Titre : Le reflet des pétales au creux de tes iris
Disclaimer : Tout est à JKR
Rating : M / NC 17
Paring : Harry/Draco
Résumé : UA. C'est une histoire de fleurs, une histoire entre deux hommes que rien ne destinait à se rencontrer. Mais la vie est faite de surprises. Agréables ou non, chacun les prend à sa manière. Alors quand Draco Malfoy décide de s'emparer de cette rencontre avec cet homme, Harry Potter, tandis que ce dernier est balancé entre son passé et l'avenir qui se dessine, il est bien difficile de savoir ce qu'il va se passer. Surtout quand l'un a tout pouvoir sur l'autre…
J'ai l'impression que cette fic ne vous plait pas vraiment, vu le nombre de visites et de reviews. Alors comme je travaille à nouveau (avec de grosses journées en plus), je me demande vraiment si je vais continuer à écrire cette fic et à la poster ici.
Gentiane
Je ne vois que du mépris dans son regard
DRACO
Je les déteste. Ces moulures au plafond. Ces dessins étranges et difformes. C'est bien trop vieillot. On est au XXIème siècle quand même ! Vraiment, je les déteste. Je les exècre.
Un nuage de fumée toxique brouille ma vue l'espace d'une seconde, le temps d'une expiration. Le temps d'un souvenir flou. Cigarette entre les doigts, je me perds dans ma contemplation rempli de dégoût. Ils avaient d'étranges goûts dans le temps.
Une grimace se dessine sur mes lèvres alors que je sens une raie de lumière effleurer mes jambes nues. Voila que je frissonne maintenant. Pas de froid, mais la différence de température que je ressens en cet instant même n'est pas agréable. Seulement vêtu d'un sous-vêtement, seulement décoré d'une cigarette, me voila désormais paré d'un halo lumineux. Et j'ai toujours les pupilles fixées sur ce plafond écœurant. Et j'ai toujours cette répugnante envie de vomir.
Je crois entendre mon nom quelque part. Peut-être au loin. Ou alors trop proche pour mon bien. Je ne sais pas. Et ne veux pas savoir pour tout avouer. Parce que seules ces immondes arabesques au-dessus de ma tête comptent. Alors je porte ma main à ma bouche pour la énième fois depuis que je suis assis dans ce fauteuil.
Une nouvelle inspiration, une nouvelle bouffée de suicide et je continue de plonger dans cette exécration qui s'empare de moi depuis que je suis levé.
Apnée. Suspend. Figé. Et puis de nouveau ce voile grisâtre qui vient embrasser mes joues et dépose ses molécules de mort au bord de mes cils volages. Ma main droite pend lamentablement le long du fauteuil et des cendres s'échouent sur le sol. Vestige, cadavre de mes émotions.
J'entends déjà les remontrances.
Sauf que je fais le sourd. Je suis passé maître depuis des années. Rien ne vaut l'expérience du terrain comme dirait Blaise.
Décidemment, ces moulures sont hideuses. Mais je n'arrive pas à m'en décrocher. Probablement parce qu'elles me rappellent un peu trop…
- Draco, si tu n'es pas levé je te jure que… ! hurle une voix féminine et bien connue, juste après avoir poussé la porte de ma chambre sans douceur.
Voila qu'on m'appelle et qu'on me remontrance. Je le savais. Sauf que je ne m'attendais à ce que soit elle. Pansy Parkinson, meilleure amie et confidente.
- Qu'est-ce tu fais ? me demande-t-elle en penchant la tête sur le côté.
Je porte une nouvelle fois ce poison volage à mes lèvres et tire dessus comme un fou. Je ne bouge pas, le regard toujours rivé sur le plafond.
- T'aurais pas maigri ? continue Pansy en se rapprochant de moi.
