Rating : M pour violence
Genre : Drame (malheurs qui arrivent faute de l'homme, rien de prédestiné, pas d'instance supérieur qui décide); horreur (violences, fic "noire", meurtres) mystère (il en faut toujours) presque Death-fic...
Disclaimer : Tout appartient à JKR sauf Narcisse et Carole qui sont à moi. Les paroles de chansons sont de Eths pour Holocauste en trois temps (métal français)et de Danakil pour Résistance (reggea).
Avertissement : Torture "légèrement" détaillée dans ce chapitre. Ron Weasley OOC. Le style change complètement par rapport au prologue qui était un article.
(blablabla italique parenthèses) pensées des personnages
gras italique paroles de chansons
bonne lecture !
Le Crâne Corbeau
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« Mais mon cœur est trop bête et ma gorge serrée, Ravale par avance les innombrables mots, Les amours les tempêtes dans mon âme de grenier, Où viennent en silence mourir les oiseaux » La fille d'Octobre
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Chapitre 1 : Holocauste en trois temps
« Balayant les membres amants, ces corps maigres affamés
Préféraient la douleur à la mort »
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Holocauste en trois temps... Eths...
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Un matin. Calme, comme les autres.
Rien ne le distingue d'un autre début de journée pour le moment. Le soleil se lève tranquillement sur le Sud de Londres. Les doux rayons éclairent peu à peu la surface limpide de la vaste étendue aqueuse. Ils traversent lentement le dense feuillage des arbres alentours et illuminent un vieux banc en bois qui n'est plus utilisé. Banc ensevelit peu à peu par le lierre et dont le verni s'écaille par couches d'usure.
Rien ne bouge.
La nature est dans un état de semi-éveil. Quelques oiseaux chantent, faisant résonner leurs notes pures dans l'air du parc endormi. Si peu sont réveillés à cette heure matinale, si peu surprennent l'émergence de la nature. Et si peu, encore, réalisent ce qu'ils manquent.
Ils préfèrent profiter de la chaleur d'une maison, d'un corps, d'une main ou d'une simple couette. Ils préfèrent le béton, le fer, la pollution de la ville et dénigrent la douceur d'un écosystème s'éveillant lentement.
Seules les personnes ne possédant rien de tout cela, ne connaissant pas cet amour partagé peuvent profiter de cette heure. Heure où la mort partielle devient vie.
Ce matin là, comme tous les autres, le parc est presque désert. Son silence parfois entrecoupé par les pas rapides d'individus prenant un raccourci dans le parc. Aucun ne s'intéresse au spectacle se déroulant. Aucun n'admire les reflets bleus, verts, oranges et violets des rayons sur la surface miroitante. Tous passent à coté des roses rouges, blanches et jaunes ouvrant leurs corolles face à la douce caresse de leur amant, le soleil. Et même ceux qui s'arrêtent quelques secondes, subjugués par la beauté de l'environnement, dépassent sans les voir les parterres de jacinthes,tulipes Queen of Night et tulipes Frangée , iris et autres fleurs qu'ils ne connaissent pas. Ils ignorent cette beauté car il leur est interdit de la voir.
Aucun être humain vivant dans la ville ne sait apprécier la beauté sous ses yeux. La vision de ferraille, de verre et de plastique a détruit leur sens de la beauté et ils n'aiment plus que ce qui est noir, gris et froid. Certains diront pour se donner de l'importance que la beauté n'est qu'un concept. Si elle n'est qu'un concept alors bientôt il sera perdu dans la glace de l'industrialisation qui détruit tout ce qui lui appartient. Si elle n'est qu'un concept, elle a déjà disparu. Elle a donc perdu face aux lois des Hommes. La beauté entraîne les sentiments. Si elle n'est qu'un concept elle peut être oubliée comme tant d'autres.
Les sentiments ne peuvent être mis de côté éternellement...
