Histoire Sans Fin

Chapitre 37 :

Et une nouvelle fois, je réalise que jamais je n'ai eu le choix.

(POV Drago)

Nous quittons l'appartement de Remus et nous dirigeons vers le bureau d'Albus en silence. Les quelques élèves que nous croisons nous adressent des sourires narquois et complices, auxquels Harry répond avec simplicité en rosissant légèrement. Je ris un peu en passe un bras autour de ses épaules.

« Tu me feras toujours autant d'effet quand tu rougis, » dis-je dans un murmure alors qu'il se presse contre moi avec gène et amusement.

« Ca veut dire quoi, que tu veux qu'on se trouve une salle de classe vide ? » me rétorque-t-il avec malice.

Je descends mon bras et lui caresse le dos jusqu'à atteindre ses fesses pour les tenir fermement.

« Moui, pourquoi pas… » fais-je dans un souffle, le sentant frissonner.

Il glousse puis me repousse en rougissant encore plus.

« C'est fini, oui ? » fait-il, faussement agacé. « Mais quel obsédé, je vous jure ! »

« C'est toi qui as proposé, » réponds-je avec un clin d'œil aguicheur.

Il me tire gaminement la langue.

« Ridicule, » fais-je. « Tu as des réactions de gosses de dix ans, tu sais ça ? »

Il sourit.

« Ce n'est pas pire que toi, Malefoy, tu te comportes comme un ado bourré d'hormone qui vient de se faire dépuceler ! »

« Et alors ? »

Il secoue la tête et donne le mot de passe à la gargouille qui s'efface rapidement pour nous laisser passer.

« Tu as le bouquin ? » me fait brusquement Harry en m'attrapant le bras.

Je hoche la tête en lui désignant mon sac en bandoulière de la tête.

« Tu penses qu'on va enfin savoir ce que c'est ? » fais-je en atteignant le palier et en frappant à la porte.

« Il y a intérêt, » soupire-t-il en poussant la porte après que le directeur nous a répondu.

« Ah, mes chers enfants ! » s'exclame-t-il en se levant pour contourner son bureau et nous serrer la main. « C'est bon de vous revoir enfin. Heureusement que je savais que vous reviendriez, je me serais fait un sang d'encre. »

Harry sourit légèrement.

« Oui, » répond-il. « Nous même avons cru que ça ne finirait jamais. »

Dumbledore émet un léger rire, puis nous conjure des canapés près de la cheminée.

« Asseyez-vous, asseyez-vous, » nous offre-t-il en prenant place lui-même.

Nous nous installons tous les deux et Harry se blottit contre moi pendant que je sors le précieux livre pour le tendre à Albus.

« Ah, merci beaucoup, » dit le vieil homme en souriant légèrement. « J'imagine que vous êtes assez impatients de savoir ce qu'il contient pour que je vous demande de le protéger à travers le temps, » ajoute-t-il avec un regard malicieux.

« Plutôt, oui, » acquiesce Harry tandis que je lui passe un bras autour de ses épaules. « Et j'ai aussi une question à propos de ce que vous nous avez dit avant qu'on ne parte… à propos de Fumseck… »

« Oui, oui, je me doutais qu'une information au compte-gouttes te travaillerait, » répond Albus en posant l'ouvrage sur ses genoux avec calme. « A vrai dire, les deux choses se rejoignent dans la réponse. »

Un battement d'aile se fait entendre derrière nous et Fumseck vient se poser sur les genoux d'Harry pour frotter sa tête contre son ventre.

« Fumseck, » dit Albus sur un ton de reproche. « Je n'ai même pas eu le temps de leur expliquer… »

« Expliquer quoi ? » fais-je avec une certaine inquiétude, serrant instinctivement Harry un peu plus fort alors que lui pose une main sur ma cuisse.

Albus prend une inspiration et pose les deux mains à plat sur le livre sur ses genoux.

« Ce livre a été créé en même temps que l'école, » commence-t-il. « A la fondation de Poudlard, les quatre créateurs avaient commencé par la diriger ensemble. Malheureusement, quatre directeurs causaient trop de problème, alors Fumseck ici présent, le Phœnix de Godric, a désigné Helga pour diriger pendant un certain temps. Ainsi a été instauré un roulement. Quand Salazar est parti, Fumseck a désigné un des professeurs pour être directeur. »

« Et depuis, Fumseck choisit tous les directeurs successifs, » conclut Harry avec justesse. « Qu'est-ce que ça a à voir avec le livre ? »

« Le livre répertorie les directeurs depuis le début, » répond Albus. « Ainsi que leurs pouvoirs, leurs caractéristiques, leurs histoires personnelles, celles de leurs familles, et d'autres petits détails de cette importance. »

Albus marque une pause et ferme les yeux.

