Through the Looking Glass
Disclamer : Les personnages utilisés dans cette fanfiction sont la propriété de SquareSoft/Squarenix. Seuls les personnages de Rin, Lexarian, Edgard, Sirius et Angie m'appartiennent.
Merci à eux d'avoir crée des mondes et des personnages qui nous font rêver encore et encore, chaque jour, égaillant notre petit monde.
Cette fanfiction se déroule dans le monde de Final Fantasy septième du nom.
Je vous souhaite à présent une très bonne et agréable lecture, en espérant que cela vous plaise.
Chapitre Huit
L'air pollué de Junon
« Couleur de cheveux ?
-Châtain, légèrement roux.
-Petite, grande ?
-Plus grande que Rin.
-C'est pas compliqué ça…
-Oh la ferme, toi !
-Yeux ?
-Verts.
-Comme sa robe ?
-Oui.
-Mignonne ?
-Mais je t'en pose des questions moi ? Bordel ! » s'exclama soudain Edgard, tandis que le petit groupe traversait la grotte de mythril.
Cela faisait une demi-heure que Lexarian tannait son ami pour savoir à quoi pouvait bien ressembler la fille fantôme qui se baladait en leurs compagnies. Et comme Edgard n'était pas doté d'une patience infinie pour supporter Lexarian, il avait fini par craquer, hors de lui. Le sportif en abusait très fortement.
« Il faut bien admettre que c'est pratique aussi de savoir qui nous accompagne. Nous, on ne la voit pas. » remarqua Rin. « Mais Lexarian en profite aussi pour t'énerver. »
-Juste un peu. » ironisa le jeune homme.
Edgard prit son mal en patience et osa jeter un léger coup d'œil à ce que lui seul pouvait voir : Angie. La rouquine invisible suivait chacun de ses pas, les yeux rivés sur les parois colorées et lumineuses de la grotte. Il avait envie de lui poser beaucoup de questions, mais pour le moment, ils devaient avancer. La seule chose qu'il pouvait affirmer sur cette fille, c'était qu'elle ne savait sans doute pas ce qu'elle faisait là : pourtant, elle ne semblait pas plus surprise que cela des différents monstres qu'ils rencontraient sur leur route. Elle semblait désormais plus amusée et ravie de découvrir un monde, et Edgard était formel sur ce détail, qui lui était à la fois connu, mais aussi étranger.
Il cessa de la scruter : ce soir, il lui poserait toutes les questions qui lui passaient par la tête, et il serait fixé.
« Rin. » appela soudainement l'anglais, se rappelant d'un détail non négligeable.
« Oui ? » s'étonna celle-ci, tandis quelle venait cramer littéralement un monstre qui s'était approché un peu trop près du groupe.
« Il y a une chauve-souris mutante, là-haut, au bout de la grotte. Tu la vois ? »
Le groupe s'arrêta quelques secondes. A une cinquantaine de mètres se trouvait effectivement une grosse chauve-souris, comme ils en avaient rencontré plusieurs depuis qu'ils étaient rentrés dans la grotte de Mythril. Celle-ci se trouvait au –dessus d'une des sorties de la caverne, et il était évident qu'elle allait sauter sur le petit groupe dès qu'ils s'approcheraient davantage.
« Ouiiiii…. ? » affirma Rin, qui avait déjà compris où voulait en venir Edgard.
« Sors ton pistolet, et tue-la.
-C'est trop loin, je vais la rater. Déjà que je rate une cible à deux mètres de moi. » marmonna Rin, en esquivant le regard de l'anglais.
« Ne te fous pas de moi. Ca fait deux fois déjà que tu m'entourloupes.
-Heuu…jamais deux sans trois ? » tenta-t-elle.
« Exécute !
-Mais la pauvre bête !
-On la tuera de toute manière d'ici deux minutes, Rin. Ou alors on la laissera te sucer le sang. »
Rin soupira.
« Okai, j'ai compris. » maugréa-t-elle.
