Chapitre 3: Kusanagi…mais que vais-je bien pouvoir faire de toi ?

Tokyo, Institut de surveillance:

Il ne comprenait pas bien en fait. Il avait un mal fou à se souvenir. Et il ne parvenait pas à ouvrir les yeux. Il ne s'était jamais senti aussi faible et fatigué. Que lui arrivait-il ?

Momiji, songea-t-il, où est Momiji ?

Quand l'avait-il vu pour la dernière fois ? Kusanagi ne s'en souvenait plus très bien. Ah si! Il devait aller la chercher avant d'aller à la soirée organisée pour le bébé de Koume. Elle allait s'inquiéter. Elle s'inquiétait toujours lorsqu'il était en retard. En fait elle s'inquiétait pour presque rien quand il s'agissait de lui. Remarque il était bien pareil avec elle…

Hôpital général :

Moe Fujimiya était inquiète. L'état de sa fille s'était brusquement et mystérieusement amélioré, mais n'était-ce pas un peu tôt pour la sortir de l'hôpital ? Elle lui paraissait si pâle, si fragile encore. Momiji qui d'ordinaire était une jeune fille pleine de vie, semblait fonctionner au ralenti. Kunikida ,qui s'était installé au volant et Takeuchi, qui occupait le siège passager, eux aussi étaient inquiets. Momiji leur paraissait si blanche et si rêveuse…

Tous avaient vu avec joie sa sortie de réanimation. Mais après cinq jours passé en service de médecine, ils n'avaient pas le sentiment qu'elle aille si mieux que ça. Tous les examens possibles qui avaient été faits n'indiquaient rien d'anormal. Seul demeurait le teint pâle de Momiji et cette étrange apathie dans laquelle elle sombrait parfois. Les médecins avaient dit que Momiji avait bien failli perdre la vie. Elle avait du beaucoup lutter contre cette fièvre au proportion inimaginable. L'équipe soignante leur avait dit que de jours en jours la jeune fille regagnait petit à petit des forces. Mais il lui faudrait encore du temps avant de regagner toute son énergie, ce qui était normal. Mais pour sa mère et Kunikida, de même que pour tous les autres, cette Momiji là n'était pas celle qu'ils avaient connu. Et qui plus est, ils ne savaient toujours pas de quoi Momiji avait réellement souffert. Qu'est-ce qui avait bien pu causé une fièvre pareille ?

Momiji sortait tout juste aujourd'hui et à peine avait-elle mis le pied dehors qu'elle demandait à se rendre à l'Institut, là où Kusanagi était encore soigné. Deux semaines; deux semaines, que Takeuchi et Kunikida l'avaient trouvé chez lui, inconscient et gravement brûlé. Deux semaines, qu'il n'avait toujours pas repris connaissance et que ses blessures n'évoluaient pas. Dire que Momiji était inquiète était un euphémisme. Elle mourrait d'inquiétude pour lui. Mais qu'est-ce qui avait bien pu se passer ? Pourquoi Kusanagi ne guérissait-il pas ?

- Kusanagi, murmura Momiji au bord des larmes.

- Tu vas le voir, lui répondit sa mère.

Lorsqu'elle étaient montées dans la voiture, Momiji s'était blottie derechef contre sa mère et n'avait pas décroché un mot jusqu'à maintenant.

Il faut que Matsudaira trouve, songea Momiji, il faut qu'elle trouve. Je ne veux pas qu'il s'éloigne de moi

La scientifique était venue lui expliquer en personne l'état de Kusanagi. Lorsque Momiji appris que l'homme qu'elle aimait se trouvait à l'Institut dans un état grave et que pour l'instant tous leurs efforts étaient restés vains, elle avait bien failli s'évanouir. Après une brève période catatonique, elle tenta de sortir de l'hôpital pour aller le retrouver. Mais les forces lui manquant elle s'était pitoyablement affalée dans le hall de l'établissement. Les médecins n'étaient pas très contents alors de sa petite tentative d'évasion.

Si seulement elle pouvait se souvenir. Mais la seule chose qui lui revenait en mémoire était l'étrange rêve qu'elle avait fait au pied du cerisier de Susano-wo. En fait il y avait deux rêves: celui avec les deux personnes et l'aragami mort et celui avec la femme medium. Comment s'appelait-elle déjà…

- Yuko Ichihara…murmura Momiji.

- Quoi ? Qu'est-ce que tu as dit ? Demanda brusquement et fébrilement Moe.