Je souffle doucement, évacuant la fumée de mes poumons, crachant quelques secondes de ma vie avec une certaine jubilation. La vie ne tient pas à grand chose. N'importe qui peut mourir demain. Pansy, mon père, Blaise. Moi. Ou elle. Celle qui m'empêche de détourner le regard de cette rosace, celle qui m'a emprisonné enfant dans ces volutes imaginaires.
- Draco.
Seuls mes iris bougent légèrement dans leur orbite et je vois mon amie debout, à côté de moi, les bras croisés sur sa poitrine et les lèvres pincées. Trois. Deux. Un.
Impact.
Ça brûle. Mais au moins je ne vois plus le plafond. Je ne suis plus accroché à ces souvenirs puérils. Rien ne vaut une bonne gifle pour me remettre les idées en place. Alors que je me redresse dans mon fauteuil et passe une main dans mes cheveux, Pansy m'arrache ma cigarette des mains et l'écrase d'un coup sec dans le cendrier posé non loin.
- T'es avec moi ?
- Plus depuis que tu as rompu nos fiançailles il y a des années de cela, je réplique en étirant faiblement mes lèvres.
- Et quelle sage décision j'ai prise ce jour là.
Je me lève et m'étire tout en faisant craquer mon dos. Sauf que ce genre de mouvement provoque en moi un mal que j'avais oublié. Les dents serrées, je me replie sur moi-même et porte mes mains à mon ventre.
- Idiot.
- Je confirme, me nargue Pansy. Tu vas rouvrir la plaie si tu ne fais pas attention.
Je lui tire la langue alors que je me dirige vers ma salle de bain, attrapant au passage mon portable.
- T'es là pour quoi au fait ? je demande en m'attardant au niveau de la porte.
- Repas au Red Leaf, finalisation de la liste des invités et… Ah oui ! Ton médecin vient te voir à 17 heures.
- On ira acheter des fleurs aussi.
Le silence. Elle sait très bien de quoi je parle.
- Si tu y tiens, soupire-t-elle en haussant les épaules alors que je ferme la porte de la salle de bain.
Enfin seul, j'allume les enceintes et y connecte mon téléphone. Le son à fond, les basses fracassant le carrelage, je retire mon boxer et me glisse sous le jet d'eau chaude. RED résonne dans mes tympans et les maltraite avec une mélancolie non feinte. Le visage tourné vers le jet, les yeux clos, la bouche entrouverte, je laisse l'eau ruisseler sur mon corps, l'effleurer, le griffer, le marquer au fer rouge et effacer toutes mes erreurs passées. Juste l'espace d'un instant, juste l'espace d'un cri.
- NOW !
Le souffle court, je rouvre les yeux et reprends pied avec la réalité. Je ne dois pas me laisser envahir par ces émotions. Il y a Pansy qui m'attend de l'autre côté. Et je sais que si je prends trop mon temps, la sentence sera terrible.
Alors j'attrape mon savon et commence à me laver. Lorsque j'arrive au niveau du pansement que j'ai oublié de retirer, je grimace quelque peu. La cicatrisation avance bien, mais c'est encore très sensible. En tout cas, cet homme chopé à la volée au détour d'une ruelle a fait du bon boulot selon les dires de mon médecin. Même en prenant des risques inconsidérés j'arrive en m'en sortir et avec le sourire qui plus est. Que faut-il donc que je fasse pour ne plus ressentir ce sentiment qui me ronge depuis trois ans ?
Une quinzaine de minutes plus tard, je finis par sortir de la salle de bain, une serviette autour de la taille et le corps encore légèrement humide.
- Tu l'as refait tout seul ? s'étonne Pansy en fixant le pansement.
J'hausse les épaules et me dirige vers mon armoire pour en sortir des habits propres.
- Tu as bien nettoyé au moins ?
Je me retourne vers elle et lui lance un regard noir. Cette fois, elle va trop loin.
- Pardon, dit-elle en se pinçant les lèvres.
Autrefois, j'aimais bien son côté maternant. Mais aujourd'hui, tout est différent et je ne le supporte plus.
