Bonjour bonjour !

J'espère que vous remarquez que je ne m'étends pas sur le blabla du début de chapitre, parce que personnellement, si c'est trop long je ne lis pas x_x Sinon, je me suis aperçue que la victime d'Altaïr s'appelait Talal, et pas Dallan. Je suis pointilleuse, je vais changer ça. Plus qu'un chapitre avant la fin, bonne lecture !


Les Assassins ? Desmond la regarda, interloqué.

- Mais ... Pourquoi ?

- J'aimerais vraiment le savoir figure-toi ...

Lucy lui montra sa main gauche, ou plutôt son annulaire sectionné. Le barman tiqua.

- Alors tu ... tu es des leurs ?

- Fine déduction. J'avais oublié que tu étais doté d'une intelligence et d'un sens de la déduction aussi incroyable.

- Oh, ça va. Comment est-ce que j'aurais pu savoir ? Tu travailles pour ceux qui me séquestrent.

- C'est vrai que je me suis montrée particulièrement hostile envers toi depuis que tu es là.

Desmond soupira et écarta le sujet.

- Alors tu ne sais pas ce qu'ils me veulent ?

- Aucune idée, je n'ai pas été prévenue. Mais la communication est difficile jusqu'à Abstergo... Tu peux t'en douter. Malheureusement je ne pense pas qu'ils arrivent jusqu'ici, la garde a été doublée ce mois-ci, mieux armée, ils ont peu de chances...

- « Malheureusement » ? Je te signale qu'ils veulent me tuer !

Lucy garda le silence, vérifiant rapidement l'état du bureau de Vidic, toujours vide. Désespérément vide.

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Altaïr se réveilla doucement, reconnaissant peu à peu les sensations qu'il éprouvait. L'agression du soleil dans les yeux, la chaleur déjà importante pour la matinée, le brouhaha de la rue adjacente, l'odeur des parchemins et des livres plus vieux que lui qui envahissaient le Bureau des Assassins, un ensemble de coussin moelleux sous lui, et Malik qui s'était apparemment étalé sur lui. Il redressa brusquement la tête, réveillant celui qui lui servait de couverture jusque-là. Qui se redressa tout aussi brusquement.

Un sympathique silence s'installa.

A croire que c'est la journée des blancs... Entre l'ambiance de tout à l'heure quand Vidic a dit que tous les Assassins venus me trouer la peau avait été éliminés, et maintenant... Plutôt mourir que d'être à la place de Lucy. Façon de parler.

- Altaïr je ...

- Laisse, c'est pas grave, j'espère juste avoir été aussi confortable que les coussins, tenta l'Assassin, légèrement gêné.

- Ça a été, ricana Malik. Pense à maigrir un peu les jours prochains.

Altaïr fronça les sourcils avant d'éclater de rire. Ils n'avaient pas ri ensemble depuis le fameux jour où Kadar avait fini poussé dans le vide, pour son premier saut de la foi, et qu'il ait crié comme une fillette émasculée pendant toute la chute.

Très belle image. Merci Altaïr.

Se calmant lentement, ils souriaient bêtement, en tailleur sur les coussins moelleux de la couche. Malik, plus à l'aise (contrairement à Altaïr qui n'avait pas encore les idées totalement claires après son réveil) ajouta en rigolant :

- Quoi que.. Déjà que tu n'es pas grand, je te préfère comme ça à un petit maigre...

Cherchant l'allusion, Altaïr demanda, le regard vague.

- Comme Tamir ?

Le jeune Rafiq rougit d'un coup en bafouillant.

- C'est ... C'est ça..

- D'ailleurs, tu ne veux toujours pas me dire ce qu'il voulait.. ?

- Non.. peut-être plus tard... chuchota Malik, les joues en feu.

- Quand ?

- Plus tard...

L'Assassin garda le silence, essayant de réfléchir malgré son esprit embrumé. Malik détourna son attention en se levant, allant chercher quelques provisions qu'il avait toujours de côté.

