On y était. C'était le grand jour. Enfin! Hermione reposa le faire part sur sa table de nuit en repensant à tout ce qui avait été fait jusque-là. Elle soupira longuement en se rappelant chaque détail des premiers instants avec Drago et tout particulièrement leurs premiers baisers. Ca semblait si loin et pourtant… Depuis qu'elle s'était réveillée aux aurores ce matin, elle ne pouvait s'empêcher de revoir tout cela au ralenti. Avait-elle vraiment fait le bon choix ? Oui, forcément, sinon elle n'en serait pas là. Avait-elle peur ? Totalement flippée aurait été plus adapté. Aurait-elle le courage d'aller jusqu'au bout ? Un mariage avec Drago Malefoy ne pouvait pas être pire que de combattre les mangemorts. Supporterait-elle la pression ? Elle n'était plus à ça près. Serait-elle assez bien pour lui et pour sa terrible mère ? Trop tard pour tout changer à présent. Ses jambes accepteraient-elle de la conduire sans s'effondrer jusqu'à l'autel ? Elles avaient plutôt intérêt !

Hermione tenta de rationnaliser toutes ses angoisses les unes après les autres mais certaines restaient toutefois assez persistantes. Vite, que l'horloge passe vite ! Pitié ! Que tout soit terminé une bonne fois pour toute !

Hermione posa ses mains sur sa tête et se recroquevilla sur son lit. Il était sept heures du matin. Dans cinq heures, son calvaire serait fini. Dans cinq heures, elle serait face à lui. Dans cinq heures, elle démarerait une nouvelle vie. Dans cinq heures, elle dirait « oui »…

Stressée au possible, elle tenta de lire son ancien livre de chevet mais, au bout de dix minutes, elle n'avait toujours pas dépassé la première page, celle du titre… Cet état commençait sérieusement à l'énerver et plus elle tournait en rond plus son stress augmentait. En plus de ça, en remettant son livre en place, elle venait de se casser un ongle et il n'en fallut pas plus pour que la crise de nerf arrive.

Hermione tapa du pied nerveusement sur son matelas puis s'allongea en fermant les yeux. Elle répéta alors à demi-voix qu'elle devait se calmer mais là encore, aucun résultat. Elle essaya ensuite de contrôler sa respiration mais son cœur ne fut pas spécialement coopératif. Il lui fit même un mauvais tour quand quelqu'un frappa à la porte. Son cœur voulait sa mort ! Ca promettait !

- Ma chérie ? Tu es réveillée ?
- Oui, papa, répondit-elle finalement soulagée de ne plus être la seule dans ce cas.
- Un petit déjeuner à deux te tente ?
- Je n'ai pas spécialement faim mais je veux bien t'accompagner.

Son père n'insista pas sur le moment mais, une fois dans la cuisine, Hermione eut l'impression qu'il fit tout ce qu'il fallait pour lui ouvrir l'appétit rien qu'à l'odeur des différents plats qu'il préparait. Toast, œufs au plat, bacon grillé, jus d'orange pressé et café frais. Son nez lui provoquait un orgasme gustatif. Comment résister… De toute façon, ce n'était pas aujourd'hui qu'elle pouvait se vanter d'être intransigeante. Non, aujourd'hui, elle se devait d'être Hermione Granger la conciliante et il n'y avait donc rien de mal à commencer par un acte diplomate des plus basique comme accompagner son père dans son repas. Bon, ok, c'était plus par gourmandise parce que son estomac lui, manifestait avec une énorme pancarte « contrarié, stressé, pas envie de travailler ». Mais la patronne, c'était elle et aujourd'hui, elle n'accepterait aucune grève.

- Moi qui pensait que tu n'avais pas faim, se moqua son père. Je pourrais penser que tu manges pour deux…

Grillée… Oups… Hermione se sentit fautive.

- Doux Jésus ! S'écria à ce moment sa mère, encore en vieille chemise de nuit avec un énorme chat dessus, les cheveux débrayés. Et où crois-tu que tu vas mettre tout ce gras ? Parce que ma fille, soit-en sûre, avec tout ce que tu viens d'ingérer, tout le monde va savoir en détail le contenu de ton repas de ce matin ! Et toi, tu l'as laissée faire ? Encouragée même, à ce que je vois, ajouta-t-elle en remarquant le tablier encore présent sur son mari. Ma parole, il faut tout surveiller dans cette maison. Et toi, continua-t-elle en regardant mieux sa fille, il ne t'es pas venu à l'esprit que dormir ne serait pas du luxe avant de te marier. Ce n'est plus des valises mais des paquebots entiers que tu as là…
- Ce n'est pas toi qui disais que le maquillage pouvait faire des merveilles ? Intervint son mari.
- Des merveilles peut-être mais pas des miracles !
- J'ai essayé pourtant, se justifia Hermione en se rappelant surtout le terrible fantasme qui l'avait tenue éveillée au moins jusqu'à deux heures du matin.
- Commence par prendre une infusion à la camomille au lieu de t'énerver davantage avec du café, ordonna sa mère en lui enlevant la tasse des mains, et toi, reprit-elle en regardant son mari, je te conseille d'aller maintenant dans la salle de bain pour te raser et te laver parce que dans une heure, je te garantis que tu n'y auras plus accès.
- Bien chef, répondit-il en faisant un clin d'œil à sa fille.

Après une bonne douche que sa mère exigea tiède histoire de réveiller chaque cellule de son corps, la demi-heure qui suivit fut surtout consacrée à la réparation de l'ongle abimé et elle se termina par une petite manucure. Certes, sa mère n'était pas esthéticienne mais elle avait des produits miracles pour nettoyer au mieux les ongles avant l'application d'un vernis réparateur et transparent. « Aujourd'hui, pas de surplus et que du bon sens », répéta sa mère au moins trois fois en dix minutes.

- Et garde moi ces rondelles d'orange sur tes yeux, jeune fille.
- Maman, c'est ridicule, soupira Hermione dont la tête était à présent parallèle au plafond de sa chambre.
- Les oranges sont remplies de vitamines C et de la plupart des éléments nécessaires pour avoir bonne mine.
- A boire peut-être mais sur les yeux…
- Chut et détend toi !

Hermione ne tenta pas de contrarier davantage sa mère. Il allait être huit heures et comme elle le préssentait, les amis d'Hermione seraient à l'heure. Le bruit caractéristique d'un transplannage se fit entendre derrière la maison et, quelques secondes plus tard, la sonnette retentit. Mrs Granger hurla à son mari d'aller ouvrir mais celui-ci étant encore dans la salle de bain, elle se résigna à y aller. L'effervescence en bas ne laissa aucun doute sur l'identité des personnes présentes : les Potter au grand complet. Hermione ne résista alors pas à descendre les rejoindre mais, au milieu de escaliers, Ginny ordonna qu'elle fasse demi-tour tout de suite. Les embrassades avec Harry seraient donc pour plus tard.

La coiffeuse et la maquilleuse que la maman d'Hermione avait réservée arrivèrent en même temps une dizaine de minutes plus tard. Elles furent conviées à monter tout de suite à l'étage et pendant que l'une maquillait Ginny, l'autre s'activait déjà à dompter les cheveux d'Hermione.

Certains spécialistes auraient pu qualifier cet épisode comme « la croisade perdue d'avance » face à la difficulté de la coiffeuse à mettre d'accord la mère de la mariée et sa dame d'honneur. Ginny estimait qu'il ne fallait pas quelque chose de trop classique car sa robe l'était déjà beaucoup mais Mrs Granger ne voyait pas d'un bon œil une coiffure trop moderne face à l'image d'ensemble du mariage. A cause de ce désaccord, Hermione fut manœuvrée comme une poupée Barbie à trois reprises avant de dire stop à ce massacre.

- Un mixte des deux n'est vraiment pas possible ? Un chignon haut, simple, pouvant faire tenir le petit diadème et des mèches ondulées sur le bas ? Ça peut aller pour tout le monde ?
- On peut toujours essayer, répondit sa mère.
- Sauf que si je veux arriver à l'heure à mon mariage, ça devra être le dernier essai ! Précisa Hermione en croisant les bras. Vivement ce soir, ajouta-t-elle à elle-même en imaginant le plaisir qu'aurait Drago à lui défaire cette coiffure en trois secondes chrono.

Le résultat ne fut pas forcément le plus réussi mais avec le diadème et le voile, Hermione décida de s'en contenter. Luna venait en plus d'arriver et quand la coiffeuse vit l'état des cheveux de cette nouvelle cliente, elle pâlit. Naturellement, il était hors de question de couper quoi que ce soit et Luna exprima de nombreux petits cris étranges qui intriguèrent son père depuis le rez-de-chaussée.

- Vous égorgez un porc ou quoi ?

Mieux valait ne pas répondre. Hermione se concentra à se détendre pendant que la maquilleuse faisait son possible pour la rendre présentable après une nuit blanche pareille. Ginny, elle, termina d'habiller Andy et Lizzy et quand elle demanda à Hermione de les regarder, celle-ci commença à réaliser l'échéance. Elle sentit alors deux boules se former au beau milieu de sa gorge et son nez la piquer affreusement.