.
oOo
.
Je pousse la porte de la boutique, provoquant un carillon que je connais trop bien. Derrière moi, Pansy est silencieuse. Comme à chaque fois. Sa discrétion me rassure.
Autour de moi, des milliers de couleurs et de senteurs me parviennent. Et c'est limite écœurant. Une main contre ma bouche et mon nez, je m'avance vers le comptoir où se trouve une jeune fille.
- Bonjour Monsieur. Que puis-je pour vous ? me demande-t-elle avec, il me semble, un sourire aimable.
- Monsieur Malfoy, je réponds sèchement.
- Enchantée. Est-ce que je peux vous aider ?
Je plonge mon regard dans le sien. Qu'est-ce qu'elle attend pour me donner ce que je désire ? Je ne vais pas patienter pendant trois heures qu'elle se décide. Sauf qu'il semble qu'elle ne comprenne pas réellement qui je suis et ce que je veux.
- Oh ! s'exclame une voix plus adulte non loin. Monsieur Malfoy. Je vous amène tout de suite vos fleurs.
La jeune fille en face de moi détourne le regard, gênée. Je crois que mon comportement la dérange. Et je m'en moque bien.
- Voila, voila, dit la propriétaire de la boutique. Des cinéraires blanches avec des tussilages, sept lys blanc et quelques chrysanthèmes. Cela vous convient-il ?
- Parfait. Comme d'habitude.
- C'est tout à fait normal Monsieur Malfoy. Je vous souhaite une bonne journée.
- Merci. De même.
- Au revoir.
Je quitte la boutique, mon bouquet dans les bras. Direction la voiture de Pansy pour ensuite se rendre au cimetière. C'est comme ça chaque semaine, chaque lundi. Je vais chez cette fleuriste où m'attend un bouquet préparé avec soin et précision, comme demandé. Les fleurs sont souvent les mêmes… pour ne pas oublier. Un peu comme pour garder la cicatrice rouge et brûlante de ce jour. Il y a trois ans…
La voiture vrombit légèrement et file, direction le cimetière Kensal. Une vingtaine de minutes plus tard, me voila, arpentant les allées du cimetière. Je passe devant des statues, anges aux ailes repliées et priant, saints gravés dans la pierre pour l'éternité.
Allée 79.
Mes pas ralentissent et mes doigts serrent les tiges des fleurs. Je ne m'y fais toujours pas.
Mon regard est déjà posé sur sa tombe. En même temps, il est difficile de la rater. C'est une immense bâtisse avec des colonnes finement ciselées de gravures, des arabesques aux volutes célestes et divines et des anges sculptés à même le marbre. Le temple des Malfoy comme beaucoup le nomment. Un immense hêtre surplombe le tout comme pour protéger les défunts. Et j'espère sincèrement que c'est ce qu'il fait. Même si je ne suis plus un petit enfant, j'ai encore envie d'y croire.
Et me voila devant l'entrée. Me voila devant elle. Je prends une grande inspiration et monte les quelques marches qui mènent à sa sépulture. Puis, une fois devant son nom gravé, je dépose mon présent avec délicatesse. Comme à chaque fois, je lis les quelques mots gravés.
Narcissa Malfoy. 03.10.1955 – 18.02.2003. Epouse et mère dévouée.
C'est tout. Rien de plus. Mon père ne fait pas dans les fioritures. Pourquoi le ferait-il de toute façon ? Il n'a même pas réagit quand elle a rendu son dernier souffle.
- Comme vous le voyez, c'est encore difficile pour moi, même après ces quelques années, je murmure. Les cinéraires sont vraiment belles aujourd'hui.
Je m'humecte les lèvres et regardent les autres fleurs.
- Je continue de vous rendre justice Mère. Les tussilages en sont la preuve. Je suis persuadé que ma façon de faire ne vous plait guère, mais c'est la seule que j'ai trouvée. Alors pardon. Pardon de continuer à vous voir comme un lys blanc. Pardon de ne cesser de vous aimer.
