Vraiment désolé pour le temps d'attente avant le deuxième post, mais il se trouve qu'un orage a 'abîmé' mon wi-fi, qui a mis 15 jours à s'en remettre.

Je ne serais pas longue, j'espère juste que ça plaira, sinon, bah tanpis. Je m'absente beaucoup pour des voyages, cet été, alors les chapitres suivants risquent de venir un peu tard aussi.. Enfin bref, bonne lecture ! Si vous voyez des fautes, signalez-les moi, et si il y a des passages incompréhensibles, soit ils seront éclairés plus tard, soit je n'ai pas fait attention ... Et au fait, les passages en italique (sauf celui-ci bien sûr) sont des pensées de Desmond, dans l'Animus. Que Vidic et Lucy n'entendent pas, me semble.


- Paix et sérénité Malik...

- J'y aspire mais tu me complique la tâche ! Que me veux-tu ? rétorqua le Daï en le fixant de ses yeux si noirs.

- Al-Mualim m'a demandé de...

- Il t'a demandé de mener à bien une mission avilissante pour te racheter. Alors fais-le.

L'Assassin détrôné serra le poing devant le ton que prenait son nouveau supérieur hiérarchique. Il parvint à se contenir mais lâche quelques mots qui manquaient « peut-être » de sang-froid.

- Dis-moi ce que tu sais sur celui qu'on appelle Talal.

- C'est à toi qu'il incombe de le trouver et de le tuer. Pas à moi, soupira Malik.

- Tu ferais bien de m'aider. Tous ici ont intérêt à le voir mort.

L'ambiance se tendait petit à petit, et le nouveau Daï demanda dans un froncement de sourcils :

- Et toi, sa mort ne te profiterait donc pas ?

- Tout cela ne te concerne pas, rétorqua Altaïr en prenant son air supérieur.

- Ce que tu fais me concerne de près ! gronda Malik en pointant ce qu'il restait de son bras gauche.

L'homme en face de lui resta un instant interdit, et sous sa capuche il cacha son trouble. Il détourna les yeux et répondit d'une voix presque sourde.

- Alors ne m'aide pas. Je vais le trouver tout seul.

Malik soupira et la tension se relâcha imperceptiblement.

- Attends, attends. Ce n'est pas en errant dans la cité que tu arriveras à quelque chose.

Son interlocuteur leva les sourcils, toutefois encore cachés derrière sa capuche blanche.

- Mieux vaut savoir où commencer tes recherches, continua le Daï. Il y a trois endroits intéressants. Au sud, les marchés, qui séparent les quartiers juifs des quartiers musulmans. Ensuite, au nord, près de la Mosquée du quartier. Et enfin, à l'est, devant l'église Sainte-Anne.

Altaïr eu un petit sourire un coin. Son ami lui offrant les mêmes faveurs qu'autrefois, en lui facilitant considérablement le travail. Comme quand ils étaient tous deux novices. Il se risqua à le taquiner.

- Et... c'est tout ?

- Tu devras t'en contenter. C'est plus que tu ne le mérites.

Malgré le ton de reproche qu'il voulut y mettre, Malik cacha tant bien que mal le fin sourire qui se dessinait sur ses lèvres. L'ancien Assassin sortit et le Daï resta là, sans pouvoir se remettre au travail, les sourcils froncés.

Altaïr était sorti, l'esprit un peu plus léger qu'en arrivant. Alors qu'il se dirigeait vers la Mosquée, une jeune femme se présenta devant lui.

- Je suis malade et je crève de faim !

De bonne humeur, il décida tout simplement de lui répondre gentiment, en gardant son calme.

- Désolé jeune fille, je n'ai pas d'argent à vous donner... j'aimerais vraiment, mais...

- Oh, tanpis, je ne te ferais pas les poches.

- Comment ç...

Un bruit sourd se fit entendre, Altaïr ressentit un choc par-dessus sa capuche et sa vue se troubla. Ses jambes ne tinrent plus et il s'affala dans les bras de la mendiante, pendant que son champ de vision s'assombrissait.


- Ma têêêêête... vous poussez le réalisme un peu loin.

- Arrêtez de geindre, monsieur Miles. Si vous voulez pleurer, allez donc dans les jupons de votre mère, lui lança Vidic, acerbe.

- J'aimerais bien figurez-vous. Mais il se trouve que je suis toujours coincé ici.

- Si votre travail avançait mieux, peut-être que vous pourriez déjà pleurnicher chez vos parents ?