Ceux qui veulent encore y croire, à ce concept de beauté, sont pris pour des fous. Une cellule spéciale dans un quartier isolé de la ville a été mise en place pour les personnes atteintes de cette 'maladie'. Dorénavant plus personne ne parle avec les mots joli, beau, magnifique et encore moins splendide. C'était la fin assurée si quelqu'un vous entendait avec de tels propos. Par contre cette personne dénonciatrice avait un poste assuré au MInistère.
Ainsi le monde est devenu...
Les sentiments doux et la gentillesse, la beauté ne sont plus acceptés. Ils détruisent la fragile vie et sont des dangers perpétuels, tels avaient été les arguments du ministre qui a fait adopter cette loi. Ce qu'il n'avait pas prévu sont les révoltes vites écrasées mais meurtrières. La nouvelle génération ne comprend pas pourquoi leurs aînés se cachent et ressortent de vieux livres sur des sentiments. Les nouvelles générations ne savent pas la réelle beauté, pour eux c'est un concept avec lequel ils toujours ont vécu. Un peu comme internet avant la réforme. Maintenant ce n'est plus qu'un support de travail interdit dans les maisons.
Travail. Respect de l'ordre.
Deux termes fondateurs de la nouvelle société.
Société qui commence sa chute au cœur même de Londres, le siège du nouveau régime. En effet, depuis bientôt un mois un tueur sévit et l'autorité a dû prévenir la population. La peur, aussi néfaste que la joie, s'installe dans le cœur de tous.
Une névrose s'installe...
Ainsi le soleil se lève sur ce parc. Rien ne change des jours précédant. Il est vide de passants depuis la nouvelle loi :
« Tout espace de détente ne devra être utilisé que s'il présente un gain de temps »
Une personne viole toujours cette loi, elle n'a jamais été prise mais un danger plus grand la guette.
Le soleil finit d'étendre ses rayons sur l'étendue déserte lorsqu'un jeune homme approche. Son allure est calme mais alerte. Il se retourne de temps en temps et surveille ses arrières. Le même rituel depuis trois ans. Trois années qu'il viole la règle 6.66, celle citée un peu plus tôt, et la règle 9.99 qui stipule que :
« Une personne ayant commis un crime devra se dénoncer d'elle même »
Certaines lois sont vraiment 'stupides', comme si ils allaient se livrer pour finir dans les maisons spécialisées qui amènent irrémédiablement à la mort. Évidement ces demeures ne sont pas décrites ainsi mais personne n'est dupe, sauf ceux qui le veulent.
Le jeune homme s'approche d'un banc recouvert de lierre et s'assoit. Il est caché de la vue de tous, ou presque, par les buissons non entretenus. Son regard vert pareil au mélange du grenat et de l'émeraude, se perd sur l'horizon. Machinalement il passe ses doigts dans ses cheveux blond-blancs parsemés de rouge et de noir. Il les entortille nerveusement et on pourrait croire qu'il sent l'atmosphère sereine s'alourdir.
Il se rappelle lorsqu'il a fait faire ses mèches.
Il était en vacances en France chez sa sœur de cœur, Carole. Elle l'avait traîné toute la journée dans les rues commerçantes de Paris et ses magasins tous plus cher les uns que les autres. Il voulait lui faire plaisir donc il ne dit rien. C'était jusqu'à ce qu'elle se stoppe devant une petite boutique et qu'elle lui dise qu'il devrait rentrer dedans. C'était un salon de tatouage doublé avec un coiffeur. Aussitôt rentré, une clochette annonçant leur arrivé, une jeune femme aux cheveux bleus s'avançait vers lui.
- Bonjour, vous souhaitez quelque chose ? Des renseignements ?
- Heuuuu... ce n'est pas pour moi, avait il déclaré avec un accent qu'il trouvait horrible. C'est pour mon amie.
Après cet échange, il se rappelait l'air conspirateur de Carole. En ressortant il se retrouvait avec des cheveux un peu plus courts, mais toujours longs. Il était également doté de ses mèches rouges presque bordeaux et certaines noires. Il avait fait un tatouage après un long monologue de sa sœur alors qu'il attendait pour ses mèches (attente très longue...). Il se situe au creux de ses reins, à sa droite, et représente l'idéogramme japonais jiyuu, la liberté.
