Rating : M pour violence
Genre : Drame (malheurs qui arrivent faute de l'homme, rien de prédestiné, pas d'instance supérieur qui décide); horreur (violences, fic "noire", meurtres) mystère (il en faut toujours) presque Death-fic...
Disclaimer : Tout appartient à J.K.R sauf l'idée de cette fic. Crucifère appartient au groupe Eths. Nathan, Raphaël et Morgan, Carole sont toujours à moi et le resteront. Le poème, ainsi que les paroles de la chanson du milieu de chapitre sont entièrement de moi.
Avertissements : Ce chapitre n'est pas pour les personnes déprimées (sauf si elles veulent déprimer encore plus). En tout cas c'est mon impression.
Note : Bonjour, bonjour ! Me revoilà, j'ai réussi à finir ce chapitre à temps (même s'il est plus court que les autres). Chapitre écrit en écoutant (encore) La fille d'Octobre mais aussi Les quatre saisons de Vivaldi et Damien Rice. (et voila l'info qui ne sert à rien)
Note 2 : Elizabeth = a prononcer à l'anglaise, le pourquoi sera expliqué... plus tard mais déjà la façon de prononcer donne un indice.
Note 3 : Merci beaucoup pour les reviews, les mise en alerte et en favoris. Ca me fait très plaisir et m'a aidé a finir ce chapitre à temps. J'espère donc qu'il ne décevra pas (et n'hésitez pas à le dire)
Blabla gras italique = paroles de chansons
$ italique $ = flash back
Bonne lecture !
Le Crâne Corbeau
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« Plus je tire d'un coté plus ma langue se déchire, Je finirai un jour par la mettre en lambeaux, S'il fallait expirer tout ce que tu m'inspires, Il faudrait des vautours pour manger tous mes mots » La fille d'Octobre
Chapitre 5 : Crucifère
« Je ne m'entends plus, je ne m'en sors plus, aide moi rien qu'une autre fois.
[…]
Je sais la vérité, l'ai toujours honorée
Je sais la vérité, je l'ai toujours détestée »
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Crucifère - Eths
« Heu... bonjour... Je ne sais pas trop quoi noter dans un journal mais... mon psy a dit que je devais parler d'une manière ou d'une autre donc...
Je recommence.
Bonjour, toi. Je m'appelle Harry et j'ai 14 ans enfin... je crois. Depuis quelque temps mes idées ne sont plus claires.
Tu sais, la première fois que je l'ai vu je l'ai trouvé magnifique. Il était là, dans la rue et moi je devais encore travailler dans ce jardin. La chaleur était étouffante mais je ne laissais rien paraître. J'avais déjà l'habitude et, je n'ai pas fait attention à lui au début.
Je ne sais plus ce qui m'a fait le remarquer. Ses habits, étrangement sales, ses yeux à l'éclat rouges, sa peau pâle. Je ne sais plus... tout est vraiment confus et... ça ne me fait aucun bien de parler de lui, d'y penser.
Je sais, il faut que je continue à écrire...
Donc... je devais avoir presque 6 ans la première fois où je l'ai vu. Il m'a observé de loin, c'est tout. Il était là, debout, contre un arbre et je croyais qu'il se reposait. Mais en fait, il me regardait...
Tu sais... non tu ne sais pas bien sûr... Il était très gentil et un jour il m'a même complimenté ! J'étais heureux... je crois. Tout mes souvenirs se mélangent c'est étrange mais (mon psy) dit que c'est normal. Le choc post-quelque-chose.
Il était la seule personne qui me parlait gentiment et il m'a donné un surnom mais... je dois jamais le dire à quelqu'un. C'est notre secret.
Tu te rends compte c'était la seule personne qui partageait un de ses secrets avec moi !
