Rating : M pour violence
Genre : Drame (malheurs qui arrivent faute de l'homme, rien de prédestiné, pas d'instance supérieur qui décide); horreur (violences, fic "noire", meurtres) mystère (il en faut toujours) presque Death-fic...
Disclaimer : Tout appartient à J.K.R sauf l'idée de cette fic. Anima Exhalare appartient au groupe Eths,
Note 1 : Bonjour et désolé pour ce petit retard, pas pu poster avant d'aller à Londres (je veux y retourner !) Vous me détesterez peut-être à la fin de ce chapitre... Sinon le premier passage ne devait pas être là mais il amène 3 personnes importantes pour la fin. Sinon je n'aime pas trop le rendu du chapitre... Un truc me gêne, à voir si ça se sent à la lecture... Chapitre centré Harry surtout mais différents points de vue.
Note 2 : "blabla italique gras" = paroles de chansons
$ italique $ = souvenirs/ retour en arrière
" italique " = écrits/ titres de livre/...
Note 3 : Pour sentir bien l'ambiance de la fin de chapitre il est possible d'écouter une musique de relaxation "pluie et orage" / Sinon du Eths, Damien Rice, les musiques de la Reine des Damnée, etc... pour le chapitre.
Merci encore pour les review, les mises en alerte, favoris !
Bonne lecture !
Chapitre 11 : Anima Exhalare
« J'aurai du ressentir les détresses dans ta chute, ce déniement, ton refus de la vie qui nous lia par dépit.
Je comprends, ressens, l'addiction qui te boit vers le fond,
Elle court en moi, m'attire vers toi. »
.
Anima Exhalare – Eths
- Excusez moi Monsieur ?
La jeune femme montre son enfant à l'homme imposant accoudé à la barrière. Ce dernier regarde son épouse donnant une glace à leur fils. Il lui marmonne deux trois phrases avant de se détourner en ignorant la femme et son enfant. Les personnes autour font semblant de n'avoir rien remarqué, elles s'intéressent au spectacle.
.
« Sans la voix le dialogue est plus audible. »
.
Lentement, il ralentit le mouvement de sa main, la lame arrête de tournoyer. Il pose le couteau sur la petite table près de la photo de Lily. Il se relève enfin et sort sans un regard pour cet insignifiant abris poussiéreux. L'heure est enfin venue, il ne l'attendait pas vraiment mais il savait qu'elle viendrait. Tant d'années ont passé, il a attendu.
L'heure est venu.
Après, il pourra enfin se concentrer sur une tâche bien plus importante que cet enfant, sa chère petite traînée. Il sait où ils vont se retrouver. Nul autre endroit ne pourrait autant leur convenir. Ce lieu explique tout et dans le même temps ne veux plus rien dire. Il n'est plus que le vestige d'un temps depuis longtemps perdu, brisé.
Il marche tranquillement, il a encore un peu de temps, un peu de temps avant la fin de l'après midi. Un peu de temps avant que l'orage n'éclate.
.
« Et seul reste ta main, ses écrits qui finalement remplaceront tes cris. »
.
Harry gravit lentement les marches menant à l'appartement de Nathan. Il a fait son choix, de ça il est certain. Le reste il ne sait pas vraiment. Il est près à le revoir lui mais est-il sûr de vraiment vouloir tous les quitter ?
Il ne sait plus, il y a peu il était certain de tout, il n'avait plus peur, avançait vite. Mais là, chaque marche le rapproche de la fin, de sa fin, celle de son histoire. Et, il ne sait plus s'il le veut vraiment, s'il est possible que tout s'arrête vraiment, que ce soit enfin fini.
Ce n'était pas lui ces dernières années, un masque. Oui, il portait un masque et il est temps qu'il l'abandonne. Il est temps de recommencer, recommencer à vivre, ou non...
Il est devant la porte.
Harry hésite à frapper mais, avant de pouvoir faire marche arrière, la porte s'ouvre. Il se trouve face à la personne qu'il ne pensait jamais voir ici. Blaise... que fait-il là ?
Pourquoi n'a-t-il pas fuis tout ce qui le rattache à lui ?
Pourquoi s'est-il souvenu ?
Maintenant et pas avant, pourquoi ?
Harry entre lentement dans la pièce. Elle n'a pas tellement changée depuis sa dernière visite. Tout est toujours aussi clair, lumineux. Les quelques meubles sont à leur place, la table, les trois chaises, le petit meuble... rien ne semble avoir bougé. Il pourrait se croire, avant... avant que tout ce « cirque » ne refasse surface. C'est vrai, sa vie pourrait ressembler à une mauvaise histoire ou un numéro pour amuser des enfants tellement elle est risible.
L'ambiance de la pièce est pesante, pas un souffle plus fort qu'un autre. Harry finit par s'intéresser, aux personnes présentes. La valeur sûre de la pièce tout d'abord.
