Through the Looking Glass
Disclamer : Les personnages utilisés dans cette fanfiction sont la propriété de SquareSoft/Squarenix. Seuls les personnages de Rin, Lexarian, Edgard et Sirius m'appartiennent.
Merci à eux d'avoir crée des mondes et des personnages qui nous font rêver encore et encore, chaque jour, égaillant notre petit monde.
Cette fanfiction se déroule dans le monde de Final Fantasy septième du nom.
Je vous souhaite à présent une très bonne et agréable lecture, en espérant que cela vous plaise.
Chapitre Sept
Sur un air des Rolling Stones
Lexarian ranima une dernière fois le feu, bien que le soleil commençait déjà à montrer, quoique timidement, le bout de son nez. Quelques nuages dansaient dans le ciel, et un petit air frais fit frissonner le jeune homme. Quelques monstres semblaient se réveiller aux alentours (-Lexarian le devinait à l'agitation qui refaisait surface et quelques braillements de combats matinaux-), et il serait bientôt l'heure de reprendre la route.
Alors que le châtain s'occupait du feu, il se stoppa net dans ce qu'il faisait, aux aguets. Il y avait « quelque chose » derrière lui. Quelque chose de dangereux, de mortel. Quelque chose de particulièrement horrible même, et qui allait s'apprêter à l'attaquer. Il en frémit.
Comme il s'y attendait, cette « chose » lui sauta dessus, sans prévenir, et l'encercla de ses deux bras menus, en brayant (-plus ou moins…enfin moins que plus-) tel un lion, dans le seul but de lui faire peur :
« Graaaouuuhhh !
-Bonjour Rin. » salua Lexarian sans prendre la peine de se retourner.
La brunette, qui avait sans doute décidé de faire l'idiote dès le matin, venait de lui sauter dans le dos. Elle passa sa tête dans le cou du jeune homme, histoire de voir ses deux yeux bleus comme le ciel. Elle lui offrit un sourire, comme elle avait toujours sourit.
Pourtant, Lexarian n'était pas dupe. Il la connaissait, cette gamine.
« Il s'est passé quelque chose cette nuit ? » demanda-t-il, comme s'il s'agissait d'une évidence.
Rin sembla bouder, déçue d'avoir été percée si rapidement à jour, mais ne lâcha pas Lexarian pour autant. Elle resta là, la tête dans le cou de son ami, pensive.
« Il est venu ?
-Oui. » répondit-elle, en toute franchise. « Comment tu as deviné ?
-Parce que lorsque ça ne va pas, tu deviens plus tactile. Tu m'aurais lâché depuis longtemps, si tu allais bien. »
Rin pouffa de rire, bien que légèrement vexée d'être percée à jour. S'il y avait bien une personne au monde qui la connaissait comme sa poche, c'était Lexarian. Après tout, n'est-ce pas grâce à lui qu'elle se trouvait là ? Debout, sur ses deux pieds ?
« Alors ? » finit-il par demander.
« On attend Edgard ? J'ai pris le temps de réfléchir, et je pense avoir deviné deux trois choses intéressantes. »
Lexarian lui lança un regard curieux, mais se retint d'en demander d'avantage. De toute manière, il n'eut pas énormément besoin de réfréner sa curiosité, car un cri s'échappa de la tente du dormeur matinal, à la grande surprise des deux poker-faces.
« AHHHHHHHH ! »
Rin lâcha Lexarian, et attrapa son arme à feu. En un instant, elle se retrouva dans la petite tente, prête à braquer son pistolet contre le premier ennemi.
Mais dans cette tente, il n'y avait qu'Edgard, à moitié redressé, le corps en sueur, sa couette à moitié étalée sur lui. Sur le coup, Rin pensa à un cauchemar, mais elle remarqua, non sans étonnement, qu'Edgard fixait un point fixe dans la tente, juste à côté de Rin. Par réflexe, elle fixa à son tour ce point imaginaire, mais il n'y avait rien. Pourtant, Edgard semblait toujours autant tétanisé.
« Qu'est-ce qu'il se passe ? » s'étonna Lexarian, en passant la tête par l'entrée de la tente.
« Vous…elle…qu'est-ce qu'elle fait là ? » s'écria Edgard, en pointant du doigt quelque chose dans le coin droit de la tente, à gauche de Rin.