Perdu dans ses pensées il ne voit pas la silhouette, au bout du parc, qui l'observe attentivement et qui détaille sa fine taille et son corps androgyne. Il ne sait pas que chaque détail visible est scruté par cet être à la peau pâle, aux cheveux bruns presque noirs et aux yeux bordeaux tirant vers le noir ou le marron.
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Le jeune homme est perdu dans sa contemplation et ses souvenirs. Il ne voit pas l'heure défiler et bientôt une foule obéissant à la règle six soixante six (6.66 : « Tout espace de détente ne devra être utilisé que s'il présente un gain de temps ») fait son apparition. Il doit 'jouer' serré maintenant afin de ne pas se faire prendre. Il profite d'un mouvement de foule pour sortir discrètement et aller au travail comme il se doit. Il avait trouvé un petit travail de secrétaire et savait qu'il avait surtout été engagé pour son apparence et non ses capacités.
Il reviendra ce soir pour le coucher de soleil qui devrait être splendide.
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Le soir venu, il est de nouveau sur le banc mais il n'a pu voir la disparition de l'astre solaire ayant été retenu à son travail. Il ne pouvait désobéir cela aurait paru suspect.
Tout est calme comme le matin. La nuit noire.
Soudain il entend un bruit de pas derrière lui. Un léger bruit de pas. Il sent un coup puis c'est le vide.
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Courtisane de l'enfer aux sabots de la bête. […] Ces fosses humaines célèbrent les nouveaux ponts des cités mortes.
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Holocauste en trois temps... Eths...
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Il se réveille, lentement. Sa tête le lance et il sent un liquide couler doucement le long de son cou. Un bruit de pas le fait se redresser brusquement. Il observe la personne face à lui. Elle possède une beauté froide et mortelle. C'est un homme même si ses cheveux ne sont pas de la longueur autorisée par la règle 7.01 (tout comme lui mais autorisé par son travail, le rendant plus 'féminin').
Il s'avance doucement vers le jeune blond et se met à sa hauteur. D'une voix sifflante il lui parle :
- Heureux de te voir réveillé, beauté... Je me demandais quand je pourrais m'amuser.
Il fait une pause. Le jeune homme tourne lentement la tête pour essayer de deviner où ils se trouvent. Il doit être dans un hangar ou un vieux bâtiment. Les murs sont gris, en béton. Poussiéreux. Aucun bruit ne filtre de l'extérieure, ils sont donc éloignés du centre de la ville et des quartiers chauds. Il en est là de ses réflexions lorsqu'il sent des doigts frais sur sa peau. Ils courent, en une caresse aérienne, sur sa peau dénudée. Il était pourtant sûr d'avoir eu une chemise quelque temps avant. Les doigts sont glacés. Il les sens sur lui, ils gèlent son sang.
La voix reprend :
- Ssssois tranquille, je ne te veux aucun... mal. Sois gentil, laisse moi admirer la beauté de tes fluides.
En entendant cela, le jeune se rappelle des rumeurs sur un tueur.
- Tu es magnifique, continue-t-il. Ce carmin se mélangeant avec la blancheur de tes cheveux est une œuvre d'art.
Du bout de l'ongle il retrace les veines du poignet. Lentement, presque sensuellement. Tout dans ses gestes murmure dangers, dangers.
Mais comme le papillon par la flamme attiré, le jeune homme par l'autre est hypnotisé.
Il ne bouge plus sous les douces caresses.
Il ne pourrait dire combien de temps passe ainsi. Lui, immobile et l'autre lui murmurant des paroles de tortures. Il ne sens que les doigts glacés quand soudain une douleur aiguë lui parvient de son bras. Comme engourdi il bouge lentement les yeux. Il voit un liquide rouge perler de son bras, là où une coupure se trouve. Il sent à nouveau cette légère piqûre, sur son autre bras. Il ne s'inquiète pas, il se sent léger.
