Titre : Faites vos jeux !
Fandom : Gundam Wing
Auteur : Sukida
Genre : Drame, romance.
Disclaimer : Les personnages et le monde de Gundam Wing appartiennent à Masashi Ikeda, Katsuyuki Sumizawa, et est la propriété de Sunrise inc. Et Bandai.
Bonne lecture !
Faites vos jeux !
Chapitre 10
Réléna était à moitié allongée sur la table obstétrique, prête à être examinée par la gynécologue. Elle se félicita d'avoir pensé à prendre un T-shirt long. Elle ne s'était jamais sentie à l'aise nue. De plus, Heero était présent, ce qui la rendait d'autant plus nerveuse. Bien sûr, ils s'étaient vus nus. Une fois. Mais c'était dans d'autres circonstances.
- Comment vous sentez-vous ? demanda la jeune femme aux cheveux roux.
Elle s'installa sur un tabouret, à hauteur de Réléna et sortit le brassard pour prendre sa tension.
- Bien, même si je ressens de plus en plus la fatigue.
Elle se demanda un instant si elle devait préciser que ces nausées étaient revenues.
- C'est normal à votre stade. A la 27ème semaine, le bébé pèse son poids. Vous n'avez pas l'impression d'avoir les jambes plus lourdes ?
- Un peu. Mais c'est supportable.
La gynécologue dégonfla le brassard et compta dans sa tête les pulsations.
- 13 de tension. C'est bien.
Heero observait les deux jeunes femmes, légèrement en retrait. Le médecin était en train de vérifier le rythme cardiaque de Réléna à l'aide de son stéthoscope. Lorsque le docteur Dubois annonça qu'elle allait vérifier le col de l'utérus, par prudence, Réléna rougit violement, ce qui n'échappa ni au médecin, ni à Heero.
- Un problème ? s'enquit le médecin inquiet.
Heero s'avança près de Réléna.
- Tu préfères que je sorte ? demanda-t-il d'une voix calme.
La blonde hocha la tête. Elle se sentait stupide d'être aussi pudique, mais elle n'arriverait pas à se détendre tant qu'Heero serait là pour cette partie de l'examen.
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Lorsqu'ils sortirent de la consultation, la voiture n'était toujours pas arrivée. Heero prit son téléphone pour avertir Javier que la visite s'était terminée plus tôt que prévue.
- Attends, Heero.
Heero suspendit son geste, et fronça les sourcils.
- Tu veux attendre ici ?
C'était une belle journée d'automne. Le ciel était dégagé et une légère brise venait rafraichir l'air ambiant.
- J'aimerais un peu marcher, si ça ne te dérange pas.
- Bien. Où veux-tu aller ?
Réléna ne connaissait pas très bien les environs de l'hôpital, ainsi le hasard décida pour elle.
- Prenons cette rue à gauche.
Heero ne la contredit pas. Il ne comprenait pas très bien le besoin de Réléna de se dégourdir les jambes, mais il l'acceptait. Peut-être se sentirait-elle mieux après.
- Pas trop longtemps, alors, l'avertit le jeune homme aux yeux bleus, le médecin vient de te demander de te reposer…
- Pas plus de quelques pâtées de maisons, promit la blonde en se mettant en marche.
Elle voulait profiter de cette occasion pour parler avec Heero. Elle coupa discrètement son portable. Personne pour les déranger.
Ils passèrent devant une épicerie fine, et Heero en profita pour acheter des sandwichs. Il était presque midi et il commençait à avoir faim. Il en prit un jambon-fromage pour Réléna et un thon crudités pour lui.
- Je n'ai pas très faim, l'avertit Réléna quand Heero lui tendit le sandwich.
- Tu as perdu l'appétit ? Pourquoi n'en as-tu pas parlé au docteur ce matin ? le sermonna Heero en fronçant les sourcils en signe de désapprobation.
Réléna n'avait pas totalement perdu l'appétit. Ce qu'elle devait dire à Heero la rendait tellement nerveuse qu'elle avait l'impression d'avoir le ventre noué. Elle ne pourrait rien avaler avant de s'être confiée.
- Heero, je dois te dire quelque chose d'important.
Elle se tordait les mains, mal à l'aise. Heero attendit patiemment la suite. Il ne voulait pas la brusquer. Ce qu'elle voulait lui dire semblait lui tenir à cœur.
- Je ne te l'ai pas dit avant car je n'en étais pas certaine, mais maintenant, j'en suis sûre…
Il fallait qu'elle le dise. Il fallait que les mots sortent. Le plus vite serait le mieux. C'était comme enlever un sparadrap. Si on prenait son temps, la douleur était plus vive, alors que si on l'enlevait d'un coup sec, la douleur n'avait pas le temps de s'installer.
