Titre: Nostalgia
Auteur : Respicefinem08
Chapitre 9 : Souvenirs et indécision
Traductrice : Viewfinder17
Bêta : Portée disparue
Rating : T
Disclaimer : Je ne possède ni les persos, ni l'histoire (et dieu sait que j'aimerais les avoir), je ne possède donc qu'humblement le droit de traduire (merde c'est presque déprimant…)
Je suis vraiment désolée de ne peux avoir poster plus tôt mais j'avais vraiment un gros problème avec ce chapitre (ouiiin il était méchant avec moi) et il y avait aussi le fait que j'ai eu mes partiels à passer (vous auriez du voir la tête des autres en regardant les questions, c'était vraiment trop drôle… quand je pense que je devais tirer cette tête l'année dernière mdr)
Melusine-chan : Rooh saleté de , vraiment pas au point ces derniers temps (un peu comme moi 8P) malheurseument nos deux héros préférés ne se retrouvent pas encore (enfin si mais pas vraiment …). Quand à ce que j'avais écrit j'avais dis tentative et comme tu peux le constater je n'ai pas réussit à tenir mon pari -'. Désolée…
Nihon mania : Et de la chance j'en ai eu besoin, j'ai vraiment crue que ce chapitre aurait ma peau !
Ayu : merci de continuer à me soutenir même si mes parutions ne sont pas aussi régulières qui vous le souhaiteriez toutes. ^^
Azerti : Bah disons que comme j'ai l'habitude de lire les fanfics des autres sans JAMAIS laissé de reviews (pouh honte à moi !, bon en léger espoir j'en laisse qu'en même quelque uns) alors je me suis dit qu'il faudrait que je montre que je sais communiquer… Et aussi le fait que j'ai vu sur les autres fics j'ai vu que les auteurs répondaient comme ça à leurs reviewers et comme la communauté viewfinder est assez restreinte je me suis dis que ce serait une bonne idée que je me bouge un peu le cul cul ^^.
Fan de viewinder : Ralala ca me fait à chaque fois plaisir de voir ton nom apparaître dans la liste (héhé). Mais j'espère que tu continueras à m'adorer malgré mon léger (*petite voix* gros tu veux dire… -') retard ^^ *tout sourir en espérant ne pas avoir à réutiliser le bunker*…
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Je viens de lire la review de chana06 et bien qu'au début je me suis sentie carrément vexée de lire que ma traduction n'est pas au norme niveau orthographe alors qu'en tant que L je met un point d'honneur à préciser que je suis très bonne justement, je dois avouer que là la moutarde me monte tellement au nez que j'ai l'impression d'être tombée dans une piscine toute entière : NAN MAIS HO C'EST QUOI CE BORDEL ! Non seulement me colle mes mots mais il me bouffe également des phrases presque toutes entières ce qui rend le texte totalement incompréhensible ! Donc là à 00:30 je m'y suis recollée et j'ai refais tout le texte, donc j'espère vraiment que ça ira mieux, sinon envoyez moi un MP et je vous enverrais l'original que j'ai sur word.
Ne vous inquiétez pas camarades, ne se mettre pas en travers de notre route
PS : Merci Melusine-chan, ca me remonte toujours le moral de voir tes messages (je pense d'ailleurs acheter un nounours à ton effigie pour mes coups de déprimes 8P)
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Son garde-du-corps ne se retourna même pas lorsqu'Asami pénétra le luxueux habitacle de la voiture. Vu le silence solennelle, il savait que quelque chose avait dû se produire pour laisser son patron sans voix.
"De retour à l'hôtel, et appelles Mr. Merrett, dis-lui que je ne serais pas à la représentation ce soir."
"Bien monsieur." Vint l'immédiate réplique tandis que le garde du corps dégaina son portable, mieux valait le laisser complètement isolé dans des moments comme celui-là.
Mon Akihito…donc c'était là que tu étais pendant tout ce temps-là…A quel point tu t'es bien caché…
C'était étrange. A quel point il se sentait vide. Il devrait se sentir emporté, pas comme ça.