Libre de toute contrainte.
Une douleur. Deux. Trois. Quatre. Il arrête de compter. Plus aucune sensation ne vient de ses membres au bout d'un temps indéterminé.
La léthargie s'empare de son être. Il n'entend plus que le long sifflement de la voix de son bourreau.
Il pourrait subir ses traitements depuis une heure, un jour ou un an, il ne verrait pas la différence. Il n'y a plus que les mots, promesses de souffrances et les sensations.
Une routine semble s'installer mais elle est vite brisée... comme ses doigts. Maintenant ils forment des angles étranges, informes. Il ne souhaite plus qu'une chose, que tout ceci s'arrête. Comme si l'autre avait entendu ses pensées il revient et se penche vers lui. Il lui souffle :
- Tu voudrais en finir, n'est ce pas ? Tu voudrais que cette douleur, cette torture s'arrête ? Pourtant la bonne question est est ce que moi je veux arrêter ? Suis-je lassé de toi ?
Une fois de plus le silence revient percé uniquement par une respiration calme et, une autre sifflante sous la douleur. Il reprend encore plus doucement :
- Je crois que je suis lassé... Adieu, beauté.
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Empourpré de restes d'êtres, holocauste en trois temps. Rythmique de la bête. Valser six pieds sous mère, six pieds sous terre.
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Holocauste en trois temps... Eths...
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« Ce matin le corps d'un jeune homme a été retrouvé dans une ruelle d'un des quartiers sensibles. Très peu d'informations sont disponibles pour le moment. L'identité de cette personne est encore à trouver. Si quelqu'un le reconnaît voici son signalement donné par les grandes autorités :
jeune homme androgyne
cheveux blonds, presque blancs
Longs (interdits)
mèches rouges et noires. (interdites)
Il a été également signalé comme dissident. Sa dépouille ne sera pas rendu à la famille »
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Cette nouvelle fait de grand ravage dans le quartier des affaires. Ce quartier regroupant toutes les jeunes personnes ne croyant pas au régime et très fidèles envers les siens. La perte d'un des leur est un grand choc. Personne ne les a jamais attaqués, préférant fermer les yeux sur leurs agissements. Le gouvernement a peur d'eux comme il avait peur des étudiants il y a un temps.
Ainsi, la mort et l'annonce faite est vite transmise dans tout le quartier. Certains, intrigués par le manque d'informations sur ce crime, cherchent des témoins de la scène où Narcisse a été trouvé.
Narcisse était un des plus important pacifiste contre le régime. Il était aussi le plus méconnu hors des cercles intérieures. C'est pour cela qu'une attaque contre lui laissait perplexe énormément de monde. Cette attaque est presque une provocation envers leur chef, Severus Snape.
Il était le neveu du chef.
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Deux ou trois jours après, alors que tous essayent d'oublier l'incident, dans une petite ruelle une discussion s'engage. Une jeune fille, avec de longs cheveux roux foncés, avance dans la ruelle. Au fond une personne encapuchonnée semble l'attendre. Cette même personne prend la parole d'une voix grave mais assez jeune :
- Vous avez laissé entendre avoir des informations pour nous.
- C'est exact, mais je préférerais savoir à qui je m'adresse.
- Il en est de même pour moi. Il reprend un peu après. Mon nom est Regulus.
- Je ne dirais pas que je suis enchantée car le dangers rode un peu plus chaque jour. Je m'appelle Ginevra. J'ai les informations que vous recherchez et je vais vous les donner. Avant, vous devez me jurer de ne pas m'interrompre malgré toute l'horreur de mes propos.