Elle sortit son petit pistolet de sa poche et visa droit sur le monstre. Il n'y eut besoin que d'un seul coup. La détonation retentit dans toute la grotte, faisant fuir d'autres monstres au passage. La cible, elle, s'écroula sur le sol. Edgard frémit sur place. C'était bien ce qu'il redoutait. Il échangea un regard avec Lexarian, et remarqua que celui-ci n'était pas plus étonné. Oui, évidemment, l'idiot : c'était évident que Lexarian était au courant des prouesses de Rin. Et puis, ce n'était pas comme si elle les avait prévenus depuis le départ !
Edgard se souvint soudain de la conversation sur les différentes qualités de chacun qui pouvaient être utiles dans cette histoire, et Rin avait effectivement stipulée qu'elle savait viser, ayant pratiquée des sports où cibler était nécessaire, mais il n'avait pas eu le fin mot de l'histoire, et en toute sincérité, il ne l'avait pas cru.
« Comment est-ce que tu as appris ça ? » s'étonna-t-il, à voix haute.
« Lexarian m'a appris à jouer au paintball et au Softball. » répondit-elle, un peu gênée.
« Elle faisait aussi du tir à l'arc avant, ce qui a pas mal aidé. » ajouta Lexarian. « Enfin, elle a toujours aimé ce genre de jeu, car on y passait toujours de bons moments. Mais Rin est quand même devenue très douée dans le rôle du sniper. Et elle est plus patiente que moi. De fil en aiguille, elle est devenue excellente.
-C'est à la fois impressionnant…et dérangeant. » avoua Edgard.
« Je te rappel, mon cher, que ce côté « dérangeant » t'a sauvé la vie pendant cette longue nuit à l'auberge. » plaisanta Lexarian.
Edgard allait acquiescer lorsqu'il arrêta son geste à mi-chemin, pour reporter son attention à sa droite. Il resta immobile quelques secondes, et répondit :
« Ah…oui. Il faudrait que l'on t'explique notre histoire, pour que tu comprennes. On verra tout ça ce soir, tranquillement.»
Nul doute qu'il parlait à Angie.
« Bon, mes lapins, on se bouge ? » rappela Lexarian.
Le petit groupe continua alors son escapade, non sans avoir oublié de frapper Lexarian suite à sa réflexion.
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« Ahhhhhhh…le bonheur, le calme…être assis. » s'exclama Rin, plusieurs heures plus tard, alors que le petit groupe s'asseyait autour d'un bon feu, tandis que la Lune faisait quelques brèves apparitions au travers des nuages.
Les garçons ne commentèrent pas, mais eux-mêmes étaient ravis de s'arrêter un peu. Marcher toute la journée sans s'arrêter n'était pas donné à tout le monde, sans oublier les combats perpétuels contre les résidents des plaines du monde où ils avaient atterri. Ils avaient fait connaissance avec des hiboux géants et d'autres monstres bizarroïdes. Les combattre ne posaient plus le moindre problème : Edgard excellait dans l'art de l'escrime, Lexarian faisait tournoyer sa lance, et ce, toujours au dernier moment avant que le monstre ne le touche, et Rin s'entraînait sans cesse avec sa matéria de feu afin de maîtriser celle-ci.
La brunette, qui avait justement troqué son arme à feu et sa matéria contre un tablier pour faire de la cuisine, servit trois petites assiettes, qui contenaient chacun un peu de viande marinée et quelques légumes frais. Trois seulement, car si les membres du groupe se révélaient effectivement être quatre, la fille invisible ne sembler pas avoir énormément faim.
Un silence s'imposa naturellement, lorsque la petite troupe commença à déguster le plat. Tous réfléchissaient à la même chose, sans oser commencer.
Lexarian fut le premier à abdiquer, bien trop impatient d'en connaître davantage sur la situation. Il avala quelques légumes, et demanda :
« Bon, alors, notre damoiselle ? »
Edgard se retourna vers la susnommée. Angie était assise en tailleur. Elle portait sur son dos l'un des pulls de l'anglais, même si elle semblait particulièrement s'accommoder du froid. Ses bouclettes, entre le châtain et le roux, tombaient sur ses épaules. Elle le regarda, de ses deux grands yeux verts, comme visiblement prête à répondre. La chose ne serait pas facile, n'étant pas dotée de parole, mais ils allaient au moins essayer.