- Vous avez fini oui ?!

La voix de la jeune femme résonna un moment. Vidic et Desmond, comme deux gamins pris en faute, baissèrent les yeux. Avant de prendre conscience du ridicule de la situation et de recommencer à se battre.

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Altaïr était habitué à la douleur. Mais avoir le crâne qui résonnent, les tempes gonflées et la vue trouble ne faisait pas partie de ses habitudes. Se faire assommer non plus. Il redoutait l'état dans lequel il serait quand il devra se lever. Surtout s'il doit se battre. Avant toute chose, Altaïr devait 'analyser la situation'. Quel concept stupide.

Voyons. C'était une pièce sombre, presque vide. Il était allongé par terre, les mains liées dans le dos, ainsi que les pieds. Il devinait grâce aux quelques rayons de lumière sortant de la minuscule fenêtre la forme d'un matelas miteux. Et il était allongé à côté. Se redressant jusqu'à se tenir sur les genoux, il se moqua de l'idiotie de ses kidnappeurs en faisant glisser sa lame secrète dans un chuintement si familier et en commençant à couper ses liens. Une fois libéré, il se leva prestement et se dirigea vers... Vers où ? Il n'y avait pas de porte. Il n'y avait pas de PORTE. Par où était-il rentré ? La fenêtre était bien trop petite pour faire passer un corps entier, surtout que l'Assassin n'était pas spécialement petit. Peut-être un peu trapu mais c'est tout.

Il y avait obligatoirement un faux mur. Dans la pénombre, Altaïr plaqua ses mains sur les murs, cherchant la moindre faille, le moindre défaut. Activant son sixième sens, utilisable uniquement s'il était en forme (et depuis son réveil, il allait mieux), la vision d'aigle lui permit de repérer rapidement la fente dans la pierre qui activait le mécanisme d'ouverture. L'éclat du Soleil l'éblouit et le temps qu'il s'habitue à la luminosité, il put sentir le vent agiter sa capuche. En retrouvant la vue, il s'aperçut qu'il était au milieu d'un cercle d'hommes portant un tissu, une capuche, un vêtement quelconque qui cachait une partie de leur visage, ainsi qu'une armure à la fois légère et efficace.

- Comment ?! Comment est-il sorti ? QUI lui a permis de voir l'ouverture de la cellule ? cria ce qui semblait être un leader, une courte barbe dépassant du dessous de sa capuche.

Chacun avait une arme pointée sur lui. L'Assassin leva les mains, signe qu'il se rendait. Les lames se baissèrent un peu et il en profita pour s'élancer dans un bond extraordinaire qui lui fit renverser plusieurs ennemis avant de partir en courant. Après tout, n'était-il pas un professionnel dans l'art de semer ses adversaires ? Après quelques dizaines de mètres et une courte réflexion, il se dit que ce titre n'était pas très honorifique, finalement. Il changea d'avis, prêt à en découdre. Mais lorsqu'il se retourna, le nombre d'ennemis avait triplé, et une cloche d'alarme le prévient de l'arrivée de nouveaux « amis ».

Grinçant un peu les dents devant sa nouvelle bêtise, Altaïr se mit en position de combat, et réfléchit à une nouvelle solution. Parce que oui, ils étaient trop. Même pour lui. Cette réflexion faite, il eut juste le temps de parer un coup qui lui aurait volontiers tranché la tête. Un peu sonné par l'impact, il recula contre un mur sans aucune prise, avant de se lancer véritablement au combat. Esquivant les lames trop souvent de justesse, il ne pouvait malheureusement pas atteindre les faiblesses dans l'armure de ses adversaires.

- Abandonne, sale traître, va rejoindre tes vicieux amis, chuchotèrent plusieurs hommes, exactement au même instant.

Sale traître ?

- Jamais ! Plutôt mourir que de perdre face à vous.

- C'était justement ta deuxième option. Approche dont, petit Mi...

L'homme qui venait de parler ne put achever sa phrase, une flèche fichée dans la gorge. Tous ces compagnons se retournèrent d'un seul geste, sans murmurer un mot. Une pluie de flèche s'abattit sur les ennemis de l'ancien maître qui ne comprenait pas vraiment ce qu'il se passait. En tout cas, sans qu'il ait fait quoi que ce soit, le cul-de-sac où il était coincé était jonché de cadavres. Soudain, plusieurs de ses collègues habillés de blancs sautèrent près de lui et le saluèrent respectueusement. Malgré sa récente chute de grade, il avait gardé la soumission des siens. L'Assassin le plus proche le prit par le bras, le tirant vers une ruelle égarée.