Rin et Lexarian se regardèrent, étonnés. Rin passa alors une main sur le front d'un Edgard effrayé par quelque chose qui n'existait pas. Etonné par la réaction de son amie, Edgard la regarda enfin dans les yeux, et s'exclama :
« Vous ne la voyez pas ? La fille ? Là ? Elle est a côté de toi ? »
Il y eut un silence. Lexarian scruta à son tour l'intérieur de la tente, mais dut se rendre à la même évidence que Rin : il n'y avait qu'eux trois. Pas de fille comme Edgard le soutenait. Ce dernier commença à bafouiller, incrédule.
« Mais…elle est là…juste là…AH ! Attends ! Reviens ! Wait ! »
Edgard se releva soudain, et se lança à la poursuite de quelque chose d'invisible qui semblait avoir quitté la tente. Le jeune homme sortit uniquement habillé d'un caleçon et couru jusqu'à l'orée de la forêt qu'ils bordaient, suivit de prêt par ses deux amis qui ne comprenaient pas grand-chose à la situation.
« Attends, s'il te plait ! » s'écria-t-il.
Il resta là, à fixer le vide.
« Tu…ne peux pas parler ? » s'étonna-t-il. « Non ! Attends ! »
Lexarian et Rin virent leur ami commun s'avancer d'un pas, mais s'arrêta, comme si ce qu'il voyait venait tout simplement de disparaître. Il resta silencieux quelques secondes, comme à la fois choqué, et incrédule. Il se retourna vers les deux autres, ses cheveux bruns en bataille, sans savoir quoi dire. Lexarian se contenta simplement de lui apporter un manteau, afin que son ami se réchauffe un peu.
« Vous l'avez vraiment pas vu ? » bredouilla-t-il.
« Non, pas vraiment. On t'a juste vu courir après quelque chose d'invisible. Tu es sûr d'avoir bien dormi ? Tu n'es pas malade au moins ? » s'inquiéta Lexarian.
« Non, je déconne pas ! » s'exclama Edgard. « J'ai VU cette fille…et je n'ai consommé aucune substance illicite. » rajouta-t-il devant l'œil sceptique de son ami.
Il se retourna vers Rin.
« Rin, toi, tu l'as vu ?
-Non. » répondit-elle en haussant les épaules, un peu gênée.
« Mais tu me crois, hein ? N'est-ce pas ?
-Je pense que dans un monde comme celui-ci, on ne peut pas être à l'abri de deux trois phénomènes paranormaux. » admit-elle. « La rivière de la vie…des trucs comme ça. »
Edgard se sentit un peu rassuré dans un sens par les propos de Rin, mais d'un autre côté, il n'était pas sûr d'apprécier ce genre de désagrément local. Il s'assit devant le feu, encore chamboulé. Par réflexe, il jeta un coup d'œil à l'endroit où avait disparu la mystérieuse jeune fille, comme pour vérifier si elle n'était pas de retour.
« Après, c'est peut-être un fantôme…ou pire encore…j'espère pour toi qu'elle n'avait pas de longs cheveux noirs et une robe blanche sur elle. » plaisanta Lexarian.
« Lex ! » réprimanda Rin, qui, malgré tout, avait plus ou moins pensé à cette image.
« Non, c'était une fille aux longs cheveux châtains, un peu bouclés, et mais elle portait effectivement une longue robe de nuit, verte pomme. » expliqua Edgard.
« Tu lui demanderas où elle l'a achetée, cette robe, la prochaine fois que tu la vois ?...ok, pardon. Et donc ? Qu'est-ce qu'elle faisait dans ta tente, cette fille ?
-Et bien, je ne sais pas trop. Quand je me suis réveillé, elle était là, penché sur moi, je dirais presque aussi étonnée que moi. Elle avait l'air perdue. Et quand vous êtes arrivés, elle a pris peur, et elle a fuit. »
Ils restèrent là, assis autour du feu. Pas un seul ne pipa mot, repensant à cette drôle d'histoire. S'ils ne connaissaient pas leur ami, Rin et Lexarian l'auraient pris pour un fou, ou pensé qu'il était sérieusement malade et atteint d'une grosse fièvre. Mais c'était Edgard, et ils étaient dans le monde d'un jeu vidéo. Tout était possible, après tout. Une fois morte, Aerith apparaissait toujours aux yeux de ses amis, lorsque l'envie lui prenait.
« Tu crois qu'elle vient… » commença Lexarian.