- Ah non, gronda la maquilleuse, pas de larmes ! Pas maintenant !

Ginny sourit et, satisfaite de son effet, elle renvoya les deux garnements à la bonne surveillance de leur père. Le silence fit alors légèrement son retour et Ginny commença à détacher les robes de demoiselle d'honneur quand on frappa à la porte. Harry réclamait de voir Hermione mais sa femme refusa net en même temps que sa mère. Il se vit également obligé de mettre son costume dès maintenant. Harry n'insista pas. Toutefois, dix minutes plus tard, il demanda l'aide de sa femme pour son nœud papillon et Hermione l'imagina déjà dans ses habits avec la même classe qu'il avait pu avoir lors de son propre mariage. Il allait avoir une classe telle que Ginny devrait le garder à l'œil…

A onze heures et six minutes, la maquilleuse déclara en avoir terminé avec elle. Elle disposa alors un miroir devant elle et Hermione sursauta légèrement avant de se reconnaître. Elle avait l'air fraîche, romantique et glamour et surtout en pleine forme. Le gros mensonge camouflant la réalité… Drago risquerait de crier au scandale au soir quand elle s'écroulerait dans le lit avant même qu'il ne puisse se vanter de l'avoir épuisée. Avec un peu de chance, il serait dans le même état qu'elle… En fait, non aucune chance pour qu'il lui fasse ce coup-là…

A présent, Luna avait pris sa place et Ginny se laissait manipuler par la coiffeuse. Hermione pouvait donc souffler un peu. La prochaine étape serait l'enfilage de sa robe et repousser cela au plus loin possible lui allait très bien. A deux heures et demie de l'échéance, il ne lui restait plus qu'à se mettre de la crème hydratante parfumée sur le corps, un déo ultra puissant anti trace blanche et du parfum capable de tenir la journée entière. Seule dans la salle de bain, elle se regarda alors dans le miroir et, spontanément, elle anticipa quelque peu sur sa journée.

- Moi, Hermione Granger, je te prends…
- Ca porte malheur ma chérie, s'écria alors sa mère derrière la porte. J'espère d'ailleurs que tu as terminé, parce qu'avec Ginny, on a une petite urgence.
- Laquelle ? Demanda alors Hermione intriguée par ce nouveau revers de fortune.
- Problème de pilosité, répondit Ginny. Allez, ouvre !

Hermione laissa donc la place à sa mère, Ginny et Luna qui tenta tant bien que mal d'échapper à ce qui l'attendait. Elle qui avait été hyper sensible lors de la mise en place de son chignon, il n'en fallut pas plus pour qu'elle hurle de toutes ses forces.

- Tout va bien ? Demanda quand même Hermione.
- Oui, répondirent sa mère et sa meilleure amie.
- Non ! Corrigea Luna.

Hermione s'amusa légèrement de la situation avant de voir arriver au loin un hibou. Drago… Sans attendre, elle ouvrit la fenêtre sans craindre d'être décoiffée par le vent et prit presque au vol le mot transporté.

« Toujours partante ? »

Quelle question franchement…

« Et toi ? » Après tout, celui qui avait le plus la pression, c'était lui, pas elle.

« J'ai posé la question en premier » eut le bénéfice de la faire rire alors que tout semblait vouloir la stresser autour d'elle. Drago n'en menait visiblement pas plus large qu'un enfant de cinq ans et ça lui plaisait assez.

« Tu n'as plus longtemps à attendre pour le savoir » … Après tout, elle allait épouser un serpentard, alors autant prendre le pli et le torturer quelque peu. Hermione en rit avant de voir Luna sortir de la salle de bain blanche comme un linge. Ginny et sa mère avaient, elles, un regard triomphant et Hermione imagina parfaitement le résultat obtenu.

11h45. Il était temps à présent. Tout le monde semblait prêt et il ne restait plus qu'à finir ce rituel symbolique que le passage de la robe de mariée. La mère de celle-ci eut d'ailleurs un frisson en tirant sur la fermeture éclair pour libérer le « Saint Graal » d'une mariée.

Hermione se laissa alors manipuler sans trop réfléchir : « Monte ton genou », « bouge surtout pas », « bloque ta respiration » « recule juste un peu » « lève les bras » « tourne-toi » jusqu'à un « ouvre les yeux »

Là, Hermione eut le souffle littéralement coupé à deux doigt de tourner de l'œil. Sa mère lui offrit un soutient par le bras comme si elle devinait l'effet que ça pouvait faire à sa fille de se voir ainsi telle que son futur marié la verrait dans un peu moins d'une heure et demie à présent. L'émotion était aussi incontrôlable qu'inexplicable. Pourquoi avait-elle envie de pleurer sans jamais s'arrêter, elle ne le savait pas vraiment, tout comme elle ne comprenait pas non plus le mal de ventre qui la torturait subitement. Ce n'était qu'un mariage… Ce n'était que son mariage…

- Tu es très belle, Hermione, intervint Luna qui interrompit probablement involontairement ce moment spécial dans la vie d'une future femme mariée.
- Merci, répondit simplement Hermione avant que Ginny ne la prenne dans ses bras.
- Il va en avoir une crise cardiaque, lui souffla-t-elle dans l'oreille.
- Non, ça sera plutôt sa mère quand elle comprendra qui est vraiment ma fille, corrigea Mrs Granger avant de rabattre le voile sur le visage de sa fille.
- Vaut mieux cette option, se moqua Ginny avant de l'embrasser sur la joue. Allez, je pense que les hommes vont nous attendre.
- Comment ça ? Demanda Hermione.
- Surprise ! S'exclama Ginny. On a comploté avec tes parents et à vrai dire, c'est une idée de ton père. Allez, viens !

La mère et les deux demoiselles d'honneur descendirent les premières pour annoncer l'arrivée d'Hermione. Quand le top lui fut donné, elle respira trois fois avant de se lancer vers cette deuxième étape importante de la journée : se montrer à son père… L'épreuve de l'escalier lui demanda toutefois bien plus de concentration que ses devoirs à Poudlard et l'angoisse de la chute lui provoqua pas mal de palpitations mais heureusement, tout se passa bien et elle posa sereinement sa main sur le bras de son père avant de regarder son visage. Fierté, bonheur, stress furent les émotions qu'elle put y voir à ce moment-là avant qu'il ne l'embrasse sur le front.

- En route ma petite fille…

Devant la surprise de l'intéressée, il lui expliqua que la magie ne saurait en aucun cas lui enlever le privilège de la conduire en voiture au lieu de la cérémonie comme tout père anglais qui se respectait. Il avait d'ailleurs loué une vieille Bentley avec chauffeur pour l'occasion sans en toucher un mot à sa fille et le reste du cortège les précèderait également dans la grande voiture d'Harry. Le trajet jusqu'à la résidence durait environ une heure quarante-cinq de porte à porte et ils risquaient d'avoir légèrement un peu de retard. Voilà la raison qui avait poussé Hermione à choisir un moyen plus « rapide » d'aller chez Mrs Robinson. La ponctualité était une règle à ne vraiment pas déroger ce jour-là précisément quand on se mariait avec un Malefoy.

Sa mère l'aida à monter dans la voiture en faisant bien attention de ne pas défaire la coiffure ou créer un faux pli à la robe puis rejoignit le reste du cortège dans l'autre voiture familiale. Hermione sentit alors le stress monter d'un cran et son père dût la rassurer à mainte reprises au début du trajet.

Puis, le paysage de la campagne anglaise eut le don de réussir là où son père avait échoué. De toute façon, elle ne pourrait rien y faire et il ne lui restait plus qu'à prier tous les dieux sur Terre qu'aucune vache, mouton, cheval, tracteur ou autre habitant du Kent ne vienne ralentir l'allure de la Bentley.