Pas comme ça.
N'était-il pas content, extasié, d'avoir enfin trouvé Akihito?
Mais il ne se sentait pas complètement vide. Il y avait ce…mélange… ce bouillonnement à l'intérieur comme le cœur d'un volcan avant son éruption, comme une tension qui fissure les plaques tectoniques avant le tremblement de terre cataclysmique. Les nuages verts qui s'installent après une tornade.
Mais ce n'était… ce n'était pas de la colère, n'est-ce pas ? Est-ce que c'était parce qu'il n'était pas encore sûr ? Que les photos n'étaient pas...non. Il n'y avait aucun doute au sujet des photos.
Nostalgia.
Asami fit de nouveau rouler le titre sous sa langue, sentant ce petit mot dans sa bouche sèche. Mais les photographies. Elles étaient anonymes, juste les petites initiales ST insérées dans le coin en bas à droite. Est-ce qu'Akihito avait fait ça pendant deux années entières, vivant dans un état de presque non-existence ? Construisant un mur entre lui et le monde afin de rester invisible? Trottinant autour du globe en ne fuyant absolument rien ?
A quel point ça avait dû être douloureux, de vivre dans le mensonge, dans la déception, dans la duplicité alors que sa nature, le cœur même de son être y résistait. Il était né pour briller, né pour se tenir devant tout le monde. Il était destiné à… la vérité… Qu'est-ce que ça avait du être horrible…quel tourment ça avait dû être pour Akihito de vivre ce genre de vie…
Qu'est-ce que je t'ais fais, Akihito? Es-tu tombé au fond du trou à cause de moi ?
Est-ce que je t'ais emmené en enfer, comme je te l'avais promis il y a si longtemps ?
Les photographies avaient révélés une telle personnalité profonde, un enchevêtrement de caractère qui n'avait même pas un point commun. Il y avait plus d'Akihito. Il n'était plus un gamin. Il n'était plus un naïf. Qui avait construit une telle complexité ? Peut-être… que ça avait toujours été là, comme une tapisserie qu'il n'avait jamais remarqué. Jamais vu.
Avant qu'il ne parte, était-il possible qu'Akihito ait essayé de gagner une sorte de reconnaissance ?
L'esprit d'Akihito ne suivait pas une logique linéaire. C'était une mosaïque, une fresque moderne, un labyrinthe où Asami savait qu'il s'y perdrait, et il était perdu.C'était un code trop crypté pour pouvoir être interprété, sophistiqué et complexe comme les arabesques des fenêtres étonnant qu'il s'y soit égaré. Il ne pouvait pas juste enlever Akihito et le ramener à Tokyo. Non
Non. Ca ne marcherait pas. Alors les deux années d'Akihito auraient été en vain parce que rien n'aurait changé. Tout devait évoluer afin de survivre. Mais il avait évolué, n'est-ce pas ?
Au cours de ces deux années il avait changé avec son obsession additive d'Akihito encore en tête, durcissant certains endroits qui n'auraient pas du se calcifier et se miné en obsession, en une manie. Son syndrome. Akihito était sa seule source de bonheur et désormais toutes les cellules de son corps l'appelaient. Il pouvait sentir ses organes internes palpités, envoyant des messages à un récepteur quelque part.
C'était encore là. L'intensité était encore là. En fait, chaque parcelle d'émotion s'exprimait plus fort qu'auparavant. Ce n'était pas juste du plaisir, mais de l'extase. La haine n'était pas que de la haine, c'était de l'hostilité. Pas juste de la jalousie mais de l'envie. La colère ne décrivait plus la colère, la rage si. Le désir s'en approchait à peine, mais la concupiscence. Durant ces deux années, Akihito avait aiguisé quelque chose, il avait poli la rugosité.
