Disclaimer : les personnages sont de JK Rowling, l'histoire de missybewitched.
Chapitre 19. Aussi froid qu'une tombe.
Severus était assis dans l'un des fauteuils de chintz horriblement criards du bureau du Directeur, fixant studieusement le coin de la table de travail de Dumbledore afin d'éviter de croiser le regard du vieux sorcier. Il savait que Dumbledore l'observait comme un rapace, attendant sa chance de pouvoir le regarder dans les yeux, et de parcourir ses souvenirs afin de découvrir les choses que Severus refusait obstinément de lui raconter. Un ronflement particulièrement sonore de l'un des portraits se termina rapidement en une quinte de toux et d'éternuements, et fut suivi d'innombrables murmures de 'à vos souhaits'. Aussi brillants qu'ils aient été en temps que Directeurs et Directrices, ils n'étaient pas vraiment doués pour feindre le sommeil. Severus était content que les portraits ne soient pas reconnus comme des espions à part entière, il aurait eu horreur que son travail soit associé avec une telle incompétence.
Un soudain éclat de flamme impétueux l'informa que Fumseck était de retour. Severus se retint de se retourner et d'essayer de secouer le phénix comme un prunier jusqu'à ce qu'il livre ses secrets. Du coin de l'œil, il vit Fumseck picorer affectueusement les oreilles de Dumbledore. Sous son regard, Dumbledore fit un petit signe de tête, et Fumseck s'envola, pour aller se poser sur son perchoir doré. Le Directeur leva un sourcil, prenant acte de l'attention que lui accordait son Maître de Potions, et les yeux de Severus se concentrèrent à nouveau instantanément sur les méandres et les secrets que recelaient les nœuds du bois du bureau.
Le cœur de Severus battait rapidement, nerveusement. Non, pas nerveusement, se rassura-t-il. Impatiemment. Il était impatient que Lupin arrive, et c'était pour cela sûrement qu'il ressentait cette sensation étrange, cette palpitation qui lui donnait l'impression d'avoir dans la poitrine une centaine de lutins des Cornouailles qui dansaient une gigue endiablée. Fumseck avait apporté sa réponse, mais il était clair que Dumbledore ne lui dirait rien du tout avant que le loup-garou n'arrive.
Les flammes bondirent une fois de plus dans la pièce. Mais cette fois, elles étaient vertes, et venaient de la cheminée du Directeur. Severus se leva d'un bond alors que la silhouette de Remus Lupin émergeait du feu vert émeraude crépitant.
« Monsieur le Directeur. Severus, » salua Lupin, essuyant ses robes râpées du revers de la main pour les débarrasser des traces de suie.
Dumbledore désigna un point devant son bureau, et un fauteuil de chintz (dont la couleur et la forme étaient plus discrètes que celles du fauteuil de Severus) se matérialisa. Lupin avança, et prit place. Dumbledore regarda ensuite Severus avec insistance. Réticent, Severus s'enfonça dans son fauteuil, et essaya de repousser la culpabilité qui menaçait de l'engloutir sur place.
Lupin soupira. « Rien, Professeur Dumbledore. Aucune trace d'elle nulle part, rien du tout. Et je ne peux pas faire grand chose avec aussi peu d'informations. » Il adressa à Severus un regard accusateur.
Dumbledore hocha la tête. « Fumseck n'a pas été capable de localiser Mel. Il ne peut rien faire tant que nous n'en savons pas plus sur la façon dont elle a disparu. » Il se tut, regarda Severus, et attendit. Le jeune homme lui retourna crânement son regard, et garda la bouche obstinément fermée. Ce qui s'était passé entre lui et Mel ne regardait pas le vieil homme, et encore moins Lupin. Il n'avait pas la moindre intention de leur raconter les choses qu'il avait dites à la jeune fille.