« Et moi, je suis le prochain, c'est ça ? » demande Harry en caressant Fumseck qui n'a pas bougé de ses genoux.

« Oui, probablement, » acquiesce Albus. « Tu dois savoir, Harry, que chacun des directeurs a été choisi avec soin, en fonction de ses qualités et des problèmes de leurs époques. Toutefois, il n'y a qu'un moyen d'être sûr que c'est bien toi qui me remplacera un jour. Le livre prend magiquement note de l'histoire du dirigeant suivant plusieurs années avant qu'il n'ait besoin de prendre ses fonctions. C'est pour cela que je vous ai demandé de lui faire traverser les époques. J'ai craint une attaque sur l'école et je ne pouvais pas me permettre de perdre ce livre. »

Il l'ouvre sans attendre une seconde de plus. Je sens Harry se tendre contre moi et je tourne la tête vers lui, apercevant son visage contrarié. Il lève les yeux vers moi et je vois la colère dans ses yeux verts.

« Qu'est-ce qu'il y a ? » fais-je à voix basse.

« J'en ai marre que l'on dirige ma vie, » me répond-il en appuyant sa tête contre moi.

Je soupire tristement et l'embrasse sur la tempe, sans savoir quoi dire pour le réconforter.

« Je t'aime, » fais-je finalement dans un souffle.

Il sourit et relève les yeux vers moi.

« Je sais, » me dit-il doucement, comme apaisé.

« Et bien voilà, » fait alors Dumbledore, nous faisant tourner la tête vers lui.

Il nous tend le livre ouvert et Harry s'en saisit, tombant sur une page avec un portrait de lui et des pages de textes. Il prend une profonde inspiration et pose le livre sur la table devant nous.

« Il faut que je sorte, » dit-il, l'air profondément contrarié.

« Harry, il ne faut pas que tu te – »

« Je ne suis pas en état de parler de ça maintenant, » coupe Harry en se dirigeant à grands pas vers la porte.

Je soupire alors qu'il quitte la pièce et me retourne vers Albus qui a un visage attristé.

« Je suis vraiment désolé pour lui, » murmure-t-il. « Il ne méritait pas ça. »

« Mouais, » réponds-je, inquiet. « Il s'en remettra, mais… il devrait vraiment avoir le choix, maintenant. »

« On n'a jamais le choix, Drago, » me fait tristement Dumbledore. « Mais peu l'apprennent comme lui. »

Je soupire à nouveau et me saisit du livre pour le consulter. Mais il se referme sous mon nez et je fronce les sourcils.

« Seul les directeurs peuvent le lire, » me dit Albus.

Je pousse un soupir exaspéré en me passant une main dans les cheveux.

« Autre chose ? » fais-je, espérant pouvoir poliment m'échapper pour retrouver Harry avant qu'il ne fasse une connerie.

« Non, ça ira, » me répond Albus, comprenant sans doute ce que j'ai en tête. « Va le retrouver, il a besoin de toi. »

Je hoche la tête et me lève pour sortir rapidement. Quelques minutes plus tard, je rejoins Harry sur sa falaise, sachant qu'il y est sans même me poser la question. Précautionneusement, je me dirige vers le petit cimetière dont je passe la grille pour me diriger vers le fond.

Le spectacle que j'y trouve me désole et me serre le cœur. Harry est recroquevillé contre la pierre tombale de sa mère, pleurant silencieusement. Je m'approche rapidement et il ouvre ses yeux d'émeraude embués de larmes alors que je tombe à genoux à ses cotés. Il se réfugie aussitôt contre moi et je serre mes bras autour de lui.

« Ce n'est pas juste, » murmure-t-il d'une voix éteinte. « Ce n'est pas juste. »

Je soupire sans répondre et pose mon menton dans ses cheveux. Il se détache de moi et s'essuie le visage avec rage.

