Rating : M pour violence
Genre : Drame (malheurs qui arrivent faute de l'homme, rien de prédestiné, pas d'instance supérieur qui décide); horreur (violences, fic "noire", meurtres) mystère (il en faut toujours) presque Death-fic...
Disclaimer : Ce qui est à JKR est à elle. Je ne gagne rien pour cette histoire à part quelques commentaires. Hydracombustio appartient au groupe français Eths, Viol au vent à Agnès Bihl. Enfin Carole et Nathan sont à moi alors ''pas touche" (surtout Nathan, Morgan et Raphaël). Les deux derniers sont justes mentionnés.
/!\Avertissements /!\: Ron Weasley OOC. Mention de viol dans ce chapitre mais aucun détail
Notes : Chapitre le plus long (plus de 7000 mots). Je le mets un tout petit peu plus tôt car je pars demain pour 3 ou 4 jours à la mer. Sinon réponse review à la fin du chapitre.
Aussi j'avais oublié de le dire mais c'est - en quelque sorte - un Tom/Harry (d'une certaine manière...) Et la fin fait un peu avancer l'histoire, un tout petit peu...
Toutes les notes explicatives peuvent être lues à la fin ou pas du tout lues
Blabla gras italique = paroles de chansons.
Merci de lire et bonne lecture !
Chapitre 2 : Hydracombustio
« Carole, je me souviens de toi, poupée brûlée, poupée gâchée. »
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Hydracombustio... Eths...
Un vendredi soir comme les autres sur le campus de L'Université de Londres. Les étudiants ayant fini les cours s'attardent parfois avec un professeur pour parler du cours ou encore d'orientation.
Ce n'est pas le cas d'une jeune étudiante âgée de dix neuf ans. Elle est d'origine française, ce qui s'entend dans son léger accent. Elle ne traîne jamais dans les environs et rentre toujours rapidement dans son petit studio. Comme tous les soirs, aussitôt arrivée elle prend son téléphone et appelle son frère resté en France. Elle attend, cinq sonneries retentissent mais personne ne répond. Ce n'est pas normal mais elle ne s'inquiète pas et décide de retenter sa chance dix minutes plus tard.
Pendant ce temps, elle regarde dans sa chambre et voit que sa colocataire n'est toujours pas revenue. Elle aurait pu payer toute seule le studio mais Luna Lovegood avait plus de mal et un peu de compagnie ne lui déplaisait pas. La jeune femme lui avait donc proposée de venir vivre avec elle et ainsi les frais étaient partagés. Elles s'entendaient bien mais parfois la jeune femme avaient du mal à suivre Luna qui tenait des propos... étranges. Cependant elle était passée au dessus de ça et heureusement sinon l'ambiance serait moins légère et agréable.
Une sonnerie retentit. Stayin' alive des Bee Gees, c'est son portable. Elle l'a mise surtout pour énerver son frère qui ne la supporte plus. Elle même ne l'apprécie pas vraiment mais elle ne le dirait pour rien au monde. Elle se dépêche d'aller dans le 'coin cuisine' où elle a abandonné son manteau et récupère le petit appareil très bruyant. Elle décroche lorsqu'elle voit le nom :
- Carole ? interroge l'interlocuteur à l'autre bout.
- Qui veux tu que ce soit d'autre, imbécile ? demande la jeune femme en riant.
- 'Oui, bonjour Harry. Je suis heureuse de t'entendre comme tu peux le comprendre mon cher frère'.
La jeune femme rit une fois de plus à l'écoute des pitreries de son frère qui, parfois, lui manque.
- Ça va ? reprend-il, une fois calmé. Désolé, je ne pouvais pas te répondre, j'étais... hummm... comment dire, occupé ?
- Une nouvelle conquête ? Homme ou femme ? Tu ne m'as toujours pas dit ta préférence même si j'ai une petite idée.
- Ne recommence pas sur ce sujet, je ne veux pas de tes rendez-vous foireux !
- Ils ne sont pas foireux ! se récrie-t-elle.
- Je vais te croire évidemment... sinon c'est quoi ta... petite idée sur mes préférences ?
- Curieux ?
- Pas le moins du monde.
- Je dirais que tu n'as aucune préférence car...
- Oui ?
- Mais laisse moi finir ! Donc je disais que c'est parce que tu es... c'est quoi le mot déjà. … Voilà ! Tu es asexué !
La jeune femme se met à rire imaginant la tête de son frère devant sa blague de très mauvais goût. Il lui répond comme toujours dans ce genre de situation avec un air qui se veut froid mais très mal réussi :
- Et sérieusement ?
- Non je crois que tu n'en a pas. Quoi que je t'ai vu plus souvent avec des hommes assez grand, aux cheveux noirs de jais.
- Si tu le dis... pour répondre à ta question je travaillais sur un projet pour la fac de médecine.
- Je peux t'aider ? demande la jeune femme ayant bien remarqué le changement de sujet.
- Je ne crois pas, désolé mais je n'ai pas besoin de tes connaissances en droit.
- Pas besoin de prendre ton ton glacial avec moi. Je m'excuse si je t'ai vexé sans le vouloir. Je ne vois même pas ce qui aurait pu te vexer car je n'ai dit que l'entière vérité et tu le sais toi même. Tu ramènes au minimum dix hommes par mois et une femme ou deux. Toujours les cheveux noirs. Alors, une fois de plus, cher frère, je m'excuse d'avoir été sincère et nous allons changer de sujet avant de déclencher une dispute téléphonique très désagréable pour nous deux et notre entourage.
L'atmosphère reste tendue environs un quart d'heure puis ils oublient le pourquoi de la dispute. Ils continuent donc à parler ainsi de tout et de rien. C'est le même rituel depuis que Carole étudie à Londres. Ils s'appellent tout les vendredis soirs et discutent encore et encore, en français évidemment. Cela permet à Carole d'oublier un moment l'éloignement.
