Rating : M pour violence
Genre : Drame (malheurs qui arrivent faute de l'homme, rien de prédestiné, pas d'instance supérieur qui décide); horreur (violences, fic "noire", meurtres) mystère (il en faut toujours) presque Death-fic...
Disclaimer : Tout appartient à J.K.R sauf l'idée de cette fic. Andy (un des barmans) et Carole sont à moi. Les chansons Entends tu les pas et Usé appartiennent respectivement au groupe Eths et à Saez.
/!\ Avertissement/!\ : Encore et toujours de la Violence (bah oui... Voldemort il est pas gentil sinon ça se saurait et j'essaie de ne pas le faire (trop) OOC). Chapitre tout Sauf joyeux à la fin.
Note 1 : Un chapitre centré sur Théodore Nott, il risque d'y avoir de l'OOC dans ce chapitre qui coté longueur est entre le 1 et le 2. Je dirais qu'il est d'une certaine manière plus violant que les autres et normalement c'est le seul qui l'est à ce point (c'est surtout un peu plus détaillé)
Note 2 : J'avais annoncé dans le prologue qu'il y aurait 4 chapitres et un épilogue en fait... il y en aura plus grâce (ou à cause, dépend du point de vue) de certaines review qui font que j'appronfondirai des points qui auraient été flous.. Au moins 7 voire 8 chapitres + l'épilogue
Note 3 : Une petite chronologie pour bien situer les événements.
blabla italique = pensées sauf dans les articles de presse et tv.
Chronologie
Février 2016 : article sur les meurtres. (prologue)
Début mars : meurtre de Narcisse, neveu de Severus Snape.
6 jours après : meurtre de Regulus Black, frère de Sirius Black. Ce dernier est le compagnon de Severus Snape.
Le même jours : meurtre de Ginevra Weasley, informatrice pour les dissidents, à surpris Tom avec le cadavre de Regulus.
Mi-mars : début du chapitre 2, un vendredi.
Mi-mars, le même jours : début du chapitre 3.
Samedi : soirée au Crâne Corbeau. Enlèvement de Carole (19 ans) et viol. Trouvée le lendemain matin par Nathan.
2 semaines plus tard donc début avril : Carole parle à Harry (23 ans) et rentre chez elle 2 jours plus tard.
Mi-juillet : retourne au club mais ne danse pas. Nathan lui annonce qu'elle est enceinte d'environs 4 mois et confirme ce qu'elle savait déjà. Au même moment, la police reçoit un message pour le « petit ange des ténèbres aux yeux verts » de Tom.
Sur ce, merci pour les reviews qui me motivent toujours autant (réponse fin de chapitre et j'espère n'avoir oublié personne), les alerts... et surtout de lire donc Bonne lecture !
Le Crâne Corbeau
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« Désolé mon amour, j'ai la bouche bien cousue, De ses fils barbelés en forme de motus, Où s'accrochent tour à tour mes idéaux perdus, Ces mensonges emboîtés comme des poupées Russes. » La fille d'Octobre*
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Chapitre 3 : Entends-tu les pas ?
«Entends tu les pas de celui qui vient te prendre
A terre te jeter, en toi s'épandre
Ses paroles douces et chaudes à l'instar de ces mains
Glissent sur tes hanches, subliment tes reins »
Eths – Entends-tu les pas
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Une heure.
Une heure qu'il est dans cet amphithéâtre à écouter une prof soporifique déblatérer sur le droit des obligations. Pourquoi a-t-il donc choisi cette filière pour sa couverture ? Le jeune homme se le demande encore. Deux ans qu'il a quitté Poudlard et sa sécurité, deux ans qu'il doit se cacher. Poudlard était une école privée très réputée et grâce à son père qui y avait lui même fait ses études et à leur fortune il avait pu y entrer à son tour.
Son père, voilà tout son problème.
Le jeune homme passe, dans un tic nerveux, sa main droite dans ses courtes mèches foncées.
Il n'est vraiment pas intéressé par cette matière et le droit en général mais après l'arrestation d'une secte prévoyant un coup d'état il avait dû se résoudre à se cacher. En effet Nott Senior, son père faisait parti de cette organisation ou plutôt, cette secte.
Le Crâne Corbeau.
Son cher paternel étant assez bien placé dans la hiérarchie avait très mal pris son refus d'intégrer l'organisation et Théodore ne pouvait qu'attendre que l'agitation se calme.
Bien sur, Le Crâne Corbeau a été démantelé mais énormément de ses pratiquants sont toujours libres et cherchent les traîtres. Et évidemment, lui, Théodore Nott en fait partie.
