Through the Looking Glass
Disclamer : Les personnages utilisés dans cette fanfiction sont la propriété de SquareSoft/Squarenix. Seuls les personnages de Rin, Lexarian et Edgard m'appartiennent.
Merci à eux d'avoir crée des mondes et des personnages qui nous font rêver encore et encore, chaque jour, égaillant notre petit monde.
Cette fanfiction se déroule dans le monde de Final Fantasy septième du nom.
Je vous souhaite à présent une très bonne et agréable lecture, en espérant que cela vous plaise.
Chapitre Cinq
L'éclat de la Lune
« Je n'ai plus jamais revu Sephiroth depuis. » finit enfin Cloud Strife après plus d'une heure et demie d'explications sur le grand méchant de l'histoire du jeu.
Lexarian se redressa de sur le lit, réveillé par le silence soudain qui venait de s'imposer d'un coup dans la grande chambre de l'auberge. Il s'était lamentablement endormi pendant l'explication, ayant déjà connaissance des évènements du jeu. Il regrettait juste de ne pas avoir été plus attentif aux réactions de Tifa, qui devait à l'instant même se poser des questions sur son ami, qui n'était pour elle JAMAIS venu à Nibelheim.
Tout le monde avait bu les paroles du blondinet, et tous ne pensaient qu'à une seule chose : retrouver Sephiroth. Sauf peut-être les trois nouveaux arrivants, qui semblaient bien ailleurs.
Avalanche décida de rester la nuit à l'auberge, puis de reprendre la route le lendemain. Ils allaient profiter de la ville pour acheter tout le nécessaire à leur voyage. Dans un premier temps, ils se rendraient à la ferme des chocobos, beaucoup plus au Sud, afin de trouver un moyen de traverser le marais de Midgard, gardé, disait-on, par un immense serpent. Rin, Edgard et Lexarian se retrouvèrent dans une chambre, tandis que Tifa et Aerith en partageait une autre, et enfin, dans la dernière où ils s'étaient réunis dormiraient Barret, Cloud et Nanaki.
Il n'y eu pas besoin de le répéter une seconde fois, pour que Rin ne se rue dans sa nouvelle chambre pour s'étaler dans un lit bien confortable, fatiguée de sa journée. Elle se roula comme une gosse dans les draps, tandis que ses amis posaient leurs affaires. Edgard prit soin de fermer la porte derrière lui, en vérifiant que personne ne viendrait épier. Deux des murs de la chambre étaient couverts de fenêtres qui donnaient sur la petite ville. Lexarian s'y pencha, prévoyant le futur discours d'Edgard.
« Bon, il faut que l'on parle sérieusement, tous les trois. »
Rin se redressa avec un sourire, et s'assit les genoux croisés sur le lit, attentive. Lexarian s'adossa à la fenêtre et fit signe qu'il écoutait. Edgard vint s'installer sur l'un des lits, et commença :
« Nous sommes donc dans le monde de Final Fantasy VII. Ce que nous sommes, ce que l'on fait ici, on en sait rien, mais une chose est sûre, c'est que les blessures, ce que l'on dit, ce que l'on fait, tout ça, c'est réel. C'est un peu what's the fuck, mais il faut garder en tête que l'on peut mourir.
-Nous n'avons pas de point de sauvegarde, effectivement. » remarqua Rin, sur le ton de la plaisanterie.
« Nous avons des compétences, cependant. J'aimerai bien que l'on en fasse le tour, rapidement d'ailleurs, histoire de savoir sur quoi on peut compter. » continua Edgard. « Lexarian, commence. »
Lexarian se retourna vers la ville, non sans un sourire moqueur, et commença à déballer ses compétences utiles :
« Je suis sportif, je sais mener les gens à la baguette. Je suis donc un beau parleur qui sait retourner une situation à la seule force de mes mots. Je programme n'importe quoi en moins de deux, sauf si ce que je dois programmer à un rapport avec le réseau. »
Rin pouffa de rire, devant une telle présentation de compétence, et passa à elle :
« La sécurité n'a pas de secret pour moi. Je suis capable de viser correctement avec une arme à feu, ayant toujours pratiqué des sports où la vision était nécessaire…
-Rin, les FPS ne sont pas des sports, mais des jeux vidéos. » remarqua Lexarian.