C'est ce qu'ils disent, n'est-ce pas ? Que le temps et la pression forment les diamants. Cette fois, il s'était fait engloutir par les profondeurs de la terre, pour en émerger par la suite et être sculpté dans une dangereuse perfection. Trop dure. Trop fragile. La flexibilité, l'inconsistance étaient séparés par les conflits internes. Un coup de marteau et le gamin était condamné à se briser en un kaléidoscope de mémoires fragmenté, une bombe à retardement qui attendait pour exploser.
Est-ce que c'est à cela que je t'ais conduit ?
Ou est-ce que cette claque était juste une autre partie de la déception d'Akihito ?
La voiture s'engagea dans l'allée de l'hôtel, et un employé d'hôtel lui ouvrit la porte.
"Genji?"Asami avait de dernières instructions avant de pénétrer dans l'hôtel.
"Oui monsieur ?"la vitre s'abaissa.
"Trouve qui dirige la galerie et contacte le, dis-lui qu'un collectionneur anonyme veut acheter l'exposition complète. Je lui expliquerais personnellement les détails."
"Bien monsieur." Le visage de son garde-du-corps disparut derrière la vitre teintée.
OoOoO
Gyles passa la tête par la fenêtre de sa voiture, "Prends soin de toi."
"Promis,"Takaba sourit timidement,"Je te verrais demain alors." Il se tourna vers son appartement, seulement pour s'arrêter lorsque Gyles l'appela.
Gyles s'arrêta, admirant le corps svelte Takaba, puis lui rendit son sourire, dis-lui simplement que tu l'aimes… "Bonne nuit."
"…Bonne nuit…"
Bizarre…
OoOoO
Takaba frissonna alors qu'il attendait l'ascenseur, regardant le chiffre rouge s'additionner jusqu'à ce qu'il arrive au 4e étage, et les portes s'ouvrirent doucement. Il faisait absolument glacial dehors. Il arrivait presque à sentir ses os et ses muscles se contracter et se cristalliser dans l'air glacial et calme, et tout ce qu'il voulait c'était rentrer. Bien que…son appartement devait sûrement être tout aussi froid vu qu'il n'avait pas laissé le radiateur allumé.
Takaba chercha ses clefs, ses doigts se rebellant contre ses ordres dans leur état engourdi, le bout de sa peau picotant lorsqu'ils entrèrent en contact avec le métal chaud de la clef, qui se trouvait cachée tout au fond de sa poche. Il finit enfin par l'insérer dans la serrure et fit tourner le verrou d'un léger clic.
La première chose qu'il fit, avant même d'allumer la lumière, fut de se précipiter vers le régulateur de température et de l'ajuster afin qu'il ne meurt pas cryogénisé ou autrement se réveiller en bloc de glace (ou ne pas se réveiller) le matin suivant. Ils devraient probablement s'armer d'un pic à glace et d'un burin, peut-être même d'un sèche cheveux, pour briser et faire fondre la glace qu'il accumulerait s'il dormait dans un froid pareil.
Ensuite il retira ses chaussures et les posa soigneusement près de la porte. Il y a deux ans, il les aurait balancés sur le côté, perdues dans un coin poussiéreux. Il accrocha son manteau humide au porte-manteau près de la porte et regarda autour de lui dans la semi-obscurité, la lumière des lueurs jaunes des lampadaires qui filtraient à travers les épais rideaux bleus marines, avant d'allumer la lumière.
C'était un endroit plutôt petit, un peu sombre à son goût (les vieux appartements européens avaient un faible pour n'avoir presque pas de fenêtres), mais cela suffisait assez bien à ses besoins : une cuisine, un salon, deux chambres à coucher et une salle de bain. C'était certainement plus spacieux qu'à Tokyo. Il l'avait meublé avec le peu de budget qu'il avait lorsqu'il avait emménagé pour la première fois, ajoutant différents éléments au fur et à mesure, remplissant les vides.
