Nous étions toutes assises à un stand. Toutes les 4. Dans un de ces stands en forme de sabot de cheval. Ceux ou tout le monde est serré et ou personne ne peut aller aux toilettes sans faire bouger tout le monde.

On pliait des serviettes pour le service de ce soir. C'était une des rare fois ou nous, les 4 filles, travaillions en même temps. D'habitude y'en a une en pose, ou qui arrive en retard, mais comme c'est la première semaine d'été, Will voulait que tout soit parfait. Ce soir il y allait avoir du monde.

Shuester c'est dur à décrire. Les gens me demandent où je travaille. C'est la question facile. Puis ils me demandent ce que je fais, et c'est un peu plus dur de répondre. Je fais un peu tout. Pliage de serviettes. Service en salle. Parfois je suis hôtesse. Mais je l'ai fait que deux fois. Je sais pas vraiment si j'aime ca. Je suis toute seule et je m'ennuie. Et après Will devait me dire d'arrêter de me faufiler en cuisine pour piquer des frites, ou d'aller au bar pour parler aux filles et de rester à mon podium. Si je ne suis pas à mon podium les gens ne sauront pas ou s'asseoir.

Oh, et parfois je travaille au bar. En fait, je travaille souvent au bar. C'est marrant. C'est fatiguant et un peu confus quand y'a beaucoup de monde, mais j'aime ca. Les gens laissent des gros pourboires et remplir des verres c'est facile. Et les cocktails sont marrant a apprendre et si jamais je me rate le client ne dira rien la plupart du temps. Comment peuvent ils savoir quel gout a un kamikaze ?

Et ca ne me dérange pas de plier des serviettes non plus. On ouvre a 11h pour le repas du soir même si je suis la depuis 8h et qu'il doit y avoir des serviettes parfaitement pliées a chaque table.

Les employées arrivent à 8h pour nettoyer et préparer. On ouvre pour le repas de midi et puis on met en place pour le repas du soir quand il y'a des moments calmes. Puis vers 9h quand les repas se calment, le bar prend la relève et pendant le week-end on reste ouvert et très occupé jusqu'à a peu près 3h du matin.

« Tu les plies mal Brittany. » Rachel dit. Elle était au bout de la table. Elle avait une tresse relâchée et elle portait le même t-shirt en flanelle que moi.

Soirée Cowboy.

Vendredi et samedi c'est les soirées à thème. C'est le meilleur travail du monde. Non seulement je dois me déguiser, mais en plus Will paye pour tout ca. C'est génial.

J'ai inspecté ma serviette. Je pensais pas qu'on pouvait mal les plier. On pourrait les tourner dans l'autre sens si c'est mal plié non ?

Elle a essayé de m'expliquer, mais je voyais toujours pas ce que j'avais fait de mal. C'est juste une serviette…

« Oh laisse tomber Rachel. » Mercedes lança sa serviette pliée au milieu de la table. « Il n'y a pas de mauvaise façon de les plier. »

Je l'ai regardée. Elle avait déjà son chapeau de cowboy. J'avais toujours pas fait ma tresse. D'ailleurs je sais même pas faire une tresse. Je suis sure que si j'essaye encore et encore je pourrai faire un truc qui ressemble à une tresse, mais c'est beaucoup plus facile d'avoir un chignon ou une queue de cheval ou simplement les cheveux lâches. Ma mère me faisait une tresse tous les soirs quand j'étais au lycée avant d'aller au lit et je la portais le lendemain a l'école, ou alors elle me la faisait pour mes courses de motocross, mais maintenant, je trouve que ca ferait trop gamin de lui demander de me faire une tresse alors que je suis plus au lycée. Mais c'est pour ca que j'ai jamais appris. Elle le faisait toujours pour moi.

« Il y'a une mauvaise façon. Will nous a demandé de les plier spécifiquement comme ca. Mais on a qu'a juste les froisser et les mettre sur la table comme si elles étaient sales. » Dit Rachel d'un ton moqueur tout en continuant de jouer avec sa serviette. «Je t'ai appris a les plier plein de fois Brittany…»

« Bref, » Mercedes regarda d'abord Rachel puis moi. « Plie juste le coté gauche avant le droit après l'avoir replié pour la 1ere fois. »

J'ai hoché la tête et j'ai doucement mis ma serviette mal pliée au milieu de la table.

« Tu comptes pas la replier ? » Rachel s'arrêta en plein milieu de son pliage.

« Ca sera comme une serviette spéciale. J'en ai juste plié 2 donc ca sera comme un ticket d'or dans Charlie et la Chocolaterie, a part que je suis sure que personne ne va remarquer qu'elle est spéciale parce qu'elle ressemble exactement aux autres et qu'elle n'est pas en or. »

Mercedes étouffa son rire et me passa une serviette pas encore pliée.

«Vous avez vu qui est de retour ? » Tina demanda alors que je commençais ma 3eme serviette. Elle était assise juste a coté de moi. Les 2 autres étaient de l'autre coté du stand.

Plier en deux. Plier le coin droit. Puis le gauche.

« Oh mon dieu oui ! » ditMercedes presque en criant. « Je peux pas le croire. Je pensais que ces filles étaient parties pour de bon. Est ce que quelqu'un sait pourquoi elles sont parties au moins ? »

« Je pensais qu'elles avaient été virées. » Tina nous regarda tous. Puis elle a parlé plus doucement. « Quelque chose comme coucher avec un client après qu'il ait laissé un gros pourboire. »

« Ha ! » Le rire de Mercedes remplit la salle. « Non. Enfin, je dirais que c'est Hoe-Pez mais c'est peu probable. »

Mais de quoi elles parlent ? J'ai ralenti mon pliage de serviette, pour ne rien rater.

