Titre : Faites vos jeux !
Fandom : Gundam Wing
Auteur : Sukida
Genre : Drame, romance.
Disclaimer : Les personnages et le monde de Gundam Wing appartiennent à Masashi Ikeda, Katsuyuki Sumizawa, et est la propriété de Sunrise inc. Et Bandai.
Note : Je suis désolée d'avoir raté une publication de chapitre, la semaine passée ! Beaucoup de changements dans ma vie, notamment un nouveau job qui me prend pas mal de temps (c'est normal, c'est le début). Je n'ai pas écrit depuis deux semaines :'( Je pourrais me rattraper pendant les vacances de Pâques, promis !
Bonne lecture !
Et n'hésitez pas à me laisser un commentaire ! ^-^
Faites vos jeux !
Chapitre 12
Duo jeta un œil à son réveil qui indiquait six heures du matin. Il se passa une main sur le visage avant de replonger sous sa couette, au chaud. Il avait à peine dormi une heure. Et dans deux heures, il devrait partir au boulot. Il n'en avait vraiment pas envie. Pas aujourd'hui. Il pourrait se faire porter malade, mais il chassa vite cette idée de son esprit. En tant que patron, il devait montrer l'exemple et à moins d'avoir au minimum 40° de fièvre, il irait travailler.
Sans réelle motivation, il rejeta les couvertes et sortit de son lit. Durant le trajet entre sa chambre et la salle de bain, il évita de regarder par la fenêtre. Une partie de son esprit voulait savoir si Heero était toujours dans le square alors qu'une autre refusait de vérifier.
La douche qu'il prit l'aida un peu à se réveiller. Il coiffa sa longue tignasse avec application et commença à tresser ses cheveux. Il observa le résultat dans le miroir et tira la langue à son reflet.
- T'as vraiment une sale gueule aujourd'hui, Maxwell… fit le brun dans un soupir, un café s'impose.
Arrivé dans la cuisine, il alluma la radio pour écouter les informations matinales et pour se laisser bercer par la musique. Il reprit deux fois du café, chose qui ne lui arrivait jamais. Il devait tenir jusqu'à 18h, et sans sa surdose de caféine, il n'était pas certain de tenir. Il se força à avaler une tartine, mais à peine la première bouchée avalée qu'il eut un haut le cœur. Son estomac était trop noué pour accepter quoi que ce soit.
Son téléphone portable vibra, annonçant un message. Il fit la moue, il n'avait pas envie de subir de nouvelles informations, son cerveau saturait suffisamment en ce moment. Par acquis de conscience, il prit son téléphone. Le message venait d'Hilde. Elle lui souhait une bonne journée, suivi de trois cœurs. Duo n'eut pas la force de répondre et se dit qu'il le ferait plus tard.
Il jeta un coup d'œil à l'horloge murale de la cuisine. Sept heures quart. S'il partait maintenant, il arriverait à l'avance au boulot et pourrait peut-être partir un peu plus tôt. Il préférait faire quelque chose d'utile que de rester ici à ruminer ses sombres pensées.
Il prit sa veste en cuir, ses clés et ferma doucement la porte. Arrivé au rez-de-chaussée, il croisa Madame Janssens, la concierge, qui revenait de la boulangerie. Par politesse, il la salua.
- Ho, monsieur Maxwell, l'interpella la vieille dame, j'oubliais de vous dire, je ne sais pas si vous êtes au courant, mais…
Elle fit tomber ses clés en essayant de garder ses paquets en mains. Duo les ramassa et les inséra dans la serrure à sa place. Elle le remercia et laissa sa phrase en suspens, trop préoccupée par ses clés. Duo patienta quelques minutes pour regarder à nouveau sa montre.
- Est-ce que ça peut attendre ce soir Madame Janssens ? Je suis un peu pressé aujourd'hui, fit Duo en sautillant presque sur place comme un gosse.
- Je voulais juste vous dire qu'il me semblait avoir aperçu Monsieur Yuy dans le parc, ce matin. Il dormait sur un banc comme un…
Le terme « sans-abri » lui semblait trop tabou pour être prononcé à voix haute.