Je laisse une larme couler le long de ma joue, effleurer la commissure de mes lèvres et chuter de mon menton pour s'écraser un mètre plus bas, à mes pieds. Elle me manque. Horriblement.
Après un dernier regard sur son nom, je quitte le monument et rejoins Pansy, quelques mètres plus loin, qui m'attend avec ce sourire qui me réchauffe un peu l'âme. Nous pouvons rentrer au manoir.
Une demi-heure plus tard, nous sommes arrivés. Après avoir déposé nos affaires dans le vestibule, nous nous dirigeons vers ma chambre. Pansy est juste devant moi et commence déjà à monter l'escalier. Je commence à la suivre, quand un j'entends mon nom être crié.
- Draco !
Je me fige, la main au-dessus de la rambarde, le corps légèrement penché en avant, le pied au bord de la marche. Devant moi, Pansy se retourne et me questionne du regard. Je lui fais un signe de tête lui indiquant qu'elle peut monter sans moi. Elle acquiesce et s'exécute alors que moi je redescends les quelques marches gravies et me dirige vers le bureau de mon père.
J'ai déjà les mains moites et le gorge sèche. Son ton n'était pas des plus amicaux. Et puis, de toute façon, je n'ai jamais été en bons termes avec lui. Je n'ai toujours été que l'héritier obligé, le fils non désiré. Il ne voulait pas d'enfant. Mais son père l'a forcé. Sans héritier, pas d'héritage non plus. Voila toute l'histoire de ma naissance. On est bien loin du schéma idyllique des parents aimants et désirants avec ardeur un petit être, reflet d'eux. Et puis les années ont passés et l'homme que je suis devenu ne correspond pas à ses critères de toute façon.
- Entre, m'ordonne-t-il.
Sa voix est déjà dure de réprimandes. Que va-t-il me reprocher cette fois-ci ? Droit comme un piquet, les mains croisées derrière mon dos, j'attends la suite. Lui est assis derrière son bureau, le visage penché sur des documents et je n'ai droit à aucun regard de sa part. Pourquoi prendrait-il cette peine ? Et puis je sais très bien que seul le mépris abrite ses iris en cet instant même. Je suis et resterai sa plus grande honte. Sa plus grande déception. Celle qu'il ne pourra jamais effacer, taire ou faire oublier.
- Tu peux m'expliquer ça ? dit-il tout en poussant des photos en ma direction.
Je jette un rapide coup d'œil aux clichés. On peut me voir au bras de deux hommes, l'air niais et avec une main déjà sur mon entrejambe. Je crois que ça date d'il y a une bonne semaine. J'avoue ne pas me souvenir de tout, mais je me rappelle m'être réveillé chez le type qui m'embrasse sans retenu sur une autre photo.
- Je prends du bon temps, je réplique avec cette arrogance que je lui réserve.
Un silence s'ensuit, chargé de tensions. Les poings de mon père se crispent et son corps tremble légèrement. Il est en colère. Très en colère même.
- Ne t'avais-je pas demandé de cesser d'être aussi insolent avec moi !? crie-t-il d'un seul coup en se redressant.
Je recule d'un pas, craignant que sa fureur ne m'atteigne physiquement. Ce ne serait pas la première fois que sa rage me marquerait au fer rouge.
- J'ai encore dû payer une fortune pour que ces photos ne paraissent pas dans les journaux et qu'ils taisent tes activités de débauche. Quand grandiras-tu ? Tu me dégoûte tellement, finit en grimaçant, les iris remplis de mépris.
Voila tout ce que je représente à ses yeux.
- Tu me fais honte, poursuit-il en me tournant le dos.
- Si cela vous dérange tant, laissez-moi assumer mes frasques.
- Pour que tu salisses le nom des Malfoy !? Jamais ! Je me demande encore ce qui me retient de ne pas te déshériter et te virer de cette maison.
