Disclaimer : Tout est à moi et les petits cochons peuvent voler… (j'ai repris le disclaimer original, il me plaisait bien) L'histoire est toujours de Missybewitched.

16. Sortilèges Impardonnables.

Severus se hâtait dans les couloirs. Mais quelle folle ! se disait-il. Il lui avait bien dit de ne pas s'éloigner ! Où était-elle maintenant ? Severus ralentit, s'arrêta, et essaya de réorganiser ses pensées qui partaient dans tous les sens. Le Manoir Malefoy était immense, et elle pouvait se trouver n'importe où. Mais il s'était tenu pendant plus d'une heure juste derrière la porte menant à l'entrée, si jamais Mel était sortie par là, il l'aurait su. Et puisque personne n'avait franchi cette porte depuis qu'il était sorti, ça ne lui laissait qu'une seule possibilité : elle devait être allée dans le jardin. Faisant demi-tour, Severus se précipita vers l'autre issue, essayant de ne pas paniquer. Le jardin des Malefoy était deux fois plus grand que le Manoir ; il lui faudrait une éternité pour en faire le tour. Severus eut à peine le temps de remarquer qu'il n'avait jamais rencontré femme qui soit plus douée que Mel pour s'attirer des ennuis, quand soudain il entendit un petit cri. Severus s'arrêta dans sa course et écouta attentivement. Le cri se répéta, et il se lança dans cette direction, le cœur battant à tout rompre à cause de sa course autant que de la frayeur qui l'avait saisi. Alors qu'il approchait de la source de ce bruit, il fut accueilli par une vision étrange. Une petite créature malingre se déplaçait de façon curieuse dans le jardin ; avançant de deux pas pour aussitôt reculer de trois.

« Dobby doit aider Miss ! » s'exclama la créature, tout en essayant de poser son pied droit devant l'autre. « Mais le Maître n'aime pas que Dobby se mêle de ses affaires ! » continua-t-elle, en faisant un pas en arrière, battant désespérément des bras comme pour protester. Pour Severus, c'était comme si une force invisible retenait l'elfe de maison par la peau du cou, l'empêchant d'avancer plus loin. Il avança vers lui d'un pas décidé.

« Elfe ! » aboya-t-il. La créature tomba à la renverse de surprise, et leva les yeux vers le Maître de Potions depuis le sol mouillé. « Où est ton maître ? »

Severus vit l'elfe se mettre à trembler. « Le Maître ? »

Severus fusilla du regard l'elfe de maison qui lançait des regards furtifs autour de lui. « Où est-il ? » répéta Severus, attrapant la créature par sa taie d'oreiller.

« D-Dobby ne peut pas dire… D-Dobby garde les secrets du Maître… »

Severus plissa les paupières. Les yeux de Dobby tournaient follement dans tous les sens, mais il remarqua qu'ils restaient plus longtemps tournés dans la direction dans laquelle l'elfe essayait d'avancer plus tôt. Confiant en l'incapacité de l'elfe de maison à garder un secret, Severus le laissa retomber et se remit à courir.

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Hermione savait – elle en avait fait l'expérience auparavant – que la Défense Contre les Forces du Mal n'avait jamais été son point fort. Avec le temps, elle avait fini par accepter qu'elle ne pouvait pas être la meilleure dans tout ce qu'elle faisait. Harry avait toujours été meilleur qu'elle en Défense Contre les Forces du Mal, et Ron était l'expert quand il s'agissait de mettre les pieds dans le plat. Hermione admettait également que Harry et Ron pourraient la battre au Quidditch quand ils voulaient, mais elle ne leur en voulait pas pour ça. Elle n'était pas très douée en Divination non plus, mais comment est-ce que ça aurait pu être le cas quand elle était incapable de se forcer à pousser les mêmes 'ooh' et 'aah' extasiés que Parvati et Lavande à tout ce que disait Trelawney ? Les faiblesses d'Hermione en Défense avaient arrêté de la contrarier quand elle était en cinquième année ; elle s'était alors rendue compte qu'il y avait des choses plus importantes dans la vie que les notes. Mais même après ça, elle n'avait jamais cessé de lire ce qu'elle pouvait dans tous les domaines où elle n'était pas douée, espérant que ses connaissances théoriques pourraient l'aider quand elle devrait passer à la pratique. Tout ce travail avait plutôt intérêt à payer maintenant.

