Nouvelle fabulette inspirée de Jean de La Fontaine, sublimée par Oda, ça donne ça.

Le titre est toujours le titre original de la fable, je ne la copie pas ici, on la retrouve très facilement sur le net pour ceux que ça intéresse, mais nul besoin de connaître la première pour apprécier la suivante.

Bonne lecture!


LA JEUNE VEUVE

La perte d'un ami ne va pas sans soupirs

On fait beaucoup de bruits et rien ne nous console.

Sur les ailes du drame, la tristesse s'envole;

Le temps ramène les souvenirs,

Entre le détesté d'une année

Et le regretté d'une journée,

La différence est grande, on ne croirait jamais

Que ce fût la pensée de la même personne.

L'un fait jaillir les coups et l'autre a mille attraits.

Aux soupirs vrais celui-là s'abandonne,

C'est toujours même note et pareil entretien.

On dit qu'on est inconsolable,

On ne savait pas la veille que ce serait à ce point,

Comme on verra par cette fable

Ou plutôt par cette vérité.

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L'ami d'un jeune cuisinier en train de pleurer

Menaçait de partir pour l'autre monde. À ses côtés le cuistot

Psalmodiait, « Défends-toi, relève-toi, il est trop tôt,

Si tu devais t'envoler, c'est moi qui devais te tuer."

Le sabreur reste en partance pour le voyage.

Leurs compagnons, prudents et sages

Laissent le torrent couler.

À la fin, Nami vient le consoler.

« Sanji, c'est trop verser de larmes,

La vie de pirate, c'est vivre ce genre de drame.

Mais puisqu'il est des vivants, ne pense pas aux morts,

Je viens te dire qu'il est l'heure

Pour une condition meilleure

Que l'on change en noce ces transports.

Je ne peux te voir ainsi souffrir, alors veux-tu que je te propose

Une nuit avec moi ou toute autre chose?

- Ah, dit Sanji aussitôt,

J'ai toujours pensé que tu étais ce qu'il me faut.

Mais il est trop tard, tu es en disgrâce,

Seul cet abruti de sabreur peut faire en sorte que ça passe. »

Il reste seul, le veille tous les jours,

Parle dans le vide, lui parle de sa vie, avoue cet amour

Qu'il ne savait pas, qu'il a fallut ça

Ce manque de lui dont il ne se doutait pas.

Il prend soin de lui, le médecin de ses blessures,

Les bandages rougis servent de parures.

Puis Zoro se réveille un nouveau jour,

Aperçoit le cuistot en contre-jour,

Un blondinet, l'œil écarquillé

Dont une larme jaillit, dont la goutte salée ramène à la vie

Un escrimeur mis à terre mais ressuscité,

Face à un ange blond à allure de Paradis.

Le cuisinier se précipite, si soulagé,

L'enveloppe de ses bras, donne un baiser saveur tabac et légèreté de vent.

« Si tu dois mourir un jour, c'est à moi de te tuer

Mais avant ça, il me tarde qu'on soit amants. »


Voilà, plus grâve celle-ci, mais plait-elle cette fabulette?