Titre : Faites vos jeux !
Auteur : Sukida
Genre : Drame, romance.
Disclaimer : Les personnages et le monde de Gundam Wing appartiennent à Masashi Ikeda, Katsuyuki Sumizawa, et est la propriété de Sunrise inc. Et Bandai.
Note : Merci à ceux qui prennent le temps de me laisser un commentaire !
Bonne lecture !
Faites vos jeux !
Chapitre 7
Une odeur de café et de pancakes flottait dans le petit appartement du 5ème. Duo ouvrit un œil. Il n'était pas chez lui. Il n'achetait jamais de café, encore moins de la farine ou des œufs pour se concocter des plaisirs sucrés.
Il se redressa et passa sa main dans ses cheveux tout ébouriffés. Il se souvenait. Il avait passé la nuit chez Hilde. Il grimaça de douleur en sentant un étau invisible lui comprimer le crâne. Et il avait bu. Trop bu à en juger par son mal de tête imminent.
Duo balaya la pièce du regard. Tout était impeccablement rangé, rien avoir avec sa chambre depuis qu'il vivait seul, il avait tendance à tout laissé trainer. Il repéra ses vêtements posés sur le dossier d'une chaise. Il ne souvenait pas de les avoir pliés. Ce n'était pas son genre de se soucier de tels détails en étant dans le feu de l'action. Hilde serait-elle un chouia maniaque ? Où était-elle d'ailleurs ?
Il se leva, saisit son boxer et son pantalon.
- Hilde ?
Il sortit de la chambre et se dirigea vers la seule source de bruit : la cuisine.
- Bonjour Duo ! Bien dormi ?
Elle l'embrassa sur la bouche.
- Je suis en train de préparer le petit-déjeuner, j'espère que tu as faim ?
Duo hocha la tête et écarquilla les yeux en voyant tout ce que la jeune femme avait cuisiné. Sur une assiette, des œufs sur le plat étaient empilés, sur une autre, une pile de pancakes fumants penchait dangereusement, façon tour de Pise. Dans un panier en osier se nichaient toutes sortes de viennoiseries. Dans la poêle que tenait Hilde, des morceaux de bacons cuisaient à feu doux.
- Heu… Tu attends des invités ?
Hilde poussa les morceaux de viande avec sa cuillère en bois pour les déposer dans une autre assiette.
- Je sais, je pense que je me suis un peu emballée.
Duo trouva le terme « un peu » faible, mais il ne dit rien. Il s'installa sur une chaise haute, face au festin.
- Fallait pas te donner tout ce mal, fit Duo mal à l'aise face à autant d'attentions.
- Ça me fait plaisir.
Elle lui sourit et tendit l'assiette qu'elle avait spécialement préparée pour lui. Un énorme pancake avec un cœur au milieu, dessiné à l'aide de sirop d'érable. Face au silence de Duo, Hilde se justifia.
- Je sais ça fait kitch… Désolé pour ça… Je peux t'en donner un autre si tu préfères.
Elle voulut saisir l'assiette mais Duo fût plus rapide.
- Merci Hilde, dit-il en coupant un morceau avec ses couverts.
Il prit une bouchée pour faire plaisir à la jeune femme.
- Tu veux du café avec ça ?
- Oui, avec du lait, s'il te plait. Hé, Hilde, tu peux m'indiquer les toilettes avant ?
- Bien sûr, au fond du couloir à droite.
Duo s'éclipsa à pas de loup. Il n'allait pas pouvoir se retenir plus longtemps. Il ferma la porte, vérifia qu'elle était bien verrouillée avant de se laisser tomber sur le sol. Des larmes silencieuses se mirent à couler le long de ses joues. Il se passa une main devant ses yeux clos. Il avait beau les fermer aussi fort que possible, les larmes continuaient leur descente, infatigables.