Elle s'arrête un moment puis, semblant satisfaite de ce qu'elle voit, la jeune femme reprend calmement :
- Le corps de votre ami a été retrouvé dans la nuit mais les autorités n'ont été prévenues que bien plus tard. Il était pourtant trop tôt et les membres du quartier n'ont pas eu le temps de récupérer le corps de Narcisse. Oui, ils savent qui il était. Il est bien plus connu que vous ne semblez le croire et encore plus dorénavant. Il pourrait devenir un symbole pour la résistance et cela malgré son oncle qui est contre. Pour en revenir aux informations, il a été retrouvé dans une petite ruelle sombre mais il n'est pas mort là bas c''est une certitude. Il n'y avait aucune trace de sang. Le corps a été mis... en scène. Il était recouvert d'un drap en satin noir, et ses cheveux étaient éparpillés dessus. Il avait de nombreuses... lacérations sur...les bras, les jambes et... le dos...
A ce stade du récit la jeune femme reprend son souffle et fait un signe de tête à son interlocuteur afin qu'il ne l'interrompe pas. Elle reprend, en chuchotant presque :
- Du sel a été déposé sur les blessures à vifs. Il lui a également brisé chaque doigts au moins deux fois... Cependant, ce n'est pas le pire... Un dessin a été gravé sur la peau de son abdomen. Il représente un crâne avec un serpent et surmonté des initiales L.V. Tout deux sont d'un noir foncé. Pour finir, dans sa main, il a été déposé une plume de corbeau et une narcisse... On pourrait croire que son agresseur savait qui il était en déposant ainsi cette fleur.
La jeune femme n'attend aucune réponse de son interlocuteur. Elle fait volte face et quitte rapidement la ruelle dans un claquement de cheveux roux. Elle n'attend aucune compensation contre son travail d'informateur.
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Un quartier de Londres. Une semaine plus tard.
Le quartier des « Insurgés ».
Seul endroit vivant de la capitale que les autorités n'osent pas infiltrer. Elles s'y sont risquées quelques fois et n'ont jamais revu leurs hommes.
Ce samedi soir, jour de fête, les rues noires sont peu remplies contrairement aux bars et autres boites de nuit.
Une silhouette dans la nuit observe tranquillement les jeunes et cherche sa future proie. Elle la trouve en un jeune homme aux cheveux noirs et aux yeux gris insondables. Sa peau est pâle. Il a l'apparence parfaite, il lui rappelle Cet enfant.
Il le voit entrer dans une boite en vogue et également centre de réunion d'un groupe résistant. Évidement ce second fait n'est connu que de très peu de gens. Mesures de sécurité. La façade de bar mélangée avec une boite de strip-tease est la meilleure couverture. Qui irait y chercher un quartier général ? Sûrement pas le ministère des pourris en chef. Ils n'entreraient jamais dans un pareil endroit, surtout pour le travail.
Une musique filtre à travers la porte ouverte et les paroles font sourire l'observateur :
« … RESISTANCE. Pour aller de l'avant. RESISTANCE. Tel est le nom de ce mouvement. Il n'est pas né celui qui nous fera plier. Il n'est pas né non. Celui qui nous fera tomber... » (Danakil – Résistance)
Ce n'est que vers deux ou trois heures du matin que le bel adonis – comme il le surnomme intérieurement – ressort. Il le suit le long des rues et des avenues.
Il vaut toujours mieux bien connaître sa proie avant de faire une approche. Cette manœuvre dure une semaine. Une semaine à le suivre sans se faire repérer.
Ce soir est le bon. Il va faire son approche. Il se sent chanceux car sa proie ramène tout les soirs ou presque un nouvel amant. Il va juste se faire passer pour l'un d'eux puis il improviserait, comme toujours.
La chasse peut commencer. Il est quatre heure.
Il s'approche, l'autre ne se doute de rien. Au bout d'une vingtaine de minutes à discuter l'inconnu réussit à faire que sa prochaine victime le suive. Il l'emmène dans une ruelle en faisant en sorte que l'autre le devance. Alors qu'il va se retourner en voyant l'impasse, il se fait assommer.
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Suis les pas de la bête. Aux invariables messes. D'un carnassier d'espèces. En carnage de nos chairs.
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Holocauste en trois temps... Eths...
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- Tom ? Je ne comprends pas. Pourquoi suis-je ici ?
- Je vois que tu es réveillé, beauté... En fait je ne t'ai pas... tout dit Regulus...
