Merci à Polypocket, Eileen19, béatrice, Claire Rogue, Serelia, Cocochon, Guest et Miss-svetlana-black pour vos reviews...

Bonne lecture.

Bye.


Chapitre 4

Hermione tournait de nouveau en rond dans les cachots, elle commençait à véritablement haïr cet endroit. Elle avait quitté Snape sans un au revoir et sans un remerciement. Depuis, elle cherchait la sortie sans grand résultat. Elle se sentait un peu mal d'avoir réagi ainsi, sans vraiment réfléchir... Mais elle n'avait pas le choix. 'Je dois faire ce qui doit être fait' se répétait-elle comme un leitmotiv. Il ne devait pas savoir, il ne devait pas connaitre l'ampleur que cette affaire, qui aurait pu être simple dès le début, avait prise dans son esprit. C'était devenu sa guerre, sa lutte personnelle. Son nouveau but était de faire payer Ombrage et elle ne voulait pas voir quiconque interférer dans sa pseudo vengeance. Et puis, de quoi aurait-elle l'air si elle venait se plaindre pour une égratignure à un homme qui espionnait Voldemort? Elle aurait l'air pathétique... La Griffondore ne voulait plus être considérée comme une gamine, encore moins par les membres de l'Ordre du Phœnix.

Elle avait décidé de jouer son rôle, de prendre part à la guerre. Plus elle y réfléchissait, plus elle réalisait qu'elle était vraiment heureuse du rôle que Snape et Dumbledore lui proposait de jouer. Certes, ce n'était pas grand-chose mais si elle pouvait contribuer à l'effort de la guerre, elle leur en serait vraiment reconnaissante.

C'est pourquoi elle ne pouvait pas allée se plaindre pour un peu de sang sur la main. En plus, s'ils découvraient ce qu'elle cachait elle aurait l'air ridicule. Et même s'ils prenaient cela au sérieux -la Sous-Secrétaire d'Etat torturant des élèves ce n'est pas rien après tout!- que pourraient-ils y faire? Ni le Directeur ni Poudlard, et encore moins Snape, n'étaient dans les bonnes grâces du Ministère en ce moment. Fudge fermerait les yeux sur cette affaire. Surtout que les victimes n'étaient autres que le Survivant et sa meilleure amie sang-de-bourbe... Or, toute la population sorcière était au courant de l'opinion qu'avait le Ministre du jeune homme actuellement.

Harry.

Elle n'était pas seule dans cette histoire, elle se devait de le protéger comme lui l'avait fait pour elle à de trop nombreuses occasions. Si son nom ressortait de cette affaire elle savait qu'il en souffrirait, et Merlin sait que sa courte vie avait été jalonné de bien trop de souffrances, qu'elles soient physiques ou mentales. Si quelqu'un l'apprenait son nom serait trainait dans la boue et elle ne le permettrait pas. Ombrage et Fudge pourraient lui faire bien plus de mal qu'ils n'en faisaient déjà.

Elle reconnaissait tout de même que prendre ainsi la fuite ne reflétait pas vraiment son prétendu courage tout Griffondorien. Mais elle avait paniqué... Quand Snape avait saisi sa main elle avait vu poindre le danger. Et c'était Snape! Même si elle le voulait, pourquoi l'aurait-il aidé elle ? Depuis cinq ans qu'elle le côtoyé elle n'avait jamais vu en lui ne serait-ce qu'une once de compassion…
Non. Plus elle y réfléchissait, moins elle regrettait d'être partie sans crier garde. Hermione se doutait bien que l'homme lui ferait amèrement regretter son comportement la prochaine fois qu'ils auraient l'occasion de se rencontrer, et elle n'était pas vraiment fière d'elle d'avoir fuis de la sorte... Mais là tout de suite elle n'en avait cure. Bien trop préoccupé à mettre le plus de distance possible entre son professeur de Potions et elle.

