Chapitre 19 : PDV Uruha

La soirée se finit très tard. La distribution des cadeaux s'est faite le lendemain en début d'après-midi quand tout le monde s'est réveillé.

Hors, Estelle et moi n'avons pas pu dormir dans notre lit car il y avait des squatteurs. Donc nous n'avons pas beaucoup dormis. De plus ces squatteurs ne sont autres que Miku et Kanon. Quand ils sont bourrés, ils sont encore plus en forme. C'est donc vers 15h30 que nous nous sommes tous réuni dans le salon pour faire la distribution.

Chacun ouvre son cadeau à tour de rôles pour pouvoir prendre des photos. De belles crises de fou rire sont au rendez-vous et de magnifiques cadeaux sont offerts.

Nos invités surprises repartent après un bon petit déjeuner (pris en milieu d'après-midi). Après cela, il faut tout remettre en ordre. Donc, nous nous sommes tous mis au travail pour tout ranger et tout nettoyer. C'est long, mais nous sommes venus à bout des catastrophes de la veille. Après cela, tout le monde repart se coucher pour se réveiller pour le repas du soir.

Ensuite, nous nous sommes fait une soirée DVD accompagnée de pop-corn. Nous avons passé une agréable soirée, mais il faut se rendre à l'évidence que nous sommes tous mort de fatigue.

Le début de semaine se passe tranquillement, nous avons fait visiter la ville à Perrine qui a, me semble-t-il, bien aimé.

La fin de semaine est totalement différente, nous devons préparer nos bagages pour notre petit séjour en France. Les filles sont pressées de retrouver leur famille, c'est pourquoi nous avons décidé que chacune d'elles iront passer leurs petites vacances dans leur famille respective. Moi je serai chez les parents d'Estelle avec celle-ci et j'angoisse un peu à l'idée de les voir.


Le départ tant attendu arrive enfin, nous sommes donc tout allés à l'aéroport pour prendre notre avion. Le voyage se fait calmement et nous arrivons en France en début d'après-midi. Nous sommes accueillis par les familles, enfin juste les parents. Les filles lâchent leurs bagages et sautent dans les bras de leurs parents pour leur dire bonjour. Estelle vient ensuite vers moi et me tire vers ses parents.

« Maman, Papa, je vous présente Atsuaki !

- Enchanté, dis-je en m'inclinant.

- Bonjour Atsuaki, dit la mère d'Estelle avec un grand sourire. Estelle nous a beaucoup parlé de toi.

- Vraiment ? Je demande.

- Oui, dit son Père. Et j'avais hâte de te rencontrer !

- Vous m'en voyez ravis, dis-je.

- On devrait se dépêcher, Adeline attend à la maison ! Dit son père.

- Vraiment, s'exclame Estelle. Elle est venue ?

- Oui, répond sa mère d'un air amusé. Tu lui as beaucoup manquée ! »

Estelle m'attrape la main pour suivre ses parents qui vont vers leur voiture. Nous avons eu de la chance de prendre un des rares vols qui font Tokyo/Lyon. Dans la voiture, tout est calme. Une demi-heure plus tard, même pas, nous sommes arrivés chez les parents d'Estelle. J'aide son père à monter nos bagages dans la chambre d'Estelle et je découvre une jolie chambre. Comme celle qu'elle avait quand elle habitait en France. Sauf que là, c'est plus la chambre d'une adolescente. Je dépose le sac que j'ai dans les mains au pied du lit et suis son père qui me fait une petite visite guidée de la maison. Puis nous avons rejoint le reste de la famille dans le salon.

Adeline, la sœur d'Estelle, lui ressemble beaucoup. Elle est plus petite que sa sœur, malgré qu'elle soit la plus âgée. Durant le repas, je remarque que le silence se fait d'or. Aucun son ne sort de la bouche de la famille d'Estelle. Après le dîner, Estelle me propose de monter dans sa chambre que j'ai auparavant vue.

« Alors, ça te plais ? Me demande-t-elle.

- Oui, je dois dire que c'est vraiment différent du Japon.

- Normal, nous sommes en France !

- Oui, mais j'ai l'habitude de voir des décorations japonaises. En revanche, ici, c'est totalement opposé au Japon.

- C'est une décoration simple !

- Je ne trouve pas, c'est simplement unique en son genre !

- Si tu le dis ... tu veux faire quoi demain ?

- Hmm ... je ne sais pas, à toi de choisir.

- Réfléchissons. Tu as le choix entre aller voir Lau et demander si on peut faire une balade à cheval, rester ici et rien faire, aller voir Jess et affronter son horrible famille de taré ...

- Rester ici et rien faire me semble la meilleure proposition.

- J'n'avais même pas fini de faire la liste des choses à faire !

- Désolée, mais je pense qu'on devrait profiter du temps que nous sommes ensembles.

- Tu as raison ... »

Elle s'avance vers moi, enroule ses bras autour de mon cou et m'embrasse. Je mets mes bras autour de sa taille et elle me regarde en passant une main sur mon visage.

« Tu es fatigué ?

- Un peu oui.

- Tu devrais dormir, toi et les autres membres du groupe travaillez comme des fous en ce moment ... je pense que cette semaine de vacances va vous faire du bien !