Vers vingt heure Luna rentre en silence et allume la télévision. Elle zappe jusqu'à tomber sur la chaîne d'infos non-stop. Carole détestait qu'elle la mette aussitôt rentrée mais, étant au téléphone, elle ne peut rien lui dire. Elle continue donc sa conversation jusqu'à ce qu'un sujet l'interpelle.
- Attends une seconde Harry.
Elle se tourne vers Luna.
- Tu peux monter un peu s'il te plaît.
« Trois corps ont été découverts en moins d'une semaine dans le sud de Londres. Nous avons réussi à tous les identifier comme étant des dissidents après le premier jour d'enquête.
Le premier se nomme Narcisse Prince et était le neveu du chef des insurgés Severus Snape. Son corps sera mis demain en place publique et enlevé un mois après.
Le second Regulus Black n'a pas encore eu ses liens familiaux définis. Nous savons juste qu'il est le frère d'un activiste, Sirius Black, recherché pour le meurtre de la famille Potter sous les ordres du Crâne Corbeau**. Son corps sera brûlé et ses cendres dispersées dans les marécages.
Enfin la troisième victime, Ginevra Weasley. Après enquête approfondie nous avons découvert qu'elle était une informatrice pour les dissidents. Elle est accusée de haute traîtrise envers le gouvernement, son corps pourrira sur la place du ministère où tous pourront la contempler et sa famille sera longuement interrogée dès demain aux premières heures du jour sauf Ron Weasley, membre loyal du ministère.
Nous n'avons pas de plus amples informations sur le meurtrier mais il laisse toujours une plume de corbeau sur les scènes...
Pour continuer notre flash info : Après les abeilles, les grenouilles disparaissent... »
- Carole ? Carole ?... Carole ?
- Euh... Oui ?
- Je t'appelle depuis cinq minutes. Il se passe quoi chez vous ?
- Tu te rappelles de Narcisse ?
Elle essaie de garder une voix normale mais réussit à peine.
- Attends... androgyne... yeux verts assez clairs... cheveux blonds avec mèches... C'est lui ?
- Oui. Je viens d'apprendre qu'il est mort mais le pire est qu'ils l'ont identifié comme dissident et qu'il est le neveu du chef de la coalition.
- Dissident ? Coalition ? demande Harry, ne comprenant pas vraiment.
- Je t'ai parlé du régime politique mis en place ? Elle n'attend pas de réponse. Et bien les dissidents sont tous ceux contre ce régime. Je ne sais pas si vous en avez entendu parler à la maison. Ce ne sont pas des informations filtrant dans tout les pays et la France s'est clairement opposée au projet.
- Tu as raison, rien ne filtre dans les médias. Que se passe t il pour ceux identifiés ainsi ?
- Leurs corps ne seront pas restitués mais sûrement mis à pourrir dans un coin comme ils l'ont si bien détaillés. Toutes les personnes supposées de l'entourage vont être interrogées...
- Mais je ne comprends pas ce que ce régime politique a de si secret.
- Je ne devrais pas t'en parler, tu t'en doutes, cependant je sais que Luna partage mon point de vue donc je vais te résumer le principe. Le régime prône le refus des sentiments tels que la joie, l'euphorie, la jalousie car ils entraîneraient tous nos problèmes. Pour faire appliquer des nouvelles lois, il y a une sorte de régime de terreur qui s'est installé. En gros, tous obéissent sauf un quartier. Ce quartier continue à vivre normalement. Il abrite les dissidents, les personnes contres le gouvernement mais ne le disent pas et les étudiants étrangers. C'est une ville dans une ville. Le pays commence à se diviser. … Maintenant, nous pourrions changer de sujet ? Je ne veux pas penser tout de suite à ce que j'ai appris et on ne sait pas quand on est espionné.
- Bien sur sœurette ! Tout ce que tu voudras.
Elle est sûre qu'il ne pense pas vraiment sa dernière phrase et que cela le travaille ce gouvernement un peu 'extrémiste'.
- Arrête avec se surnom débile, frérot.
- Sinon, tu m'as bien dit que tu sortais demain soir ?
- Oui ? Pourquoi ?
A cet instant elle se doute grandement de ce qu'il va dire.
- Je préférais que tu n'y ailles pas.
- Je ne peux pas me désister et de toute façon tout s'est passé dans le sud. Je vais au Nord.
- Nous n'avons peut-être pas entendu parler du régime mais du tueur, si, déclare-t-il froidement.
- Ne t'inquiète pas. Je n'y vais pas seule.
- Avec qui alors ? demande-t-il suspicieux
- Personne que tu ne connaisses. Si ça te rassure il gère la boîte***.
- C'est censé me rassurer ?
- Oui ! ... Désolée mais je dois aller préparer le repas. Je te rappelle vendredi soir, nos forfaits ne résisteraient pas un autre jour. Vive l'illimité du week-end !
Sur ces mots un peu faux la jeune fille raccroche en entendant le rire – à moitié forcé – de son frère. C'est d'un pas qu'elle veut léger qu'elle va ouvrir un placard et en sort une boîte de blé. Nourriture rapide à cuire et pas trop compliquée. Ce soir elle n'a plus vraiment la tête à cuisiner ni à discuter ce que comprend facilement Luna.
La soirée passe dans une atmosphère assez pesante sans être étouffante. Ce n'est qu'un peu avant d'aller se coucher que Luna prend la parole d'une voix rêveuse :
- Il faudrait faire des courses, les ronflaks cornus et les mites ont pillé nos réserves cette nuit et je les ai entendu dire qu'ils recommenceront cette nuit...
- J'irai demain avant ma soirée. Bonne nuit Luna, dit la jeune femme peu étonnée par les paroles.
