Part two : balles perdues
Oui, Drago Malefoy était loin de sous-estimer les risques de l'opération, autant pour son intégrité physique que pour sa sécurité mentale, mais c'était sans compter un obstacle énorme, roux, pleins de taches de rousseurs, et très, mais alors très jaloux.
En effet, lors de toutes ses tentatives d'approcher Granger à la fin d'un cours, Ron Weasley s'interposait de la meilleure manière qu'il pouvait. Son arme suprême étant un traditionnel 'j'ai faim !' avant de tirer Hermione de forcer vers la Grande Salle.
Un jour, cependant, il pu l'intercepter au détour d'un couloir. Elle devait probablement se diriger vers la bibliothèque, car elle était seule. Elle sentit une main s'abattre sur son épaule et se retourna.
-Malefoy ! Qu'es-ce que tu veux ?
-Toi.
-Pardon ?!
-Embrasse-moi, Granger, dit-il en se rapprochant un peu plus.
-Fiches-moi la paix ! Non mais tu va pas bien ou quoi ?! Hurla-t-elle avant de se diriger à grandes enjambées vers la salle commune des Gryffondor, t'es devenu complètement fêlé !
-Fou de toi, Granger ! Cria le Serpentard.
« Qu'es-ce que je racontes encore ? Enfin, si ça peu me faire gagner mon pari... »
La brune se contenta de lui jeter un regard noir par-dessus son épaule.
Mais heureusement pour le Serpentard, celui-ci occupait les mêmes appartements qu'Hermione. Les deux préfêts-en-chefs partageaient une salle commune, et une salle de bains. Un soir, Drago s'était posté en faction sur le divan de la salle commune, attendant sa proie pendant plus de deux heures. Celle-ci n'arrivait pas et Drago commença à se demander si elle le faisait exprès.
Mais le portait fini par pivoter, et elle apparut. Elle passa devant lui sans un regard, et se dirigea vers la bibliothèque.
-Déjà rentrée ? Fit Drago en faisant comme si il n'était là que depuis cinq minutes à peine.
-Oui.
Elle ne le regardait toujours pas, et trouva son livre. Elle se dirigea rapidement vers sa chambre où Drago ne pourrai pas pénétrer sans perdre un membre.
-Tu ne viens pas lire près de moi ? Demanda-t-il gentiment en tapotant la place à coté de lui.
-Non, répondit sèchement Hermione avant de disparaître dans sa chambre.
Drago n'en revenait pas. Il avait été gentil, poli, et elle ne l'avait même pas regardé. Elle n'avait même pas fait semblant d'être intéressée pour l'énerver.
« Drago : 0, Granger : 1 » Se dit le blond. Il se décida alors d'user de sa seule mais puissante ressource : son physique.
Ainsi, le lendemain, quand Hermione entra dans la salle de bains, elle trouva un Malefoy dégoulinant d'eau, une serviette autour de la taille, en train de se laver le visage dans l'évier, dos à elle. La salle de bains ressemblait à un vrai sauna avec toutes les vapeurs et la tête commençait à lui tourner. Elle ne pu retenir son regard qui se balada un peu, espionnée par Drago dans le reflet de la glace.
-Malefoy, tu te lèves plus tard d'habitude...
-Désolé, mais ne t'inquiètes pas, je te libère la salle de bains dans trois minutes.
Avec réticence, elle s'approcha du second évier et se lava les dents pendant que Malefoy donnait un coup de peigne dans ses cheveux dorés. Elle s'apprêta à repartir pour le laisser s'habiller quand une main se saisit de son poignet. Elle tourna le regard vers Malefoy, qui ne dit pas un mot, et la plaqua doucement au mur. Il appuya ses deux mains dessus, de part et d'autre de la Gryffondor, qui ne le quittait pas des yeux.
-Hermione Jane Granger, murmura-t-il, je te veux.
-Arrête de dire n'importe quoi...
Il rapprocha son visage, et il était maintenant à un ou deux millimètres de son but. « Trop facile » se dit-il tandis que son nez touchait celui de sa proie. Il eut à peine de temps d'effleurer la courbe de ses lèvres avant qu'Hermione tourne la tête et se baisse.
-Je ne sais pas ce qu'on t'a fait manger ou combien d'argent on t'a promis, mais ne compte pas sur moi pour t'aider ! Clama-t-elle avant de claquer la porte.
« Il y a quand même un point positif, j'ai déstabilisé l'ennemi ».
Le soir même, il se rendit au cachots pour continuer ses retenues, et réalisa avec désolation que l'endroit semblait encore plus sale qu'avant. Potter était déjà là, frottant le sol avec allégresse.
« Mais que ça peut être con, un Gryffondor ! ».
-Alors, Super-Malefoy, toujours pas réussi ?
-Tu m'as demandé d'embrasser Granger et tu veux que je réussisse en quelques jours ?
-Tu as trois mois, et tu en auras bien besoin...
-Ca, c'est sûr, vu comment elle m'a envoyé paître...
-C'est surtout qu'elle n'embrassera que quelqu'un qu'elle aime, précisa Harry.
-T'aurais pas pu le dire plus tôt, toi ? Je vais jamais y arriver !
-Malefoy, dit Harry avec bon sens, tu crois vraiment que je t'aurais lancé aux trousses de ma meilleure amie si je n'étais pas sûr qu'elle allait résister ?
Drago se contenta de ruminer dans sa barbe. Comment faire pour que Granger tombe amoureuse de lui en moins de trois mois !
-Et elle aime déjà quelqu'un, ta Granger ?
-Je ne crois pas, non...
-C'est déjà ça.
-Je te préviens, menaça Harry en brandissant son éponge. Si tu t'avises de la séduire et de la laisser tomber comme une vieille chaussette, c'est toi qui porteras le T-Shirt, de gré ou de force.
-Qui t'a dit que j'allais la laisser tomber ? Murmura Malefoy à son propre étonnement.
Car si ses premiers essais s'étaient soldés par des balles perdues, Malefoy était décidé à persévérer. Il remporterais le cœur de la princesse, et se sauverais avec sur un cheval blanc. Ou un Nimbus 2001 si elle est d'accord. A la pensée de son balai, Malefoy sentit une idée lumineuse lui venir à l'esprit.
« Mais oui ! Plaçons la proie en terrain ennemi... »
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J'vous préviens d'avance, cette fic ne sera pas longue )
Il reste un ou deux chapitres maximum, mais plus longs que celui-ci