« …de la rivière de la vie ? » finit Edgard. « Je n'en sais trop rien. C'est une possibilité, après tout. »
L'ambiance se détendit petit à petit : Edgard se réchauffa près du feu, puis finit par oublier momentanément cet incident pour reporter son attention sur des bouts de pains grillés par les soins de Lexarian. Ils mangèrent en silence, lorsque finalement le sportif du groupe ramena un détail sur le tapis :
« Et toi Rin ? » demanda Lexarian en croquant dans un bout de pain. « Ta visite nocturne, tu vas nous en parler ?
-Ah, oui, j'avais presque oublié. » admit Edgard en relevant la tête vers la brunette.
« Et bien j'ai deux-trois choses à vous apprendre. » s'exclama Rin, plutôt contente d'elle.
Elle raconta la rencontre de la nuit passée, rassura qu'il n'y avait eu aucune confrontation, mais simplement quelques mots d'échangés.
« Alors, dans ce que j'ai appris d'important, c'est qu'il est effectivement à notre poursuite parce que nous sommes arrivés dans ce monde.
-Tu ne fais que confirmer une hypothèse plus que probable. » remarqua Lexarian, qui s'attendait à un scoop.
« Que le voyage corporel entre deux mondes est interdit, et qu'il semble exister une multitude d'univers. Je n'ai pas eu la réponse à la manière dont on s'est retrouvé là, mais je sais une chose : nous n'avons pas le droit de voyager, car nous risquons de chambouler les évènements prévus. Je ne sais pas en quoi c'est si catastrophique, surtout que l'on a dans l'idée de sauver des gens, mais je sais que par « principe », les gens qui outrepassent cette loi, doivent être puni.
-C'est grosso-modo le même concept des white hat, Rin. » rappela Edgard, étonné par la non compréhension de la brunette. « C'est compréhensible. Les White Hat sont des hackers qui travaillent pour le plaisir, mais aussi pour aider les entreprises en leur annonçant où se trouvent leurs failles de sécurité. Cependant, rien ne garanti sur l'honneur de la fiabilité de ce genre de personnes.
-Nous pourrions très bien être ici pour sauver des personnes, autant que pour les tuer. » ajouta Lexarian. « C'est le même principe. »
Rin bougonna légèrement, peu ravie. Edgard soupira, déprimé.
« J'oubliais que tu soutenais les White Hat.
-Ce que l'on fait est juste ! Bien sûr je comprends le bénéfice du doute, mais tout de même. C'est vexant de se faire passer pour le méchant. Et puis c'est pas non plus comme si on avait décidé d'arriver dans ce monde, mince !
-Non, je suis d'accord. J'ai pas non plus envie de mourir. » rétorqua Edgard.
« Quoi d'autre ? » enchaina Lexarian.
« Heu…lui, il a le droit de naviguer entre des mondes. Il est, d'après ce que j'ai compris, le gardien des mondes, et il doit faire respecter la loi. Et donc s'occuper de tuer les gens qui n'ont rien à faire dans un autre monde. Il a parlé aussi de voyager corporellement, et là, je ne pige pas trop…
-Il y aurait d'autres moyens de voyager ? » s'étonna Lexarian.
Les trois amis restèrent pensifs un long moment. Rien ne leur vint à l'esprit, et ils finirent par laisser tomber. Il était l'heure de démonter les tentes, et de partir pour la ferme des chocobos. Lexarian surprit, sans le moindre étonnement, Edgard se diriger vers l'orée de la forêt, et appeler, timidement, la fille fantôme. En vain : il revint bredouille et ils prirent la route vers leur prochaine destination.
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« Laa-lalalala-lala-la-laa la-la-lalala lala-la-lala…
-Rin, peux-tu avoir l'extrême amabilité d'arrêter de chantonner à tue-tête cette mélodie bien connue, à moins bien sûr d'apprendre soudainement à chanter correctement dans les dix secondes qui vont suivre ? » grogna Lexarian, légèrement exacerbé.
« Un problème Lex ? Es-tu aussi grognon à cause des deux heures que l'on vient de perdre à attraper ces splendides petites bêtes, ou bien est-ce parce que tu n'arrives pas à rester en équilibre sur l'encolure de ton chocobo ? » répliqua Rin, sans cacher son sourire.