Dumbledore adopta une mine plus sévère, lèvres pincées, et s'adossa dans son fauteuil, rassemblant ses longs doigts devant lui. Severus pouvait sentir sa furie se concentrer sur lui comme une tempête. « Il s'est passé quelque chose entre le Manoir Malefoy et Poudlard, » affirma-t-il avec force.
« Oui, » marmonna Severus. Le ton du Directeur ne lui permettait pas de répondre autrement que par la vérité.
Dumbledore hocha la tête, satisfait. « Et tu y es pour quelque chose. »
Les incidents de la soirée lui revinrent brusquement, il les revoyait encore et encore dans son esprit. Les choses qu'il avait faites, celles qu'il n'avait pas faites, et celles qu'il aurait pu faire. Quand il confirma que l'accusation était justifiée, Severus avait une voix rauque. Il perdait rapidement sa contenance.
Dumbledore laissa échapper un long soupir, comme le font souvent les gens qui ne savent pas comment discuter avec un enfant obstiné. Sa colère avait maintenant été remplacée par la tristesse qu'il éprouvait pour l'homme qui se tenait devant lui. Quoi qu'il ait fait, Severus se sentait coupable. « Severus, » dit-il, calmement, essayant de ne pas laisser paraître la compassion dans sa voix. « Je ne t'ai jamais blâmé pour ton erreur passée, et je ne te jugerai pas avant d'avoir entendu ton histoire dans son intégralité. Si tu ne veux rien dire, alors très bien. Mais pour l'amour d'une adorable jeune femme que nous connaissons tous, je t'en prie, parle. »
Qu'une fois de plus, le Directeur lui offre sa compassion et son pardon, même en sachant, ou tout du moins en suspectant ce qu'il avait pu faire, c'en fut trop pour Severus. La voix tremblante d'émotion, il confessa tout. Il était à peine conscient que le loup-garou écoutait attentivement, près de lui, et il s'en fichait un peu. Il leur parla du vœu qu'il avait fait de l'épouser, et de la dispute qui s'en était ensuivie. Il ne pensait pas que Lupin apprécierait la façon dont il avait utilisé son amitié pour Mel contre elle, mais il n'en avait que faire. Dumbledore lui avait demandé de tout raconter, et Severus, dans l'état dans lequel il était, ne pouvait rien refuser au vieil homme. Sa voix s'éteint alors qu'il finissait de leur raconter l'explosion qui avait causé la disparition de Mel.
Dumbledore se leva de son fauteuil, et commença à faire les cent pas dans son bureau, concentré, les sourcils froncés. Severus le regarda pendant un moment, avant de focaliser son attention sur l'homme qui était assis à ses côtés. Il savait que Remus Lupin serait furieux contre lui, mais il avait besoin de son aide s'il devait retrouver Mel, alors il se prépara à une dispute. Au lieu de cela, il lut de la pitié dans le regard de l'autre homme. Il en fut horrifié. De la colère, il aurait pu le supporter, mais jamais il ne laisserait le loup-garou avoir pitié de lui. Est-ce qu'il n'avait pas déjà subi suffisamment de pitié quand Potter l'avait extirpé du Saule Cogneur ? Il n'avait pas besoin qu'un autre membre du fan-club de Potter en fasse autant. Surtout qu'il avait toujours pris beaucoup de plaisir à avoir pitié du loup-garou. Recevoir de la pitié d'un être pitoyable. Hilarant.
Les allées et venues du Directeur s'interrompirent brusquement. « Remus, Severus, » annonça-t-il brutalement, « Oubliez Mel. Il n'y a rien que nous puissions faire pour elle. »
Severus se figea, sous le choc, alors que Lupin se levait d'un bond de son fauteuil de chintz. Il prit la parole, mais Dumbledore l'interrompit. « Oubliez-la, messieurs. Sinon, je vous Amnésie, tous les deux. »
« Pourquoi ? » demanda Lupin.