« …je sais cuisiner, et voilà ! » finit-elle, sans faire attention à Lexarian.
« Tu oublies tout ce que tu caches derrière ton sourire, Rin. »
Un silence s'imposa d'un coup. Rin ne perdit pas son sourire, tout en regardant son ami d'enfance. Edgard se sentit écarté de la conversation. Les deux autres se toisaient, sans se quitter des yeux. Aucun ne perdit son sourire, mais étrangement l'anglais sentait une certaine tension monter. Il ne comprenait pas tout, mais n'était pas dupe non plus : il pensait connaître Rin et Lexarian, mais ce n'était pas vraiment le cas. Ces deux là cachaient beaucoup de choses derrière leurs visages enjoués.
« Quant à moi j'ai fais de l'escrime pendant des années, et je pense que je ne devrais pas trop mal me débrouiller si je m'achète une rapière. Je suis bon dans quasi tous les domaines de l'informatique, je sais jouer du violon, mais ça ne va pas nous aider à grand-chose. »
Lorsqu'il avait parlé, les deux autres avaient cessé leur petit jeu pour se retourner vers leur ami, comme si rien ne s'était passé.
« La grande question est, qu'est-ce que l'on va faire du coup ? On est assez grand pour se débrouiller tous seuls, là n'est pas le problème. Est-ce que l'on suit l'histoire ? Est-ce qu'on les suit eux, ou est-ce que l'on se sépare ?
-Et surtout, si on se sépare, qu'est-ce que l'on fait. » ajouta Lexarian.
Ils étaient plutôt d'accord pour se séparer d'Avalanche, en faisant avancer les choses à leurs manières. Les gars étaient plutôt décidés de sauver Aerith d'une mort certaine, et peut-être empêcher Sephiroth d'être tué, et de devenir fou.
« Tu me redis ça ? » s'étrangla Lexarian.
« Je disais qu'on pourrait essayer de sauver Sephiroth. » répéta Edgard, un peu gêné.
« Tu parles de sauver un type qui a tué des centaines de gens ?
-Oui, mais il est fondamentalement bon. Tu n'as pas joué à Crisis Core toi. C'était quelqu'un de bien avant, il se fait juste utiliser par Jenova.
-Tu fais ça comment, sans risquer de te faire empaler sur une épée de deux mètres de long ? » ironisa Lexarian.
« Ca…faut y réfléchir. » grimaça Edgard, se rendant bien compte que l'idée était difficilement réalisable.
Ils discutèrent un long moment sur les futurs évènements. Ils annonceraient le lendemain à Avalanche qu'ils évolueraient de leurs côtés, sans pour autant les lâcher en cas de problème. Après une longue heure, ils finirent par descendre de leur chambre pour venir manger en compagnie des autres.
Ils étaient tous bien fatigués, et chacun n'avait qu'une hâte : aller dormir dans des draps tous chauds.
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Il faisait nuit, lorsqu'il décida d'agir. Une demi-lune éclairait faiblement les pavés de la ville. Les ruelles étaient désertes. Seuls quelques fêtards tardifs trainaient du côté du petit bar. Les fenêtres et les volets étaient fermés, et toutes les lumières étaient éteintes, mis à part les grands lampadaires qui illuminaient la place principale.
A pas de loup, et habillé d'un long manteau noir, il se dirigea vers l'auberge, où il ressentait une très grande concentration d'énergie. Ils devaient se trouver là, dans l'une de ces chambres. Il s'approcha du grand muret à pas de velours, avant de se cacher derrière deux grandes caisses de bois empilées. Il s'assit quelques secondes, se concentrant sur l'énergie qui se diffusait non loin. Au bout de quelques instants, il devina l'emplacement de ce qu'il cherchait. Il grimpa aisément sur les deux grosses caisses et se retrouva face à un mur. D'un bond, il sauta sur le mur où quelques pierres apparentes lui permirent d'évoluer plus haut. Ses doigts s'agrippèrent bientôt sur le rebord d'une fenêtre non éclairée. Il grimpa tel un chat sur la bordure qui faisait une cinquantaine de centimètres de large. D'un coup d'œil, il s'aperçut que des gens dormaient dans la petite chambre. Il se concentra sur la poignée de la fenêtre et au bout de quelques instants, celle-ci se tourna sur elle-même, et les deux battants s'ouvrirent vers l'extérieur.