« Mercedes c'est ce genre de surnom qui t'a fait suspendre l'année dernière. » Rachel mit une autre serviette parfaitement pliée sur la table.

« J'étais en vacances. » Mercedes a parlé si monotonement que ça m'a presque fait peur. Comment peut elle rire chaleureusement une seconde et la seconde d'après être si sérieuse.

« Oh. » Rachel hocha la tête pour en essayer de dissoudre la conversation et attrapa une autre serviette.

« Mais ces deux filles sont pétées de tune je sais même pas pourquoi elles travaillent ici. » Mercedes continua. « Si mon père avait tant d'argent et que je vivais dans une maison aussi grande que l'une de ces 2 filles, je resterai a l'intérieur toute la journée et je nettoierai tout les trucs cher autour de moi. Comme ca quand je ferai des fêtes vous seriez tous jaloux. » Elle prononça jaloux « jallllll-oux ».

« Pourquoi vous ne leur demandez pas pourquoi elles sont parties ? » J'ai demandé. Ca semblait être simple comme solution.

« Pas moyen. » Tina répondit. « Elles sont sympa parfois. Mais ca vaut pas le coup si t'es pas entièrement sure que la question ne va pas les agacer. »

« Oh j'ai pas peur d'elles. » dit Mercedes.

« J'ai pas dit ca. » Tina répondit puis me regarda. « Fais juste attention. Elles ne sont pas les personnes les plus gentilles que tu vas rencontrer. »

« Est ce qu'on peut arrêter de parler d'elles ? » Mercedes fit bien comprendre à tout le monde à quel point elle était ennuyée. Elle se remit à plier des serviettes.

« T'es juste énervée parce que maintenant tu vas perdre certains de tes numéros. » Rachel haussa les épaules. « Will t'a pas enlevé 2 de tes chansons cette semaine ? »

Mes yeux me sont presque sortis de la tête. Est ce qu'elle a vraiment dit ça ? J'ai retenu ma respiration et attendu que Mercedes se transforme en Hulk et renverse la table.

Mercedes soupira. « Même si je déteste l'admettre, t'as raison. » Elle regarda la brunette assise à coté d'elle. « On a tous perdu du temps de scène. »

Je vois pas vraiment pourquoi elles se préoccupent de ca. C'est pas comme si elles étaient payées plus pour chanter. Peut être de plus gros pourboires si elles captent l'attention de quelques clients, mais c'est tout. C'est pas comme si elles mettaient un chapeau devant la scène et qu'elles chantaient.

Elles chantent juste des chansons pendant les soirées blindées. C'était pour ca que Shuester était connu. Les Troubletones. Un peu nul comme nom je sais, mais c'est comme ca que les journaux les ont appelées après quelques super spectacles et plusieurs rumeurs. Et c'était également connu pour la bonne musique qu'il y passe. Enfin c'est ce que j'ai entendu.

Il avait seulement 2 bars en ville. Un bar gay, et un Irish Pub ou personne ne va parce que certain clients avaient eu une intoxication alimentaire a cause d'un plat appelé « bangers and mash ». Je blâme les clients. Ils auraient pas du manger quelque chose avec le mot « bangers » dedans.

« Je m'en fiche un peu. » Tina attrapa une autre serviette. « J'ai seulement perdu une chanson. Même si j'avais que deux chansons. Mais ca sera bien d'avoir de l'aide. C'était un peu trop dur pour juste nous. Et elles sont rapides. »

Peut être qu'elle m'ont accepté de suite parce que j'ai pas volé de leur temps de scène. Je suis sure que je vomirai et m'évanouirai en même temps si je chantais sur scène. Surtout si c'était en face de personnes.

« Tina à raison. » ajouta Rachel. « J'ai travaillé avec elles hier soir. A part qu'une des 2 est partie à la superette en plein milieu de l'essayage de costume, tout semblait marcher plutôt bien. »

Will arriva. Un sweat. Des cheveux-macaroni. Ces mots me viennent toujours à l'esprit quand je le vois. C'était la seule chose à laquelle je pensais pendant mon entretien d'embauche. Mais heureusement que j'ai eu à lui demander de répéter une question qu'une seule fois. Apres lui avoir demandé de répéter, je me suis concentrée un peu plus.

« Les filles. » Il tapa dans ses mains. « Vous êtes excitées pour ce soir ? »

Rachel souri et hocha la tête vivement. « Oui on l'est. En fait j'ai modifié quelques détails dans le numéro que je chante ce soir. J'ai besoin de te montrer des que t'es libre. »

« Uhm. » Il examina les serviettes et se tourna vers la scène. Elle était juste derrière la piste de dance. « Je suis libre maintenant. Et je crois que Brad vient d'arriver. »

« Merveilleux. » Rachel sorti du stand. « Après l'avoir fait quelques fois je trouve que la musique des couplets est un peu banale. » Elle pris Will par le bras et l'amena vers la scène. « Je ne voulais que le week-end d'ouverture… » sa voix s'atténua.