Avec soulagement elle aperçut enfin les escaliers menant aux étages supérieurs, qui ressemblaient d'ailleurs au Saint Graal à ses yeux. Tout en les montants pour accéder aux étages supérieurs, elle s'étonna de ne pas avoir encore croisé Malfoy dans sa nouvelle promenade nocturne. Il aurait pu lui montrer le chemin de la sortie de l'antre des Serpentards, non?
Non. Malfoy n'était pas comme ça, il n'était par le garçon à peu près gentil et serviable qu'elle avait vu il y a une heure. Il était le petit héritier Sang-Pur arrogant, méprisant et pourri gâté qu'elle avait connu pendant cinq ans.
Draco Malfoy... Voilà un nouveau problème. Elle ne comprenait pas le comportement du blond. Deux jours plus tôt il la traitait de Sang-de-bourbe et maintenant il l'aidé... Et sans rien attendre en retour qui plus est! C'était... dérangeant venant de sa part... Incohérent. Elle ne comprenait pas vraiment à quoi il jouait et n'était pas vraiment sûre de vouloir comprendre. Elle s'arrêta, un pied sur la marche et fronça les sourcils. En y réfléchissant bien, le blond ne l'avait pas attaqué en privé, et ce depuis le début de l'année, il l'insultait et la harcelé uniquement en public où ses 'amis ' Serpentards étaient là pour la railler. Dans la Grande salle, en cours ou dans les couloirs… Mais là, au milieu de la nuit où tout le monde était dans son lit en train de dormir, il s'était montré civilisé, sinon poli… Etrange…

Elle secoua la tête en continuant à gravir les marches. Malfoy n'était pas son plus gros problème actuel. Snape en revanche… Elle allait devoir passer les jours prochains avec lui et vu sa sortie spectaculaire d'il y a moins de dix minutes cela risquait de devenir problématique. A coup sûr, son professeur n'avait pas apprécié son comportement et exigerait sans aucun doute des explications. Explications qu'elle ne voulait surtout pas lui donner… Tout ça lui donné la migraine. Il allait vraiment falloir qu'elle trouve une raison crédible pour expliquer la marque sur le dos de sa main sinon une excuse pour ne pas en parler. Avec un peu de chance il se ficherait des problèmes de la Miss-je-sais-tout des Griffondors. Son comportement de ces dernières années l'avait bien prouvé d'ailleurs… Mais bizarrement elle en doutait. L'homme ne laisserait certainement pas une occasion de causer des problèmes à une élève de sa Maison rivale. Et certainement d'utiliser ses petits secrets contre elle…

Soupirant bruyamment, elle arriva devant le portrait de la Grosse Dame. Toutes ces histoires commençaient à véritablement la fatiguer. Elle était exténuée par la semaine qu'elle venait de passer et Snape et Malfoy n'arrangeaient rien. Ils venaient se greffer au problème déjà important qu'est Ombrage. Sans compter l'heure qu'Hermione venait de passer à brasser des potions avec la présence plus que stressante du Directeur des Serpentards. Dans un soupir, elle souffla le mot de passe et entra dans la Salle Commune dès que le tableau eut fini de pivoter. Son regard s'arrêta sur les deux seules personnes encore présente dans la pièce. Ron et Harry jouant aux échecs au coin du feu… Les vieilles habitudes ont la vie dure. Apparemment son entrée fut moins discrète qu'elle ne le pensait car les deux têtes se tournèrent vers elle.

-« Hey Mione ! » dit Harry en se levant. « Pas trop dur cette retenue ? Je suppose que Snape était autant désagréable que d'habitude ? »

Elle déplora de devoir mentir aux deux personnes qu'elle considérait comme ses frères, mais inspira néanmoins pour se donner du courage.