Harry essaie de cacher son étonnement alors qu'il voit enfin Nathan dans le coin de la pièce près de la plus petite fenêtre. Il semble plus vivant, plus... heureux. Pourtant dans ses yeux Harry ne perçoit toujours aucun sentiment réel. Tout ce qu'il montre, réussit à faire croire, est un savant mensonge qu'il répète à l'infini. Mais ses yeux ne réussissent pas à mentir réellement, ils appellent à l'aide. Un appel muet auquel il ne peut plus répondre. Il n'a jamais su y répondre complètement.
Il passe ensuite à Blaise mais ce dernier l'ignore. Il n'est pas intéressant, n'a rien à lui apprendre.
Harry hésite alors à continuer son ''exploration''. Il sait qu'elle est là, assise près de la fenêtre.
Il se retourne, enfin, voit sa sœur pour la première fois depuis des mois. Il aimerait pouvoir s'avancer, faire comme si rien ne s'était passé mais...
Il n'y arrive pas.
Il a devant lui la preuve du mal qu'il fait aux personnes qu'il aime. Il ne réussit pas à approcher Carole qui, elle, le regarde. Elle attend juste un geste, une réaction de sa part, il le sait. Mais, il ne réussit pas, ne réussit plus.
Il reste bloqué sur les traits fatigués de sa sœur et sur le désespoir qui transparaît dans sa posture.
Et, il le voit, il sait que c'est le sien.
Et là, Harry se demande si cet enfant lui ressemblera à lui. Est-ce qu'ils seront pareils ?
Et, il se met à l'espérer malgré son dégoût envers ses propres pensées.
Et, il sait qu'il ne le saura jamais car il sera parti avant, avant même la naissance de cet enfant, son enfant, celui de Tom...
Il ne sait pas comment réagir.
Harry reste là, au milieu de cette pièce qui lui semble tellement hostile. Chaque ombre pourrait l'attaquer, l'emmener dans son monde de ténèbres. Tellement loin qu'il n'en reviendrait jamais. Il n'a pas peur des Ténèbres mais des ombres qui s'y cachent.
Enfin, il réussit à bouger. Il esquisse un pâle sourire, sourire d'excuse. Peut-être aussi de renoncement.
Nathan s'approche finalement et lui propose de s'asseoir, se reposer.
- Je vais très bien, merci ! réplique-t-il immédiatement avec un semblant de reproche.
Reproche contre qui ? Nathan... Carole... Tom... ou bien juste contre lui même incapable de s'arrêter de penser. Toute cette scène est une mauvaise comédie, et ses acteurs ne connaissent toujours pas leur rôle dans ce spectacle. Ils sont tous là, attendant de connaître la suite. Mais le scénario ne vient pas et, au final, ils doivent improviser. Improviser car les spectateurs ne doivent pas s'impatienter. Le spectacle doit avoir lieu coûte que coûte. Car ils ne peuvent rembourser personnes. Tout doit continuer maintenant que les projecteurs illuminent la pauvre scène de ce « spectacle ».
Il ne sait plus quoi faire mais cela ne date pas d'aujourd'hui. Depuis qu'il a commencé à fuir, il s'est perdu. Il s'en rend enfin compte. Il n'est pas plus fort qu'un autre, bien au contraire. Il se sent faible, tout à coup. La journée doit pourtant se finir. Il doit la finir. Un bon spectacle à une fin digne de lui.
Il finit par s'asseoir, face à la fenêtre, près de Carole. Harry ne fait plus un bruit, respire à peine.
Quelques minutes passent. Minutes d'attente.
- Ma faute... finit-il par murmurer.
Il semble avoir oublié leur présence et murmure toujours, tout est de sa faute.
- Pourquoi ? interroge finalement, la voix lasse, Nathan.
Harry ne l'écoute pas, ne l'entend pas. Il continue à se parler, perdu dans son monde. Celui où toutes les fautes viennent de lui.
- Ma faute. Tout est entièrement de ma faute. La mienne... juste ma faute...
Il répète plus fort encore, comme pour se convaincre. Soudain, il se relève, se dirige vers la porte tout en déclarant :
- Si je me rend, tout finira, tout finira, tout finira !
Blaise, jusque là resté silencieux et près de la porte, intercepte le jeune homme répétant inlassablement que tout finira enfin. Il essaie de se défaire mollement de la prise forte de l'autre homme. Répète inlassablement, avec un sourire presque fou que tout va être enfin fini.
Il n'arrive pas à sa défaire de la poigne, commence à s'énerver, réussit à se défaire.
Blaise le rattrape une fois de plus, l'assoit de force sur une chaise. Il semble avoir oublié où il se trouve.
CLAC !