Lexarian bougonna de son côté, manqua de tomber du côté droit de son chocobo, par inattention. Le trio avait, en compagnie d'Avalanche, fait la chasse à quelques montures rapides et jaunes. Deux jours s'étaient écoulés depuis la nuit où Sirius était venu rendre visite à Rin et où Edgard avait vu (-ou halluciné-) la jeune fille à la robe verte. Entre temps, ils avaient rejoins le petite groupe de terroriste écologique qui courrait toujours derrière l'homme à la cape noire. Avalanche fut légèrement déçu d'apprendre que le trio agirait de son côté. Lexarian leurs avait cependant préparé une interface web qui leur permettrait d'avoir accès plus agréablement à la base de donnée de la Shin-Ra que Rin avait subtilisée, tout en supprimant quelques dossiers fort peu judicieux à partager, tels que le dossier de l'histoire sur Nibelheim, avec la fuite de Zack et de Cloud jusqu'à Midgard…Cloud n'étant (dans ces rapports tout du moins) qu'un simple soldat, Edgard avait suggéré qu'il devrait découvrir ce genre d'informations au fil du temps, comme cela avait été initialement prévu.
Rin avait été un peu triste de se séparer de Red XIII, avec qui elle avait aimé discuter de choses et d'autres.
Depuis, le trio se baladait dans la grande plaine de Midgard. La fille du groupe était la seule à ignorer l'horreur pour se rendre à la grotte de Mythril, seul chemin qui permettait de traverser une chaine de montagne. Lexarian et Edgard, qui connaissaient plutôt bien le jeu, appréhendaient légèrement la traversée du marais, et son Zolom.
Et ce fut donc après quelques rodéos peu concluant, quelques chutes et égratignures que les trois amis s'étaient mis en route vers l'Ouest à dos de chocobos. Rin, qui avait fait de l'équitation dans une vie antérieure (-ou qui possédait une aisance ou une adaptabilité plus importante tout simplement-) se débrouillait plutôt bien. Elle n'avait pas eu besoin de mettre une selle adaptée sur le magnifique animal dont le garrot devait être équivalent à la taille de Rin et dont le plumage de couleur soleil rayonnait à chaque battement d'ailes.
De son côté, Edgard, qui, lui, avait réellement fait de l'équitation lorsqu'il était plus jeune, restait droit sur l'animal. Il avait du mal à appréhender la personnalité de ces énormes oiseaux, mais il ne manquait pas d'équilibre.
C'était pour Lexarian que cela posait problème. Le handball ne demandant pas un équilibre exceptionnel, le jeune homme manquait de se retrouver par terre au moindre moment d'inattention. N'ayant peu foi à la base dans la fiabilité des petites bêtes, il restait crispé, accroché à l'encolure. Chaque bond de l'animal était une véritable torture pour lui, bien qu'assit dans une selle à chocobo.
« Le fier, le valeureux, le sans-peur, l'incroyable Lexarian, réduit à tenir nerveusement des rênes, sous peine de tomber… » plaisanta à son tour Edgard, qui trouvait la situation risible.
« La ferme, Ed ! » répliqua Lexarian sans plus de diplomatie.
« C'est un instant rare. Gardons-le gravé dans nos mémoires. » continua Rin.
Elle dut esquiver un éclair qui éclata non loin de sa tête, lancé par son meilleur ami. Elle en rit davantage, mais finit par se calmer. Elle approcha son chocobo de celui de Lexarian, et sans la moindre peine, glissa d'un chocobo à l'autre, pour se retrouver en équilibre sur le devant de la selle, dans situation peu confortable.
« Qu'est-ce que tu viens faire là ? » lâcha Lexarian, qui se crispa davantage sur les rênes.
Rin plaisanta et subtilisa les rênes du chocobo de son ami, tandis que sa propre monture suivant en rythme derrière eux. Elle passa une dizaine de minutes à apprendre à Lexarian à comment se positionner et comment tenir les deux lanières de cuirs, puis revint sur son propre chocobo.
« Comment arrives-tu à t'habituer aussi vite, dis-moi ? » s'étonna tout de même Edgard, tandis que le marais se dessinait à l'horizon. « Enfin, je veux dire, tu es quand même connue pour être la fille qui se prend les pieds dans l'escalier et qui se casse la figure, à l'école. Non pas que c'est déjà arrivé plusieurs fois…mais si. »
Ce ne fut pas Rin qui répondit, mais Lexarian, qui était légèrement plus à l'aise qu'au départ.
« Rin passait sa vie dans des arbres quand elle était petite. Lorsqu'elle ne rêve pas, elle a un très bon équilibre. A l'école, elle n'est jamais très attentive. »
Edgard ne s'étonna guère de la réponse.
Puis, sans s'en rendre compte, il retourna dans ses pensées, oubliant un peu tout se qu'il se passait autour de lui. Il se rendait vaguement compte que ses deux amis se chamaillaient, pour ne pas changer de d'habitude. Lui, il repensait, une fois de plus, à l'incident qui s'était produit deux jours plus tôt : de ce matin où il ne s'était pas réveillé seul.