Hermione ressentit un bref moment d'incrédulité avant qu'une brume familière n'envahisse son esprit. Elle ferma les yeux, apaisée, appréciant cette sensation qu'elle avait presque oubliée alors qu'elle se répandait dans son corps et son esprit. Depuis combien de temps est-ce qu'elle n'avait pas été aussi détendue qu'elle l'était en ce moment ?

« Mel ? » Une voix grave pénétra les brumes épaisses de son esprit. La voix de qui ? On aurait dit Lucius Malefoy, elle était chaude et caressante.

« Est-ce que tu m'entends ? »

Pff, je suis pas sourde, répondit-elle dans son esprit. Elle acquiesça. Elle avait l'impression que sa tête était plus lourde que d'habitude, mais c'était normal, non ?

« Embrasse-moi, » poursuivit la voix.

Vous embrasser ? Beurk ! Bon, d'accord.

Hermione se mit sur la pointe des pieds, et posa une main sur la joue de Malefoy. Se penchant en avant, elle posa ses lèvres sur les siennes. Elle remarqua distraitement qu'il glissait les mains vers ses seins, occupée qu'elle était à suivre ses ordres. Elle pencha la tête sur le côté pour qu'il puisse atteindre son cou.

« Endoloris ! » s'exclama une voix dans son esprit. Hermione tressaillit involontairement, comme si le sort avait suivi l'invocation dans son esprit. Quelqu'un hurla, et son estomac se noua, mais elle ne ressentit aucune douleur. Bizarre.

« Détache tes cheveux, » entendit-elle Malefoy lui commander.

Pas de problème, se dit Hermione, mais bon, ce n'est pas comme si j'en avais tant que ça. Elle leva la main gauche et détacha la pince qui avait retenu ses cheveux en une courte queue de cheval pendant la soirée, repoussant toute autre pensée de son esprit.

« Dis-moi que tu as envie de moi, » poursuivit Malefoy.

Hermione obéit. Déposant une série de petits baisers le long du cou de Malefoy, elle mordilla un instant le lobe de son oreille avant de lui chuchoter, « J'ai envie… que vous alliez au diable ! Expelliarmus ! »

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Severus arriva juste au bon moment pour voir Malefoy faire un vol plané de dix mètres et atterrir au sol avec un bruit sourd. « Petrificus Totalus ! » entendit-il Mel s'exclamer alors qu'elle pointait sa baguette vers un Lucius maintenant inconscient. Severus entendit la pointe de glace qu'elle avait dans la voix. Elle se tenait là, droite et immobile. Ses cheveux qui cascadaient dans son dos semblaient dégager un pouvoir inconnu. Elle était magnifique, et elle n'avait rien. Severus sentit s'envoler le poids qu'il avait sur l'estomac. Il commença à s'approcher d'elle, les chaussures couinant bruyamment dans la boue du sentier.

Mel se retourna immédiatement. Severus n'eut qu'une fraction de seconde pour se rendre compte que son visage n'affichait aucune des expressions qu'il lui connaissait avant qu'elle ne pointe sa baguette sur lui. « Expelliarmus ! » Un éclair de lumière fonça vers lui, et Severus se sentit décoller du sol. Une petite éternité plus tard, sa tête rencontra un obstacle solide, qui mit fin à son vol plané. Puis plus rien.

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La pièce se matérialisa peu à peu devant son regard, et Severus prit conscience d'une douleur sourde à la base de son crâne. Il remua et grogna quand ses os protestèrent devant ce traitement hostile qui leur était réservé. Il se laissa retomber sur le lit, et, se contentant du faible champ de vision que lui offrait sa position actuelle, Severus se rendit compte qu'il était à l'Infirmerie. Il aperçut aussi une petite silhouette assise sur une chaise, au pied de son lit. « Mel ? » appela-t-il doucement. « Quelle heure est-il ? »

Mel écarta ses mains de son visage et leva la tête, et Severus réalisa que son visage était pâle et son regard dépourvu de son étincelle habituelle. Elle paraissait inquiète. « Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda-t-il.

Hermione se jeta sur lui pour toute réponse, le serrant dans ses bras et déposant des baisers désespérés partout sur son visage. « Je suis désolée, Severus, » chuchota-t-elle. « Je suis tellement désolée. »

Le souvenir des événements de la soirée lui revint. « Ça n'a pas d'importance, » répondit-il après un temps, mais Mel ne sembla pas l'avoir entendu parler. Elle débitait à toute vitesse des phrases sans queue ni tête. « J'étais tellement en colère, et j'étais en 'mode de combat', et quelqu'un a crié 'Endoloris' et tu es arrivé derrière moi. Je n'ai pas réfléchi. Je ne réfléchis jamais quand je suis en mode de combat. »

Severus fronça les sourcils. Son 'mode de combat' ? C'était comme ça qu'elle appelait le moment où son visage se figeait et ses yeux brillaient d'un éclat glacé ?