- Viens vite, Altaïr, nous devons te conduire en lieux sûrs, avant que d'autres n'arrivent.

C'est en silence que le petit groupe s'échappa de ce qui semblait être le quartier général ennemi, et pris la direction du Bureau, tant redouté au départ, des Assassins.

- Malik ? C'est toi qui a envoyé ces hommes ?! s'écria Altaïr, comprenant un peu mieux les faits produits un peu plus tôt.

- Ce ne sont pas 'ces hommes' mais 'NOS hommes'. Ensuite, oui.

- Et en quel honneur ? Tu me prends donc réellement pour un novice de ne pas savoir me débrouiller seul ?

- Altaïr bon sang ! cria Malik, perdant tout à coup son sang-froid très certainement contenu avec difficulté. As-tu vu dans quelle situation tu étais ? Tu aurais pu y passer, même le meilleur des Assassins n'aurait pas pu se défaire d'autant d'adversaires !

- En quoi est-ce que ça te concernait ? Je sais gérer MES combats ! Ne me prends pas pour un idiot.

- Et bien pourtant tu te conduis comme tel !

- Tu ne peux pas m'avoir protégé juste pour que ma vie soit sauve. Il y a forcément autre chose, murmura le jeune homme habillé de blanc.

Malik resta interdit, les yeux arrondis, l'appréhension aurait pu se lire dans son regard si son interlocuteur n'était pas aussi méfiant.

Et simplet ?

- Tu veux que je te sois ENCORE redevable, pas vrai ? Me faire passer pour un abruti devant le maître, me rabaisser encore et encore pour que tu sois le prodige, le bon, le gentil Malik ?

- ... Tu n'es qu'un idiot. Si tu veux continuer de penser ça, vas-y, ne te gêne pas. Mais sors d'ici.

Furieux, Altaïr sortit d'un pas fier, et s'il y avait eu une porte, il l'aurait sûrement claqué, laissant son ancien ami baisser les yeux, soupirant avec amertume


- Monsieur Miles, je commence à me lasser de vos pauses à répétition.

- C'est moi qui l'ai fait sortir, Warren, siffla Lucy, visiblement d'une humeur détestable.

Desmond se leva sans un mot, pendant que les deux scientifiques se dirigeaient vers la salle de réunion pour une nouvelle dispute. A vrai dire, lui aussi aurait bien aimé continuer. A croire que la blonde le couvait un peu trop. Il se dirigea vers la baie vitrée et regarda les passants, l'air absent. Il remarqua à peine les clients du bar situé en face du building d'Abstergo Entertainment, comme le jeune couple qui se criait presque autant dessus que les deux scientifiques qui détenaient Desmond, ni le jeune homme aux cheveux roux qui pianotait sur son ordinateur en fronçant les sourcils.

- On a... fini, Desmond, tu veux bien reprendre place ?

- Ouais.

La voix qui retentissait dans son dos lui paraissait fatiguée. Pire que ça ? Lasse. Mais le jeune homme ne parvenait pas à demander comment allait Lucy, peut-être de peur de se faire crier dessus ? Allez savoir. Il rejoignit donc l'Animus en silence, pendant que Vidic regagnait sa place à son tour.

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Altaïr avançait en grommelant dans les rues désertes à cause de l'heure tardive, de Jerusalem. Malik l'exaspérait au plus haut point, mais pourtant, il n'arrivait pas vraiment à croire en son propre discours de trahison et de rabaissement. Ca ne collait pas. Mais dans ce cas, qu'est-ce qui collait, justement ? Pourquoi avoir fait une telle chose, Malik ne devait espérer qu'un seul miracle : qu'il disparaisse pendant une mission un peu dangereuse ou qu'il se fasse capturé, violemment torturé puis tué par les Templiers. Mais alors, pourquoi ? Lassé de chercher des réponses, il écarta le sujet de ses pensées, réfléchissant plutôt à ses mystérieux ravisseurs. Franchement, qu'est-ce qu'ils lui voulaient ? Ils ne parlaient ni arabe, ni aucune langue du coin, ni ce curieux et rauque langage du nord qu'utilisent les Croisés. Et pourtant, il avait compris leurs mots. Ils avaient l'air de le connaître, d'en avoir personnellement après lui, jusqu'à l'appeler « traître », pourtant jamais il n'avait entendu parler d'eux. Il ne comprenait pas. En ce moment tout était incompréhensible. De quoi avoir mal au crâne. Ce qu'il avait, d'ailleurs.