Et puis... ho... je dois y aller ! »
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« Salut... Un an plus tard il était revenu et m'avait souhaité mon anniversaire. C'est la première personne qui l'a fait et il m'a donné un cadeau. Un pendentif avec une plume de corbeau (a-t-il dit) et un serpent enroulé autour. Je l'ai toujours, je ne sais pas pourquoi je le garde maintenant, après ce qu'il a fait. »
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« Le 31 juillet 2011... je me sens heureux mais honteux... Aujourd'hui j'ai reçu une lettre, pour mon anniversaire et un narcisse. J'étais heureux de voir qu'il pense encore à moi mais maintenant, j'ai honte. Comment puis je être joyeux, heureux après ce qu'il m'a fait ? Pourquoi j'ai envie de voir encore son sourire, de sentir ses mains m'aidant ? Pourquoi Lui ? »
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Dans une petite chambre, le son d'un carnet brusquement refermé retentit. Le même carnet atterrit ensuite brusquement sur le bureau en bois. Un jeune homme, un crayon à la main, fixe un peu perdu la couverture noire surmontée d'une plume du carnet. Il passe nerveusement une main dans sa chevelure noire attachée et lui retombant quand même sur la nuque. Il fixe sans vraiment la voir la bague surmontée d'un serpent aux yeux verts qu'il porte depuis trois ans maintenant. Il n'a pas pu la jeter, refuser ce cadeau qui, tous les jours, le réjouit et le blesse en même temps.
$ « Pour que tu ne m'oublies pas mon ange. Joyeux Anniversaire... »
Une bague en argent était tombée de l'enveloppe. Il l'avait fixée un moment avant de se décider à la porter. $
Il se lève brusquement lorsqu'il entend Elizabeth l'appeler. Il descend rapidement l'escalier et attrape le téléphone que sa mère adoptive lui tend. Harry ne fait pas attention à son regard de reproche lorsqu'elle remarque sa tenue. Un T-shirt noir trop grand et un jean déchiré.
Elizabeth secoue la tête avant de retourner dans la cuisine.
Harry quand à lui s'installe sur son lit et répond enfin :
- Oui ?
- C'est Nathan...
- Nath' ? C'est bien toi ? Ça va ?
- Pourquoi ça n'irai pas Harry ?
- Nath', répond il menaçant. Ça fait un mois que tu as disparu. Ils te croient mort !
Il y a un silence au bout de la ligne mais Nathan finit par reprendre la parole :
- Comment vont Morgan et Raphaël ?
Harry hésite avant de répondre.
- Morgan... a recommencé et Raphaël...
- J'avais raison, l'interrompt-il d'une voix sans intonations.
- C'est faux ! Ils souffrent Nathan. Tu leur as fait croire que tu t'es suicidé, que tu avais réussi cette fois... tu m'as fait croire que...
- Stop ! Harry. Carole ne va pas bien. Tu devrais venir mais... va à l'hôtel.
Bip... Bip... Bip...
Harry se relève immédiatement et ne réfléchit pas. Il attrape un sac traînant sur son bureau et fourre quelques affaires dedans. Il descend ensuite à toute vitesse les escaliers mais les remonte aussitôt arrivé en bas.
Il s'arrête devant son bureau et attrape son carnet noir. Il l'ouvre à une page au hasard :
« Un jour Tom est revenu plus tôt. Il avait toujours ce petit sourire lorsqu'il me regardait, il était tout sauf bienveillant. Mais, moi, je le trouvais beau. Aujourd'hui encore, lorsque je me l'imagine, je le trouve magnifique.
Tom est un prédateur, et moi, sa proie. Je n'ai jamais eu peur de lui... même après ce jour où tout est devenu confus.
Donc... il est revenu ce jour là, il était blessé.
Il m'a affirmé que ce n'était pas son sang mais je ne voulais pas le croire. Finalement... peut-être était-ce la vérité ? »
.
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« Ce matin la police a déclaré avoir reçu une lettre avec un ordre. Cet ordre était de la diffuser dans les médias afin que cette missive atteigne la personne concernée. Le ministère publie donc ce message souhaitant que cette personne soit retrouvée et fasse avancer l'enquête sur ces meurtres en série :
''Alors, mon petit ange des ténèbres aux yeux verts, comment va ta sœur depuis que je l'ai engrossée dans cette ruelle une nuit après son travail ? Tu sais, elle danse très bien pour une française. Vous vous ressemblez beaucoup, je pourrais presque croire qu'elle a un lien de sang avec toi. Elle a un corps tellement appétissant, mais moins que le tient évidemment... Oh, je suis désolé, tu ne devais pas être au courant vu qu'elle ne te donne plus de nouvelles...»*
… Petit ange...
