Through the Looking Glass
Disclamer : Les personnages utilisés dans cette fanfiction sont la propriété de SquareSoft/Squarenix. Seuls les personnages de Rin, Lexarian, Edgard, Sirius et Angie m'appartiennent.
Merci à eux d'avoir crée des mondes et des personnages qui nous font rêver encore et encore, chaque jour, égaillant notre petit monde.
Cette fanfiction se déroule dans le monde de Final Fantasy septième du nom.
Je vous souhaite à présent une très bonne et agréable lecture, en espérant que cela vous plaise.
Chapitre Dix
Le désarroi d'Edgard
La douleur. Sensation unique en son genre. Cela tirait aussi bien les muscles, les brûlait, effaçait parfois même leurs présences. Mais cela n'agissait pas que sur ces derniers : le cerveau souffrait, le cœur, l'inconscient comme le conscient. Tout était insupportable.
Mais le pire, c'était réellement le cœur : il avait mal. Tellement mal. Il revoyait sans cesse la scène, immuable, où la rousse se débattait devant lui, pour l'aider, et l'instant où la dague s'abattait sur sa poitrine, sans le moindre remord.
Les cheveux roux se mélangeaient à la couleur du sang, et finalement disparaissaient.
Il tremblait. Il avait tellement mal.
Il avait promis de la protéger. Il avait promis qu'il ne lui arriverait jamais rien.
Fantôme, vivante, ou quoiqu'elle était, il s'en fichait.
Angie ne pleura plus.
Angie ne sourira plus.
Angie ne se fâchera plus.
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Le réveil fut ce qu'il y avait de plus dur. Revenir à la réalité, accepter la situation, ressentir toute la douleur qui le transperçait de part en part.
Lorsqu'il ouvrit ses deux yeux bleus comme le ciel, tout était noir. Quelques rayons de lune traversaient timidement ce qu'il devina être un hublot. Son monde, déjà bien flou, se floua davantage lorsque des larmes apparurent dans le coin de ses yeux. Tout revenait. Les images, la douleur. Tout.
Son ventre le tiraillait dans tous les sens. Il avait la nausée, et ne désirait qu'une chose : disparaître.
Doucement, il se redressa. Tout était calme. Seuls les bruits de moteurs résonnaient. Il était sur le petit bateau de croisière. Les deux autres étaient arrivés, il s'en souvenait, lorsqu'il avait perdu conscience. Ils avaient dû faire fuir cet homme dénué de sentiment, et lui, ils avaient dû l'emmené, comme prévu, sur le navire.
Il pleura à chaudes larmes pendant un petit moment. Il ne s'en remettait pas.
« An…gie… »
Lui qui se croyait fort, il se rendait compte qu'il n'était rien. Il n'était qu'un être humain, qui n'avait jamais affronté de difficultés dans sa vie. Il n'avait jamais été triste. Pas comme ça. Il tremblait devant son incompétence.
« Ed ? » murmura une voix à demi-endormie.
L'anglais tressaillit sur place, en essuyant ses larmes d'un revers de main. Vaguement, il reconnut les formes de son amie brune qui était assise sur une chaise, près du lit. Elle se redressa, et lui attrapa la main. Il la rejeta aussitôt, tremblant.
« Ed, calme-toi. Tout va bien. Tu es en sécurité.»
Il ne parvint pas à parler. Ce n'était pas de la peur, ce qu'il ressentait. Il voulait lui dire, la prévenir, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Rin s'assit sur le bord du lit, à ses côtés.
« Il faut que tu reposes encore, Edgard. Lexarian et moi, on veille sur toi.
-..Angie… » murmura l'anglais, la gorge serrée.
« Ed…
-ANGIE EST MORTE ! » hurla-t-il soudain, hors de lui.
Il se prit la tête entre les mains, malade. Il n'arrivait pas à y croire. Il tremblait comme une feuille. Il ne savait plus très bien si c'était la tristesse, ou la frustration, ou encore la colère qui l'animait, mais lorsque Rin posa une main sur son épaule pour le calmer, il la rejeta de toutes ses forces.
« Ed, Angie est…
-CE TYPE LA TUEE !
- Calme-toi, Ed ! »
Mais rien ne le calmait. Il hurla de toutes ses forces, craquant émotionnellement. Il en avait marre. Il voulait que tout ce cauchemar se termine, qu'il rentre chez lui ou bien qu'il meure. Il ne voulait plus faire face à ce type, ou si un jour il le revoyait, ce serait pour lui faire payer son geste.