Le bruit de la gifle retentit fortement alors que le silence se fait dans l'appartement. Harry regarde, choqué, Blaise face à lui ne semblant avoir aucun remord.
Il se reprend enfin alors que Blaise commence à parler doucement :
- Tu m'as intrigué, Harry, la première fois que je t'ai vu en mission. Mais je n'y ai pas fait attention. Tu étais... banal pour moi. Ce qui est faux, je ne voulais rien voir, c'est tout. Pourtant tout est si évidant maintenant. Il reprend après une pause, tout est si évident. Personne ne connait ton vrai passé. Tu te caches tout le temps, sous un masque, derrière une attitude fausse. Tout est bon pour toi. Même ton comportement étrange aurait dû me donner un indice mais, non ! Je ne voulais rien voir et voilà où nous en sommes. Dans cette pièce, peut-être attendons nous des explications mais nous savons tous que c'est faux. Tout est clair, rien ne mérite d'explication et encore moins un mensonge de plus.
- Et alors ? En quoi cela me concerne-t-il ?
Ce n'est pas Blaise qui répond comme il s'y attend.
Il voit sa sœur se lever doucement. Elle pose enfin son regard sur lui, enfin il a l'impression qu'elle le voit. C'est d'une voix claire qu'elle commence à dire :
- Arrête de nous mentir, arrête de te mentir Harry ! Je me souviens de ton arrivée, tu te caches. Les mensonges t'entourent comme un doux manteau que tu ne veux plus quitter. J'ai l'impression que tu ne sais plus qui tu es vraiment sous ce masque. Harry... sa voix commence à faiblir alors qu'elle se met à trembler. Harry... j'ai peur de te perdre... tu peux le comprendre, non ? Tu peux comprendre ce sentiment ? Je ne veux pas te perdre... pas comme... comme Sol'.
Le jeune homme semble vouloir réfléchir un moment. Carole se met à espérer mais, alors qu'il recommence à parler, la douleur dans sa voix lui fait redouter les mots qui vont suivre.
- Tu as peut-être raison. Toi aussi Blaise mais, ne vous réjouissez pas. Je n'ai pas le choix... Non ! Ne dis rien. Plus personne ne doit souffrir. Tu sais, Carole... j'en ai assez. Assez de toute cette souffrance, ces mensonges. Je ne peux plus me battre, encore moins fuir. Je suis revenu, je savais dès le départ pour quoi je venais... que je ne retournerais sûrement pas en France.
Il ne leur dit pourtant que la moitié de la vérité. Il ne parle pas de son besoin de revoir Tom. Ce besoin il le ressent depuis un long moment mais il réussissait à l'ignorer. Cette impression de manque le tue un peu plus chaque année passant. Alors qu'il voit Nathan sortir de la pièce, il reconnaît ce même manque sur son visage crispé. Lui aussi ne semble plus pouvoir se battre.
Leurs regards se croisent. Nathan sait qu'il ne le dupe pas, il ne l'a jamais fait ni même essayé. Il ne peut plus tenir. Pourquoi a-t-il fallu qu'il le revoit lui ? Pourquoi maintenant, au hasard d'une rue ?
- Il y a d'autres moyens, d'autres moyens que fuir !
Harry se retourne brusquement, relève les yeux vers Blaise alors que la porte de la chambre se ferme doucement sur Nathan.
- Tu me traites de lâche, Blaise ?
- Non, bien sûr que non. Il y a juste d'autres moyens.
- Quels moyens ? réplique-t-il froidement.
Un silence lourd s'installe entre les deux.
- Tu sais, Blaise, commence Harry lui lançant un regard désabusé, Théo, s'il est mort... c'est ma faute. Celui que tu aimais est mort... à cause de moi.
Harry laisse le silence reprendre possession de la pièce. Il se lève doucement, passe devant sa sœur, ne s'arrête pas. Il a l'impression qu'il doit payer pour le mal qu'il leur a fait, le fait d'exister, de connaître Tom. Mais surtout payer car, il veut le revoir, ne pense plus qu'à cela depuis qu'il a entendu ce mot. Ce mot directement adressé à lui, à personne d'autre.
Carole le voit passer, déterminé.
Il ne la voit plus.
Doucement elle se laisse glisser jusqu'au sol. Elle lui murmure, même s'il n'est déjà plus là, elle se murmure...
- Si tu disparais... je n'ai plus rien Harry... plus personne pour me soutenir, m'attacher à ce monde...
Blaise ne l'entend pas. Il reste bloqué sur la dernière phrase d'Harry.
$ Théo, s'il est mort... c'est ma faute. $
Il ne comprend pas pourquoi il a dit ça. Ne comprend pas le lien. Et la phrase tourne en boucle.
Encore et encore et encore et encore...
