NA: récapitulons: les inspecteurs, Mü et Aldébaran, paniquent quand ils entendent que Kanon Stathopoulos, psychopathe de profession, s'est évadé de l'asile. De l'autre côté, Kanon et Rhadamanthe font 'connaissance'.
Chapitre 3: L'enquète commence.
La directrice de l'hôpital psychiatrique de St-Patrick est franchement à la limite de la crise de nerfs à l'arrivée des inspecteurs. Elle rejete vite ses longs cheveux couleur lavande en arrière et ajuste son tailleur avant de s'avancer vers la porte d'entrée pour aller acceuillir les deux hommes. Ils marchent d'un pas décisif et adoptent un air déterminé. Le torse bombé en avant, le dos droit et la ligne qui va du menton au cou parallèle avec le sol, Aldébaran Cavalcanti doit loucher vers le bas pour maintenir sa posture et regarder la femme hystérique dans les yeux, car, admettons-le, elle est bien un mètre plus petite que son interlocuteur.
"Messieurs les inspecteurs, heureusement vous avez pû venir ici aussi vite. C'est tout simplement terrible, terrible!" s'exclame-t-elle.
"Calmez-vous, madame, enfin, l'hystérie n'aidera en rien la situation." lui dit Mü, l'inspecteur calme aux cheveux pâles et roux.
"Oui, je suis désolé. C'est juste que... c'est la première fois que ça arrive dans cet établissement. J'ai une réputation à défendre."
"Mettons nous au travail le plus vite possible madame, c'est la seule chose qui pourra améliorer la situation."
"Oui, suivez-moi, je vous montrerai la salle de surveillance vidéo."
Elle les guide à travers les couloirs pour arriver dans une petite chambre pas très propre, avec un bureau derrière lequel est assis un petit monsieur, du nom de Zélos, qui travaille ici depuis vingts ans.
"Ah oui, c'est vous les policiers-"
"Inspecteurs." commente Mü.
"Oui, les inspecteurs. C'est terrible, ce qui s'est passé, terrible..."
"Oui, bon." interrompt Mü à nouveau.
"Montrez nous plutôt le moment où il s'évade. Vous l'avez sur vidéo?" demande son collègue brazilien.
"Non... On n'a pas le moment exact. Je vais vous montrer." leur dit Zélos en insérant une cassette vidéo dans le lecteur de cassettes. "Vous voyez, ici, on voit le garde tourner à droite, vers l'autre couloir. Et ... ici, on voit que le patient revient d'ou était parti le garde, pour tourner à gauche et continuer plus loin. Si on ne regarde pas attentivement, on pourrait croire que c'est le garde qui revinet sur ses pas."
"Et on a aucune image de son évasion de sa cellulle? Aucune du garde qui se fait attaquer?"
"Non. On a juste cette caméra parce qu'elle surveille le local ou on garde les médicaments."
"Vous en avez une de sa sortie de du bâtiment?"
"Ça oui, on peut le distinguer." dit Zélos en changeant de cassette. "On le voit ici, accompagné d'un visiteur."
"C'est Mr. Smith, un journaliste qui venait pour une interview." explique la directrice.
"Vous le connaissez? Vous lui avez parlé?"
"Ma foi, non, mais j'ai autorisé son interview avec un de mes psychiatres."
"Allons l'interroger, Mme Kido."
Refocalisons-nous sur l'appartement de Milo Gatakis: y sont installés plus ou moins comfortablement Milo et Camus, dans une chaleur équivalente à celle d'une forêt tropicale.
"Commençons." dit l'homme aux cheveux rouges et sombres, appuyant sur le bouton 'rec' de son magnétophone.
"C'est toi qui dois d'abord poser une question."
"Merci, Milo. Je suis au courant." réplique Camus avec un petit sourire.
"Bon, j'enlève mon t-shirt, il fait vraiment trop chaud ici." dit l'écrivain qui ne portait qu'un short et un t-shirt. Et maintenant plus qu'un short. On se croirait à la plage. "Ça ne te dérange pas, j'espère?"