« Comment veux-tu…vivre… » commença-t-il, dans un sanglot.
Sans avoir le temps de comprendre, il se fit violemment plaquer sur le dos, rappelant les douleurs qui lui lacéraient le ventre. Rin venait de sauter à moitié sur le lit, à moitié sur lui, hors d'elle.
« TU TE CALMES, BORDEL ! PREMIEREMENT, QUAND ON PERD DES GENS, ON VIT AVEC ! C'EST COMME CA ! ET DEUXIEMENT ANGIE NE PEUT PAS ETRE MORTE !
-ELLE EST MORTE DEVANT MES YEUX ! TU NE L'AS PAS VUE !
-JE NE L'AI PAS VUE, MAIS JE L'AI ENTENDUE CRIER DE DOULEUR, FIGURE TOI ! ET JE MAINTIENS QU'ANGIE EST VIVANTE ! TU VAS M'ECOUTER, BON SANG ? ANGIE VA REVENIR, EDGARD !
-JE TE DIS QU'ELLE EST MORTE !
-ANGIE ETAIT EN TRAIN DE REVER ! ANGIE EST HUMAINE, COMME TOI ET MOI ! ANGIE ETAIT SIMPLEMENT EN TRAIN DE REVER, DANS SON LIT, DE TOUT CE QU'IL SE PASSAIT ! ANGIE S'EST JUSTE REVEILLEE ! ANGIE VA REVENIR ! »
Edgard, qui cherchait à se débattre, se stoppa net. Il tremblait toujours autant. Rin souffla un coup, épuisée d'avoir retenu le jeune homme qui se débattait de tout son soûl.
« Angie…rêvait ? » murmura-t-il, sans comprendre.
« Angie est une humaine de la Terre qui s'est endormie dans son lit et qui s'est téléportée immatériellement dans ce monde, et qui a commencé à nous suivre. La première fois qu'elle t'a rencontrée, elle a été surprise, et elle a fini par se réveiller. Rappelle-toi, elle avait disparu. Puis elle est réapparue deux jours plus tard. Selon le cycle du sommeil, où cinq minutes de réel sont égales à une heure de rêve, cela concorde : elle avait du se réveiller en sursaut, puis s'est rendormie et nous a rejoint à nouveau. Sirius l'a dit : on s'est téléporté corporellement, et on n'en comprenait pas pourquoi une telle distinction. Je pense que lorsque l'on rêve, on fait la même chose, mais on n'influe pas de la même manière, donc ce n'est pas interdit par leurs lois à la con ! »
Rin reprit son souffle. Edgard ne pipa pas un seul mot, en essayant de comprendre l'ampleur du raisonnement.
Quelques larmes coulèrent à nouveau, puis il se laissa tomber entièrement contre le lit, et ferma inconsciemment les yeux.
Tout concordait. Même hypothétique, la réflexion de Rin était parfaite. Tout coïncidait : le comportement d'Angie, les réflexions de Sirius à propos de celle-ci, pourquoi il l'aurait tuée alors qu'il se fichait de sa présence.
Hypothétique, mais il voulait y croire.
Il voulait croire qu'Angie était encore vivante quelque part.
En un instant la fatigue et la douleur l'emporta dans un sommeil sans rêve.
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Rin resta un bout de temps, à quatre pattes au dessus d'Edgard, qui s'était rendormi, la conscience plus tranquille. Elle soupira, gênée. Ce n'était pas à elle de faire des leçons sur la vie et la mort, mais il était vrai qu'elle avait au moins le privilège de connaître le destin d'Angie.
Elle se retira, rassurée. Au même moment, la porte de la chambre s'ouvrit, laissant entrer la lumière du couloir. L'ombre de Lexarian se trouvait à l'entrebail. Il était trois heures du matin, et il était en caleçon.
« Quel réveil. » plaisanta-t-il.
Rin attrapa ses quelques affaires, et vint le rejoindre, laissant l'anglais se reposer.
« Un thé ? » proposa-t-il.
« Ouaip. Avec plaisir. Un café ?
-Pas avant de me rendormir. »
Ils s'assirent tous les deux autour de la table de la cuisine. Rin avait les traits tirés. Lexarian savait qu'elle avait passé son temps à soigner son ami. Elle avait pleuré, mais n'avait rien dit. Inlassablement, elle s'occupait de leur ami commun.