Après un repas peu confortable, avec Malik et son regard fuyant et sérieux, Altaïr craqua. Planquant les mains sur la table, il regarda le Daï droit dans les yeux, les sourcils froncés. Avec un air méchant à faire peur. Air qui fonctionnait autrefois avec Kadar, d'ailleurs.

Malik déglutit, ressemblant plus à une proie effrayée qu'à l'Assassin le plus haut gradé de sa confrérie. Jusqu'à ce qu'il se souvienne justement de son titre.

- Qu'est-ce qui te prend Altaïr ?! Ne ressens-tu pas la nécessité de changer de comportement depuis que tu es redevenu un novice ?

- Toi qu'est-ce qui te prend ? D'abord tu m'accueilles relativement bien, tu sembles près à me remettre un minimum dans ta vie, et maintenant tu me fuis !

- Te « remettre » dans ma vie ? Est-ce que c'est moi qui ai choisi de t'en sortir ?! Je ne t'ai jamais demandé de partir, c'est toi qui m'as lâchement abandonné, avant d'être forcé de revenir, cracha le Rafiq, se levant à son tour.

- Parce que tu m'aurais ouvert la porte en grand si j'étais venu, comme ça, un peu plus tôt ?

- Ne cherche pas des situations extrêmes. En tout cas, je t'aurais accueilli ! Mais tu as préféré te cacher dans un trou, avant qu'Al-Mualim t'en fasse sortir contre ton gré ! Jamais tu n'as pensé à me revoir, alors que nous étions proches à l'époque, je me trompe ?!

- J'ai tué ton FRERE !

Son cri résonna dans la pièce, les bruits de villes semblaient se perdre au loin, pendant que les yeux de Malik s'emplissaient de peur, en souvenir de la perte qui l'a pratiquement achevée, en plus de celle de son bras.

- Comment pouvais-je te regarder en face après ça ? murmura Altaïr, les yeux rivés sur le sol, la voix brisée.

Malik vacilla, tâtonnant de son bras le mur derrière lui avant de glisser le long de celui-ci, s'effondrant sur les larges coussins qui tapissaient le sol. Il se replia sur lui-même, et une voix rauque sortit d'entre ses genoux, là où reposait maintenant sa tête. Altaïr frissonna en entendant la douleur contenue dans ses paroles.

- Je ne voulais pas que tu partes... J'avais besoin d'aide, besoin de quelqu'un, mais tu m'as laissé tout seul. J'ai perdu mon frère, mon bras, et toi. Malgré tout, je savais que tu n'étais pas responsable de sa mort, et ne pouvais t'en vouloir. Je n'avais personne à haïr, mais tu m'as laissé, abandonné. D'autres m'ont raconté ce que tu as fait, mais tu restais toujours hors de ma portée, souffla l'homme brisé aux pieds de l'Assassin. Alors maintenant laisse-moi. Tu n'es pas digne de l'affection que je te porte. Pars, jamais tu ne réentendras ses mots de...

- Non.

Altaïr s'était discrètement accroupi près du piteux corps de Malik, donc les bras cachaient encore la larme qui descendait sur son visage.

- Non. Depuis notre mission avec Kadar, je n'ai pas une seule fois arrêté de regretter. Je ne pouvais assumer mes erreurs, et c'est entièrement ma faute si tout cela est arrivé. Et apprendre maintenant que je t'ai apporté une souffrance supplémentaire pendant que je me cachais de ma responsabilité ne fait qu'augmenter la dette déjà infinie que je te dois. Alors non, je ne te laisserais plus. C'est fini, je cesse de te faire souffrir. Ma vie t'appartient, fais-en ce que tu veux, je ne peux qu'obéir.

- Tu ne peux dire ça sans tout connaître. Je te demande de partir, mais tes paroles me touchent. Reste en ville, accompli ta mission, nous nous reverrons.