« Enfin. » Mercedes soupira et mis une autre serviette au milieu de la table. «Je l'aime bien, mais juste à petite dose. »

Tina acquiesça. « Elle est- »

Mais Tina a été coupée par la voix de Will. On a tous tourné la tête vers la scène. Il nous parlait à travers le micro. « Est ce que vous 3 voudriez bien aller aider les filles derrière ? » Il sourit. « Merci. »

Rachel prit le micro et lui indiqua de s'asseoir à la table la plus proche.

« Oh doux Jésus. » Mercedes râla et sorti du stand. « Ca va être drôle. »

Tina sorti également du stand et je les ai suivies. Nous allions en cuisine et avant qu'on y arrive j'ai demandé aux filles si je pouvais aller chercher ma bouteille d'eau. Pendant que je la cherchais dans mon sac, elles râlaient encore a propos des 2 filles. Est ce qu'elles sont vraiment si terribles ?

« Dépêche Brittany. » Mercedes essayait de me presser. « Le plus vite on en a fini avec ca mieux c'est. »

« En finir avec quoi ? » Je me suis redressé et j'ai tenu la bouteille comme si c'était un trophée. Mais elles s'en fichaient. Y'avait que moi que ca importait de trouver ma bouteille.

« Te présenter. » Elle m'a prise par le bras comme Rachel avait fait avec Will plus tôt.

J'essayais de dévisser le bouchon de la bouteille mais c'était plutôt dur avec Mercedes qui me tenait comme ca. Mais j'ai réussi.

On est donc passé par la cuisine pour aller directement à l'arrière. C'était une grande pièce avec des grandes portes de garage pour que les camions puissent déposer la nourriture, boissons et tout ce que Will commandait. La pièce me rappelait un peu un entrepôt vide. Un petit entrepôt, tout vide.

« Rappelle toi la première fois que j'ai rencontré Quinn. Elle m'a demandé pourquoi les Asiatiques prenaient tout les jobs en Amérique et elle a râlé jusqu'a que Will lui rende un des ses nombreux solo qu'il m'avait promis. Je n'ai même pas pu chanter jusqu'à qu'elle soit malade, un week-end. » Tina chuchota. « Elle était même pas vraiment malade. »

On entendait que nos pas dans la salle. La porte de garage était ouverte et le soleil était aveuglant. J'avais presque oublié que c'était la fin de l'été puisqu'on a été confiné à l'intérieur toute la journée.

« Vous voilà. » Une voix de femme plutôt agressive s'adressa à nous. Ok. Peut être qu'elles avaient pas tort à propos d'elles. Elle était dehors appuyée contre un petit camion.

J'ai porté la bouteille à mes lèvres pour la finir. Ma bouche était pleine et j'allais avaler quand la fille s'est avancée vers nous.

Ma gorge a arrêté de marcher. C'est parce que j'ai essayé de respirer mais à la place j'ai avalé la plupart de l'eau dans mes joues par le mauvais tuyau. J'ai ouvert ma bouche pour avoir de l'air, mais j'ai fini par tousser et envoyer le reste de l'eau qui restait dans ma bouche partout autour de moi.

Je me suis retournée. J'avais le hoquet. Ma poitrine tremblait alors que j'essayais de respirer. Je vais mourir…Puis je me suis souvenu que j'avais failli m'étouffer avec un bonbon et que j'ai survécu, alors pas moyen que l'eau soit plus dangereuse surtout que je ne suis pas au milieu de l'océan.

Tina me tapait légèrement en bas du dos. C'est génial. C'est humiliant. Pourquoi c'est elle et pourquoi j'ai décidé d'avoir de l'eau dans ma bouche au moment ou je suis sortie ? Ca suffisait pas de lui renverser ma brique de lait dessus, non, maintenant elle va penser que je peux même pas garder un truc liquide sans en mettre partout, ou simplement boire sans cracher partout.

J'ai toussé dans le creux de mon coude. J'avais plus d'eau dans la gorge. Maintenant j'essayais juste d'arrêter d'avoir la gorge irritée. J'avais les larmes aux yeux. Mon nez été en feux. Peut être qu'il y'a encore de l'eau dans mon nez. Et à chaque fois que je respirais on aurait dit que j'avalais du papier de verre.

« Eh ben. Est ce que je suis si moche que ca ? » La voix de femme se moqua un peu.

Je me suis retournée rapidement pour m'assurer qu'elle ne croie pas que c'était la raison pour laquelle j'étais incapable d'agir normalement et qu'elle ne croie pas qu'elle est moche. Tina s'est reculée et j'ai regardé Mercedes. Elles semblaient à moitié amusées, a moitié désolées comme si elles savaient ce qui allait se passer sans pouvoir y faire quelque chose. On aurait dit qu'elles regardaient un accident de train. Mais un accident normal. Un accident ou quelque chose d'humiliant arrive a la fin. Genre le conducteur découvre que quelqu'un lui a collé des stickers en forme de papillon sur tout le dos quand il ne regardait pas mais juste après qu'il soit passé devant tout le monde.

J'ai secoué ma tête pour dire non, toussé et je l'ai regardé dans les yeux. Pour la seconde fois en moins de 24h j'étais surprise par la beauté de ses yeux. Elle n'était pas la fille dont elles parlaient hein ? Comment quelqu'un avec de si beaux yeux pourrait être ne serai-ce qu'un peu méchant ?

Elle s'est avancée vers moi avec un sac marron dans les mains. C'était le sac qu'on utilisait pour mettre les serviettes propres. « Brittany c'est ça ? » Elle me tendit le sac et ne recula pas tant que je ne l'avais pas pris.

J'ai hoché la tête et je me suis retenu de tousser.

