Titre : Faites vos jeux !
Fandom : Gundam Wing
Auteur : Sukida
Genre : Drame, romance.
Disclaimer : Les personnages et le monde de Gundam Wing appartiennent à Masashi Ikeda, Katsuyuki Sumizawa, et est la propriété de Sunrise inc. Et Bandai.
Note : Ce chapitre m'a pris la tête, si vous saviez le nombre de fois où j'ai tout effacé puis tout recommencé ! Mais j'y suis arrivé, ouf. On se rapproche tout doucement de la fin. Il était temps, 15 chapitres, c'est énorme pour moi. Bon, en même temps, y a certain chapitre plus court que d'autres, mais quand même. Edit : à ce jour, je travaille sur le chapitre 18 et c'est presque fini !
Note 2 : Merci à ceux qui prennent le temps de me laisser un commentaire ! Ça fait toujours plaisir ! Par contre, ceux qui ne sont pas inscrit sur ffnet, laisse-moi votre adresse mail, histoire que je puisse vous répondre ! A pluch' !
Bonne lecture !
Faites vos jeux !
Chapitre 15
Sans s'en rendre compte, Duo prit la direction de l'appartement d'Hilde. Il avait besoin de la voir et de lui parler. Un sentiment de culpabilité lui poursuivait depuis qu'il s'était réveillé ce matin aux côtés de l'inconnue. Il devait dire à Hilde ce qu'il s'était passé. Ce n'était pas dans son optique de continuer sa relation avec la jeune femme en mentant. Une relation solide ne pouvait se construire sur de tels secrets.
Ses pas le conduisirent devant l'immeuble d'Hilde. Duo hésita à monter. Il était encore tôt et il ne souvenait plus des horaires de la jeune femme. Venait-elle de terminer une nuit ou de commencer sa journée ? Il décida de ne pas remettre à plus tard ce qu'il avait à lui dire, au risque de plus trouver le courage de le faire.
Il appuya sur la sonnette mais au bout de quelques minutes, personne ne répondit. Il fit une deuxième tentative, sans vraiment être convaincu.
Duo s'apprêta à faire demi-tour lorsqu'un locataire sortit à ce moment-là. Par politesse, l'homme garda la porte ouverte pour laisser Duo rentrer. C'était le voisin de palier d'Hilde. Une fois, il était allé sonner chez lui pour lui emprunter des œufs. Duo fut reconnaissant envers l'homme, il se souvenait de lui, d'où sa confiance pour le laisser entrer sans poser de questions.
Duo prit les escaliers, il n'y avait que 5 étages, et un peu d'exercice lui ferait du bien. Bien sûr, il n'avait pas les clés, mais il connaissait l'emplacement des clés de secours. Hilde le lui avait indiqué par téléphone le soir où elle avait été retenue au boulot pour éviter que Duo n'attende des heures sur le palier. Elle avait insisté pour qu'il les utilise quand il le voulait. Duo avait été gêné et lui avait assuré qu'il ne le ferait qu'en cas d'urgence. C'était la première fois qu'il les utilisait de son plein gré.
Il entra en silence dans l'appartement vide. Il laissa ses chaussures à l'entrée et sa veste sur le dossier d'une chaise, bien en évidence, pour avertir Hilde de sa présence. Il ne voulait pas l'effrayer, après tout, il n'avait pas été vraiment invité.
Il se dirigea vers la chambre d'Hilde. Tout était impeccablement rangé, comme la dernière fois où il était venu. Le lit était fait et aucun vêtement ne trainait par terre. Duo avait presque peur de respirer, risquant de détruire cette belle harmonie. Il s'assit sur le coin du lit et regarda la chambre d'un air absent. Si Hilde venait de commencer sa journée, elle risquait de ne pas rentrer avant un moment. Duo soupira et se laissa tomber sur le lit, épuisé. Il enfouit son visage dans un oreiller et en quelques minutes, s'endormit.
xxx
Dans son lit, Heero se retourna pour la centième fois en quelques heures. Il se tourna sur le ventre et replia un bras sous son oreiller. Il gardait les yeux fermés, mais il savait d'avance que c'était intitule. Garder les yeux fermés n'aidait pas à trouver le sommeil. Il fallait avoir l'esprit apaisé pour pouvoir dormir, ce qui n'était pas son cas. Il ne cessait de revivre la scène de la vieille.