Il connaissait la raison de son chagrin. D'habitude, il arrivait à se maitriser. Mais le souvenir qui venait de l'assaillir était trop fort. L'image d'Heero vêtu d'un tablier rouge, acheté par Duo, où il était écrit « Le chef, c'est moi! », préparant un plat dans la cuisine, leur cuisine. Duo lui avait tourné autour pour s'avoir ce qu'il trafiquait, mais le Japonais l'avait mis à la porte, purement et simplement. Il se souvenait d'avoir été surpris de voir qu'Heero lui avait préparé le petit déjeuner. Sa gêne quand il lui avait apporté son assiette. Plusieurs petits pancakes étaient disposés de manière à être tous collé entre eux. Et au miel, un cœur maladroit avait été dessiné. Une déclaration d'amour silencieuse. La première qu'Heero lui avait offerte.
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Tremblante, Réléna tenta de se relever et prit appui avec ses bras sur la cuvette des toilettes. Des larmes perlaient du coin de ses yeux. Elle voulut se mettre debout mais une nouvelle nausée l'assaillit. Elle se pencha et se mit à vomir.
- Réléna ?
« Ho non » pensa la jeune femme. Ça n'était vraiment pas le moment. Elle essaya de fermer la porte avec son pied. Elle ne voulait pas qu'Heero la voit dans cet état. Sa tentative d'intimité échoua quand elle dû replonger la tête dans la toilette, secouée par une nouvelle nausée.
Soudain, elle sentit que quelqu'un lui tenait les cheveux pour les empêcher de se mêler à l'infect liquide. Puis une légère pression sur sa nuque. Une main exécutait des mouvements circulaires, comme un massage. Réléna se détendit. Et la nausée passa.
Heero aida la jeune femme à se relever. Il passa son bras autour de ses épaules de manière à la porter légèrement. De son autre bras, il saisit un gobelet qui trainait près de lavabo, le remplit et le tendit à Réléna. Cette dernière en profita pour se rincer la bouche.
- Où tu m'emmènes, Heero ?
- Dans ta chambre.
- Mais… Je dois encore achever de lire un rapport… Je l'ai reçu ce matin et…
Heero s'arrêta et regarda Réléna dans les yeux.
- Tu dois te reposer.
Son ton sévère ne laissait place à aucune réplique. Réléna soupira.
Elle se laissa faire quand Heero la déposa sur son lit. Elle ne fit rien non plus quand il rabattit la couverture sur son corps. Ses mains glissèrent malgré tout hors de la couette pour venir entourer son énorme ventre.
- Encore 2 mois et j'en aurais fini avec ces fichues nausées.
- Tu en as beaucoup ces temps-ci, constata le jeune homme aux yeux bleus.
- Ne t'inquiète pas pour moi. Ce n'est pas ça qui va m'achever.
Heero la regardait trop intensément. Elle n'avait pas l'habitude. Ces dernières semaines, il vivait comme un fantôme, dans son propre monde, sans faire attention aux autres. Il ne prenait pas conscience de ce qui se passait. Et aujourd'hui… il se montrait si attentionné. Réléna eut les larmes aux yeux.
- Ta visite chez le médecin est la semaine prochaine, n'est-ce pas ? Demanda-t-il en rompant le silence.
- Oui, le 6, il me semble. Pourquoi ?
- Je viendrais avec toi, annonça le brun en se levant.
Réléna lui jeta un regard surpris. C'était bien la première fois qu'Heero se proposait à l'accompagner.
- Tu n'es pas obligé, tu sais…
Heero secoua la tête, et fît comme s'il n'avait rien entendu. Arrivé à l'encadrement de la porte, il s'arrêta.
- J'ai pris rendez-vous avec ce psychiatre, dit-il sans se retourner, et j'ai donné les recettes de la diététicienne aux cuisiniers.
Et il sortit de la chambre.