« Comment t'es-tu retrouvée ici, Angie ? »
La rouquine haussa les épaules, réfléchit quelques instants, et finalement fit signe qu'elle avait sommeil, et mima le geste de dormir.
« Tu es fatiguée ? »
Elle dénia.
« Tu t'es endormie, et tu t'es retrouvée ici ? » corrigea-t-il, finalement.
Elle acquiesça. Elle ne semblait pas très sûre, mais c'était ce qu'elle croyait être le plus proche de la vérité. De leur côté, les deux autres suivaient la conversation, attentifs.
« Tu ressens le froid ? »
Elle fit signe que non.
« Tu as faim ? »
A nouveau un geste négatif. A croire que la jeune fille était à moitié dans ce monde, et à moitié dans un autre. Certains éléments la touchaient, les monstres la voyaient par exemple, mais elle restait invisible pour la plupart des humains, et ne ressentaient pas les éléments climatiques.
On débattit longtemps parmi le trio, cherchant la théorie la plus plausible, lorsqu'Edgard finit par trouver ce qui semblait s'approcher le plus de la vérité.
« Peut-être que…
-Hum ? » s'étonna Rin.
« Et bien, suivez mon raisonnement. Angie est à la fois présente, et non présente sur cette terre. Je pense qu'elle est effectivement liée à la rivière de la vie, et que seulement quelques êtres vivants, davantage liés à la rivière, peuvent la voir, ou quelque chose dans le genre. »
Rin haussa les épaules, car elle ne comprenait pas beaucoup cette rivière de la vie, et ce qu'elle était capable de faire. Les gens vivaient à l'intérieur ? Un autre monde ? Elle ne savait pas trop, et ne put affirmer l'hypothèse. Lexarian était plutôt d'accord, de son côté. Il devait forcément y avoir un lien avec une telle entité.
Les trois amis discutèrent de longues minutes avec la fille fantôme. Ils apprirent que celle-ci avait vingt-deux ans, qu'elle semblait connaître ce monde, mais ne l'avait jamais visité. (elle avait essayé de faire passer un message, mais personne ne réussit à le comprendre.)
Puis, trois tentes furent montées (Angie avait décidé de dormir avec Rin) et le groupe s'endormit enfin, sans réelle réponse sur le cas de la fantôme.
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« Junon ?
-Junon. » affirma Lexarian, tout en jouant avec son arme.
« Classe. » s'étonna la brunette du groupe qui découvrait le jeu au fur et à mesure de ses pas.
« Même pas pixélisé en plus. » plaisanta son meilleur ami.
« J'admets que ça un peu plus de classe que dans le jeu. » murmura Edgard, soufflé par la ville qui s'étalait devant ses yeux.
Trois jeunes gens (quatre en réalité, mais Angie n'était pas visible aux yeux des humains ordinaires) se tenaient debout devant l'entrée de la gigantesque ville portuaire qui bravait l'océan armée d'un canon. Un concentré de technologies très différent de Midgar. Tous fixaient la ville, émerveillés. Devant eux s'offraient des auberges aux lits douillets et des repas chauds. Les réjouissantes furent cependant de courte durée.
« Bon, c'est bien, on est à Junon, et maintenant ?
-On entre, on apprend dans combien temps va se passer la cérémonie de Rufus, ou si elle est déjà passée, on choppe une chambre dans une auberge, et on réfléchit. » proposa Edgard.
« Oui Chef ! » répondit aussitôt Lexarien avec un sourire. « Je m'en vais quérir de ce pas ces informations. »
Avant qu'aucun ne put dire quoi que ce soit, le sportif avait déjà disparut dans les ruelles délabrées de la ville basse. Edgard voulut le retenir, mais son ami d'école n'en fit qu'à sa tête. Une main se posa sur son épaule, pour le rassurer. Angie lui adressa un grand sourire, l'air de dire qu'il serait bientôt de retour.