Le processus était… enrichissant. Il se rappelait s'être débarrassé de ses affaires de Tokyo, à quel point cela lui avait fait mal de les regarder s'éloigner ainsi en direction des décharges. D'observer les coins vides de son nouvel appartement se remplir peu à peu par quelque chose de tangible… En s'enfuyant de Tokyo, il avait détruit un puzzle complet, et pendant qu'il remplissait les vides de sa nouvelle résidence, il commençait lentement à entrevoir l'image de ce puzzle, quelque chose qu'il avait oublié depuis longtemps, pièce par pièce. L'ameublement de son nouvel appartement était une sorte de cure, un antidote hasardeux…mais pas vraiment…
Pas vraiment…
Trois fauteuils en cuir noir étaient installés tout autour de la table basse qui ressemblait plus à un immense cube noir échoué en plein milieu du salon. C'était supposé être "contemporain." La télé à écran plat et le lecteur de DVD avaient été achetés il y a seulement un an ;Gyles et Takaba avaient regardés un DVD ensemble pour la première fois le jour où ils avaient été livrés.
Des photos prises au hasard étaient accrochés à des murs blancs vides. Il s'agissait essentiellement de photos qu'il avait pris et qu'il ne voulait pas voir exposé parce qu'il les aimait. Les expositions signifiaient qu'il les perdait pour toujours puisqu'elles étaient presque toujours mises aux enchères ou vendues. Peut-être qu'un jour il reprendrait les négatifs et ramènerait ces photos à la vie une fois de plus.
Quant à la chambre noire, toute personne qui entrerait verrait que la plupart des murs étaient occupé par des étagères et des douzaines et des douzaines d'albums de négatifs. Il avait rassemblé ses photos pendant des mois et les avait envoyés par e-mail à Londres avant son départ, dans des tas de boîtes. Il y avait plusieurs tables et des éviers semblables où il pouvait laver les photos développées. En plus, il y avait deux armoires métalliques où il stockait ses équipements et son matériel. Dans l'ensemble, une chambre banale, comme tout le reste.
La cuisine avait une petite table et deux chaises de chaque côté, ainsi qu'un frigo de taille moyenne qui était généralement à moitié vide. C'était probablement la partie la moins utilisée de son appartement. Il avait acheté un service pour trois personne avec des cuillères et des fourchettes juste au cas où, mais il les utilisait tellement peu de fois qu'il devait laver les assiettes avant de les utiliser pour être sûr de ne pas mettre de la nourriture sur des assiettes poussiéreuses. Son garde-manger était vide à l'exception d'une boîte de céréales dont la date d'expiration était passée et qui n'avait même pas été ouverte.
Sa chambre était tout aussi pauvrement habillée. Le lit était décent, d'une taille confortable pour deux personnes si aucune des deux ne bougeait beaucoup pendant son sommeil. Tout comme ses rideaux, qui abordaient une couleur bleu marin foncé. Des draps bleus marins, une couette bleue marine, une tête d'oreiller bleue marine,etc. Le bureau de travail où se trouvait son ordinateur et des disques durs externes étaient empilés contre un mur, près de la fenêtre où la lumière du jour venait illuminer la surface. Il comportait plusieurs tiroirs, dont le dernier comportait un double fond.
C'était dans ce compartiment secret que Takaba gardait la preuve de son existence passée : son vrai passeport, sa véritable carte d'identité, deux photos, une avec sa famille, une autre avec ses deux meilleurs amis. Ses amis…Je me demande s'ils se rappellent même de moi…Ses parents ne savaient même pas non plus où il se trouvait. S'il mourrait maintenant, si son corps se retrouvait froid et sans vie le matin suivant, serait-il enterré au Japon ou serait-il incinéré ici, un corps non réclamé réduit en cendres. Son secret serait alors révélé, non ?
Et le flingue.
Assez.
A côté de son bureau, il y avait une bibliothèque qui contenait des livres sur… la photographie. Pas vraiment de surprise de ce côté là. Il y avait une table de nuit à un côté du lit avec une lampe dessus qui était équipée d'une ampoule qui avait bien besoin d'être remplacée ; il avait acheté le mauvais watt il y a deux semaines et c'était tout simplement trop sombre.