- Tu sais ma chérie, finalement, je pense que tu as fait le bon choix, lui avoua son père. Oh, me regarde pas comme ça, j'ai eu l'occasion d'y réfléchir et même si je trouve cela un peu trop rapide à mon goût, je peux comprendre ta préférence. Ce Malefoy, Drago, reprit son père devant le mécontentement de sa fille, est vraiment différent de Ron mais il a une chose en plus qui est essentielle à mes yeux : il te respecte pour ce que tu es et il a conscience de ta valeur. Après, qu'il se décolore les cheveux dans un blond un peu bizarre, je saurais l'accepter, tout comme ses airs supérieurs qui me hérissent les poils parfois, sans parler de sa mère… Nous apprendrons à l'aimer comme on l'avait fait pour Ron. Il faut juste nous laisser le temps qu'on aurait dû avoir dans d'autres circonstances.
- Oui, murmura Hermione.
- Et je t'avoue qu'avec ta mère, on est aussi satisfait sur un point moins... avouable, toussota son père. Avec Ron, tes enfants auraient plus facilement préféré sa famille paternelle à nous, alors que là... ajouta-t-il en laissant à Hermione le temps de comprendre le sous-entendu.
- Vous ne perdez jamais l'occasion d'avoir l'esprit pratique, souligna sa fille avec un petit sourire au coin.
- Qualité qu'on espère te voir léguer à tes futurs enfants, continua-t-il.
- Tu sais, sur ce point, on n'a pas encore spécialement étudié le sujet avec Drago. C'est déjà bien assez compliqué pour le moment... soupira Hermione tout en regardant à nouveau à travers la fenêtre.
- J'imagine, sourit son père. Une chose à la fois, ajouta-t-il avant de montrer une pancarte indiquant encore 20 miles avant d'arriver à Maidstone.
- Oui, soupira-t-elle à nouveau. Un pas à la fois…

La réalité frappa alors à nouveau Hermione de plein fouet. Elle n'était pas juste dans une belle voiture en compagnie de son père, non ça serait trop simple, trop facile. Et puis, elle ne porterait pas cette robe à la fois si magnifique et si ridicule à la fois. Avait-elle vraiment besoin d'être habillée ainsi pour dire au monde entier qu'elle avait fait un choix, peut-être particulier, mais probablement le plus honnête avec elle-même. Ne pouvait-elle pas simplement lui prendre la main en public et discuter avec lui le soir autour d'un bon thé sans que ça ne dérange toute une communauté attachée à des valeurs dépassées pour le reste du monde. Tout ça était si ridicule et pathétique. Hermione eut alors la sensation d'étouffer dans sa robe subitement trop étroite pour respirer. La crise d'angoisse fut si virulente que son père lui rabattit le voile derrière la tête et plaça ses mains sur chacune de ses joues.

- Respire, mon cœur, respire, ça va passer.

Hermione fit non de la tête et s'agita encore et encore. Son père murmura quelques « chut » et « ça va aller » mais la surdité sembla la guetter à son tour. Il ne lui manquait à présent plus que la cécité vu que plus rien ne semblait ni avoir de goût ni de saveur tant son corps s'abandonnait petit à petit dans une douleur sans pareille telle une simple baie écrasée entre deux enclumes.

- Hermione, regarde-moi ! Ordonna alors on père. Maintenant, ça suffit !

Mais Hermione en était parfaitement incapable. Les larmes coulaient à présent sans qu'elle puisse avoir un seul contrôle dessus.

- Ma douce, allez, respire, insista son père. Tout va bien se passer, et puis si tu continues, tout ton maquillage va s'enlever et ta mère va me tuer. Tu ne veux pas avoir ma mort sur la conscience, non ?

Hermione sourit alors malgré elle en imaginant facilement la scène. Elle fixa alors les yeux de son père et bizarrement, elle y trouva tout le réconfort qu'une petite fille apeurée pouvait y chercher. Son père l'a pris ensuite dans ses bras et caressa lentement son dos d'une main calme et sûre.

- Depuis que tu es toute petite, tu n'as fait que de me surprendre, ma chérie. Tu as toujours été notre plus grande fierté et aujourd'hui encore, tu brilles par le courage de tes choix. Il n'y a pas un père plus orgueilleux que moi aujourd'hui. Je me demande d'ailleurs si je vais être capable de lâcher ton bras tout à l'heure pour te donner à ton promis. J'ai bien envie de te garder pour moi encore un peu, se moqua son père satisfait de décrocher un sourire à sa fille. Allez, on va arriver, tiens, ajouta-t-il en sortant un mouchoir en tissu, on va faire cache misère au possible.

Doucement, il tamponna les traces humides laissées sur les joues par les larmes puis sous les yeux de sa fille. Hermione sourit alors sincèrement à son père dans un moment à la fois précieux et indescriptible entre un père et sa fille à un moment comme celui-ci.

- C'est bon, assura-t-il. Comme si de rien n'était, ajouta-t-il limite fier de lui avant de remettre le voile de sa fille devant son visage. Tu es vraiment magnifique, ma chérie. Ce petit avorton a bien de la chance, et je te prie de me croire que je le lui rappellerais à la moindre déviance de sa part…

Puis, l'un et l'autre furent comme hypnotisés à se rendre compte que le chauffeur tournait à gauche entre deux colonnes magistrales indiquant l'entrée d'une noble propriété. Ils étaient arrivés…

Le chauffeur ralentit laissant alors à ses occupants le loisir d'apprécier le paysage du parc. La musique de l'orchestre faisant attendre les invités commença à arriver jusqu'à eux et Hermione sentit son ventre se contracter comme jamais. Son père dut sentir son stress et lui serra la main en guise de courage supplémentaire. Les gens s'aperçurent de l'arrivée des voitures et certains fixèrent Hermione avec intérêt. Paniquée, elle se plaqua en arrière pour se cacher et apprécia les dernières minutes où la voiture faisait le tour de la fontaine pour se mettre dans le bon sens d'arrivée jusqu'au tapis d'honneur. Puis, la voiture s'arrêta. Un pas venait d'être franchi en réclamant le suivant.

- Je peux encore demander au chauffeur de faire demi-tour, ma chérie. Un mot de toi et on repart…

Hermione sourit à son père avant de soupirer longuement. Cette idée était purement inenvisageable. Déjà parce qu'elle était une gryffondor et que c'était pas aujourd'hui qu'elle allait trahir sa maison, puis se défiler devant toute sa communauté la condamnerait à l'exil, Drago serait la risée de toute la bonne société et surtout, elle n'en avait pas envie.

- Tiens, c'est qui celle-là ? Ils sont tous comme ça ? Demanda son père en pointant le bras droit de Narcissa (et ex de Drago) arriver énergiquement.
- Non, parla enfin sa fille. Celle-là est spécifique dans son genre…
- Tu me rassures, répondit son père en se réajustant.
- Ah, enfin, déclara l'intéressée en ouvrant la porte sans y être invitée. Nous vous attendions !
- Il est 13h55, certifia le père d'Hermione. Nous ne sommes donc pas en retard. Voire même en avance. On va d'ailleurs attendre encore un peu, provoqua-t-il.
- N'y pensez même pas. Il faut préparer le cortège à présent !

Juste derrière elle apparurent alors Ginny et Mrs Granger. Le larbin de Narcissa ordonna alors à la mère d'Hermione d'aller s'installer sur un ton qui n'aurait pas été autre si elle s'était adressée à un parasite. Harry arriva juste à temps pour éviter un esclandre à quelques minutes de la cérémonie. Il lui offrit alors le bras d'une manière très gentleman et, après avoir embrassé Hermione chacun leur tour, ils s'engagèrent sur l'allée avec élégance et assurance.

- Allez, à vous ! Ordonna celle qui ressemblait à une fleur exotique mal plantée. Les enfants devant, les dames et … s'arrêta-t-elle le souffle coupé en voyant Hermione sortir de la voiture… vous.

Effet robe de mariée mode « on »… Hermione ronronna intérieurement de cette petite victoire face au passé de Drago. Ginny étala la traine correctement et s'activa à donner toute l'ampleur à la jupe de la robe. Luna donna ensuite le bouquet dont elle avait eu la charge durant le transport et Hermione se sentit enfin prête.

- Surtout, regarde devant toi, conseilla Ginny. Cherche-le et respire, oublie le reste !

Oublier ! Facile à dire ! Une montagne à faire ! Oublier … Comment était-il possible d'oublier ces centaines d'invités qui braquèrent tous leur tête vers elle à l'instant où elle s'engagea au bras de son père, qui la jugèrent de haut en bas et qui étudièrent à chacun de ses pas. Elle pouvait sentir chacun des regards sur elle comme un poids lourd. Impossible d'oublier tout ce monde dont elle ne connaissait pas un dixième ! Au moins, la déco était telle qu'elle l'avait imaginé avec Lady Robinson. Narcissa n'eut probablement pas l'occasion de tout changer à la dernière minute. Une donne qui aida Hermione à se détendre un peu. Puis, son regard se tourna vers le centre, vers le kiosque. Il semblait encore loin mais elle pouvait parfaitement distinguer la silhouette de Drago, de ses deux témoins et du mage.

Drago… Bizarrement, Hermione se sentit toute bête, souriant sans aucune raison. A cause du voile et de la distance, elle ne pouvait pas le voir en détail mais il était en train de l'observer autant qu'elle pouvait le faire et elle aurait donné tout ce qu'elle possédait pour savoir ce qu'il pouvait bien penser à ce moment-là. Subitement, elle se jugea elle-même et se demanda si sa robe était à la hauteur de ses espérances, si elle marchait à la bonne vitesse, si elle tenait son père comme il fallait, si elle souriait assez puis elle le vit plus nettement.