$ - Je pourrais presque croire que tu es un ange.
Un rire enfantin retentit puis un jeune enfant saute dans les bras de l'homme en s'exclamant :
- Tom ! Tu es revenu ! $
- Tom...
Ses pupilles s'élargissent, son souffle se bloque. Harry se lève brusquement, se rattrape à une chaise. Son souffle s'accélère.
$ Des bruits de pas. Un souffle erratique... un gémissement... la douleur... $
La pièce devient floue. Il n'arrive plus à respirer, son souffle reste bloqué dans sa gorge.
$ - Tu ressembles à un ange. Mon Ange ! $
Harry s'écroule dans un fauteuil aux ressorts apparents.
Des images défilent devant ses yeux. Les mots se mêlent entre eux. Présent, passé. Il est déconnecté de tout sens de la réalité.
Dans un sursaut de lucidité il réussit à attraper son portable et appelle le numéro par défaut. La tonalité retentit puis une voix féminine demande :
- Oui ?
Harry, d'une voix faible, murmure plaintivement :
- Mi... one...
- Harry ? Harry ! C'est toi ? Qu'est ce qu'il se passe ? … Attends... t'es où ?
- …
- Harry !
- Hôtel... Le fruit... des... Anges.
- Ok. Tu bouges pas, j'arrive tout de suite. Ok, Harry ? Pas de connerie !
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La porte d'une chambre d'hôtel s'ouvre brusquement. Une jeune femme aux longs cheveux bruns, touffus, se précipite vers le seul fauteuil de la petite pièce. Dessus, elle voit son ami, prostré, tremblant.
Elle fait alors la seul chose qui fonctionne pour le faire réagir, elle parle.
- Harry ! C'est Hermione. Tu m'as encore appelé. Tu sais, tu devrais arrêter de te mettre dans tout ces états pour rien. Ce n'est pas bon pour toi, tu le sais bien. Allez, Harry, il faut que tu te calmes. Il n'est pas là. Calme toi !
Elle voit bien que cette fois la manière douce n'est d'aucune aide.
- Harry, il n'est plus là. Ce n'était pas ta faute si tu étais là bas. Tu n'avais pas le choix. Je sais, au début il était gentil mais juste pour t'amadouer. Harry... arrête d'y penser. On ne peut pas revenir en arrière et puis... le voudrais-tu vraiment ?
Il reste, immobile, sans réaction.
- Je sais... tu m'as raconté les compliments, les premiers cadeaux, les coups, les insultes et ton agression. Je sais ce qu'il...
- Il veut en finir avec moi ! hurle soudain Harry.
Le bruit d'une puissante gifle retentit dans le silence entrecoupé seulement par les paroles intermittentes des journalistes. Des bras se referment ensuite autour de lui dans un câlin étouffant. Il essaie d'arrêter ses sanglots autant qu'il le peut.
- Il a envoyé un mot... sur Carole...
Hermione ne demande pas qui est le « il » dont il parle. Ce ne peut être qu'une seule et unique personne qui puisse mettre son frère de cœur dans cet état instable. Elle ne l'interrompt pas. Cela ne servirait à rien.
- Il... s'en est pris à elle aussi. Je...
- Attends Harry, je vais aller me renseigner au quartier général. J'étais en mission et je viens juste de rentrer. Je vais récupérer des infos pour toi.
- Et Ron ?
Elle ne le regarde pas, avant de partir elle lui dit :
- Je reviens dès que je peux...
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Harry reste prostré encore un moment après le départ de la jeune femme puis il attrape son téléphone et essaie de joindre les Weasley. Pendant plus d'une heure il tente en vain, toujours, la tonalité sonne dans le vide.
À force de recherches il finit pourtant par trouver l'adresse de Ron.
Lorsqu'il se rend finalement compte qu'il tient l'adresse, il ne sait plus quoi faire.
