Chapitre 2 : Une fièvre inexpliquée…

Hôpital central de Tokyo, service de réanimation :

Un pèlerinage…Mais c'est seule qu'il vous faudra arpenter le chemin…Kusanagi, mais que vais-je faire de toi ?…Ils appartiennent à votre passé…Je peux vous octroyer ce pouvoir…

Ces paroles résonnaient dans sa tête, tant de fois, qu'elle avait l'impression de devenir dingue. Elle ne comprenait pas, elle ne parvenait pas à comprendre…Plus elle réfléchissait plus elle avait le sentiment de connaître la jeune femme qui lui ressemblait , ainsi que l'homme. Et cet Aragami ? L'avait-elle déjà affronté ?

Momiji entendit alors des voix :

- Pouls ?

- 95

- Tension ?

- 126/79

- Sat ?

- 100

- Fièvre ?

- Sa température est redescendue à 37,9°c , heureusement pour elle d'ailleurs…

- C'est sûr. D'ailleurs je me demande encore comment elle a fait pour tenir, c'est ahurissant. Diurèse ?

- 500cc.

- OK

- Ah! Elle a de la visite.

- Bon on terminera le tour après alors.

Momiji n'entendit plus que des bruits de pas et un bruit de porte que l'on ferme. Des bips raisonnaient de temps en temps autour d'elle. Où était-elle ? A l'hôpital ? Et comment avait-elle atterrit là ?

D'autres voix lui parvint alors. Mais celles-là elles les connaissaient bien.

- Alors elle va quitter la réanimation ? Demanda Kunikida.

Les paroles du médecin lui avait rendu espoir. Apparemment les constantes de Momiji étaient retombées et s'étaient stabilisées. Neufs jours. Cela faisait neufs jours qu'elle gisait sur ce lit d'hôpital entre la vie et la mort. Le soir même de la petite fête en l'honneur du bébé de Koume et Yaegashi, Kusanagi avait appelé à la maison en catastrophe. Il leur avait dit que Momiji avait eu un malaise et était particulièrement fiévreuse. Il l'avait emmenée à l'hôpital mais il avait dû s'enfuir car il était blessé. A leur arrivée au centre hospitalier, ils avaient appris que Momiji était admise en réanimation suite à une fièvre importante inexpliquée et à un arrêt cardio-respiratoire. Tous étaient morts d'inquiétude.

- Non je ne pense pas. Elle n'est pas encore extubée et n'a toujours pas repris connaissance, lui répondit Matsudaira.

- Matsudaira mais enfin qu'est-ce qui se passe ?

- Je ne sais pas Takeuchi. Je t'avoue que je ne comprends pas moi-même. Ils n'ont trouvé aucune trace d'infection à quoi que ce soit. Elle n'a aucune insuffisance quelconque et pourtant sa température a atteint des sommets et elle a brusquement fait un arrêt cardio-respiratoire, mais j'ignore absolument pourquoi.

- Heureusement que Kusanagi l'a vite emmenée aux urgences.

Lorsqu'ils avaient retrouvé Kusanagi, ce dernier gisait inconscient sur le sol de son studio, les bras et le torse gravement brûlés et fiévreux lui aussi. Ils ne pouvaient pas l'emmener à l'hôpital alors il était soigné au centre de surveillance. Mais lui non plus n'avait pas repris connaissance et plus inquiétant: il ne guérissait pas. Lui qui pourtant possédait des facultés de régénération hors du commun, ces blessures n'évoluaient pas.

- Quel mal les rongent-ils tout les deux ?

- Tous les examens pratiqués n'ont rien révélés. Tout les traitements thérapeutiques mis en œuvre ont échouées que ce soit pour l'un comme pour l'autre. Et brusquement tout redevient normal chez Momiji à l'exception de son état de conscience.

- A quoi penses -tu ?

- Kunikida , tu as entendu comme moi le médecin. Toi aussi Takeuchi. Vous savez comme moi que l'on ne peut pas résister à une fièvre pareille. Son état de santé leur échappe sans parler des brûlures de Kusanagi qui ne cicatrisent toujours pas. Plus le temps passe et plus je me dit que…

- Attend, regarde, la stoppa Takeuchi .

Momiji bougeait faiblement la tête

- Elle se réveille? demanda Kunikida.

Matsudaira pris alors la lampe de poche qui devait servir à l'examen des pupilles et entreprit d'examiner celles de Momiji Elle eut alors un mouvement de recul lorsqu'elle ouvrit l'œil de la jeune fille.

- Quoi ? Demandèrent précipitamment Kunikida et Takeuchi .

- Non rien…je…j'ai sûrement mal vu.

Elle se pencha de nouveau sur Momiji, lorsque cette dernière ouvrit les yeux.

A mille lieu de là :

- Yuko ?

- …

- Yuko ?

- Enfin …

- Enfin quoi ?

- Il aura pris son temps…

- Qui ?

- J'attends de voir ça…

- Putain mais tu vas répondre à mes questions oui ???

- Hola Watanuki se fâche tout rouge, dit alors une petite boule de poils noirs bondissante d'un ton joyeux.

- Et oui Mokona…hum, Watanuki tu t'es encore fait remballer par une fille que tu t'énerves après moi ?

- Mais non . Ça n'a rien à voir avec moi …Oh et puis je laisse tomber… T'auras pas un seul verre d'alcool ce soir et puis c'est tout, ajouta-t-il.

- QUOI ? Hurla Yuko . Watanuki tu es MECHAAAAAANT. J'y suis pour rien si tu n'as pas de succès avec les filles, moi…

- MAIS ARRETE DE RACONTER N'IMPORTE QUOI.

Une vive lumière interrompit alors les deux compères provenant d'un miroir ancien de la taille d'un homme. Watanuki vit apparaître dans ce miroir l'image d'une femme d'âge mûr. Elle avait les cheveux châtains coiffés en chignon et portait un kimono rose traditionnelle.

- Il y avait longtemps Moe-sama…, murmura sa patronne.

- Yuko-sama. J'ai à nouveau besoin de votre aide.

Après un long silence , Yuko s'alluma une pipe et poursuivit:

- Bien. C'est à propos de votre fille n'est-ce pas?

- Oui. Elle a repris connaissance aujourd'hui. Yuko-sama , je suppose que vous savez de quoi il retourne.

- Il y a …bien des choses que je sais.

-Yuko-sama je…Je souhaiterais libérer Kaede…

-…

-Est-ce pour cela qu'il est intervenu ?

- Les dieux ont bien des pouvoirs vous savez…

-Yuko-sama!

Cette femme paraissait désemparée aux yeux de Watanuki.

- Dîtes-moi Yuko-sama, je vous en prie dîtes moi…comment libérer mes filles de tout cela.

- Moe-sama, vous n'êtes pas sans savoir qu'il y a un prix à tout vœux que je réalise…

- Oui je n'ai pas oublié.

- Bien dans ce cas …

Prochain chapitre: Mais qui es-tu ?