Ce discours trop solennel avait fatigué Altaïr, qui fit ce que son ami lui ordonnait sans broncher.

Parce qu'il faut pas qu'il réfléchisse trop, c'est ça ?

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Pourquoi ces informateurs lui demandaient TOUJOURS de récupérer des drapeaux dont il se fichait éperdument, tout ça pour une petite info qu'il aurait pu entendre dans le bordel du coin ? Enfin bref. Après un petit moment à courir partout dans Jérusalem pour collecter des infos sur Talal (qu'il avait une remise d'esclaves à cet endroit, que ses gardes étaient ici, blahblahblah..), il décida de retourner voir Malik. En quête de nouvelles explications. Il faut dire que son ami l'intéressait bien plus que ce marchand d'esclaves qui ne lui avait fait POUR LE MOMENT aucun mal. Même si l'esclavage c'est mal.

Mais en chemin, il aperçut une patrouille des gens qui l'avait séquestré la veille. Décidé à en apprendre plus, il s'assit sur un banc, le plus éloigné possible, et caché par une foule qui faisait son marché. On n'est jamais trop prudent.

- L'intervention n'a pas marché ?

- J'en ai peur. Abstergo était trop bien gardé ce jour-là... Une bonne partie des nôtres sont tombés, sans avoir pu approcher le jeune Miles.

... hein ?

- Si les Templiers parviennent à trouver l'orbe grâce au petit, on est mal. Par hasard, tu ne connais pas les nouveaux plans du chef ?

- Il a dit qu'il préviendrait les « bonnes personnes » pour que l'oiseau vienne à nous, et qu'on n'ait pas besoin de le sacrifier. Mais tu sais ce qu'il se passe en Egypte ?

- Oh vous deux ! Vous avez fini oui ? Je vous signale qu'on est en territoire ennemi là, on...

La suite était inintéressante. Et le début incompréhensible. Trop de questions se bousculèrent dans son crâne, qui bourdonnait, le faisant souffrir.


- C'était QUOI ça ? LUCY !

- J'en ai aucune idée, je ... Je ne comprends pas.

Desmond se leva de l'Animus, interrompant une nouvelle dispute entre Vidic et Lucy.

- Qu'est-ce qu'il vient de se passer exactement ? tenta-t-il, se risquant à subir les cris du vieux.

- A vous de nous le dire, Monsieur Miles ! Ces personnages sont des Assassins de notre époque qui se sont retrouvés je-ne-sais-comment dans l'Animus. Dans NOTRE Animus. Et dans VOTRE mémoire génétique.

- Ils ont dû pirater l'Animus, pour pouvoir y infiltrer des données, dont leurs propres avatars. Mais dans quel but ? souffla Lucy, en pleine réflexion.

- Ça me semble évident, non ? répondit Desmond. Pour vous mettre des bâtons dans les roues. En empêchant Altaïr d'avancer, ils retardent le moment où vous découvrirez ce que vous cherchez. L'orbe, c'est ça ?

Un silence plana quelques secondes avant que Vidic avoue, pour la première fois :

- Il n'a pas tort... Et nous venons de les surprendre discuter de leurs plans. Juste sous notre nez. Si seulement on avait pu en entendre plus...

- L'attaque d'hier est également expliquée. Maintenant que tout est clair, on peut se remettre au boulot Desmond ? lança Lucy, fermant le sujet.

- A vrai dire je préfèrerais faire une pause... Le temps que j'enregistre toutes les infos, là... Je peux aller boire un café ? Avec un chaperon bien entendu, je risquerais de vouloir utiliser la caféine pour griller le système de sécurité et m'enfuir. Mon véritable nom est en effet McGyver.

Vidic grommela à l'annonce d'une nouvelle pause, avant de faire signe à Lucy de bien vouloir accompagner le jeune homme. Elle se leva d'un air neutre, et précéda Desmond en sortant de la salle.