Carole rentre doucement dans sa chambre et n'allume pas sa lumière. Elle préfère l'obscurité. Elle se dirige d'un pas assuré dans les ténèbres vers son armoire. C'est une grande armoire en bois brut foncé, elle occupe presque un pan entier du mur à la gauche de la porte. Elle ouvre l'armoire et prend un léger short et un T-Shirt XXL très confortable, le tout rouge sang. Elle se déshabille et met son pyjama dans le calme feutré de la pièce avant de se glisser dans son lit.
Elle s'endort rapidement malgré un sentiment d'insécurité persistant depuis la fin de la matinée.
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Lorsque Carole se réveille le lendemain matin, la lumière filtre par les fentes de ses volets et éclaire doucement la pièce. La chambre est d'une taille moyenne et la peinture initiale de couleur blanche. Cependant dès son arrivée la jeune femme avait acheté de longs morceaux de tissus noirs et d'autres aciers. Ils sont maintenant disposés habilement sur les murs et le plafond. La couche première de tissus est noire et le mur en face du lit est composé du mélange noir-acier donnant à la pièce une atmosphère apaisante - pour elle - et étrange. Son lit est une imitation de bois sculpté et elle s'arrange toujours pour avoir des draps argents, verts grenat ou bleus foncés.
Alors que le sommeil commence à partir il est déjà dix heure du matin et Luna est partie pour un de ses cours. Carole se prépare tranquillement puis se sert un grand café noir avec deux sucres. Ce sentiment d'être observé depuis la veille ne la quitte pas mais elle se dit que c'est juste sa paranoïa incontrôlée.
Vers quatorze heure elle sort pour faire les courses nécessaires. En marchant dans la rue son impression augmente mais à chaque fois qu'elle se retourne il n'y a personne de visible semblant la suivre.
Une heure après elle ressort du magasin où les deux jeunes femmes on l'habitude de se rendre avec des œufs, du lait, du riz et quelques autres denrées comme des fruits. En rentrant elle passe dans un parc désert malgré la journée printanière, aucun enfant ne joue, aucun adulte ne se prélasse dans l'herbe. Cette vision lui rappelle dans quel pays elle se trouve et ses lois. Même si elle sait qu'en tant qu'étudiante elle ne risque rien, pour l'instant, à ce moment là Carole ne peut s'empêcher de s'inquiéter surtout avec son impression d'être observée s'accroissant de plus en plus.
Elle augmente la vitesse de sa marche, pressée de rentrer à l'appartement.
« If you were gay - Si tu étais gay
That'd be okay – Ce serait ok
I mean'cause, hey, - Je veux dire parce que, hey
I'd like you aniway – je t'aimerais de toute façon
because you see, - car tu vois
if it were me – Si c'était moi
I would be feel free – Je voudrais me sentir libre
to say that I was gay » - De dire que je suis gay
(If you were gay – Avenue q)
Carole ne réagit pas tout de suite face à la musique s'élevant de son manteau puis elle se dépêche de l'attraper et de décrocher
- « If you were gay » ? chantonne-t-elle doucement sachant déjà qui est à l'autre bout.
- « But I'm not gay », répond l'autre se prêtant au jeu.
Il reprend :
- Bonjour Carole, toujours avec tes sonneries spécialisées ?
Son ton est froid.
- Salut Dray ! On ne change pas ses bonnes habitudes comme toi tu ne changes pas ton faux air froid.
- N'oublie pas que je suis ton patron. Et mon 'air froid' n'est pas faux.
Draco Malfoy, à la tête de l'entreprise familiale depuis que son père a été arrêté comme acteur d'une organisation terroriste. Il gardait toujours un air froid et aristocratique, se vantant de son sang purement anglais. « Pas une once de sang étranger » aime-t-il rappeler. Malgré son air froid, Draco est une personne fréquentable, lorsqu'il laisse son masque tomber. Bon si elle écoutait Harry elle ne devrait même pas lui dire « bonjour » et c'est pour ça qu'il ne sait toujours pas qui est son patron.
- Pourquoi m'appelles tu en fait ?
- Hum... je voulais m'assurer que tu venais bien ce soir. Après tout c'est toi qui fait marcher la boîte le samedi soir.
Draco est aussi le propriétaire de plusieurs boîtes à Londres et une à Paris. Celle qui marche le plus se trouve dans le quartier des insurgés, les autres sont plus des bars pour le ministère. Ces dernières sont juste une couverture pour le vrai marché, celui du quartier étudiant.
- Tu veux me faire gober ça ? demande Carole réprimant un rire qui serait mal vu alors qu'elle passe devant un commissariat. Voyons Dray, je sais très bien que Le Crâne Corbeau marche très bien sans moi. En fait pourquoi ce nom ? Il est mal vu.
- C'est un petit clin d'œil à mon père, dit il sans s'attarder.
Carole ne comprenant pas le relance sur ce sujet :
- Un clin d'œil à ton père ? Je ne suis pas sûre de te suivre...
- C'est une façon de le faire rager. Je tourne en dérision ce en quoi il croit le plus. Tu te rappelles qu'il appartenait à l'organisation du même nom ? Et il est contre toutes les formes d'amusements et de boîte. Tu mélanges ce en quoi il croit et ce qu'il déteste le plus et, le tour est joué ! Je le fait rager.
- Tu sais que tu es un vrai Serpent Draco ?
- Merci du compliment belle demoiselle. Donc tu viens ce soir ou pas ? Que je puisse prévenir le videur d'une émeute possible.
- Évidemment je viens ! Tu y vas un peu fort pour l'émeute, il y a juste eu dix hommes se battant pour m'avoir dans leur lit le même soir et qui n'ont pas appréciés que je les aie éconduits en déclarant qu'ils n'étaient pas mon genre.
- Si tu le dis... À ce soir !
- À ce soir patron !