Il se souvenait de ses deux grands yeux verts, étonnés et apeurés. Qui était-elle ? Que faisait-elle là ? Le savait-elle elle-même ? Pourquoi les deux autres ne l'avaient pas vu ? Où était-elle désormais ?
Elle avait paru si fragile et tellement perdue.
Il avait cependant appris à ne pas se fier aux apparences. Nul ne savait encore si elle était une alliée ou une ennemie. Et quand bien même elle semblait une alliée, Edgard savait qu'il devrait se méfier. Leur traqueur s'était révélé pacifiste lors de la première rencontre avec Rin, mais il n'en était rien. A qui se fier ? Qui croire ?
L'anglais passa son regard sur la brunette qui riait aux éclats, aux côtés de Lexarian. Comment faisait-elle ? Avait-elle déjà oublié le court instant qu'elle avait partagé avec leur ennemi ? Ou cachait-elle le sentiment de trahison qu'elle ressentait ? Elle taquinait le sportif comme elle l'avait toujours fait à l'école : pareille à elle-même.
En étant franc avec lui-même, Edgard savait qu'il n'était pas capable d'agir de cette façon. Il serait vexé si cette fille n'était pas leur allié…si tant est qu'elle réapparaisse un jour.
« C'est quoi, ça ? » s'étonna la voix fluette de Rin.
Edgard redressa la tête, et remarqua que ses deux amis s'étaient arrêtés devant un étrange marais. Lexarian riait nerveusement, tandis que Rin ignorait toujours la suite des évènements.
« Un marais, Rin. » répondit Lexarian, comme si c'était évident.
« Merci, mais c'est prévu qu'on le traverse ? Vous ne m'en aviez pas parlé ? »
Le brun soupira, et estima qu'il était temps de parler du Zoolom à son amie.
« Un marais, et au bout, se trouve une grotte. Le problème, car il y en a un, c'est qu'un énorme serpent se balade dans ce marais. L'avantage, c'est que les chocobos courent plus vite que lui. »
Rin pâlit étrangement.
« Gros comment le serpent ?
-Un petit mètre cinquante, ne t'en fait pas. » répondit Lexarian, un large sourire aux lèvres.
« Ahhh… » laissa échapper Rin, rassurée. « J'avais un peu peur que ce soit un monstre ultra-surdimensionné. Quand tu vois la taille de certains piafs et autres monstres. »
La brunette reprit sa route, laissant les deux autres gars derrière elle. Lexarian se retenait de rire aux éclats, et Edgard se frappa le front avec la paume de sa main, légèrement fatigué des conneries incessantes des deux autres.
« Lex… » réprimanda-t-il.
« Eh ! J'ai pas menti ! » assura Lexarian, sans perdre son sourire. « J'ai juste omis de préciser qu'il s'agissait du diamètre, et non pas de la taille, nuance !
-Si elle crie, tu es responsable.
-Oui, patron ! »
Le petit groupe se remit en marche, traversant le marais de Midgard. Tout était calme. Il arrivait parfois que les trois jeunes gens croisent la route de quelques monstres, mais l'allure des chocobos les dissuadait de venir les attaquer. Lexarian risquait tous les cent mètres de tomber par terre, chose fort peu agréable étant donné que le sol était boueux désormais. Le jeune homme ne désirait nullement connaître la profondeur de la vase qui se trouvait sous les pieds de l'animal.
« Le marais est long ? » demanda finalement Rin.
« D'après ce que l'on a calculé, et la vitesse des chocobos, on devrait se retrouver de l'autre côté d'ici deux bonnes heures. » assura Edgard.
« Le temps nécessaire pour que Lexarian se retrouve au moins une fois le nez dans le marais, donc. » constata Rin.
« Sale PESTE ! » grogna Lexarian en se redressant brusquement de son chocobo.
Ce qui devait arriver arriva alors. Tandis que le sportif grognait, il perdit l'équilibre lors d'un bond de son chocobo, et glissa de la selle au ralentit, sur le côté gauche. Il allait proliférer un juron, lorsque Rin tenta de l'attraper en se plaçant à côté de lui.
Ce ne fut pas tant de l'attraper par son T-shirt qui fut difficile pour la jeune fille, mais plutôt de tenir sur la croupe de son chocobo, non sellé, tout en essayant de redresser son ami avant qu'il ne fasse un plongeon.