Doit-il aller le voir ? Lui parler ? Ou alors lui envoyer une lettre ?
Harry se décide finalement à écrire un mot. Il prend une plume dans son sac – mauvaise habitude gardée depuis Poudlard qui n'utilisait que des plumes pour écrire – et s'assoit devant la seule petite table de la chambre un peu... miteuse.
« Bonjour Ron, ça fait longtemps... »
Non ! Trop formel, trop poli, trop... Juste trop. Ces mots ne résument pas leurs relations. Il rature, chiffonne la feuille et la jette au loin.
Ce manège recommence une, deux, trois fois. Un nombre incalculable de lettres inachevées s'accumulent sur la moquette marron.
Enfin, il réussit à en finir une, la relit avant de l'envoyer :
« Salut...
Je suis enfin rentré au pays (je ne sais pas si je peux encore dire que l'Angleterre est mon pays). Il faut vraiment qu'on se voit. Qu'on mette tout ça au clair. Je suis sûr que tu sais de quoi je parle...
Il faut vraiment que tu t'expliques, m'expliques. Je ne comprends pas ton geste et... il faut qu'on se parle... vraiment. En face.
Mione ne veut plus entendre parler de toi et ta famille est injoignable.
Appelle moi quand tu pourras... Je crois que... moi aussi j'ai besoin de parler de... tu sais quoi...
Appelle moi quand tu pourras... »
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Les jours passent. Aucune réponse ne vient de la part de Ron et Hermione n'est toujours pas revenue. Harry ne sort plus de sa chambre. Il n'a plus l'envie de découvrir cette ville qui était autrefois une partie de sa vie.
Le 27 août, le vieux propriétaire de l'hôtel frappe à sa porte, l'ouvre, pose une lettre et repart. Sans un mot, sans un regard. La chambre est payée, le reste ne le regarde pas.
Harry se lève doucement, il a la tête qui tourne. Depuis combien de temps n'a-t-il pas mangé ? Un, deux jours ? Peut être plus. Ses journées sont flous depuis un moment... depuis ce mot.
Il ouvre la lettre et lit les quelques lignes :
« Tu as raison, des explications doivent être données. On se retrouve au même endroit qu'avant, jeudi dans deux semaines, le 8. Toujours la même heure. Tu as le droit de comprendre après tout...
Ron. »
Clair. Concis. Ces mots ne ressemblent pas à Ron.
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Harry reste encore un long moment figé sur le vieux fauteuil mais finit par attraper son portable.
Huit appels manqués. Henri. Henri. Henri. Encore Henri.
Le jeune homme réfléchit et finit par rappeler son père.
- Allô ?
- Salut Henri...
- Harry ? Tu vas bien ? Ta mère s'inquiète. Tu sais que tu ne dois par retourner en Angleterre. Pourquoi tu as fait ça ?
Harry soupire.
- Je vais bien, dis le à Elizabeth. Je rentrerai bientôt.
- Je lui dirai même si je ne te crois pas. Tu sais qu'elle t'aime, tu es son fils.
- Oui... Henri.
Il raccroche et allume la télé.
« Aujourd'hui un nouveau mot est arrivé. Nous rappelons que toutes informations sur la personne citée sera récompensée par le Ministère.
« Bonjour, mon Ange... Je sais que tu m'écoutes... Je ne m'excuserai pas, elle était trop insolente »
.
Le jour suivant un autre mot arrive, ils se succèdent.
.
« Tes yeux me manquent... ces substituts ne sont rien. Insignifiante est la race humaine... sauf toi... »
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Hermione rentre rapidement dans l'hôtel. Elle a pris plus de temps qu'elle croyait. Elle ouvre la porte de la chambre 13 et s'arrête.
Là, devant la porte de la salle de bain, elle découvre la forme recroquevillée de son ami. Elle l'entend pleurer doucement en s'approchant de lui. Elle le secoue doucement et comme toujours se met à parler.
- Harry ? Tu te souviens notre première rencontre, dans le train pour aller à Poudlard ? Je t'avais demandé pour m'asseoir dans ton compartiment.