« Moi c'est Quinn. » Elle est retournée près du camion.

J'ai serré le sac contre ma poitrine comme quand j'ai serré la brique de lait et le magazine la nuit dernière, et j'ai encore hoché la tête. Je savais pas quoi dire. Qu'est qu'on est sensé dire dans cette situation ? Est ce que je devrais lui demander comment ses pieds vont ? « Comment vont tes pieds ? » Les mots ont glissé de ma bouche avant que je puisse les arrêter.

Elle n'a pas hésité à répondre. « Mieux. » Elle sortit un autre sac marron et le donna à Mercedes. Mercedes et Tina avaient l'air perdues. Elles étaient bouche bées et leurs sourcils étaient froncés. « J'ai mis des tennis aujourd'hui au cas ou. »

J'ai regardé ses chaussures. Elle portait des tennis. Des blancs avec des lacets noirs.

Elle savait la nuit dernière. C'est pour ca qu'elle souriait quand je lui ai dit ou je travaillais.

« Je pense que je travaille au bar avec toi. » Elle sorti un autre sac et le passa à Tina. « On va toujours chercher des chaussures pendant ta pose non ? » Elle me regardait dans les yeux.

Verts. Ses yeux étaient si verts. J'ai juste hoché la tête. C'est mieux de rester silencieux dans ces situations comme ca je sors pas des trucs embarrassants ou bizarres.

« C'est parfait, en fait. J'ai besoin de talons pour ce soir. » Quinn retourna au camion. Elle ne portait pas encore son costume de cowboy. Elle ne portait pas non plus tenue de cheerleader. Non pas que j'attendais d'elle qu'elle le porte partout, mais depuis quand les lycéens travaillent dans un bar ?

« Attends. » Mercedes sorti enfin de sa trance. « Vous deux vous vous connaissez. Comment ca se fait que tu nous aies pas dit ça plus tôt Brittany ? »

J'ai haussé les épaules.

« On s'est rencontré la nuit dernière. » Quinn répondit pour moi. Elle grogna puis s'enfonça encore plus au fond du camion. « A la superette. »

« J'ai renversé mon lait sur elle. » Je pouvais enfin parler. Ou les mots se sont forcés a sortir.

Tout le monde a détourné le regard vers moi. Tout le monde sauf Quinn, parce qu'elle était toujours au fond du camion. Tina fronça les sourcils et j'ai tout de suite compris qu'il fallait que je m'explique mieux.

J'ai bougé le sac marron qui était dans mes bras et je m'apprêtais a m'expliquer quand Mercedes dit quelque chose avant que j'aie la chance de parler. « Donc, ou est la fille de Satan ? »

« Oui, ou est Santana ? » Rachel arriva et me cogna l'épaule. « Elle a besoin de choisir quelle chanson elle va chanter ce soir pour que je prépare. »

« S'il te plait dit moi que ce n'est pas qui je pense que c'est…? » Quinn râla depuis l'intérieur du camion. Je pouvais sentir la déception dans sa voix. Elle avait parlé d'un ton que seul les personnes ayant rencontrés Rachel peuvent utiliser.

J'ai grandi avec Rachel. C'était horrible. Enfin, parfois ca l'était. Parfois elle est fréquentable, mais elle me fait me sentir bête et elle a même pas besoin de le dire. Mais parfois elle est sympa.

« Quinn. » Rachel la salua et croisa les bras. J'aurai pu jurer qu'elle avait même mis son nez en l'air.

« Rachel. » Quinn copia le ton que Rachel avait utilisé. C'était pas pour se montrer supérieure ou quoi. C'était plus pour se moquer d'elle.

« Est ce que Santana est dehors avec toi ? » Rachel répéta la question. « Will a dit que vous étiez là toutes les deux. Donc ou est elle ? » Rachel regarda au tour d'elle puis continua. « J'ai cette peur qu'elle apparaisse derrière moi un couteau dans les mains et qu'elle attende que je dise quelque chose de mal à propos d'elle. »

"Beetlejuice, Beetlejuice, Beetlejuice." Je pouvais pas m'empêcher de sourire en entendant le surnom. J'ai d'abord regardé Rachel que j'avais visiblement surprise. Elle avait les mains sur la poitrine. « Clairement elle n'est pas ici sinon elle se serait déjà montré. » j'ai continué à rire, même si personne ne semblait comprendre.

Je trouvais ca drôle.

Enfin j'ai aperçu Tina et Mercedes avec le sourire aux lèvres.

« Toilettes. » Quinn s'avança près de nous avec le dernier sac de linge.

Au lieu de s'arrêter devant nous et de parler, elle alla direct à la porte de garage ouverte. On l'a toutes suivie à travers la pièce. Moi, Rachel, Mercedes et Tina.

« Allez les petits canards. » Je me suis tournée pour regarder Rachel et souris en voyant notre queue-leuleu passer à travers la cuisine. Je ne me suis pas retournée avant qu'elle me sourie également.

Rachel est peut être une prude, qui aime contrôler, travailler, elle a quand même besoin de quelqu'un pour lui remonter le moral. Elle à besoin de quelqu'un pour la féliciter. Pour lui faire savoir qu'on sait qu'elle est la, et qu'au moins quelqu'un (même si c'est juste moi) se rende compte qu'elle est stressée. C'est bizarre qu'une personne aussi intelligente et exigeante ne puisse pas se voir. Elle exagère sa personnalité car elle pense que les gens ne la voient pas, alors que c'est en fait la première personne que les gens remarquent quand ils rentrent dans une pièce.