"Euh... Non. C'est vrai qu'il fait chaud ici."
"Ouais, je ne comprends pas comment tu peux survivre, avec ta chemise, ton t-shirt, ton pantalon, te chaussures, tes chaussettes. Déjà moi je crève de chaud, et je suis à moitié à poil!"
"En effet. Eh bien, je ne me suis toujours pas écroulé d'hyperthermie, donc ça devrait aller."
"Enfin, enlève au moins tes chaussures. T'es vraiment tout rouge, tu vas finir par tomber dans les pommes."
"Bon, c'est peut-être un bonne idée." s'execute Camus.
"Alors, l'interview. Vas-y, pose ta question."
"Bien, ma question est: qu'est-ce qui t'a inspiré pour écrire ton livre?"
"Heu... Je crois que j'ai eu un rêve, il y a quelques années, qui a donné une histoire. Elle était nulle. Et je ne savais pas encore bien écrire à l'époque. Mais au fil du temps, l'histoire a changé, et tout d'un coup, une nouvelle histoire a apparu, inspirée vaguement de l'ancienne. C'est comme ça pour beaucoup d'histoires: elles vivent dans ma tête, parfois oubliées pendant des mois, des années, mais se transformant lentement. Et, sous le coup d'une idée qui rend l'histoire logique ou intéressante, l'histoire devient un livre possible."
"Donc tu as encore beaucoup de livres dans ton esprit?"
"Je ne dirais pas tout à fait des livres, mais au moins un amas énorme d'histoires, et quand même quelques livres. La différence que je veux souligner entre un livre et une histoire, c'est qu'une histoire peut être incroyablement courte. Elle peut parfois se résumer en une seule idée. Les livres sont une combinaison des plusieurs histoires, et parfois même un nombre surréaliste d'histoires. Je crois que beaucoup de mauvais livres ou de mauvais films manquent de qualité parce qu'ils ne comportent pas assez d'histoires, pas assez d'idées et racontent trop lentement un concept trop simple."
"Est-ce que tu pourrais donner quelques exemples de livres qui comportent assez d'histoires pour êtres intéressants?"
"Euh. Non, Camus, je n'ai pas envie de citer d'autres livres, d'autres auteurs."
"Ok, c'est pas grave. Passons à la question suivante: tu m'as dit plus tôt ce jour que tu ne t'es pas inspiré de ta propre vie pour écrire ce livre."
"En effet."
"Alors, t'es tu inspiré de la vie d'autres personnes pour l'écrire? Tu ne dois pas donner de noms si tu ne veux pas."
"En quelque sorte, je ne peux pas répondre 'non' à ta question. Tout m'inspire. Tous les gens que je rencontre dans la rue, au supermarché, mes amis, ma famille, tous me donnent des idées. Lire des livres ou lire le journal m'inspire. De même pour les encyclopédies, le théâtre et même la musique. Mais mon cerveau fait des recombinaisons de ce que j'observe. Je ne prends pas plein d'éléments d'une seule personne, je rassemble des éléments et pour finir je les combine pour créer un livre ou un personnage."
"Donc tous ceux que tu rencontres ont une possibilité d'apparaître dans un de tes livres, transformés en quelqu'un d'autre?"
"Qui sait, j'écrirai peut-être un livre sur toi."
"Ha." sourit Camus. "J'espère que non. Je ne me supporterais sûrement pas."
"Je te décrirais comme je te vois personnellement. Je suis sûr que tu te trouverais superbe si tu te verrais à travers mes yeux."
"Merci." dit Camus, rougissant encore.
"Je ne te dis que la vérité."
"Encore une question: est-ce que tu fais la même chose avec toi-même? Tu mets des petits bouts de ta personalité dans tes personnages?"
"Je crois que oui. On ne peux pas écrire quelque chose correctement sans pouvoir s'imaginer comment c'est de le ressentir."