Réléna lui avait annoncé qu'il n'était pas le père du bébé qu'elle portait. Elle l'avait appris en faisait des tests ADN quelques semaines plus tôt, mais elle n'avait eu les résultats que récemment. Son côté pratique s'était demandé un instant comment Réléna s'était procuré son ADN, puis il se souvint de la prise de sang du docteur Kop qui n'était définitivement pas anodine.
Réléna avait beaucoup pleuré, regrettant son erreur de jugement. Heero n'avait rien dit. Trop choqué pour émettre le moindre son. Alors face à son silence, Réléna s'était forcé de le combler par de longues explications.
Elle avait rencontré un jeune prodigue de la finance lors d'une soirée entre personnalités influentes, une semaine seulement après le départ d'Heero. Ils avaient tout de suite sympathisé et le jeune homme avait un charme fou. Elle avait baissé sa garde et ses bonnes manières de petite fille. Pour une fois dans sa vie, elle avait voulu lâcher prise, être autre chose qu'une jeune aristocrate bien éduquée. Seulement, il y avait eu cet incident. Avec Heero, ils avaient tout simplement oublié de se protéger, trop enivrés par l'alcool. Avec le jeune inconnu, le matériel n'avait tout simplement pas été suffisamment… résistant. Elle avait maudit ce préservatif défectueux pendant longtemps. Puis elle avait enfoui cet épisode humiliant dans un coin de sa tête, presque oublié. Jusqu'à la découverte de sa grossesse. Tous les détails avaient leur importance, notamment les dates. Malgré les calculs savants de ma jeune femme, rien ne pouvait être garanti à 100%. Elle en avait assez de douter, d'où sa décision de faire le test de paternité. Elle aurait du le faire depuis longtemps. Seulement, elle avait eu peur. Et si le père de sa fille était cet inconnu avec lequel elle avait échangé quelques mots à peine ? Elle ne pouvait le concevoir mais elle ne pouvait se mentir non plus. Elle avait été bouleversée en découvrant la vérité. Anéantie lorsqu'elle s'était rendu compte qu'elle avait gâché deux vies, celle d'Heero et de Duo, involontairement. Trois, si on comptait l'inconnu, à qui elle n'avait encore rien dit. Elle n'était pas certaine de le faire. Elle ne se souvenait même plus de son nom de famille.
Réléna s'était excusé une bonne dizaine de fois et Heero en avait eu assez. Toutes les excuses du monde ne changeraient en rien la situation actuelle. Il avait l'impression d'être dans un mauvais soap-opera. Il s'était levé et avait abandonné Réléna en pleurs. C'était trop pour lui. Il avait besoin de réfléchir.
Heero tourna la tête pour percevoir les chiffres du radioréveil – 05h36. Il se passa une main dans les cheveux et soupira. Il avait eu toute la nuit pour se repasser la scène dans la tête mais il n'avait su prendre aucune décision (parce qu'il devait bien prendre une décision, n'est ce pas ?). Il devait réagir. Mais comment ?
Ressasser ses pensées dans son lit ne l'aidait pas. Il fallait qu'il bouge. Heero ne tenait plus en place. Et tant pis pour sa tête de déterré. Ce n'était pas la première fois qu'il n'avait pas son quota d'heures de sommeil, ni la dernière.
Il s'habilla en conséquence, prit une serviette de bain [1] et sortit en silence de la chambre.
Le manoir était désert. Tout le monde dormait à cette heure-ci. Heero les enviait d'une certaine manière, loin de toutes prises de têtes. Il traversa les couloirs sombres en se repérant facilement grâce à lueur de la lune. C'était drôle de réaliser qu'un endroit parfaitement connu le jour pouvait se montrer si différent la nuit, comme étranger.
Heero arriva ensuite au sous-sol du manoir, où une immense salle avait été aménagée en piscine. Il ne prit pas la peine d'allumer. Il y avait suffisamment de lumière provenant des spots placés dans la piscine-même, projetant une ambiance hypnotique avec les reflets de l'eau.