Sans le moindre bruit, il se faufila dans la pièce. Il y avait trois lits. Dans le premier, le plus près et le plus éclairé se trouver un jeune homme, aux cheveux bruns mi-longs, paisiblement endormi. Dans le lit à l'opposé, un peu plus loin, se trouver un autre homme, les cheveux châtains, courts et en bataille, qui dormait en dehors de ses draps, habillé d'un simple caleçon, comme s'il ne supportait pas la chaleur ambiante. Au pied de son lit se trouvait une longue lance. Il savait se battre.
Enfin, au fond de la pièce, à peine éclairé, se trouvait un troisième lit, où quelqu'un semblait dormir, bien qu'il ne distinguait pas correctement quel était le type de personne. C'était à peine s'il voyait son visage.
Il se retourna vers le premier des lits, et s'approcha du jeune homme aux cheveux bruns. Il bougeait légèrement dans son sommeil, comme troublé de rêves ou de cauchemars. Il était jeune, mais une chose était sûre : il n'avait pas sa place ici.
Il sortit de son long manteau une petite dague fine. Ce ne serait pas long, il s'acquitterait rapidement de la besogne. Qu'est-ce qu'une vie, après tout ? Les humains n'étaient guère plus que des insectes qui grouillaient dans des millions d'univers différents. Ceux-là s'étaient vu pousser des ailes, comme des papillons.
Cependant, la vie d'un papillon est éphémère. Leurs vies aussi. Ils n'avaient pas le droit de déséquilibrer les mondes. Il y avait des règles, et lui, il était là pour les faire appliquer.
Aussi, il leva lentement la main au dessus du corps endormi du jeune homme, qui était loin de se douter de son destin. Il ne ressentait aucune pitié dans son geste.
Il allait abattre la lame étincelante sur l'homme, lorsqu'une balle lui frôla la joue, accompagnée d'une détonation assourdissante qui dû réveiller l'auberge toute entière. Surpris, presque paniqué, il redressa la tête vers le lit qui se trouvait au fond de la pièce, à peine éclairé. Une jeune femme se tenait là, habillée d'un grand T-shirt qui glissait des ses épaules, et qui lui arrivait aux genoux. Elle avait de longs cheveux noirs ébouriffés qui semblaient danser, et dans sa main droite se trouvait un pistolet encore fumant. Elle l'avait vu. Il aurait dû vérifier. Cette fille ne dormait sans doute déjà pas à son arrivée.
Ce qui le marqua le plus, ce fut l'expression dans ses yeux. Elle le fixait si sérieusement, avec tant de haine, qu'il vit en elle quelqu'un de dangereux.
Quelqu'un qui pouvait tirer à nouveau.
Cependant, tandis que les gens de la pièce se réveillaient lentement, étonnés du vacarme, et se rendaient compte de la situation, le regard de la jeune femme changea, lorsque quelques rayons de lune glissèrent sur le visage de l'intrus. Il passa à l'étonnement, à la surprise, puis à la peur et enfin au sentiment d'être trahi.
Lui aussi, c'était ce qu'il ressentait.
De la trahison.
Tandis que tout s'emballait autour d'eux, car le châtain avait sauté de son lit pour attraper sa lance, et le brun s'était redressé, à la fois surpris et paniqué, eux, ils ne bougèrent pas. Ils restèrent à se toiser, cherchant chez chacun la vérité. Le lancier ne bougea pas, se rendant compte qu'il n'avait pas à agir. La brunette se mordit les lèvres, puis lui adressa à nouveau un regard mauvais. Elle avait pris sa décision, choisi son camp. Lui aussi.
Le destin les avait fait rencontrer de nouveau, mais pas comme ils l'auraient souhaité.
