Chapitre 2 Libre

Peu à peu, je repris doucement conscience et me réveillai. J'ouvris les yeux pour les refermer aussitôt à cause de la lueur du soleil frappant mes yeux. Quelques secondes plus tard, je les ré ouvris et me redressai en glissant une main dans mes cheveux en désordre confus pendant un petit moment de l'endroit où je me trouvais. En fronçant légèrement mes sourcils, j'observai mes alentours avec curiosité pour voir un paysage qui m'était vaguement très familier. Ce fut quand je remarquai la forme de loup de Seth couchée sur la pelouse devant moi à une distance assez éloignée que je me rappelai ce qui s'était passé la veille au soir après que Paul et Jared étaient venus me chercher pour que je puisse aider Sam.

Un grognement d'irritation me sortis de mes pensées et de ma contemplation, je n'eus pas le temps de réagir que je me retrouvai une nouvelle fois couché sur le sol avec la grosse tête de Sam reposant sur mon ventre. Je le regardai un instant avec un sourcil relevé pour le voir en refermant ses yeux et en se réinstallant plus confortablement. Je laissai retomber ma tête sur l'oreiller en secouant la tête à la réaction typique et matinale de Sam. Depuis que je le connaissais plus intimement, depuis le jour où il m'avait trouvé dans la forêt, lui et moi nous nous étions rapprochés et j'avais appris à mieux le connaitre. En faisant cela, j'avais découvert que Sam n'était nullement une personne du matin. Il fallait le laisser tranquille et à peine lui parler, car sinon, il serait d'une humeur massacrante pendant toute la journée, mais surtout il ne fallait pas l'emmerder tant qu'il n'avait pas un bon déjeuner dans son estomac accompagné d'une tasse de café frais et chaud.

Le laissant se réveiller doucement et sans le brusquer, je me mis à fixer le plafond du toit du perron en contemplant ma vie jusqu'à présent, mais surtout, je me remémorai ce qui s'était déroulé depuis mon arrivée à Forks pour vivre avec mon père.

Au début, ma relation avec mon père n'était pas celle que j'avais eu avec lui à la fin jusqu'à sa mort. En effet, quand j'étais arrivé, nous ne savions pas trop quoi nous dire ou la façon de se comporter avec l'autre, c'était très tendu entre nous deux. Surement que la cause était du fait que je ne l'avais plus vu depuis bien trop longtemps. Petit à petit, notre relation s'était améliorée pour le mieux de plus en plus au fil du temps que nous passions ensemble. Bien entendu, nous avions nos moments où nous nous mettions en désaccord, mais finalement nous parvenions à nous réconcilier par la suite comme des adultes. En général, cela se passait avec un bon petit repas que j'avais moi-même concocté et une soirée ensemble consacrée devant la télévision ou bien en jouant tous les deux de la guitare tout en chantant ensemble. Même si mon père n'était pas heureux avec le fait que j'avais entamé une relation avec Edward, il le respectait parce que c'était mon choix. Bien sûr, c'était à contrecœur et de mauvaise grâce, mais il le faisait quand même parce qu'il m'aimait.

Ce fut probablement lors du départ d'Edward et de sa famille que tout avait changé, que ma relation avec mon père s'était renforcée pour le mieux, nous étions devenus encore plus complices. En effet, nous étions devenus très proches et nous n'avions plus aucun secret pour l'autre. Mon père, perspicace comme il l'était avait deviné qu'il y avait quelque chose d'étrange avec les Cullen et ma relation avec Edward. Donc, sans regret, je m'étais mis à lui raconter toute l'histoire sur les Cullen, je lui avais dit toute la vérité, il savait sur les vampires. En faisant cela, je savais que je le mettais en danger à cause des Volturi, mais je ne voulais pas garder ce genre d'informations de lui, ça me rongeait de l'intérieur de lui cacher tout cela, il avait droit de savoir. Mon père m'avait étonné en me confiant que s'il arrivait qu'un jour je doive être transformé en vampire pour une raison ou pour une autre qu'il le ferait aussi afin de rester à mes côtés.

J'essuyai plusieurs larmes qui s'étaient écoulées de mes yeux quand j'avais pensé à ces derniers souvenirs. Si j'avais eu de l'aide, si les Cullen étaient restés à Forks après que j'avais refusé d'épouser Edward, mon père serait encore en vie à l'heure actuelle ou il aurait eu une chance de vivre en devenant un vampire. Mais non, il avait fallu qu'Edward me quitte une nouvelle fois après que j'avais tout risqué pour lui, j'avais risqué ma vie en allant en Italie pour le sauver des Volturi. Je ne pourrais jamais leur pardonner de m'avoir laissé comme ils l'avaient tous fait sans aucun regard en arrière.