Edgard vit alors ses deux amis tomber la tête la première dans le marais, Rin suivant Lexarian dans sa chute pendant qu'elle essayait un acte héroïque raté. Les deux chocobos se stoppèrent net, et Edgard ne put s'empêcher de rire lorsque les frères siamois se redressèrent, couverts de vase, l'eau boueuse leur arrivant jusqu'aux mollets. Lexarian et Rin se jetèrent un coup d'œil commun, puis éclatèrent de rire à leurs tours.
« Tu verras ta tête ! » s'éclaffa Rin en pointa son ami du doigt.
« Et toi donc ! »
Bariolés de la tête aux pieds, les deux amis essayèrent tant bien de se décrasser.
« Il nous manquerait un peu d'eau. » remarqua Lexarian, en se secouant comme un prunier.
« Et on n'a pas. » rajouta Edgard.
« Eh ! Si ! Edgard, tu peux former un bloc de glace ? » s'exclama Rin.
« Et attendre qu'il fonde, peut-être ? » ironisa-t-il.
« Nop ! Absolument pas ! Fais ce que je te dis.
-Où ça ? » s'étonna Edgard, qui ne voyait pas où la brune voulait en venir.
« Au-dessus de Lexarian et moi ! »
L'anglais parut perplexe, mais obéit. Rin avait des idées tordues des fois. Un amont de glace se forma au-dessus de ses amis, et leur tomber dessus lorsqu'une forte déflagration fit fondre les petits cristaux de glace, pour créer une pluie fine et agréable. Rin avait utilisé sa propre matéria pour modifier la consistance de l'eau.
« Riche idée ! Et en plus elle est chaude. » applaudit Lexarian.
Ils recommencèrent de nombreuses fois, et les deux idiots furent de nouveau propres. Certes, un brin trempés, mais propre. Ils purent remonter sur leurs destriers, et espérèrent que le soleil jouerait en leur faveur pour sécher un peu.
Du moins pour Lexarian, car ce n'était pas vraiment la priorité de Rin, qui avait utilisé à nouveau son pouvoir pour former une petite boule de feu qui tourbillonnait autour d'elle et qui la réchauffait petit à petit. Elle tira la langue, telle une enfant, à son ami :
« C'est de ta faute si je suis tombée ! » grogna-t-elle.
« Et c'est de ta faute si je suis tombé à la base, ma chère amie. » répliqua Lexarian.
Rin bougonna cinq bonnes minutes, puis, lorsqu'elle estima que le châtiment fut assez long, fit tournoyer une nouvelle petite boule de feu autour de Lexarian, qui sécha à son tour.
Une bonne heure passa, tranquillement. Le soleil était haut dans le ciel, et le trio avançait doucement dans les marais. La boue était devenue plus liquide. La vase était recouverte d'une eau marécageuse. Au loin, une montagne se dessinait. Ils arriveraient bientôt à destination.
Edgard rêvait un peu, chose rare pour lui, qui était toujours très attentif, lorsqu'il fut réveillé par un grondement sourd. Il redressa la tête et jeta un coup d'œil aux deux autres. Rin s'était stoppée nette sur place et Lexarian, lui, semblait ignorer le grondement. Rin jeta un coup d'œil à Edgard, afin de s'assurer que le bruit venait de son imagination.
« Tu as entendu, toi aussi, n'est-ce pas ? » glapit-elle.
« Oui…
-Qu'est-ce qu'il y a ? » s'étonna Lexarian, qui était concentré sur son chocobo.
Edgard scruta les environs, légèrement inquiet. Le grondement retendit à nouveau, et cette fois-ci, il fut assez fort pour que le sportif y prenne garde.
« Ah…c'est pas bon ça. Je crois que l'on est bon pour le sprint. » fanfaronna-t-il.
« C'EST QUOI ? » cria la brune.
« Heuu..rien, le serpent dont je te parlais.
-Un serpent long de un mètre cinquante, qui fait se bruit là ? Tu te fous de… »
Elle n'eut pas vraiment le temps de finir sa phrase : à la gauche du trio, une ombre gigantesque glissait sous l'eau, et fondait droit vers eux. Sans prendre le temps de réfléchir, les trois amis lancèrent leurs chocobos à pleine vitesse, vers les montagnes.
« Run for your life ! » s'exclama Lexarian dans la langue natale d'Edgard.
Rin gueula pas moins de trois secondes plus tard, lorsqu'elle se rendit compte que la masse sombre les poursuivait.