« Rin… » murmura-t-il.
« Bonsoir, Sirius… » maugréa-t-elle, avec une légère grimace.
La brunette ne scia pas, mais intérieurement, elle brûlait. Elle brûlait de rage et de colère contre cette situation. Pourquoi ? Pourquoi cette personne avec qui elle avait passé un après-midi si agréable se retrouvait-elle là, en face d'elle, sur le point d'assassiner l'un de ses meilleurs amis.
Elle voulut hurler de rage, mais se retint. Lui, il se contenta d'afficher un sourire cynique, montrant que la situation ne changeait rien à son travail. Elle répondit alors aussitôt à la provocation. Elle tira de nouveau un coup qui l'atteignit à l'autre joue, pour laisser une vague éraflure.
Il perdit son sourire mesquin. Cette fille ne bluffait pas. Lui qui l'avait rencontré si rayonnante et souriante, il la trouvait devant lui, plus sérieuse que jamais.
« Je te préviens, Sirius… » commença-t-elle, tandis qu'un grand mec baraqué et possédant un flingue à la place de son bras droit rentra dans la pièce en fracassant à moitié la porte. « Je te préviens, la prochaine fois, c'est ton cœur que je vise. »
Elle n'eut pas besoin d'en dire davantage, le message était déjà passé. Il s'approcha simplement d'elle, à l'aide de pas lents. Elle ne plia pas un seul instant. Le canon de l'arme toucha bientôt le torse du jeune assassin. Il ne souriait pas. Il n'était plus l'homme qu'elle avait vu sourire timidement auparavant. Il se contenta de tendre le bras jusqu'au visage de Rin, qu'il toucha et caressa. Lorsqu'elle sentit quelque chose de froid contre sa joue, elle comprit.
Une petite pièce de monnaie fine et froide glissa contre sa clavicule droite, avant de s'engouffrer dans le t-shirt beaucoup trop grand pour elle, et de tomber par terre, accompagnée de tintements sonores.
Il recula vers la fenêtre, un sourire aux lèvres, et après un « A très bientôt, à toi et tes deux amis, ma chère. », il se laissa tomber par celle-ci, tandis que des cris fusaient de toutes parts.
Rin resta plantée au milieu de la pièce, tandis que Lexarian se pencha à la balustrade pour voir l'assassin disparaître dans les ruelles obscures de la ville. Edgard, lui, s'était levé de son lit, pour rejoindre à grand pas son amie brune dont le regard semblait vide. Barret fit de même, tandis que les autres membres d'Avalanche débarquaient, accompagné du propriétaire de l'auberge.
« Qu'est-ce qu'il s'est passé ? » s'étonna l'aubergiste, à la place de toute le monde dans la pièce.
« Un voleur s'est infiltré dans notre chambre, mais il a fuit. » répondit simplement Rin, avant de se pencher, pour récupérer la pièce qui trainait sur le sol. Ses mains tremblaient.
« Et les coups de feu ?
-Pour le faire fuir. » répondit la brunette.
On discuta pas mal autour du sujet, sur ce qu'un voleur pouvait bien venir faire ici, la façon dont il était entré, puis tout le monde retourna se coucher. Tous, sauf Edgard et Lexarian qui restèrent debout dans la pièce, et qui n'attendaient que le retirement des autres membres dans leurs chambres respectives.
« Rin. » appela Edgard, encore à moitié sous le choc.
La brunette se releva de sur le lit où elle s'était assise, comprenant bien que si elle avait réussi à détourner les réelles questions d'Avalanche, ce ne serait pas si facile avec ces deux amis. De plus, elle devait absolument leur expliquer la situation, qu'elle avait peine à comprendre.
« C'était qui ce type ? Qu'est-ce qu'il foutait là ? » tonna Edgard.