Sa prestance n'avait d'égale que sa noblesse. Plus séduisant que ça à ce moment-là était impossible. Le costume traditionnel anglais avec une pointe d'héritage magique rendait Drago plus irrésistible encore. Mais peut-être que toutes les mariées partageaient cette même impression et que du point vue d'une autre, il restait un blond décoloré en costume, certes élégant mais pas si exceptionnel que ça. Toutefois, avec le minimum d'objectivité, il fallait reconnaître qu'il était vraiment à son avantage. Les hommes et la queue de pie, une grande histoire littéraire typiquement anglaise qui avait le don de faire soupirer toutes débutantes en mal d'amour…

Mais ce qui intéressait surtout Hermione, c'était son visage, son expression et plus particulièrement son regard. A mieux l'observer, il valait à présent alors tout l'or du monde. Pas de sourire con, non, ce n'était pas son genre. Tout se passait à travers ses yeux avec un mélange de retenue, de pudeur et d'intimité. Plus elle approchait, plus elle percevait la fierté typique qu'il arborait quand il obtenait ce qu'il voulait. Et ce qu'il voulait aujourd'hui, c'était elle.

Quand Ginny et Luna montèrent les marches du kiosque pour se placer à gauche, Hermione vit Drago descendre vers eux avant de se placer devant son père.

- Prends-en soin, murmura M. Granger dans un douloureux soupir.
- Autant que possible, répondit-il dans une honnêteté touchante avant de se tourner vers elle et lui tendre le bras.

M. Granger embrassa sa fille sur le front à travers le voile puis il saisit le bras de sa fille pour le poser sur celui de Drago. Il soupira une dernière fois puis se tourna pour aller rejoindre la mère d'Hermione au premier rang.

C'est là qu'Hermione aperçut la mère de Drago et faillit sortir un petit cri de sa bouche de stupeur si Drago ne lui avait pas resserré la pression avec son autre main. Habillée d'une robe crème limite ivoire avec un style très empire, le petit chapeau drapé d'un voile en tulle, Narcissa offrait la vision d'une mariée de quarante ans aussi digne que pathétique. Au moins, ce n'était plus elle qui l'était et d'une certaine manière, elle en était satisfaite…

Elle croisa alors le regard de Drago et l'incident fut mis de côté pour le moment… Tout en étant convaincu de le ressortir le moment venu…

- Prête ? Chuchota-t-il de manière à ce qu'elle seule puisse l'entendre.
- Prête, répondit-elle de la même manière.

Sans effusion, Drago l'aida ensuite à monter les trois marches et tous deux s'arrêtèrent devant le mage.

Le jeu d'échec était à présent en place. Nous avions le roi et la reine au centre, la tour en face, les fous sur le côté et les pions à l'arrière. Et la cavalière n'avait pas vraiment intérêt de faire échec à la reine, du moins pas à cet instant.

Comme le début d'un premier placement de pièce, le temps sembla s'arrêter. La réflexion frôlait l'inspiration divine et Hermione respira l'air comme s'il avait une odeur particulièrement historique.

Au lieu d'écouter le mage, Hermione voyait des images se focaliser devant elle avant de s'évaporer tout aussi vite depuis ses 11 ans jusqu'au jour où Drago et elle s'étaient croisés aux archives. Si les anciens, les esprits, tous les dieux possibles et imaginables s'étaient amusés à les torturés, ils n'auraient pas mieux réussis…

Tous ses souvenirs semblaient aussi vifs que s'ils étaient frais de la veille et quand vint enfin le passage de leur histoire où tout convergea vers cette issue, elle rougit spontanément. Heureusement, le voile pouvait le cacher sinon Drago se serait fait un plaisir de se moquer d'elle à vie d'avoir de telles pensées en cet instant solennel. Il fallait se reprendre et vite avant de prononcer « moi, nymphomane, j'accepte de prendre tout court Drago ici présent… » De quoi provoquer des fous rire et des crises cardiaques suivant les personnes de l'assistance…

Où en était le mage ? Ah oui, ici. Hermione se reconcentra. Oui, la vie à deux, ses contraintes, les compromis et les concessions. Ca, elle connaissait déjà avec Drago et ce n'était pas prêt de s'arrêter. Le respect de la famille et des traditions ? Même s'il lui arrivait d'oublier, Narcissa serait là pour le lui rappeler. Le devoir de concevoir ? Drago se ferait justement un devoir de faire ce devoir, conception ou pas, nul doute à avoir sur ce point. La fidélité ? Là, Drago lui adressa un petit regard du style « pas besoin d'aller voir ailleurs quand on a tout chez soi » accompagné d'un petit sourire qui laissa Hermione perplexe. Etait-ce plus pour lui ou pour elle ? Point à développer plus tard…

Puis vint le grand moment, celui où toute l'assemblée dut se lever par respect. Celui que chaque petite fille imagine des centaines de fois dans son lit avant de s'endormir, celui que rêve certaines jeunes femmes encore innocentes, incrédules ou éternellement romantique, ce que redoute peut-être quelques angoissées chronique… Celui qui reste immuable à travers temps et époques quoi qu'on en pense et qu'on en dise…

Hermione se tourna alors légèrement et se sentit subitement très nerveuse. Drago, pour un serpentard peu courageux de base, semblait confiant et à l'aise avec ce qui était sur le point d'arriver. Tout le contraire d'elle. Un comble ! Elle se trouva alors très stupide d'être aussi trouillarde et regarda à nouveau le mage avec attention. Lui, par contre, transpirait à présent et sa voix commençait à dérailler comme si cela lui coûtait intimement de continuer.

Les quelques secondes où il tourna la page de son guide, Hermione eut la sensation que le temps ralentissait à nouveau et le silence ressemblait à un calme angoissant avant une terrible tempête. Un vent de doute et de certitude à la fois s'empara d'elle comme si un ange et un démon se trouvait juste au-dessus de sa tête.

« Tu diras oui ! Tu n'as pas fait tout ça pour rien ! »
« Tu ne le connais que depuis trois semaines, si connaître est réellement possible pour lui, tu peux encore dire non, les gens comprendraient ! »
« L'amour n'a pas besoin de temps »
« Il ne t'a pas dit qu'il t'aimait »
« Mais toi, tu l'aimes, donc dis oui »
« Aimer sans être aimer est la pire des prisons, enfuis-toi ! »
« tu sais au fond de toi qu'il t'aime, regarde ses yeux ! »
« C'est un menteur et un manipulateur né ! Tu ne manques pas de preuves !»
« Le passé n'a que peu d'importance, c'est l'avenir qui compte ! »
« Retourne-toi et tu vas le voir ton avenir dans une robe ivoire taille empire »
« Drago n'est pas comme son père ! Et tu n'es pas Narcissa ! »
« Aucune garantie sur ce point ! »
« Fais-lui confiance ! Fais-toi confiance ! »

- Miss Granger ? Intervint le mage qui la regardait avec des yeux ahuris.

Etait-il possible qu'elle ait raté la fameuse question ? Non, pas possible. Et pourtant, quand elle regarda à nouveau Drago, celui-ci insista du regard avec un reproche sans nom. Ils attendaient visiblement tous les deux une réponse de sa part et nul doute à présent qu'il s'agissait d'un mot bien en particulier.

- Oui, répondit-elle alors avec autant d'assurance que possible.
- Vous êtes sûre, Miss ? Demanda alors le mage en provoquant un râle mécontent de Drago.
- Aussi sûre qu'il est possible de l'être, répondit-elle avant de regarder Drago droit dans les yeux et lui offrir une pointe de soulagement.
- Et vous, Monsieur Drago Malefoy, acceptez-vous de prendre pour épouse Miss Hermione Jane Granger ici présente ?
- Oui, répondit-il avec un ton froid, assuré et ferme.

Pas un poil d'hésitation dans sa voix. Hermione se sentit honteuse de sa maladresse. Néanmoins, quand le mage demanda si quelqu'un dans l'assistance avait une raison suffisante pour s'opposer à cette union, Hermione vit parfaitement la certitude de Drago vaciller très sérieusement.

Le mage sembla alors prendre tout son temps comme si lui comme le reste de l'assemblée s'attendaient à voir arriver un fantôme du passé tel que Ron ou Pansy, ou le destin lui-même venant arrêter cette folie. Voyant que rien n'arrivait, le mage fixa alors Narcissa comme dernier recours avant d'apercevoir le regard assassin de Drago et de tourner sa page pour passer à la suite. Le mage soupira et prit une cordelette en fil d'or.

Hermione se laissa ensuite porter par les évènements sans maitriser. Elle revint à la réalité quand elle sentit la décharge électrique la parcourir quand le lien magique invisible les unis à jamais tel un tatouage indélébile et invisible. Elle fut aussi parfaitement consciente quand elle passa l'anneau au doigt de Drago mais le reste… oh bas le reste, quelqu'un prendrait bien plaisir à le lui raconter autour d'un thé avec des détails probablement farfelus. Elle, à présent, s'en fichait. La seule chose qui était gravée au fond d'elle, c'était cette phrase : « Je vous déclare à présent mari et femme ».

Certaines femmes trouvaient dans cette phrase un « happy end » ou un commencement mais Hermione ressentit surtout un énorme soulagement. C'était fini, enfin. Echec et Mat. Rien ni personne à présent ne pouvait l'empêcher de vivre l'impensable. Rien ni personne ne pourrait séparer ce qui était unis à jamais. Cette assurance lui offrait un répit avant la prochaine galère, un prochain bâton dans les roues, une prochaine tempête ou dispute, qui arriverait bien assez tôt de toute façon.

