Chapitre 7 : Aveux

Le Docteur : Mal à la gorge ce matin, Jo ?

Jo (elle détourne la tête, gênée) : Oui, un peu.

Le Docteur : Et tes cauchemars ?

Jo : Ça va, c'est fini.

Le Docteur : Je savais que ça ne pouvait pas durer. Juste un peu de culpabilité. Tu es une jeune femme pleine de compassion, il est normal que même le Maître arrive à te toucher.

Jo (pensées) : Dois-je le lui dire, lui en parler ? Peut-être le faudrait-il. Si quelque chose tourne mal, il vaut mieux qu'il le sache.

Elle s'approche du Docteur et reste debout à côté de lui, pendant qu'il bricole.

Jo (à voix haute) : Si… s'il vous demandait de l'aide et que, pour cela, vous deviez vous mettre dans une situation difficile, pénible, le feriez-vous ? Je ne dis pas mortelle, mais douloureuse.

Le Docteur (l'air rêveur) : Crois-le ou non, Jo, mais il a été un ami autrefois. Un très bon ami, même. Le meilleur. Nous partagions tout. Nous étions comme des frères.

Jo (après un long silence, pendant lequel le Docteur a recommencé à s'occuper des pièces du TARDIS) : Hé bien ? Que s'est-il passé ?

Le Docteur : Je ne sais pas. Il a changé. Et pour répondre à ta question : oui, je l'aiderai, même si cela impliquait de souffrir un peu.

Jo (se décidant soudain) : C'est ce que je fais en ce moment.

Le Docteur (toujours occupé à bricoler, un peu distrait) : Mmh ?

Jo : Je l'aide. Toutes les nuits, je m'occupe de lui. Enfin, les nuits pour moi, pour lui ça ne fait que quelques heures au milieu d'un très long temps de souffrance. Mais c'est mieux que rien, n'est-ce pas ?

Le Docteur (levant la tête, surpris) : Je ne comprends pas, Jo.

Jo raconte au Docteur ce qui se passe.

Le Docteur : Jo, ce sont des illusions ! Tu apaises ton sentiment de culpabilité en imaginant que tu l'aides.

Jo : C'est ce que je croyais au début, Docteur, mais comment expliquez-vous qu'au matin, les affaires que j'ai préparé la veille au soir, aient l'air d'avoir servies ?

Le Docteur : C'est-à-dire ?

Jo : La bouteille d'eau a été bue. Les couvertures sont sales. Le reste aussi. Et quand je reviens de la plaine où il y a du sable gris, j'en retrouve dans le sac. Je ne suis pas somnambule, vous savez. C'est réel.

Le Docteur : Montre-moi ça.

Jo : Je ne peux pas aujourd'hui. J'ai déjà tout rangé et nettoyé. Mais demain, je vous amène le sac.

Le lendemain, Jo pose une grosse besace de toile sur son bureau.

Le Docteur (sortant les objets) : Je vais faire des analyses de tout ça.

Tandis que Jo s'occupe à classer des dossiers, le Docteur s'enferme dans le TARDIS pour plusieurs heures.

Le Docteur (sortant du TARDIS) : Tu avais raison, Jo. Ce sable a une composition impossible sur Terre. Et les souillures sur les gants de toilettes ont l'empreinte génétique d'un Time Lord. (l'air soucieux) Comment va-t-il ?

Jo : Mal. De plus en plus mal. Les tortures ne laissent pas de traces physiques sur son corps. Mais, moralement, il perd de plus en plus le contrôle.

Le Docteur : Comment cela se manifeste ?

Jo : Comme ça.

Elle enlève son foulard qu'elle porte encore, comme la veille. Les marques se sont atténuées, mais on les voit toujours très nettement.

Le Docteur (stupéfait) : Qu'est-ce que c'est ? On dirait… Voilà qui m'étonne, la violence physique n'est pourtant pas son genre.

Jo : Il a essayé de m'étrangler pour obliger Chronos à le libérer.

Le Docteur : Et comment a-t-il pu penser vaincre ainsi ce puissant chronovore ?

Jo : C'est pour ça que je parle de perte de contrôle. Il n'avait aucune chance bien sûr. Il me fait de la peine, Docteur, sincèrement. Je sais qu'il est mauvais, mais ce qu'il vit est tellement terrible. N'importe qui y perdrait sa santé mentale.

Le Docteur : Il n'est déjà pas très équilibré au départ.

Jo : Que puis-je faire ?

Le Docteur : Que peux-tu faire de plus ? La décision leur appartient, pas à toi.

Jo : LEUR appartient ? De qui parlez-vous ?

Le Docteur : De Chronos et probablement de lui aussi.

Jo : Je ne comprends pas, Docteur.

Le Docteur : Je ne suis pas sûr, mais… je pense qu'elle attend quelque chose de sa part. Sinon, elle n'aurait eu aucune raison de lui accorder cette petite faveur. Tu ne peux faire qu'une seule chose, Jo. Et c'est ?

Jo : Attendre ?

Le Docteur : Bonne réponse ! Oui, continuer ce que tu as entrepris et attendre qu'il se passe quelque chose.