Voilà donc le chapitre 3, bonne lecture. :)

Chapitre 3 :

Quand Juliette se présenta, Lucy éclata de rire, s'attirant une remarque cinglante du professeur et le regard intrigué de sa voisine. La jeune brune se calma aussitôt, mais gardait un sourire nerveux. Dès sa première heure de cours, elle se faisait remarquer. Mais cela avait été plus fort qu'elle.

« Bien-sûr ! Et tu vas me dire aussi que tu es l'héritière d'un homme riche ennemi avec une famille appelée les Montaigu. Oh et tant qu'à faire tu es tombé amoureuse d'un des leurs ! »

Juliette ouvrit la bouche, arborant un air perplexe. Ses sourcils étaient légèrement froncés, elle semblait confuse.

« Je suis effectivement la fille de quelqu'un d'important, un des conseillers les plus proches du maire. Et ma famille est, en effet, ennemie avec celle des Montaigu. Cependant, jamais je ne serai amoureuse de l'un d'eux ! »

La jeune fille grimaça, avant de secouer vivement la tête, laissant Lucy bouche-bée. La brune pensa d'abord que sa nouvelle amie se moquait d'elle mais au fond d'elle, elle sentait que Juliette ne mentait pas. C'était un pressentiment qui l'étonnait, mais Lucy en était sûre. Cela était donc une bien étrange coïncidence. Un instant, Lucy se demanda si elle ne rêvait pas, si à ses côtés se trouvait en fait la Juliette Capulet de Shakespeare. La sonnerie la sortit de ses pensées saugrenues. Bien sûr que c'était impossible ! Le personnage du grand auteur était fictif. Troublée, Lucy suivit sa nouvelle amie dans les couloirs, désormais pleins, du lycée. Soudain, elle sentit Juliette lui agripper le bras, ce qui la fit sursauter. Elle regarda son amie d'un air interrogateur.

« C'est l'heure du déjeuner. Je te conseille de venir avec moi, car certaines personnes pourraient…Disons essayer de te provoquer, lâcha la jeune blonde en entraînant sa protégée dans l'immense cafétéria.

-Qui ça ? Les deux pimbêches de tout à l'heure ? Demanda-t-elle en arquant un sourcil.

- Pas seulement. Les Montaigu, je veux dire. Depuis aussi longtemps que je me souvienne, il n'y a jamais eu de nouveaux élèves sans clan à Vérone. Tu as donc été mise dans une classe au hasard, une Capulet. Donc tu es leur ennemie…

- Hum, tout cela est quand même étrange. Peux-tu me dire d'où viennent toutes ces querelles ? »

Juliette sembla ailleurs durant quelques secondes, comme si elle cherchait une réponse à cette question qui paraissait simple, mais dont l'explication était bien compliquée. Elle ne dit rien durant un moment, se contentant de se frayer un chemin parmi la horde d'élèves affamés, attrapant deux plateaux au passage, avant d'en donner un à Lucy. La jeune Capulet finit par soupirer doucement, tout en regardant les mets que le menu proposait aujourd'hui.

« Je ne peux malheureusement pas te répondre. Ces guerres de familles remontent à loin et sont compliqués. Je peux seulement te dire que toute la ville est bien impliquée dans cette histoire, autant nous que les adultes. Certaines issues furent graves, soupira Juliette, il y a eût des morts, des blessés…

- Je trouve cela stupide, déclara Lucy sans se soucier du fait que certains puissent l'entendre. »

Sa remarque fit sourire Juliette, qui était entièrement d'accord avec la jeune brune. Enfin, les deux amies allèrent se poser à une table vide. Quelques minutes plus tard, un jeune homme se joignit à elles. Celui-ci déposa un baiser sur la joue de Juliette, avant de s'asseoir à ses côtés. Lucy le reconnut immédiatement, quand elle l'avait vu pour la première fois, elle avait pensé qui la regardait, alors qu'en vérité celui-ci ne semblait d'yeux que pour Juliette.

D'ailleurs, celle-ci salua son ami, avant de regarder Lucy.

« Lucy, je te présente mon cousin, Tybalt. »

La jeune fille manqua de s'étouffer avec son eau. Elle toussa pendant plusieurs secondes, sous le regard inquiet de son amie. A peine remise, Lucy observait le dénommé Tybalt. Elle était livide. Trop de coïncidences en une seule journée. Elle avait déjà lu la pièce de théâtre, ayant dût l'étudier en classe. Et là, elle rencontrait des personnes aux mêmes noms, à la même histoire. Quoique, Juliette ne semblait pas être éprise d'un Roméo Montaigu, en vue de ses paroles prononcés tout à l'heure. Lucy déglutit légèrement, avant d'hocher la tête afin de saluer le fameux cousin.

« Sinon, Tybalt, commença Juliette, tu n'as pas eu d'ennui ? Demanda la jeune fille d'un air légèrement inquiet, connaissant le plaisir qu'avait son cousin pour provoquer l'autre clan.

- Aucun. Pourquoi en aurais-je ? Ces Montaigu sont stupides, je suis plus fort qu'eux, ne t'en fais pas pour moi cousine.

- Pourtant, tu as bien finis à l'hôpital la dernière fois, lâcha Juliette d'un ton sec.

- C'était différent ! Ils étaient à deux contre moi. Je haï ce Benvolio et son ami… Ils me le paieront, marmonna Tybalt en baissant les yeux.

- Non ! Tu ne feras rien. Je n'ai pas envie que tu finisses encore en prison ! »

Lucy s'était arrêtée de suivre la dispute des deux cousins depuis quelques secondes. Cette fois, s'en était trop. Le visage de l'adolescente avait viré à un blanc affreux. Elle se leva, chancelante. Une goutte de sueur dégringola le long de son dos. Puis, sa vision devint de plus en plus floue. Ses oreilles se mirent à bourdonner férocement, tellement que Lucy eût l'impression qu'un essaim d'abeilles s'était réfugié au creux de son oreille. Le brouhaha de la cafétéria semblait bien loin.

Quelques secondes plus tard, Lucy se sentit vaciller, puis, se fût le noir total.

Fin du troisième chapitre.

Donc Lucy commence vraiment à trouver toute cette histoire étrange...

Ce qui est plutôt normal, non ?

Bientôt le quatrième chapitre. :)

Bonne soirée ...