Sa journée passe très lentement et, dès le dernier cours fini il se précipite hors de l'université et rentre chez lui. Il avait loué un petit appartement en centre ville et, pour sa sécurité, devait en sortir le moins possible tout en restant normal vis à vis des autres. Cela n'est pas aisé certains jours et surtout lors des contrôles d'identités car le ministère ne le contrôle jamais. Quel meilleur moyen pour se faire repérer...
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Il est rentré depuis à peine cinq minutes que trois coups résonnent contre sa porte d'entrée. Théo ne se presse pas pour aller ouvrir et, quand il le fait, découvre un homme noir de son âge, grand, les yeux en amande qui le regarde en retenant un sourire moqueur. Théo soupire, se pousse et déclare froidement :
- Blaise... Qu'est ce que tu me veux encore ?
- Je vois que tu es heureux de me voir Théo. Je voulais juste savoir comment tu va et ça à l'air d'aller très bien.
Une fois de plus il sourit, ne fait pas attention au regard glacial de son hôte et va s'asseoir sur un fauteuil assez vieux. Il reprend :
- Toujours aucune nouvelle de tes richesses à ce que je vois.
- Tu vois très bien, répond-il sèchement.
- Je constate surtout que tu dors mal en ce moment.
Théodore se met soudainement à rire et déclare méchamment à son hôte forcé :
- Qu'est ce tu en as à foutre de ce que je fais de mes nuits ? Tu veux en faire partie peut-être ?
- Pas du tout, tu n'es pas mon genre.
Théodore, face à ces mots, se retourne et se sert un verre pour ne pas montrer son dépit face à la réponse de son ami. Il lui demande après un moment ce qu'il veut boire.
- Rien du tout. En fait je passais rapidement pour savoir ce que tu fais demain soir.
- Rien, répond prudemment le jeune homme.
- Parfait ! s'exclame Blaise. Tu ne peux donc pas refuser mon invitation pour sortir demain.
- Sortir où ?
- Le bar tenu par Draco évidemment. Il paraît que demain sa meilleure danseuse va se produire pour un spectacle inédit.
- Et pourquoi aller voir une danseuse m'intéresserait ? Tu sais que je déteste les endroits bondés.
- Tu as besoin de sortir un peu Théo. De toute façon ils ne te rendront pas ton héritage demain alors tu peux bien venir. Surtout qu'elle est française...
- Et cela change quoi ? demande-t-il en haussant un sourcil.
Blaise le regarde sceptiquement puis déclare :
- Tu as été trop en contact de Draco, il te transmet toutes ses sales manies. Donc, je viens te chercher demain à dix neuf heure.
Il se lève et commence à partir.
- Je n'ai pas dis que je venais Blaise.
- A demain mon chou !
Et Blaise claque la porte laissant un Théodore stupéfait se disant qu'ils étaient pourtant tout deux à Serpentard à Poudlard et qu'il venait de se faire avoir.
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Le lendemain, dès l'ouverture de la banque il appelle et commence alors la longue attente accompagnée de musiques toutes pires que les autres au fur et à mesure. Vers midi il réussit à avoir son banquier et débute une bataille dont les arguments sont qu'il est trop jeune, il a encore ses études ou que sa vie est toujours en danger. Tout ça pour dire qu'ils ne comptent pas lui redonner l'entière possession de son héritage avant un long moment et préfèrent le laisser à l'État qui en fait un bien meilleur usage.
C'est ainsi que, le midi venu, Théodore démoralisé par cette matinée perdue ouvre son frigo et attrape un yaourt au fruit. En même temps il fait chauffer de l'eau dans une casserole et l'arrête lorsqu'elle frémit. Il la verse ensuite dans une tasse de cinquante centilitres (une grande tasse) et rajoute un thé à la poire au goût très prononcé et sucré.
L'après midi passe rapidement, trop rapidement.
Trois longs coups résonnent contre sa porte et le jeune homme se lève délaissant ses notes de droit jonchant sa petite table de cuisine. Évidemment ce n'est que Blaise, avec toujours le même petit sourire en coin. Ce dernier prend immédiatement la parole, presque surexcité ce qui se traduit pour lui par un étrange pétillement dan les yeux et un petit sourire horripilant.
- Bonjour Théo. Tu es prêt. Il ne faut surtout pas être en retard !
Et c'est ainsi que le jeune homme se retrouve traîné dans les rues et atterrit devant un établissement avec une enseigne toute simple. Deux mots et une plume noire pour ponctuer la phrase. Le Crâne Corbeau.