« Comment fais-tu pour lui faire confiance, alors que tu le connais depuis si peu de temps. Même après trois ans d'école ensemble, je n'y arrive pas.
-C'est justement parce que tu as passé trois ans avec lui que tu ne lui fais pas confiance. » ironisa Rin, à ses côtés. « Si j'ai bien compris, il nous laisse trouver une auberge, c'est ça ? »
Les trois laissés pour compte entrèrent à leurs tours dans la ville basse. De nombreux soldats gardaient l'endroit. Si la cérémonie de Rufus n'avait pas eut lieue, elle devait tout juste être finie. L'un d'entre eux gardait toujours l'accès aux ascenseurs.
« Y a un moyen de grimper ? » demanda Rin, curieuse.
« Tu veux dire, outre les lignes à haute tension ? »
La brune s'arrêta sur place, l'air de lui dire qu'il était dingue, les yeux grands ouverts.
« Me regarde pas comme ça, c'est ce qu'a fait Cloud pour grimper.
-Ces types sont suicidaires. » maugréa la brune.
« C'est toi qui dit ça ? Tu les as bien suivis en moto sur l'autoroute à Midgar.
-J'avais pas vraiment le choix.
-Tu es beaucoup plus...téméraire que je ne le pensais. » admit l'anglais en toute honnêteté.
« Inconsciente était le mot que tu cherchais, non ?
-Non. Téméraire. Tu sais dans le sens tigerish en anglais. »
« Rash, tu veux dire. » rectifia la brunette.
« Tu es têtue. C'était un compliment. »
Rin ricana toute seule quelques instants, puis avança à grand pas faisant dos aux deux autres qui l'accompagnaient. Après avoir été distancé de quelques mètres, Edgard crut entendre un vague remerciement. Impossible de savoir s'il s'agissait de son imagination ou pas. Dans tous les cas, le petit groupe s'avança dans les ruelles désertes des bas quartiers, se rendant au-delà des quelques environnements du jeu. La partie pauvre était bien plus grande que prévue. Ils y errèrent une bonne heure avant de trouver une petite auberge abordable.
La nuit tombait déjà lorsque le groupe fut rejoint par Lexarian, qui leur annonça, non sans u n sourire, que la cérémonie avait lieue le lendemain, ainsi que diverses autres détails. Ils étaient légèrement en avance.
« On pourrait arriver avant eux à Costa Del Sol ? » proposa le châtain.
« Et te faire tuer par Sephiroth, mais oui, bien sûr ! » répliqua Edgard aussitôt.
« C'est toi qui voulait le sauver, non ? Et puis, Sephiroth ne débarque pas à Costal Del Sol, je te rappelle. Il disparait du paquebot où se trouveront Cloud et les autres. »
Il y eut une pose de quelques secondes pendant lesquelles Edgard avala les légumes qui se trouvaient dans son assiette. Il resta pensif, accroché à sa fourchette. La réflexion de son ami n'était pas idiote. Ils n'avaient rien à faire d'ici là. Ils pourraient profiter de ce monde, chercher des indices pour revenir chez eux, le tout, sans crainte d'être attaqués par Sephiroth. L'idée était bonne. Encore fallait-il qu'ils trouvent un bateau pour se rendre à la ville paradisiaque. Et une fois là bas ? Que ferait-il ? Etait-ce une bonne idée de s'éloigner de la tour Shin-Ra. Si la playstation était détruite, pourraient-ils trouver un moyen de rentrer chez eux ?
« On devrait se rendre à Canyon Cosmos, pour parler à Bugenhagen… » murmura Edgard, songeur.
« Tu crois qu'il en saurait plus ? » s'étonna Lexarian.
« Pourquoi pas. On pourrait trouver des indices dans les archives.
-Ce n'est pas bête.
-C'est qui ?