-« Il n'a pas changé en une soirée tu sais Harry… Toujours aussi grincheux ! J'ai du récurer des chaudrons pendant toute l'heure. Faut encore que je fasse mon devoir de Métamorphose en plus… Vous l'avez fini vous ? »

Elle détourna rapidement les yeux face au regard scrutateur du brun pour se concentrer sur le roux qui continuait tranquillement la discussion. Harry ne la connaissait que trop bien, il était bien plus malin qu'il ne le laissait croire. De toute évidence il ne la croyait pas, mais pour une raison qu'elle ignorait il préférait garder le silence. Elle lui en était reconnaissante. De plus, le changement de sujet plus ou moins subtil qu'elle avait tenté avec le devoir de Métamorphose qu'ils avaient à faire pour lundi ne semblait pas passer inaperçu à ses yeux. Elle soupira de nouveau. Visiblement elle allait devoir lui fournir une explication. Mentir. Encore.

-« ...façon c'est le weekend, on a le temps. Tu travailles trop Hermione ! » Continua le roux s'en s'apercevoir du changement d'atmosphère de la pièce.

Son sourire, bien qu'un peu crispé, était tout de même sincère. Ron ne remarqua rien, comme à son habitude. Sans même se rendre compte qu'elle coupait la parole à son ami, elle déclara d'une voix lasse qu'elle allait se coucher. Elle était crevée et les jours à venir s'annonçaient d'ores et déjà épuisants…

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Choqué. Snape était choqué. Il ne savait pas si c'était la marque sur le dos de la main de son élève ou sa fuite pour le moins spectaculaire qui le laissait dans cet état mais le résultat était là. Il était choqué.

Depuis quand la brillante Griffondore faisait preuve d'autant d'impolitesse et d'insolence à l'égard de l'un de ses professeurs ? Du professeur le plus craint de Poudlard qui plus est… Granger était partie comme ça, en courant, sans un mot ou un regard. Et ce malgré ses cris et ses questions. Il s'était égosillait la voix en lui sommant de s'arrêter et de s'expliquer –à grand renforts de menaces en tout genre bien évidemment- mais rien. Ses hurlements n'avaient eu absolument aucun impact sur son élève. Ce comportement ne ressemblait tellement pas à ce qu'il avait appris à connaitre ces dernières années de son élève qu'il resta un temps interdit. Il ne comprenait pas. Pourquoi diable avait-elle agi ainsi ?

Et puis quelle était cette cicatrice ?

'Je ne suis pas au-dessus des règles'. Cette phrase résonnait et tambourinait dans son esprit. De toute évidence la blessure était récente, il avait suffit qu'il serre un peu sa main pour que celle-ci se mette à saigner. Mais ou avait-elle pu se blesser de la sorte ? Etant donné le comportement de la jeune fille, les dessous de cette histoire devait être grave, ou gênant... Mais connaissant la Griffondore comme il la connaissait il pencherait plutôt pour la première option. Si la marque était due à un sortilège de tatouage qui avait mal tourné elle n'aurait pas réagi aussi excessivement. Et puis pourquoi se serait-elle tatouer cette phrase ? C'était stupide… Il secoua la tête pour se remettre les idées en place. Non, son résonnement était mauvais. Pour que Granger agisse ainsi c'est qu'elle ne devait certainement pas être la seule impliqué dans cette histoire. Elle était bien trop loyale et intègre. Elle était tout sauf égoïste. Ses imbéciles d'amis devaient forcement être impliqués. Après tout, depuis sa première année à Poudlard les seules fois où elle risquait sa vie ou transgressait les règles c'était pour eux. A tous les coups le fils Weasley et cet arrogant de Potter étaient mêlés à cette histoire…. Ca ne faisait aucun doute à ses yeux.

Réalisant qu'il était toujours debout devant la porte ouverte que Granger avait passée quelques minutes plus tôt, il la referma. Il vit que les ingrédients que la Griffondore avait sortis pour faire sa potion n'étaient pas rangés dû aux derniers évènements. Il entreprit de nettoyer et de ranger ce que la jeune femme avait laissé derrière elle. C'est avec consternation que Snape ramassa le couteau encore taché de sang qui était la source de tous ses ennuis de la soirée. Manifestement si elle ne s'était pas coupée le doigt en le rangeant il n'aurait jamais vu la blessure sur le dos de la main de la jeune femme. Et il ne savait pas vraiment si cela aurait été une bonne chose ou pas… D'un côté il avait une élève blessée sur les bras et qui avait un problème. D'un autre, lui-même avait suffisamment de problèmes personnels pour se préoccuper de ses petits soucis…Mais n'était-ce pas ce qu'il faisait depuis près de trois jours après tout ? Se questionner avec un peu trop d'entrain sur les potentiels ennuis de la fille ?