Un jour je lui ai dit qu'elle était ce que je pensais. Je pensais comprendre la signification, mais elle a quand même été vexée, et elle est partie comme une furie. Mais je voulais seulement dire qu'elle accentuait trop sa personnalité que les gens en avaient plein la tête et que du coup ils ne la remarquaient pas. Tout ce qu'ils voient c'est un grand chat rose qui crie. Ou alors c'est juste elle quand elle est ironique. Il faut que je demande a quelqu'un la différence.

Mais je peux même pas imaginer à quel point elle doit être sur les nerfs là. Rachel est une perfectionniste. Quand j'ai oublié mes chaussures l'autre jour elle m'a supplié de porter ses chaussures, parce qu'elle voulait que nos chaussures se ressemblent comme nous faisions le service ensemble. Donc j'ai souffert pendant 3 heures de crampes aux pieds et j'ai du prétendre être une femme chinoise aux pieds bandés pour qu'elle arrête de paniquer. Mais je préfère faire ce qu'elle demande, plutôt que de causer un problème, parce la regarder chanter cette nuit et voir le public lui donner une standing ovation valait bien une nuit à souffrir des pieds.

Ca doit la rendre folle qu'on soit si désintéressées parfois. Elle pense que la personne qui chante avant elle, ou la façon dont les serviettes sont pliées, ou les habits que portent les gens a quelque chose à voir avec la façon dont elle chante. C'est complètement fou. Pas moyen que j'entende encore Tina chanter pendant que Rachel chante, ou que je sois énervée parce que les serviettes sont mal pliées parce que tout ce à quoi je peux penser c'est à quel point sa voix est incroyable. Je sais pas pourquoi elle croit qu'elle a besoin de tout contrôler dans sa vie. Penser à ca me donne mal à la tête.

On a passé la salle de pause. Quinn parla à nouveau. « Santana a reçu un appel et vient d'y rentrer. » Je pouvais sentir un peu de ras -e-bol dans sa voix. Ca a été confirmé par son prochain commentaire. « Elle ma laissé faire tout le travail. Ca devait surement être une confirmation pour sa manucure ou quelque chose de stupide dans le genre. »

« Si elle a quitté ce bar, je vote pour qu'on la bannisse de la société. Je,…-nous ne pouvons pas travailler autour de ses horaires de travail et attendre qu'elle soit prête. » Rachel parla de derrière moi.

Personne ne lui répondit. J'ai pensé à répondre, mais la seule chose à quoi je pensais vraiment c'était a ce Beetlejuice apparaissant comme Harry Potter et me plantant sa baguette avec une lame au bout dans le ventre.

« Donc Brittany… » Quinn parla. Elle ouvrit la porte et entra dans le bar, mais retint la porte que jusqu'à ce que je passe et que je retienne la porte pour Rachel. Quinn posa son sac sur le comptoir. « Depuis combien de temps travailles-tu ici ? Tu as du commencer juste après que je parte non ? »

J'ai posé mon sac de linge à coté du sien. « Will m'a embauché pour la saison, et a finalement fini par me garder. »

« Ouais parce que les clients sont genre amoureux de toi. » Mercedes rigola et posa son sac à coté du mien. « Le sans-abris qui dors devant la librairie vient tous les soirs ou elle travaille et insiste à ce que ca soit elle qui le serve. Il aboie si jamais quelqu'un d'autre lui parle. »

« Patches ? » Quinn rigola. « C'est la qu'il dépense l'argent de la manche ? » »

« Mais de quoi il peut bien te parler ? » Tina s'assit sur un des tabourets du bar.

« Je sais pas. » J'essayais de me souvenir notre dernière conversation. « D'habitude je peux pas l'entendre à cause de la musique. Je hoche la tète et souris. Des fois je dis des trucs basiques quand on dirait qu'il attend une réponse. Ca dépend de la nuit je suppose. Oh ! » Je me suis souvenu de quelque chose qu'il m'a dit. « Il m'a demandé mon nom une fois, mais il a insisté pour que je le laisse m'appeler 'Ma jolie'. Puis après on a parlé de Nemo et de mouettes. » J'ai attrapé ma bouteille d'eau vide à coté du sac de linge. « Il l'a pas vu et je lui ai dit qu'il adorerait et que le poisson n'a pas de maison comme lui, parce que sa maison c'est l'océan. »

« Oh mon wow. » Quinn rigola. « Tu es parfaite. Cet endroit aurait du t'utiliser bien avant. »

« Merci. » Je serrai mes mains et me balançais d'avant en arrière. Elle est définitivement gentille. Les autres filles doivent avoir un problème. « Je pensais que t'étais une cheerleader ? » J'avais enfin l'occasion de comprendre ce qui se passait, et comment elle pouvait être au lycée et travailler ici en même temps ?

« Mon costume pour ici. » Elle sourit.

Duh…Question débile.

Nous avons parlé toutes les 5 pendant un moment. C'était marrant. J'étais surprise que Will nous laisse discuter si longtemps, mais on avait une heure avant l'ouverture et y'avait plus rien d'autre à faire. Même Rachel parlait et ne nous a pas repoussé avec le merveilleux son de sa voix. Bien sur qu'elle a parlé de sa chanson, mais elle a aussi demandé à Quinn ce qu'elle allait chanter. You Keep Me Hangin' On.