"Milo, ton livre parle de torture, d'abus et de violence. Tu veux dire que tu peux t'imaginer ce qu'on devrait ressentir quand on inflige des choses pareilles? Quand les subit?"
"Pour ton magazine, je te réponds que je peux essayer de le comprendre, mais que je ne peut pas les ressentir moi-même. Mais je veux être honnête avec toi, Camus, je peux très facilement ressentir tout ça. Je dois d'ailleurs réguler fortement mes émotions, parce que je me perds parfois dans des états d'âme dans lesquels je ne veux pas rester. J'oublie souvent qui je suis vraiment, car quand je ressens quelque chose, c'est tellement fort, que je n'arrive presque plus à m'imaginer qu'il peut exister autre chose que cet instant."
"Incroyable. Et ça change souvent, tes états d'âmes? Ou tu y restes pendant des jours?"
"Des jours?" s'exclame Milo. "Le plus long, c'est une heure ou deux, la plupart durent des minutes. Mais ça ne veux pas dire que je ne suis pas fonctionnel. C'est juste que j'oublie parfois de voir le monde ou n'importe quoi d'autre que mes émotions ou mes pensées. Je rêve beaucoup quand je suis réveillé."
"Et c'est quoi comme émotions, d'habitude?"
"Souvent c'est juste que je suis heureux à tel point que j'ai du mal à retenir mon sourire ou des larmes de joie. Et je suis un peu hystérique ou je trouve tout trop marrant. Et puis... parfois, je suis énervé. Et c'est trop fort, à ce moment. Je dois garder mon calme, je dois m'éloigner des gens pour ne pas les frapper, parce que tout me tape sur les nerfs. Question de compenser le bonheur, je suppose."
"Et c'est ton état naturel, ça? Pas seulement dans certains cas?"
"Oui, c'est toujours comme ça. Oh, il y a des moments calmes aussi. Souvent quand je suis trop occuppé à faire quelque chose."
"Ce n'est pas causé par des médicaments ou autre chose?"
"Je ne prends pas de médicaments. Ni de drogue, si c'est ce que tu veux savoir."
"C'est surprenant. Personnellement, j'ai du mal à sentir des émotions. Je ne suis pas quelqu'un de très chaleureux ou émotif."
"Ah, tu ne sais pas ce que tu rates, mon ami. Bon, j'en deviens presque fou par moments, mais c'est chouette pour le reste."
Dans un autre quartier, dans une petite chambre orangée, deux hommes sont paisiblement enlacés sur le lit. Ils n'ont pas pu se détacher l'un de l'autre après l'extase. Ils se trouvent en face à face, Kanon étant couché contre le torse de son amant, qui entoure ses épaules de ses bras musclés et qui a posé son menton sur ses cheveux bleus. Les mains de Kanon se rejoignent derrière le dos du blond pour le garder près de lui.
"Tu n'appelleras pas les flics si je me repose?" demande Kanon, d'une voix endormie.
"Non, je ne les appellerai pas. Comment tu veux que je leur explique notre situation? Dors, Kanon, tu es crevé." lui murmure Rhadamanthe.
Aussi bien Kanon a commencé par être maître de la situation, aussi bien Rhadamanthe l'a manipulé calmement et patiemment jusqu'à obtenir tout le contrôle que Kanon détenait, et sa confiance avec ça. Il ne va quand même pas se faire intimider par un vulgaire échappé de l'asile, s'est d'abord dit le journaliste, en sachant qu'il y aurait un moyen de s'échapper. Il y en a toujours, avec les gens assez fous pour enlever la seule personne qui pourrait être facilement retrouvée par la police. Les gens assez fous pour enfoncer leur flingue dans le pantalon des autres. Mais plus il a écouté Kanon, moins il a voulu le rendre à la police et plus il a voulu écouter ce qu'il avait à dire. Plus il veut l'aider. Son frère à l'air complètement détraqué, et puis toute cette histoire avec leur père... Il ne peut quand même pas renvoyer quelqu'un qui a autant souffert et qui a peut-être été enfermé sans raison valable (Kanon est excentrique et bizarre, mais pas fou à lier).