Heero déposa sa serviette et se plaça du côté où il y avait le plus de profondeur. Il inspira profondément avant de s'élancer et de réussir un parfait plongeon, sans la moindre éclaboussure.
Il se mit à nager, sans s'arrêter. Il ignora un point de côté qui s'était manifesté. Il n'allait pas s'arrêter pour si peu. Il nagea jusqu'à que ses pensées se brouillent entre elles, ne signifiant plus rien de cohérent. Il lui suffisait de penser à la sensation de l'eau sur sa peau, prendre sa respiration à intervalles réguliers et savourer le silence. Heero avait l'impression d'être seul au monde jusqu'à ce qu'il s'arrête de nager, épuisé. Il posa ses pieds au fond du bassin, l'eau lui arriva aux épaules. Il regarda du côté des espèces de casiers placés contre le mur, à l'entrée de la salle.
- Je sais que tu es là, Réléna.
Son ton n'était pas accusateur. C'était un simple constat.
Réléna sortit de sa cachette, toute penaude.
- Je n'arrivais pas à dormir, fit-elle en s'approchant de l'endroit où se trouvait Heero.
Elle essaya d'ignorer la quasi-nudité d'Heero. Ce n'était vraiment pas le moment de se rincer l'œil. Elle releva la tête et le regarda dans les yeux.
- Je ne suis pas la seule, apparemment, fit-elle remarquer.
- Tu aurais du rester couchée. Le médecin t'a déconseillé de bouger.
Réléna haussa les épaules et garda ses mains contre son ventre bedonnant.
- Je voulais te parler, Heero.
- Tu n'en as pas déjà assez dit, hier soir?
La jeune femme prit un air blessé. Peut-être l'avait-il réellement blessée après tout. Il se montrait particulièrement agressif envers elle. A quoi cela lui servait de garder une telle rancœur ?
- Excuse-moi, Réléna, je n'aurais pas du…
- Non, tu as totalement raison, tu as le droit d'être en colère. Je ferais pareil à ta place.
Elle soupira et s'avança près du bord de la piscine. Le rebord était légèrement humide mais elle n'en tint pas compte et s'assis doucement, une main contre le sol pour ne pas perdre l'équilibre. Elle plongea ses jambes dans l'eau avec délice.
- Qu'est ce que ça me manque de nager. Tu savais que j'avais fait un peu de compétition étant enfant ?
Heero secoua la tête. Il se doutait quelque part que Réléna aimait nager, sinon quel était l'intérêt de se faire construire une piscine à domicile ?
- Je devrais peut-être sérieusement envisager un accouchement dans l'eau, dit-elle plus pour elle-même que pour Heero.
- Dans l'eau ? répéta-t-il.
- Oui, il parait que ça a des vertus relaxantes, l'eau. Ça pourrait être un bel accouchement.
Heero pensa surtout que ça devait être terriblement gore, que ce soit dans l'eau ou dans un hôpital. Il préférait de pas trop imaginer. Il s'était suffisamment documenté et ce qu'il avait découvert l'avait dégouté pour le restant de sa vie. [2]
- Mais bon, je ne vais pas changer au dernier moment, continua Réléna après réflexion, ça rendrait le docteur Amber folle de rage.
Elle rit en imaginant la tête de cette pauvre madame Amber.
- Où que ce soit, je serai là, déclara Heero.
Réléna s'arrêta immédiatement de rire. Elle le regarda d'un air grave.
- Qu'est ce que tu viens de dire ?
- Je serai là, Réléna. Le jour de ton accouchement.
Emue, Réléna sentit les larmes lui monter aux yeux.
- Je pensais que tu changerais d'avis, après t'avoir tout raconté, murmura Réléna d'une voix tremblante.
- Je te l'ai déjà dit, je ne te laisserai pas tomber.
- Mais Heero, tu n'es pas obligé…
Heero secoua la tête. Il avait eu le temps de réfléchir et après ces longueurs, tout devenait plus clair pour lui. Il savait ce qu'il allait faire.