$ Théo, s'il est mort... c'est ma faute... ma faute... ma faute...$
.
« Sans faiblir l'animadversion alimentait ce désir furieux de contempler enfin un spectacle commun. »
.
Une fois de plus elle tient cette photo devant ses yeux et s'empêche de pleurer. Il ne voudrait pas qu'elle souffre autant juste parce qu'il est parti. Sur cette photo tout semble tellement paisible, il la tient contre lui. Elle se souvient de sa force sous son aspect « féminin ». Ce n'est pas sa beauté qui l'avait en premier lieu séduite mais sa gentillesse. Il était au cœur du réseau et, toujours, il refusait de se battre. Il se mettait en conflit avec son oncle juste pour une petite mission qu'il jugeait trop offensive. Ce pacifisme était ce qu'elle souhaitait le plus et au début elle ne s'était rapproché que pour ça. Et elle s'était noyée dans son reflet, son Narcisse.
Elle caresse doucement la photo tandis que, une fois de plus, le répondeur résonne :
- De Loua-Ange. Pas disponible.
Cinquième fois qu'elle l'appelle. Il ne répond pas, toujours cette messagerie.
Tout ça est inutile.
Elle s'inquiète, ne le montre jamais mais, au final, ça ne sert à rien. Personne n'est là pour la voir craquer, elle peut se laisser aller maintenant.
- Bip... bip... bip... De Loua-Ange. Pas disponible.
Elle lâche son téléphone, il tombe sur le sol. Elle attrape le cadre, regarde le visage souriant de son fiancé. Elle n'en peut plus. Elle ne peut plus voir son visage, son air insouciant.
De rage elle lance le cadre qui percute violemment le parquet de son salon. Il est toujours là, son sourire semble la défier.
Elle ne supporte plus.
Elle observe les débris de verre tomber, percuter le sol.
Elle ne veut plus le voir. Il ne doit plus rien avoir qui le lui rappelle !
Elle se relève, brutalement, voit le magnifique vase en porcelaine. Pour leur sixième mois de relation. Elle l'attrape et le lance contre le mur. Il explose dans un bruit lui semblant étouffé. Elle ne fait pas attention.
Un autre vase. Un bruit. Des morceaux de verre supplémentaire.
Comme folle, Hermione s'approche de la bibliothèque.
« Le chien des Baskerville ».
Elle l'ouvre. Arrache les page une à une. Les fait voler.
Un autre livre. « Le petit prince ». Le même sort.
Et encore un autre puis un autre...
Elle est entourée de feuilles volant pour finir par s'écraser. Elle aussi s'effondre. Un rire hystérique qu'elle ne réussit pas à contenir s'échappe de plus en plus fort d'entre ses lèvres.
Elle crie, hurle son désespoir dans cet appartement ravagé. Bientôt ses cris se transforment en sanglots.
Le temps ne passe plus, elle ne ressent rien. Pourtant elle devrait sentir une douleur avec ce sang s'écoulant sur le parquet. Elle se remet à rire. Elle devient folle elle le sent. Personne n'est là pour elle, personne. Elle est seule. Il n'y a plus personne.
.
Elle n'entend pas la porte de son appartement s'ouvrir, enfermée dans la douce folie de sa douleur. Un jeune homme entre et s'arrête saisi par la vision...
Elle, si forte, la voir ainsi lui fait mal. Mais on lui a apprit à cacher ses émotions. Il avance doucement et la serre contre lui. Elle ne réagit pas, serre des morceaux de verre et une photo dans sa main gauche.
Le sang coule toujours.
.
Hermione ne comprend pas. Elle avait froid et soudain elle sent cette présence l'enveloppant, la réconfortant. Elle ne veut pas se laisser aller mais cette main douce la force à desserrer sa prise. Elle lâche le verre et un gémissement alors que la douleur se fait enfin sentir. La douleur est trop réelle.
L'homme la soulève doucement. Elle se sent en sécurité. La première fois depuis ce jour là, depuis cette annonce.
Un long moment passe, elle n'a aucune réaction, se laisse soigner. Elle aperçoit enfin des cheveux longs, blonds. Narcisse pense-t-elle en premier lieu, elle le murmure. Mais c'est impossible, il est mort.
Trop perdue elle ne voit pas la lueur de douleur à l'entente du prénom.
- Chut, calme toi, Hermione...
Cette voix, elle la reconnaît.
- Draco... chuchote-t-elle cette fois, avant de s'endormir rassurée.
Elle n'est plus seule. Même si ce n'est qu'un instant, quelqu'un est venu pour elle.
.
Ce dernier a un sourire triste alors qu'il porte la jeune femme dans sa chambre. Il ne la croyait pas si affectée, il ne pensait pas tenir autant à elle et qu'il souffrirait tant en la voyant prostrée dans les débris de verre. Si fragile...