De stupeur, les yeux de Réléna s'agrandirent encore. C'était elle qui avait insisté pour consulter sur le champ une diététicienne. Quand le mot trouble alimentaire était apparu dans la conversation, Réléna avait paniqué. Même si le Docteur Kop ne lui avait pas conseillé d'aller voir ce genre de spécialiste, elle n'en avait pas tenu compte et avait pris les choses en main. Bien sûr, il fallait qu'Heero accepte de recommencer à manger correctement et ça, ça ne tenait pas d'elle, mais au moins, elle avait l'impression de servir à quelque chose. De l'aider. Et maintenant, Heero lui-même avait pris les initiatives en donnant les menus journaliers. Il agissait enfin. Il se reprenait en charge.
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Quatre observait le manoir d'un œil méfiant. Alors c'était ici où vivait Heero. Il avait du mal à croire que quand il allait sonner, il le verrait sortir de cette immense propriété. Duo lui avait bien sûr dit qu'il habitait désormais chez Réléna, mais tant qu'il ne l'avait pas vu de ses propres yeux, il n'arriverait pas à le croire.
Il appuya sur la sonnette. Une caméra zooma dans sa direction pour l'identifier.
- Vous êtes ? lui demanda la voix qui sortit de l'interphone.
Quel accueil hostile, pensa le jeune blond. Mais il ne pouvait pas en vouloir à Réléna. De telles mesures étaient indispensables pour lui garantir sa sécurité. Il ne serait pas surpris d'être fouillé.
- Je viens voir Heero Yuy, déclara-t-il patiemment.
- Heero Yuy n'attend personne.
- Prévenez-le que Quatre Raberba Winner est ici.
- Monsieur Winner ?!
La voix changea. Elle se fit plus aimable.
- Veuillez-nous excuser, Monsieur… Nous ne vous avions pas reconnu.
Le portail s'ouvrit et la voiture noire s'engagea dans l'allée.
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- Vous pouvez répéter ?
- Monsieur Winner vous attend dans le patio nord. Il a refusé de rentrer.
Heero avait donc bien entendu la première fois. Quatre était ici. Mais… pourquoi ? Il n'avait jamais eu d'affinité avec le blond. Certes ils s'appréciaient mais leur amitié perdurait grâce à Duo. Grâce à ce dernier, ils se voyaient régulièrement. L'Américain mettait un point d'honneur à entretenir ses relations avec les anciens pilotes, qu'il considérait comme sa propre famille. Heero n'avait pas eu ce besoin. Et quand il était parti, c'est tout naturellement qu'il avait cessé de donner de ses nouvelles. Quatre, Trowa, Wufei… Ils appartenaient à Duo. Pas à lui. Il ne méritait aucune amitié des anciens pilotes. Il n'en était pas digne.
- Dois-je lui dire de s'en aller, Monsieur ?
Heero fût tiré de ses pensées.
- Non. Je vais aller le voir.
D'un pas ferme, il se dirigea vers l'endroit indiqué par le domestique.
Heero était nerveux. Mais il mit un point d'honneur à ne pas le montrer. Une confrontation. C'était ce que l'ex pilote du Sandrock était venu rechercher. Il ne venait sûrement pas prendre de ses nouvelles. Ni parler de la pluie et du beau temps. Trop futile pour ressembler à Quatre. L'idée que quelque chose était arrivé à Duo lui effleura l'esprit mais ce genre de mauvaises nouvelles ne se faisait pas attendre. On l'aurait mis au courant directement, en téléphonant par exemple. Non, rien n'était arrivé à Duo, lui souffla une voix dans sa tête pour le rassurer. Mais ce dernier entrerait sûrement dans la conversation.
A quelques mètres de lui, il aperçut des cheveux blonds. Quatre était assis sur un banc en face de l'immense fontaine, et lui faisait dos.
- Tu en as mis du temps…
Quatre se retourna. Son regard était glacial. Heero frissonna. Quiconque connaissait Quatre aurait frémit devant ces yeux d'habitude si accueillants et chaleureux. Heero se sentait pris au piège mais malgré tout il s'approcha de Quatre.