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- Alors, Desmond, tu as compris ce qu'il se passe dans l'Animus, en ce moment ?

- Tu veux parler des Assassins qui piratent le système ? Je comprends pas trop comment ça peut être possible d'ailleurs, ils changent l'histoire de mon ancêtre ou .. ?

- Pas exactement. Ils modifient les données de l'Animus, pour qu'on pense que cela fait partie de l'histoire, alors que c'est juste un moyen de nous retarder, expliqua Lucy. Mais je ne parle pas de ça. Je parle de ce que vit ton ancêtre.

Un léger silence s'installa, tandis que le barman réfléchissait à la situation, sous le sourire en coin de Lucy.

- Et bien... Je ne comprends pas trop le comportement de Malik, je suis aussi perdu qu'Altaïr pour le coup, même si ça me fait mal d'avouer ça.

La blonde éclata de rire, rire qui résonna dans la salle déserte où ils prenaient un chocolat.

- C'est incroyable, s'extasia-t-elle en regardant Desmond, de voir à quel point vous les hommes, vous avez un don pour ne vous apercevoir de rien.

- Comment ça ? Explique-moi !

- Non non, je préfère que tu t'aperçoives de tout ça tout seul. C'est presque une chance que le sujet 16 n'ait pas pu achever sa mission, l'histoire d'Altaïr Ibn La'ahad est bien plus intéressante !

- Je n'aime pas quand tu parles des autres sujets... Surtout ceux qui ont échoué, je n'ai aucune idée de ce qu'ils sont devenus.

Lucy baissa les yeux avec un regard amer.

- Tu as raison, je ne devrais pas en parler, c'est... Non.

Maintenant que l'ambiance de la conversation était au plus bas, Desmond eut l'incroyable idée de changer de sujet en proposant de retourner travailler.


Une fois son mal de crâne relativement atténué (les bruits de Jérusalem en pleine activité n'aidant pas), Altaïr continua son chemin vers le bureau des Assassins, prêt à reprendre son combat avec (ou contre ?) Malik. Il entra avec hésitation, voyant son ami en plein travail sur une carte de la ville, travaillant sur chaque ruelle, modifiant certaines lignes,...

- Déjà de retour ? demanda celui-ci, le nez encore plongé dans son travail.

- Que veux-tu... Je suis un Assassin efficace quand je le veux.

- Alors tu le veux rarement, fit-il en relevant les yeux, une lueur de défi.

- Et tu ne te demandes pas pourquoi je le veux, cette fois-ci ? souffla Altaïr, ignorant sa pique.

- Non.

Bon. La tâche allait se révélée plus ardue que prévu. Il s'avança lentement vers le bureau, se reprenant.

- Je veux des explications.

T'as pas plus cliché comme demande ?

- C'est pas le moment Altaïr, je suis occupé. Si tu veux ta plume tu demandes, si tu ne la veux pas, va-t-en.

L'Assassin soupira, en ayant la vague impression d'être considéré comme un gamin. A tort, bien sûr...

- Malik je ne partirai pas d'ici avant d'avoir eu mes réponses.

- Et bien pose déjà des questions.

La bonne humeur évidente du Daï déstabilisait Altaïr dans son élan de vouloir tout savoir tout de suite pour améliorer les choses. Mais il ne se voyait pas repartir la queue entre les jambes pour éliminer ce Talal, ce qui représentait au passage une source de fatigue et de réflexion supplémentaire.

- Je veux savoir. Tu caches quelque chose qui me concerne, qui m'handicape tant que je ne le sais pas, alors je veux que tu m'expliques.

- Tu reconnais par-là que, toi, le grand Altaïr, Daï injustement déchu, a besoin de moi pour comprendre une situation qui te concerne de près ?

- Malik...

- Tu viens dans mes appartements après des mois de silence, et après quelques heures tu cris être désolé et te repentir de quelque chose dont je ne t'accusais même pas. Puis tu viens, aussi fier qu'un paon d'avoir collecté des infos peu précises sur ta mission ! Je commence à douter de ta sincérité, Altaïr.

