plantant toutes ses griffes et s'expulsa hors de l'eau. Il tenta de courir en faisant une moitié de sur place, dérapa, courut à nouveau, dérapa encore, avant d'aller se cacher en dessous du lit, le tout en hurlant. Hermione, elle, fut en sang.
Après avoir provoqué le chaos dans la vie de son homme, mit une robe rose pour éviter d'offrir une exclusivité à une peste, échappé la mort dans un salon de beauté, prit le thé avec des harpies et être déchiquetée par son chat, Hermione valida sa journée de merde.
Hermione sortit alors de la salle de bain et avant qu'elle n'ait le temps de mettre une serviette autour d'elle, Drago se pointa juste à ce moment-là. Du coup, il vit forcément le « nouveau paysage » avant l'heure, une jambe rosie, des seins en sang, des cheveux qui ne ressemblait à rien, et du mascara qui avait coulé du fait de la vapeur, ce dont elle ignorait encore.
- C'est pour t'accorder à la robe ?
- Non, soupira Hermione tout en refermant la serviette.
- Tout va bien ?
- Non, répondit-elle avant de voir son reflet dans le miroir et se sentit dépité.
- Tu veux que je te laisse tranquille ?
- Non.
- Tu es bien une femme, toi, se moqua Drago tout en entrant dans la pièce pour la prendre dans ses bras.
- Tu en doutais ?
Six…
- Je sais me servir de mes yeux, moi, mais vu ton état, j'ai un sérieux doute sur tes propres capacités.
Six toujours, ça ne compte pas celui-là…
- Disons que j'ai eu une journée un peu compliquée. Et toi, la tienne ?
- Disons que j'ai eu une journée un peu compliquée, répéta Drago. Et cette robe ?
- Compliqué aussi…
- S'il faut vraiment que je m'acharne à te faire sortir les vers du nez, je suis prêt à tout pour éviter de me marier avec une barbe à papa…
- Je doute que tu y réussisses, réussit-elle malgré le fou rire qui s'apprêtait à exploser..
- Ne me provoque pas, Granger, je suis un Serpentard, je te rappelle, la torture était une de nos matières extrascolaires !
- Et les Gryffondors sont reconnus pour leur courage !
- Pour être masochiste aussi ? Demanda-t-il tout en fixant sa jambe.
- Je doute que des histoires d'intendance de filles t'intéressent.
- Et pourtant, j'avoue être curieux de savoir ce qui t'a passé par la tête, histoire de savoir à quoi m'attendre si ça doit se reproduire.
- Oh non, je peux te rassurer sur ce point, affirma Hermione en jurant au fond d'elle de ne plus jamais mettre les pieds dans ce salon.
- Et donc la robe ? Insista-t-il.
- Quoi ? Ironisa-t-elle. Elle ne te donne pas envie de me manger ?
- Franchement, je n'ai pas besoin de ça pour me mettre à table avec toi.
- Je trouve que tu doutes quand même beaucoup de moi.
- C'est toi qui n'arrête pas de douter de tout depuis ce matin.
- Je ne douterais pas si tu ne doutais pas toi-même !
Victoire Epic sur un double ! De quoi remonter la jauge du moral de la journée.
- Je vais te montrer certaines certitudes alors.
Hermione ne put garder son sérieux une minute de plus. Drago la souleva et la fit sortir de la salle de bain encore enveloppée dans sa serviette. Il la jeta sur le lit comme un sac à patates, faisant peur au chat qui feula tout en courant à toute vitesse hors de la pièce. Drago le vit, regarda Hermione avec étonnement, puis reprit son acharnement.
Les explications pouvaient encore attendre. Drago était visiblement de très bonne humeur sans qu'elle ne sache encore trop pourquoi. Seulement, pour le moment, seul comptait d'en profiter. Les moments comme ceux-là étaient assez rares depuis qu'ils étaient ensemble pour ne pas les apprécier à sa juste valeur. Demain serait de toute façon un autre jour avec son lot probable d'improbables catastrophes qui feraient tout leur possible pour réduire l'étincelle qui les unissait à présent aussi solidement que possible. Mais demain serait demain et aujourd'hui, maintenant, Hermione s'en fichait éperdument.