- Heero, je…
Réléna inspira profondément. Heero la regardait d'un air inquiet. Elle était en train de faire trainer les choses.
- Je dois te dire que…
Et brusquement, Heero comprit où elle voulait en venir. Il voulait lui épargner cette épreuve. Elle n'avait pas à lui faire un tel aveu.
- Réléna… dit-il doucement, tu sais que mon cœur est déjà pris…
Réléna releva la tête, confuse.
- Même si je ne suis plus avec… Personne ne pourra prendre sa place.
- Prendre sa place ? répéta la jeune femme hébétée.
La situation lui échappait. Ça n'était pas censé se passer ainsi.
- Je ne peux pas répondre à tes sentiments.
Il baissa les yeux et fixa les sandwichs qu'il venait d'acheter. Il avait l'air terriblement désolé.
Réléna avait une furieuse envie de bouger. Rien ne se passait comme prévu. Pourquoi les évènements prenaient-ils cette tournure ? Elle passa devant lui d'un pas vif.
- Réléna ! cria Heero.
Elle ne voulait pas du tout parler de ça. Elle savait au fond d'elle qu'Heero ne lui appartiendrait jamais. Il appartenait à quelqu'un d'autre. Mais entendre cette affreuse vérité de la bouche d'Heero lui avait brisé tous ses espoirs. Tant qu'ils n'évoquaient pas le sujet, tout restait possible. Elle se disait qu'un jour peut-être, il cesserait de la voir comme une simple amie. Plus maintenant.
Elle chassa ses larmes du revers de sa main. Quelle idiote ! Pourquoi avait-elle alimenté pendant si longtemps cet espoir qu'un jour Heero tombe amoureux d'elle ?
La vue brouillée par les larmes, elle ne vit pas le feu rouge qui indiquait aux piétons de rester sur le trottoir. Elle traversa et elle entendit une voiture klaxonner. Soudain, elle fût tirée en arrière par une force incroyable. Heero la tenait fermement serrée contre lui, à l'abri.
- Fais attention !
- Heero !
- Tu n'es plus toute seule, pense au bébé, lui dit-il doucement, je ne veux pas qu'ils vous arrivent quelques chose.
Elle renifla bruyamment et releva la tête pour faire face à ces yeux bleus accusateurs.
- Pourquoi es-tu resté Heero ?
Elle se mordit la langue dès que la question eut franchi ses lèvres. Elle ne comptait pas lui demander ça. Il n'avait pas de comptes à lui rendre.
- Parce que je ne veux pas que tu sois seule avec le bébé, Réléna.
- J'ai pleins de domestiques pour m'aider, tu sais. Tu n'es pas obligé de te sacrifier.
Heero essuya ses larmes du bout de ses doigts.
- Tu es mon amie, Réléna. Je ne vais pas te laisser tomber.
D'un geste tendre, il remit une mèche de cheveux qui s'était échappé de la tresse de Réléna.
- Et puis, c'est mon rôle en tant que futur père.
La boule que Réléna avait au ventre réapparut. Elle avait toujours l'occasion de lui dire.
- Tu…
La sonnerie du téléphone d'Heero retentit. Javier venait d'arriver devant l'hôpital et s'inquiétait de ne pas les voir. Le Japonais indiqua la rue où il se trouvait et quelques minutes plus tard, ils s'engouffrèrent dans la voiture. Réléna s'était dégonflée [1] et n'avait pas osé aller jusqu'au bout de sa déclaration. Elle était juste fatiguée. Pour l'instant, tout ce qu'elle voulait, c'était dormir.
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Duo était adossé contre l'encadrement de la porte de la chambre, bras croisés. Les yeux dans le vague, il fixait la chambre à coucher. Il fallait qu'il s'y mette. Il avait repoussé ce moment le plus longtemps possible, mais là, il ne pouvait plus reculer. Il eut une révélation ce matin, quand Hilde était venue chez lui. C'était la première fois qu'il invitait la jeune femme à monter dans son appartement. Ils n'avaient rien fait d'autre que discuter, puis étaient partis à l'exposition, pourtant quelque chose avait dérangé Duo. Les affaires d'Heero étaient encore présentes dans certaines pièces. Des vêtements, des gadgets électroniques qu'il n'utilisait jamais, des affaires de toilette (sa mousse à raser notamment), bref des affaires qui ne lui appartenaient plus. Et comme Heero n'était pas venu les réclamer, il comptait les emballer dans un carton et lui envoyer par la poste ce qui lui appartenait.
Hilde et Heero ne faisaient pas bon ménage ensemble. Il fallait les séparer avant que les deux ne laissent une marque indélébile sur les lieux. Duo avait besoin que son appartement redevienne stérile, comme un terrain neutre, avant de laisser quelqu'un d'autre y mettre sa « marque ».