Quand les Cullen ont quitté Forks pour de bon, ils m'ont aussi non seulement laissé à la merci de Victoria et sans protection d'elle, mais ils ont laissés aussi mon père comme cible pour elle. Dès que j'avais réalisé que les Cullen avaient disparu et étaient partis une nouvelle fois je ne sais où, j'avais fait mon chemin vers la Push afin de leur demander de l'aide. Pas pour me protéger moi, mais pour mon père. À ma grande surprise et consternation, aucun d'entre eux n'avait levé le petit doigt pour m'aider dans cette tâche. Ce fut à ce moment-là que j'avais appris que Sam n'était plus l'alpha, mais que c'était Jacob qui l'était à sa place, il avait pris son rôle légitime. Ce dernier avait été très clair quand il m'avait annoncé que je n'étais plus la bienvenue sur les terres de la Push et que je devais donc me débrouiller toute seule.

Une semaine plus tard, c'était l'obtention du diplôme et le dernier jour où j'avais vu mon père vivant. Je me souviens encore de ce jour comme si c'était hier, je me souviendrais de jour fatidique très longtemps voire même jusqu'à la fin de mon existence… Le jour où j'avais passé mes derniers moments heureux avec mon père…

Flash-back :

« Papa… Je suis obligé de porter cette horreur ? Je ressemble à un canari ! » M'exclamais-je en regardant dans le miroir la robe jaune que je devais porter pour la cérémonie de diplôme.

« Oui, t'as pas d'autres choix… » Me dit-il en passant sa tête par la porte de ma chambre, mais je pouvais voir que même s'il avait un visage calme, il se retenait de rire à mes dépens en me voyant dans cette tenue ridicule.

« Où est ton appareil photo ? » demanda-t-il en affichant difficilement un air sérieux.

« Tu n'oserais pas ! » m'exclamais-je en me retournant vivement vers lui tout en rétrécissant mes yeux.

« Oh allez Bell, ce n'est pas si terrible que ça. Il y a pire. Je ne sais pas moi, tu aurais pu en avoir une de couleur orange vif ou rose bonbon… » essaya-t-il de me réconforter en entrant dans ma chambre et en se laissant tombé sur le bord de mon lit en me regardant avec un petit sourire sur le coin de ses lèvres.

Je le fixai un instant comme s'il avait deux têtes à la place d'une puis à contrecœur, j'hochai la tête dans l'accord. Il avait raison, ça aurait pu être pire que ce jaune horrible.

« Des nouvelles de ta mère ? » demanda-t-il avec un visage plus grave ne montrant plus d'amusement du tout.

« Non. La dernière fois que j'ai entendu parler d'elle, c'était pour m'annoncer qu'elle avait quitté Phil et qu'elle était enceinte puis plus rien après ça… » Murmurais-je de façon contrariée. « De toute façon, je ne devrais même pas être étonné de cela, elle a toujours eu un côté salope. Je ne me souviens pas le nombre de fois qu'elle a ramené à la maison des hommes différents… » Ajoutais-je sans aucun remord, ni gêne. C'était la vérité. Je ne savais pas comment elle pouvait se faire appeler ma mère puisqu'elle ne l'avait jamais été réellement.

Mon père ne répondit rien, car il savait que j'avais raison. En plus, il m'avait confié il n'y avait pas si longtemps de ça qu'elle l'avait trompé pendant leur mariage. Bien sûr, il l'avait découvert qu'après leurs différends et divorce. Si ce n'était pas pour le fait que je ressemblais à une copie carbone de mon père, il aurait pu avoir des doutes au sujet de sa paternité. J'étais le portrait craché de mon père trait pour trait, il n'y avait aucun doute à ce sujet.

« Qu'est-ce que tu as là ? » demandais-je en le rejoignant sur mon lit et en me blottissant dans son côté en remarquant plusieurs paquets posés un peu derrière lui sur mon lit.

« Plusieurs cadeaux pour ton diplôme. » Répondit-il en mettant son bras sur mon épaule et en me rapprochant de lui. Je mis ma tête sur l'emplacement où son cœur battait, ça m'aidait toujours à me calmer et à m'apaiser. Dans ses bras, je me sentais en sécurité et protégé.