Pour le moment, elle laissa Drago lui prendre la main et lui offrit un tendre sourire. Elle ne douta pas qu'il pense la même chose à ce moment-là. Il leur restait à présent à faire bonne figure face à tout ce monde venu surtout pour constater qu'ils ne s'étaient pas défilés. L'intimité et les sentiments seraient pour plus tard, bien plus tard… Hermione le savait et ne chercha pas à contester cette donne même si une part d'elle aurait aimé au moins un simple et chaste baiser.

- Moi qui pensais que le plus dur était derrière nous, murmura-t-elle en voyant Narcissa arriver avec un mouchoir épongeant ses larmes probablement invisibles.
- On est deux à présent, me lâche pas la main, je m'occupe du reste…

Loin de la fin d'un conte de fée, un mariage était avant tout un rituel social où tu affirmais une alliance, où tu scellais un contrat à durée déterminée sur une vie entière. Il pouvait aussi s'apparenter à une pièce de théâtre où tous pouvaient y jouer un rôle bien précis le temps de la représentation. Et la scène suivante était la procession de témoins validant ce choix, plus ou moins hypocritement, par leur présence avec toutes les banalités du genre.

« Toutes mes félicitations » Banale « Félicitations » Banale et radin « C'était magnifique » Menteur « Touchante cérémonie » Hypocrite « Je suis de tout cœur avec vous » Tu as gagné au pari des frères Weasley ?...

Plus les gens défilaient, plus Hermione avait envie de vomir face à ce florilège de « bon sentiments ». Il ne lui restait plus qu'à serrer la main de Drago sans jamais la lâcher et garder le sourire même si au bout de dix minutes, ses joues commençaient à porter plainte pour esclavage. Visiblement, Drago était plus à l'aise qu'elle pour ce genre de chose et Narcissa était une sirène entourée de marin. Hermione, elle, ne sentait à présent plus ses pieds, son ventre criait famine et elle avait arrêté de compter ses « merci ». Le calvaire !

Heureusement, c'était aussi l'occasion de revoir des proches et Hermione eut la surprise de voir Molly, Arthur et les jumeaux venir vers eux pour les féliciter à leur tour. Hermione regarda Drago qui lui fit comprendre que c'était un cadeau de sa part et elle le remercia tout aussi subtilement. Naturellement, Ron était absent et elle était déçue bien qu'elle pouvait aussi le comprendre mais, au fond d'elle, Hermione était persuadée que ce chapitre n'était pas pour autant terminé. Un jour, Ron lâcherait du leste et Drago mettrait de l'eau dans son vin et elle pourrait retrouver une part de cette amitié qui avait été si importante pour elle jusque-là. Bon, ok, avec ces deux-là, elle serait peut-être grand-mère quand ça arriverait mais elle était assez patiente pour ne pas perdre espoir.

- N'espère pas trop, murmura Drago à ce moment-là comme s'il était capable de lire dans ses pensées.
- L'espoir fait vivre, lui répondit-elle avec un petit sourire au coin avant de voir Lady Robinson arriver à son tour.
- Vous respirez le bonheur, chuchota-t-elle en regardant Narcissa du coin de l'œil. Je suis heureuse pour vous.
- Merci, répondit Hermione avec un peu plus de sincérité que les autres fois.
- Alors, se tourna-t-elle vers Drago. As-tu au moins dit à ta femme qu'elle était magnifique ?
- Des regards valent parfois plus que de simples mots, répondit Drago.
- Parfois des mots sont importants, insista Lady Robinson.
- Ces mots-là se révèlent en temps voulu, répondit-il avant que sa mère ne s'invite dans la conversation.
- Les invités vous réclament, affirma celle qui était à présent la belle-mère d'Hermione. Il est fort mal poli de monopoliser des mariés, ajouta-t-elle avant de prendre Drago d'un bras forçant celui-ci à attirer presque brutalement Hermione contre lui pour ne pas la lâcher de la main.

Narcissa avait clairement décidé de régner en reine au mariage de son fils, faisant de l'ombre à une mariée qui aurait dû tenir cette place. Hermione en aurait presque rit, surtout lorsqu'elle avait remarqué la robe crème qui aurait pu s'apparenter à une robe de mariée pour femme d'âge mûr. Elle aurait pu lui faire une remarque, la faire aussi à Drago mais, au fond, elle s'en fichait que Narcissa joue un rôle qui n'était pas le sien. Narcissa se sentait en danger maintenant qu'il y avait une deuxième Lady Malefoy et elle marquait son territoire pour que personne ne puisse l'enterrer avant l'heure. Si elle pouvait savoir à quel point Hermione se fichait du titre. Elle acceptait bien gracieusement de lui laisser le nom. Elle avait l'homme.

A l'ouverture du bal, Narcissa dût néanmoins se résoudre à laisser la vedette à sa bru. Drago et Hermione se retrouvèrent alors à nouveau au centre de tous les regards un nouveau rite de passage où il valait mieux ne pas marcher sur sa traine et rater un pas… Se casser la figure à ce moment-là était le genre de mauvaise farce arrivant à vidéo gag dont elle se passerait bien. Heureusement, cette discipline n'était pas l'une des plus difficiles à maîtriser et elle s'en sortit avec les honneurs.

- Vivement que ce mariage se termine, soupira Drago.
- Monsieur Malefoy serait-il las de mondanité ? Se moqua Hermione tout en le regardant du coin de l'œil.
- Disons que ma patience a des limites, précisa Drago tout en pressant davantage la taille d'Hermione avec sa main. Si tu vois ce que je veux dire…
- Tout à fait limpide, confirma Hermione avec un petit sourire au coin.

Cette première danse laissa place à une seconde seulement, les contraintes d'un mariage prirent à nouveau leur droit. Le père d'Hermione réclama son tour et Narcissa tout autant. Ce manège continua comme s'ils ne s'appartenaient pas encore, comme s'ils étaient toujours une image de communication du ministère qui avait pour obligation de valider la volonté du ministre. Celui-ci d'ailleurs, ne se priva pas à l'exercice et prit son tour très rapidement. Hermione se sentit très mal à l'aise et glissa un regard désespéré à Drago qui n'en menait pas plus large en acceptant, probablement à regret, la demande de Ginny. Hermione chercha alors Harry du regard mais celui-ci fixait sa femme avec une relative crainte ou jalousie qui fit sourire la nouvelle mariée.

- Beau mariage, commenta le ministre qui ramena Hermione à sa réalité.
- Merci, répéta-t-elle une énième fois.
- Vous avez fait honneur à vos engagements, Miss Granger, enfin, Mrs Malefoy, se corrigea-t-il. Grâce à vous, les choses vont commencer à changer doucement.
- J'espère que le temps vous donnera raison, répondit-elle avec prudence.
- Je ne lui laisserai pas le choix, assura-t-il avec un orgueil digne de sa position. Vraiment un beau mariage, jubila-t-il en regardant autour de lui toute la bonne société dont il avait la charge.

Même si Hermione était heureuse de son sort en finalité, elle lui souhaita quand même qu'il s'étouffe dans son sommeil avec sa vanité. Certes, il avait facilité les choses en donnant un caractère politique à leur mariage mais il n'avait aucun droit de s'approprier toute sa réussite. Seulement, si c'était le prix à payer pour avoir la paix, Hermione ravala son propre égo et se laissa conduire sans dire un mot de plus. Elle regarda alors le couple juste à côté et se demanda ce que Ginny pouvait bien glisser à l'oreille de Drago pour le déstabiliser ainsi. Ginny sentit probablement d'ailleurs un regard sur elle car elle tourna la tête à ce moment-là et fit un sourire malicieux à Hermione genre « je te raconterai plus tard, ne t'inquiète pas. » Ca, c'était plus facile à dire qu'à faire… Tout comme de faire abstraction de Luna dansant avec tous les plus vieux sorciers un à un…

Au moment du dessert et des toasts accompagnés de discours, Hermione se demanda ce que le destin pouvait bien lui réserver à ce moment-là. Et elle n'était pas la seule à le penser…

- Le pire c'est maintenant, soupira Drago avant de fixer sa coupe de champagne alors que sa mère se levait de table pour lancer les hostilités.
- Mes chers amis, mes chers invités, je suis particulièrement émue en ce jour comme vous pouvez l'imaginer, affirma la mère de Drago avec une double lecture possible. Mon fils unique, mon Drago est à présent un homme marié et je ne doute pas un instant qu'il soit le meilleur des maris possible.

Hermione sourit et murmura un « bah voyons » qui lui valût un reproche du regard de l'intéressé.

- Je me souviens encore parfaitement du jour de sa naissance et, à présent qu'il est un homme, il est de mon devoir de lui avouer toute ma fierté.

Comme si c'était vraiment la première fois, à regarder la tête de Drago, Hermione en eut la confirmation…

- J'ai toujours su au fond de moi qu'une grande destinée l'attendait et que, de ce fait, il aurait pour épouse une femme d'exception.