Grognant, il s'assit sur un des fauteuils qui faisait face à la cheminée et alluma un feu d'un Incendio. Il se servit un verre de Bourbon qu'il vida d'une traite. Depuis quand se préoccupait-il autant de ses élèves ? Non, d'une élève ! Ce qui était bien pire en fait réalisa-t-il. Le professeur de potion prit rapidement conscience que le comportement inhabituel de la Griffondore des derniers jours étaient surement lié d'une façon ou d'une autre à cette étrange marque qui trônait, comme pour provoquer sa curiosité, sur le dos de sa main. Les deux faits concordaient trop pour qu'il en soit autrement. Mais quel était l'élément déclencheur ? Qu'est-ce qui avait pu provoquer un tel chaos dans la vie de Granger ? Certes, la blessure à la main ne devait pas y être étrangère, mais comment s'était-elle fait ça ? Volontairement ? Certainement pas… Donc qui lui voudrait du mal ? De cette manière si vicieuse…

Il soupira de nouveau avec l'impression de n'avoir fait que ça depuis qu'elle était partie.

Le mystère Granger semblait s'épaissir et devenir de plus en plus compact, à son grand damne…

Peu importe décida-t-il. Granger s'était engagé à travailler avec lui pour les semaines à venir et il aurait bien le temps de la cuisiner afin de pouvoir assouvir sa curiosité croissante.

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-« Pitié ! »

-« Il en est hors de question ! »

-« Mais on va se faire tuer si on le fais pas. »

-« Justement Harry, tu dois le faire. Moi pas. Débrouillez-vous tous seuls. »

Ca faisait près d'une demi-heure que les garçons la suppliaient mais toutes leurs tentatives restèrent vaines. C'était un dimanche soir dans la Salle Commune et aucun d'eux n'avaient avancés dans leurs devoirs, et ce, dans toutes les matières. Ils enrageaient qu'Hermione n'accepte même pas de leur prêter son propre travail pour qu'ils s'aident avec. Autrement dit qu'ils copient. Et elle écumait parce que ses amis avaient préféré passé leur week-end à jouer au Quidditch sans même se soucier de sortir ne serait-ce qu'une plume. Et ô comble, ils la rendaient responsable de tous leurs malheurs. Sa patience commençait à dangereusement atteindre sa limite…

-« C'est dingue comme tu peux être égoïste Hermione ! » explosa finalement Ron. Et là, à ce moment précis, elle sut qu'il était arrivé à bout de sa patience.

-« Suffit ! » cria-t-elle, et peut être un peu trop fort si elle en jugeait par la dizaine d'élève qui s'étaient retournés vers eux, mais trop énervé pour s'arrêter, elle préféra passer ses nerfs sur le roux. « Ecoute moi bien Ronald, j'ai passé mon week-end à la bibliothèque pendant que vous deux vous vous amusiez dehors. Alors ne viens SURTOUT pas me dire que moi je suis égoïste quand vous deux vous ne vous souciez de rien. Je vous avais déjà prévenu, mais non ! Comme d'habitude vous n'en faites qu'à votre tête et c'est moi qui dois passer derrière pour réparer les pots cassés. Alors pour une fois non. Je sature, débrouillez-vous ! »

Si suite à cette tirade le roux semblait totalement révolté, Harry grimaça. Il fallait bien avouer qu'elle n'avait pas tort… Elle les avait mis en garde durant tout le week-end, leur rappelant leurs obligations scolaires, mais comme à leurs habitudes, ils avaient fait la sourde oreille. Ce manège entre eux trois durait depuis suffisamment longtemps pour que la jeune fille soit en droit de craquer. Sa réflexion fut coupé par le violent bruit qu'émis la porte du dortoir des garçons quand Ron la claqua derrière lui après être sorti de la pièce comme une furie. Il soupira de concert avec Hermione. Une dispute. Encore. Le roux semblait avoir les nerfs à fleur de peau en ce moment… Il se tourna vers Hermione qui avait replongé dans son livre une fois qu'elle avait fait fuir les curieux d'un regard noir.