« Putain, » râle-t-il. « J'en ai marre de pleurer ! »

« On va partir en vacances et ça ira mieux après, d'accord ? » dis-je dans un murmure en saisissant ses mains pour entrelacer nos doigts. « Et puis, ce n'est pas si mal, tu ne crois pas ? Je me débrouille pour devenir Ministre et on a le contrôle de la population sorcière de Grande-Bretagne. »

Cette blague minable a le mérite de lui arracher un faible rire moqueur et je souris doucement.

« Ce n'est même pas un problème, » fait-il soudainement d'une voix faible. « Mais c'est le principe qui m'écœure. C'est ma vie… ce n'est pas à une putain de volaille de décider pour moi, merde ! »

Je ris à mon tour et le tire contre moi pour l'embrasser. Il se laisse faire puis soupire tristement en me relâchant.

« Viens, rentrons, » dis-je doucement. « On a des vacances à préparer. »

Il sourit et nous nous relevons tous les deux. Quelques minutes plus tard, nous sommes de retour au Manoir et Harry me tire contre lui pour m'embrasser à nouveau. Il gémit faiblement et, amusé, je le fais reculer contre le mur pour prendre appuis et le soulever dans mes bras. Il noue ses jambes autour de ma taille et serre ses bras autour de mes épaules.

« J'ai envie de toi, » souffle-t-il d'un ton empressé. « Mon dieu, prends-moi Drago, je t'aime tellement… »

« Chut, chut, attends, » dis-je dans un murmure en lui jetant un regard qui doit être voilé de désir. « Laisse-moi faire… »

Je commence à lui déboutonner sa chemise et le repose à terre pour le déshabiller complètement, avant de faire de même avec moi, parcourant son cou de baisers humides et volatiles.

« Tournes-toi, » dis-je quand je suis finalement nu. « Et penche-toi en avant en posant tes mains sur le mur. »

Il s'exécute aussitôt et je passe un bras autour de sa taille pour embrasser son épaule en saisissant son érection.

« Oh, mon dieu, » souffle-t-il en rejetant la tête sur mon épaule. « Pas de sadiques taquineries Sepentardes aujourd'hui, mon ange… je ne suis p – ah ! »

Je laisse échapper un léger rire en faisant bouger mon doigt magiquement lubrifié plus loin à l'intérieur d lui.

« Oh, putain ! Encore ! » gémit-il.

« Chut… » réponds-je en picorant son épaule. « Un peu de patience… vous autres, Gryffondors, vous êtes trop passionnés, vous voulez toujours tout, tout de suite… »

« Drago, je – aha – ne suis p-pas en état de sup-porter ton sadisme… oh mon dieu, oui, plus fort, je t'en prie ! »

Je ris à nouveau et glisse rapidement un deuxième doigt dans son intimité chaude et étroite. Je ne veux plus jamais lui faire mal comme je l'ai fait le jour où il m'est revenu. Même s'il m'a dit ne pas avoir détesté, je ne pourrai jamais oublier que j'aurais pu le déchirer littéralement, cela faisait six ans qu'il n'avait pas eu d'amant et il est déjà naturellement très serré. Merlin, j'aurais pu le faire souffrir autant que j'ai souffert ! »

« Oh je… oh ! Drago… »

Tiens, on dirait qu'il est d'humeur bavarde, aujourd'hui…

« Je vais te prendre tellement fort que tu en oublieras qui tu es, » lui dis-je dans un murmure vicieux à l'oreille. « Tu te rends compte de ça ? »

« Putain, oui, Drago, je t'en prie… parfois j'ai l'impression de ne vivre que pour ça, ton sexe si profondément en moi, me menant directement au septième ciel… »

Un rire rauque m'échappe.

« Tu as vraiment un comportement de salope quand tu t'y mets, » dis-je moqueusement, me sentant durcir encore plus, si c'est possible, par ce comportement soumis.

Il émet un ricanement et je peux deviner son sourire narquois quand il me répond.

« Tu aimes ça, on dirait, » souffle-t-il en me donnant un coup de hanche dans le bas-ventre. « Mais je suis ta salope, Drago… R-rien qu'à toi, putain, oui ! »

« Continue, » dis-je en le faisant se pencher un peu plus, introduisant un troisième doigt en lui. « Parle, ma petite pute, si tu savais combien ça m'excite ! »

« Je te veux en moi, » reprend-il. « Drago, mon ange, mon maître, je ne suis que ton esclave, je t'en prie, ais pitié de moi, baise-moi comme l'objet que je suis entre tes mains…

Je retire lentement mes doigts, récoltant un cri geignard de frustration. Mais je ne lui laisse pas le temps de protester. Je lui mords férocement l'épaule et plaque ses mains complètement à plat contre le mur en l'amenant à se pencher pratiquement à l'horizontale, mon sexe placé à son entrée, le faisant trembler d'envie.