« Parce que comme je viens de vous le dire, il n'y a rien que nous puissions faire à ce sujet, Remus. » Le Directeur étendit son bras droit, et Fumseck vint se percher dessus. Il caressa affectueusement le plumage de l'oiseau.
« Et l'Ordre ? Est-ce qu'on ne peut pas lui demander de la chercher ? »
« L'Ordre a été démantelé. Je ne vois pas de raison de le rassembler à nouveau. »
« Il peuvent aider, Professeur ! »
« NON ! Ils ne peuvent pas ! » Dumbledore tempêtait maintenant ; le feu qu'il avait dans les yeux laissait transparaître sans réserve le pouvoir dont il disposait. Fumseck s'envola avec un caquètement effrayé. « L'objectif de l'Ordre, c'est de vaincre Voldemort (Severus frissonna), et je ne vais pas envoyer tout le monde dans ce que je crois n'être qu'une chasse au Ronflak Cornu. L'Ordre croyait en un but commun, Remus, c'est pour ça que nous sommes parvenus à rester ensemble jusqu'à la fin, malgré les pertes que nous avons subies. » Les yeux de Dumbledore étaient emplis de tristesse, mais il les plissa néanmoins, mettant son ancien élève au défi d'aller contre sa volonté. « Voldemort n'a pas été vaincu. Il reviendra un jour, plus puissant que jamais. Quand ce jour viendra, je veux que l'Ordre soit à mes côtés. J'ai besoin de sa confiance absolue, et de sa loyauté à notre cause. Je ne peux pas me permettre de l'envoyer dans une quête sans rime ni raison, Remus. » Le loup-garou demeura silencieux, et Dumbledore hocha la tête, satisfait mais amer. Ensuite, il se tourna vers son Maître de Potions. « Je suis désolé qu'il ne soit pas en mon pouvoir de t'aider cette fois. Abandonne, Severus. Laisse Mel s'en aller. »
Severus ressentit une drôle de sensation, comme si son cœur lui tombait dans l'estomac. Abattu, il se leva et sortit, refermant la porte derrière lui. Il redescendit vers ses cachots, comme en transe. Mel était partie. Il n'aurait plus jamais l'occasion d'entendre sa voix s'élever dans un débat virulent au dessus d'un chaudron qui bouillonnait. Il ne verrait plus jamais son intelligence acérée briller dans ses grands yeux. Il ne pourrait plus jamais serrer son corps contre lui, et l'aimer comme elle méritait de l'être. Il arriva à ses quartiers et murmura le mot de passe. Alors qu'il franchissait le seuil, il fut interpellé par un cri. Toujours abattu, Severus se retourna.
« Servilus, espèce de salaud ! » siffla Remus avec colère en rattrapant l'autre homme. « Tu vas abandonner, comme ça, pas vrai ? » Il lui envoya un coup de poing dans le menton, faisant brutalement sortir le Maître de Potions de sa torpeur. Severus sortit sa baguette si vite qu'elle siffla dans l'air. « Tu utilises tes poings, maintenant ? Je suis un sorcier, loup-garou, et à moins que tu ne sois encore plus stupide que ce chien que tu appelais ton ami, tu ferais mieux de garder tes pattes loin de moi. »
Remus retroussa les lèvres, montrant les dents. Il sortit vivement sa propre baguette, et commença à tourner autour de Severus, cherchant un angle duquel il pourrait lancer son premier sort. Remus aurait presque voulu que la pleine lune soit plus proche, il était toujours plus colérique et agressif à ces moments-là. Ce serait bien fait pour Snape s'il se mettait suffisamment en colère pour perdre le contrôle maintenant. « Tu es pitoyable, tu sais ! Je ne peux pas croire que je t'aie encouragé. Mais contrairement à toi, Servilus j'ai toute intention d'accepter la responsabilité de mes propres actions. Je vais chercher Mel, peu importe ce que peut dire Dumbledore. »
Impassible, Severus fixa l'autre homme pendant un moment avant de ranger sa baguette, comme à regrets. « Nous allons la chercher. » Il tendit la main. « On fait une trêve. »
Remus le dévisagea avec suspicion avant de serrer la main tendue. « On fait une trêve, » confirma-t-il.