- Yuko Ichihara, c'est le nom de cette femme bizarre, répondit Momiji sans avoir remarqué la réaction de sa mère. Tu sais celle de mon rêve…

- Ah oui…

Moe Fujimiya parut alors lointaine à Takeuchi qui avait observé la scène.

- De quel rêve parles-tu Momiji ? demanda cette dernière. Elle savait que le chef était au courant mais elle, elle ne connaissait pas l'histoire.

- C'était en attendant Kusanagi sous le cerisier. Je crois que je me suis endormie. Et j'ai fait deux rêves très bizarres. Dans le premier il y avait un Aragami gigantesque et mort. Un homme venait de le tuer. Une femme qui me ressemblait l'avait rejoint et…

- Une femme qui te ressemblait ? Demanda brusquement Kunikida. Tu ne m'avais pas parlé de ça.

- Ah oui ? Ah je croyais. Et bien oui elle était de ma taille et elle avait le même visage que le mien. Mais ses yeux étaient étrangement jaunes et ses cheveux ressemblaient plus à ceux de Kaede qu'aux miens et ils étaient très longs. Elle était très triste. L'aragami avait décimé sa famille et elle avait eu peur pour l'homme qui l'avait combattu. Cet homme lui a dit alors que si elle acceptait de l'épouser, il pourrait lui octroyer une partie du pouvoir qui lui avait permis de tuer l'aragami. J'ai pas compris ce qu'il voulait dire par là. Et puis tout à coup mon rêve bascula et je me suis retrouvée chez cette femme médium. Bizarrement je me suis mise à tout lui raconter, sans me méfier. Apparemment mon précédent rêve semblait l'intéresser. Et puis elle m'a dit des choses bizarres.

- Comme quoi ?

- Que quelqu'un m'avait envoyée dans son monde et que cette personne me préparait à quelque chose mais elle a refusé de me dire quoi. Et que je serais toute seule sur le chemin…

- Une femme bien mystérieuse dis moi, commenta Takeuchi

- Oui.

Je me demande quel genre de vœux elle peut bien réaliser dans sa boutique, songea Momiji.

- Dis moi ma chérie, comment était-elle cette sorcière ? Demanda alors Moe.

- Grande, svelte, de longs cheveux bruns, des yeux étrangement rouges et elle avait une incroyable sensualité. Elle avait comme une espèce de charme ensorceleur.

Ainsi elle a rencontré Yuko-san, se dit sa mère. Mais était-ce vraiment un rêve ? Et si ce n'était pas le cas, qui est donc cette personne qui a envoyé ma fille chez la sorcière des dimensions ?

- Ça elle en avait pas rêvé , dit abruptement Kunikida.

- De quoi vous parlez chef ?

- De Kaede.

- Comment ça ? Demanda Momiji.

- Hum. Ta sœur avait fait un rêve assez similaire au premier de tes deux rêves. Elle était petite fille à l'époque et elle avait été très impressionnée par la femme et trouvait l'homme très beau. Si mes souvenirs sont bons cet homme avait de longs cheveux verts.

- Oui c'est exactement ça . Kaede a fait le même rêve que moi ?

- Étrange coïncidence, dit Takeuchi.

- Si c'en est une, murmura Kunikida.

- Qu'est-ce que vous voulez dire chef ?

Mais Takeuchi n'eut pas la réponse à sa question, car ils venaient d'arriver à l'Institut.

La portière de la voiture s'était à peine ouverte que Momiji fonçait déjà vers le bureau de Matsudaira, qu'elle trouva en chemin . Kunikida qui voulait rattraper la jeune fille fut stoppé par Moé. Cette dernière voulait lui dire quelque chose…

Du côté de Matsudaira :

- Momiji ! Ça y'est tu es sortie ?

- Matsudaira-san, où est-il ?

Bien que contente de voir Momiji sur pied le tracas s'inscrit alors immédiatement sur le visage de la scientifique à l'évocation de Kusanagi.

- Toujours en bas. Momiji tu sais…

- Je veux le voir .

- Momiji…

- S'il vous plait Matsudaira-san …

A la vue de la jeune fille au bord des larmes, la scientifique n'eut pas le cœur de lui refuser sa demande. Même si elle savait que le fait de voir Kusanagi ne ferait qu'augmenter son inquiétude…

Elle emmena donc Momiji dans les sous-sols de l'institut, là où des soins pouvaient être prodigué à Kusanagi sans craindre que qui que ce soit ne tombe des nues face à la constitution hors normes du jeune homme…

- Son état ne s'est pas amélioré n'est-ce -pas ? Demanda brusquement Momiji .