Son armoire était à moitié vide, un reflet de son état intérieur. Son style et ses goûts en général n'avaient pas tellement changés au cours de ces deux dernières années. Au contraire, ils étaient encore plus décontractés et orientés vers le confort et la liberté de mouvement ; ses voyages le lui avait appris. Il portait toujours ses t-shirts, son jeans vintage, et son sweat à capuche avec ses poches où il cachait ses mains. Et la plupart du temps, il portait une paire de chaussure de sport ou quelque chose dans ce goût là. Comfortable et qui laissaient une bonne marche de manoeuvre.
Mais dès qu'il le put, il s'était débarrassé de tous ses vieux vêtements qu'il avait achetés au Japon. Il les avait balancés dans une grande boîte en carton, l'avait scellée avec du scotch, et l'avait jeté hors de son appartement. Ca n'avait rien à voir avec une quelconque capacité physique. Il pouvait encore les porter physiquement.
C'était l'odeur. Le parfum. L'arôme.
La fragrance.
C'était comme de l'encens, une drogue qui lui provoquait et lui déclenchait des souvenirs et des images, après tout ne disait-on pas que la mémoire olfactive était la plus forte et la plus tenace de toutes ?
Il y avait deux ensembles de costumes dans l'armoire, l'un noir et l'autre d'un gris foncé. Il les avait achetés pour les occasions spéciales et les considéraient toujours comme un gaspillage d'argent. Mettre ces costards, ces attirails formels ne faisaient que lui rappeler lui. Les boutons de manchette. Les boutons. La cravate.
Surtout la cravate. Takaba arrivait encore à visionner ces mains à la fois fortes et énergiques, ces mains expertes qui se faufilaient à travers la texture jusqu'au voler les boutons. Effleurant son ventre. Plus bas. Plus bas. Dépassant la ceinture, dépassant l-
La ferme.
Takaba s'allongea sur le matelas, s'installant sans bouger sur l'édredon en peluche. Cela faisait presque une semaine qu'il n'avait pas utilisé son lit, et c'était juste… agréable de ressentir la même texture sous ses doigts. Mais d'un autre côté, ce qu'il avait redouté était devenu réel.
Il n'y avait aucune chaleur dans son lit.
Juste lui.
Et lui seul.
Et ces… pitoyable… atroces… étoiles fluo sur son plafond. Un d'entre eux c'était décollé pendant son absence, atterrissant près de sa tête d'oreiller.
Est-ce que je t'ais manqué ? Il le prit en main et le tint devant lui.
Il se recoucha complètement, son dos contre le lit, un bras couvrant ses yeux. Gyles lui avait littéralement interdit de rentrer à la maison tout seul (surtout après avoir entendu que Takaba avait failli se faire renverser par un taxi), ne lui laissant que deux choix. Soit il conduisait Takaba à la maison ou Takaba attendrait pour rentrer à la maison avec lui.
Takaba ne voulait pas obliger Gyles à quitter la galerie alors il décida de rester. Les gens ne se rendaient pas compte qu'ils murmuraient avec le photographe juste derrière eux. C'était un petit avantage assez rusé, et il avait réussit à récolter une poignée de bonnes critiques assez constructives.
Bien qu'il doive admettre, certains commentaires qu'il avait entendu l'avait vraiment...blessé. Des mots comme "immature" ou "ambiguë"lui donnait l'impression que des aiguilles lui traversaient le dos de la main. Il devait vivre avec de telles critiques pourtant… être critiqué était quelque chose que chaque artiste devait affronter, que ce soit en musique, en art ou en littérature, et c'était la vie qu'il s'était choisit.
Et il avait d'autre chose en tête : l'offre de Mr. Carthen. Gyles avait reconnu quelque chose en Takaba ; il s'était rendu compte que son amant n'était pas fait pour être sédentaire, que si sa vie à Londres n'était pas assez trépidante, que cela rendrait Akihito fou. Il finirait par courir après le danger et le frisson comme Gyles était prêt à faire amende honorable, à sacrifier six mois pour le bien de la guérison de son amant, mais alors Takaba devrait alors être assez compréhensif et reconnaissant pour accepter les projets de Gyles… n'est-ce pas ?Il était probablement plus sûr, tout comme Mr. Carthen l'avait dit, de faire une tournée en Europe plutôt que d'aller sur des zones déchirées par la guerre où ilse réveillait chaque matin au son des bombardements.