Regulus le voit approcher avec un petit sourire, sourire qui ne lui dit rien (comme si un sourire pouvait parler...). Il avait raison se dit il en voyant la lame que son supposé prochain amant (plus maintenant... quoi que...) sort. Elle est fine et blanche, immaculée. Une lame de collection à en croire les inscriptions dessus et le dessin. Un crâne gravé entouré d'un serpent et un corbeau en arrière plan. Un travail d'artiste. Enfin ce n'est pas vraiment le moment de s'extasier devant la beauté d'une arme lorsqu'elle va être utilisée contre soi.
- Tom ?
- Chut... Tout va bien se passer, tu vas voir. Tu vas adorer.
Sur ces mots il commence, avec la lame fine, à dessiner des arabesques sur la peau blanche. Des rigoles écarlates serpentent le long du bras du jeune homme qui retient le moindre son de douleur. Tom lui enlève délicatement sa chemise, tout en effleurant au passage sa peau fraîche. Il contemple quelque instant cette chair touchée par tant de mains, tant d'amants. Une chair à qui aucun n'avait rendu hommage comme il se doit.
Il commence alors, toujours lentement presque sensuellement, à retracer chaque ligne du corps fin du bout de l'ongle. Il recommence à parcourir le torse de sa victime mais avec sa lame cette fois. Ce n'est qu'un effleurement mais cela suffit à libérer des gouttes carmines qu'il entreprend de récolter. Il laisse de côté l'arme pour se pencher sur le corps de l'autre qui ne bouge plus. Doucement, du bout de sa langue, il lape les tâches de sang. Il parcourt ce corps jusqu'à ce qu'il n'y ait plus une seul goutte, jusqu'à ce qu'il ne reste plus que les plaies rosâtres.
Il continue ainsi une partie de la fin de la nuit.
Couper, lécher.
Couper, laper.
Encore et encore.
Sans répit, comme un assoiffé. Assoiffé jamais rassasié d'un liquide qui lui est devenu essentiel.
Mais une fois de plus Tom se lasse rapidement. Il n'est jamais apaisé, il ne réussit pas à oublier. Il ne réussit pas à l'oublier. Il est assoiffé certes, mais d'autre chose, d'un autre corps, d'une autre personne.
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(Elle détient. L'origine du péché)
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Holocauste en trois temps... Eths...
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- Il paraît que le corps du frère du compagnon du chef a été retrouvé mort*.
- Oui, triste histoire. Il a été découvert dans une ruelle près du ministère. Impossible de récupérer les corps encore une fois.
- Les corps ? Tu veux dire le sien et celui de Narcisse ?
- Non, il y a eu une autre victime...
- Tu sembles bien informé toi ?
- C'est normal, j'ai réussi à avoir un boulot au ministère. Je peux espionner un peu comme ça.
- Raconte tout alors !
- Je sais pas trop... C'est vraiment pas beau à raconter.
- Allons autre part alors.
Les deux se lèvent et prennent une chambre sous le regard coquin de la serveuse. Elle est loin de la réalité elle qui s'imagine une « bonne partie de jambe en l'air ».
Le second qui avait pris la parole commence sont récit mais demande à son interlocuteur de ne pas l'interrompre :
- Tu dois te rappeler comment Narcisse a été retrouvé et bien je ne sais pas trop si c'est pire. Il y avait deux corps dans la ruelle. Je vais commencer par celui du compagnon, Regulus. Cette fois il n'y avait pas de drap. Il ne restait que son pantalon, sa chemise avait disparu. Son torse était parsemé d'une multitude de petites coupures très nettes. En son centre il y avait une inscription en majuscule « DISSIDENT ». Toutes les coupures étaient mélangées à de la salive comme si elles avaient été lapées par un animal. Je l'ai entendu au détour d'un couloir ce matin. J'ai également surpris une conversation de deux employés. Il a été... violé...
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Rêve, viol, saigne, rêve, viol, rêve, saigne, crève, viol, rêve, viol, saigne, crève...