Cette fois-ci, c'est Molly Weasley qui se manifesta en s'étouffant légèrement. Hermione devina aisément pourquoi. Narcissa avait probablement choisi le terme « exception » avec soin et pas forcément dans le meilleur sens possible mais au moins, elle pouvait assumer ses pensées avec la plus grande diplomatie. Un exemple à prendre en compte pour plus tard…

- Je passe donc le relai à Hermione en lui demandant de prendre autant soin de mon fils que je pourrais le faire moi-même. Drago, mon fils, saches que quoi qu'il arrive, tu restes à jamais mon enfant et que je serai toujours là pour toi. Soyez heureux ! Ajouta-t-elle rapidement avant de lever son verre.

Si elle pouvait s'étrangler avec son champagne, Hermione y verrait un signe savoureux de vengeance. Avec cette dernière tirade, Narcissa avait posé le tableau qu'elle lui infligerait jusqu'à son dernier soupire : 1/ Sois à la hauteur de mon exemple ou tu en subiras mon courroux, 2/ Tu es peut-être sa femme mais moi, je lui ai donné la vie, je suis plus importante que toi… La belle-mère dans toute sa spendeur… Et en plus, le champagne est passé tout seul… Heureusement, c'était au tour de la mère d'Hermione de se lever.

- Ce mariage en a surpris plus d'un dans cette assistance, j'en suis persuadée…

Ça commençait mal… Qu'est-ce qui lui prenait ?

- J'ai eu moi-même de nombreux doutes car ce n'était pas ce à quoi je m'attendais dans une certaine logique des choses, ajouta-t-elle en regardant Molly.

Faire une référence à l'ex de sa fille au beau milieu du mariage avec un autre, classe, très classe, Drago devait ruminer mais Hermione ne voulait pas prendre le risque de le regarder et le provoquer davantage.

- Seulement, depuis ses onze ans, Hermione a pris un chemin que personne ne pouvait imaginer. Etre une sorcière, aller dans une école non traditionnelle, s'engager dans une bataille avec un courage sans nom afin de protéger un ami et une valeur, renoncer à une gloire facile pour prouver à nouveau ses capacités et pour finir, s'engager avec le dernier homme sur Terre qu'elle aurait voulu épouser au départ de cette histoire…

Hermione souhaita être une petite souris et s'enfuir… Mais sa mère aurait été capable de lui courir après pour l'écraser de plus belle…

- Etonnant, n'est-ce pas, surtout dans un délai si court… Mais c'est ma fille et si aujourd'hui, elle a dit oui, je la connais assez bien pour vous dire qu'elle l'a fait volontairement et pour une raison dont elle est intimement persuadée, ajouta-t-elle en se tournant vers son gendre. Drago, vous êtes simplement l'homme qu'il lui faut pour l'accompagner dans sa vie de femme. Et j'ai toute confiance en ma fille dans ce choix. Mon mari s'associe à moi pour vous souhaiter donc la bienvenue dans notre famille, Drago, et nous vous confions notre fille unique sans regret.

Drago lui sourit, Hermione respira à nouveau, Narcissa s'étrangla. La mère de la mariée venait de réussir son coup et se rassit avec l'assurance de sa victoire envers sa rivale.

Le suivant fut Blaise et là, Hermione sentit la main de Drago lui prendre la sienne comme s'il avait besoin de soutient. Blaise à deux doigts de faire un discours sur eux, Hermione n'en était pas plus rassurée également…

- En tant que témoin du marié et ami d'enfance de Drago, je peux vous assurer qu'il ne manquait pas d'avoir le choix, enfin une fois débarrassé de…

Drago lui donna un coup de coude dans le genou.

- Une fois libéré d'un engagement pris dans un contexte différent, se rattrapa Blaise. Hermione était bien la dernière fille que j'imaginais à ses côtés, surtout à Poudlard quand elle jouait les Miss-je-sais-tout. Ces deux-là étaient les opposés même. Alors, quand il m'a annoncé ça, vous pensez bien que j'ai eu beaucoup de mal à le croire. Et pourtant, à bien y réfléchir, c'était limite couru d'avance. Les opposés s'attirent, n'est-ce pas ? Mais à les côtoyer, j'ai surtout eu l'impression que l'expression « qui se ressemble s'assemble » était plus appropriée. Drago et Hermione ont trouvé leur équilibre à deux et pas que physi …

Nouveau coup discret au genou…

- que sur le plan sentimental, rectifia Blaise avec un petit sourire qui fit rire quelques-uns des invités. Intellectuellement, ils sont très connectés et je plains déjà les futurs professeurs des petits Granger/Malefoy à venir, déclara-t-il à faire rire franchement Harry pour le coup. En tout cas, je pense que Drago et Hermione se sont trouvés et je leur souhaite tout le bonheur possible. Pour le reste, continua-t-il en direction de Drago, je reste à disposition pour aller boire un verre et en discuter.

Les rires augmentèrent et Drago se sentit obligé de lui donner une petite tape sur l'épaule pour feindre la bonne plaisanterie mais Hermione n'en fut pas dupe, Blaise allait le payer cher… Restait à présent à savoir si Ginny allait en prendre pour son grade également.

- Hermione est une grande amie depuis très longtemps maintenant. Nous avons vécu beaucoup de choses ensembles et des moments peu évidents à gérer. Tout comme sa mère, j'avais espéré une autre fin, une autre histoire, une autre option pour elle, pour celle que je considère comme ma sœur mais son cœur l'a conduit ailleurs et je l'accepte.

Si elle a le malheur de prononcer le prénom de son frère, Drago refusera catégoriquement de la faire rentrer chez eux, Hermione en était persuadée à cet instant.

- Drago, continua Ginny en regardant l'intéressé. Je ne pense pas avoir besoin de te prouver à quel point tu as de la chance d'être aimé d'une femme comme ma meilleure amie, si tu es là, c'est que tu le sais. Hermione est ma sœur de cœur, faute de l'être autrement et aujourd'hui, j'estime avoir un nouveau frère. Maman, se tourna-t-elle ensuite vers Molly qui lui faisait un « oui » de la tête », je pense pouvoir dire au nom d'une grande partie de notre famille que tu es aussi le bienvenu.

Celle-là, Hermione ne s'y attendait pas, pas plus que Narcissa qui faisait les yeux ronds et Harry qui fixait Molly avec étonnement. Ginny, elle, s'avança alors vers Drago et l'embrassa sur la joue. Hermione put entendre son mari répondre par un merci aussi discret que possible faute de savoir réagir autrement probablement. Ginny se dirigea ensuite vers Hermione et à son tour, elle l'embrassa plus chaleureusement.

- C'était sincère, assura-t-elle comme si Hermione pouvait en douter. Je n'ai pas besoin que tu épouses mon frère pour devenir une sœur, ajouta-t-elle avant de l'embrasser à nouveau puis repartir à sa place. Santé ! S'écria-t-elle alors afin d'encourager tout le monde à le faire.

Hermione soupira ensuite de soulagement. Le pire était à présent vraiment passé. Drago aussi sembla plus détendu et rigola même à une blague douteuse de Blaise concernant la prochaine digestion difficile d'Harry après ce que sa femme venait de faire : embrasser Drago Malefoy. Sur le coup, Hermione donna raison à Blaise. Ginny risquait d'en entendre parler d'une manière ou d'une autre. Harry n'était pas du genre à oublier ce type de détail. Il avait beau accepter la donne, il avait aussi des limites que Ginny avait franchies. A croire qu'elle l'avait fait exprès…

Minuit passé, et pour une fois, Cendrillon n'avait pas à s'enfuir pour redevenir ménagère dans sa citrouille. Hermione commença à se sentir à l'aise dans son rôle de mariée et se détendit. La fin du mariage approchait et cela signifiait surtout la fin du calvaire. Et le début d'un autre ? Hermione préféra ne pas s'en inquiéter pour le moment. Elle se laissa inviter à danser par nombre d'hommes dont elle ignorait l'identité pour moitié et, vers une heure du matin, Drago prit enfin le relai et lui annonça le top départ.

- Je te réquisitionne pour ta dernière danse, madame Malefoy. Après, on s'en va.
- Oh quel dommage, ironisa-t-elle avec un petit air complice. Tu es vraiment sûr ?
- Oh que oui, répondit-il avec une telle assurance qu'Hermione comprit qu'il ne valait mieux pas insister sur le sujet.

Elle posa alors sa tête sur son épaule en envoyant valser toutes les règles de bienséances concernant un mariage « public ». Elle respira le cou de Drago comme si l'odeur de sa peau mélangée à son parfum l'attirait comme une drogue. Elle sentit alors la main de son mari la presser davantage sur sa taille lui laissant alors penser à une certaine réciprocité. Il était temps de rentrer… et vite… La chanson leur sembla alors durer une éternité…

Puis, le moment arriva. Enfin… Drago prit alors la main de sa femme et se dirigea vers leurs proches afin de prendre congé. Ginny en profita pour lui lancer un clin d'œil complice qu'Hermione tenta d'ignorer, du moins de manière visible. La mère d'Hermione, elle, serra sa fille à nouveau dans ses bras sans vouloir la laisser partir et c'est Drago qui dût insister pour qu'on lui rende sa femme.