Puis soyons honnêtes, Kanon n'est pas seulement attendrissant, il est extrêmement séduisant. Il ne peut quand même passer à côté d'un homme pareil? Surtout la découverte de Rhadamanthe que Kanon n'est pas si difficile à soumettre, ni même si réticent, l'a convaincu de ne pas appeler la police. L'homme aux cheveux bleus l'a aisément laissé le dominer, perdu dans son désir et sa frustration. Sa légere impatience désespérée, ses regards suppliants, sa façon de mordre ses lèvres, … Oui, Rhadamanthe est complètement fasciné par l'homme qui partage son lit, et qui, à présent, dort profondément dans ses bras.
"Misty, il y a des inspecteurs de la police qui veulent t'interroger à propos de Mr. Smith." explique la jeune femme aux cheveux lavandes.
"Ah? Puis-je en savoir la raison?" demande un jeune homme aux cheveux bouclés bruns clair et mi-longs. Il est très féminin, mais c'est indubitablement un homme. Ses épaules ne sont pas délicates, sa taille ne se courbe pas vers l'interieur de son corps et son visage, bien que d'une beauté frappante, est trop angulaire et trop prononcé pour être celui d'une femme.
"Oui monsieur, mais laissez-nous vous poser quelques questions d'abord." dit Aldébaran, se décoiffant de son chapeau.
L'homme aquiesce d'un mouvement de tête. Il réajuste la veste de son costume noir et s'assied plus comfortablement.
"Quelle était votre impression de Mr. Smith?" demande le l'inspecteur tibétain.
"C'est un journaliste comme un autre, il remplissait une enquête chez quelques patients pour pouvoir publier une étude dans son magazine scientifique. Il était un peu excentrique et légèrement fasciné par les histoires sombres que par d'autres, mais ça ne le rend pas très hors du commun."
"Est-ce qu'il vous a posé des questions sur d'autres patients que ceux qu'il devait enquêter?"
"Non. Il n'était pas tout à fait intéressé et il m'a dit que ce n'était pas la première interview de ce type qu'il a fait."
"Vous a-t-il posé des question sur l'établissement, sur les membres du personnel?"
"Inspecteur, nous n'avons parlé que de son étude et des patients schizophrènes que je traite. Il ne m'a posé aucune question étrange et ne m'a pas paru différent d'autres journalistes que j'ai rencontré dans le passé. S'il vous plaît, soyez assez aimables de me dire pourquoi vous me posez toutes ces questions."
"Nous ne savons pas encore si c'est important ou pas, mais on a vu cet homme sortir de l'hôpital en même temps que l'évadé, Kanon Stathopoulos. Nous ne connaissons pas encore son implication, ou l'absence de celle-ci, dans l'évasion du patient."
"Je suis désolé, je ne peux pas vous aider à ce sujet. Je vous ai dit toutes mes impressions, mais je ne pense pas qu'elles vous aideront beaucoup. Mais si ce n'est pas la première interview qu'il fait dans une clinique psychiatrique, ça vaut peut-être le coup de vérifier si il y a eu des événements suspects accompagnant sa venue dans les autres cliniques?"
"Nous vous remercions pour votre temps, monsieur. Et pour l'information." dit Mü. "Bonne journée encore."
"Au revoir." leur lance Misty, souriant.
Une fois de retour dans la voiture d'Aldébaran, les inspecteurs se mettent en route pour retourner au commissariat.
"On appelle le magazine pour lequel travaille Smith?" demande le roux.
"À cette heure-ci? Il seront déjà rentrés chez eux. Mais appelle Seiya ou Jabu pour leur demander l'adresse de ce Smith. On va faire un petit tour par son domicile. Si c'est vraiment un accomplice de Stathopoulos, on trouvera des indices là-bas."