« Il s'appelle Sirius, et je l'ai rencontré cet après-midi en ville. On a passé pas mal de temps ensemble, et il m'a même révélé qu'il cherchait des gens. Enfin, bref, on s'est quitté pour revenir chacun à nos occupations. Ce que l'on appelle théoriquement une « rencontre ». Et là, je n'arrivais pas à dormir lorsque j'ai vu quelqu'un rentrer par la fenêtre, et clairement, c'était pour nous tuer, tous les trois. Il était à deux doigts de commencer par toi, Edgard, lorsque j'ai tiré pour l'en dissuader. J'ai alors vu son visage, et…c'était le même type que cet aprem. »
Ils restèrent tous les trois silencieux, à réfléchir aux évènements. Lexarian comprit et fit rapidement la liaison entre les évènements, tandis qu'Edgard resta abasourdi, baigné dans l'incompréhension la plus totale. Lexarian soupira et expliqua :
« C'est pas possible, t'es vraiment pas du matin : ton cerveau marche au ralenti ! Nous avons quelqu'un sur le dos qui est là pour nous tuer nous, alors que l'on n'est pas prévu dans le jeu. C'est donc quelqu'un qui sait que nous venons d'ailleurs, et veut nous éliminer pour cette raison. »
Edgard écarquilla les yeux sous la stupeur, tandis que Rin réfléchit à voix haute.
« On devrait pas être là. On est des fauteurs de troubles en quelque sorte, je suppose. Mais de là à nous tuer. Il ne devait pas savoir que j'étais l'un du trio. Mais pourquoi ? Comment savait-il que c'était nous trois, s'il ne savait pas que c'était moi ? Je ne comprends pas. »
Ce détail lui échappait. Une chose était sûre, Sirius avait été tout aussi étonné de la voir.
Trop fatiguée pour réfléchir, Rin revint se glisser dans ses draps, reprenant l'air enfantin qu'elle affichait d'habitude. Voyant qu'ils n'avanceraient pas plus, les deux autres firent pareils, et Lexarian éteignit la lumière, les plongeant tous les trois dans le noir.
Edgard posa une ultime question :
« Rin, tu tires vraiment si bien ? » s'étonna-t-il.
« Non, c'était un coup de chance. » répondit Rin, le plus naturellement du monde.
« Ahh…je me disais bien. » se rassura Edgard, avant de se rendormir.
« Eh, le binoclard…ton cerveau marche vraiment à deux à l'heures à ton réveil. » grogna Lexarian.
Le trio se rendormit plus au moins, n'ayant aucune réelle idée de ce qui les attendait.
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Quand Edgard se réveilla ce matin-là, il se sentit vide. Ses yeux se portèrent sur le plafond, doté de quelques poutres apparentes, et son cerveau se mit à marcher au ralenti. Avait-il rêvé ? Il ne se souvenait plus très bien. Doucement, il se redressa. Il faisait déjà jour dans la petite chambre. Tout était calme, aucun bruit ne dérangeait le silence. Les cheveux en bataille, il finit par remarquer la présence, si discrète, de son amie, qui se trouvait accoudée à la fenêtre, à côté de lui, jouant avec une petite pièce entre ses doigts, perdue dans ses pensées. Il devina qu'elle avait pris une douche, car ses cheveux étaient encore humides, ruisselant à certains endroits. Elle perdait tout de son côté foufou qu'il lui connaissait. Lexarian avait raison : il allait voir Rin comme il ne l'avait jamais vue avant.
Elle se retourna vers lui, un doux sourire aux lèvres, presque rassurante, tandis que la pièce retournait dans sa poche :
« Tu as bien dormi ? » demanda-t-elle, en s'attachant les cheveux en queue de cheval.
« Plus ou moins. J'ai fais un rêve bizarre. » maugréa Edgard, en s'étirant.
Il avait l'impression que quelqu'un avait essayé de le tuer pendant la nuit. Il ne se rappelait plus très bien, et comme il n'avait jamais vraiment été du matin, il rangea le problème dans la case souvenirs vagues de cauchemars. Du moins, jusqu'à ce que ses yeux se portèrent sur le planché en bois qui recouvrait le sol. Là, nettement visibles, se trouvaient quelques tâches de sang.
Il se souvint alors des coups de feu, du jeune homme marqué aux visages par deux trainées de sang, et du couteau qui s'était levé au-dessus de lui.
Il se retourna aussitôt vers Rin, paniqué, cherchant en elle une explication. Pour seule réponse, elle eut un sourire triste.