- On passera vous voir à notre retour, ajouta-t-il ensuite pour convaincre sa belle-mère de lâcher Hermione. Elle vous écrira, je vous le promets.
- Tous les jours ! Réclama sa mère.
- Sûrement pas, répliqua Drago avant de tirer Hermione vers lui.
- Ils seront probablement trop occupés, intervint Luna en surprenant tout le monde. Il y a tellement de belles fleurs à voir sur ces îles, et il y a encore des villages de pirates en bon état qu'il serait dommage de ne pas visiter, ajouta-t-elle avant de voir tout le monde la fixer avec stupeur, jusqu'à ce qu'Harry éclate de rire.
- Désolé, pardon, c'est que les fleurs et les pirates… enfin, pardon, balbutia-t-il sous le regard rempli de reproche des deux mères pas encore prêtes à couper le cordon.
- On y va, en profita Drago. Profitez bien de la soirée.
- Hermione, pourrais-tu me ramener une gueule de loup ? Demanda Luna avant qu'Harry ne rit à nouveau et se prenne un coup de coude de sa femme.
- C'est une plante, Harry, souligna Hermione, excédée.
- Je sais, répondit son mari à deux doigts du fou rire.

Drago n'attendit pas une phrase de plus, il semblait assez pressé et, sans perdre une seconde de plus, il prit Hermione par la main pour l'éloigner du groupe. Les gens les saluèrent puis applaudirent afin de saluer une dernière fois les mariés. La porte de la grande salle de bal se referma ensuite sur eux et l'instant suivant, Hermione se sentit happée par un portoloin.

Quand Hermione reprit de la constance après ce voyage un peu « long » et compliqué avec une robe de marié, elle regarda autour d'elle et fut d'abord surprise par la lumière aveuglante en provenance de la vitre. Avec cinq heures en moins, il faisait encore jour sur l'île de Tortula, destination des îles Britanniques dans les Caraïbes que Drago avait choisi. En se retournant pour le chercher justement des yeux, elle le vit en train de déposer des billets de voyage, et probable portoloin, sur un petit guéridon. Un sourire s'imposa à elle en le voyant revenir vers elle. Ils étaient à présent dans leur hôtel, à des milliers de kilomètres du Kent, de Narcissa, et de leur communauté. Et ils étaient mariés !

- Franchement, je te jure que si tu me demandes d'aller chez elle pour quelque raison que ce soit, tu le payeras très cher ! Grogna Drago. Des fleurs et des villages de pirates, et puis quoi encore ! Elle est complètement givrée !
- Ah, tu m'as promis quand même des visites ! Souligna Hermione en faisant allusion à leur discussion sur la destination de leur lune de miel.
- Alors, voici une suite d'hôtel luxueux en plein milieu des caraïbes, où la mer est assez transparente pour y voir arriver les requins, devant un petit balcon donnant sur une plage privée où je te déconseille de te prélasser plus d'une heure si tu ne veux pas ressembler à un crustacé cuit et là, tu as une grande chambre climatisée, spacieuse, avec un lit confortable en son centre où tu peux avoir ton guide, ici présent, pour le reste de ton séjour, expliqua-t-il avant de la rejoindre. Visite faite. A nous, à présent.
- Drago, soupira-t-elle, tu m'as promis !
- Certes, mais pas ce soir, pas maintenant, murmura-t-il avant de l'embrasser.

Certes. Pour la suite, les mots étaient parfaitement inutiles et totalement indiscrets. Une lune de miel était une affaire particulièrement privée et intime. De toute façon, il était de notion publique que des jeunes mariés prenaient le thé et mangeaient des petits gâteaux tout en faisant des projets d'avenir tel que la prochaine déco du salon ou la couleur du futur canapé… Une vaisselle blanche avec des couverts en argent ? Un nouveau service à café ? Soyons fou ! D'ailleurs, toute cette concentration intellectuelle avait tendance à fatiguer énormément, obligeant souvent les mariés à dormir longtemps, très longtemps…

Mais même après un long sommeil, il y avait toujours un réveil. La belle-au-bois-dormant n'y avait pas échappé alors il n'y avait pas de raison qu'Hermione résiste davantage. Seulement, allongée contre son « mari », oui « son mari »… allez encore une fois « son mari », elle n'avait aucune envie d'ouvrir les yeux. Elle était si bien, si paisible, qu'elle souhaitait profiter de chaque minute supplémentaire qu'on voulait bien lui accorder. La respiration de Drago était régulière, lui laissant l'impression qu'il dormait encore mais à son tour, il sembla revenir dans le monde réel, leur monde à eux.

- Bonjour, murmura-t-il en soupirant d'allégresse.
- Bonjour, répondit-elle tout en le regardant.
- Ecoute, signala-t-il avec un petit sourire au coin.
- Je n'entends rien, répondit Hermione, intriguée.
- Exact, pas de chat qui miaule, pas de bruit de rue, le silence complet…Rien que toi et moi. Une bonne raison pour rester ici à vie…
- Maintenant qu'on est marié ? S'étonna-t-elle alors que ce type de propos était plus adapté à un couple en fuite.
- Marié ou pas, Hermione, on sera toujours jugé et observé…
- Grand bien leur face, soupira-t-elle. Tant que nous sommes ensemble et que nous nous aimons, ils peuvent bien aller se faire voir, ajouta-t-elle à le faire rire. Franchement, je crois que j'en suis arrivée à un point où le regard des autres m'indiffère. Je suis fille de moldu, j'ai été l'alliée d'Harry quand tout le monde le prenait pour un fou, j'ai combattu une armée de dingue, sans vouloir te vexer, nuança-t-elle, quand même le ministère niait la situation, et j'ai survécu à ta mère. Alors, là, si tu veux, ils peuvent dire ce qu'ils veulent, si ça les amuse, là je suis vaccinée.
- Vacci quoi ?
- Oh rien, soupira-t-elle à le faire rire franchement.
- J'ai épousé une petite rebelle, se moqua-t-il avant de l'embrasser. Mais tu as raison au moins sur un point tant que nous sommes ensemble et que nous nous aimons, rien ne pourra réellement nous atteindre, murmura-t-il avant de l'embrasser et lui proposer de changer de sujet comme l'achat de nouveau rideau.
- Tant que quoi ? Demanda Hermione en ne le laissant pas faire.
- Ne fais pas comme si tu n'avais pas compris, répondit Drago tout en continuant son sujet dans le cou de sa femme.
- Juste pour m'en assurer, murmura-t-elle tout en appréciant l'argumentation suivante au creux de son épaule.
- Je préfère les actes aux mots, affirma-t-il tout en passant le drap au-dessus de leur tête pour rendre la conversation totalement confidentielle.

Le sourire aux lèvres, Hermione se laissa bercer par la discussion des plus intéressantes. Elle n'avait certes pas encore obtenu les trois petits mots qu'elle espérait tant mais, d'une certaine manière, il venait de le faire de manière détournée, égal à lui-même. Un jour peut-être ? Et puis, même si en public, il pouvait laisser planer le doute sur son affection pour elle, en privé, et surtout maintenant qu'ils étaient mariés, vu la manière dont il lui « parlait », la manière dont il se livrait à elle, Hermione n'avait à présent plus aucun doute…

Etre ou ne pas Etre, Hermione Malefoy, telle était une nouvelle question. Même si Hermione n'avait pas encore toutes les réponses possibles, elle assumait à présent pleinement sa prise de risque. A tort ou à raison, elle a fait le choix de regarder la vie à travers ses yeux et non ceux de son entourage. Elle avait fait le pari de se faire confiance et de se respecter. Parfois, la vie peut paraître plus simple sur un chemin clair, dégagé et rassurant mais parfois, tourner à gauche là où tout nous effraie peut nous pousser à se connaître réellement soi-même et vivre au lieu de survivre.

F.I.N

Cher journal,

Bon, il parait qu'il faut commencer comme ça… En fait, je trouve ça complètement ridicule de s'adresser à un livre. En plus d'être totalement démodé, ça craint vraiment! Je ne suis plus un bébé ! M'offrir un journal intime à mon âge, j'ai vraiment trop la honte ! J'ai 16 ans quoi ! Encore heureux qu'elle ne me l'a offert qu'après ma fête. La tête de mes amis si elle avait fait ça devant eux ! Je n'ose même pas l'imaginer !

Ma mère et ses idées…

Je me demande parfois comment mon père arrive à la supporter. Il est si calme avec elle alors que moi, elle m'énerve ! En plus, elle croit avoir toujours raison sur tout ! Comme si elle avait tout vu, tout vécu ! Eh bien, figure-toi qu'elle se trompe lourdement ! Si elle s'imagine que je vais tenir un journal intime à seize ans, elle se met un doigt dans l'œil !

Et pour y dire quoi en plus ?