Mais il ne voulait pas partir.
Tu commences à te ramollir, Akihito…
Takaba enfouit son nez dans l'oreiller et inhala une bouffée de l'eau de cologne de Gyles.
Et alors qu'est-ce que ça peut me faire si je suis content…mais…
Perdait-il Asami? Et cette chambre privée qu'il avait réservé à son précédant…amant…était-elle en train de se faire envahir par la présence écrasante de Gyles ?
Et alors si c'est le cas…
Il appuya sa tête à l'aide de son coude droit, laissant son bras blessé reposé le long de son avait commence à bien guérir, à l'exception d'une fine ligne rose. Une autre cicatrice à ajouter à sa collection. Gyles par contre n'était pas vraiment content à propos de ça. Ironiquement, l'homme s'en blâmait.
Gyles…
Si Takaba n'avait pas été aussi préoccupé, et même s'il ne l'était pas, Gyles restait le parfait amant que tout le monde pouvait rêver. Il avait une patience illimitée pour son amant troublé.
Comment peux-tu me supporter…
Même s'il avait grandit tout seul, parfois, que quelqu'un d'autre se tienne ainsi à ses côtés avec une telle dévotion…
Tendre et indulgent, passionné et compatissant, Takaba ne pouvait s'empêcher de fondre dans l'étreinte de Gyles.
…Qu'est-ce que je devrais faire…
OoOoO
Gyles regarda Takaba disparaître dans le complexe et attendit, attendit que la lumière du séjour s'allume avant de finalement partir.
C'était nécessaire.
Il y a un peu moins d'un an, le jeune homme s'était évanouit dans l'ascenseur, seulement pour être découvert à moitié frigorifié à 4 heures du matin par un trio de filles qui retournaient d'une nuit de clubbing. Elles avaient du appeler le propriétaire qui avait reconnu le jeune asiatique comme étant son locataire et appelé un numéro au hasard dans le téléphone de Takaba après l'avoir conduit à l'hôpital. Ce numéro n'était autre que celui de Gyles.
Le médecin n'était pas sûr de savoir comment diagnostiquer son patient et fit effectuer une batterie de tests : examens sanguins, tomographie axiale, ECG pour n'en citer que quelques uns, mais finit éventuellement par abandonner et conclut à un "épuisement," ce qui était probablement ce qui se rapprochait le plus de la vérité que n'importe quelle des maladies modernes et conventionnelles que les compagnies pharmaceutiques aimaient mettre en avant afin de booster leur profit. La belle-sœur de Gyles pouvait le certifier.
Le médecin appela Takaba "légèrement en sous-poids" et "malnourit," posant des questions plutôt évidentes comme "a-t-il déjà été diagnostiqué pour une dépression avant l'incident ?" ou "a-t-il déjà fait face à un traumatisme ces dernières années ?" L'un dans l'autre, il montrait un intérêt peu sincère envers Takaba.
Le putain d'hypocrite
Gyles était plutôt inquiet de le ramener à la maison et loin de tous ces mélis-mélos médicaux ; n'importe qui de sensé pouvait voir que la surveillance constante lui faisait plus de mal que de bien. Et la nourriture de l'hôpital… Il se sentait toujours un peu coupable à propos de ça, mais la nuit où il avait ramené Takaba à l'appartement (l'appartement de Takaba), ils avaient finis par coucher ensemble, ne laissant à Takaba que peu de temps pour récupéré. Il n'avait pas vraiment l'air de s'en soucier et avait seulement taquiné Gyles sur sa "saine masculinité."
Gyles se sourit à lui-même, la voiture s'arrêta à un autre feu rouge. Saine masculinité…pft, à quoi pensait-il…
Puis le téléphone interrompit ses pensées.
Un peu tard pour recevoir des appels...