La main de Lupin avait à peine saisi la sienne que Severus l'écartait. Il y avait parfois des blessures trop profondes pour guérir. Il n'y aurait jamais d'amitié entre les deux hommes, mais si Severus avait su mettre de côté son aversion pour travailler avec Lupin sur des choses moins importantes que de retrouver Mel (l'exemple le plus flagrant étant la Potion Tue-Loup), il pouvait certainement le faire à nouveau pour elle.
Dans les mois qui suivirent, Severus, avec l'aide de Lupin, chercha partout la trace de Mel. A chacun de leurs échecs, une petite partie de son espoir mourait, et il passait sa colère et sa frustration sur Lupin. Finalement, tout espoir finirait par l'abandonner, et il romprait toute relation avec le loup-garou, revenant au contraire à son ressentiment d'enfant à l'encontre de l'autre homme. L'obscurité l'envelopperait, et Severus commencerait la transformation finale qui ferait de lui l'homme amer et cruel que Poudlard connaît aujourd'hui.
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Hermione atterrit peu gracieusement sur le sol dur, et tâtonna pour se relever. Elle fit la grimace en sentant les nerfs de son dos, qui en avaient pris un coup, protester contre ce mouvement rapide. Elle jeta un regard autour d'elle, et son sang se glaça quand elle reconnut l'endroit où elle était. Devant elle, dans le brouillard épais, se dessinaient les contours de centaines de pierres tombales usées par les éléments. Observant nerveusement les lieux, elle remarqua un if solitaire, et les murs en ruines d'une église sur sa gauche. Plus loin, à une certaine distance sur sa droite, elle voyait une colline au sommet de laquelle se tenait une vieille maison à l'allure imposante. Hermione se dit distraitement que c'était le décor idéal pour un film d'horreur moldu.
Elle commença à marcher rapidement, ses chaussures donnant des coups dans des piles de pierres et d'éclats de ciment de taille variée. Hermione se fit la réflexion, sans s'arrêter de marcher, qu'il avait dû y avoir un duel à cet endroit, parce que les débris au sol ressemblaient à des restes de pierres tombales brisées. La robe du soir qu'elle avait portée pendant la plus grande partie de la soirée se prit dans les branches mortes d'un buisson, et Hermione maudit son manque de prévoyance. Elle aurait dû aller se mettre quelque chose de plus pratique au moment où elle était revenue à Poudlard. Dommage pour la vigilance constante. Fol Œil aurait été déçu.
Un rire maniaque s'éleva dans l'air froid et épais, donnant à Hermione la chair de poule. Elle se douta qu'il se passait quelque chose. Elle sortit sa baguette pour la énième fois ce soir, et continua à progresser prudemment dans le cimetière, en direction du bruit. Un cri de douleur suivit le rire. Hermione serra sa baguette un peu plus fort. La nuit noire, un cimetière lugubre, un rire maniaque, et des cris : c'était définitivement le cauchemar de quelqu'un devenu réalité. Hermione était persuadée que c'étaient les voix qu'elle n'avait pas arrêté d'entendre encore et encore dans sa tête. Dans ce cas, ça signifiait probablement qu'elle était là pour aider la personne qui en avait besoin. Plissant les yeux, elle essaya de distinguer les deux silhouettes qui se détachaient lentement devant elle. Avançant autant qu'elle l'osa, Hermione s'accroupit derrière une pierre tombale particulièrement haute.
« C'est ton tour, » lança une voix féminine. Elle parlait d'un ton las, mais Hermione pouvait percevoir une pointe d'excitation, et presque de folie dans cette voix. Elle plissa les sourcils, concentrée. Elle avait déjà entendu cette voix quelque part, avant, mais où ?