Oh super journal, tu sais quoi, mon père et ma mère s'aiment encore comme des ados, en plus d'être totalement gênant, c'est super dégoûtant ! Ils ne peuvent pas faire comme les autres parents et « rien faire » ? Surtout à leur âge ! Ils ont passé les quarante-cinq ans ! Ils sont trop vieux pour ça maintenant ! Heureusement qu'en public, ils savent encore se tenir parce qu'à la maison… S'ils se croient discrets, ils se gourent total ! Ils se tournent autour tout le temps ! Ils ne se lâchent jamais ! Ce que je déteste le plus, c'est quand mon père fait des messes basses à ma mère après manger, qu'elle rougit et qu'ils prétendent aller se mettre au lit pour lire… S'ils croient que je ne les entends pas… On a beau habiter un manoir, les murs sont fins… Heureusement que le sort d'insonorisation s'apprend dès la première année à Poudlard et que j'y suis encore scolarisée… Supporter ça toute l'année, ça serait l'enfer ! C'est à se demander pourquoi il n'y a que mon frère et moi… Quoi que, vu mon frère, je peux comprendre et les remercier qu'ils se soient arrêtés là…

Mon frère, ma malédiction…
Autant je suis la grande déception de ma grand-mère paternelle, autant il est la fierté, comme si elle n'avait qu'un petit fils. J'existe à peine à ses yeux sauf en public quand je fais un geste de travers et qu'elle prend plaisir à me corriger… « Demoiselle » qu'elle m'appelle aussi, comment ça m'énerve ! Et puis, elle est vraiment bizarre. Parfois, elle appelle même mon frère avec le prénom de mon père et ses « viens voir maman » c'est vraiment space… C'est d'ailleurs à ces rares moments où je la vois que j'apprécie ma mère. La façon dont elle la casse tout en finesse, j'adore !

Enfin, dans mon grand malheur, je vais devoir me le taper à la rentrée… Heureusement, c'est ma dernière année… Le supporter davantage me pousserait au suicide parce que j'imagine qu'il va faire la même chose qu'à la maison « agneau par devant, serpent par derrière ». Et dès qu'il aura un bobo, il viendra pleurer… Ma mère dit qu'il ressemble beaucoup à mon père au même âge mais j'ai vraiment du mal à croire que papa était comme ça. Moi, je crois plutôt qu'ils cherchent des excuses à ne pas lui mettre des fessées pourtant méritées ! D'ailleurs, j'espère qu'il va être envoyé à Poufsouffle, histoire de dégonfler le melon à l' « héritier Malefoy » !

Et sur ce sujet-là, j'aurais de quoi écrire un livre plus gros que ceux de ma mère. Ça lui en boucherait un coin, j'en suis sûre. Et ça serait bien une première. En même temps, il y a bien assez d'une femme écrivant sur la généalogie et les familles dans cette maison. Elle est déjà à deux doigts de devenir un cimetière… Déjà qu'on a un mausolée en plein milieu du jardin de derrière à la gloire de l'ancienne proprio et d'un ancien prof, total lugubre ! Encore une idée de ma mère tout comme toutes ces fleurs partout, c'est d'un ringard… Vivement que je prenne mon indépendance ! Chez moi, je te jure qu'il n'y aura ni fleurs ni livres ! Enfin, peut-être un ou deux… Je pourrais les planquer sous mon lit si besoin…

Dans tous les cas, je ferais en sorte de ne plus être « la fille de ma mère »… Dans le genre « petite fille parfaite », y'a pas pire ! Le genre qui n'a jamais fait d'erreur dans sa vie ! Le genre qui a tout réussi, l'école, sa popularité, son mariage… Son rôle de maman pourrait être contestable quand on voit mon frère mais lui comme moi avons appris malgré nous à nous tenir en société alors même là, personne ne peut rien lui reprocher… En fait, voilà, je suis juste condamnée à être la fille d'Hermione Malefoy. Mon drame d'ailleurs dès mon arrivée à Poudlard avec les profs et les élèves les plus âgés ayant étudiés notre histoire moderne avec du : « Salut, hé mais tu es la fille d'Hermione Granger » Oui ! Et alors ? Tu vas mieux dormir ce soir ? Et puis mon nom, c'est Malefoy, pas Granger ! Ok, je ne suis pas blonde comme mon frère mais on a encore les mêmes parents ! J'en ai marre en plus de devoir toujours expliquer l'histoire de mes parents comme si c'était un conte de fée moderne… Après tout, ils étaient à Poudlard ensemble, ils se sont revus plus tard et se sont mariés ! Pas spécialement romantique ni compliqué, juste une question de timing !

En fait, je crois que ce qui m'énerve le plus c'est que quoi que je dise ou quoi que je fasse, je ressemble soit à mon père soit à ma mère… J'ai le malheur d'envoyer quelqu'un balader parce qu'il est lourd ? Je suis une Malefoy, je passe vite fait à la bibliothèque pour y trouver un ami, je deviens une Granger et on me demande si j'ai déjà fini mes devoirs… Quand ce n'est pas l'un ou l'autre, les gens se souviennent que je suis la filleule d'Harry Potter et qu'ils s'imaginent déjà me voir épouser James, surtout depuis qu'Andy a passé le pas l'été dernier. J'ai cru devenir total cinglée à la fin du mariage avec toutes les allusions… James, le mec le plus idiot de la terre avec ses grands airs, plutôt mourir que de finir avec lui ! Au moins, sur ce point, mon père est bien d'accord avec moi…

De toute façon, je suis bien toute seule. Je n'ai pas besoin d'un mec pour vivre ! Je peux parfaitement m'en sortir en ne comptant que sur moi-même ! Personne ne m'imposera un mari ni même un ami parce que je suis la fille d'un tel ou un tel… Je suis libre !

Eh merde… c'est vrai que ça soulage, ma mère va encore faire sa tête « tu vois que j'avais raison… » Et comme je suis incapable de lui mentir sans qu'elle s'en aperçoive…

Bon, allez, ce n'est pas tout ça, mais ce soir, c'est aussi l'anniversaire de mon père. Avec une semaine d'écart entre mon père et moi, ça signifie surtout que je vais me retaper toute la famille à nouveau, James compris… Mon père a beau tenter de négocier un « truc privé » chaque année, ma mère arrive toujours à obtenir qu'il cède et invite mon parrain et tante Ginny… Je pourrais d'ailleurs me servir de ça pour justifier qu'on me foute la paix avec ce débile profond. On n'épouse pas un cousin, pas vrai ?

Comme dirait mon père, ils auraient pu s'arrêter aux deux premiers. Pas besoin d'en faire un troisième, surtout qu'avec le parrain qu'il a, il n'est vraiment pas aidé. Dire que ma maman est amie avec, je comprends que papa n'en veuille pas à la maison. Avec ses faux airs de vieux qui veut rester jeune avec son humour à deux balles, il est aussi pathétique que James. Ils font la paire tous les deux de toute façon.

Maman m'appelle, enfin « hurle » serait plus exact. Je dois encore mettre une tenue plus « correcte ». Ringarde quoi… Donc : me déguiser en Amélia Malefoy puis aller vomir, check !

Allez, tchao ! Adieu !

A demain quoi…

Mel.

Mot de l'auteur :

Et oui… C'est fini… Ça fait bizarre, hein ?
Bon, j'espère que ce dernier chapitre a été à la hauteur de vos attentes. Forcément, tout n'est pas expliqué clairement dans l'épilogue mais certaines infos sont trouvables à travers les lignes et les détails.
Pour le « je t'aime » de Drago, j'ai beau tenté de tourner ça dans tous les sens, je n'ai pas réussi à lui faire dire, je trouvais le personnage plus « vrai » ainsi. Désolée…

Voilà, à vrai dire, je me sens toute bête en ce moment. Réaliser que je l'ai enfin terminé, ça me fait tout drôle. Je n'ose même pas regarder la date de publication du premier chapitre… Vaut mieux pas en fait, je prendrais un sacré coup de vieux…

Enfin bon, il est temps de tourner la dernière page de ce « journal intime » et d'en fermer le livre. Cette aventure aura été très spéciale pour moi en tout cas. Très éprouvante aussi. Je suis heureuse d'avoir pu vous livrer une fin.

A présent, je m'en retourne à ma saga principale pour la terminer à son tour et ensuite, je passe aux choses sérieuses : mon univers. L'espace de stockage de mes idées dans ma tête arrive à saturation et je sens que le moment arrive où je me dois de leur donner vie.

Merci à vous, lecteurs. Merci pour votre patience aussi. Merci pour vos messages d'encouragement qui m'ont toujours touchée. J'ai cette grande chance d'être entourée de lecteurs fidèles et c'est une richesse sans nom. Sans vous, pas de moi.

Je vous dis à bientôt sur mon site internet personnel .com

« Tout livre a pour collaborateur son lecteur. » Maurice Barrès
« Tout écrivain commence par être un lecteur. » Heinrich Böll

A très vite.
Bien à vous,
YvyLeeWoods