-« Excuse-moi Mione… T'as raison, on abuse là. C'est simplement que la semaine a été lourde et qu'on voulait profiter du week-end, et tout ça… » Dit-il en faisant un geste de la main vers les plumes et parchemins qui trainaient sur la table. « Disons que ça nous aient sortis de la tête. » Et il espérait vraiment que ses yeux de chiens battus soient convaincants.

Elle eu un petit sourire compréhensif.

-"Je sais bien Harry... Ne t'inquiète pas. C'est juste que je suis fatiguée ces derniers temps..."

Et oui, effectivement elle était fatiguée, exténuée même. Hermione avait passé son weekend à brasser des potions pour l'Infirmerie dans le laboratoire de Snape, et rester des heures derrière un chaudron était éreintant. En plus de devoir faire ses devoirs, elle avait du passer une bonne partie de la journée à préparer des mixtures en tout genre. Elle avait du composer avec l'absence de son professeur, se contentant d'étiqueter les fioles et les laisser en évidence pour que l'homme puisse se débrouiller dès son retour.

En effet, pour son plus grand bonheur, le Maitre des Potions n'était pas apparu dans le laboratoire, ni même dans la Grande Salle aux heures des repas. Au moins n'avait-elle pas eu à lui faire face suite à sa sortie précipitée du vendredi. Il semblait avoir déserté le château pour tout le weekend. Et la mine grave et inquiète du Directeur au cours des repas était un très bon indice de l'endroit où se trouver Snape. Mais plus le temps passé plus elle aurait préfère affronter son professeur plutôt que de le savoir au près de Voldemort. Car aucun doute la dessus... Il était bel et bien avec le Seigneur des Ténèbres. Elle réalisait que depuis le début de l'année, Snape passait la quasi-totalité de ses weekends hors de Poudlard. Son travail d'espion était-il si prenant?

Son absence la rendait... inquiète... Pas qu'elle apprécie l'homme! C'était toujours le même bâtard invivable. Mais elle devait bien reconnaitre qu'elle s'était attachée à son professeur au fil des années. Un attachement fondamentalement différent de celui qu'elle éprouvait pour McGonagall ou Flitwick. Mais il fallait bien avouer que son caractère grognon et ses sarcasmes acides pouvaient être amusants... Quand ils n'étaient pas dirigés contre elle bien évidemment! De plus, elle devait reconnaitre à Snape une intelligence hors du commun. Il était brillant. Plus que cela même, il avait un esprit certainement unique, une compréhension extraordinaire. Il voyait toujours les choses nettement, il avait une capacité à analyser hors normes et une incroyable faculté de mémorisation. Il n'était pas le plus jeune Maître des Potions depuis des siècles pour rien, et espionner Lord Voldemort en personne devait requérir une certaine ruse et une inimaginable force mentale.
C'était un attachement teinté de respect et d'admiration.

Et ça l'agaçait de l'admettre!

Après avoir rassuré Harry sur le fait qu'elle ne lui en voulait pas et qu'il était pardonné, elle alla se coucher.

Sauf que sa fatigue semblait l'avoir déserté. Elle tournait et se retourné dans son lit, s'entortillant dans les draps sans

parvenir à trouver le sommeil. Ses pensées ne cessaient de dériver sur le lendemain et la retenue qui l'attendait.