.
« Maintes fois j'ai écrit un scénario implacable. Chaque soirs l'habit du malheur s'ajustait, inavouable. »
.
Il se trouve enfin devant ce bâtiment. Il observe un moment la façade claire, richement décorée. Il sera là, ceci est leur « Tunnel d'Or »
Alors qu'il rentre tranquillement dans le grand hôtel il repense encore à Tom. Une des seuls histoire qu'il avait accepté de lui raconter.
$ Il fait froid dehors. Harry se blottit un peu plus contre le torse chaud de Tom. Depuis une semaine il le harcèle pour une histoire et l'autre répond froidement qu'il n'est pas sa nourrice. Harry n'aime pas ce Tom là. Il est trop froid, dégage quelque chose de malsain. Mais là, tout va bien. Tom est avec lui, gentil et s'apprête à raconter son histoire. L'enfant s'emmitoufle un peu plus dans le grand manteau de l'adulte et, écoute.
- Il était une fois un jeune Prince, il errait dans la forêt sans but. Il errait si bien qu'il se perdit. Après des heures de marche le soleil commença à se coucher. Le chemin du retour était invisible. La nuit noire fut rapidement là en ce soir d'hiver mais le temps était tiède. Il vit une lueur et marcha vers elle. Devant lui se dressaient deux splendides tunnels, tout deux magnifiquement décorés. Le premier était composé de fer, mais le plus beau fer jamais découvert. Le second quand à lui était constitué du plus fin or pouvant exister. Une pancarte se trouvait devant lui, elle disait exactement ceci :
« Ô toi qui t'es égaré en mon cœur choisis le bon tunnel et ta famille tu retrouveras ou à jamais tu périras »
Tom fait une petite pause, resserre son étreinte autour d'Harry. Il lui pose enfin la question :
- D'après toi quel tunnel a-t-il pris ?
- Le doré...
- Non. Le jeune Prince n'hésita pas. Il se dirigea sans réfléchir vers le tunnel de fer. Et pourquoi ? Car son père avant de devenir roi était pauvre. Il lui avait appris à ne rien prendre pour acquis, il choisit donc la pauvreté. Un gamin, pauvre arriva également devant les tunnels. Il ne lut pas la pancarte et s'engouffra dans le tunnel d'or. Son père lui avait toujours parlé de la richesse, elle était devenue une obsession. Les deux jeunes hommes durant les premières minutes crurent voir leurs maisons. Ils s'approchèrent et elle furent englouties par les flammes alors qu'ils sentaient la Mort les approcher pour la première fois et pour l'éternité. Sais-tu pourquoi leur choix était mauvais, pour les deux? $
Tom n'avait jamais voulu lui dire la morale. Il devait la trouver lui même. Maintenant il comprenait cette histoire, même un peu trop. Il monte lentement l'escalier.
Septième étage, septième chambre.
Pourtant une fois devant la porte Harry fait demi-tour. Il entre dans les toilettes de service au fond du couloir. Il hésite un moment et finit par enlever ses lentilles. Il hésite encore à se regarder, il ne le fait plus depuis longtemps quand il ne porte plus cette « protection ».
Au bout de plusieurs minutes il croise enfin son reflet, ses yeux toujours aussi verts. Il se détourne rapidement, ne supporte pas son reflet.
Une fois de plus devant la chambre numéro sept.
Il n'est plus question d'hésiter. Il ouvre la porte tout en déclarant aussi sûr qu'il réussit à l'être :
- Je sais pourquoi ils avaient tout les deux torts, pourquoi leurs choix étaient mauvais. Les enfants ont suivit l'enseignement de leurs père sans se poser de question, sans... réfléchir. Ils ne pouvaient donc pas être dans le vrai. Il faux savoir suivre ses propres envies, faire ses choix. Ce choix peut-être mauvais, non accepté ou encore l'échec peut attendre derrière la décision. Cependant... les valeurs peuvent être les bonnes, n'est ce pas, Tom ?
Harry relève enfin les yeux et, le voit. Il est là, attendant patiemment. Il n'a pas vraiment changé, il est toujours aussi beau mais, plus dangereux encore. Il attend, assis sur la couverture argentée du lit de la suite. Il a toujours quelque chose d'envoûtant et Harry ne peut s'empêcher de faire un pas vers lui. Mais le sourire de Tom l'arrête.
Il est dangereux. C'est un prédateur. Il EST la proie.
Il se reprend. Il sait ce qu'il doit faire, il le doit, le veut.
Ils savent tout les deux l'issue, inexorable. Et il l'entend enfin, sa voix, veloutée, chaude, caressante. Il n'y a plus qu'elle et les mots qu'elle prononce.
- Je suis heureux de te revoir, Harry...