-Le sage de Canyon Cosmos. Une ville peuplée d'érudits, passionné par les anciens et la planète. Peut-être auront-ils entendus parler des autres mondes ? »
Lexarian approuva la proposition. A défaut de mieux, c'était la meilleure idée qu'ils avaient eue jusqu'à présent. Ils finirent de diner, et tous allèrent se coucher. Ils avaient demandé une chambre unique, composée de quatre lits. Comme toutes les nuits précédentes, Angie veillerait sur leur sommeil, étant incapable de fermer les yeux.
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Les draps étaient agréables. Cela faisait des nuits et des nuits qu'Edgard n'avait pas eu l'occasion de dormir aussi confortablement. La longue marche les avait fatigués. Rien n'était plus agréable qu'étendre ses jambes dans un lit confortable. Toute cette histoire le travaillait. Combien de temps allaient-ils survivre ? La solution de se cacher et de commencer une nouvelle vie ici était impensable : quand bien même ils se cacheraient, leur ennemi les retrouverait. Et Angie ? Qui était-elle ? D'où venait-elle ? Il avait bien des doutes, mais il les garda pour lui. Pour le moment la jeune fantôme souriait et les suivait sans broncher. Elle semblait ravie de découvrir ce monde en même temps qu'eux, même si elle semblait effrayée parfois.
Trop de choses se bousculaient dans la tête de l'anglais, qui remuait dans son sommeil.
Allaient-ils mourir ?
Cette idée le hantait. Il ne voulait pas mourir.
Comme prit d'un cauchemar, il se tourna et retourna dans son lit. Il n'arrivait plus à réfléchir correctement. Il sursauta lorsqu'une main se posa sur son visage. Encore à moitié endormi, le brun se redressa la main sur sa rapière. Sirius ? Non, la lune éclaira le visage d'Angie, penché au dessus de lui, inquiète. Il était fiévreux et haletant. La peur avait prit le dessus.
Elle hésita, puis posa à nouveau la main sur son visage pour le calmer. Edgard recula légèrement : c'était frais et agréable. Il avait déliré dans son sommeil.
« Pardon…je vais bien. » murmura l'anglais.
Quelle heure était-il ? La lune éclairait la pièce. Tôt, semblait-il. Ou tard. Tout n'était qu'une question de point de vue. Assise sur le rebord de son lit, Angie pointa du doigt le reste de la pièce, toujours aussi inquiète.
Sans comprendre, le jeune homme se retourna vers les lits de ses compagnons. Lexarian dormait profondément, toujours en dehors de ses draps, pour changer. Le dernier lit, qui devait contenir la brune, était cependant vide.
« Rin. » balbutia Edgard. « Où est-elle ? »
Angie pointa la porte de la chambre, signe qu'elle était partie. Aussitôt, Edgard sauta hors de son lit, et réveilla Lexarian en hurlant :
« Lexarian ! Où est Rin ? »
Le sportif mit du temps à émerger. Il jeta un coup d'œil tout autour de lui, sans comprendre.
« Qu'est-ce qu'il y a ?
-Rin ? Elle n'est plus là !
-Elle est partie aux toilettes ? » proposa Lexarian sans trop se bouger.
« Non, pas vraiment ! Remue-toi, il faut la trouver ! Si c'est ce type qui l'a…
-Angie t'a réveillée brutalement ou pas ?
-Non pourquoi ?
-Alors elle est sortie d'elle-même. Elle est partie faire un tour, elle va revenir.
-On ne va pas faire un tour tout seul en pleine nuit quand on risque de se faire tuer ! » répliqua Edgard.
« On parle de Rin. Quand elle ne se sent pas bien, elle va toujours faire un tour. »
Edgard tenta de se calmer. Certes, Lexarian connaissait Rin depuis bien plus longtemps que lui, mais cela ne changeait en rien les circonstances. Rin était seule, dehors, à la merci de tous les dangers. Sans chercher d'avantage à discuter, Edgard se rua jusqu'à la porte, qu'il ouvrit à la volée, avant de trébucher sur quelque chose, à peine sorti.
« Lex…j'ai besoin de toi… »
Il y eut un silence. Lexarian se redressa et accourut. Il trouva Edgard à moitié étalé par terre (retenu à temps par un ombre invisible qui devait être Angie), au dessus d'un autre corps, inconscient. Les cheveux détachés bruns de Rin s'étalaient sur le parquet du couloir de l'auberge, tel de l'eau qui s'enfuyait. Habillée d'un simple T-Shirt qui appartenait à Edgard, elle ne bougeait plus.