Le son de quelqu'un qui frappe à la porte réveille Rhadamanthe de sa somnolence. Il se lève lentement, enfile son caleçon et un t-shirt qui traîne par là et se dirige vers la porte. En passant par le salon, il prend vite l'uniforme de garde et le jete à la poubelle, au cas où. Il s'applaudit mentalement pour cette action quand il ouvre à deux hommes en impers et chapeaux beiges, lui montrant leur enseigne de police.
"Bonjour, je suis l'inspecteur Aldébaran Cavalcanti. Est-ce qu'on pourrait venir jeter un coup d'oeuil à l'intérieur?"
"Euh c'est à quel sujet?" demande Rhadamanthe.
"On pourrait mieux en parler à l'intérieur."
"Vous ne devez pas avoir une autorisation officielle pour chercher l'appartement?"
"En effet."
"Non pouvons aussi vous emmener au commissariat si vous préférez aller éclaircir les choses là-bas et attendre qu'on ait l'autorisation officielle." spécifie Mü.
"Écoutez, monsieur, on ne va pas vous retourner l'appartement de fond en comlble, on veut juste vous parler et vérifier s'il n'y a rien de suspect." dit Aldébaran.
"Bon, ça va, entrez."
Rhadamanthe laisse entrer les flics et se dit intérieurement: 'Meeerde, pourquoi j'ai pas réveillé Kanon? Pourquoi on est resté ici comme des cons?'.
"Je vais vite me changer. J'étais en train de dormir, alors..." dit Rhadamanthe, se dirigeant vers la chambre à coucher.
"Faites donc. On va regarder ici." dit Mü.
Rhadamanthe s'efforce de ne pas se dépêcher. Il entre dans sa chambre, la ferme derrière lui... et constate que Kanon a disparu. 'Mais merde, où il est passé? On est au huitième, il a quand même pas pu sortir par... Non, les fenêtres sont fermées. Putain, j'espère qu'il ne se fera pas trouver par les flics.' Il ouvre la fenêtre pour aérer un peu, met vite un pantalon et un pull et retourne voir les inspecteurs. Qui sont juste devant la porte.
"On peut regarder ici?" demande Aldébaran.
"Bon, d'accord." répond le journaliste.
Après avoir regardé dans sa garde-robe, sous son lit et par la fenêtre, les inspecteurs se font à l'idée que le journaliste n'abrite peut-être pas de fugitif ici. Ce serait vraiment trop con de sa part, vu qu'il a été capturé sur caméra avec le patient et qu'on le connaît à l'hôpital.
"On peut peut-être s'asseoir un instant pour vous poser quelques questions?" propose le Brézilien.
"Oui." dit Rhadamanthe, en se dirigeant vers la cuisine. "Alors, pourquoi êtes-vous ici?"
"Mr. Smith, connaissez-vous un homme du nom de Kanon Stathopoulos?"
"Je ne crois pas, non." dit-il, en faisant semblant de réfléchir un peu.
"Quand vous êtes sorti de l'hôpital psychiatrique de St-Patrick aujourd'hui vers cinq heures, vous étiez accompagné de quelqu'un?"
"Euh, je crois que... il y avait un garde qui m'a montré la sortie parce que je m'étais perdu."
"Il n'a rien dit de bizarre, il ne vous a pas suivi?"
"Non, enfin, il avait un sens de l'humour tordu, mais c'est normal pour les gens qui travaillent avec des fous, non? Il est sorti de l'hôpital en même temps que moi, puis on s'est dit au revoir et je suis rentré chez moi."
"Merci de votre coopération, Mr. Smith. C'est possible que ne revenions plus tard pour vous demander des spécifications." dit Mü, concluant l'interrogatoire.
"De rien. Au revoir."
De retour à la voiture, les inspecteurs prennent la route pour aller au commissariat.
"Tu crois qu'il a quelque chose à voir avec l'évasion de Stathopoulos?" demande Aldébaran à son collègue.