- Mais Heero, j'ai tout gâché… Je ne peux pas accepter ton aide. Tu devrais être avec Duo, si je n'avais pas été si irresponsable…
Elle ferma les yeux pour empêcher les larmes de couler. Il y avait déjà eu beaucoup trop larmes.
- Non. Ça m'a obligé à être honnête avec Duo. Que je sois resté ou que je sois parti, Duo ne m'aurait pas pardonné.
Heero en était persuadé. Duo se sentait trahi au plus profond de lui-même. Il n'aurait pas dû jouer la comédie, faire comme si tout allait bien. C'était ce que Duo lui reprochait et il le savait. Il aurait voulu qu'Heero lui fasse suffisamment confiance pour se confier. L'aimer suffisamment pour tenter de sauver leur couple.
- Peut-être pas, répliqua Réléna, têtue.
Elle commença à faire des petites vagues avec ses jambes, comme pour se détendre.
- On ne le saura jamais, fit Heero en coupant court la discussion.
Il prit appui sur le rebord de la piscine, prit de l'élan et sauta pour s'assoir aux côtés de Réléna, tout dégoulinant d'eau. Ses cheveux étaient tout aplatis à cause de l'eau, et ça lui donnait un air d'enfant trop sage. Réléna ne put réprimer un rire.
Heero l'interrogea du regard.
- Tes cheveux, expliqua-t-elle en mettant une main devant sa bouche pour cacher son fou rire.
Heero s'appliqua à les secouer envoyant des gouttelettes dans tous les sens. Réléna cria et essaya de se protéger avec ses mains.
- Arrête, arrête, l'implora-t-elle en riant.
Les cheveux d'Heero reprirent leur forme habituelle, et le rire de Réléna se calma.
- Je suis contente que tu sois là, Heero. Sans toi, je ne sais pas si j'aurais été capable de tenir.
- C'est bon, répondit-il légèrement mal à l'aise.
Réléna déposa sa tête contre l'épaulé mouillée d'Heero et ferma les yeux, apaisée. Heero s'autorisa à pencher la tête contre elle, renforçant ainsi le contact.
- Qu'est ce que tu vas faire maintenant ? demanda la jeune femme en se redressant, j'imagine que tu ne vas pas rester ici.
Heero secoua la tête en signe de négation. Il lui arrivait d'être impressionné par Réléna. Soit elle était d'une perspicacité affolante, soit elle était totalement à côté de la plaque. Dans les deux cas, il était toujours surpris par son jugement.
- Je vais regarder des annonces sur internet. Je cherche dans la région, précisa-t-il en jetant un coup d'œil à Réléna, je serai toujours suffisamment proche pour t'aider.
Réléna hocha la tête.
- Ça me semble juste. Après tout, on n'est pas un couple, ce n'était pas sain de continuer à vivre ensemble.
De nouveau, Heero fut étonné par les propos de la jeune femme. Il était arrivé à la même conclusion.
- Heero, j'ai quelque chose à te demander, mais tu peux, bien entendu, refuser.
Heero ne répondit rien, attendant la suite.
- Voudrais-tu être son parrain ? demanda Réléna en se mordant la lèvre inférieure, anxieuse.
Du menton, elle indiqua son énorme ventre, désignant ainsi le bébé.
- Bien sûr.
Réléna lui sourit. Heero était tellement bon et généreux. Elle se disait parfois qu'elle ne méritait pas un tel ami. Il faisait tellement pour elle et elle tellement peu pour lui. Elle se promit de faire un effort. Elle avait déjà une idée en tête.
- Merci, Heero.
Remplie de gratitude, elle lui prit la main et la serra fort.
Heero se mit à grelotter de froid. Réléna se proposa pour aller chercher la serviette mais avec son gros ventre, elle prendrait plus de temps à se lever que lui à aller directement la chercher. Il lui tendit la main pour l'aider à se lever.
- Il vaut mieux que tu retournes te coucher, maintenant.
Réléna acquiesça et s'empara de la main tendue.