Carole raccroche et attrape ses clés. Elle ouvre la porte et se dirige immédiatement vers la cuisine. Elle range le lait et les œufs dans le réfrigérateur, les fruits dans leur corbeille et le reste des courses dans un placard. Elle vérifie ensuite qu'elle a bien refermé la porte d'entrée et finit par aller dans sa chambre. Là, elle ouvre le tiroir de son bureau et sort ses cours de russe. Elle avait décidé, avec Harry, que cette langue était pleine de possibilités et pouvait toujours leur servir. En ce moment ils voyaient la déclinaison des adjectifs féminins à l'accusatif (NDA : COD en français) ainsi que le locatif.
Son frère est un peu plus avancé qu'elle (pour ne pas dire beaucoup plus) et ils avaient décidés de s'entraider lorsqu'elle rentrerait en France à la fin de son année scolaire. L'atmosphère en Angleterre devient trop lourde et Carole ne veut pas voir comment le gouvernement va faire évoluer ses lois déjà drastiques mais qui épargnent encore les étrangers venus pour études. Cette condition d'immunisés ne durera plus très longtemps.
La jeune femme travaille donc jusqu'à dix-huit heure sur son russe apprenant un peu plus de vocabulaire utile. À cette heure là elle se lève, va dans la cuisine et allume une bouilloire. Elle retourne dans sa chambre et commence à ramasser son manuel et ses feuilles éparpillées. Elle ouvre ensuite le tiroir et range correctement les feuilles en évitant de trop les froisser. Elle ressort une fois de plus et ferme sa porte, retournant dans la cuisine où l'eau a fini de chauffer. Elle prend une grande tasse d'un demi litre dans un placard sous l'évier – endroit étrange pour des tasses – et verse de l'eau dedans. Elle met ensuite un sachet de thé « argent d'Asie » à infuser un log moment. La plupart des personnes qu'elle connait ne l'aiment pas lorsqu'il infuse trop longtemps. Ils le trouvent trop amer à cause des pétales de rose le composant et la bergamote. Elle, le préfère ainsi et ne met qu'un sucre.
Après vingt minutes, pendant lesquels elle a préparé une salade de fruit composée de morceaux de pommes, de pêches, d'oranges, de pamplemousses et de citrons verts et jaunes, elle retire le sachet et commence à boire le thé devenu amer mais gardant un peu de sa douceur qui l'a charmée la première fois qu'elle l'avait bu pour « tester ».
Elle s'installe tranquillement dans le vieux fauteuil au cuir usé et sirote son thé devenu tiède. Carole hésite à appeler sa mère pour lui dire qu'elle rentre. Elle ne comprendrait pas, Carole n'a pas et ne veut toujours pas lui expliquer la situation du pays. Au pire si elle décide de rentrer elle pourra continuer ses études de droit et aider Harry à gérer les jumeaux. Sa mère ne comprendra vraiment pas, elle inventera une histoire abracadabrantesque qu'elle croira comme la fois où elle avait abandonné son travail de serveuse car son patron avait les mains trop baladeuses... c'était une patronne. Harry se sert aussi de ce subterfuge et ils pensent tout les deux qu'elle fait juste semblant de ne rien voir.
Le temps passe et Carole finit par s'endormir. Elle n'a pas vraiment bien dormi cette nuit, encore cette impression d'être observée. Ce sont trois coups forts contre sa porte qui la réveillent. Elle se lève rapidement et va ouvrir les yeux encore bouffis de sommeil et les cheveux emmêlés.
- Draco ? demande-t-elle surprise de le trouver là.
- Bonjour !
Il est inhabituellement joyeux. Cela cache quelque chose de louche. Son patron reprend d'une voix un peu trop alarmée pour être vraie :
- Carole ! Il est presque vingt heure et tu n'es pas prête. Il reprend un ton plus froid, plus 'Malfoy'. Dépêche toi, ce soir sera une soirée grandiose. Pendant que tu t'habilles je prépare un repas vite fait.
- Tu. Ne. Touches. Pas. A. La. Cuisine. Draco !
- Bien, bien. Je t'attends dans le canapé alors.
Il se dirige tranquillement, s'assoit comme il l'a dit et commence une inspection des lieux. Carole, quand à elle, se dirige immédiatement dans la salle de bain où ses habits sont déjà prêt. Elle rentre rapidement sous l'eau bouillante et se relaxe, délassant ses muscles de sa nuit 'agitée'. Elle reste sous le puissant jet au moins un quart d'heure jusqu'à ce que la porte de la salle de bain s'ouvre et que Draco y entre comme si de rien n'était. Il attend qu'elle arrête l'eau puis lui tend une serviette de taille moyenne tout en s'excusant :
- Désolé de te déranger mais tu n'auras pas le temps pour ta méditation comme c'est parti.
Carole lui jette un regard mi-choqué mi-surpris et elle ne peut s'empêcher de formuler sa pensée :
- Je croyais qu'un Malfoy ne s'excusait jamais et pourtant, tu viens de le faire Ô grandissime patron.
- Aujourd'hui est un autre jour, chère employée.
- Et philosophe en plus...
- Allez, dépêche toi un peu ! Si tu as besoin d'aide, n'hésite pas.
- Comme toujours Dray.
Draco fait ce qui pourrait se rapprocher le plus de la moue chez lui. Un Malfoy ne fait jamais la moue... un fait étrange de plus.
Carole entre dans sa chambre, la serviette blanche toujours nouée et tombant au dessus de ses genoux. Elle s'approche de la fenêtre, face à la porte, et s'adosse contre le mur, en tailleur. Elle ferme doucement ses paupières et laisse sa tête se vider ne se concentrant que sur les sensations lui parvenant.
Les bruits de la rue. Ceux de la maison.
Sa respiration.
Inspiration... Expiration... Inspiration... Expiration...
Sa respiration se ralentit, ses muscles se détendent un peu plus.
Après une demi-heure, elle rouvre les yeux et se lève lentement dégourdissant ses jambes un peu. Il est bientôt vingt et une heure. Il est temps qu'elle s'habille.