"Je crois en tout cas qu'il n'était pas seul dans cette chambre, en se fiant à l'odeur de sexe qui la remplissait." repond Mü.
"Oui, je l'avais remarqué. Mais on ne peut pas être certain que ce soit Stathopoulos."
"Non, mais si c'est le cas, ça veut dire qu'il est beaucoup plus proche de Stathopoulos qu'on ne croyait. Ce qui serait une très mauvaise nouvelle pour nous. Il a toujours travaillé seul, si il se met à élargir ses effectifs..."
"Putain, ça va encore nous faire des heures supp', je le sens."
"Essayons déjà de savoir qui est ce Rhadamanthe Smith, exactement. On a pas beaucoup d'indices pour le reste."
"Il m'avait l'air de nous cacher quelque chose, en tout cas."
Arrivés au commissariat:
"Seiya, Jabu, où êtes-vous les Japonais?" crie Aldébaran.
"Ici, Mr. Cavalcanti." répond Seiya.
"Recherche-moi tout ce qu'on peut trouver sur Rhadamanthe Smith, je veux savoir s'il a un casier, je veux une liste de tous ses domiciles, de toutes les écoles qu'il a fréquentées, de ses jobs, bref, le paquet. Et regardez-moi sa page facebook, aussi. Je veux savoir s'il est lié à Stathopoulos d'une manière ou d'une autre."
"Tout de suite, monsieur."
Le géant et l'homme calme s'asseyent à côté du petit Japonais, occuppé à rechercher tout ça sur l'ordinateur.
"Voyons voir... Rhadamanthe Smith, né le 30 octobre 1990 à Faeroese, en Angleterre, où il a vécu jusqu'à ses 18 ans. Les parents ont un casier pour manifestations violentes, surtout liées à l'écologie, et vandalisme d'un tracteur qui allait enlever une partie de forêt."
"Ah, ces hippies, franchement. Quelle violence pour des pacifistes." dit Aldébaran.
"Il a fait des études de psychologie ici, à Londres, et s'est installé dans l'appartement où il vit toujours il y a six ans, en 2007. Il a fini ses études l'année passée et travaille pour un magazine scientifique populaire. Pas de casier judiciare. Il n'a pas fréquenté les mêmes écoles ou la même université que Stathopoulos. Pas de lien apparent. Et sa page facebook, la voilà."
"Elle ne nous sert pas à grand chose, il n'y a que trois photos et il est presque complètement inactif." dit Mü.
"Merci, Seiya. Tu peux rentrer chez toi, il est déjà six heures et demie. Va voir ta famille." dit Aldébaran.
"Merci, monsieur. Bonne soirée."
"On va manger quelque chose avant de continuer? J'ai une de ces faims." dit Mü.
"Superbe idée!" dit Aldébaran, déjà plus joyeux qu'avant à l'idée de pouvoir enfin manger. "On devrait juste avertir le technicien qu'on aura besoin d'accéder au caméras aux alentours de l'hôpital et de l'appartement de Smith."
Justement, à l'appartement de Rhadamanthe Smith, le journaliste est en train de paniquer un peu à cause de tous les risques que Kanon a pris en le ramenant ici.
"Ça va, ils sont partis?"
"AAAH!" crie le blond.
"Mais tais-toi, tu vas alerter les voisins!" lui dit Kanon.
"Comment tu as fait pour ne pas te faire voir par ces deux fouilleurs?"
"Ben c'est très simple." dit Kanon. "Je me suis caché dans ton frigo."
Rhadamanthe ne sait pas trop quoi répondre. 'Il est complètement déjanté, ce type'.
"Heureusement que tu ne leur as rien proposé à boire. J'étais un peu nerveux quand vous vous étiez assis dans la cuisine." lui dit Kanon, souriant.
'Pourquoi suis-je tombé sur un homme aussi beau que fou?' se lamente le journaliste intérieurement.