Elle continue ainsi et lorsqu'elle réussit enfin à capter son attention elle lui explique se qu'elle a trouvé et finit par lui dire :
- Tu devrais te décider à aller voir Carole. Ça fait déjà plus d'un mois que tu est ici alors que tu ne devrais même pas. Va la voir, Harry.
Il acquiesce distraitement.
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Le soir est là, le soleil couché. Harry se relève péniblement. Depuis combien de temps n'est-il pas sorti de cette petite chambre d'hôtel ?
Il commence à étouffer, il doit sortir !
Il rentre dans la salle de bain et se douche rapidement. Alors qu'il va pour enfiler un de ses T-shirt trop grand il voit son reflet. Depuis quand ne s'est-il pas vu ?
Elizabeth a enlevé tous les miroirs de sa maison, même celui de la salle de bain. En y réfléchissant, cette maison en France était presque une nouvelle prison, un peu plus belle mais... prison quand même.
Harry ne s'attarde pas. Il sort. Il ne veut pas réfléchir.
Dehors, le temps est lourd. Il ne sait pas où aller. Cette ville lui est étrangère. Harry tourne à droite.
Lentement, il marche. Sans but. À force d'errer il pénètre dans des petites rues et s'arrête devant un établissement dont l'enseigne est ponctuée d'une plume de corbeau. Il ne s'arrête pas sur le nom et entre. Il se dirige vers la gauche où il reste encore une où deux tables libres. Au centre, la piste de danse est vide.
Sur la scène, se trouvent quatre personnes. Une femme, trois hommes. Alors qu'Harry entre il entend la fin du ''discours'' puis une lente mélodie commence. Du piano.
La voix claire de l'homme commence à résonner dans la salle peu remplie ce soir là.
« Entravé, le souffle saccadé, bientôt les portes seront fermées.
J'aurais voulu la toucher.
Une dernière fois la caresser.
De mes doigts juste l'effleurer. »
La voix du chanteur n'est qu'un murmure plaintif presque couvert par les tristes notes du piano.
« Trop tard, juste trop tard.
Elle continue sa route dans le noir.
Et pour moi il est juste trop tard...
Toujours trop tard
.
Mes chaînes sont cassées, je l'ai retrouvée
Elle m'a susurrée »
.
La seule femme du groupe prend alors la relève et chante d'une voix calme, claire comme si elle n'était pas atteinte par ce monde que l'homme a décrit. Loin de tout, rien ne semble la toucher alors que sa voix couvre parfaitement la douce mélodie du piano.
''jamais personne ne pourra me regarder
jamais personne ne pourra m'effleurer
et pour toujours me garder'' Et elle a chuchotée :
.
Trop tard, juste trop tard
Il continue sa route dans le soir
Et pour lui il est juste trop tard...
Toujours trop tard...
.
L'homme reprend plus fort, presque avec ferveur, joie.
Mes liens, je les ai retrouvés, embrassés
J'ai voulu de mes doigts la garder
Elle est celle qui m'a ensorcelé
.
J'ai voulu pour toujours la contempler
Seul dans cette grotte
Je me contente de murmurer :
.
Trop tard juste trop tard
Elle continue sa route dans le noir
Et pour nous il est juste trop tard
Toujours trop tard...
.
À jamais...
.
Les trois hommes du groupe reprennent les trois derniers vers avant que le piano ne semble tout simplement s'éteindre, ses notes disparaissant.
.
Dans un coin Harry regarde le groupe descendre de scène alors qu'il se lève et se dirige vers le bar. Arrivé à ce dernier il demande un cocktail mais le barman lui répond que le spécialiste n'est pas là et donc seuls les cocktails communs sont servis ce soir.
Il demande alors un whisky et retourne à sa table. Il ne pense à rien, jusqu'à ce qu'il aperçoive une chevelure blonde familière. Harry se lève et repart sans se faire voir, il ne veut pas d'affrontement ce soir.
L'air plus frais du dehors lui éclaircit un peu les idées et il décide de marcher avant de rentrer.
.
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Comment s'est-il retrouvé dans cette petite pièce, attaché ?
Il marchait tranquillement lorsqu'il avait entendu des bruits de pas. Après, il ne se souvient plus...