Elle commence par enlever la serviette tenant sa longue chevelure. Elle donne un coup de brosse rapide, elle s'en occupera à la fin après les avoir séchés. Elle retourne dans la salle de bain ne s'en faisant pas de savoir un homme dans son appartement alors qu'elle est à moitié nue. Dès le début, avec Draco, ils avaient mis les choses au clair. Il n'y aurait aucune relation entre eux autre qu'amicale et cela leur convenait à tous les deux. Arrivée dans la pièce elle attrape les vêtements abandonnés sur le lavabo et retourne une fois de plus dans sa chambre.
Cela peut paraître un peu inutile de déposer les habits à un endroit pour les ramener ensuite à leur point d'origine mais cette routine permet à Carole de se détendre. Il n'y a pas que cette raison évidemment, il y a le fait qu'elle ne peut pas mettre ses vêtements sans un miroir assez grand et le seul répondant à ses critères se trouve dans sa chambre.
Quelques minutes passent, la maison est silencieuse puis une voix retentit brisant l'atmosphère apaisante :
- Draco !
Juste ce nom.
Le silence reprend son droit.
La silhouette fine et musculeuse de l'héritier Malfoy passe la porte de la chambre qu'il referme. Il s'arrête et observe Carole tenant un tas de lanières noires. Son regard commence par détailler son visage, ses cheveux noirs laissant tomber par moment des gouttes sur le sol, ses yeux d'une teinte verte claire parsemés de taches plus sombres. Il voit qu'elle porte toujours la serviette autour de la taille et qu'elle lui tend le tas de lanière.
Elle reprend la parole :
- Tu veux absolument que je porte cet ensemble ce soir et tu sais très bien que je ne peux aucunement le faire toute seule.
Draco les prend sans un mot et Carole laisse tomber la serviette sans une once de pudeur, une fois de plus.
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Plus de quinze minutes sont nécessaires pour venir à bout de l'ensemble et vingts autres pour dompter les longs cheveux de la jeune femme.
Maintenant elle se trouve devant son miroir et sous l'œil expert de son patron vérifie que tout est en ordre.
Sa tenue est composée de fines lanières noires pour le haut et d'un short en guise de bas, le tout en cuir. Les lanières, en cuir, s'entrecroisent sur le devant de son corps et constituent une seconde peau en moulant ses formes et ne laissant apercevoir que de minuscules morceaux de chair. Son dos est laissé nu jusqu'à son milieu où une unique bande de cuir le traverse.
Le short noir est rattaché par deux lanières, une de chaque coté des hanches de la jeune femme et celles-ci sont parcourues par de petits grelots fixés à des chaînes. Pour parfaire son ensemble elle porte des bottes noires s'arrêtant au dessus des genoux. Elles aussi en cuir, sont parcourues d'une multitude de petites chaînes en argent discrètes disposées à l'horizontale et barrées sur les cotées par une ligne de chaînes à la verticale. Draco finit son inspection par les cheveux de la jeune femme. Il sont relevés et tenus par un ruban de la même couleur que les mèches dans sa chevelure. Le tissu bordeaux laisse quelques mèches retomber sur son visage alors que le reste de la chevelure noire striée de rouge se balance sur le dos nu de la jeune femme. Ce mouvement est accompagné du léger tintement d'une clochette attachée à l'extrémité du ruban.
Après cette dernière inspection Draco va attendre la jeune femme devant la porte. Pendant ce temps Carole dit quelques mots à Luna qui vient de rentrer et va récupérer son manteau. Un long manteau gris-noir traînant quasiment sur le sol.
« … encore ton manteau de capitaine de l'armée... » comme dit si gentiment son frère lorsqu'il le voit
Elle attrape ses clés, enfile son manteau et sort, Draco la suivant de près.
Le trajet jusqu'au quartier sud se fait relativement calmement à part un ou deux détours pour éviter une patrouille anti-dissidents et une autre encore contre les personnes violant le couvre feu imposé.
Arrivés dans le quartier bien fréquenté ce samedi soir Draco se met à marcher plus rapidement. Ils arrivent devant un établissement avec sur la façade trois mots « Le Crâne Corbeau ». Une longue file de personne attend de pouvoir entrer dans l'établissement. Tout deux les dépassent et se font dévisager lorsque le garde les laisse passer.
Ce soir là l'ambiance dans la salle est lourde et chargée. Carole se retourne et lance un regard interrogateur à Draco et celui ci ne lui répond que par un haussement de sourcil voulant presque dire « oui ? Quelque chose te gêne ? ». Elle sait qu'il ne sert à rien de l'interroger sur le vrai thème de la soirée alors elle laisse filer.
- Tu veux un verre ? Tu ne commences qu'après Mandy ce soir.
- Mandy ?
- Oui. Grande. Type africaine. Cheveux tressés toujours attachés en une longue queue. Yeux noirs.
- Ah ! Tu veux dire Amanda ?
- Oui, elle a changé de nom de scène depuis que son ancien employeur l'a reconnue lors d'une soirée privée. Elle a aussi changée de créneau horaire, pas après minuit.
- Ok. Tu me le payes ce verre, alors ? demande Carole après un moment.
- N'oublie pas que je suis ton patron quand même.
- Oui patron ! s'exclame-t-elle avant de le suivre.
Ils fendent la foule et se dirigent vers le bar tranquillement. Draco commande une vodka pure et un whisky à Andy, le barman. Il tend le premier verre à son employée et ils s'assoient afin de regarder le numéro. Un groupe est sur scène et salue le public très enthousiaste.
- Ce sont les Laionces, commente Draco, ils font leur dernière ce soir et partent en Allemagne.
- Hum... répond Carole peut intéressée.
Elle observe un jeune homme parlant au barman. Il est assez éloigné mais elle peut remarquer qu'il a une silhouette filiforme et est un peu efflanqué.