"Gyles Tennison. Qui est à l'appareil ?"
"Mr. Tennison," la voix avait un léger accent étranger, mais il n'arrivait pas à y mettre le doigt dessus… "Etes-vous à la tête de la galerie centrale de Londres ?"
"Oui…" c'est qui ? "C'est ça."
"Parfait. J'appelles de la part d'un collectionneur anonyme."
Collectionneur anonyme…bien sûr…
"Est-ce que cela à un rapport avec l'exposition ?"
"Oui en effet. Le collectionneur voudrait acheter l'-"
"J'ai peur que ça ne soit hors de question." Autant leur couper l'herbe sous le pied avant qu'ils n'aient une quelconque idée en tête.
"Pardon ?"
"Les photographies sont soit vendues à des galeries privées afin d'être exposées au public ou ont déjà été conclus avec la maison d'enchères." Il n'y avait aucun mensonge là-dedans "Excepté pour une seule."
"Puis-je savoir quelle photo a été retirée des enchères ?"
"'Nostalgia, le photographe a personnellement requis qu'elle soit retirée de la vente et seulement exposée."
"Très bien, ce fut un plaisir, Mr. Tennison." La voix fut rapidement remplacée par la tonalité sourde du téléphone qui venait de raccrocher.
C'était rapide…et un peu bizarre…
Il recevait fréquemment des appels d' "acheteurs anonymes." Le mystère de son amant en tant que photographe avait l'air d'en attirer pas mal. Gyles ressentait personnellement une certaine appréhension vis-à-vis de ces mystérieux acheteurs, bien qu'il n'ait eu aucune sérieuse expérience avec aucun d'entre eux ; la plupart d'entre eux lâchaient prise à la fin.
Quand sortiras-tu affronter le monde, Sei?
Après la rencontre avec le représentant du TIMES, Takaba était sortit un peu secoué, si ce n'est perturbé, et Gyles commençait à avoir des doutes concernant la proposition. Takaba se sentait probablement obligé d'accepter puisque c'était Gyles qui l'avait arrangé pour lui en premier lieu. Ce n'était pas du tout ce qu'il voulait, bien entendu : il voulait que Takaba ait le choix et de choisir son propre destin. Gyles voulait seulement être le catalyseur pour un changement qui devait se produire parce que Takaba ne pouvait pas se cacher du monde pour toujours.
Son "nom" était déjà connu dans le monde de la photographie et du photojournalisme. La plupart des photos que Takaba avait prit en Irak révélaient une attitude assez casse-cou sur lesquels les revues politiques et les journaux sautaient. C'était plutôt un phénomène, un peu comme un film culte caché qui reçevait de bonnes critiques sous la table. Il y avait une liste établie de collectionneurs privés qui réservaient la plupart de ses photographies, et lesventes aux enchères commençaient d'habitude à 500£ si ce n'est plus, un prix qui était réservé d'habitude aux photographes les plus anciens. Cela avait certainement un rapport avec le fait que Takaba n'en développait qu'une, une pratique qui lui valait une certaine… infamie et mais tout de même une pointe de notoriété.
Gyles n'avait jamais dit à Takaba qu'il était souvent bombardé d'appels, de mails, à la foix physique et électroniques, voir même parfois des visites personnelles, qui prenaient lieux d'habitude après les expositions ou les ventes aux enchères, où des personnes exigeaient de rencontrer le photographe, inflexibles quant à découvrir l'identité de Takaba. Il y avait des articles sur qui pouvait être cette " femme/homme mystère", cita un magazine de photographie.
S'il racontait à Takaba jusqu'à quel point supporterait-il cette mascarade, Takaba escaladerait probablement jusqu'en haut de la Tour Eiffel et se montrer à la face du monde, peut-être pas jusqu'à ce point… mais soit il se plongerait de lui-même dans un marché où son nom serait requis pour des besoins publicitaires (i.e. magazines, journaux)ou abandonnerait ses initiales pour prendre son nom, ce qui n'était pas non plus ce que désirait Gyles pour son amant. Il y avait tout simplement beaucoup trop de talent et de potentiel en Takaba pour être jeté en pâture comme ça aux chiens.