« Ce n'était pas un rêve ? » s'étrangla Edgard.
« Non. On a vraiment voulu te tuer. » affirma Rin. « Et Lexarian et moi aussi. La prochaine fois, tu te mettras au bout de la pièce, tu ne seras pas le premier visé. » ajouta-t-elle en plaisantant.
Edgard ne trouva pas sa remarque risible et sauta hors de son lit pour s'habiller le plus vite possible. La porte s'ouvrit, le faisant sursauter sur le coup, laissant entrer Lexarian et sa fidèle lance qui ne le quittait pas. Il semblait si décontracté, que cela énerva le brun.
« Mais comment pouvez-vous être aussi calmes ? » hurla-t-il, en perdant les pédales.
« Ah, toi, tu es réveillé, cette fois. » constata Lexarian avec un sourire.
Edgard se relaissa tomber sur le lit, fatigué par ses deux compagnons qui semblaient se moquer éperdument de la situation. Il essaya de faire le vide dans sa tête et de décompresser. Les autres ne devaient évidemment pas être si calmes que ça, et cachaient leurs émotions, comme d'habitude. Il essaya de se canaliser, et se redressa.
« Okay, qu'est-ce que l'on sait sur la situation ?
-On s'en va avec Avalanche jusqu'à la ferme des chocobos. Après on se sépare : ils iront vers Junon, comme prévu. » répondit Lexarian le plus sérieusement du monde.
« Nous, qu'est-ce que l'on fait ? » demanda ensuite Edgard.
« On n'intervient pas. » répondit Lexarian.
Le jeune homme avait répondu par pure logique. Cependant, même Rin, qui était habituellement sur la même longueur d'onde, ne réussit à comprendre :
« Pourquoi ? » s'étonna-t-elle.
« On risquerait d'envenimer les choses. On risquerait…le monde lui-même. » expliqua-t-il. « Personnellement, je vois pas ce type taré tuer quelqu'un de primordial à l'histoire, du genre Aerith, avant qu'elle n'invoque le Sacre.
-Outre le fait que je n'ai pas idée que ce qu'est le Sacre, je dirais simplement que Sirius ne ferait pas ce genre de chose, si on y réfléchit bien. » répliqua Rin.
Edgard acquiesça, comprenant où voulait en venir la fille du groupe :
« Il est là pour nous éliminer parce qu'on ne devrait pas être là. Pas pour bouleverser le court des choses. Mais qui nous dit qu'il n'aura pas de scrupules à le faire pour arriver à ses fins ? »
Rin secoua la tête, négative :
« Un type qui est gentil avec un enfant qui tombe par terre, tuer des gens innocents, non, je ne crois pas. » répliqua-t-elle.
« Et moi, je ne suis pas innocent, peut-être ? » s'exclama Edgard, qui se remémora les évènements de la veille.
Rin haussa les épaules. L'ennemi ne les voyait pas comme ça. Ils ne devraient pas être là. Ces manières étaient radicales, mais dans un sens, ils étaient en faute.
« Sauf qu'on aimerait bien retourner chez nous. C'est pas comme si c'était notre faute si on était arrivé là. Il pourrait au moins nous raccompagner gentiment vers la sortie. » plaisanta Lexarian.
« Rin, tu crois que tu arriverais à le raisonner ? » demanda finalement Edgard, qui avait réfléchi à la question.
Rin secoua la tête, négative. Il était trop tard. La veille, tout c'était passé en un instant entre les deux personnes : ils étaient ennemis. Ils avaient choisi leur camp. Il ne reviendrait pas sur son jugement, il ne plierait pas. Ils avaient fais leurs choix.
Edgard soupira, et finalement se dirigea vers la porte de la chambre, en vérifiant s'il avait bien toutes ses affaires.
« Bon, il faut que l'on réfléchisse. Mais une chose après l'autre : je pense qu'il est crucial que j'achète, comme vous deux, une arme, si je tiens à ma peau. »
Les deux autres acquiescèrent ostensiblement la tête, pour confirmer les propos de leur ami commun : ils devaient rester en vie, tout de même !