Mais en voyant le soleil décliner, alors qu'il n'avait pu faire aucune enquête, il se résigna à rentrer au Bureau, à affronter Malik. Même si le froid et le vent étaient plus accueillants.

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- Cela ne va pas être possible.

- Malik, pourquoi ? Tu as peur qu'on te voie ? Autrefois il n'y avait pas de problèmes à se faire surprendre ...

- Tamir, c'est non.

- Une simple nuit. Une simple nuit et tu n'entendras plus jamais parler de moi ! supplia le jeune Assassin, presque la larme à l'oeil.

- Peu importe ce que tu veux, le Daï a dit « non », le coupa Altaïr en rentrant dans la pièce.

Malik s'empourpra légèrement, avant de se reprendre et de cracher dans sa direction.

- Te revoilà ? Te repentant de tes insultes de tout à l'heure, et venant au passage quémander un endroit où dormir ? Cela dit tu me défends, c'est un progrès. Tamir, si tu restes encore ici une minute de plus il se peut que je doive annoncer au Maître demain, par colombe, que les hommes de Talal ont réussi à couvrir ton petit corps d'une centaine de flèches, malgré mes avertissements.

Le jeune Assassin ne vérifia pas si les menaces du Rafiq allaient être tenues, il disparut dans la nuit sans un bruit.

- .. Malik...

- Oublie ça, veux-tu ?

L'idiot dans son habit blanc fronça les sourcils, gardant pourtant le silence.

- Mais merci d'avoir fait peur au petit. Tu as le droit de dormir ici.

- Je ne veux pas être indiscret ... mais ...

- Mais je ne te dirais pas ce qu'il voulait.

- Sûr ?

- Oui.

- Mais...

- Altaïr va te coucher.

Sérieusement on dirait un gosse de 6 ans.

Voyant le regard résigné de son « ami », Malik soupira.

- J'ai dit « va te coucher ». Sinon, trouve-toi un autre abri.

Ça aurait été bête de se faire à moitié pardonné par Malik si c'était pour au final dormir dehors. Il abandonna et alla s'installer sur la pile de coussin à l'intérieur du Bureau, se calant confortablement, près d'une couverture.

- Et tu dors où, toi ? demanda l'Assassin en mission.

- Et bien... là.

Il pointa du menton l'endroit où se trouvait Altaïr.

- Ah euh ... Désolé, si tu veux je vais dehors ..

- Non non, c'est bon. Dormir côte à côte ne va pas nous tuer, pas vrai ?

Altaïr garda le silence, faisant une place près de lui pour son hôte d'une nuit. Ereinté par cette journée, il n'eut pas vraiment de mal à trouver le sommeil, relâchant sa tête sur l'épaule du Rafik.


Desmond ouvrit les yeux sur le regard moqueur de Lucy Stillman. Apparemment de meilleure humeur. Voir trop.

- Qu'est-ce qui te fait autant sourire ?

- Oh rien ! Tu n'as pas remarqué ?

- Remarqué quoi ?

La jeune scientifique éclata de rire sous le regard surpris, voir interloqué de Vidic.

- Tu ne vas pas trop tarder à comprendre, je pense.

- Mais dis-moi !

Elle lui fit un grand sourire avant de retourner tapoter les touches de son ordinateur, relié directement à l'Animus.

Encore silencieux jusque-là, Vidic lança :

- Il vaut mieux vous reposer, monsieur Miles. La journée de demain est encore chargée !

- Je sais, je sais. Je commence à en avoir l'habitude.

Sans rajouter quoique ce soit, le jeune barman se leva en s'étirant, avant de se diriger vers sa chambre, le chuintement de la porte qui se referme derrière lui. Dans un saut qui rappelait vaguement le saut de la foi, il s'écrasa sur son lit, tombant presque aussi rapidement dans le sommeil que son ancêtre.

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Une alarme stridente retentit. Douloureuse, résonnante, infernale. Dans un râle de protestation Desmond ouvrit les yeux, plaquant ses mains sur ses oreilles.

- Qu'est-ce qu'il se passe bordel ?!

Sortant en chancelant de sa chambre, il y fut tout de suite remis par une Lucy affolée.

- Ils sont là pour toi, ils veulent te tuer !

- Qui ça ? Les Templiers ? Ils n'ont pas besoin de faire ce boucan, je suis juste là ...

- Non. Les Assassins.