Gyles fit glisser sa carte d'entrée dans le scanner et attendit que les grilles du parking souterrain de l'immeuble ne s'ouvrent. IL avait acheté le dernier étage, il y a des années, au grand dam de ses parents qui voulaient qu'il hérite de la résidence familiale,une grande propriété à la campagne.
Qu'il le veuille ou non, il était probablement le mouton noir de sa famille. Son plus jeune frère était avocat, il avait déménagé en Allemagne avec sa femme et s'était fait engagé en tant que réviseur de contrat pour une entreprise ; sa soeur aînée était devenue médecin, obtenant son diplôme à l'université de Cambridge et était désormais à la tête du département de recherche de l'université de Californie. Gyles avait grandit la plupart du temps avec ses frères et sœurs, éduqué à la manière "élite" : polo, équitation, golf, tennis, envoyé à Harrow school, une expérience qu'il n'avait pas toujours apprécié mais sa nature compétitive le gardait parmi les meilleurs, une partie de lui que la plupart des gens n'avaient pas l'air de saisir. Il y obtint son diplôme, plutôt à contrecœur mais tout de même avec une haute reconnaissance académique et contre l'avis de ses parents alla à l'université aux Etats-Unis où il poursuivit une licence en droit, qu'il obtint, et d'une certaine manière (ça le stupéfiait toujours) réussit à faire également une licence en économie.
Il travailla pendant un an et demi dans une entreprise à Londres et découvrit que… il n'aimait pas trop son boulot, un doux euphémisme. Au même moment, un collègue de Harrow hérita d'une galerie d'art de haute réputation d'une grand-mère récemment décédée et rencontrait quelques problèmes à gérer à la fois ça et sa carrière en tant qu'ingénieur à la BP, étant envoyé sur de véritables sites, parfois bloqués sur des plates-formes pétrolières au beau milieu de l'océan pendant des mois. Il appelait ça"s'échouer"malgré le fait que ces plates-formes pétrolières étaient gigantesques et avaient même des supermarchés dessus, fonctionnant pratiquement comme une communauté.
Il demanda quand même à Gyles de partager le management, l'instituant comme co-propriétaire de la galerie. Lorsqu'il mourut dans un accident à un site de forage, une tempête s'étant déchaînée et trois personnes de la plate-forme flottante se noyèrent, cet ami faisait parti des avait une demi-sœur,mais elle avait une relation particulièrement houleuse avec son défunt demi-frère et fit le choix malavisé de refuser de, début de la citation"toucher quoique ce soit qu'ait pu entreprendre ce salaud " fin de la citation. Une fois que Gyles eu un contrôle total sur le management, il fit faire quelques ajustements drastiques et le profit doubla presque. La demie-sœur revint une fois et tenta de déposer une plainte pour "manipulation du statut économique de la galerie"ou quelque chose dans le genre, mais la cour débouta ses prétentions ridiculeusement scandaleuse. Gyles travaillait toujours à mi-temps à la compagnie en tant que conseiller de temps en temps, ce qui lui permit donc de récolter les bénéfices des stocks options,(je tiens à préciser que cette phrase est traduite n'importe comment, je sais même pas si on peut récolter des stocks options) mais la plupart de son temps était dévoué au management de la galerie.
Seigneur j'ai l'impression que c'était il y a tellement longtemps…
Les vibrations de la voiture s'arrêtèrent lorsqu'il coupa le contact et récupéra sa clef, sa chaîne tintant doucement puis s'installa tranquillement dans la paume de sa main. Il finit par se lasser de s'assoeir dans le compartiment étroit et finit par sortir, la voiture trembla deux fois derrière lui alors qu'il la refermait avec sa clef attaché à son porte-clefs, l'écho de ses pas résonnèrent dans le souterrain, alors qu'il poursuivit son chemin à travers l'allée de béton et de colonnes d'acier.