« TU AURAIS PU ME DIRE QU'IL S'AGISSAIT DU DIAMETRE ! »
Lexarian ne répliqua pas, trouvant la situation beaucoup moins marrante qu'auparavant. Les bêtes s'affolaient sous les cavaliers, et le sportif espérait de tout cœur de ne pas tomber. La course dura dix bonnes minutes. Les chocobos étaient tout de même légèrement plus rapides que le monstre qui les poursuivait.
Du coin de l'œil, Edgard vit finalement l'énorme serpent bifurquer, abandonnant les proies un peu trop rapide. Le trio put enfin respirer, et diminua la cadence.
« Ouf… » laissa échapper Lexarian.
Rin se stoppa nette à nouveau sur place, à la grande surprise de tout le monde. Elle avait pali et aucun de ses deux amis ne comprenaient pourquoi.
« Rin ? » s'étonna Edgard.
« Qui vient de crier, à l'instant ? » demanda Rin, sur le qui vive.
« Personne, tu hallucines. » répondit Lexarian.
« Tu déconnes ? Y a une fille qui hurle ! » insista-t-elle.
Au même instant, l'immense serpent réapparut, mais non pas à côté du trio, mais beaucoup plus loin dans les marais. L'animal semblait essayer d'attraper quelque chose, en vain. Quelque chose…qui semblait invisible aux yeux de Rin, mais qui hurlait bel et bien.
Sans crier garde, Edgard fit demi-tour, se dirigeant droit vers l'immense animal, et Rin comprit alors.
« Qu'est-ce qui te prend, Ed ? Tu es malade ? » tonna Lexarian.
« C'est la fille ! La fille qu'on ne voit pas ! » expliqua Rin qui partit à son tour, sur les traces d'Edgard.
Lexarian fit de même, comprenant enfin le problème. Edgard était déjà près du Zoolom qui piquait de temps à autre vers quelque d'invisible, et qui semblait l'esquiver. Lorsque l'anglais arriva à son niveau, sa rapière à la main, le monstre se retourna vers lui, des crocs immenses à la gueule, trop content de trouver une autre cible. Le brun tressaillit lorsque la chose commença à piquer droit vers lui. Le monstre fut cependant arrêté en pleine action par une balle qui lui toucha le haut de la tête, ainsi que d'une boule de feu, suivit d'un éclair.
« Occupe-toi d'elle, si tu la voies ! » hurla Rin. « Nous on s'occupe de ce monstre. »
« Mais tu sais VRAIMENT viser ? » s'exclama Edgard avant de reporter son attention sur le combat.
« C'est pas le moment de s'occuper des détails ! »
Le serpent cracha, glissa légèrement en arrière : il paraissait furieux qu'un tel retournement de situation se produise. Il tourna autour des deux cavaliers qui utilisaient leurs pouvoirs pour le maintenir à distance. De son côté, Edgard, qui avait mis pied à terre (à l'eau plutôt, en l'occurrence). Lexarian crut rêver : son ami d'école supérieur navigua dans l'eau et attrapa une masse (quoique faible) invisible qui laissait d'étranges traces à la surface de l'eau. L'eau s'écartait légèrement, comme si quelqu'un s'y trouvait, mais ne formait pas non plus un trou béant. L'anglais attrapa ce que Lexarian estimait être la fille et l'étrange recouvrement à la surface du marais disparu.
Il fut rappelé à l'ordre par un coup de queue que son chocobo évita de justesse, en voulant s'enfuir. Il fit un quart de tour sans être prévenu, et failli perdre l'équilibre, jusqu'à ce qu'il se raccroche à l'encolure de l'oiseau géant avant de se redresser.
Pendant ce temps, Rin vidait le chargeur de son petit pistolet sur le serpent qui essayait de se rapprocher d'Edgard, qui rejoignait son chocobo tant bien que mal. Rin l'entendait prononcer quelques paroles rassurantes à ce qu'il tenait dans les bras.
Elle commençait à y croire à cette fille invisible. D'ailleurs, le serpent l'avait bien vu, lui.
Son chargeur fut rapidement vidé, et sans l'intervention de Lexarian et de quelques éclairs que l'animal semblait peu apprécier, elle se serait retrouvée dans une situation très inconfortable.
Edgard était remonté sur son chocobo, et le trio ne perdit pas de temps. Alors que des piques de glace filèrent vers le serpent géant, ils firent demi-tour et filèrent à nouveau vers les montagnes.