- Par quoi je commence… ?
Il s'interrogeait. Il pouvait choisir la partie la plus facile pour le début ou pour la fin. Dilemme.
Il fixa à nouveau la chambre avant de pivoter vers la salle de bain. Il y avait moins d'affaires à Heero dans la salle de bain, pensa-t-il en essayant de se remémorer les produits qu'utilisait le brun. Il prit un grand sac en plastique et s'avança d'un pas déterminé vers son objectif.
Il alluma la lumière et fut quelques instants ébloui par la lampe principale. Il cligna des yeux pour mieux voir. L'Américain ouvrit le premier placard qui se trouvait à sa portée. Des shampoings, des lotions pour cheveux, du parfum pour hommes, divers rasoirs (électriques ou non), des vieilles brosses à dents encombraient les étagères. Duo se gratta l'arrière du crâne, et réfléchit. Il se dit qu'il pourrait en profiter pour ranger et se débarrasser des trucs qu'il n'utilisait plus. Qui avait besoin de brosses à dents qui dataient de Mathusalem ? Il alla chercher dans la cuisine un sac poubelle et lança une bonne partie des vieilleries dedans. Il mit les objets qui n'étaient pas à lui dans le sac en plastique. Il ne put s'empêcher d'asperger un de ses poignets avec le parfum d'Heero. Cette odeur ramena un tas de souvenirs en mémoire et Duo eut les larmes aux yeux. Vite, mettre le parfum dans le sac et ne plus y penser.
Une fois qu'il eut fini de fouiller les armoires, il regarda autour de lui et fut plutôt satisfait. Cela avait été moins compliqué qu'il ne le pensait. Il suffisait de trier. Heero, Duo ou poubelle. Ce n'était que des objets de la vie quotidienne. Rien de vraiment sentimental. A part peut-être le parfum. Les odeurs arrivaient toujours à lui ramener de puissants souvenirs. Même des souvenirs de son enfance rejaillissaient quand il sentait une odeur familière, une odeur qu'il pensait avoir oubliée. Comme l'odeur caractéristique des bonbons que Sœur Hélène adorait suçoter. Des violettes. Il associait automatiquement cette odeur à la none.
Il avait hésité longtemps avant de déposer le parfum dans le sac en plastique. Il aimait ce parfum. Il avait l'impression qu'Heero était près de lui. Mais c'était une illusion et ce parfum ne lui appartenait pas. Il devait le rendre.
Il soupira et se dirigea vers la chambre. Il ouvrit les placards à vêtements. L'odeur d'Heero la frappa de plein fouet, mais il tînt bon. Il commença par ranger les T-shirts et les pulls dans une boite à carton. Il hésita quand il rendît des vêtements que lui-même avait offerts à Heero. Est-ce qu'Heero aimerait les récupérer ? Ou cela lui rappellerait trop de mauvais souvenirs ? Et puis il se dit qu'Heero ne se rappellerait même plus que c'était lui qui les avait offerts. Il ferma la première caisse à l'aide d'un énorme papier collant brun. Il écrivit au marqueur indélébile « vêtements H. Yuy » et déposa la caisse dans le bureau. Il entreposerait toutes les affaires ici en attendant de les expédier.
Il profita d'être dans le bureau pour prendre un autre rouleau de scotch, le sien étant presque vide. Il se rappela alors que c'était Heero qui rangeait d'habitude ce genre de choses et il n'avait aucune idée d'où le brun avait rangé les rouleaux neufs. Il ouvrit tout les tiroirs à la hâte. Il était en colère de ne pas savoir où se trouvait ces objets. Il suspendit son geste quand il tomba sur une photo d'Heero et lui. Elle avait été prise quand ils avaient un weekend à la montagne pour skier. Duo tenait l'appareil devant lui, le bras en l'air et avait obligé Heero à poser. Ce dernier ne souriait pas et sa moue boudeuse en disait long sur son envie de jouer au mannequin. Il était beau. Ses yeux bleus s'accordaient parfaitement avec le ciel azur. Duo souriait mais il avait fermé les yeux à cause du soleil. Cette photo était comique. Elle illustrait parfaitement leur complicité.
Duo tomba à genoux et passa sa main contre sa joue et il se rendit compte qu'elle était mouillée. Il ne s'était même pas aperçu qu'il pleurait. Il remit la photo à sa place et ferma violemment le tiroir. Au diable le papier collant. Il avait eu sa dose pour aujourd'hui. Il n'avait plus la force de continuer à ranger. Chaque objet avait la marque d'Heero. Les souvenirs du passé lui revenaient en pleine figure. Duo ne pouvait s'empêcher de penser aux jours où ils avaient été heureux. Ces moments perdus pour toujours.