« Je suis fatigué, Bellatrix, » répondit une voix qu'elle reconnut pour celle de Malefoy. Hermione siffla entre ses dents, reconnaissant finalement qui ils étaient, et laissant échapper une respiration qu'elle n'avait pas eu conscience de retenir alors qu'elle avait commencé à les espionner.
Les deux Mangemorts se retournèrent vivement. « Qui est-là ? » demanda sèchement Bellatrix Lestrange.
Hermione se mordit la lèvre et se reprocha son manque de contrôle. En annonçant sa présence, elle avait rendu les choses infiniment plus compliquées. Bougeant lentement, elle prit le parti de balayer du regard les alentours de sa cachette. Les Mangemorts n'avaient pas bougé, mais ils tournaient rapidement la tête. Hermione était soulagée : ils ne l'avaient pas encore localisée. Au diable pour la vigilance constante, se dit Hermione. Elle ne pouvait pas laisser deux Mangemorts la rechercher comme ça. Si elle faisait attention, elle pourrait toucher l'un d'entre eux sans que le second ne soit capable de déterminer où elle était. Hermione passa prudemment la tête par dessus la pierre tombale, et vit qu'une des silhouettes s'éloignait. Elle pointa sa baguette vers la seconde silhouette sombre. « Stupefix, » murmura-t-elle, et elle entendit un bruit sourd quand le corps tomba au sol. Qui était-elle parvenue à toucher ?
Une seconde plus tard, un sort vola dans sa direction, et détruisit la pierre tombale derrière laquelle elle se cachait. Hermione se jeta hors du trajet des débris de l'explosion, et roula sur elle-même pour aller se mettre à l'abri derrière une autre stèle. Elle dût à nouveau se sauver en courant quand un autre sort la suivit. Et merde ! Qui qu'il soit, celui qu'elle n'avait pas mis hors d'état de nuire avait réussi à la repérer. Hermione esquiva et courut, jusqu'à ce que finalement elle trouve refuge derrière une autre pierre tombale.
Les attaques cessèrent, et Hermione reprit son souffle à grandes goulées.
« Qui que vous soyez, sortez de là et venez vous battre comme un homme, » lança Malefoy d'un ton las.
« Mais oui, c'est ça, » marmonna Hermione entre ses dents. « J'aimerais autant sortir vivante de ce traquenard, merci bien. » Elle resta à l'endroit où elle était.
« J'imagine que vous êtes venu dans une mission de sauvetage ? » continua Malefoy. « Dans ce cas, je vous suggère d'arrêter de vous cacher, et de commencer à sauver un peu. L'espèce de vermisseau inutile qui se tord au sol est sur le point de mourir, et j'aimerais autant qu'il survive, ne serait-ce que pour pouvoir le faire souffrir à nouveau. Sortez de là et venez donc en finir une bonne fois pour toutes. »
Hermione savait qu'il avait raison. Elle pouvait esquiver les sorts pendant toute la nuit, mais la personne blessée, qui qu'elle soit, mourrait sûrement. Il fallait qu'elle essaie d'arrêter Malefoy, et avec un peu de chance, qu'elle parvienne à rester en vie en faisant ça. Elle se reprit, et rassembla tout son courage comme les lambeaux d'un manteau. Se précipitant hors de la protection de la pierre tombale, elle lança un sort en direction du Mangemort.
Son sort ne toucha que le bras gauche de Malefoy, mais ce fut suffisant pour le distraire. Hermione courait vers Malefoy, devinant que la victime devait être étendue dans cette direction générale. « Impedimenta ! » s'écria-t-elle, mais son sort fut bloqué par un bouclier lancé à la hâte. Hermione s'arrêta devant le sorcier dans un dérapage, et pointa sa baguette sur lui. « Salut Malefoy, » salua-t-elle calmement.