« Dis quelque chose, je t'en prie. »

Severus essaya de se souvenir de ce que Mel venait de lui dire, et se rendit compte qu'il n'avait quasiment rien compris de ce qu'elle venait de raconter. « Endoloris ? » demanda-t-il.

Hermione hocha la tête. « J'ai entendu une voix dans ma tête, mais ce n'était pas celle de Malefoy. Je ne sais pas à qui elle était. Et puis, quelqu'un a hurlé. »

Severus grommela en entendant prononcer le nom de Lucius. « Lucius, qu'est-ce qu'il t'a fait ? »

Hermione se mordilla les lèvres, réticente à lui dire la vérité qu'il avait le droit d'entendre. « Il a essayé de me mettre sous Imperium. » Elle pencha la tête, pensive. « Il a essayé, » répéta-t-elle, plus pour elle-même que pour qui que ce soit d'autre, « mais j'ai réussi, cette fois. Je crois que je commence enfin à apprendre à résister à l'Impérium. Enfin. »

Désireux de connaître la réponse à sa question, Severus n'entendit pas ces mots prononcés tout bas. « Qu'est-ce qu'il t'a fait ? » répéta-t-il. Severus pouvait deviner ce que Malefoy avait voulu faire de Mel pendant qu'elle était sous son contrôle. Il connaissait bien Lucius, et ce n'était pas un homme connu pour sa créativité. Mais il voulait l'entendre de sa bouche. Il savait que quoi qu'il se soit passé, ce n'était pas de la faute de Mel, mais Severus fut incapable de dissimuler l'amertume de sa question.

Hermione le regarda avec inquiétude. « Il m'a demandé de l'embrasser. »

Ses mots confirmèrent les pires craintes de Severus, et sa jalousie, aussi irrationnelle que jamais, reprit violemment le dessus. « Et tu l'as laissé faire. »

Hermione tressaillit. C'était vrai, n'est-ce pas ? Elle savait maintenant qu'elle était capable de résister à l'Imperium, mais elle avait fait croire le contraire à Malefoy. Elle était maîtresse d'elle-même, pourtant elle avait fait ce que Malefoy lui demandait de faire, afin qu'il baisse sa garde. Mais elle n'avait pas eu le choix, si ? Elle n'avait pas suffisamment confiance en elle pour tenter d'affronter Malefoy de front, alors elle avait dû se montrer plus maligne.

« Je lui ai lancé un Stupefix, » finit-elle par répondre. « Je ne pense pas qu'on puisse dire que je l'aie 'laissé faire'. Sois raisonnable, Severus. »

Ce ton mesuré lui fit perdre tout contrôle ; toutes ses incertitudes lui revinrent à la figure comme en avalanche. Il se leva de son lit et se pencha sur Mel. « Que je sois raisonnable ? Comment est-ce que je pourrais être raisonnable ? Tu as embrassé Malefoy ! »

Hermione l'interrompit sèchement. « Il m'y a forcée, Severus. »

Severus siffla furieusement entre ses dents et commença à faire les cent pas dans l'infirmerie, essayant de se calmer et de reprendre ses esprits. Pourquoi est-ce que tous les sorciers de son âge qui rencontraient Mel étaient attirés par elle tout autant que Severus lui-même l'était ? Lucius aurait voulu la mettre dans son lit, ça ne faisait pas l'ombre d'un doute. Et puis, qui ne l'aurait pas voulu ? Et Lupin aussi. Severus n'avait jamais été tout à fait convaincu que le loup-garou ne ressente qu'un 'amour fraternel' pour Mel. S'il avait été à sa place, jamais il n'aurait éprouvé de sentiments aussi innocents. Mel était une sorcière extrêmement attirante. Et si, à l'avenir, elle rencontrait quelqu'un de mieux que lui ? Severus savait pertinemment qu'il n'était pas le genre de sorcier que préféraient les femmes. Comment est-ce qu'il pouvait s'assurer de garder pour lui celle qu'il chérissait ? Severus avait passé plus d'une nuit à ressasser ces doutes, essayant de trouver un moyen de s'assurer que Mel reste à lui, et à lui seul, et à chaque fois, il était parvenu à la même conclusion.

Il prit une profonde inspiration, et se retournant soudain vers elle, lui demanda tout à trac, « Epouse-moi ! »