« Il ne fallait pas, papa… » Murmurais-je en levant les yeux vers lui pour croiser les mêmes yeux chocolat que les miens.

« Il n'y a pas que de moi. Il y a aussi de Billy et de Phil. Le dernier paquet… Eh bien, je ne sais pas vraiment… » Commenta-t-il avec un petit sourire se jouant sur son visage tout en retirant son bras de moi et en haussant les épaules dans un geste désinvolte

Je me reculai et le regardai avec confusion avant qu'il place les différentes boites devant moi. J'ouvris la première pour découvrir un bracelet en cuir avec un cygne en bois accompagné d'un journal vide avec une couverture en cuir et un symbole quilleute gravé dessus.

« Billy… » Murmura mon père avec un sourire affectueux.

Je souris doucement en voyant les objets avec des larmes aux yeux parce que j'étais très touché que Billy pensait à moi, même quand j'avais de sérieux démêlés et problèmes avec son fils.

Le deuxième cadeau était une petite boite de couleur noire avec un ruban argenté, je l'ouvris pour découvrir deux trousseaux de clés. Je les pris, les regardai avec confusion puis je jetai un coup d'œil sceptique à mon père afin qu'il m'explique.

« Qu'est-ce que c'est ? » demandais-je en fronçant les sourcils sans comprendre la signification de cela.

« C'est de Phil… Il t'a fait envoyer une voiture et une moto… » Expliqua-t-il avec un sourire contrit quand il mentionna la moto. Ce n'était pas un secret pour moi que mon père n'aimait pas beaucoup ces engins parce qu'il les trouvait beaucoup trop dangereux.

« T'es sérieux ? » demandais-je incrédule avec de grands yeux.

« Oui. Elles sont arrivées quand tu étais au magasin des Newton. Elles sont toutes les deux dans le garage. En plus, il y a une carte de crédit avec un accès illimité pour tout ce que tu veux… Regarde dans le fond du boitier… » Déclara-t-il avec un sourire.

J'écarquillai les yeux quand je vis cela et la mit précieusement sur le côté avec les clés. Il allait falloir que je donne un coup de téléphone à Phil pour le remercier…

Mon troisième paquet était une très grande boite blanche entourée d'un ruban de soie noire. Avec prudence, je la déballai pour remarquer plusieurs petites boites à l'intérieur.

« Je ne sais pas de qui c'est par contre… » M'informa mon père en désignant la boite de sa tête puis en haussant les épaules avec des yeux curieux.

« Il n'y a pas de nom ou d'adresse sur les boites… » Commentais-je interloqué me demandant de qui cela pouvait provenir.

« Ouvre… Peut-être que tu le sauras en regardant à l'intérieur, il doit surement y avoir des renseignements sur l'expéditeur… » Murmura mon père avec ses yeux sur les diverses boites dans la grande qui était posée devant moi.

« Tu as sans doute raison… » Acceptais-je avec un hochement de tête et un sourire en coin avec mes yeux fixés sur l'intérieur de la grande boite.

Avec délicatesse, je pris la plus petite boite. Dedans, il y avait une bague avec un anneau en or blanc ainsi qu'une rose en ce qui me semblait un diamant faisant les pétales extérieurs et le cœur de la rose était fait avec un beau rubis. Je regardai quelques minutes la bague avec crainte puis à l'intérieur de la petite boite où se trouvait un morceau de papier élégant. Prudemment, je l'enlevai de la boite et le dépliai afin que je puisse le lire. Sous le regard choqué et curieux de mon père, je lus la note à voix haute.

Chère Bella,

Tu n'as pas besoin de chercher bien loin pour deviner qui je suis parmi les Cullen, le motif du bijou parle pour lui-même. Je suis parfois appelée une garce, une chienne, une salope ou encore une reine des glaces. Je suis sûr que toi-même dans ton esprit, tu as dus certainement utiliser ce genre de surnom pour me décrire. En toute honnêteté, si tu l'as fait, je ne t'en voudrais aucunement parce que depuis le jour où je t'ai rencontré dans ce lycée, j'ai été que méchante avec toi, je ne t'ai laissé aucune chance pour te prouver ou montrer qui tu étais vraiment, pour prouver qu'en fait tu étais une personne d'une extrême gentillesse. Si je t'ai traité de la sorte, c'était parce que j'avais mes propres raisons. Certaines, je dois dire étaient purement égoïstes, car je voulais le meilleur pour toi, je n'ai pas pris en considération ce que toi tu voulais ou ce que tu souhaitais vraiment, mais dans l'une de ces raisons, il y en avait une très importante, peut-être la plus importante dans la liste.