Il fait rouler le prénom sur sa langue, semble le savourer alors qu'il se relève et s'approche du jeune homme. Trop près, trop envahissant, dangereux.
Excitant.
Harry ne sait plus comment réagir. Il était sûr de lui jusqu'à ce qu'il bouge, lui parle.
- Pourquoi ?
Il hésite alors qu'il sent les doigt froids de l'autre tracer délicatement les contours de sa mâchoire. Il reprend plus fermement :
- Pourquoi tu es parti ? Pourquoi tu m'as abandonné ? Tom !
Tom resserre soudainement sa prise sur la mâchoire du jeune et reprend le mot « abandonné », une réelle menace dans la voix. Il attrape violemment le jeune homme qui ne réagit plus et le lance sur le lit. Harry se prend le montant en bois pourtant il ne dit rien, il attend. Il voit Tom se rapprocher de lui et, il est heureux.
Il ne peut s'empêcher de sourire.
Il est fou, c'est certain maintenant. Il aime sa folie alors se dit-il en se prenant un deuxième puis un troisième coup. Mais, aucun ne lui fait mal. Il se met alors à parler.
- Tu sais Tom...
Un autre coup.
- Je me souviens, pas tout mais le principal de cette nuit. Tout avait pourtant commencé normalement. Il faisait beau mais le temps était lourd. Un temps d'orage. iI était parti nous laissant seul et...
Encore un.
- Tout a dérapé... Pourquoi ? Je ne sais pas, je ne sais plus. Est ce que je veux vraiment savoir ? Je ne crois pas. Je...
Un plus violent le projette une fois de plus contre le matelas. Tom le bloque de son corps et ne bouge plus. Il semble attendre.
- Je t'ai attendu toi, c'est tout... Je suis risible je sais alors, finissons... finissons vite... s'il te plaît. Tu... tu seras enfin libre, libéré de moi. C'est ce que nous voulons...
C'est trop simple. Tom n'aime pas ça. Il voulait ou plutôt avait une raison de le haïr mais... il voit juste un enfant perdu. Non, ça ne doit pas se passer ainsi. Doucement, un peu trop peut-être, il essuie une des larmes du jeune homme qui essaie de cacher ses sanglots, sa peur.
Il est fort mais... il ne lui pardonnera pas. C'est trop tard.
.
« Le temps, son œuvre, ne laisse de ces sombres heures que des flashs intercalaires des cet enfer effrayant qui nous brisa tous. »
.
Il observe la femme un moment. Il ne la considère pas encore comme sa mère, les adultes ne méritent pas sa confiance. Ils ne méritent aucune sympathie, pas après ce qu'ils ont fait à sa sœur, à lui aussi. Il se lève et déclare avant de remonter voir sa sœur :
- Tu sais, Harry ne reviendra pas. Arrête de l'attendre.
Son ton est froid, sans émotions.
Elizabeth regarde l'enfant sans rien dire. Elle voudrait pouvoir le prendre contre elle, caresser doucement ses cheveux blonds et lui murmurer qu'Harry reviendra pour eux mais, elle ne peut pas faire ça. Alors elle pose l'unique question devant l'être, juste pour la tranquilliser. Penser qu'Emeric peut se tromper.
- Pourquoi ?
- Sa bague n'est plus là. Il ne reviendra pas, c'est tout...
.
« Ces rares instants profonds de communion, voilant l'inévitable destruction. »
.
Il ne réagit plus. Harry fixe l'homme au dessus de lui, qui le domine. Tom le domine mais ne le touche plus, pas encore.
Ils s'observent.
Juste deux fauves attendant le premier faux pas, pour bondir et déchiqueter l'adversaire. Ils s'observent en silence dans cette ambiance lourde. Harry le regarde dans les yeux il attend l'inévitable.
Il y a cette lueur dans son regard. Dangereuse lueur qui en cache une autre. Juste une étincelle mais il ne comprend pas. Ne comprend pas ce qu'elle est.
Un infime changement et Tom l'effleure, doucement mais sans aucune gentillesse. Ses mouvements sont tout sauf gentils. Harry ne réagit toujours pas, il veut résister encore un tout petit peu. La fin peu bien attendre un instant de plus.
Lentement Tom retrace son visage, il descend, effleure sa jugulaire. Il arrive rapidement à la limite de la chemise. Un à un les boutons sont défaits.
Harry ne bouge toujours pas, il ne veut pas penser, pas encore.
Le dernier bouton est défait et Tom s'arrête. Il observe le collier « plume » et la bague. Deux de ses cadeaux.
$ Ils sont dans un petit jardin, Harry regarde étrangement l'homme face à lui. Encore un cadeau. Tom lui tend une bague qu'il finit par attraper. Elle est encore trop grande pour lui mais, il la trouve belle. Elle est simple, en argent surmontée de deux pierres entremêlées. Une rouge, une verte. L'enfant relève la tête et sourit alors que l'autre lui explique :
- Grâce à elle nous serons toujours ensembles, personne ne te séparera de moi.