- Quoi qu'il en soit, je préférais votre prévenir, mais on dirait que votre ami a perdu ses clefs. Je n'ai pas osé le réveiller mais vous devriez peut-être aller le voir.
- Ça doit être surement ça. Je vais lui donner les doubles.
La dame approuva en hochant la tête et rentra chez elle, fière d'avoir accompli une bonne action. Dès que la porte eut claquée, Duo se frappa le front avec sa main.
- Et maintenant, cet idiot va attirer l'attention de tout le voisinage. Je lui avais pourtant dit de partir, maugréa le brun entre ses dents en sortant de l'immeuble.
Il aurait mieux fait de se faire porter malade, finalement.
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- Yuy !
L'interpellé remua dans son sommeil en grognant. Duo fut tenté de verser un seau d'eau bien froide s'il en avait un à portée de main.
- Debout, fit il en secouant l'épaule du brun.
Ce dernier se réveilla en sursaut, chercha un objet à sa ceinture. Il grimaça lorsque ses doigts ne rencontrèrent pas le métal froid et rassurant de son arme. Il ne l'avait pas prise avec lui. Il n'était pas en mission. Il était allé à la rencontre de Duo, et il n'en avait pas besoin.
Ses yeux croisèrent ceux de Duo. Ce dernier l'observait en silence.
- T'es réveillé ? demanda l'Américain.
- Hn.
Heero lança un coup d'œil rapide à son environnement. Il était dans un parc et à part Duo, il n'y avait personne. Pas de menace à l'horizon. Il s'autorisa à se détendre.
- Tant mieux, parce que j'ai des choses à te dire, alors ouvre bien tes oreilles.
Heero se redressa et s'assit correctement pour mieux écouter Duo. Il retint un gémissement de douleur lorsqu'il bougea. Tout son corps était engourdi et le faisait terriblement souffrir. Il sentait à peine ses orteils dans ses chaussures. Il entreprit de les bouger tout doucement pour les réchauffer.
- Je t'écoute.
- Dans « rentre-chez toi », quel mot ne comprends-tu pas ? Histoire que je te le réexplique.
Heero soupira. Il était réveillé depuis à peine cinq minutes et il sentait un mal de tête qui commençait à s'installer.
- Je t'ai déjà dit que…
- Tu ne partiras pas sans m'avoir parlé, le coupa le natté, je sais. Et vu que tu es le mec le plus têtu que je connaisse, je vais te proposer un marché.
Heero haussa un sourcil, intrigué.
- Je ne veux pas alarmer tous les voisins et donc…
- Depuis quand le regard des autres t'importe? fit le brun surpris.
- Parce moi, vois-tu, je vis ici, et je n'ai pas envie de subir un interrogatoire permanent sur le fait que tu dormes dehors.
- Tu as peur de passer pour le méchant ?
Cette idée fit sourire Heero mais il se garda bien de le montrer. Il n'était pas sûr que Duo apprécierait.
- Je m'en fiche de ce que les autres pensent. Ce qui me dérange c'est quand ils viennent m'en parler. Je n'ai pas envie de devoir me justifier ou de jouer la comédie. Alors, toi…
Il pointa un doigt en direction d'Heero.
- Tu vas rentrer à ton hôtel ou je ne sais où. Et moi, je vais aller bosser.
Heero voulut protester. Le deal n'avait rien d'avantageux pour lui. Ce n'était pas juste.
- Et quand j'aurais fini de bosser, on pourra se retrouver pour discuter et après tu me promets de disparaitre fissa. Ça marche ?
Le Japonais hésita, pesant le pour et le contre, cherchant la faille, puis finalement accepta.
- D'accord. Je te le promets.
- Donne-moi l'adresse de l'endroit où tu loges, je viendrais te chercher ce soir.
Heero récita d'une traite l'adresse de l'hôtel miteux qu'il avait trouvé sur l'avenue principale, non loin de l'appartement de Duo. Ce dernier ne prit pas de notes. Il faisait suffisamment confiance à sa mémoire.
Sans un au revoir, il se détourna d'Heero et partit à son lieu de travail, le garage Maxwell. Heero se dit qu'il devait prendre ça comme un bon début.