Lucius Malefoy fronça les sourcils, essayant de se remémorer le visage étrangement familier de la jeune femme qui se tenait devant lui. Elle était vêtue d'une robe rouge souillée qui était passée de mode des années auparavant. Ses yeux bleus parsemés d'éclats verts, brillaient d'un feu dangereux derrière une paire de lunettes. Son cou était orné d'un collier ouvragé qu'il était certain d'avoir déjà vu quelque part. Lucius ne savait pas qui pouvait être cette femme, et il n'aimait pas cette incertitude.
« Qui êtes-vous ? » demanda-t-il, sèchement. Son bras blessé envoyait des vagues de douleur jusque son torse, mais la baguette qui demeurait pointée vers Hermione ne tremblait pas. Une goutte de sang tomba au sol.
Hermione était confuse. Il ne la reconnaissait pas ? L'homme qui avait essayé de la mettre sous Imperium ne savait pas qui elle était ? Mais qu'est-ce qui se passait ? La demi-seconde pendant laquelle son attention s'égara se révéla une demi-seconde de trop. Malefoy cria un nouveau sort, et Hermione eut à peine le temps de se défendre d'un Protego. Elle aperçut une masse sombre derrière Malefoy, et plongea vers elle, renversant le sorcier blond dans la manœuvre, et tombant au sol avec lui. Hermione enfonça sa baguette sur le torse de Malefoy, et hurla le sortilège d'Expulsion. Elle fut un peu soulagée quand elle sentit que le corps s'élevait dans les airs, et l'entendit atterrir pas très loin derrière elle. Ensuite, elle pointa sa baguette vers la silhouette inconsciente, l'Attirant à elle d'un sort. Le corps lourd s'éleva dans les airs, et la fit retomber au sol. Derrière elle, elle pouvait entendre Malefoy qui se relevait. Hermione chercha frénétiquement la main de la personne inconsciente, et la plaça contre le collier qu'elle portait toujours, prêtant attention à ce que ses propres doigts touchent le collier tout en maintenant la main contre lui. Elle entendit Malefoy lancer un autre sort inconnu, qu'elle sentit voler vers elle. Pointant sa baguette vers le collier que Severus lui avait donné, elle hurla « Portus ! »
Tout arriva en même temps. Elle sentit son nombril attiré en avant au moment où le sort de Malefoy l'atteignait et lui frôlait le mollet. La douleur se propagea plus haut en elle, et Hermione laissa échapper un cri de douleur. Elle raffermit sa prise sur le corps inconscient alors que les couleurs commençaient à se mélanger devant elle, l'emportant dans un tourbillon familier.
Une seconde s'écoula qui dura une éternité avant qu'Hermione ne retombe violemment au sol. Ouvrant les yeux, sa vision floue lui laissa cependant distinguer les contours du château de Poudlard. Se sentant extrêmement soulagée, Hermione leva sa baguette vers le ciel, et lança un dernier sort avant de se laisser retomber dans les herbes hautes et de sombrer dans l'inconscience.
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Le cimetière était curieusement silencieux après le combat. Lucius Malefoy épousseta ses robes de la main et alla s'occuper de Bellatrix. Le Seigneur des Ténèbres devrait être informé de ce qui venait de se passer, et Lucius avait des sueurs froides à l'idée de ce que son maître leur infligerait comme punition. La femme lui rappelait quelqu'un qu'il avait connu, mais il aurait été incapable, même au prix de sa vie, de se souvenir de qui elle était. Alors qu'il aidait une Bellatrix toujours sonnée à se relever, il se dit que tant qu'il n'aurait pas d'informations, il n'avait qu'à admettre sa défaite pour le moment. Mais peu importait le temps que ça lui prendrait, il s'assurerait que cette femme mystérieuse paie un jour pour son humiliation, en recevant l'ire d'un Malefoy dans toute son ampleur.