Heureusement pour elle, Hermione n'avait pas cours de Potions avant le surlendemain, soit le mardi qui arrivait. Elle espérait simplement ne pas recroiser l'homme durant de laps de temps. Sa main pulsa ce qui la ramena à son premier problème. Ombrage et sa saleté de plume. Elle appréhendait la colle du lendemain, bien trop consciente que la femme essaierait de se venger de son comportement. Et Merlin savait de quoi cette bonne femme était capable ! La Griffondore avait été obligée d'enrouler sa main dans une bande de tissu car la blessure ne voulait pas se refermer et continuait de saigner à intervalle régulière. Sauf qu'elle n'avait rien pour se soigner, or allée voir l'infermière était une option à bannir. Elle se débrouillé donc avec ce qu'elle pouvait, et ce n'était pas grand-chose…

Elle ne savait pas vraiment comment tout cette histoire pourrait se finir mais elle pressentait le pire. Si elle continuait à agir ainsi avec la femme ça risqué de lui retomber dessus, mais son esprit entêté ne pouvait s'en empêcher. A tout les coups elle récolterait d'avantage de retenue et punition toutes plus cruelles les unes que les autres. Mais la jeune fille ne pouvait pas, ne voulait pas céder ! Etait-ce de la fierté ? Ou son esprit était bien trop buté ? Elle ne savait et ne voulait pas savoir, mais le résultat était là. De plus, si cela empêcher au crapaud rose de s'en prendre à Harry tant mieux. Elle acceptait avec joie de se 'sacrifier' si cela permettait à Ombrage d'oublier pendant un temps le Survivant. Harry n'aurait certainement pas approuvé et aurait même était révolté par cette idée, mais tant pis, et puis elle n'était pas obligé de le lui dire de toute façon…

Elle réalisa par contre que sa nouvelle 'blessure' risquait de poser problème. Car si jusqu'à présent l'écoulement de sang s'arrêté en mettant un tissu dessus, le fait de devoir passer plusieurs heures à écrire avec cette maudite plume risqué d'aggraver la marque. Harry ne semblait pas rencontrer le même problème, certes il utilisait la plume quasiment quotidiennement mais pas très longtemps. Juste assez pour lui mettre un coup au moral. Mais elle… elle l'avait utilisé plusieurs heures, le temps à la blessure d'être bien profonde. Et cela aggravait le risque que quelqu'un s'en aperçoive. De plus elle avait l'impression que le fait de résister à la douleur rendait la plume bien plus tenace. Mais là n'était pas le problème. Snape s'en était aperçu et risqué de poser problème à sa petite guérilla. Et il était évident qu'il remarquerait immédiatement si elle se baladée avec la main bandé et cela entrainerait uniquement un flot de questions supplémentaires. Chose qu'elle voulait éviter à tout prix.

Au bout de plusieurs heures de réflexion, elle finit par sombrer dans un sommeil agité et peu reposant.

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Severus Snape marchait à grande enjambée vers la Grande Porte de Poudlard. Il avait les nerfs à vifs et renvoyait sèchement et sévèrement tout les élèves qui avaient le malheur de croiser sa route. De nombreux points furent déduits aux quatre Maisons, sans distinction. Il n'était pas suffisamment d'humeur pour faire preuve de partialité. Il en profita d'ailleurs pour passer ses nerfs sur les quelques Serpentards qui avaient le malheur de croiser sa route. C'était assez libérateur constata-t-il après avoir enlevé une cinquantaine de points à deux serpents qui flirtaient dans un couloir. Pouvoir ainsi punir et terrifier les fils et filles de ceux avec qui il venait de passer le weekend était soulageant pour lui, lui laissant un arrière gout de vengeance dans la bouche. Oh il était bien conscient qu'il le regretterait plus que probablement le lendemain. Il ôtait des points à sa propre maison et blâmé des élèves innocents. Après tout, ce n'étaient pas de leurs fautes si leurs parents étaient des pourritures...