Mercedes demanda à Quinn ou est ce qu'elle avait été. Tout le monde paraissait choqué quand elle à dit qu'elle n'était pas partie avec cette Santana mais qu'elle avait juste passé quelques mois à Paris avec ses parents. Je suppose que c'était juste une coïncidence qu'elles aient été absente toutes les deux à la même période. Ca prend du sens.

J'ai essayé de rester aussi longtemps que possible. J'avais envie de m'asseoir et de papoter. J'aime comme elles me sourient toutes. J'ai surtout aimé le fait qu'elles me regardent toutes, parce que Quinn me connaissait et qu'elle était gentille après qu'elles aient toutes dit à quel point elle était horrible. Mais j'avais envie de faire pipi.

« Je reviens tout de suite. » J'ai interrompu la question de Tina à Quinn et j'ai foncé aux toilettes.

Au lieu d'aller aux toilettes des employés, je suis allé direct à ceux des clients. Ca sentait toujours bon, et puis vu qu'y avait encore aucun client c'était pas grave.

J'ai suis vite passée devant Will.

« Brittany ! »

Je me suis arrêtée, puis retournée. « Ouais ? »

Quand tu reviendras au bar j'ai besoin de faire l'inventaire de l'alcool. Et j'ai besoin que tu me ramènes quelques bouteilles de derrière. »

« Ca marche. » Je me suis vite dépêchée d'aller aux toilettes pour pas qu'il me demande autre chose. Je pourrai toujours lui parler en revenant.

Au lieu de pousser la porte avec les mains j'ai juste donné un coup d'épaule.

« Non papa. » La voix de quelqu'un remplissait les toilettes. Mais c'était doux et fort. Comme un chuchotement qui refusait de rester calme.

Je me suis arrêtée.

« T'es sur je peux pas juste-, » La voix s'arrêta en pleine phrase. Je pensais qu'elle m'avait entendu, jusqu'à ce qu'elle continue de parler. « Quand est ce que tu ne travailles pas ? Tu pourrais m'amener là bas ? »

Le ton de sa voix était hypnotisant. Je pense que c'est ce qu'y m'a retenu de partir pour ne pas me faire prendre en train d'écouter sa conversation. Sa conversation privée, surtout qu'elle était cachée dans un des toilettes et qu'elle parlait doucement.

Sa voix n'était même pas rauque. Elle était chaude. Chaude comme une couverture que tu laisses près du feu et qu'après tu t'enroules dedans pour aller au lit. Chaude comme la mente poivrée, même si la mente poivrée rend la bouche fraiche après. Les voix sont incroyables et parfois quand je trouve une voix que j'aime je leur demande de me raconter des histoires juste pour que je puisse les voir parler. Même si je ne pouvais pas la voir, je savais que c'était une de ses personnes que j'avais envie de voir parler.

« Désolé papa. » Ses mots embrassaient et remplissaient la pièce. « Non je ne te supplie pas. » Elle rigola.

Je n'ai pas aimé la façon dont elle a rigolé. C'était forcé. Préparé. Embarrassé.

Je devais partir avant qu'elle ne sorte.

Et puis elle est sortie. Elle a marché jusqu'au miroir, mais n'a pas regardé dans ma direction. Elle a juste regardé son reflet dans le miroir.

La première chose que j'ai remarqué c'est sa tenue. Un haut en flanelle rouge comme le mien. Et puis j'ai vu un chapeau de cowboy noir sur le lavabo. J'ai attrapé la corde du mien et je l'ai ajusté. Mon chapeau avait décoiffé mes cheveux.

J'ai regardé son reflet, dans le miroir le plus éloigné. Elle avait la peau foncée. Pas autant que Mercedes. Hispanique. Ses cheveux, comme les miens, n'étaient pas tressés, mais ils étaient ondulés, on aurait dit qu'elle les avait tressés puis défaits.

Son petit corps laissa échapper un sanglot. Elle était pas si petite que ca, mais la façon dont elle pleurait la faisait paraître si petite et fragile. Elle réussit à arrêter de pleurer. « D-désolé. » Elle n'a pas fait attention à être délicate quand elle s'est frotté les yeux pour enlever les quelques larmes. « Non, je sais que je réagis de manière excessive Papa. »

Quand elle m'a vu à travers le miroir j'avais l'impression que mon estomac avait échangé de place avec ma gorge. Le pire c'était sa réaction. Je sais comment ca fait quand on se fait prendre. Vulnérable. C'était horrible. J'étais si stupide de ne pas être partie plus tôt.

Mais elle s'est retournée, et je pouvais voir son dos. "Lo siento. Voy ir a trabajar ahora." Elle raccrocha le téléphone sans même dire au revoir.

Les secondes d'après étaient gênantes. J'attendais d'elle qu'elle me crie dessus. Peut être qu'elle me frappe. Ca devait être Santana. L'autre fille. Je pense pas qu'un client serait rentré dans le bar avant qu'il ouvre et habillé en cowgirl.

Puis elle fit quelque chose que jamais jamais jamais je n'aurai pensé qu'elle ferait. Elle commença à pleurer, mais ne s'arrêta pas. C'était silencieux et étouffé. Elle croisa les bras, puis elle se mit dans le coin de la pièce.

Elle pleurait toutes les larmes de son corps.

Qu'est ce qui peut bien rendre une personne si triste ?

Peut être que j'étais en train de l'imaginer. Les filles méchantes ne sont elles pas supposées être méchantes ?

Peut être que j'aurai du partir.

Non.

Pleurer quand on est seul c'est triste et ça fait mal.