- Et pourtant tu ne devrais pas ! Je..

- Et bien prouve-le moi ! je n'attends que ça, de voir s'effacer un peu le Altaïr égocentrique qui me fait face, pour redécouvrir le jeune homme sincère et avide de vérité que je connaissais !

L'Assassin poussa un cri de frustration en se retournant, faisant quelques pas nerveux dans la pièce.

- Jamais je ne peux discuter calmement avec toi ! s'exclama-t-il. Je ne sais rien de ce qu'il se passe dans ta tête et tu refuses de me laisser voir. Alors soit, je ne sais pas comment réagir et j'agis sans réfléchir, peut-être avec vantardise dans mes actes. Mais c'est parce que je ne peux m'appuyer que sur mes propres gestes ! Alors je t'en prie, dis-moi ce que je veux savoir, que je ne sois plus ignorant et fier.

- L'ignorance aurait dû te retirer ta fierté, cracha Malik, les yeux plissés.

- Et bien ce n'est pas le cas ! Que veux-tu que j'y fasse ?

- Tu penses que savoir la vérité te retirera ta vantardise ?!

- Au moins j'en saurais un peu plus sur toi et ça m'empêchera de ne penser qu'à moi !

Le Rafiq souffla de colère, lui jetant un regard noir en inspirant :

- Et bien SOIT. Tu veux savoir ? Plus que tout au monde ?

- Cette conversation dure depuis trop longtemps pour ce qu'elle vaut ! Alors OUI finissons-en.

- Trop longtemps pour ce qu'elle VAUT ? Encore une fois tu parles sans réfléchir. Ce qui ne vaut apparemment rien à tes yeux, se sont mes sentiments pour toi, pauvre fou, cria Malik, le visage entier contracté sous la colère et le mépris. Parce que oui il se trouve que ce n'est pas une simple amitié qui nous lie, Altaïr.

L'Assassin eut un mouvement de recul, enregistrant peu à peu la nouvelle. Il gardait une expression surprise, ne sachant comment réagir. Le manque de réaction ne fit que blesser Malik, qui craqua.

- Va-t-en ! VA-T-EN ! Je ne veux plus te revoir ici, tu as causé assez d'ennuis ! Et si ta conscience te tiraillait encore, oublie-la, je n'ai plus besoin de toi, je peux survivre sans toi ! Maintenant sors, et ne revient jamais dans ses lieux. Dis ce que tu veux à Al-Mualim, je m'en fiche, je veux que tu partes !

Sa voix déraillait, commençait à trembler, et Altaïr n'eut d'autre choix que de s'enfuir, les idées encore confuses. Il courut aussi loin que possible, se rattrapant souvent aux toits à la dernière seconde, échappant à une chute mortelle de plusieurs mètres, avant de perdre une dernière fois l'équilibre et de tomber dans le vide, sans un cri. Juste deux yeux écarquillés, regardant sans comprendre pourquoi le sol se rapprochait.


- Qu'est-ce qu'il se passe encore, soupira Vidic, conscient que son captif venait une fois de plus de sortir de l'Animus.

- LUCY ! Tu étais au courant !

Un gloussement s'échappa de la bouche de la blonde, qui préféra inconsciemment s'éloigner quelque peu de la table d'où se relevait Desmond.

- Voyons Desmond, ne fait pas l'enfant, ricana-t-elle. Pourquoi cette réaction violente ? L'homosexualité n'est pas une maladie, tu sais ?

Le barman la fusilla du regard, refusant de se prêter à son jeu. Il n'était pas anti-gay, loin de là. Il soupira.

- Oui, pardon, je sais pas pourquoi je réagis comme ça... fit-il avec un regard triste. Mais ça m'a surpris, et je sais que tu étais au courant. Je m'attendais pas à voir une coïncidence pareille avec mon ancienne vie.