En se couchant dans son lit, après s'être changée, Réléna réalisa pour la première fois que son futur ne s'annonçait pas aussi terrible qu'il en avait l'air. Et elle le devait en grande partie à Heero.
xxx
Hilde rentra à l'heure du dîner. Elle se réjouit en pensant à la lasagne qu'il l'attendait dans le frigo. Quelques minutes au micro-onde et elle pourrait la déguster. Elle irait au lit juste après, elle n'avait pas le courage de faire quoi que ce soit tellement elle était exténuée. Elle pensa avec satisfaction qu'elle avait enfin droit à deux jours de congés et qu'elle pourrait peut-être en profiter pour voir Duo.
En entrant dans le hall d'entrée, elle s'aperçut immédiatement que quelqu'un était venu chez elle pendant son absence. Elle fronça les sourcils et se détendit quand elle reconnut la veste en cuir de Duo. Si la veste était encore là, cela voulait dire que Duo aussi. Elle sourit à l'idée de retrouver son petit ami plus tôt que prévu.
- Duo ? appela la brune en rentrant dans le salon.
Personne. Tout l'appartement semblait plongé dans l'obscurité. Elle alluma la lumière au cas où Duo se serait endormi dans le canapé, mais non, il n'était pas là.
Elle passa la tête dans la cuisine, bien qu'elle doutait de trouver son petit ami à cet endroit, puis se dirigea vers la chambre.
Elle le trouva couché sur son lit en position fœtale. Elle l'observa en silence, profitant de ce moment de sérénité. La poitrine de l'Américain se soulevait et s'abaissait doucement, signe d'un sommeil paisible. Il tenait ses poings serrés contre sa poitrine. Trop serré, constata Hilde, comme s'il était angoissé.
Elle s'approcha de lui et lui caressa les cheveux. Duo ouvrit aussitôt les yeux, tous ses sens en alerte. Lorsqu'il reconnut Hilde, il se détendit.
- Ça fait longtemps que tu es là ? demanda Hilde en déposant un baiser sur son front.
Elle s'allongea à ses côtés, profitant du simple fait d'être ensemble.
- Un moment, répondit-il en haussant les épaules, je voulais te voir.
Le cœur d'Hilde se gonfla de bonheur. Elle était flatté que Duo l'ait attendu toute la journée. D'habitude, c'était elle qui prenait les initiatives, que ce soit pour le voir, ou pour faire des activités. Elle ne se douta pas une seconde que ce revirement de situation n'était peut-être pas signe de bonnes nouvelles.
- Moi aussi, j'ai pensé à toi toute la journée, dit-elle en lui souriant.
Duo joua avec ses mèches et lui lança un petit sourire triste.
- Il faut que je te parle de quelque chose, Hilde.
- Je t'écoute, dit elle en se rapprochant de Duo.
- J'ai fait une connerie, hier soir. Une grosse connerie.
Hilde fronça les sourcils. Duo avait tendance à exagérer ses erreurs. Comme brûler toutes ses casseroles parce qu'il avait oublié de vérifier la cuisson de la sauce bolognaise ou comme la fois où il avait fait tomber le rideau de douche parce qu'il avait tiré trop fort dessus. Il prenait à chaque fois un air terriblement coupable alors que cela n'était pas si terrible. Duo pouvait se montrer maladroit par moment, voilà tout.
- Je suis sûre que c'est pas si grave que ça.
Dans un élan de tendresse, elle passa une main contre sa joue. Duo la saisit et la maintint contre lui.
- J'ai revu Heero, hier soir.
- Heero est en ville ? demanda-t-elle ne cachant pas sa surprise.
- Non, il est reparti. Mais il avait des trucs à me dire. On s'est pris la tête.
Hilde n'osa pas poser de questions concernant les trucs qu'ils s'étaient dit. Elle savait d'expérience que si Duo n'en parlait pas spontanément, c'est qu'il n'avait pas envie d'approfondir le sujet.
- Oh. Et ça va, toi ? demanda Hilde sachant pertinemment que le Japonais arrivait à encore déstabiliser Duo.
Duo secoua la tête.
- Pour être honnête, ça m'a pas mal perturbé. C'est après l'avoir revu que j'ai commencé à merder.
Le cœur d'Hilde se mit à battre plus vite. Elle pensait que la connerie avait été de voir Heero dans son dos. Elle ne pensait pas que Duo avait encore quelque chose à lui confesser.
- Comment ça ?