« Tu devrais dormir. Cela fait quatre jours, déjà. Tu ne t'es pas beaucoup reposée. »
Elle acquiesça. Edgard s'était réveillé pour une première fois. C'était bon signe.
Lexarian posa une tasse de thé devant la demoiselle, qui but en silence.
« Dis… » murmura Lexarian, songeur.
« Hum ?
-L'histoire au sujet d'Angie… »
Rin but sans rien dire. Elle esquiva les yeux de son ami d'enfance.
« C'est vrai ?
-Oui. A cent pour cent. Je n'ai pas menti.
-Tu es sûre de ce que tu as avancé ?
-A cent pour cent.
-Comment peux-tu en être certaine ? »
Rin eut un soupir. Lexarian avait bien compris qu'elle cachait quelque chose depuis le départ. Quand Rin ne le regardait pas dans les yeux, c'était qu'elle mentait.
« Ne le dis pas à Edgard, mais…j'ai menti au sujet d'Angie, et le fait que je ne l'entendais pas. Quand Angie parlait, je l'entendais toujours. Je me suis dis que ça serait sympa qu'Edgard soit le seul interlocuteur avec elle, qu'il fasse un peu connaissance avec une fille normale. »
Lexarian faillit s'écrouler de sa chaise, lorsqu'il entendit la vérité. Rin semblait gênée. Elle n'avait pas pensé à mal. Il riait comme un gosse.
« Vous avez discuté, du coup ?
-Quand vous dormiez, dans la tente, oui. Je n'ai pas menti non plus pour son nom. Elle s'appelle Angèle. Lorsque je lui ai donné le nom d'Angie, elle a comprit que je l'entendais, mais que je ne voulais rien dire. Elle m'a racontée qu'elle était contente d'arriver dans le monde de son jeu favori, mais qu'elle avait du mal avec les créatures grandeur nature, comme le zoolom. Elle m'a dit aussi qu'elle dormait, et qu'elle rêvait. Ce n'est pas qu'une théorie, ce que j'ai sorti à Edgard. Il le verra peut-être comme ça, mais c'est la réalité. Angie n'est pas morte. »
Le sportif était plié de rire. Tout était bien qui finissait bien. Pour le moment, du moins.
« C'est comme ça que tu as su qu'Edgard était attaqué. Tu as entendu Angie crier.
-Ouais, et elle a une putain de voix. » plaisanta Rin. « Elle a…sauvé Edgard… »
Lexarian passa une main dans la chevelure brune dans la demoiselle.
« On ne va pas mourir, Rin. Ne t'en fais pas. On va s'en sortir. » murmura-t-il.
Des larmes coulèrent lentement sur les joues de la jeune fille. Lexarian la serra dans ses bras, et lui proposa de prendre un peu de sommeil. Elle acquiesça sans rechigner.
« Et sinon, tu veux toujours pas me dire pourquoi tu as un costume de soldat de la Shin-Ra dans ton sac ? C'est pour du cosplay, avoue ?
-Tu veux mon poing dans la figure ?
-Non merci.
-Alors, shut up.
-Tu veux dormir avec moi cette nuit ? »
Il y eut une pause. Rin releva la tête vers son ami d'enfance, tandis qu'elle se trouvait devant la porte de sa chambre. Elle hésita un moment, puis acquiesça timidement. Lexarian l'attrapa par la main et l'embarqua, non sans un sourire, jusqu'à sa propre chambre.
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Lorsqu'Edgard rouvrit à nouveau les yeux, il faisait jour.
Ses doigts cherchèrent à tâtons ses lunettes, qui se trouvaient sur une petite table de nuit. Le soleil perçait à travers le hublot, et il découvrit une petite chambre de croisière, avec un lit, un bureau, aux murs peints avec de nombreuses couleurs chaudes.
Il s'inspecta : son ventre tirait toujours un peu, il était en caleçon, et les autres blessures s'étaient refermées. Ce n'était pas si catastrophique que prévu. Les deux frères siamois avaient fait du bon boulot, semblait-il.
« Angie…elle est vivante. Elle est forcément vivante. La théorie de Rin est parfaite. »
Il voulait y croire. S'il n'y croyait pas, il savait qu'il re-sombrerait dans un état lamentable, de toute manière. Autant y croire. Il voulait qu'elle soit vivante.