Tom essaie de sourire en disant cela mais il ne cache pas son envie dans son regard. Il s'attache un peu plus, jours après jours, cet enfant. Il le détruira encore mieux ensuite. $
Tom se penche une nouvelle fois sur Harry, sa proie. Il ne peut plus attendre même s'il n'a toujours aucune réaction il lui en donnera. Même si ce sont des cris de douleurs sa proie ne sera pas inerte, pas tout de suite. Ce jeu, il ne fait que débuter et annonce leur grandiose final.
Brutalement il pose ses lèvres sur celle de sa petite traînée. Il ne dit rien, mais bientôt il hurlera.
.
« Briser les chaînes du passé, créer l'irréel. »
.
- Allô ?
- Carole ?
- Ah... c'est toi Henri... s'exclama la jeune femme avant de reprendre calmement, tu diras à Elizabeth que je ne pourrai pas rentrer pour les vacances. J'ai... beaucoup trop de travail. Je reviens donc pour Noël.
- Bien. Tu as vu Harry ? demande-t-il ensuite.
Carole hésite avant de lui répondre le plus naturellement possible que non mais il ne devrait pas tarder à revenir. Elle raccroche ensuite ne laissant pas à son père le temps de rajouter un mot.
Henri raccroche, il sait que Carole ment.
- Henri ? C'était qui ?
- Carole, elle revient à Noël.
Elle ment mais il ne dit rien, et ment lui aussi. Il est trop tard de toute façon pour revenir en arrière. L'illusion du bonheur les préserve encore un tout petit peu.
Il est juste trop tard...
.
« Ces doux accords dissonants de mélancolie, stridents, exhumèrent mon cadavre de l'ennui. »
.
Les mains caressent brutalement cette peau qui lui a manqué, il s'en rend compte.
Il redécouvre cet enfant.
Il griffe, lacère, veut le faire réagir.
Pas un son ne s'échappe de la bouche de cet « enfant ».
Tom s'arrête et observe. La peau pâle. Les cheveux noirs, indisciplinés, formant une tâche sombre sur les draps verts. Verts comme ses yeux. Sans sentiments, il ne ressent rien. Il doit réagir. Le jeu ne peut avoir de sens sans réactions. Il y a trop de contrôle.
Tom se relève brusquement, s'éloigne du lit, ouvre la fenêtre.
L'orage a commencé. Le tonnerre, les coups annonçant le début du spectacle mais, il est en retard. Ce spectacle a débuté depuis bien longtemps. Le vent s'engouffre dans la chambre, la pluie redouble.
Harry se redresse lentement, il ne comprend plus rien.
$ La nuit, la pluie, la douleur... $
Tom se retourne. Ils s'affrontent à nouveau mais Harry sait qu'il va perdre. Il ne peut en être autrement, n'est ce pas ?
Tom s'approche à nouveau, brusquement l'attrape et le projette à nouveau sur le lit.
Il griffe, lacère, veut faire réagir. Après un moment, les doigts se font câlins. Toujours ils essayent de faire sortir un son à l'autre. N'importe lequel.
Douleur. Plaisir. Peur. N'importe lequel.
L'orage gronde.
$ L'orage gronde. Il ne comprend plus. Il était là et soudain... soudain il l'attrape et le traîne dans cette cabane. Et lui, alors qu'il sent ses vêtements tomber un à un il ne pense qu'à une chose. L'orage gronde. $
La danse reprend mais cette fois, la bouche, traîtresse, laisse échapper un bref son. Plaisir ou douleur aucun ne saurait le dire. La danse doit continuer. Imperturbables, les pas doivent s'enchaîner.
$ Les doigts s'accrochent à sa peau. Il les sent, détestables. Et l'orage gronde. Il se rapproche. Il ne veut plus rien ressentir. Il ne se débat même plus. Cela fait-il une heure ? Deux heures ? Des jours ou bien seulement un instant ? Il ne sait plus mais... le tonnerre est proche. $
Pourquoi est-ce si long ? Pourquoi ces doigts, ces gestes ne lui rappellent-ils rien ?
Harry ne sait plus quoi penser alors qu'un second gémissement s'échappe d'entre ses lèvres. Il essaie de l'étouffer mais cela ne fonctionne pas.
Son prédateur est revenu, plus dangereux qu'avant il semblerait.
S'ils ont déjà été si proche, pourquoi cela ne lui rappelle-t-il rien ?