Sans rien dire, Lexarian attrapa la jeune fille dans ses bras. Ce ne fut qu'en la voyant portée par le sportif qu'Edgard se rendit compte que leur amie n'était vraiment pas très conséquente, voir fragile.
« Elle est… » commença Edgard.
« …malade. » finit Lexarian en l'allongeant dans son lit. « De la fièvre à priori.
-Elle aussi ? »
Lexarian était parti chercher de l'eau fraîche lorsque les paroles de l'anglais l'interloquèrent.
« Toi aussi tu es fiévreux ? » s'étonna Lex.
« Un peu.
-Vous avez dû chopper quelque chose. Tu es asthmatique ?
-Légèrement, oui, mais ça a tendance à disparaître depuis le temps.
-Pas la peine de chercher alors. C'est la pollution de la ville basse. Rin est asthmatique, et elle a toujours eu dû mal à s'habituer à ce genre de climat hostile à ses poumons. On ne devrait pas rester longtemps ici. Une nuit, et c'est tout. »
Edgard s'assit sur le lit de Lexarian, qui était le plus proche de celui de Rin, rassuré dans un sens. Lexarian resta un long moment aux côtés de son amie d'enfance. Edgard les fixa en silence. Rin semblait dormir, hantée par de mauvais rêves. Elle gémissait de temps à autres. Depuis qu'ils étaient là, elle n'avait jamais parût si faible.
« On avait pas pensé à ça. On pourrait aussi tomber malade à causes de maladies contre lesquels on n'est pas immunisés.
-C'est vrai. » confirma Lexarian.
« Tu la connais bien…. » murmura Edgard.
« Tu es jaloux ? » plaisanta le sportif.
« Je parlais sérieusement, Lex.
-Je t'ai déjà dis que cela fait plus de dix ans que je la supporte, cette gosse. »
Ils eurent tous les deux un sourire. Supporter était le mot.
« Je peux juste te dire que cette gosse cache beaucoup de chose. Dis-toi que tu ne sais rien d'elle. Un jour elle te parlera. Elle t'aime beaucoup, alors elle le fera. Laisse-lui juste un peu de temps. La seule chose que tu dois savoir sur elle, c'est qu'elle se débrouille toujours seule, même si on est à côté. Elle aime la solitude, et quand je te disais qu'elle disparaissait quand elle n'était pas bien, ce n'était pas une blague. Rin est comme ça. »
Pourquoi ? Edgard n'en saurait pas plus ce jour là.
« Et toi ? Tu es pareil ?
-Moi ? » s'esclaffa Lexarian. « Non. J'ai besoin des autres, je peux pas être tout seul. Si je mettais retrouvé là, dans ce monde, sans vous deux, je serai devenu dingue. »
Pour une rare fois, Lexarian avait parut sincère. A vrai dire, avec un peu de recul, il semblait plus franc que la jeune fille. Il ne montrait juste jamais son inquiétude, sauf lorsqu'il s'agissait de Rin. Il souriait, sournois, tel un renard. Mais il était sincère.
Rin était différente. Mais il les aimait tous les deux. Parce que, malgré leurs façons d'être, ils étaient toujours là, à le suivre, un grand sourire aux lèvres. S'il y a une chose qu'il savait à propos de Rin, c'était qu'ils étaient amis, et qu'ils se respectaient l'un l'autre.
Ils étaient ensembles, et tant que ça serait le cas, tout irait bien.
Lexarian décida de dormir aux côtés de Rin, pour s'assurer qu'elle ne s'éclipserait une nouvelle fois pendant la nuit. Edgard acquiesça et retourna dans son propre lit, pensif. A ses côtés, Angie lui souriait. Il lui rendit timidement son sourire.