Doucement, il se leva, et se dirigea vers une petite alcôve qui donnait sur la salle de bain. Il prit une douche bien fraîche, pour se remettre les idées en place, et jeta un coup d'œil à son reflet dans le miroir. Il y avait une petite marque dans le cou : un coup de dague.
« Edgard ? » appela la voix de Lexarian dans la chambre.
« Je suis là. »
Il s'habilla rapidement d'un jean propre qu'il avait trouvé là et d'une chemise blanche, puis ressortit de la salle de bain. Son ami l'attendait, étendu sur le lit, un large sourire aux lèvres.
« Bien dormi ?
-Très drôle, Lex. » soupira Edgard en s'étirant de tout son long.
« Tu vas bien ?
-Mal au ventre. Ca passera.
-Je t'aurai pensé plus énervé que ça, en toute honnêteté. Faim ?
-Ouais. Très faim.
-Rin a fait des muffins aux fruits rouges, aujourd'hui. »
Edgard esquissa un sourire. Les gâteaux de Rin. Rien de tel pour commencer la journée. Il suivit Lexarian dans les couloirs du petit navire de croisière. Il y avait pas mal de chambres. Une dizaine en tout. Petit, mais agréable. Un petit hôtel sur l'eau. Il comprenait mieux le prix.
Il y avait trois personnes en tout sur le navire, en plus d'eux : le marin, un commandant en second qui tournait avec le premier pour naviguer et dormir, et enfin un cuisinier. Trois vieux gars qui avaient dû prendre la mer plus d'une fois ensemble. Ils croisèrent le cuisinier, en se rendant à la salle à manger.
« La gamine a encore emprunté mon four. » grommela-t-il en se rendant à ses quartiers.
Lexarian pouffa de rire, et même Edgard ne put s'empêcher d'esquisser un sourire. Ils retrouvèrent la brune un couloir plus loin, dans la dite salle à manger. Ses yeux s'agrandirent en apercevant Edgard, et s'empressa de lui apporter un plateau qui contenait douze muffins.
« Salut, vieille branche ! Tu as le droit à deux muffins ! »
Les garçons attrapèrent la nourriture qui leur était dû, et la jeune fille partit faire le tour des cabines, pour une distribution générale. Edgard et Lexarian s'assirent autour d'une grande table centrale. L'anglais ne dit pas grand-chose. Il avait du mal à reprendre une vie courante, et Lexarian comprenait très bien.
Edgard croqua l'un des deux muffins qu'il avait en main, et savoura le délice que la brune avait préparé. Un bon gout de fruit, tout en étant léger. Il aimait la cuisine de Rin.
Ses yeux se portèrent au centre de la table. Une série de gâteaux se trouvait aligné, deux par deux. Il y avait des cookies, d'autres muffins aux gouts divers (Ed en devina quelques uns, comme pomme et d'autres aux chocolats), des parts de brownies et tant d'autres.
Quatorze au total.
« Ces quoi tout ceux là ? » demanda-t-il finalement, curieux.
« Ah… » commença Lexarian, gêné. « Tes parts des jours précédents. »
Edgard se stoppa en pleine bouchée. Lexarian ne semblait pas plaisanter.
« Sept…
-Huit, avec aujourd'hui. » rectifia Lexarian. « Et tu penses bien que j'avais interdiction de toucher à tes parts. »
Edgard eut un nouveau sourire. Ces deux là s'étaient occupés de lui pendant tant de temps. Il se leva à moitié, mais Lexarian l'arrêta :
« Tu la remercieras quand elle reviendra. Elle doit être en train d'essuyer quelques larmes, actuellement.
-Elle pleure ?
-Plus souvent que tu ne le penses. Elle est contente que tu te sois à nouveau réveillé.
-Merci à vous deux.
-Désolé d'être arrivé en retard. » rectifia Lexarian.
Edgard ne dit rien, et mangea tranquillement le petit morceau de bonheur qui se trouvait entre ses mains. Finalement, il se trouvait très chanceux. Ces deux là ne le laisseront jamais tomber, quelque soit les circonstances.
S'ils étaient toujours ensemble, tout irait bien.
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« LA PLAGE ! LE SOLEIL ! » hurla une brune complètement excitée.
« Rin, on est pas ici pour faire du tourisme. » rappela Edgard, tandis que son amie s'était arrêtée sur la jetée du port de Costa Del Sol.