Je ne savais pas quoi dire. J'avais rien à dire. Je ne la connaissais pas. Mais même si je la connaissais ca n'aurait rien changé.

Je me suis avancée vers elle. Mes pas faisaient un bruit assourdissant dans les toilettes. Ca semblait si déplacé par rapport à ses pleurs étouffés.

Je peux dire qu'elle essayait d'arrêter. Ca me faisait encore plus mal de la regarder. C'était juste dur de la regarder, parce que je pouvais ressentir son humiliation. Mais ca aurait été pire si j'étais partie. On travaillait ensemble. Elle m'aurait croisé. Je pouvais juste pas l'abandonner, et la laisser venir vers moi après tout ca. Je pouvais pas la laisser prendre la décision de venir me voir et de faire comme si rien ne s'était passé ou alors qu'elle se sente obligée de m'expliquer. Bien sur que j'allais attendre qu'elle arrête de pleurer et sortir avec elle.

J'ai grimpé sur le lavabo à coté de son chapeau de cowboy. Je l'ai mis sur mes genoux et j'ai commencé à jouer avec la corde. Il paraissait bien plus cher que le mien. Mon chapeau était totalement naze a coté de celui là. Le sien était en daim et avait une corde cool.

Je suis pas sure de combien de temps je suis restée assise ici. Ca pouvait pas être aussi long que je pensais. Je pense que les gens ne peuvent pas pleurer pendant des heures sans se déshydrater.

Elle essuya encore une fois ses yeux et son corps tremblait moins. C'était bon signe.

J'ai pensé à dire quelque chose, mais en fait non. Encore une fois, je ne la connaissais pas. Je ne pouvais pas dire quelque chose. Je n'avais aucun droit de dire quelque chose.

Elle se racla la gorge et se tourna vers moi. Elle a directement regardé le chapeau de cowboy sur mes genoux. Ses yeux étaient gonflés, injectés de sang, et son maquillage était un vrai désastre.

Je l'ai regardé approcher du lavabo à coté de celui ou j'étais assise. « Mon dieu… » Elle chuchota et passa son pouce sur son maquillage coulé. « Juste parfait. »

J'ai attendu. Je l'ai regardée patiemment. Attendre est plus facile que ce que les gens disent. La plupart du temps tu dois juste attendre pour que les choses arrivent. Et si elles n'arrivent pas, alors quelque chose d'autre arrivera. Donc j'ai juste attendu.

« Comment je suis supposée sortir de là maintenant ? » Elle marmonna, mais je savais qu'elle me demandait et qu'elle n'était pas juste en train de se parler.

Mon sourire était si grand. Je me sentais si débile d'être excitée pour quelque chose comme ca. Je me sentais si débile d'attendre qu'elle me parle en premier, et la laisser choisir ce qu'elle dit. C'était tellement plus facile que de forcer quelque chose.

« Si c'était une 'soirée raton-laveur' au lieu d'une 'soirée cowboy' tu pourrais y aller comme ca. » J'ai répondu. Je savais pas vraiment si je devais parler fort ou pas, alors j'ai juste parlé assez fort pour qu'elle m'entende.

Elle rigola. Dieu merci. J'ai pensé qu'elle allait rire, mais imagine si elle ne l'avait pas fait. C'était plutôt facile de juger la réaction de quelqu'un, a part cet incident ou elle a commencé à pleurer.

« Ouais. Propose la soirée raton-laveur pour la semaine prochaine et je ferai en sorte d'appeler mon père. » Elle chuchota, toujours sans me regarder. Apres avoir fini sa phrase, on aurait dit qu'elle était étonnée de l'avoir dit. Pas en colère ou embrasée. Juste surprise.

« Moi c'est Brittany. » J'ai tendu la main. Gnangnan je sais, mais j'ai toujours trouvé ca bizarre de se présenter sans serrer la main et ou faire un check ou quelque chose comme ca.

Elle rigola encore. Ce rire était beaucoup mieux que celui du téléphone. C'était chaleureux comme sa voix. Plus chaleureux en fait. Ca m'a fait rire avec elle.

« Santana. » Elle attrapa ma main et la serra. Sa main était plus petite que la mienne. La plupart des mains des gens étaient plus petites. Elle lâcha ma main et retourna près du miroir. « Est ce qu'elles t'ont envoyé ici pour venir me chercher ? Toutes en train de râler parce que je travaille pas ou quelque chose dans le genre. »

« Non. » J'ai sauté du lavabo et reposé son chapeau la ou j'étais assise. « Je suis venue pour faire pipi. »

Je me suis avancée vers les toilettes et j'ai fermé le verrou. « Donc, » J'ai déboutonné mon pantalon. «Pourquoi t'es partie ? » Les toilettes étaient froids. « D'ici. Ou est ce que t'es allée ? » Je pouvais entendre Tina me mettre en garde dans ma tête, mais ca semblait totalement ridicule. Pourquoi j'aurai besoin de faire attention autour d'elle ? J'avais jamais vu quelqu'un aussi blessé avant de la rencontrer. Pas besoin de faire attention autour de personnes blessées, parce qu'elles font déjà attention autour de vous.

« J'étais chez mon père pendant un moment. » Elle répondit sans hésiter. Mais je pouvais sentir à quel point ses mots étaient préparés. Je savais qu'elle n'avait pas envie de les dire. « Mais j'ai décidé de revenir. » Elle avala sa salive bizarremen. Un peu comme moi quand je parlais a Quinn l'autre nuit.