Il était difficile de répondre à cette question, car ils n'avançaient pas vraiment. Matsudaira ne s'était jamais sentie aussi impuissante…

- En un sens si, on a réussi à le stabiliser à nouveau.

- Vraiment ? Un regain d'espoir apparu alors dans les yeux de la jeune fille.

- Oui, mais…

- Mais ?

- Mais on ne connait toujours l'agent infectieux responsable . Ses mécanismes régénérateurs se mettent bien en route mais il y a quelque chose qui freine leur progression et toutes nos recherches se sont avérées infructueuses. A court d'idées j'ai alors fait appel à Sakura.

- Sakura ?

- Oui. Elle est arrivée aujourd'hui avec Valencia. Et j'allais justement voir ce qu'elles avaient trouvé.

L'ascenseur dans lequel elles se trouvaient termina alors sa descente et Momiji entra dans une sorte de salle de contrôle. Des moniteurs indiquaient l'état des constantes vitales de Kusanagi. De grandes parois vitrées donnaient sur une grande salle au milieu de laquelle se trouvait le jeune homme, allongé sur un lit, inconscient, perfusé et relié à de nombreux appareillages de surveillance. Il y avait également d'autres appareils dans la pièce que Momiji n'identifiait pas. En fait cela n'avait rien à voir avec une chambre traditionnelle d'hôpital. Mais Kusanagi n'était pas un patient traditionnel.

Momiji vint immédiatement se plaquer contre les vitres. En contre bas elle vit alors l'homme qu'elle aimait et les larmes qu'elles avaient retenues quelques instants plus tôt se déversèrent sur ses joues.

- Kami-sama…, murmura-t-elle.

La scientifique se sentait de plus en plus désemparée. Pourvu que les filles aient du neuf pour nous, songea-t-elle.

Il était couvert de bandages et paraissait au plus mal. Elle aperçu alors Sakura et Valencia en masques, charlottes sur la tête, en blouses bleues et gants. Elle revenaient dans la petite pièce où elle se trouvait avec quelque chose en main.

- Ah elles ont terminé, dit alors Matsudaira.

Le sas qui reliait les deux pièces s'ouvrit sur les deux jeunes filles qui paraissait en plein débat.

- C'est bizarre, dit Sakura, ce papier n'était pas sensé s'enflammer et celui-ci n'était pas sensé virer au vert. Il aurait du virer au jaune. Je comprend pas.

- Je ne sais pas mais ce fut instantané, j'avais à peine … Momiji! S'exclama Valencia lorsqu'elle vit cette dernière.

- Alors vous avez trouvé quelque chose ? Demanda-t-elle précipitamment.

Les deux jeunes femmes se regardèrent alors gênées.

- Euh…, démarra Sakura, la seule chose que je puisse affirmer, c'est qu'il y a une espèce de magie derrière tout ça. Une magie qui prend un malin plaisir à détruire sa nature d'aragami qu'il porte en lui. C'est pour ça que la chaire malade est en train de pourrir . C'est là que ses facultés de guérison sont les plus concentrées et comme il tient ça des aragamis... Ce que je ne comprend pas c'est pourquoi c'est localisé au niveau des bras et du torse uniquement et puis…

Elle regarda alors un papier vert qu'elle tenait…

- Il était gravement brûlé à l'origine à ces endroits lorsque Kunikida et Takeuchi l'ont trouvé.

- Et depuis lors, pas moyen d'y guérir ?

- Non ça c'est même étendu. Sans parler de son inconscience et de sa fièvre.

- Sakura, murmura Momiji, dis moi…

Face au désespoir de cette dernière, la jeune prêtresse ne sut quoi lui répondre.

C'est Valencia qui prit la parole:

- On a pas fini Momiji. Mais je te promet qu'on mettra en œuvre tout ce qui est possible…on connaît déjà maintenant la nature de son mal. On va bien finir pas trouvé une solution.

Sakura pour sa part restait septique tandis qu'elle regardait ses sceaux de papier.

Afin d'effectuer des tests, elle s'en était servie mais deux d'entre eux n'avaient pas réagi correctement. Et puis ses sens de prêtresse l'avaient immédiatement mis en garde lorsqu'elle était sortie du sas de l'autre côté. Comme si une espèce de magie maléfique avait été à l'œuvre…Comme si quelque un s'acharnait à …

- J'y retourne, annonça-t-elle brusquement, il faut que je recommence les deux tests qui ont réagis anormalement.