Sa bouche était sèche et elle avait du mal à parler.
- J'ai beaucoup bu hier soir, je suis sorti en boite et j'ai rencontré une fille. J'ai fini la nuit avec elle.
Duo baissa les yeux et Hilde retira vivement sa main du visage de Duo, comme brûlée.
- Vous avez… Est-ce que vous avez été jusqu'au bout ?
Honteux, Duo hocha la tête. Hilde sentit les larmes lui monter aux yeux. Duo l'avait vraiment trompée.
- Ho, Duo…
Tout à coup, elle se redressa. Elle ne pouvait pas rester étendue près du Duo, comme si tout allait bien alors que ça n'était pas le cas.
- Pourquoi tu as… ? Je veux dire, toi et moi, ça n'est pas suffisant ? demanda-t-elle d'une voix tremblotante.
- Ne dis pas ça.
Elle plaça ses genoux contre sa poitrine, l'encercla de ses bras et y enfouit son visage. Elle ne voulait pas que Duo voit ses larmes.
- Hilde, regarde-moi, s'il te plait.
La jeune femme refusa, s'obstinant à garder le visage baissé.
- Cette fille ne signifie rien pour moi. Ça a été une erreur d'un soir. Je sais que ça n'excuse rien, mais je n'étais pas dans mon état normal. Je suis vraiment désolé.
Il tendit le bras pour lui caresser les cheveux, pour tenter de la réconforter, mais il suspendit son geste et laissa retomber sa main sur le matelas. Il n'était pas sûr qu'Hilde accepte d'être touchée. Surtout par lui.
- Je ne pouvais pas continuer notre relation et faire semblant que rien ne s'était passé.
Un sanglot s'échappa des lèvres d'Hilde.
- Est-ce que tu m'aimes, Duo ? dit la brune en regardant Duo dans les yeux.
Duo ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais aucun son ne sortit. Il ne s'était jamais posé la question. Il l'adorait, ça il en était certain. Il tenait à elle. Ils passaient du bon temps ensemble et ils partageaient cette incroyable complicité. Mais est-ce qu'il était amoureux d'Hilde ? Le fait de s'obliger à se poser la question n'était peut-être pas très positif.
- Je t'aime bien.
Il choisit ses mots avec soin.
- Mais je ne suis pas amoureux. Tu attends trop de moi, Hilde. Je ne suis pas prêt à retomber amoureux…
- Tu n'as pas besoin de retomber amoureux…
- Comment ça ?
- Tu l'es déjà, Duo.
- Je le saurais si c'était le cas, tu penses pas ? fit Duo sur la défensive.
Hilde soupira face à autant de déni.
- Tu es toujours amoureux d'Heero.
Duo secoua la tête, pour convaincre Hilde.
- De toute façon, ce n'est pas de lui dont il est question mais de nous. Je comprends si tu veux qu'on se sépare, après ce que j'ai fait, c'est normal que tu ne me fasses plus confiance, que tu ne puisses pas me pardonner.
Hilde le regarda sans rien dire, puis ferma très fort les yeux. Elle était en pleine réflexion. Son cœur et sa raison n'arrivaient pas à la même conclusion. Elle ne savait plus où elle en était.
Elle tenait tellement à Duo. Elle en était amoureuse, aujourd'hui elle en prenait pleinement conscience. Elle ne voulait pas le perdre.
Quand elle rouvrit les yeux, elle avait pris sa décision. Elle inspira profondément avant de prendre la parole :
- Je te pardonne, Duo.
Ce dernier la regarda sans comprendre. Il ne s'était pas du tout attendu à cette décision de la part d'Hilde.
- Tu veux rester avec moi, même après ce que je t'ai fait ? demanda Duo estomaqué, tu ne m'en veux pas au point de me détester ?
- Je t'aime trop pour pouvoir te détester. Je suis prête à te donner une seconde chance. Je n'arriverais peut-être pas à te refaire confiance, pas tout de suite, mais je veux essayer. Je veux qu'on surmonte cette épreuve ensemble.
Elle lui prit les mains et les serra fort. Ses yeux étaient humides mais elle ne pleurait plus. Elle essayait d'être forte.