- Comment ça ?

- Vous ne le saviez pas ? Le bar dans lequel je bossais avant d'être séquestré ici est un bar gay, alors je devrais avoir l'habitude de ce genre de situation.. Mais je sais pas, j'avais un peu oublier mon ancien quotidien...

Un silence plana, interrompu par quelques grattements de stylo sur du papier, Vidic étant totalement hors de la discussion et préférant signer X documents que de s'intéresser au sujet.

Pendant ce temps-là, Lucy dévisageait Desmond avec des yeux ronds.

- C'est vrai ? Pourquoi tu me l'as pas dit plus tôt ?

- Pourquoi, t'es intéressée ? Et c'est pas un sujet qui vient facilement quand on sort d'une machine révolutionnaire permettant de revivre des scènes du passé...

- J'ai un ami à qui je pourrais conseiller l'adresse, c'est tout, va pas t'imaginer des trucs... En tout cas c'est intéressant, comme boulot !

- Très ! acquiesça Desmond en se dirigeant vers la porte de sa chambre, Lucy le suivant inconsciemment. Surtout que depuis tout à l'heure je me fous juste de toi.

Après ses paroles, il entra en trombe dans sa chambre, bloquant la porte derrière lui en forçant la sécurité, faisant hurler les alarmes. Il partit se réfugier dans la salle de bain, hors de portée.

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- J'espère que vous êtes contents de vous, nous avons perdu un temps précieux ! Stillman, j'en attendais plus de votre conduite.

Les deux jeunes gens se faisant sermonner par Vidic, mais seul Desmond avait eu droit à quelques menaces violentes. Le système d'alarme ayant bloqué temporairement l'Animus, ils devaient patienter dans le bureau en attendant que leur problème soit régler.

- Pour une histoire aussi stupide que les sentiments précaires de Malik Al-Sayf.

- Surtout que vu le caractère d'Altaïr, je doute qu'ils soient réciproque, grommela Desmond, malheureusement pas assez discrètement.

- Et pourtant, vous ne pouvez prévoir, monsieur Miles. Enfin. Assez discuter de cela.

- Attendez. C'est possible qu'Altaïr et Malik aillent... mais... tous les deux ?

- C'est le principe, Desmond. Tous les deux. Ils vont rajouter personne d'autres, lâcha Lucy en levant les yeux au ciel.

Le barman lui jeta un regard noir avant de se retourner vers Vidic.

- Si ça se produit, je fais quoi ?

- Comment ça vous faîtes quoi ?

- Beeeen... Je suis censé reproduire les moindres gestes d'Altaïr, pour avoir accès à la séquence que vous recherchez...

- Et c'est ce que vous ferez, n'est-ce pas ?

Desmond garda un moment le silence, le visage interdit.

- Bon sang, monsieur Miles, ne faites pas votre caprice, ce sont des choses qui arrivent, vous n'allez pas faire une crise à cause de deux hommes qui s'aiment !

Entendre Vidic parler de sentiments était... surprenant.

- Disons que je suis plutôt sûr que mes goûts ne laissent pas la place pour un homme.

- Mais là on ne parle pas de vous, mais d'Altaïr, qui n'est qu'un souvenir encré dans une machine !

Ça se voit qu'il a jamais été dedans...

- De toute façon vous n'avez pas vraiment le choix... N'est-ce pas ?

Desmond frissonna au souvenir des promesses peu agréables faîtes par Vidic au cas où le barman déciderait de se rebeller une seule fois de plus. Il acquiesça, peu sûr de lui. De toute manière, vu la position actuelle de son ancêtre (40m au-dessus du sol, en train de tomber, et sans réaction), il n'était pas convaincu d'avoir à vivre la passion de Malik et d'Altaïr.

- Nous en étions donc à la chute d'Altaïr... murmura Lucy, reprogrammant l'Animus, de nouveau en marche.