Devines-tu pourquoi je me comportais aussi garce avec Edward ? La réponse est parce que ce n'est pas quelqu'un de bien. Crois-moi, je le connais depuis des années et je l'ai vu à son pire. Il est manipulateur, vindicatif, égocentrique, arrogant et il se croit supérieur à tout le monde parce qu'il est un lecteur d'esprits de merde.

Bella… Tu mérites une personne qui t'aime pour qui tu es vraiment. Pour le bon comme pour le mauvais. Je souhaite que tu rencontres un jour cet homme-là, un homme qui te respecte et te protège avec tout ce qu'il a, avec sa vie. Tu le mérites, tu mérites d'être heureuse. Je veux que du bonheur, de la joie et de l'amour pour ma petite sœur. Tu es ma petite sœur…

Je sais que tu ne connais pas toute mon histoire et mon passé, mais saches qu'avant que nous partions tous, j'ai pénétré dans ta maison et dans ta chambre, j'y ai caché un journal dans ta garde de robe, dans ta boite à souvenirs pour être plus exact. Ce journal personnel raconte ma vie humaine, mais aussi mes pensées jusqu'à maintenant. Je te préviens tout de suite, ce n'est pas une belle histoire de conte de fées, mais je veux que tu connaisses mon histoire, je veux que tu découvres ma rencontre avec Emmett mais aussi mon plus grand souhait dans ma vie humaine, un souhait qui m'a été privé par Carlisle quand il m'a transformé. Dedans, j'y ai également noté quelques conseils pour toi afin de t'aider à te protéger contre les gens qui t'ont fait du mal, mais aussi contre ceux qui pourraient à l'avenir te faire du mal. Je m'excuse pour le mal que ma famille t'a causé, j'en suis profondément désolé. Saches que Jasper, Em et moi seront toujours là pour toi. Si tu veux nous contacter, il te suffit de te rendre à Seattle dans le bureau de Jenks et de lui donner les lettres ou ce que tu veux d'autres, mais adresse-les à nos noms humains, je pense que tu les connais suffisamment.

Sois heureuse et reste en sécurité. Profite de la vie comme tu le peux, Bella. La vie est trop précieuse et trop courte pour être gaspillé. Je ne veux pas te perdre, Bella, ma petite sœur. Reste en sécurité et je souhaite qu'un jour prochain tu rencontres à ton tour l'amour, ton compagnon comme je l'ai fait. L'amour est digne d'être vécu.

Je t'aime tendrement.

Rosalie Lillian Hale-McCarthy.

PS Cette bague est un cadeau en souvenir de moi…

Sois heureuse.

Rose.

En terminant de lire, un torrent de larmes silencieuses s'écoulait sur mes joues tellement la lettre de Rosalie m'avait touché en profondeur. Personne ne m'avait dit de si belles choses, des choses vraiment sincères.

« C'est beau et touchant… » S'exprima mon père en essuyant quelques larmes qui s'étaient échappées de ses yeux.

« En effet. » Approuvais-je en essuyant moi-même mes propres larmes avec le bord de mon pull.

« La deuxième ? » suggéra mon père en désignant l'intérieur de la grande boite avec sa main.

« Tu peux t'en charger ? J'ai besoin d'un peu de temps… » Lui demandais-je avec une voix émue.

« Bien sûr. » Répondit-il en piochant une autre boite dans la grande.

Celle-ci était rouge avec un ruban de couleur or. Mon père l'ouvrit pour révéler une carte de crédit. Je la fixai avec des yeux en fentes avec l'unique envie qu'elle prenne feu et qu'elle brule d'elle-même. Aussitôt que cette pensée me traversa l'esprit, mon père lâcha la carte comme si elle l'avait brulé. En regardant plus attentivement la carte je pus constater une légère fumée s'en dégager.

« Elle devenait de plus en plus chaude. » Murmura mon père en guise d'explication à son geste tout en secouant ses mains et en fixant la carte avec inquiétude.

« Étrange… J'ai pensé que j'avais envie qu'elle brule d'elle-même… » Commentais-je en réfléchissant à voix haute tout en fronçant les sourcils dans la confusion.

« Peut-être que tu as un pouvoir que tu ignores… » Proposa-t-il en ne sachant pas vraiment lui-même quoi en penser.