Severus venait de passer le weekend entier au manoir Malfoy, là où résidait le Seigneur des Ténèbres. Il était minuit passé et il était épuisé. Au moins il était heureux de pouvoir dormir quelques heures avant ses premiers cours du lundi matin. D'habitude Voldemort le gardait jusqu'au dernier moment, mais là apparemment le Maitre était content de son travail. Si on y réfléchissait, c'était assez amusant de savoir que le Seigneur des Ténèbres devait se plier aux emplois du temps des élèves.
Le Professeur avait passé des heures et des heures à devoir brasser des potions toutes aussi répugnantes les unes que les autres. Des poisons principalement, du Veritaserum aussi... Sa dernière découverte était une potion qui imité les effets du Doloris jusqu'à ce que mort s'en suive. Et bien évidemment il avait du assister aux résultats. Les images des Moldus se tordant dans des souffrances et des tortures inimaginables collaient à sa rétine. La petite fille aussi. Surtout. Emma qu'elle s'appelait... Cinq ans... Peut-être six... Lucius avait fini par lui arracher les yeux.

Severus se passa une main lasse sur le visage. Il entra dans les cachots et alla directement dans son laboratoire. Il aurait aimé pouvoir aller se coucher dans ses appartements mais voulait d'abord vérifier si Granger avait travaillé. Et si ce n'était pas le cas, il se verrait dans l'obligation de remplir les stocks de l'Infirmerie.
C'est donc avec soulagement qu'il vit la centaine de fioles trônant sur la table de travail, toutes étiquetées. Il devait bien reconnaitre que Granger avait fait un magnifique travail. Bien sur, même sous la torture il ne l'aurait pas avoué. Mais le résultat était là, le travail était impeccable, les potions réussis, le laboratoire propre...
Il aurait presque ressenti de la gratitude envers Dumbledore pour lui avoir refilé Granger. Presque. Car malgré tout il détestait le fait de devoir se reposer sur quelqu'un, et pire, sur une élève. Il était indépendant et n'avait jamais eu besoin de personne. Jamais. C'est pourquoi ça ne lui plaisait pas du tout de profiter du travail de la Griffondore. Travail titanesque d'ailleurs nota-t-il distraitement...

Mais il devait bien s'avouer qu'en à peine deux jours elle avait réussi à le dégager d'un poids. Si elle n'avait pas été là il aurait du passé la nuit sur ces potions, passant donc trois jours sans dormir. Manifestement le Directeur avait eu raison de mettre ses capacités en doute, même si ça lui crevé le cœur de l'admettre.
Il n'aurait pas tenu longtemps à ce rythme...
Était-ce l'âge? Après tout, il y a quinze ans, durant le Première Guerre, ça ne lui avait jamais posé de problèmes de tout faire, de concorder tout ses devoirs... Or là...
Ou bien avait-il perdu l'habitude? Avait-il oublié l'odeur du sans imprégnant ses vêtements? La douleur morbide d'un Doloris?
Visiblement oui...
En quinze ans Severus avait oublié ce que signifiait servir l'être le plus abominable que le monde n'ai jamais porté.

Tout en continuant d'examiner le travail que la Griffondore avait fourni durant le weekend, ses yeux tombèrent sur un bout de parchemin plié en deux qui eut au moins le mérite de le sortir de ses pensées. Visiblement, Granger l'avait laissé pour lui. Il le déplia et commença à le lire.

Professeur Snape,

Je tiens à vois informer que je ne pourrais pas venir travailler ce lundi 5 Novembre, le Professeur Ombrage a eu l'excellente idée de me mettre en retenue ce soir là.
J'espère que les potions vous conviennent.

Respectueusement,

Miss Hermione Granger.

L'ironie mordante lui arracha un sourire. Apparemment il n'était pas le seul qu'Ombrage exécré.
Il se demandait tout de même ce qu'avait pu faire la jeune fille pour être en retenue avec cette femme. Encore.

'...elle est trop heureuse de pouvoir punir la meilleure amie du Survivant.'

Cette phrase lui revint à l'esprit sans même qu'il s'en rende compte. C'était ce que Granger lui avait hurlé dessus quelques jours plus tôt dans les couloirs...
Le professeur de Défenses Contre les Forces du Mal s'acharnerait-elle sur elle? Ou sur les élèves qui résistait au Ministère?
Cela lui semblait un peu gros quand même... Il en aurait presque rit s'il n'avait pas eu ce mauvais pressentiment enflant doucement dans sa poitrine.


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