- Mère, je réponds avec un peu tristesse dans la voix.
En un éclair, il se retrouve devant moi, ses pupilles tremblantes de rage ancrées aux miennes.
- Ne parle pas d'elle en ma présence, me crache-t-il au visage.
- Pourquoi ? Ce n'est pas moi qui suis à blâmer.
Sans préavis, sa main s'abat brusquement sur ma joue. La douleur est cuisante et humiliante. Mais je ne capitulerai pas face à lui. Il a peut-être une horde de sous-fifres à ses ordres, des dizaines de gens qui dépendent de son bon vouloir, mais moi… jamais il n'aura un tel pouvoir sur moi. Si je vis encore ici, dans cette demeure, c'est simplement parce que ma mère me l'a demandé. Tant que je n'aurai pas trouvé un vrai but dans ma vie, je me dois de rester aux côtés de mon père. C'est sa dernière volonté. Que nous restions une famille. Et je la respecterai, même si cela me fait souffrir. Parce qu'elle a toujours été et restera la seule et unique femme de ma vie. La seule que j'aime plus que ma propre vie.
Quant à mon père, il n'a pas le droit de me virer d'ici, sous peine de voir disparaitre une partie de son empire, celui dont il a pleinement hérité lors du décès de ma mère. Alors si je peux encore le faire chier, l'emmerder en prenant du bon temps, je ne vais pas me gêner. Qu'il aille se faire foutre, j'aie envie de lui dire. Mais je me retiens car ma mère n'approuverait pas de tels mots à son égard. Et puis, dans un sens, se serait lui accorder trop d'importance. Lui, le meurtrier aux mains blanches de ma mère.
- Disparait, lance-t-il en retournant derrière son bureau où trônent fièrement quelques gentianes stabilisées, parfaites description de ses sentiments à mon égard.
La discussion est close.
C'est donc avec une envie de lui rendre ses coups au bord des poings que je sors de cette pièce et me dirige vers ma chambre où je sais que m'attend de quoi m'apaiser. Les dents serrées, retenant le cri qui me lacère la gorge, je monte les marches menant à l'aile est. A peine la porte ma chambre se referme-t-elle derrière moi que je lâche un juron avec une certaine retenue.
- Pourriture !
Pansy me dévisage avec une certaine appréhension. Elle sait très bien que mes rencontres avec mon père me font plus de mal que de bien. Et il n'est pas rare que la colère s'empare de moi une fois que je l'ai quitté. Sauf quand je remplace ce sentiment de haine par un autre, plus euphorique.
Les mains tremblantes, je fouille dans ma commode et finis par en ressortir un petit sachet au contenu blanc et illicite. Sans attendre, je dépose une petite et fine ligne sur le meuble et la sniffe. Au même moment, j'entends Pansy grogner et marmonner.
- Si tu oublies quelqu'un ou fais la connerie d'inviter celui qu'il ne faut pas, tu ne pourras t'en prendre qu'à toi-même.
Je m'assois en face d'elle, un léger sourire sur les lèvres. Les effets de l'héroïne sont immédiats. J'ai déjà oublié mon père et ses iris. Je crois même que tous mes soucis se sont envolés. Piouf, disparus.
- Alors j'ai commencé à dresser la liste des invités. J'ai noté ceux dont l'évidence n'est même pas discutable. Mais il y en a beaucoup où j'ai besoin de ton avis.
Je laisse ma tête reposer en arrière et ferme les yeux pour ne pas voir le plafond.
- Laisse-moi juste le temps de reprendre mon souffle.
- Je vais demander à Dobby de nous faire du café. Et bien noir. Quand je reviens, tu as intérêt à être opérationnel si tu tiens à ta vie.