Ensuite, il déplia la note qui était accompagnée et commença à lire à voix haute pour moi.

Chère Isabella,

Nous avons toujours pensé à toi comme une fille, un membre de notre famille, mais à la vue des évènements récents, toi apparemment tu ne ressens pas de la même façon. En refusant la proposition d'Edward et en refusant de passer ta vie à ses côtés, tu nous as clairement démontrer que tu ne voulais pas faire partie de notre famille, une famille respectable et j'en suis désolé. C'est pourquoi nous sommes partis, nous avons pensé que c'était le mieux pour nous, mais aussi pour Edward. Pour compenser des dommages que notre famille t'a causés, nous t'envoyons une carte de crédit avec un budget illimité. Fais-en bon usage.

Carlisle Cullen, Esmé Cullen, Alice Cullen et Edward Cullen.

Mon père finit la lettre avec une voix remplie de colère pour ce qui avait été dit dedans.

« Comment osent-ils te traiter de la sorte ? Ils ont de la chance d'avoir une peau comme de la pierre, car j'aurais bien voulu leur mettre à chacun une balle entre les deux yeux ! » Grogna-t-il furieusement et en fulminant.

« Ils n'en sont pas la peine… » Dis-je avec indifférence et un sourire narquois en scrutant la carte de crédit sur mon lit.

« Que vas-tu faire ? » demanda mon père soupçonneux en m'observant avec beaucoup d'attention.

« Tu te souviens qu'Alice peut voir l'avenir ? » demandais-je diaboliquement avec un sourcil relevé.

Mon père hocha la tête avec un sourcil relevé de ses propres en se demandant probablement où j'allais avec ça.

« Eh bien… Il se trouve que je sais comment l'utiliser à mon avantage… » Dis-je d'une voix sombre en me levant et en allant vers mon bureau.

« Et… » Poussa-t-il de façon intéressée et intriguée.

Je me retournai vers lui avec une paire de ciseaux dans mes mains et un grand sourire d'anticipation ainsi que d'excitation peint sur mon visage tout en marchant vers mon lit pour ensuite me réinstaller dessus puis je pris la carte dans ma main et la paire de ciseaux dans l'autre.

« Regarde… » Dis-je en me concentrant sur une décision. « Alice… Un petit message pour ta famille de merde à l'exception de Rose, Em et Jazz… Allez-vous faire foutre, tous autant que vous êtes. Je n'ai pas besoin de votre fric répugnant. On ne m'achète pas et surtout pas avec de l'argent. Je ne veux plus jamais que tes parents ou ton frère stupide me contacte par n'importe quelle manière. Si je vous vois encore une fois, je trouverais une façon de vous déchirer en morceaux et de vous mettre en cendres… » Finis-je en coupant la carte avec les ciseaux en plusieurs petits morceaux minuscules.

« Ça, c'est une vraie Swan… C'est ma petite fille… » Me félicita mon père avec fierté en me prenant dans ses bras.

Je souris affectueusement à mon père après m'être écarté de lui puis je piochai l'un des deux cadeaux restant dans la grande boite.

La boite cartonnée se trouvait être de taille moyenne et d'une forme rectangulaire d'une couleur brun chocolat avec un ruban blanc en soie l'entourant. Je défis le nœud et pris délicatement le lys séché qui y était attaché puis je retirai doucement le couvercle. Un magnifique cadre fait en osier était couché dans le fond de la boite avec un petit ourson en peluche l'accompagnant. Je n'avais pas besoin de lire la carte qui était présente pour deviner qui était l'expéditeur. Je souris en sachant que mon frère des ours avait pensé à moi et qu'il ne m'avait pas oublié. Je mis l'ours près de mes oreillers, il allait être mon compagnon pendant mes nuits puis je sortis le cadre avec précaution de sa protection de papier. Dans le cadre se trouvait un dessin fait au crayon, un dessin réalisé par la main d'Emmett. C'était une représentation de lui avec moi dans une pose fraternelle avec la forêt en arrière-plan. Le posant sur ma table de nuit, je sortis la petite carte et la lut.

Un petit quelque chose pour que tu te souviennes de ton grand frère protecteur et que tu penses à moi. Petit Em te consolera quand tu en as besoin. Je t'aime ma Bell' s.

Emmy ours.