Duo la regarda sans bouger, comme paralysé. Tout avait été si vite. Son aveu d'infidélité, l'aveu d'Hilde, bon sang, elle venait quand même de lui avouer qu'elle l'aimait, lui ! Duo avait l'impression de perdre pied, il ne contrôlait plus rien. Il avait besoin de temps pour remettre ses idées aux claires. [3]
Hilde s'accrochait à lui comme un naufragé dans une mer déchainée. Il était sa bouée. Elle avait besoin de lui. Et lui, avait-il besoin d'elle ?
- Hilde, on ne peut pas prendre une décision comme ça, à chaud.
La jeune femme fronça les sourcils, marquant ainsi son incompréhension la plus totale.
- Tu as besoin de temps pour réfléchir, et j'ai besoin de temps, expliqua Duo en caressant du bout des doigts son front, espérant ainsi chasser le pli de contrariété.
- Mais j'ai pris ma décision, répliqua Hilde, je t'aime, Duo.
Duo secoua la tête et regarda tendrement son amie.
- Aimer ne suffit pas pour qu'une relation fonctionne.
Et cela lui faisait mal de l'avouer mais il venait de le vivre récemment. Il l'avait appris à ses dépens.
- Je ne sais plus où j'en suis Hilde. Je ne sais pas si je pourrais continuer. J'ai cru être prêt, peut-être que me suis-je trompé.
Hilde serra le tissu de sa jupe entre ses doigts. Elle baissa la tête et s'aperçut que doigts étaient presque blancs. Elle serrait tellement fort que le sang n'arrivait plus à passer. Elle se força à les détendre et ils reprirent peu à peu une teinte normale.
- Quoi que je dise, quoi que je fasse… Rien ne te fera changer d'avis, pas vrai ? fit-elle d'une toute petite voix.
Duo secoua la tête.
- Pour ton bien, pour notre bien à tous les deux, Hilde, donne-moi un peu de temps, s'il te plait.
Hilde acquiesça doucement. Elle devait prendre le risque de laisser Duo s'éloigner pour peut-être le récupérer. C'était ce peut-être qui la terrifiait, lui glaçait le sang. Et s'il ne revenait pas vers elle ? Elle sentit une larme rouler le long de sa joue. Elle ne le supporterait pas. Son cœur ne le supporterait pas.
Duo chassa la larme solitaire du bout des doigts et serra Hilde dans ses bras.
- Je m'en veux de te rendre si malheureuse, murmura-t-il à son oreille.
Il aurait presque changé d'avis pour faire plaisir à Hilde, pour qu'elle cesse d'être si triste. Mais Duo savait que ça ne résoudrait aucun problème. Il ne devait pas se contenter de satisfaire le bonheur des autres, il devait d'abord penser à lui pour pouvoir rendre les autres heureux.
Hilde frissonna en sentant le souffle chaud de Duo contre sa nuque. Elle aurait voulu que ce moment dure pour toujours. Mais elle ne pouvait pas exiger ça de lui. Elle devait se montrer forte, se montrer digne de lui.
- Ça va aller, fit-elle en s'éloignant de Duo et en séchant ses larmes, maintenant rentre chez toi, j'ai une lasagne qui m'attend et je n'ai pas du tout envie de partager.
Elle essayait de plaisanter. De prendre les choses à la légère. Mon Dieu, que c'était difficile de faire semblant.
Duo déposa un léger baiser sur ses lèvres, le plus chaste qu'il n'avait jamais donné à quelqu'un. Il se leva sans faire de bruit et sortit de la chambre.
- Ça va aller, répéta Hilde pour elle-même, pour se donner du courage.
Elle allait en avoir besoin.
A suivre…
J'aime bien ce chapitre (en plus, il est long) et pourtant j'ai galéré pour l'écrire. J'en ai un peur marre de voir autant de larmes mais bon les situations font que aussi… Va essayer de travailler d'autres émotions que la tristesse.
[1] J'avais d'abord écrit « un essuie » puis j'ai voulu bien faire avec une « serviette de bain », mais ça reste bizarre pour moi :p
[2] Petite nature.
[3] Un ptit tour à la piscine ? *narquoise*