Draco ne se décourage pas et continue son explication :
- Le plus étrange est que personne n'aurait cru qu'ils perceraient dans le monde de la musique. Toutes leurs chansons sont des reprises de poèmes sur de la musique classique principalement et parfois d'autres types de musique.
Carole ne l'écoute toujours pas. Elle observe le jeune homme qui semble donner des conseils au barman pour la préparation d'un cocktail. Son attention finit pourtant par se porter sur le groupe lorsqu'elle entend le chanteur annoncer leur prochaine chanson. Une reprise du sonnet 8 de Louise Labé datant de 1555 sur la musique du Lac des cygnes, Op 20, Acte II scène 4 de Tchaïkovski. Intriguée, elle s'intéresse enfin vraiment au groupe. Il est composé de quatre personnes, le chanteur et trois musiciens dont une violoniste.
La musique commence et le chanteur directement après d'une voix claire entame les premiers vers en suivant la musique.
Je vis, je meurs je me brûle et me noie
J'ai chaud extrême en endurant froidure :
La vie m'est et trop molle et trop dure.
J'ai grands ennuis entremêlés de joie.
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Tout à coup je ris et je larmoie,
Et en plaisir maint grief tourment j'endure
Mon bien s'en va, et à jamais il dure ;
Tout en un coup je sèche et je verdoie.
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Tout à coup la musique prend de l'ampleur et la voix du chanteur la suit, comme guidée. Elle devient plus grave et presque enchanteresse :
Ainsi Amour inconstamment me mène
Et, quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me trouve hors de peine.
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Puis, quand je crois ma joie être certaine,
Et être au haut de mon désiré heur,
Il me remet en mon premier malheur
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Le son de la voix du chanteur s'éteint doucement et quelques secondes la salle reste silencieuse, puis les applaudissement résonnent, les chanteurs saluent et finalement, sortent de scène.
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La soirée passe tranquillement et le tour de Mandy arrive. Carole se lève, suivie de son patron qui ne la lâche pas d'une semelle. Elle marche tranquillement vers sa loge et finit par s'asseoir devant un miroir après avoir attrapé son maquillage.
- Quel genre alors ? interroge-t-elle, curieuse.
Au lieu de lui répondre il attrape le maquillage et le sélectionne soigneusement. Ainsi Carole se retrouve avec tout le maquillage près devant elle cependant il ne l'informe toujours pas du thème de la soirée. Ce que Draco a choisi est à peu près dans le même ton. Pour les yeux, un crayon noir, un eye-liner de la même couleur, du mascara noir, deux couleurs d'ombre à paupière : gris anthracite et un rouge sombre. Pour les lèvres Draco a sélectionné presque la même teinte de rouge, juste un peu plus vive.
La jeune femme contemple un instant les couleurs et redemande :
- Quel genre alors ?
- Noir, répond-il puis il reprend, ce soir tu chanteras aussi.
- Quoi ?! Tu ne me le dis que maintenant !
- Ce n'était pas vraiment prévu mais cela guidera ta danse.
Un silence...
- Le titre ?
- C'est une chanson française, tu dois sûrement la connaître...
- Oui ?
- De Saez... continue-t-il guettant une quelconque réaction qui ne vient pas.
- Et encore, interroge-t-elle ne souhaitant pas montrer ses émotions.
- Usé (1)
Avant qu'elle ne puisse poser une question de plus une forte clameur prend vie dans la salle. Draco ordonne à Carole de ne pas bouger.
Il revient un quart d'heure plus tard. La jeune femme se lève rapidement et demande inquiète :
- Draco ? Ça va, il s'est passé quoi ?
- C'est rien, c'est rien. Juste une petite bagarre que j'ai du régler.
- Une petite bagarre ? Et ta joue, ce n'est rien ?
- Ça va disparaître... répond-il agacé
- Ouais mais avant tu vas ressembler à un vrai clown !
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La soirée passe, comme toujours la jeune femme est applaudie et plusieurs personnes, hommes et femmes confondus, lui proposent un verre. Comme toujours elle refuse.
Elle retourne au bar et demande un verre de chartreuse verte(2). Le jeune homme qu'elle a vu un peu plus tôt est toujours là, seul. Des femmes lui tournent pourtant autour mais il les ignore tout simplement.
Vers une heure du matin elle décide de rentrer chez elle, elle retourne donc prendre son manteau dans la loge. Elle traverse ensuite la salle où une musique de A perfect Circle résonne pour la deuxième fois de la soirée, Rose. Alors qu'elle va sortir par l'avant de la boite un vigile s'approche et lui chuchote un message du patron lui proposant de sortir par l'arrière. Elle fait donc demi tour.
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La nuit s'est un peu rafraîchit et une légère brise soulève les pans de son manteau.
Soudain, elle sent une présence dans son dos.
Elle se retourne mais ne voit rien.
Elle reprend sa route mais un peu plus rapidement.
Au détour d'une ruelle, une main s'empare tout à coup de son bras et l'entraîne dans les profondeur de la petit rue.
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Poupée giflée, poupée sanglée...
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Tout devient flou autour d'elle.
Elle entend un souffle, elle le sent, chaud...
L'homme la pousse contre un mur et elle percute violemment la pierre froide et coupante.
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J'ai mal maman, mon corps tremble...
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Elle le sent enlever doucement son manteau qui tombe terre.
La terreur commence à s'insinuer en elle.
Carole se débat mais cela ne sert à rien.
Son agresseur resserre sa prise et la projette à nouveau contre le mur.
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Carole veut jouer aux carbonisés... Amorçons la descente, l'eau assassine s'enroule de détente... Autour de ma cuisse braise l'écorce ardente...
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Elle ne sent plus que la douleur, cette douleur qu'elle craint tant.
Cet souffrance redoutée qui fait qu'elle n'a jamais laissé un homme l'approcher autant.
Elle ne peut plus s'empêcher de crier, crier dans cette ruelle loin de tous.