J'ai vite changé de sujet. J'aimais pas qu'elle se sente obligée de me répondre parce que je l'avais vu pleurer.

J'ai dit les premières choses qui me venaient a l'esprit, et puis comme j'avais assisté a une scène plutôt horrible, c'était super facile de penser à quelque chose à dire. « On m'a dit de pas faire pipi ici parce que parfois les clients vomissent ici. J'y ai pas cru jusqu'à ce que je vois la fille de l'exorciste vomir partout. » Je me suis levée des toilettes et j'ai tiré la chasse. Maintenant que j'y pense, j'aurai du utiliser un protège toilette…Non, les femmes de ménage nettoient les toilettes. Puis ils étaient pas encore sales. « Enfin, je l'ai pas vue vomir dans les toilettes parce que y'a pas moyen que j'ai pu la voir avec la porte fermée, mais je l'ai vu là ou t'es. Je suis rentrée et j'ai vu une éruption volcanique sortir de sa pas si volcanique bouche, et je suis vite partie pour pas qu'on croie que c'était a moi de nettoyer. »

« Ouais, » Elle répondit et même si je pouvais pas la voir, je pouvais 'entendre' son sourire. Elle semblait toujours humiliée. Ses mots étaient au bord, en train de tomber de se bord dans un trou très noir, caché pour qu'on puisse jamais les retrouver.

Je suis sortie des toilettes et j'ai marché jusqu'au lavabo. « La pire expérience de ma vie c'est quand mes cheveux se sont coincés dans un distributeur pendant genre 20 minutes. Pendant ce moment là j'avais vraiment envie de me cacher dans ce petit trou noir jusqu'à ce que tout le monde oublie…

La porte des toilettes s'ouvra en grand et claqua contre le mur. J'ai sursauté et Santana aussi. La façon dont j'avais sursauté et la façon dont ma tête a tourné brusquement m'a fait plutôt mal. Mon corps c'est tendu.

Rachel était à l'entrée de la porte et la tenait. « Brittany. Tu es la. Et Santana. » Elle regarda Santana et puis me regarda. La façon dont elle nous regardait et la façon dont ses yeux glissaient entre nous deux me rappelait quelqu'un qui écrivait avec une machine à écrire. Rapide et frénétique. « Brittany comme tu mettais du temps j'ai pensé que tu essayais de faire ta tresse. Je peux te la faire si tu veux. » Elle recula et garda la porte ouverte. « Et Santana j'ai besoin que tu répètes ta chanson un peu. »

« Arrête d'essayer de regarder Berry. Ferme la porte. Je sortirai quand j'aurai fini. » Santana leva les yeux et se regarda a nouveau dans le miroir. Elle avait un eyeliner dans la main et commença à se maquiller.

Rachel avait été prise par surprise. Ce qui n'avait pas de sens, parce qu'elle et le reste des filles m'avaient dit à quel point elle était méchante. Pourquoi Rachel agissait comme si elle était surprise quand Santana lui dit quelque chose comme ca ? Même si je pense que ca remarque m'a aussi pris un peu par surprise. J'ai remarqué que les filles étaient confuses ou blagueuses quand elles parlaient de Santana tout à l'heure. Peut être qu'elles l'étaient pas en fait.

Rachel repartit vers le bars. J'ai pas regardé Santana avant que la porte soit totalement fermée. Elle était toujours en train de mettre son maquillage. Ses cils me rappelaient des ailes de papillons.

J'aimais la regarder. Je pouvais trouver quelque chose d'unique chez elle toutes les 2 secondes. Mais j'ai continué à regarder ses cils. J'avais pas encore envie de regarder quelque chose d'autre. C'était comme ouvrir ses cadeaux de Noël lentement. A part qu'elle était pas Noël et je pense pas que j'aurai un jour une raison de l'envelopper avec du papier cadeau.

Ses yeux commençaient à s'illuminer de nouveau. Cool. Maintenant elle avait juste l'air un peu fatiguée. Bonne chose que Rachel ne soit pas rentrée quand elle pleurait. Mais ses joues étaient encore rouges. Pas vraiment rouges en fait puisque sa peau était plutôt foncée et que y'a que les gens comme moi avec la peau super claire qui étaient capables de devenir littéralement rouge. Ses joues étaient de je ne sais pas trop qu'elle couleur quand tu mélange le café et le rouge.

« Est ce que j'ai raté mon maquillage ou…? » Elle brisa le silence. On aurait dit que je la fixais depuis un siècle.

J'ai cligné des yeux parce qu'ils commençaient à sécher. Nos regards se sont croisés dans le miroir. J'ai secoué la tête pour dire non.

Je l'avais fixée. C'est embarrassant et il faut que j'arrête de le faire parce que la plupart des filles croient qu'on veut se battre quand on les fixe et la plupart des mecs croient qu'on veut coucher avec eux si on les fixe.

Et puis mes joues sont devenues de cette stupide couleur rouge. Mince. J'ai baissé les yeux et j'ai regardé l'eau. J'ai gardé mes yeux collés au robinet. Ca m'a brulé les mains. Donc j'ai tourné le robinet vers le froid.

Plus que tout je voulais savoir ce qui rendait une personne ce qu'elle est. Elle me fascinait. La façon dont elle était, tellement différente. Jamais je n'avais vu les barrières de quelqu'un tomber comme les siennes, et jamais je n'avais vu quelqu'un les remettre avec autant de force. Et j'aimais ca. Je n'aimais pas la voir pleurer bien sur, mais je l'aimais elle.