Il se leva et se dirigea vers la cuisine. Il avait besoin d'un remontant. Il continuerait son tri plus tard, mais sûrement pas aujourd'hui.
Commencer par le plus facile, c'était risquer de trébucher sur le moindre obstacle et Duo venait de l'expérimenter.
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- Tu t'en vas ?
La voix de Réléna trahissait de la peur. Cette dernière regardait, impuissante, Heero mettre des affaires dans un sac de voyage.
- Quelques jours seulement.
- Mais il est 20 heures passées, protesta la jeune femme en regardant sa montre.
- J'ai mon avion dans 2 heures, expliqua calmement Heero.
Il saisit deux pulls qu'il plia avant de les ranger dans son sac.
- Je ne me souviens pas que tu m'aies parlé d'un voyage…
Réléna semblait perdue. Et elle avait peur. Et si Heero ne revenait pas ? Où partait-il aussi précipitamment ?
- Ce n'était pas prévu. J'ai réservé mon billet en rentrant de l'hôpital.
- Tu pars où ?
Heero ne répondit pas. Il était trop absorbé à trier ses affaires et à vérifier qu'il n'avait rien oublié. La fermeture éclair retentit. Ça y est. Il était prêt à partir. Il jeta son sac sur son épaule et passa devant Réléna.
- Heero ?!
Sa voix monta dans les aigus. Elle suivit en courant le jeune homme, chose qui n'était pas conseillé dans son état. Elle n'arriva pas à attraper sa main, par contre la lanière du sac oui. Elle tira dessus d'un coup sec et Heero faillit tomber en arrière. Il se retourna et le regarda, lui demandant une explication silencieuse.
- Je veux savoir où tu vas. Tu n'as pas le droit de me laisser seule !
Sa respiration s'accéléra sous l'effet de la panique. Son cœur battit plus vite. Elle eut soudain la tête qui lui tournait. Tout allait trop vite pour elle. Il fallait qu'elle se calme. Heero remarqua l'état de stress de la jeune femme et lui prit la main pour l'apaiser.
- Je t'ai dit que j'allais revenir. Je n'en ai que pour 3 jours.
Une voiture klaxonna dehors, comme pour signaler sa présence.
- Il faut que j'y aille.
Javier était en train de l'attendre. Il devait se dépêcher ou il allait rater son avion.
- Promets-moi de faire attention et de te reposer, lui demanda-t-il.
Il craignait qu'elle ne fasse une bêtise.
Incapable de parler, Réléna se contenta d'hocher la tête. Heero lui serra une dernière fois la main avant de la lâcher. Il remit la lanière de son sac correctement et descendit les marches des escaliers à toute vitesse.
- Tu vas chez Duo ! cria la blonde du haut des escaliers.
Heero s'arrêta net à la dernière marche, comme paralysé.
- Tu vas le retrouver, n'est ce pas ?
Sa voix se brisa sous le coup de l'émotion.
- Non, fit Heero en la regardant, je ne vais pas le retrouver. Pas dans le sens que tu entends.
Le Japonais soupira de tristesse.
- Je dois lui dire la vérité. Et je ne veux pas faire ça par téléphone.
Heero n'espérait pas que Réléna comprenne. Elle devait accepter et le laisser partir. Heero ne lui appartenait pas. Il était libre de prendre ses décisions tout seul et d'agir comme bon lui semblait. Son cœur lui disait qu'il devait être honnête avec Duo. Et il devait le faire maintenant.
D'un geste, Réléna essuya une larme qui menaçait de couler. Elle hocha la tête en signe de compréhension.
- Dépêche-toi ou tu vas rater ton vol, lui conseilla Réléna d'une voix tremblante.
Heero esquissa un léger sourire et lui fit un signe de la main. Réléna le lui rendit, avec le même sourire triste. Heero ouvrit la porte et sortit précipitamment. Le mouvement de main de Réléna s'arrêta dès qu'Heero fut hors de vue. Elle laissa reposer sa main au niveau de son cœur et serra le poing. Il lui semblait que son cœur était en miettes, mais son attitude était compréhensible. Il fallait qu'elle fasse son deuil de son amour pour Heero. Sa réaction lui avait semblé démesurée, mais sa panique ne l'avait pas aidée à rester lucide. Elle allait profiter de ces 3 jours sans Heero pour s'habituer à vivre sans lui et l'apprécier en tant qu'ami.
Un ami a besoin d'être soutenu dans ses actions et non l'inverse.
A suivre
A la semaine prochaine !
J'espère que ce chapitre vous aura plu !
Sukida
[1] *imagine Réléna grosse comme un ballon* = jeu de mots débiles p