$ La nuit, tout paraît si grand, imposant. Pourquoi lui fait-il ça ? Le jeune garçon n'en peut plus, il ne peut plus se retenir. Il n'y a personne pour l'entendre de toute façon alors, à quoi bon retenir ses cris ? Seule la nuit sera la témoin de sa honte. Pourquoi Tom lui fait-il cela ? $
Les sensations sont différente mais... l'orage, lui, gronde toujours et laisse éclater sa fureur.
.
« Nu, face au monde, l'asphyxie paraît naturelle, artérielle. »
.
Ils sont seuls dans ce salon, l'unique où personne ne rentre, à part eux. Il pourrait paraître vide comparé aux autres mais, il les détend, leur rappelle qu'ils ne devraient pas être ensembles.
Dans la petite cheminée, les flammes s'élèvent paresseusement. Elles tremblent.
Sirius se lève et serre son amant contre lui. Il n'aime pas ses effusions de tendresse mais sait que lorsqu'un orage éclate il repense à elle. La seule femme. Pourtant Sirius ne réussit pas à être jaloux, ni à en rire. Il est sérieux et attend que l'orage passe.
Le temps passe, ils en profitent juste encore un peu. Pourtant un des deux finit par parler, pose la question qu'ils n'osent pas prononcer :
- Nos choix sont-ils vraiment les bons, Sev... Je veux dire... se battre est vraiment la solution à nos problèmes ?
.
« Te voilà maintenant parmi les nôtres. »
.
- Tu crois que c'est la solution ? Petit serpent, susurre-il à son oreille.
Harry ne répond pas, se mord les lèvres pour n'émettre aucun son, garder un peu de sa fierté. Si seulement il lui en restait un peu mais, elle est déjà partie au vent, lessivée par la pluie.
Les mots sont si doux.
$ Il l'insulte. Le frappe. La voix est rauque, rauque de ce sale plaisir, désir. Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ne pense-t-il qu'à ces yeux noirs, ces yeux si gentils normalement ?
Il n'entend plus que la pluie qui s'abat tout autour de lui.
Il ne sent plus que cette déchirante douleur et son incompréhension.
Comment en est-il arrivé là ? En sont-il venus à ça?
- Tu n'est qu'une petite pute ? Tu le sais n'est ce pas, Harry ? $
- Tu es à moi, murmure-t-il. Tu le sais, mon Ange ?
Pourquoi la voix est-elle différente ? Pourquoi l'appelle-t-il son Ange alors qu'il n'était que sa pute la dernière fois ?
$ Une silhouette sombre, imposante... $
Il se penche vers lui. La fin inexorable arrive-t-elle enfin ?
$ Tom est penché au dessus de lui. Il le touche encore. Quelle est cette lueur dans son regard ? Pourquoi lui tend-il ses habits ? Une nouvelle humiliation ? $
La fin est enfin venu le prendre.
$ Il le gifle, se recule brusquement. Il ne doit plus l'approcher.
Cette ombre dans le coin pourquoi sourit-elle ? Pourquoi cet homme se détourne-t-il avec cet air de contentement sur le visage ?
Il a tout vu ? $
Harry repousse brusquement Tom. Il ne sait pas comment. Il se réfugie au fond du lit. Il ne comprend plus rien. Tout se mélange dans sa tête.
Pourquoi voit-il deux silhouettes différentes alors qu'il n'y avait que Tom ? Ça n'était que Tom ce soir là alors...
.
.
La Fille D'Octobre « Et le verbe dans ma tête libéré à tout vent, Sifflerait d'amertume aux frontières de ma peau, Mes amours muettes me crèveraient les tympans, Comme un loup hurlant sur mon tombeau. »
.
Le Crâne Corbeau
Commentaires ? Evitez de me tuez, la suite n'est pas écrite... donc si je suis plus là il n'y aura rien :)
Sinon est ce que connaître plus l'histoire autour de Severus et Sirius intéresserait quelqu'un ? Il y a la possibilité que j'écrive un OS sur eux (ou plutôt tenter), il y aurait aussi Narcisse et un peu Hermione...
Des hypothèses ? Réactions sur le fin ou l'ensemble du chapitre ? Des choses flous, incomprises ? Je réponds bien sûr et si il y a des fautes hésitez pas à me les faire remarquer.
J'essaierai de mettre le prochain entre début juin et mi-juin mais bon le bac approche et j'ai déjà planté mon oral blanc de français (bon l'écrit rattrape très très bien)
Prochain Chapitre : Liquide éphémère.
"Bonjour, nous sommes le mardi 13 septembre et le Ministère vous souhaite une radieuse journée"
[...]
- Elle ne reviendra pas.
[...]
Elle ne réussit plus à y croire pourtant elle a essayé, lutté, s'est accrochée à cette idée.
[...]
- Je veux croire à nouveau en quelque chose"
.
Voila un petit aperçu du prochain chapitre qui est le dernier, puis vient l'épilogue !
Tsuh...