Je lui fais un signe de main, indiquant que j'ai bien compris, tandis que mon corps plonge dans les nuages blancs et purs qui m'effleurent la peau. Je suis en train de faire le plein d'oxygène céleste. J'ai déjà le cerveau qui se repaît de ces molécules divines. Je frôle le paradis…
Lorsque Pansy réapparait, Dobby derrière elle, les mains chargées d'un plateau fumant et sentant le café, je suis encore perdu dans les limbes des cieux. J'entrouvre un œil et vois Dobby poser son fardeau sur la table basse, juste avant de disparaître avec une discrétion qui me surprend encore.
- Tu es revenu ou pas encore ? me demande Pansy tout en se servant une tasse de café avec un sucre.
- Encore un peu, je marmonne, incapable de faire plus.
- Tu sais que cette réception compte beaucoup pour ton père.
- M'en branle, je grogne.
- Et c'est toi-même qui t'es proposé pour l'organiser.
- J'ai été bien con, je soupire.
- Pour ne pas changer. Enfin… Bon, j'ai déjà listé tous les actionnaires des différentes entreprises. Eux, c'est obligé. Les parents de Blaise et les miens. Les Goyle et les Crabbe aussi. Ensuite, il y a le maire et son épouse. Marina est tellement…
Je me racle la gorge, me moquant bien de la relation qu'elle entretient avec la femme du maire.
- Pardon. Je pensais qu'on pouvait inviter quelques célébrités.
- Lovegood ? je propose.
- Hein ? Tu es sûr ? Elle ne risque pas…
- Elle mettra un peu d'animation au moins, je rigole en me redressant afin d'attraper une tasse de café. Et puis, elle est très en vogue en ce moment. Nombreux aiment ses toiles.
Un peu comme cet homme brun aux yeux verts qui m'a sauvé il y a une semaine de ça.
- Bien. Je note. Dans ce cas, moi j'aimerai bien que Johnny Blueeyes vienne.
Je lève un sourcil face à cette demande un peu incongrue. Est-ce qu'elle se moque de moi ? Sauf que le sérieux qui se peint sur son visage m'indique que ce n'est pas le cas.
- Si ça peut te faire plaisir, dis-je en haussant les épaules.
Un immense sourire vient illuminer son visage.
- J'espère que ton père ne prendra pas leur invitation pour un énième affront de ta part.
- Ça changerait quoi ? Je ne suis qu'une erreur pour lui. Quoi que je fasse, rien n'est jamais assez bien. Alors je fais ce que je veux désormais.
- Je pensais qu'on pouvait inviter les associations à qui vous donner de l'argent. La Women's Community House par exemple.
J'hoche de la tête.
- Mets autant de personnes que tu peux. En touchant le milieu de la politique, de l'art, de show-biz, de l'humanitaire, et cetera, mon père n'en sera que ravi. Tant qu'il gagne de l'argent. Et quand les gens sont contents, ils dépensent plus facilement.
- Bien, note Pansy. Des personnages en particulier encore ou c'est bon ?
Je me pince les lèvres, cherchant qui d'important j'aurai pu oublier. Tout en reposant ma tasse de café vide, la ceinture de mon pantalon me rentre dans la peau et touche ma blessure à l'abdomen. Merde ! Ça fait mal. Mais cette douleur, probablement combinée aux effets de l'héroïne, me fait subitement penser à quelqu'un.
- Si.
- Mmh ?
- De l'hôpital Sainte-Mary. Outre le directeur et son comité, j'ai bien quelqu'un en tête.
- Qui ça ? me questionne mon amie en se penchant en avant, très curieuse d'en savoir plus.
- C'est un médecin. Harry Potter.
Finalement, nous serons peut-être amenés à nous revoir.
A suivre...
Comment ça je torture mes personnages ? Mais nooooon ! Bon un peu peut-être...
Alors comment vous trouvez ce chapitre centré sur Draco ? Ce que vous avez appris vous plait-il ?
Envie de frapper quelqu'un ? Oui, moi aussi. Quel connard son père.
La suite... je ne sais pas, on verra.