Ils font la queue pendant presque une demi heure et Théo regarde dépité le mouvement de foule lorsqu'un homme blond accompagné d'une jeune femme au long manteau les dépassent et entrent dans la boîte en saluant le vigile à la porte. Ils sont si stupides qu'ils ne reconnaissent pas ceux qui sont employés dans la boîte et encore moins le patron, c'est presque pathétique. Le mouvement amorcé est cependant vite contenu lorsque trois personnes à son origine sont refoulées lors du contrôle.
L'attente recommence. Interminable entre tous ces chuchotements et cette foule.
Blaise semble ne plus tenir en place lorsqu'ils arrivent finalement à pénétrer dans l'établissement et Théodore se fige presque. L'intérieur est spacieux, de lourdes tentures sombres séparent la salle des coulisses. En elle même la salle comporte trois parties : les tables, le bar et la piste de danse. Le tout est décoré dans un dégradé de rouge et de gris oscillant parfois vers le noir. Blaise se penche à son oreille en s'accrochant à son bras alors qu'ils traversent une foule de danseurs et lui dit fortement pour être entendu :
- Ce soir, c'est une soirée à thème. Le patron a choisi le noir !
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Après avoir dû danser pendant plus d'un quart d'heure il a réussi à s'asseoir, enfin, au bar et tout ça pour qu'un groupe de fille lui tourne autour. Théo remarque aussi la jeune femme, rentrée un peu plus tôt qui l'observe à la dérobé et qui finit par se détourner.
Il retourne dans ses pensées lorsqu'il entend le barman, un peu affolé, appeler son collègue :
- Andy ?! Andy !Putain Andy t'es où ?
Il détourne son attention rapidement.
- C'est toi le spécialiste des cocktails ! Alors ramène ton cul ici tout de suite et arrête de fumer. On bosse, merde !
En entendant le mot cocktail Théo ne peut s'empêcher de demander quel genre de cocktail et Zacharias, le barman répond sèchement :
- Si tu connais le Polar Blue Lagoon** je veux bien ton aide mais comme j'en doute...
Théo ne se laisse pas démonter et montre au jeune barman dans quel ordre ajouter le curaçao bleu, la vodka et la limonade dans un verre rempli de glaçon et le jeune barman reproduit puis tend le verre à une femme.
Quelques minutes plus tard un homme grand, à la coupe militaire s'approche de Zacharias et lui demande ce qu'il voulait. Le jeune répond sèchement :
- C'est trop tard Andy !
- Comment ça trop tard ?
- Ça fait un quart d'heure que je t'ai appelé !
- Et c'est quoi le problème ?
- Quoi le problème ! répète Zach vivement. Le problème est que c'est un client qui a du m'aider alors que tu es mon supérieur et celui qui s'occupe des cocktails ! Voila le problème Andy, tu es incapable de faire un service complet et tu nous mets tous dans la merde ! Tu veux que je te le dise autrement peut-être !
Zach est alors interrompu par un coup de poing dans le ventre. En face de lui, Andy se tient rouge de colère et s'apprête à réitérer lorsqu'une main fine se pose sur son bras et le retient. Andy se retourne brusquement pour dire sa façon de penser à l'importun mais se fige immédiatement en voyant son patron.
- Andy... peux-tu m'expliquer ce que tu es en train de faire, demande-t-il doucement, peut-être un peu trop.
Il était mort, voilà la pensée dudit Andy en voyant le regard glacial de son patron alors, pourquoi ne pas se faire plaisir ? Un rictus mauvais prend place sur son visage. Il envoie une droite à son patron puis quitte le bar. Cependant il n'entend pas Draco murmurer :
- Ta vie est finie Andy, foi de Malfoy.
Théodore regarde cette altercation de loin et soupire face à l'emportement de l'employé.
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La soirée passe tranquillement et Blaise revient finalement vers lui et ne remarque pas l'éclat de jalousie de Théo alors qu'il flirt avec une jeune fille brune.
- C'est l'heure de la française ! s'exclame-t-il joyeusement.
En effet des projecteurs se braquent sur la scène et en son centre se trouve Draco Malfoy, le patron. Beaucoup chuchotent quand ils aperçoivent la marque du coup reçu un peu plus tôt mais ce dernier ne semble pas y faire attention. Il annonce d'une voix forte :
- Bonsoir. Ce soir pour fêter la troisième année d'ouverture du Crâne Corbeau Carole nous fait le plaisir de danser une inédite, encore jamais vue. Une dernière petite chose, elle a acceptée de laisser entendre sa voix ce soir, ce qui est très rare alors, savourez !
Des faibles applaudissements raisonnent alors que la musique commence immédiatement, quelques notes de piano...