Un homme entre par la petite porte. Harry relève la tête mais ne voit pas entièrement l'homme à cause de ses cheveux qui se sont détachés à un moment ou un autre.
- Votre nom ? Demande abruptement l'inconnu.
Harry le regarde sans comprendre mais lorsque l'autre lui redemande il répond d'une voix sourde :
- Harry De Loua-Ange.
- Nationalité ?
- Français.
Les questions s'enchaînent mais vers le milieu de la matinée il finit par être relâché. Ensuite, toute la journée il essaie de joindre Carole ou même Nathan. Aucun ne répond. Il va pourtant jusqu'à l'appartement de Nathan mais personne ne répond. Le jeune homme finit par se résigner et rentre à son hôtel.
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« Bonjour ! Nous sommes le jeudi 8 septembre et le Ministère vous souhaite une bonne journée !
Pour commencer notre flash info, un nouvelle victime de Lord Voldemort ?
La semaine dernière, un jeune étudiant Théodore Nott a été retrouvé mort par son ami Blaise Zabini dans son appartement. Il s'agirait d'un...** »
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$ - Un Serpentard avec un Gryffondor aujourd'hui...
-Théodore Nott.
- Harry Potter $
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$ - TOM ! Tu reviendras ?
- Bien sur petit Ange. Tu sais que je reviens toujours pour toi $
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$ Douleur... il crie... supplie... n'arrête pas...
Il n'a rien fait pour ça, n''a rien demandé.
Pourquoi ? aimerait-il demander mais il ne peut que hurler alors que l'autre le blesse plus profondément encore. Il ne peut que retenir les larmes qui excitent l'autre encore plus. $
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$ - Harry ? On va partir...
Le jeune homme regarde la femme d'un regard vide. Il détaille, sans vraiment voir, ses longues anglaises chocolats, son regard – presque compatissant – de la même couleur.
- Tu viens Harry ?
Harry se relève doucement, ses cheveux noirs d'habitudes désordonnés retombant mollement autour de son visage. Visage couvert de bleus et de coupures.
La femme tend sa main tout en disant :
- Henri nous attend dehors. Tu veux partir d'ici, n'est ce pas ? Nous pouvons t'aider Harry mais il ne faudra plus que tu revienne en Angleterre. Tu es prêt à le faire ?
Harry s'éloigne de la jeune femme et s'approche de la fenêtre. Il observe les immeubles gris, les gens pressés. Rien ne le rattache plus à cette ville. Il se détourne de la fenêtre et hoche simplement la tête sans dire un mot. $
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$ Un rire d'enfant... il résonne dans la rue déserte en cette matinée de décembre.
Il se stoppe lorsque l'enfant voit au bout de la rue une silhouette avancer d'une démarche qu'il connait bien.
L'enfant cesse de rire lorsqu'il voit que ce n'est pas celui qu'il voudrait voir. C'est un autre, celui issue de ses cauchemars. Un monstre qui n'existe pas.
- Harry ! $
- Harry !
…
- Harry !
Quelqu'un le secoue, l'appelle. Il ouvre lentement les yeux mais ce qui l'agresse en premier n'est pas la lumière mais une odeur de sueur, de bile, de sang...
Il voit ensuite le regard inquiet de son amie qui lui demande depuis combien de temps il est là. Harry ne dit rien. Il ne veut pas parler de ce qui vient de se passer, il ne veut pas savoir pourquoi maintenant.
Sans une parole il se dirige vers la salle de bain.
Lorsque la porte se referme, Hermione reste au milieu de la pièce un moment. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas réagit ainsi et, pourquoi ?
Elle fait le tour de la pièce, la range un peu, ramasse les feuilles jonchant le sol. Soudain, elle voit un carnet noir, tout simple. Pourtant le motif de la couverture attire son attention et, lorsqu'elle s'approche elle découvre une plume de corbeau et en relief, quasi-invisible, un crâne humain.
Elle l'ouvre et commence à lire un passage au hasard, malgré sa honte de faire ça. D'après la date, Harry devait être âgé de dix-sept ans quand il avait écrit ces mots.