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Duo s'en voulu toute la journée d'avoir cédé aussi facilement à Heero. Il se sentait faible, sans aucune volonté propre. Il se persuadait que son invitation était honnête, en agissant ainsi, il savait que c'était le meilleur moyen de voir Heero rentrer chez lui rapidement mais en même temps, il avait envie de parler avec son ex petit-ami. Il avait la possibilité d'enfin comprendre, d'avoir le fin mot de cette histoire. Il en avait besoin, même s'il refusait de l'admettre.
C'était comme ces individus à qui on annonçait la mort d'un proche mais sans posséder le corps, comme preuve irréfutable de ce qui s'était passé. Il n'y avait pas toujours de corps. Et pourtant, il fallait faire le deuil. Duo avait besoin de « son corps » à lui pour admettre l'atroce vérité. Il ne regardait pas les choses en face tant qu'il n'aurait pas tout vu, tout entendu.
La clé à molette que Duo tenait s'écrasa sur le sol dans un bruit sourd. Son manque d'attention ne lui faisait commettre que des erreurs. Depuis le début de la journée, il ne n'arrêtait pas de se tromper. Il oubliait une partie de son matériel, perdait du temps, faisait tomber des objets, bref il n'avait vraiment pas la tête à travailler.
Les clients du garage s'étonnaient toujours de voir le grand patron mettre la main à la pâte. La vérité, c'était que Duo adorait son métier de mécanicien. Il n'était pas fait pour rester dans un grand bureau bien propre. Il avait besoin d'action, de bouger, de chercher le problème et de trouver la meilleure solution possible.
D'habitude, ses investigations lui occupaient l'esprit et il ne voyait pas le temps passer. Aujourd'hui, il avait l'impression que l'énorme horloge du garage n'avançait pas, qu'elle était en panne. Il avait même vérifié deux fois si les piles étaient correctement mises, sans rien avoir trouvé de suspect. C'était sa notion du temps à lui qui était complètement déraillée.
Il soupira et se remit à l'ouvrage.
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Par chance, Duo trouva une place de parking rapidement, en face de l'hôtel. Il plissa les yeux pour vérifier le nom de l'établissement, il voulait être certain de ne pas s'être trompé. L'incognito. Vu son nom, cet hôtel visait une certaine clientèle. Duo était prêt à parier qu'il était possible de louer des chambres à l'heure. Il se demanda pourquoi Heero avait choisi un tel endroit, puis haussa les épaules. Cela n'était pas son problème.
Il sortit de la voiture et la verrouilla à l'aide de sa clé de verrouillage à distance. Il traversa prudemment la chaussée, ce n'était pas le moment d'avoir un accident, et rentra à l'intérieur de l'hôtel.
Il se dirigea vers le réceptionniste pensant ainsi prévenir Heero de son arrivée, cela lui semblait la manière la plus logique de le joindre, lorsqu'il aperçut une silhouette familière assise sur une chaise. Heero s'était assoupi en l'attendant. Il avait gardé les bras croisés pour se tenir chaud.
Duo changea de direction et s'approcha du brun. Au moins, il ne devait plus se poser de questions. Il secoua doucement le bras d'Heero pour le réveiller. C'était la deuxième fois que ça lui arrivait aujourd'hui.
Heero ouvrit les yeux avant de sentir le contact de Duo. Il le regarda.
- Je ne dormais pas.
- Bien sûr, fit Duo d'une voix où pointait l'ironie.
- Je t'attendais.
Duo roula des yeux.
- On y va ?
Heero se leva et mit la veste qu'il s'était achetée dans la journée. Il ne tenait pas à avoir froid ce soir.
- Où veux-tu aller ? demanda le brun en passant devant les portes automatiques de l'hôtel.
Duo fronça les sourcils. Il n'y avait pas totalement réfléchi. Son objectif était de venir chercher Heero à son hôtel. Sa réflexion s'arrêtait là. Il n'avait pas voulu imaginer la suite.
- On peut aller manger quelque part ? proposa Heero face à l'hésitation de son ami.
- Je crois que si j'avale quoi que ce soit, je vais gerber, fit Duo en constatant son état d'anxiété.
Il avait de nouveau le ventre noué comme ce matin. Rien que de penser à la nourriture, cela lui donna la nausée. Aller manger n'était sûrement pas une bonne idée.