Elle sait que personne ne viendra à son secours, elle est seule...
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Carole veut jouer, je sais le mal se tait, Carole veut jouer... […]... Mais qui nous fait ça ?... Que tombe ma jambe, je sais le mal se tait...
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La dernière chose qu'elle voit, deux yeux rouges, sans sentiments...
La dernière chose qu'elle entend, une phrase, un chuchotement, froid :
- Pourquoi tuer une si jolie... poupée ? Cassée, elle n'est que plus belle et ma vengeance plus exquise...
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Plusieurs heures plus tard une silhouette fine et assez petite s'arrête devant la ruelle où gît la jeune femme. Un jeune homme s'avance et s'approche du corps, il la prend dans ses bras et l'emmène loin de ce sombre endroit
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La jeune femme se réveille dans un lit aux draps blancs.
Inconnu.
Une porte s'ouvre et elle voit un jeune homme mesurant environs 1.60 mètre s'avancer. Il paraît jeune, pas plus de dix-huit ans mais ses yeux verts – un vert pâle, presque d'absinthe – montrent une douleur trop vieille. Il 'y a aucune vie dans son regard. Il s'avance lentement comme si il avait peur de l'effrayer. Un léger sourire fait son apparition, il le rend encore plus jeune et lui donne un air de fragilité.
Après un moment à s'observer, il prend la parole d'une voix douce avec un accent français prononcé :
- Bonjour, je m'appelle Nathan... Je t'ai trouvée dans une ruelle alors que je passais dans le coin et...
Il ne finit pas sa phrase, il semble un peu gêné et perdu face à Carole. La jeune femme ne peut s'empêcher de rendre un sourire superficiel au jeune ange. Ange, ce mot lui convenait parfaitement avec ses traits fins, sa peau pâle, presque de la porcelaine et cet air de fragilité constante malgré son regard trop vieux, beaucoup trop âgé. Elle se dit qu'il devrait être toujours protégé de la perversité de ce monde.
Monde pervers, elle ne peut empêcher les images de la nuit de s'infiltrer, lui rappelant la souillure de son être.
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Et s 'récurer, s'essuyer l' cœur... Passer par le pire de l'hygiène, S' désinfecter de l'intérieur...
- Agnès Bihl – Viol au vent -
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Une nausée la prend et la jeune femme macule les draps de bile et des restes de son cocktail et de la vodka de la veille.
Elle prend la parole doucement, dans un murmure, de peur que sa voix la trahisse et qu'elle perde le peu de contrôle qui lui reste sur ses émotions :
- Merci, excuse moi mais... puis je emprunter ta salle de bain ?
- Bien sûr. Première porte à gauche.
Nathan la regarde se lever, chanceler un peu et se diriger précipitamment vers la salle de bain. Quelques secondes à peine après qu'elle se soit levée il entend la jeune femme vomir. Son regard s'assombrit un instant car il sait qu'il doit jouer l'ignorant. Il faut qu'elle lui fasse confiance. Se rappelant de l'état des draps il les attrape et les met à tremper dans l'évier vu que son 'invitée' se trouve dans la salle de bain. Il décide ensuite de préparer un petit déjeuner léger. Il fait tout pour ne pas penser, penser à sa fuite, à Raphaël, à Morgan... Tout est bon pour ne pas penser. Ne pas se rappeler sa ''vie'' d'avant.
Pendant ce temps, dans la salle de bain, la jeune femme ayant trouvé des vêtements décide de prendre une douche. Elle met l'eau au plus chaud, c'est à dire plus de quarante degrés et commence à frotter pour enlever le sang séché.
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Et s' rhabiller là où ça saigne... C'est tout c' qui reste d'un rire plein de sang...
- Agnès Bihl – Viol au vent -
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Carole finit par s'écrouler dans la douche, l'eau ébouillante sa peau déjà meurtrie. Des images lui reviennent.
Cet homme... ces yeux... aucun plaisir... juste de la haine...
Haine contre qui ? Contre elle ?
Et cette phrase... que veut elle dire ?
Des larmes commencent à couler et elle ne peut plus les arrêter.
Elle entend la porte s'ouvrir mais ne réagit pas. L'eau est stoppée. Elle sent une serviette être déposée sur ses épaules et elle s'enroule immédiatement dedans, souhaitant s'y enfouir le plus possible, disparaître à l'intérieur. Ne plus exister, ce serait si facile...
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Gratter, frotter, sécher ses bleus... Des cuisses qui veulent serrer les dents... Et l' ventre qui peu qu' fermer les yeux...
- Agnès Bihl – Viol au vent -
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Quelques jours passent et Carole se renferme de plus en plus. Elle ne réussit pas à s'empêcher de frotter toutes les parcelles de sa peau qui ont été abusées. Elle ne peut s'empêcher de s'en vouloir et se demander si elle n'a pas provoqué tout ça.
Nathan ne fait aucune remarque, il respecte son silence.
Tous les jours son portable sonne. Tous les jours c'est son frère. Tous les jours elle l'ignore.
Carole a appris que le deuxième jour Nathan a appelé Draco et lui a demandé un congé indéterminé. Congé accepté, sans questions.
Après deux semaines ainsi, Nathan décide de prendre les chose en main et lorsque la sonnerie du téléphone retentit à nouveau dans l'appartement, il décroche :
- Oui ? dit-il doucement
Un silence se fait au bout de la ligne puis une voix que Nathan reconnaît immédiatement retentit à l'autre bout.
- Excusez moi, j'ai dû me tromper de numéro.
- Attendez, s'exclame-t-il. Vous voulez parler à Carole, je vous la passe.
Le jeune homme tend aussitôt le portable et lui lance un regard disant clairement qu'elle n'a pas le droit de refuser. Elle prend donc l'engin et parle froidement :
- Bonjour, Harry. Ça va, pas besoin de t'inquiéter.
- Carole, tu es sûre que ça va ? Je m'inquiétais et...