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En trois temps, rythmique de la bête...
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- Le chef doit pas le savoir, ok ? Le médecin aurait dit que c'est arrivé un peu avant la mort et que auparavant il avait subit des... coupures à l'intérieur des cuisses et un peu partout sur le corps.
- Il y avait aussi une femme dans la ruelle, reprend-il après une pause. C'est notre nouvelle informatrice. Je devrais plutôt dire c'était notre nouvelle informatrice. C'est elle qui avait donné les détails de la découverte du corps de Narcisse à Regulus. Elle faisait du très bon boulot. Qui aurait cru qu'il se cachait une espionne derrière son visage innocent. Ginevra Weasley, si je ne me trompe pas, c'était son nom. Je sais qu'elle a au moins deux frères avec nous et un avec le ministère. Ron Weasley, toujours se méfier de lui. J'ai entendu qu'il avait demandé que les corps restent à pourrir sur la grande place. Elle ressemble pas du tout aux autres victimes. Elle a dû surprendre le tueur et ça lui a coûté sa vie.
...
Le matin pointe à l'horizon, il doit se dépêcher. Il admire le début de son œuvre. Il est en retard et si il ne veut pas être surpris il devrait vraiment se dépêcher.
Il a presque fini lorsqu'un bruit de pas s'approche. Une jeune femme rousse s'approche et elle demande :
- Excusez moi ? Vous allez bien ? Vous avez besoin d'aide ?
Tom réfléchit très vite à comment s'en sortir puis une idée germe doucement ou plutôt, rapidement. Il prend une voix mal assurée, faible :
- Vous tombez bien mademoiselle. J'ai un ami à terre, il ne bouge plus. Pourriez vous rester près de lui le temps que j'appelle un médecin ?
- Évidement. J'ai des notions de médecine, si vous voulez je peux l'examiner.
- Je ne préférerais pas. Ce n'est pas que je ne vous fais pas confiance mais il a un suivi très spécifique. Il doit absolument voir son médecin.
Elle s'avance sans hésiter dans la rue sombre. Elle va près de la personne couchée. Elle le regarde et se dit qu'elle l'a déjà vu quelque part. Elle va pour poser une question lorsqu'elle sent quelque chose de lourd contre sa tête puis elle s'évanouit sous la force du coup.
...
- Elle a été lacéré partout sauf sur le visage. Cela donne une certaine... beauté à sa mort d'après ce que j'ai surpris bien sûr comme conversations. Les lacérations donnent l'impression qu'une bête sauvage est passée par là. Leur mort a aussi été mise en scène. Sur le sol il y avait encore ce crâne et ce corbeau. Le serpent n'y était pas. A coté du corps de la fille il y avait un scalpel neuf, inutilisé et en argent. Ça fait presque un clin d'œil à l'inefficacité du ministère face à la situation, c'est ce qu'a dit un enquêteur. Après j'ai pas compris pourquoi. De toute façon pourquoi se bougeraient-ils pour des dissidents. Un dissidents de moins c'est bon pour la politique ! C'est affiché en grand dans le hall du ministère au pied d'une statue. Statue immonde dans sa beauté. Ils ont sculpté un lion tenu en laisse par un simili d'ange. Ce lion écrase un serpent et des os. Des os de dissidents sûrement...
- Pour en revenir à notre affaire, il y avait deux initiales sur la fille :
L.V
Il pleut du sang, ces gens s'abreuvent de funestes torrents.
Les seigneurs déterrent leurs hommes des immuables siestes.
La famine en ivresse perdue en cercle de culte.
Hache, dépièce leurs muscles en mousses de luxe.
La folie étranglée.
Moi je m'éveille...
*Petite précision quand je dis « le frère du compagnon du chef », le compagnon est Sirius Black si je n'avais pas été assez claire.
Prochain chapitre entre le 8 et 12 aout car quelques modifications à faire. Titre "Hydracombustio" et un des plus longs de la fic.
Un petit avis ? Ca sert à quelque chose que je continue ?
Tsuh...