Il essaya de gagner quelques secondes de réflexion en se dirigeant vers la voiture. Il se contenta d'ouvrir le véhicule et Heero s'installa directement sur le siège passager. Duo continuait à prendre tout son temps. Il essayait de trouver un endroit où il pourrait discuter.
- J'sais pas trop où on pourrait aller… admit Duo en claquant la porte.
Heero pencha la tête sur le côté et l'observa se triturer les méninges.
- On est pas obligé d'aller quelque part, fit remarquer Heero.
- Comment ça ?
- On peut discuter dans la voiture.
Heero haussa les épaules. Le lieu lui importait peu. Tant qu'ils étaient tranquilles, cela lui convenait.
- Ok, répondit Duo après quelques minutes, mais pas ici. Y a du bruit et pleins de passants.
Duo tapota ses doigts contre le volant.
- Je connais un endroit. Tu te souviens de « Maggy's»?
- Le fast-food bon marché?
- Ouais. Avant d'être installé dans le centre, il surplombait la ville sur la colline Est. Y a pas un chat là-bas.
Heero hocha la tête. Être éloigné de la ville garantissait le calme mais il n'était pas sûr que Duo accepte de le raccompagner jusqu'à son hôtel après leur petite conversation. Tant pis. Marcher des kilomètres ne lui faisaient pas peur.
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Comme prévu l'endroit était désert. Et même un peu glauque. Le seul lampadaire qui éclairait l'ancien parking du restaurant clignotait à intervalles irréguliers. Il avait bien besoin d'un entretien.
Duo avait peur de croiser des couples téméraires sur le chemin, ceux qui aimaient pimenter leurs ébats sexuels en quittant le contexte de la simple chambre à coucher, mais il n'avait vu personne. Il était peut-être trop tôt. À 20 heures du soir, la plupart des personnes dinaient. Personne ne viendrait les déranger. Il se rendit compte en rougissant légèrement que c'était eux qui avait l'air un couple un peu coquin. Un 4x4 spacieux, deux personnes, un parking isolé et mal éclairé, une vue imprenable sur la ville. Bref le cadre parfait pour s'envoyer en l'air. Duo chassa cette idée de sa tête, c'était totalement déplacé de penser à ce genre de choses à ce moment précis.
- Je ne connaissais pas cet endroit, dit Heero en regardant autour de lui, on a une belle vue.
Duo approuva d'un geste de la tête. Il aimait bien venir ici de temps en temps pour réfléchir. Il laissait plus facilement ses pensées vagabonder. Ils pensaient aux familles qui devaient être en train de manger en famille, ou de regarder la télé. Ces personnes qui avaient une vie normale. Duo les enviait. Il aurait aimé avoir une famille. Bien sûr, il avait les ex-pilotes de Gundam, c'était en quelque sorte sa famille à lui. Il les avait choisis. Et il était heureux de les avoir. Mais ça n'était pas la même chose qu'une vraie famille, avec une père et une mère.
- Alors Heero… Qu'est ce que tu voulais me dire de si important ? demanda le natté en se tournant vers Heero.
Heero soutint son regard. Il savait ce qu'il devait lui dire. Il s'était même entrainé devant son miroir pour répéter. Pour paraitre sûr de lui.
- Je…
Heero sentit sa précieuse assurance s'évanouir. Il ne devait pas paniquer. Il inspira profondément. Il allait écouter son cœur et les mots lui viendraient naturellement.
- Je n'ai pas été correct avec toi en te quittant. Je ne t'ai rien dit. Tu ne méritais pas ça.
Heero baissa le regard, mal à l'aise. Il gigota sur son siège. Il faisait chaud dans cette voiture. Il fallait qu'il retire cette veste. Quelle idée de l'avoir prise. Il pensait sincèrement qu'il aurait aussi froid qu'hier. D'une manière maladroite, il retira sa veste en se tortillant.
- Ce soir, continua Heero d'une voix mal assurée, je suis prêt à t'expliquer les raisons qui m'ont poussé à partir. Es-tu prêt à les entendre ?
Bonne question. Duo n'était pas certain d'être prêt à entendre la vérité. Surtout qu'elle risquait d'être douloureuse. Tout ce qu'il voulait c'était qu'Heero s'en aille et qu'il puisse reprendre son semblant de vie là ou il l'avait laissé.