« C'est ça que tu veux ? » fais-je d'une voix suave et rauque en le pénétrant juste un petit peu.

« Oh, oui, oui, oui, » gémit-il en tentant de faire quelques mouvements pour me prendre plus loin en lui. « Plus, oh, je t'en supplie, plus Drago, je t'en prie, pitié… »

« Dis-moi comment tu me veux, » fais-je. « Comme ça ? » continue-je en avançant lentement en lui, glissant dans cet étroit fourreau comme s'il était fait pour moi.

« Non… » gémit-il. « P-plus fort… »

« Ah, comme ça alors ? » fais-je en le prenant d'un grand coup de rein qui frappe directement son point le plus sensible.

Il pousse un cri surpris et crispe ses mains sous les miennes contre le mur. Il halète ensuite violemment et ne semble même pas avoir entendu ma question. Je cesse totalement de bouger et lui lèche le lobe de l'oreille.

« Alors, c'est ça que tu veux ? » fais-je moqueusement.

« Oui, » gémit-il. « Oh, oui, encore ! »

Je souris narquoisement et mes dents reprennent leur prise sur sa peau tendre alors que je commence à aller et venir violemment en lui. Lui continue de babiller et de crier son discours de soumission, mais les mots sortent saccadés, parfois même incompréhensibles.

Me sentant au bord de l'orgasme, lui sanglotant faiblement contre moi comme il le fait toujours lorsque le plaisir est trop puissant, je saisis son sexe et le masturbe d'une main maladroite pour le faire jouir en même temps que moi. Dans une synchronisation parfaite, nous nous libérons tous les deux, lui sur ma main et sur le sol, moi profondément enfoncé en lui. Puis mes jambes faiblissent et je me glisse contre le mur, l'entraînant avec moi dans une douce étreinte amoureuse.

Il enfouit le visage dans mon cou pour reprendre sa respiration et j'enroule mes bras autour de lui.

« Est-ce que ça va ? » dis-je finalement quelques minutes plus tard.

« Mmh, mmh, » me répond-il vaguement en se redressant pour me regarder dans les yeux. « Ca fait du bien, parfois, de se sentir complètement à la charge de quelqu'un… j'ai vraiment eu l'impression que je n'étais rien d'autre que ton objet sexuel et que c'était la meilleure chose qui me soit jamais arrivé. »

« Ah oui ? » fais-je en haussant un sourcil.

Il me fait un petit sourire en hochant la tête. Je prends son visage en coupe dans mes deux mains et l'approche de moi pour l'embrasser doucement.

« Tu es beaucoup plus que ça, » réponds-je dans un souffle. « Tu es ma vie, Harry. »

« Je sais, Drago, et tu es la mienne, » fait-il en m'embrassant doucement à son tour. « Mais j'en ai tellement mare de toute l'importance factice que l'on me donne, de tous les espoirs que l'on place sur moi… parfois je rêve que je ne suis que ton esclave et que je n'ai d'autres responsabilités dans ma vie que celle de te faire confiance. »

Je souri et l'embrasse encore une fois.

« Mais tu es fait pour être libre, » réponds-je doucement.

Il se mord la lèvre avec coquinerie.

« Alors attachez-moi à votre lit, maître, et culbutez-moi jusqu'à temps que j'en perde la raison, » me souffle-t-il en caressant mon torse avec sensualité.

Je lui mords le cou.

« Tu ferais mieux de ne pas me provoquer, esclave, » réponds-je dans un murmure en activant un des tapis intérieurs volant pour nous faire rejoindre la chambre tous les deux.

Et c'est toute la nuit que je m'efforce de lui faire oublier ses malheurs, jusqu'à ce qu'il s'évanouisse à son énième orgasme alors que les petites lueurs du jour commencent à faire leur apparition au bout de l'horizon, éclairant notre petit nid d'amour enfin définitif d'une lueur rosé. J'observe son visage, enfin apaisé, et m'endors contre lui sans songer à demain qui pour le moment n'existe plus.