- Comment vas-tu mon cher Heero ? Demanda le blond narquois.
Heero serra les poings. Quatre prenait son temps. Il ne comptait pas aller droit au but si facilement.
- Tu as fait tout ce chemin pour me demander ça ?
Heero aussi pouvait se montrer sarcastique. Quatre donnait peut-être le ton, mais il n'allait pas se laisser faire. Il n'avait pas de compte à lui rendre.
- Non, c'est vrai… admit le jeune homme, c'est juste que tu as l'air d'avoir perdu du poids.
La voix se fit moins agressive. Quatre pensait que Duo était le seul à souffrir mais apparemment ça n'était pas le cas. Ça l'importait peu qu'Heero souffre. Duo était son meilleur ami. Il était venu pour lui. Seul Duo comptait. Mais malgré tout… Il ne restait pas insensible à la douleur de son ex-coéquipier. C'était dans sa nature, et il n'y pouvait rien. Ils n'étaient peut-être pas amis, mais ils avaient vécu certains évènements qui les avaient rapprochés. Ils avaient vécu l'enfer et on n'oublie pas aussi facilement ses compagnons d'infortunes.
Quatre secoua la tête. Ce n'était pas le moment de se laisser apitoyer. Il devait penser à Duo d'abord.
Le silence enveloppa les deux hommes. Quatre n'avait pas réellement posé de questions et donc Heero ne sentait pas réellement obligé de répondre quelque chose face à une simple constatation.
- Qu'est ce que tu veux, Quatre ? Demanda Heero d'une voix lasse, je sais que tu n'es pas venu sans raisons.
- Je veux comprendre ce qu'il s'est passé, Heero, répondit Quatre en faisait allusion à la relation passée entre ses deux coéquipiers.
- Ça ne te concerne pas, répliqua sèchement le jeune garçon aux cheveux bruns.
Heero se retourna, prêt à partir.
- Arrête de fuir.
Cette phrase lui fit l'effet d'une gifle. Il lança un regard noir au blond. Comment osait-il… ? Mais il ne nia pas. Il ne supportait pas de l'entendre de la bouche de quelqu'un d'autre. Il cessa de fusiller du regard le blond et regarda le manoir sans vraiment le voir.
- Assieds-toi, s'il te plait.
A contre cœur et au bout de quelques minutes, Heero obtempéra. Mais il s'assit à l'extrémité du banc, aussi loin que possible de Quatre. Il ne le regardait toujours pas. Il fixait maintenant ses chaussures comme un enfant pris en faute.
Comme Heero ne disait rien, Quatre prit la parole et se promit d'être patient. Ça n'était pas la faute à Heero s'il avait un tel problème de communication. On lui avait toujours interdit d'exprimer ses sentiments. Il a appris à obéir aux ordres, en parfait petit soldat. Il n'a jamais appris dire ce qu'il avait sur le cœur.
- Duo…
Le prénom de l'être perdu serra le cœur d'Heero, mais il ne laissa rien transparaitre.
- Duo m'a dit que Réléna était enceinte et que tu étais le père… Lui-même n'avait pas l'air convaincu de ce qu'il disait, alors, je te le demande : est-ce que c'est vrai ?
Heero hocha la tête. Il ne pouvait plus parler. Sa gorge était nouée et à tout moment il risquait de fondre en larmes. Se contrôler devenait une torture.
- Mais…
Quatre semblait sceptique.
- Comment peux-tu être sûr que tu es le père ? Tu n'as jamais… tu n'aurais pas pu….
Quatre ne trouvait plus ses mots.
- Si Quatre… murmura le brun en regardant son ex-compagnon d'arme dans les yeux, j'ai trompé Duo…
A suivre…
N'hésitez pas à me laisser un commentaire !
A bientôt !
Sukida * je sais, je suis sadique de couper le chapitre à ce moment là, mais ça s'appelle entretenir le suspense ^_-*