« Merci, Angie. »
Puis elle sembla lui souhaiter une bonne nuit suite à une multitude de gestuelles pour se faire comprendre. Tout comme Rin, la rousse avait toujours un sourire, mais au fond de lui, Edgard avait l'impression que celui-ci respirait la sincérité. Depuis qu'il l'avait rencontré, la jeune fantôme avait partagé un nombre impressionnant d'expressions faciales, allant de la peur, la colère, la joie, jusqu'au calme. Bien plus que Rin depuis les trois ans qu'ils avaient partagé.
Deux femmes souriantes, mais différentes. Pourtant il les appréciait autant l'une que l'autre. Il ne savait pas pourquoi, et il n'avait jamais très bien compris les autres, aussi bien les femmes que les hommes.
Ce fut pensif que le brun se rendormit, quoique rassuré. Sa fièvre semblait s'être dissipée, et se fut des plus rapidement que Morphée vint pour l'emporter dans un sommeil lourd et protecteur.
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« AHHHHH ! Au viiiiiiiiool ! » cria une voix stridente dans la chambre d'auberge.
Lexarian, qui avait senti quelque chose bouger dans ses bras, ouvrit les yeux en sursaut. Quelque chose venait de lui briser les tympas, alors qu'il faisait un doux rêve dont la fin lui serait désormais inconnue. En quelques instants, il fit un rapport logique entre le cri, son réveil, les évènements de la veille, et la jeune femme brune qui se trouvait allongée dans ses bras, et qui essayait de s'échapper tant bien que mal. Il la regarda d'un œil désintéressé, comme s'il se réveillait juste, et se rallongea complètement sur elle, pour l'empêcher de s'échapper.
« Iiiiikkk ! Edgard, au secour ! » continua d'hurler la prisonnière. « Je veux pas tomber enceiiiiiinnnte !
-Lex, lâche là, je tiens à mes oreilles. » réprimanda la voix masculine du sérieux de service, qui n'était vraiment pas du matin.
Lexarian obéit alors, un large sourire aux lèvres, laissant s'échapper une jeune fille en t-shirt bien trop grand pour elle qui jouait la comédie. C'était signe que tout allait bien. Il s'étira de tout son long, à nouveau tributaire d'un lit entier, et resta quelques instants à commater sur ce dernier. Le soleil s'infiltrait dans les volets, les rappelant l'heure qu'il devait être, et une vague musique entraînante se murmurait au loin. Le sportif eut un sourire, tandis qu'il devinait une brune en train de sauter sur un lit voisin, ainsi que quelques gémissements plaintifs du propriétaire du dit lit.
« Oh pitié, Rin. » maugréa Edgard au loin.
« Debout ! Debout ! C'est la fête dehors ! »
Les yeux fermés, Lexarian entendit un vague « Paf » d'oreiller, suivit d'un « Meh, euuhh ! » plaintif. La pression qu'ils avaient eut sur leurs épaules ces derniers jours semblait s'être envolée. Il attrapa son propre oreiller, et se redressa pour le lancer envers son amie, qui ne s'y attendait pas. Manquant de tomber du lit qu'elle squattait, elle prit un air faussement outrée, avant de sauter de ce dernier, armée du projectil qu'elle venait de recevoir en pleine tête, pour se lancer dans la bataille. Ils se chamaillèrent quelques bonnes minutes, pendant qu'Edgard se réveillait totalement, discutant avec Angie qui ne pouvait pas répondre.
Les enfants finirent par se calmer et tous descendirent prendre leur petit déjeuner en bas.
Une nouvelle journée dans ce monde étrange commençait, et ils savaient désormais où ils se rendaient.
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Dans la ville qui battait son plein, un homme leva les yeux vers le bleu du ciel. Ses cheveux bruns s'envolèrent en bataille à cause d'une houle qui s'abattait sur le remblai de Junon. Tout bougeait autour de lui, lui qui semblait vivre au ralenti : des enfants qui jouaient, des hommes qui défilaient, des femmes qui criaient de joie. Cela allait et venait dans tous les sens.
Les humains étaient si fragiles. Si éphémères. Il devait les protéger.
Mais pour les protéger…
…il devait tuer.