Lexarian descendit les dernières affaires du ponton du navire qui venait d'amarrer dans la ville paradisiaque. Le vieux loup de mer qui les avait conduit l'aidait à tout descendre.
« Vous allez faire quoi, maintenant, les gamins ? » demanda-t-il, curieux.
« Un petit tour vers Canyon Cosmos. » répondit Edgard.
« Faites attention à vous. Vous devriez louer un buggy, à Costa, et longer le désert pour vous rendre là-bas. Ca sera plus agréable pour vous.
-C'est une bonne idée. » admit l'anglais, en attrapant quelques affaires, lui aussi.
« Et prenez soin de vous, cette fois-ci. »
Edgard posa l'un de ses sacs sur le sol, et redressa la tête vers l'homme. Il le regardait avec un sourire de vieux gars qui en avait vu dans sa vie, lui aussi. C'était quelqu'un de bien. Edgard le savait.
« …merci, Monsieur. On va essayer. »
Ils firent leurs adieux, et le trio quitta les quais pour se rendre dans la ville de sable. Il faisait chaud, et de nombreuses personnes se baladaient en maillot de bain, leurs surfs sous les bras. Rin et Lexarian avaient l'habitude, étant originaire de la côte, mais Edgard n'avait eu peu d'occasion de se prélasser à ce genre d'endroit.
Ils marchaient à la recherche d'un loueur de buggy, comme conseillé, lorsque Lexarian mit une main sur l'épaule d'Edgard, pour le stopper, tandis que Rin continuait tranquillement son chemin, cherchant de tous les côtés une pancarte qui pourrait les aider.
« Ca va, le ventre ? » demanda le sportif.
« Tu es inquiet ? » plaisanta Edgard.
« Moi ? Inquiet ? Jamais.
-Je vais bien. Ca tire toujours un peu, de temps en temps.
-C'est bien. »
Le sportif lança une petite tape amicale dans le dos de l'anglais, et reprit sa route. Plus loin, Rin se retourna, toute contente, et hurla :
« Ehh ! On mange une glace ? »
Edgard leva les yeux au ciel.
« Tu n'es pas sérieuse ?
-Si. Je veux une glace : c'est froid, et il fait chaud. Le mieux, c'est les glaces menthe-chocolat : fraîche, ça fait du bien à l'organisme, et en plus, y a du chocolat pour le moral.
-C'est quoi cette excu… » commença Edgard.
Puis il comprit, et ne finit pas sa phrase. Tout comme Lexarian, Rin s'inquiétait toujours pour lui.
« Va pour une glace. Tu devrais en manger aussi, Rin. »
La brune courrait déjà vers un glacier qui avait son stand non loin, lorsqu'elle se retourna, surprise par la dernière remarque d'Edgard, les yeux grands ouverts. Elle eut un sourire timide, légèrement gênée, et reprit sa route.
L'anglais resta planté avec Lexarian.
« J'ai dis quoi ?
-Tu l'as comprise. Elle a été étonnée. Elle est contente, dans un sens.
-C'est la première fois que je la vois gênée.
-Elle est mignonne, hein, quand elle rougit ? » plaisanta Lexarian en la rejoignant.
Edgard haussa les épaules et parla à lui-même, car le sportif était déjà loin :
« Lex, sérieusement, parfois, lorsque je t'entends, j'ai l'impression que tu es dingue de cette fille. »
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« Et sinon…qu'est-ce vous faites ? » murmura une voix masculine légèrement dépitée dans le dos de trois geeks en puissance.
Cloud Strife, meneur du célèbre groupe d'AVALANCHE, fraîchement arrivé à Costa Del Sol via un cargo de la Shin-Ra, venait de longer la plage, pendant que les membres de son groupe prenait du repos, après quelques péripéties tumultueuses s'étant déroulées un jour plus tôt. A son grand étonnement, il avait surpris trois jeunes gens, âgés d'une vingtaine d'années. Le plus costaud des trois était en short de bain rouge, étendu sur un transat, des lunettes sur le nez et ses cheveux châtains aux reflets blonds trempés car il devait s'être baigné quelques minutes auparavant. Il tenait une glace menthe-chocolat dans les mains, et la dégustait sous le soleil paradisiaque, tout en pianotant sur une tablette tactile dernier cri, pour regarder les locations de buggy. La fille, aux longs cheveux bruns ondulés, était habillée d'un bikini deux pièces noirs, Elle aussi mangeait une glace, allongée sur un transat, un pc sur une petite table à côté d'elle, en train de pianoter tranquillement des lignes bizarres dans un langage informatique. Le plus sérieux des trois faisait quant à lui des comptes sur un petit PHS de poche, pour s'assurer que le groupe n'oubliait rien, habillé d'un short de bain bleu/vert et d'une chemise noire ouverte sur tout le devant, une glace dans sa main gauche. Toutes leurs affaires étaient plantées dans le sable, à côté d'eux trois.