« Je me dégoûte. J'ai honte, tellement honte, tu sais ? Non bien sûr. Tu ne sais toujours pas...
Malgré ce qu'il m'a fait je le recherche. Je le cherche partout, en tout, en tous...
J'ai honte de salir de mon corps souillé mes amants, mes amantes mais... je n'ai pas le choix... Qui a osé dire qu'on avait toujours le choix ? Moi je ne trouve pas, il y a ce besoin irrépressible de le retrouver.
Tu sais... parfois je pense à la mort mais... toujours quelque chose me ramène.
Nous reverrons nous ? Ou suis je voué à te chercher dans ces pâles copies qui m'accueillent dans leurs draps que je souille de ma noirceur tachée de sang...
J'ai honte de te chercher mais... »
Le passage s'arrête sur cette phrase inachevée. Hermione ne sait plus que penser alors que son ami lui disait qu'il allait mieux, qu'il n'y pensait plus. Comment avait-elle pu ne pas le voir ? Comment ?!
Elle regarde une autre page.
L'eau ne coule plus dans la salle de bain. La porte s'ouvre. Hermione referme brusquement le livre et le repose à sa place.
Elle se retourne en souriant et observe Harry. Son teint est un peu moins terne après cette douche mais ses cernes sont beaucoup trop visibles. Ces yeux sont ternes, sans vie comme ses cheveux qui retombent dans son dos.
- Nathan veut te voir dans trois jours. Je lui dirais que tu ne peux pas. Repose toi Harry, Carole peut attendre et c'est elle qui n'a pas voulu te voir depuis que tu es là...
Harry semble réfléchir, il s'assoit sur le lit défait.
Hermione, elle, l'observe, cherchant la signification des quelques vers qu'elle a lu avant qu'il ne sorte de la salle de bain.
« Les anges noires susurrent à mon oreille
Un doux poison coulant sur nous avec merveilles
Et mes larmes qui ne sont plus réelles chutent
Tombent pour cacher mon cruel appel, je chute
.
Des Narcisses sur ma tombe font mon bonheur
Je ne suis plus fils juste âme attendant son heure
Des chrysanthèmes dans mon cercueil pourrissant
Aux côtés des glaïeuls sur mon corps sanglant
... »
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Harry se relève et doucement, d'une voix un peu rauque la remercie.
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La jeune femme reste encore un moment et lui fait promettre de se reprendre. Il acquiesce une fois de plus.
Alors qu'elle franchit la porte, elle s'arrête et déclare :
- Tu devrais prendre contact avec Ron, si tu ne l'as pas déjà fait.
Elle sourit tristement et rajoute avant de fermer la porte :
- Il a changé...
.
« Tu n'as pas compris. La vérité, tu ne l'as pas comprise. M'a rattrapée, tu n'as pas compris. J'y crois encore »
*fin du chapitre 2 : Hydracombustio
** fin du chapitre 3 : Entends tu les pas
J'espère que ce chapitre vous a plu, même s'il est plus court que les autres, surtout l'aperçu d'Harry qui est complètement à l'opposé de l'image qu'il donne dans le chapitre 2 pendant sa conversation avec Carole. J'espère aussi que les raisons pour lesquels il n'a pas pu aller à son rendez vous avec Ron sont plus clairs et que vous êtes bien perdus pour ce qui est de sa relation avec Tom.
Si il reste des zones flous, des questions, j'y réponds toujours.
Prochain chapitre, je ne sais pas trop (les cours sont quand même bien prenant), pas plus d'un mois... donc maximum le 30 octobre ou une semaine avant (je sais plus trop quand tombent les vacances.
Place à l'extrait :
« Le sang. Partout autour de nous. Il suinte, coule, s'écoule... sans arrêt. [...] Mon bonheur se fait dans l'abominable fin de ceux qui, un jour, furent mon espèce... »
Chapitre 6 : Je vous hais
Il est court mais, je n'ai rien écrit de plus. Quelqu'un a une idée du point de vue pour le prochain chapitre ?
Sinon, pour finir, par curiosité, quelqu'un a écouté les chansons ou pas du tout ?
Tsuh...