Sans grande surprise, ils ne furent pas suivis : le Zoolom avait sans doute déjà repéré une proie plus facile, bien que moins tendre. Les trois (ou peut-être quatre) trottèrent pendant un bon quart d'heure encore avant de s'arrêter, enfin, devant une immense montagne qui montait à pic. Sans un mot, ils cherchèrent la fameuse grotte de myrthil, qu'ils trouvèrent sans le moindre mal : l'endroit était signalisé par un autre Zoolom, empalé sur un arbre. Ils s'en écartèrent un peu, et descendirent enfin de leurs chocobos.
« Tout le monde va bien ? » demanda Lexarian.
« Je suis en un seul morceau. » répondit Rin, qui s'approcha d'Edgard.
« Moi aussi.
-Et elle ? » renchérit finalement le sportif, de nature curieuse.
Les trois amis s'étaient réunis quasiment en cercle. Edgard jeta un coup d'œil dans son dos, comme si quelqu'un se trouvait derrière et se cachait des deux autres.
« Plus de peur que de mal, je crois. Elle est un peu tâchée par la vase, et trempée, mais ça va. Je vais lui passer des vêtements. Rin, est-ce que tu peux m'aider à former de l'eau, comme tout à l'heure, pour qu'elle puisse se doucher ? »
Rin resta quelques instants silencieuse, les yeux rivés sur ce qu'elle estimait être l'endroit où se trouvait la fille. Elle s'approcha doucement d'elle, afin de ne pas l'effrayer et murmura :
« Tout va bien, calme toi. Je ne te ferai pas de mal. »
Elle estima être plus ou moins en face de la fille qu'elle ne voyait toujours pas. Elle jeta un coup d'œil à Edgard, qui lui, la voyait bel et bien.
« Elle est devant moi ? Elle n'a pas bougé ? »
Edgard confirma d'un signe de tête que la jeune femme était toujours là, sans pour autant comprendre où Rin voulait en venir. Ce qu'il découvrit quelques secondes plus tard, lorsque son amie avança une main vers le visage de la fille qu'il n'était sans doute pas censé voir.
Il comprit alors, avant même que Rin ne lui explique :
« Je ne la sens pas physiquement. Je ressens quelque chose, mais je ne la touche pas. Tandis que toi…Edgard, toi, tu l'as soulevée ! Tu la touches physiquement. C'est vraiment étrange »
Edgard acquiesça les propos de Rin. Ce fut au tour de Lexarian de soulever un autre phénomène étrange :
« Rin, tu entends cette fille ? Je veux dire, tu l'as entendu hurler tout à l'heure. Tu ne la vois pas, mais tu l'entends ? »
La brunette sursauta, surprise. Lexarian avait raison : elle avait entendu la fille hurler à pleins poumons, mais là, rien, le silence total. Elle se retourna vers la fille et lui demanda :
« Parle, pour voir ? Dis-moi ton nom. Je m'appelle Rin. »
Edgard fixa alternativement les deux filles, et en vint à la conclusion suivante : la fille que les autres ne voyaient pas avait essayé de communiquer, et Rin ne sembla pas s'en être rendue compte. Il était un peu déçu de ne pas avoir un moyen d'échanger avec elle.
« Je n'ai rien entendu. » grimaça Rin. « La pauvre…vue que par une seule personne et dans l'impossibilité de communiquer. Il faudrait au moins lui donner un nom, ne serait-ce que provisoire. Un nom qu'elle aime, évidemment. Disons que je me vois mal l'appeler la fille invisible à chaque fois. »
Les deux autres gars acquiescèrent, d'accord sur le principe. Edgard fit part de l'accord de la fille, qui avait apriori répondit d'un signe de tête affirmatif à la proposition.
« Je propose que nous l'appelions…Angie.
-Comme dans la musique ? » plaisanta Lexarian.
« Ca a l'air de lui plaire. » affirma Edgard.
« Et bien désormais, on sera quatre ! » s'exclama Rin.
Edgard se retourna vers la toute nouvellement dénommée Angie, puis, après quelques secondes, sourit et expliqua :
« Je crois qu'elle est plutôt d'accord sur le principe. Elle n'a pas l'air de vouloir se retrouver à nouveau seule devant une situation comme le Zoolom. En fait, elle est agrippée à moi, terrorisée, et elle acquiesce continuellement, au cas où on changerait d'avis. »
Lexarian pouffa de rire. La fille semblait rigolote, d'après la description d'Edgard. Il regrettait simplement de ne pas la voir, mais cela ne l'empêcha pas d'entonner la chanson des Rolling Stones avec un sourire.
Tout était décidé : même invisible, Angie ferait la route avec eux.