- Je pense aussi.

- Allez, va au dodo ! »

Je m'exécute sans dire un mot de plus. Je me glisse dans les draps froids et je sombre dans un sommeil si profond que je n'entends pas Estelle venir me rejoindre plus tard.

Le lendemain matin, je suis réveillé par Estelle avec un doux baiser. Nous prenons un petit déjeuner en famille et par la suite, ses parents et sa sœur décident de partir faire un tour en ville nous laissant à la maison seul pour toute la journée.

La matinée se passe devant la télé. Le midi, nous l'avons tous deux passés dans la cuisine à essayer de faire quelque chose de bon (la cuisine d'Uke et Jess nous manque énormément) et l'après-midi se passe dans la véranda. Nous sommes emmitouflés dans une couverture collés l'un contre l'autre. Estelle est sur mes genoux et a posé sa tête sur mon torse.

« Je suis heureuse.

- Moi aussi je suis heureux.

- Atsu', tu resteras tout le temps avec moi hein ? Tu ne m'abandonneras pas ?

- Pour rien on monde je te quitterai, tu la personne la plus précieuse à mes yeux !

- Atsu', je t'aime.

- Moi aussi je t'aime.

- Embrasse-moi, s'il te plaît ... »

Je m'exécute, je dépose un baiser sur ses lèvres et elle repose sa tête sur mon torse. Elle s'endort peu de temps après.

Le lendemain, nous partons en ville faire les magasins. Elle achète toutes sorte de choses les plus inutiles les unes que les autres. Nous mangeons au restaurent en tête à tête et nous savourons les silences exquis que nous offre ce petit séjour en France.

La journée suivante, nous recevons un inquiètent coup de téléphone de Suguru :

« Allo ? Dit Estelle

- Estelle c'est toi ? Dit Suguru en japonais

- Oui, qui a-t-il ?

- Venez vite, s'il vous plaît.

- Où ça ?

- A l'hôpital.

- Pourquoi ?! Demande Estelle.

- Laurianne ... elle ...

- Calme-toi Suguru et explique-moi tout !

- Elle ... elle ...

- Suguru ! Détend toi !

- ... mort ... mourir ... Laurianne ...

- Laurianne ... va ... mourir ?

- ... accident ... grave ... vite ... venir ... ici ...

- Suguru, reste calme et dit moi que tu te fou de ma gueule et que c'est une histoire inventer par vous deux !

- JE NE MENS PAS ! Elle est entre ... la vie et ... la mort ... je vous en supplie, venez, vite !

- On ... on arrive. Reste calme ! J'en suis sure qu'elle va s'en sortir ! Elle est forte tu sais.

- ... sang ... partout… venez vite ! »

Suguru a raccroché. J'ai tout entendu et le tain rosé d'Estelle prend une couleur blanchâtre. Je la prends délicatement dans mes bras et la berce en disant des mots doux. Les larmes commencent à rouler sur ses joues et inondent mon t-shirt. Et là, le chagrin prend le dessus sur ma petite amie. Elle pleure, vidant toutes les larmes de son corps et tombe à genoux par terre.

« Qu'est-ce qu'il y a bien pu arriver ? Me demande-t-elle

- Je ne sais pas, mais nous devrions peut être allé voir Suguru. Répondis-je

- Atsu', pas elle ... elle est une grande amie, je ne veux pas la perdre ! Je veux perdre aucune de mes amies ! Atsuaki, je ne veux pas qu'elle parte !

- Chut ... calme toi mon amour ... »

Je la porte pour l'amener dans le salon et la poser sur le canapé. Puis je vais voir son père et je lui dis :

« Monsieur, pouvez-vous nous emmener à l'hôpital s'il vous plaît ?

- Il y a un problème ? S'enquit-il avec inquiétude.

- Laurianne, une amie d'Estelle ... serait ... entre la vie ... et la mort ... dis-je en baissant la tête.

- Mon dieu ... où est Estelle ?

- Sur le canapé ... elle ... pleure ...

- Vas la chercher et rejoint moi à la voiture, je vous emmène tout de suite !

- Merci Monsieur ... »

Je retourne auprès d'Estelle, je caresse son visage et je lui dis en murmurant :

« Mon amour, ton père va nous conduire à l'hôpital.

- Atsu', porte-moi ... s'il te plaît ... »

Je la prends à nouveau dans mes bras et je la conduis jusqu'à la voiture. Je la dépose sur le siège arrière et je m'installe à côté d'elle. Elle vient poser sa tête sur mon torse et j'entoure mes bras autour d'elle de façon protecteur.

Nous arrivons à l'hôpital en même temps que Jessica et Takanori. Celle-ci a les yeux rougis et les poings serrés. Quand elle voit Estelle, son expression durcie par la haine et la tristesse se relâche pour laisser place à celle d'une grande sœur inquiète pour sa petite sœur :

« Télou, murmure-t-elle en prenant ma petite amie dans ses bras.

- Pourquoi, Jess ? Pleure Estelle.

- Chut ma belle, ça va aller. Tu vas voir. Allez, calme-toi ... »