Bonjour!
Encore une fabulette, cette fois d'actualité, mariage homo, adoption, à l'heure où l'Assemblée s'envoie des coups, parlant religion, droits (de qui, de quoi, des hétéros?), hé bien je vous propose ma vision car personne ne parle d'amour ni de la douleur qu'un choix peut engendrer.
C'est aussi ça l'homosexualité…
Mais c'est toujours de l'amour…
L'HIRONDELLE ET LES PETITS OISEAUX
Un équipage en ses voyages,
Deux s'étaient épris. Le bretteur avait des vues
Sur le cuistot qui l'a retenu.
Leurs bagarres ressemblaient à l'orage,
Mais sous les draps, leurs gémissements se faisaient écho,
C'était sauvage, c'était bon, c'était beau.
Il arriva un temps où le désir se fit amour
Mais comment ne pas redouter l'absence de retour?
« Tu me plais tant, dit un jour le sabreur,
Ce que je redoute, un péril extrême, une terreur,
Que tu penses à t'éloigner, à me laisser dans un coin.
Tu vois ces femmes qui ne seront plus des gamines,
Un jour viendra, qui n'est pas loin,
Elles feront ma ruine.
Elles lèveront leurs bras pour t'envelopper,
Leurs doigts pour t'attraper.
Enfin, elles te donneront leur ventre
Pour que tu les enfantes,
Car ça je ne peux le faire,
Te donner un double de toi,
Ce n'est pas donné à ma chaire
D'avoir cette prérogative-là.
C'est pourquoi, lui dit l'épéiste,
Il faudra nous séparer, ce sera triste. »
Sanji en resta muet, surpris,
Cet homme qui parlait si peu
Souvent froid, souvent ombrageux,
Pourquoi cette pensée alors qu'il était si épris?
Il lui répondit « je me suis réveillé un matin
Ce premier éveil dans ton lit, je n'ai jamais été aussi bien,
Nulle raison que cela change.
- Cuistot de malheur, je t'ai vu hier
Tu riais avec des gamins, des anges,
Ne me mens pas, ne sois pas fier,
Un jour, tu voudras en avoir. »
Le cuistot ne faisait plus le malin.
Zoro ajouta: « En fait, ça t'irait bien,
Un enfant pour toi, tu voudrais t'y voir.
Moi, je n'en aurai pas, ça ne me dit rien,
Je n'espère pas être père
Ni jamais, ni demain,
Et si tu avais cette prière,
Tu me laisseras, tu t'en iras
Et je t'y pousserai, sans nul doute,
Je te laisserai prendre la route.
Ne t'en fais pas,
Je resterai à ma place, je laisserai ma place;
Choisis une grue ou une bécasse,
Désolé de la traiter ainsi
Mais je lui en voudrai d'être celle-ci.
Je te dis tout ça pour que tu me jures,
Si un jour tu veux partir, tu dois me le dire, je dois être sûr. »
Sanji, ivre de l'entendre,
Se mit à l'embrasser amoureusement
Car tout ce qu'il venait de comprendre,
C'est qu'il l'aimait, éperdument.
Il le lui dit, lui montra sans retenue,
N'écouta que ses instincts qui étaient aussi les siens,
Jamais il ne le quitterait, ni pour une bécasse, ni pour une grue.
Voilà, commentez, donnez votre avis, ouvrons le débat, nous, hétéros, bi, homo, nous voici avec des étiquettes sur la tête! Cela prêterait à rire si je ne trouvais pas cela si triste...
Je crois que la vulgarité n'est pas dans les mots, comme dans certains de mes textes, mais dans ces idées qui prônent l'intolérance. Avant on parlait de la suprématie de la race blanche (dont je suis), aujourd'hui de celle d'une orientation sexuelle.
Il faut croire que j'ai de la chance d'être blanche et hétéro,... ça me laisse sans voix! (Personnellement, je préférerais être verte et amoureuse mais bon, puisqu'il paraît que je suis chanceuse,... Tss!)