Est-ce que ces trois là se rendaient-ils compte que toutes les personnes sur la plage les fixaient, ébahis par la scène ? Non seulement parce que ils étaient tape à l'œil (le premier des gars avait un corps d'athlète malgré un sourire truandesque, le second était grand et élancé bien que pâle et balafré à l'abdomen, et la fille, même petite comme une gamine, était bien proportionnée et avait un visage d'ange), mais en plus leurs comportements n'avaient rien à voir avec des personnes en vacances ou en train de profiter de la plage.
Cloud se demanda même s'ils venaient bien du même monde.
Le brun mit du temps à se détacher de son gadget, et jeta un œil à l'ex-vrai-faux-soldat de première classe, étonné par sa présence.
« Salut, Cloud. La traversée s'est bien passée ?
-Sephiroth était à bord du cargo que nous avons emprunté. » répondit nonchalamment le blond, en s'asseyant aux côtés de ses trois zozios sortis de nulle part.
« Pas trop de casse ?
-Si, quelques marins du cargo, mais nous ça va. Nous avons affronté une forme de Jenova. Et vous ? Votre balade jusqu'ici n'a pas été de tout repos non plus, on dirait. »
Le blond montra les balafres de l'anglais, qui esquissa une grimace mal dissimulée.
« Heu ouais…y a un type qui veut notre peau. » répondit Rin, qui mangeait sa glace, sans quitter des yeux son ordinateur.
« Pour quelle raison ?
-Oh tu sais, on a pas toujours fait des choses qui ont plu à tout le monde. On est des…
-…pirates ? » finit Cloud, avec un sourire.
« Informaticiens. » rectifia Rin. « On avait juste besoin de deux trois choses à la Shin-Ra. C'était un cas exceptionnel d'extrême urgence.
-Les informaticiens communs ne se font pas poursuivre sans raison.
-Les barmans et les marchandes de fleurs non plus. » plaisanta Lexarian.
« Certes. » admit le soldat. « Vous allez où comme ça ?
-Canyon Cosmos.
-Nos chemins se croiseront à nouveau.
-Plus que tu ne le penses. » admit Edgard.
L'ex-soldat les salua, et quitta la plage, pour continuer son petit bout de chemin, en murmurant :
« Y a un terme, pour les gens comme vous…
-Geeks ! » répondirent les trois jeunes gens, d'un parfait accord, avant de retourner sur leurs bijoux de technologies qui venaient d'un autre monde, leurs glaces quasi-terminées à la main.
Cloud haussa les épaules, avec un sourire non dissimulé, en retournant vers la place centrale de la ville balnéaire, afin de retrouver ses compagnons, qu'il trouvait finalement un peu plus normaux que les hurluberlus qu'il venait de croiser.
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Loin, très loin de la plage de Costa Del Sol, et même de la planète où trois étrangers déambulaient, à demi-conscients des dangers qui les poursuivaient, une jeune fille aux cheveux roux se redressa dans son lit, le corps en sueur, les larmes aux yeux. Une odeur de sang et de mort rodait dans sa petite chambre d'étudiante. Avait-elle crié pendant ce long rêve qui venait de tourner au cauchemar ?
« Angèle ? » appela la voix de sa colocataire à la porte de sa chambre. « Y a un problème ?
-…non…ça va… » murmura la voix de la rousse. « Il est quelle heure ?
- Huit heures. On a cours dans une heure. Et il a encore neigé. »
La rouquine se redressa jusqu'à sa fenêtre, hagarde, pour vérifier la véracité des propos de son amie. En ouvrant les volets, elle constata que oui. Elle baissa les yeux jusqu'à son corps.
Sur elle, elle portait une petite jupe verte et un T-shirt blanc, qui était actuellement à la mode à Junon…