- Je viens avec toi, dit Momiji, je veux le voir.

Elle se tourna alors vers Matsudaira qui lui répondit:

- D'accord mais tu enfiles ce qui se trouve dans le sas avant.

Ce qu'elle firent, elle et Sakura.

- Je te préviens annonça cette dernière, euh… comment dire…il y a une odeur spéciale qui se dégage de ses bandages .

- Ah oui…

- Mais euh, se reprit-elle, Matsudaira nous a dit que c'est normale d'accord.

Mais Momiji ne répondit pas, elle se dirigeait déjà vers Kusanagi. Il y avait en effet une odeur très particulière dans la pièce. Un puanteur presque insoutenable…

Lorsqu'elle le vit de plus près Momiji tomba en arrêt. Il avait l'air si mal. Lui si vigoureux, il paraissait si… frêle. Il transpirait abondamment mais ses lèvres étaient craquelées. Des lunettes à oxygène lui avait été posées sous les narines. Et ses bandages… ils sentaient si fort et cette étrange couleur verte… Bref Kusanagi lui paraissait si mal que la peur de le perdre devint insoutenable pour Momiji.

Ce n'est pas possible, songea-t-elle, non ce n'est pas possible. Il ne peut pas mourir, je ne le veux pas…

Luttant vainement contre sa douleur elle entendit quelqu'un dire: si, il doit mourir…

- Non, murmura-t-elle, je ne veux pas qu'il meurt. Oh Kusanagi reste avec moi…

Sakura ne put rester insensible face à la décomposition de Momiji. La peur, la douleur, elle les voyait bien chez elle. Elle songea qu'il était préférable que Momiji ne reste pas trop longtemps dans la pièce. Elle se hâta de sortir ses sceaux mais à peine avait-il prit l'air que le premier brûla et l'autre vira au vert kaki.

- Encore, se dit-elle. Ce n'est pas normal. Bon sang il y a quelque chose qui perturbe mes

Mais Sakura stoppa net ses pensées. Elle venait de sentir une formidable énergie inconnue.

- Qu'est-ce que… Momiji que se passe-t-il ?

Mais Momiji ne répondait pas. Elle était étrangement voûtée et elle maintenait ses bras contre sa poitrine. Inquiète Sakura passa de l'autre côté de la table sur laquelle était Kusanagi et vit quelque chose de très étrange.

La voix de Matsudaira retentit alors dans les haut-parleurs :

- Sakura, il y a un problème ?

Mais Sakura restait interdite.

- Momiji qu'est-ce que tu …

Les jeux de Momiji ne pleuraient plus mais ils étaient passés dur vert au jaune et brillait intensément. Son regard fixé sur le jeune homme ne semblait plus lui appartenir. L'énergie qu'elle avait sentie ne cessait d'enfler. Et c'est là que la prêtresse comprit. Par tous les dieux, se dit Sakura, c'est elle qui

- Matsudaira, hurla Sakura, scellez le sas vite.

- Quoi ?

- Dépêchez vous, c'est Momiji, c'est elle qui a…

Une extraordinaire lumière jaillit dans la pièce aveuglant tout le monde. Une lumière qui émanait de Momiji. Sakura parvenait à peine à la distinguer. Sa surprise atteint des sommets lorsqu'elle la vit s'élever les airs. Quelle énergie monstrueuse, se dit la petite blonde, il faut que je l'arrête. Mais elle n'avait sur elle que des sceaux de tests aucun de défense. Un gémissement lui fit détourner la tête: Kusanagi était en train de se réveiller. Elle le voyait qui peinait à ouvrir les yeux. Mais malheureusement elle n'eut pas le temps de tenter quoi que ce soit …

Matsudaira et Valencia qui se protégeaient les yeux tant bien que mal furent alors projetées en arrière sous le coup d'une violente explosion qui fit voler les vitres en éclats…

Euh…avant toute chose…je voudrais m'excuser pour mon…honteux…retard.

GOMEN NASAI

A Lou et à ma tahitienne préférée: merci à vous deux pour vos coms, ça fait super plaisir. Sha-chan tu vas enfin pouvoir être satisfaite lol. Trouves-toi une barre de chocolat et ce sera l'extase mdr .