Une voix claire commence à chanter :
« Usé par les hommes. Par le bruit qui rend fou. Usé par la vie. Par les hurlements. »
Tous ont le souffle coupé par l'apparition. Dans l'ombre une jeune femme apparaît, habillée tout de noir. À chaque parole elle fait un pas de plus et des clochettes raisonnent. Tous sont subjugués par la voix de cette femme même si peu comprennent réellement les paroles qui sont en français.
« Usé par le silence. Usé par le vent. Usé par l'oubli. »
Carole apparaît alors à la lumière qui reflète ses mèches rouges et fait ressortir sa tenue de cuir. Elle avance toujours et tout en chantant, calmement, elle s'approche de la barre fixe au milieu de la scène. Elle caresse la barre tout en chantant toujours. Elle fait un tour calmement et ses cheveux se balance dans ce rythme indolent.
« On oublie pourtant. Qu'un jour on s'est aimé. Qu'un jour on a vécu... »
En suivant le lent rythme des paroles Carole descend de la scène, s'approche d'une personne et... repart sans un regard pour cette homme assis.
« Usé par un monde. Qu'on ne comprend plus. Qu'on a jamais compris. »
Le rythme accélère progressivement. Carole se met à tourner lentement autour de la barre qu'elle a à nouveau rejoint. Elle se laisse lentement tomber et les paroles continuent à couler hors de ses lèvres. Elle rejette la tête en arrière, soudainement.
« Mais qu'il continue. A tourner encore. A tourner toujours plus. A faire tourner la tête. »
Elle reste suspendue un moment et fini par se relever sensuellement. Son regard se fixe dans celui de Théodore. Elle avance, tel un félin, sans jamais quitter ses yeux et le texte semble avoir sa propre vie. Elle se détourne subitement de Théo et attrape un homme. Semblant l'accuser elle continue à chanter, plus fort :
« Et non, y a plus d'amour. Y a plus que des troupeaux. Des vendus, des vautours. Des vendeurs de merveilles. Des joueur de tambours. »
Carole enchaîne les mouvements tantôt lents tantôt vifs, tantôt fluides tantôt saccadés et se retrouve une fois de plus sur scène, dos au public.
Inaccessible.
Proche et pourtant trop loin.
« Te voila qui revient. Te voilà toi mon frère. Qui me dit prends ma main. Marchons vers la lumière »
Elle reprend encore. Danse la main tendue vers une personne imaginaire et semble marcher vers la lumière mais au contraire se dirige dans les profondeurs de la scène.
Profondeurs emplies de ténèbres.
Elle s'arrête.
Le monde semble se figer alors que sa voix prend de l'ampleur.
« Et le cœur plein d'espoir. Et le cœur infini. On oubli qu'il fait noir. »
Le public n'ose plus faire un bruit face à cette voix. Voix enchanteresse et remplie d'une sorte de douleur.
La fin de la chanson est proche.
Soudain, semblant prise d'une frénésie ou d'une folie elle se met à tournoyer, tournoyer toujours plus. Ses cheveux volent autour d'elle en une ligne noire et rouge. Les grelots tintent toujours plus et sa voix prend encore plus de puissance.
« La la la la la la la la la la.. ».
Et tout s'arrête brusquement.
Carole tombe et ne bouge plus.
La musique s'est arrêtée elle aussi.
Le silence résonne dans la salle puis viennent les applaudissements.
Elle gît sur le sol noir de la scène, ses cheveux éparpillés et les mèches rouges semblant former une étrange marre de sang.
La danseuse se relève gracieusement, salue et remercie.
Peu à peu le légers brouhaha du club recommence.
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Après cette soirée, les jours défilent et Théodore finit par retourner à la boîte avec Blaise et, parfois, seul. C'est ainsi qu'il apprend que Carole, la danseuse française, est remplacée pour un temps indéterminé. Sa remplaçante n'a pas autant de charme que la française mais a un talent certain dans la danse et sa beauté lui avait quasiment donné le poste de remplaçante d'office. En effet ses yeux bridés, ses longs cheveux noirs et sa taille moyenne la rendent appréciée de tous. Cependant, du peu qu'il avait entendu le barman dire, elle avait un caractère détestable.
Parfois il arrivait à Théodore de se demander où était Carole car il ne la croisait plus en cours.
Elle a purement et simplement disparu.