Duo finit par acquiescer.
- Je t'écoute. Pourquoi es-tu parti ?
- Réléna est tombée enceinte. Le soir où elle a appelé, c'était pour me prévenir que j'étais le père.
- Et, c'est… possible ? demanda Duo d'une voix hésitante.
Inconsciemment, il serra le volant plus fort. Tout son corps était crispé.
- Oui, répondit Heero sans baisser les yeux cette fois-ci.
Ce fût Duo qui rompit le contact visuel. Il avait les yeux humides et il ne voulait pas qu' Heero le remarque. Duo fixa l'horizon, droit devant lui.
- Et ça faisait longtemps que tu faisais ça dans mon dos ?
Sa voix était froide. L'idée qu'Heero ait pu le tromper le révulsait.
- Non. Ça ne s'est passé qu'une seule fois. Ça n'était pas prémédité.
Heero soupira.
- Ça n'aurait pas dû se passer ainsi.
- J'espère que ça ne s'est pas passé chez nous, Heero, ou ça ferait de toi le plus beau salopard…
- Tu veux savoir où ça s'est passé ? demanda le Japonais surpris.
Duo ne répondit pas. Il gardait son regard rivé sur la ville. Imperturbable. En apparence du moins.
- Ça s'est passé quand j'ai remplacé un des gardes du corps de Réléna. J'étais chez elle.
Heero scruta le visage de son ex. il essayait de percevoir une émotion. De la colère. De la tristesse. Du soulagement peut-être. Mais il ne voyait rien. Duo avait remis son masque d'indifférence. Il ne voulait pas qu'Heero puisse y lire voir quoi que ce soit.
- Duo, je regrette ce qui s'est passé, fit Heero honteux, à cette époque, on ne se voyait plus. Je ne savais pas si on était encore réellement ensemble et…
- Pourquoi tu ne m'en as jamais parlé? le coupa Duo sur un ton de reproche, tu en as eu l'occasion. Je me souviens très bien de cette période. C'était pas évident, je le sais bien, j'étais souvent absent mais… Quand je suis revenu Heero, tu as fait comme si tout allait bien ! Bon sang, tu m'as menti pendant des semaines ! Tu aurais dû me le dire.
Duo ferma les yeux et serra encore plus le volant, si fort que ça lui fit mal. Il se sentait trahi. Comment Heero avait-il pu lu cacher ça pendant si longtemps ? Qu'est ce qu'il lui avait caché d'autres ? Duo remettait toute sa relation en doute. Si Heero avait pu lui mentir aussi facilement, pourquoi se serait-il gêné de le faire à d'autres moments ?
- Tu sais que je ne supporte pas les mensonges. Ça brise tout. Je te faisais confiance ! Qu'est ce que j'ai pu être stupide !
Duo frappa le volant de toutes ses forces. Il avait besoin d'extérioriser cette colère qui le rongeait. Heero prit ses poignets. Il voulait éviter que Duo se blesse.
- J'aurais du te le dire avant. J'ai eu tort.
Duo se dégagea violement de l'emprise d'Heero.
- Ne me touche pas ! cria le natté.
Heero laissa retomber ses mains contre son corps. Duo le fusillait du regard. Il se tenait aussi loin que possible d'Heero, comme si le moindre contact éventuel le répugnait. Heero soupira. Il avait dit ce que Duo avait le droit de savoir. Il ne voyait pas ce qu'il aurait pu ajouter.
Le Japonais prit sa veste, déboucla sa ceinture et ouvrit la portière de la voiture.
- Tu t'en vas ?!
Heero acquiesça.
- J'étais venu pour te dire la vérité et je t'avais promis de m'en aller après. Tu ne me reverras plus.
Duo se contenta de le fixer.
- T'as raison, vaut peut-être mieux se dire adieu ici…
L'Américain mit le contact et le moteur rugit.
-Je pourrais dire des choses que je risquerais de regretter…
Heero eut à peine le temps de fermer la portière que la voiture démarra en trombe, dans un violent crissement de pneus. Il la regarda tristement s'éloigner. Voilà. Maintenant, il était vraiment seul.
A suivre…