- Tu n'avais aucunes raisons, à la prochaine, déclare-t-elle toujours d'une voix sans intonations, puis raccroche.
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Deux autres journées passent et, un soir , alors que son hôte est absent, elle décide de rentrer chez elle.
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Une routine reprend sa place et tout les soirs elle retourne au club même si elle ne danse toujours pas. Draco ne dit rien, ne cherche pas à comprendre.
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Elle met quatre mois avant de retourner au Crâne Corbeau. Un nouveau barman a été embauché, il s'appelle Théodore Nott d'après ce qu'un vigile lui a dit.
La soirée est calme, il n'y a pas beaucoup de monde.
Carole boit plus que d'habitude. Elle commande deux vodka à la suite. Elle regarde la salle sans émotions. Elle se détache pour ne pas se souffrir. Ne pas penser voilà la ''bonne méthode'' se convainc-t-elle.
La soirée passe et elle boit trois, quatre ou cinq autre verre. Elle ne sait plus trop. Alors qu'elle se lève, un peu chancelante, une fille passe à coté d'elle. Une odeur de parfum industriel agresse son odorat et une vague de nausée la prend. Elle se précipite vers les toilettes et vomit tout l'alcool de sa soirée.
La jeune femme pense alors que sa journée ne pouvait pas être pire. En effet son frère l'avait appelée un peu plus tôt dans la journée lui disant qu'il arriverait à la fin de la semaine et qu'elle ne pourra pas se défiler. Il la verra !
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Dans la salle un jeune homme brun a observé la scène un verre de vodka pure à la main. Après quelques minutes il se lève doucement après avoir fini sa boisson.
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La fin de la soirée est floue pour Carole et maintenant une seule pensée tourne dans sa tête.
La révélation de Nathan.
Elle ne sait pas comment il peut être au courant , elle ne se rappelle pas comment elle est arrivée ici. Seule cette pensée tournait dans sa tête encore et encore :
- Enceinte, je suis enceinte...
Elle ne voulait pas y croire avant mais maintenant... Elle se ment depuis quatre mois déjà...
Après plusieurs minutes elle demande avec horreur de combien de temps même si elle s'en doute et son ange – elle surnomme Nathan ainsi même si elle ne lui a jamais dit – répond :
- Je dirais quatre mois.
Carole se laisse tomber à terre. Il est trop tard pour avorter. Comment expliquera-t-elle son état surtout à son frère. Seul lui sait que le fait qu'un homme puisse la toucher la dégoûte alors, comment faire...
Elle ne peut pas lui avouer ça. Elle ne pourra jamais, il ne comprendrait pas, il ne...
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« Ce matin la police a déclaré avoir reçu une lettre avec un ordre. Cet ordre était de la diffuser dans les médias afin que cette missive atteigne la personne concernée. Le ministère publie donc ce message souhaitant que cette personne soit retrouvée et fasse avancer l'enquête sur ces meurtres en série :
''Alors, mon petit ange des ténèbres aux yeux verts, comment va ta sœur depuis que je l'ai engrossée dans cette ruelle une nuit après son travail ? Tu sais, elle danse très bien pour une française. Vous vous ressemblez beaucoup, je pourrais presque croire qu'elle a un lien de sang avec toi. Elle a un corps tellement appétissant, mais moins que le tient évidemment... Oh, je suis désolé, tu ne devais pas être au courant vu qu'elle ne te donne plus de nouvelles...»
C'est ce message qu'un jeune homme aux yeux émeraudes entend alors qu'il arrive dans son hôtel. Un nom lui vient et franchit ses lèvres alors que ses pupilles s'élargissent face au choc :
- Tom...
** Il faut faire une différence entre l'organisation du Crâne Corbeau et les dissidents. Le chef du Crâne Corbeau prévoyait un coup d'État pour prendre le pouvoir et diriger comme il l'entendait alors que les dissidents sont contre le régime et le font savoir en se rebellant contres les lois et autres... La différence entre les deux est la manière de faire.
*** Cela peut paraître bizarre que le frère de Carole ne soit pas surpris qu'elle sorte en boîte avec ce qu'il vient d'apprendre sur le régime politique mais il oublie assez rapidement car ce n'est pas du tout le même système de vie qu'il a. Il est en France, et là il n'y a pas ces lois donc ce n'est pas interdit de sortir, ressentir des émotions, s'amuser... Cela ne lui vient pas non plus à l'esprit qu'il n'y a plus qu'un seul endroit, un seul quartier vraiment libre. De plus Carole a menti (pour ceux qui suivent encore l'explication), elle dit qu'elle va à l'opposé de l'endroit où les meurtres ont été commis mais les « 3 victimes » appartiennent aux dissidents en quelque sorte. Il n'y a qu'un seul endroit où ils pouvaient se trouver le soir.
Désolée pour l'explication un peu longue mais nécessaire pour bien comprendre, je pense.
(1)la description de la danse avec la chanson est dans le chapitre d'après.
(2)Cf Poppy Z. Brite pour ceux qui connaissent et Âme perdue (Lost Soul) (pour la chartreuse verte) Livre que je conseille à lire :)
Prochain chapitre vers le 21 aout le temps que je le relise et que je commence le chapitre 4. Si j'avance un peu plus vite je le mettrai surement plus tôt.
Aussi si vous voulez des précisions car pour moi c'est clair mais ça ne l'est surement pas en vrai...
Réponse review :
Anna :Merci pour ta review, elle m'a motivée à finir le chap 3. Pour ce qui est du contexte je voulais vraiment écrire quelque chose de sombre et ETHS allait parfaitement avec. Pour le "2 jours plus tard" je croyais l'avoir enlevé car c'était plus pour moi dans le brouillon et pour "flash back" j'avoue ne pas avoir fait attention. bref j'ai corrigé tout ça.
merci encore en espérant que cette suite t'ait plu.
Tsuh...