C'est aussi ce soir là, après avoir aidé le barman pour la composition d'un cocktail récent mais à la mode en Allemagne qu'il réussit à avoir un travail. En fait, alors qu'il allait partir, une silhouette bien connue l'avait abordé et proposé le boulot car il avait un talent certain avec les alcools et les boissons en général. Théodore avait tout d'abord hésité devant la proposition de Draco, un ami de Blaise, et finalement accepté sachant qu'il ne récupérerait pas tout de suite sa chère maison. L'argent finirait par lui manquer un jour et il n'accepterait aucun colocataire dans son appartement.
Son seul havre de paix.
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Sa vie devient très vite routinière.
La journée les cours, le soir la boîte, sauf le dimanche et le lundi. Théo ne sait pas combien de temps il va réussir à tenir le rythme mais il apprécie un peu plus son exil forcé.
Alors qu'il se prépare à aller dans le quartier des insurgés Blaise rentre dans l'appartement sans frapper et claque violemment la porte. Il paraît essoufflé et un peu inquiet mais le métis se reprend très vite et explique :
- Je pars ce soir !
- Pourquoi ?
- Un travail.
Les réponses sont brèves et rapides.
- Officieusement ?
- Le Ministère m'a repéré. Il faut que je me fasse oublier. Je reviens dans un mois. Mais avant, reprend-il plus joyeusement, ce soir on fête les deux mois de ta première entrée au Crâne Corbeau !
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Deux mois, cela fait deux mois que Carole a disparu, il ne sait pas pourquoi il pense à cela mais Théo se doute qu'il y a un lien avec Voldemort.
Toujours lui.
Il ne sera jamais tranquille, libéré de toutes peurs d'être un jour découvert et assassiné pour sa trahison.
Alors qu'il prépare un cocktail il surprend une conversation entre son patron et... Carole !
- Je vais très bien Draco, je t'assure mais je ne me sens pas capable de danser.
- Juste pour un soir...
- Non !
- Donne moi au moins tes raisons alors !
Le ton monte rapidement et la jeune femme part rageusement en lançant :
- Vire moi si tu veux, je m'en fous !
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Après cette soirée il n'a pas vu la jeune femme. Encore deux mois sont passés. Nous sommes samedi.
Quatre mois après l'agression de Carole même si Théodore ne le sait pas.
Il finit son service vers cinq heure du matin pour avoir son congé le samedi en plus de ses deux autres journées (ou plutôt soirées). Alors qu'il parcourt les rues désertes éclairées par la pâle lumière de l'aurore il se sent observé.
Il se retourne plusieurs fois, ne voit rien.
Il accélère mais la présence se rapproche.
Il se retourne.
Encore.
Ne voit toujours rien.
Un souffle dans sa nuque.
Un coup.
Le noir.
…
Théodore se réveille doucement. Il sent une tension sur ses épaules et des liens autour de ses poignets.
Il est attaché.
Non.
Suspendu.
Quelques minutes passent, il essaie de comprendre ce qu'il se passe... s'est passé...
Rien ne lui vient.
Il relève doucement la tête et voit ses mains étroitement liées à un crochet suspendu à une corde. C'est seulement à ce moment qu'il se rend compte qu'il touche à peine le sol.
Une odeur est persistante dans ce qui se trouve être un immense entrepôt abandonné. Une odeur de viande pourrissante, en décomposition. Pourtant pas un bruit ne perce le silence. Il tourne lentement la tête vers la gauche tout en essayant de ne pas tirer sur ses épaules devenant douloureuses. Il aperçoit des carcasses, carcasses d'animaux mais, dans le coin le plus éloigné il voit une chevelure noire souillée de sang. Chevelure qui ne peut être qu'humaine.
Une porte claque.
Le bruit résonne dans le vide de l'entrepôt et des pas s'approchent de lui.
Par derrière.
Théo essaie de bouger ne voulant pas tourner le dos au danger mais une vive douleur le rappelle à l'immobilité forcée. Où plutôt à un semblant d'immobilité.
Un homme se place face à lui et l'observe de ses yeux carmins entourés de mèches noires. Il est habillé de noir et cela fait ressortir la pâleur de sa peau. L'homme se met en mouvement. Il tourne lentement autour de Théo qui ne peut bouger. L'autre murmure tout en commençant à déboutonner la chemise anthracite de son prisonnier.
- Je ne voulais pas te blesser... Tu ne m'aurais pas suivi seul...
La chemise cède et tombe dans un bruit sourd sur le sol de ciment taché du sang d'animaux... et peut-être humain... Il laisse ses mains caresser la peau, fait des arabesques de ses longs doigts fins.
- Ta peau est si douce... Laisse moi rendre hommage à ton corps... Laisse moi remplacer ceux qui ne te méritent pas...
Théo reste figé, comme un cerf pris dans les phares d'une voiture et qui attend l'inévitable. Il frissonne face aux paroles de L'autre. Il comprend ce qui l'attend et ne peut qu'imiter ce cerf attendant son dernier instant.
L'impact !
Il n'y a que ça à faire, attendre, l'impact !
Regarder l'inévitable se rapprocher... L'impact !
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L'autre a fini son travaille et recule. Il examine Théo puis tous les vêtements à terre. Le prisonnier bouge, essaie de se soustraire à cet examen. Un sourire sadique apparaît sur le visage du ravisseur.
- Tut tut tut ! Théodore... Il ne faut pas bouger, susurre-t-il à son oreille. Attends moi bien sagement. Il faut te punir...
Il revient très vite avec un set d'aiguille et un chalumeau.
Pour essayer de ne pas montrer sa terreur Théo ferme les yeux mais les rouvre lorsqu'il entend le chalumeau. En chauffant une des plus petite aiguille L'autre déclare :
- Il ne faudrait pas que tes plaies s'infectent, beauté. Nous ne faisons que commencer le jeu.
Il le détache brusquement et Théo s'effondre au sol, ses jambes ne le soutenant pas. Depuis combien de temps est-il là, attaché comme une bête ? Pour combien de temps encore ? Va-t-il seulement sortir vivant ?
Il en doute alors qu'il sent la première aiguille s'insérant dans la deuxième phalange du pouce de sa main gauche. L'endroit le plus sensible, il laisse l'aiguille plantée de trois millimètres dans sa chair et prend un autre doigt.
La douleur est insupportable. Il ne peut pas faire un geste sans qu'une aiguille ne s'enfonce un peu plus ou ne bouge.
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- Théo ! Théo ! T'es là Théo ?
Blaise tambourine à la porte mais au bout d'un quart d'heure sans réponse se résout à laisser un mot. Il s'assoit sur le palier, sort un crayon et un morceau de papier. Lorsqu'il a fini il glisse le mot dans la fente de la porte. Le mot tombe de l'autre coté.
Blaise repart.
Dans l'appartement, une fenêtre est restée ouverte.
Un coup de vent et le mot s'envole.
Il passe par la fenêtre et tombe dans la rue où il ne tarde pas à se faire piétiner par des passants pressés.
« Théo. C'est Blaise, je suis passé à l'appart pour te dire que je suis revenu mais le Ministère est une vrai teigne. Il faute que je parte encore. Hors de l'Europe cette fois... Le régime commence à se répandre partout, il faut que j'aide les réseaux de résistance. En espérant te voir bientôt et que la liberté finisse par gagner.
Blaise... »
Un mot perdu... qui ne sera jamais lu par son destinataire à cause d'une simple fenêtre restée ouverte.
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Le week-end passe lentement pour Théo, son ravisseur n'est toujours pas revenu et lui est resté étendu sur le sol de ciment froid, nu...
Incapable de faire le moindre mouvement. Dans ses brefs moment de clarté il se met à penser qu'il a été drogué. Peut être...
Une porte claque, comme la première fois et Théo sait que tout va commencer maintenant et finir aussi. Finir en douleur sans échappatoire.
C'est une certitude.
L'homme est revenu et le toise.
Il attrape brusquement Théo par les bras et le raccroche au crochet et la torture commence.
L'autre utilise plusieurs techniques. Pour faire durer le plaisir, explique-t-il calmement.
Couteau.
Sel.
Citron.
Fer rouge.
Fouet.
Martinet.
Les gestes sont sûrs, précis.
Ses cris déchirent le silence de l'entrepôt de boucherie dont le sol de ciment recommence à se repaître de sang... mais de sang humain. Il ne retient plus ses cris. A quoi bon être fort alors qu'enfin tout va bientôt être terminé ? À quoi sert la fierté dans ces moments ?
Le pire est qu'Il lui donne à manger, à boire, et soigne les plaies les plus profondes. Le supplice semble ne jamais vouloir se taire et, lorsque la douleur est trop forte Théo se laisse emporter par les Ténèbres, espèce de capitulation...
Pour lui une éternité est passée.
Dehors le soleil se lève, nous sommes le lundi matin.
Deux jours sont passés... deux jours de pure horreur.
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Ce soir là une silhouette portant un drap noir se faufile dans la nuit et dépose son « paquet » dans une petite rue.
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Théo se réveille une fois de plus sur un sol dur mais, quelque chose est différent.
Le bruit.
Voilà la différence ! Il entend des chants d'oiseaux et des voix. Il ouvre un œil, puis deux.
Il fait nuit.
Il voit des étoiles dans le ciel.
Il est donc libre...
Il se redresse douloureusement, tout son corps est douleur.
Il voit un drap noir qui le recouvre et ses vêtements sont déposés en une pile contre le mur. Alors qu'il se relève difficilement il voit une petite note. Il l'attrape du bout de ses doigts blessés.
« Tu étais exquis... mais pas un mot où tu me reverras petit serpent... »
Théo se dépêche – autant qu'il le peut alors qu'il est une plaie vivante – et se rhabille. Son corps est couvert de sang figé et... un autre liquide... Non ! Il ne veut pas y penser. Il ne doit pas y penser ! Il doit juste rentrer chez lui et faire comme si de rien n'était.
Ces quelques jours n'ont pas existé, n'existeront jamais...
Le jour se lève et Théo sort de la ruelle en y abandonnant le drap noir et la plume de corbeau. Il rentre à son appartement en ignorant ses blessures. Physiques et morales.
Arrivé chez lui, il s'écroule sur son lit en laissant échapper un gémissement de douleur. C'est la sonnerie répétitive d'un téléphone qui le réveille. Il le laisse sonner mais, au bout de cinq minutes finit par décrocher.
- Allô ?
- Théo ?
La voix au bout du fil est soulagée.
- Oui Draco. J'allais t'appeler pour dire que je ne pourrai pas venir pendant une semaine. Je suis malade.
- Oh... Ok... il semble surpris. Tu préviens un peu tard mais je pense que Zach et Dean pourront se débrouiller seul. Repose toi bien et j'espère que ce n'est pas trop grave !
Draco raccroche et le téléphone continue à faire retentir des bips strident. Théo le lâche et il atterrit sur le tapis. Un rire nerveux commence à sortir de sa gorge alors qu'il se rappelle des paroles de Draco.
« J'espère que ce n'est pas trop grave »
Bien sur ce n'est pas grave ! Son corps est couvert de coupures, coups de fouets, bleus... mais ce n'est pas grave !
Son rire reprend de plus belle.
Il a été battu, attaché comme un chien... mais tout va bien !
Son rire commence a resté coincé dans sa gorge.
Il a été mis a nu, violé... mais tout va... NON ! Ne pas penser à ÇA ! Rien ne s'est passé, ce n'est qu'un rêve. Un très mauvais rêve mais rien de plus.
Son rire s'éteint. Il est remplacé par des larmes traîtresses. Larmes qui n'ont rien à faire ici puis-ce que rien ne s'est passé...
…
Il finit par s'endormir.
Une semaine passe.
Il reste enfermé dans une pièce mais ce soir Théo doit sortir travailler et retrouver le monde des vivants. Il ne s'en sent pas capable.
Il prend sont téléphone et appelle sont patron. Après vingt minutes d'explication et surtout d'argumentation il réussit à avoir un congés de trois semaines.
Il raccroche.
Il va ouvrir une fenêtre. Observe les lumières d'un monde qu'il sent éloigné.
Il prend une cigarette, une blonde. Il attrape ensuite son briquet, noir. Comme son humeur. Il allume la clope et inspire la première bouffée. Aussitôt, il se détend.
Dire que la première fois qu'il avait essayé, la fumée lui avait irrité la gorge. Il avait ensuite dit qu'il ne voyait pas le plaisir et il avait continué la clope sous l'injonction des autres. Au bout de quatre bouffées il supportait mieux. Dire qu'il avait dit qu'il ne voyait pas l'intérêt de fumer. Et maintenant il se perd dans un des seuls plaisirs qu'il s'accorde espérant qu'il le détruise rapidement.
Il y a ça et son deuxième et dernier plaisir. La lame d'un couteau sur ses chairs.
Il ne peut plus s'en passer. Il doit souffrir pour vivre encore un peu lui qui se sent perdu. Souffrir pour oublier, se sentir un peu plus vivant.
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Un mois passe.
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Il retourne un soir au bar. Il ne pense plus. Les gestes sont mécaniques. La vie reprend ses droits ou plutôt ne veut pas laisser sa place sans se battre.
Deux jours plus tard la danseuse française, Carole, revient et reprend des tours de danse. Et quelques jours après des rumeurs disent qu'elle fait maintenant les « formules complètes », l'euphémisme pour la prostitution... Ce sont juste des ragots.
Les jours passent. Une routine s'installe. Personne ne voit Théodore qui sombre doucement.
Lorsqu'il rentre le soir la lame d'un couteau passe immédiatement sur un endroit encore vierge de sa peau et il se laisse emporter dans l'apathie bienfaisante de la douleur. Douleur qui s'amoindrit de jour en jour.
Il est seul. Personne ne comprend. La seule personne à qui il tient est partie sans laisser de trace.
Blaise... celui pour qui il serait près à tout. Même disparaître si cela pouvait lui faciliter la vie. Après tout il ne sert à rien. Lui, Théodore Nott. Il n'a plus que son nom.
Plus de fortune.
Plus de biens.
Plus rien.
Juste une souillure ineffaçable.
Cela aiderait Blaise s'il n'était pas là.
Théo se lève comme un automate. Ouvre la fenêtre. Allume une clope et regarde la ville pleine de vie du coté de insurgés. Il jette son mégot par la fenêtre et part dans sa chambre.
Il veut être digne encore au moins une fois si ce n'est dans la vie ce sera dans la mort.
Il prend sa meilleure lame, s'assoit par terre. Il se cale bien contre une armoire, une couverture épaisse sur le sol. Il observe son poignet gauche. Recouvert de minuscules entailles dans le sens des veines mais jamais très profondes. Même constat sur le droit.
Son choix s'arrête sur le bras gauche, plus pratique.
Il pose la lame pile à l'endroit où un multitude de petites veines se rejoignent. Il enfonce le couteau dans sa chair pâle.
La douleur est là. Apaisante.
Comment réussit-il à trouver la douleur apaisante ? Il ne sait pas.
Il doit continuer.
Arrêter de réfléchir.
Il enfonce un peu plus. Une douleur plus aiguë. Il a touché la veine. Il pose le couteau à coté de lui et ferme les yeux.
J'espère que Blaise ne me trouvera pas. Il sera triste mais, il oubliera vite. Je n'étais qu'un ami pour lui. Rien de plus... Enfin je vais être libre. C'est bête de devoir mourir juste pour ce sentir vivre, se sentir libre de tout. C'est stupide, je le sais mais... je veux cette liberté.
J'espère que Blaise ne me trouvera pas... Il sera... triste... Il... m'oubliera vite...
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« Une nouvelle victime du tueur en série auto-nommé Lord Voldemort ?
En milieu de semaine dernière un jeune étudiant a été trouvé mort par son ami Blaise Zabini (biographie p.4) qui revenait de voyage. Personne n'a comprit sont geste. Pourquoi se suicider ? Aucune lettre n'a été trouvée.
Cette question a peut être une réponse alors qu'une note a été retrouvée dans la chambre de l'étudiant. Cette feuille dit simplement « Tu étais exquis mais pas un mot petit serpent ». Cependant tout laisse à croire que ceci est l'œuvre de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom car la famille de Théodore Nott (biographie p.5), la victime, était très liée avec l'activiste. Nous ne saurons jamais la vérité mais l'enquête reste ouverte encore 36 jours pour concorder avec la loi 3.33 sur le suicide. Le corps sera ensuite incinéré et les cendres emprisonnées dans du béton qui sera lancé dans la mer. »
* Pour ces paroles je les vois bien correspondre à la relation entre Théo et Blaise après je ne sais pas si c'est très visible comme comparaison.
** j'ai pris un coktail au hasard...
Prochain chapitre vers le 9-10 septembre (j'avais noté août au début...) comme ça j'aurai eu mon emploi du temps et ce sera plus facile de prévoir celui d'après. J'espère l'avoir fini avant cependant.
Titre : Chapitre 4 : Le Projet Humain
Comme toujours si il y a des précisions, des questions, des critiques je suis preneuse.
Pour finir je suis généreuse (ou sadique) pour une fois je mets un petit extrait du prochain chapitre (la première version du passage):
« Il pose rapidement le dossier et repart sans laisser le temps aux jeune homme de réagir. Ce dernier regarde un instant l'épais tas de paperasse, soupire, puis finit par se lever.
Alors qu'il s'apprête à le mettre sur une quelconque étagère le nom du dossier l'interpelle.
« Crâne Corbeau. CONFIDENTIEL. » ... »
Réponses reviews :
Anna :Merci pour ta review. Pourquoi Ron est si détestable ? Au début ce n'était pas expliqué mais finalement tu sauras pourquoi il se comporte ainsi dans le prochain chapitre. Ou savoir, en partie... Merci encore.
Ta Lectrice : Merci pour ta review ! Heureuse que ça te plaise et j'espère que ça va continuer. Pour la rencontre Tom/Harry c'est pour ... (après avoir vérifié mes notes) le chapitre 5 où il y aura un petit aperçu quoi que je crois que je parle d'eux deux (un tout petit peu) dans le prochain.
Tsuh... merci de continuer à lire...