Quelques instants plus tard, je pris la dernière des boites. Une minuscule petite boite bleue en velours. Je l'ouvris pour constater qu'à l'intérieur était un pendentif avec une crête et un bracelet avec la même crête. Ce dernier était assez large comme le bracelet d'une montre et il était fait avec un ruban noir en velours qui s'attachait dans le milieu avec l'emblème de la crête et une agrafe dorée. Sur l'emblème était un simple chapeau de cow-boy avec la lettre « W », la lettre représentant le coven Wihtlock. Un rouleau de papier était posé à côté des deux bijoux.

Chérie,

Depuis le jour où j'ai posé les yeux sur toi, j'ai su que tu étais spéciale. Quand je t'ai rencontré, mes instincts de vampire me criaient de te protéger quoiqu'il arrive et je me suis promis de le faire quoiqu'il en coute. Jusqu'à présent, je l'ai fait. Étant donné que je ne pouvais pas t'approcher comme je le voulais à cause de ma soi-disant soif de sang, je t'ai protégé et j'ai veillé sur toi de loin, dans l'ombre sans que personne ne s'en aperçoive.

Comme tu l'auras deviné, ces bijoux que j'ai fais personnaliser pour toi sont le symbole de mon coven, le coven Withlock. En le portant, tu seras protégé, ça sera une puissante protection. En la voyant, personne n'osera te faire quoi que ce soit, ils sauront que tu es hors limite…

Je te souhaite le meilleur dans l'avenir…

À bientôt, car je sais que nous allons nous revoir très prochainement. Prends soin de toi et de ton père. Félicitation pour ton diplôme, tu le mérites plus que quiconque. Je suis fier de toi.

JW.

Tout de suite, après avoir lu la note de Jasper, je passai le bracelet et le pendentif. Je n'avais pas l'intention de l'enlever de sitôt.

« Alors ? » s'impatienta mon père.

« La crête du coven de Jasper… » Répondis-je en regardant fièrement et avec émerveillement la crête.

Un silence confortable s'ensuivit. Enfin, après quelques minutes, mon père me tendit deux paquets. Je les pris et les ouvris avec impatience. Dans le premier était un peigne avec des pierres précieuses. Il était magnifique.

« Il appartenait à ta grand-mère, je pense qu'elle aurait voulu que ça soit toi qui l'ai maintenant… » Dis mon père en me souriant.

Mélancoliquement, je traçai chaque perle avec le bout de mes doigts. Un véritable trésor, un objet familial. Bien vite, je le reposai dans son écrin et le plaçai sur mon côté. Ensuite, j'ouvris l'autre boite. Dedans se trouvait un pendentif représentant un cygne en ce qui me semblait des pierres précieuses, un peu comme du diamant, mais je savais que ce n'était pas le cas parce que ce n'était pas dans les moyens de mon père.

« Papa… C'est trop… Tu n'aurais pas dû… » Dis-je en contemplant le bijou avec des larmes aux yeux puis en me jetant dans les bras de mon père.

« Tu en vaux la peine. Tu es mon trésor. Quand les Cullen sont partis la première fois, je me suis rendu compte que tu avais vraiment besoin de moi. Dans toutes ces épreuves, j'ai été présent et je t'ai aidé à guérir. Mais sache une chose, ta présence m'a également guéri et tu m'as fait réaliser quel genre de personne était vraiment ta mère, une manipulatrice. Toutefois, s'il y a bien une chose que je ne regrette pas dans ce mariage avec elle, c'est toi. Tu es la plus belle chose qui me soit arrivée dans ma vie. Sache que si un jour, il m'arrive quelque chose, je serais toujours là avec toi. Je veux que tu saches que je suis fier de toi, si fier de la jeune femme que tu es devenue… Je t'aime, Bella. Ne l'oublie jamais… » Déclara-t-il en me serrant dans ses bras un peu plus fermement.

Ensuite, après que nous fumes dégager de l'autre, mon père souleva mes cheveux et glissa le pendentif autour de mon cou. Une fois en place, il plaça un baiser sur mon front avant de me prendre dans les bras une nouvelle fois.

« Je t'aime papa… Tu es la chose la plus importante dans ma vie… Je t'aime tant si tu savais… » Dis-je avec émotion et d'une voix se fissurant un peu.

Cela dit, je déposai ma tête sur l'épaule de mon père tout en fermant les yeux dans la satisfaction et dans la délectation du moment.

Fin du flash-back.

Ce souvenir-là était le dernier dans lequel mon père était totalement heureux et le dernier que je l'avais rien que pour moi. Il y avait eu tellement d'émotions… Il me manquait tellement. Sans lui, ce n'était plus la même chose mais je devais continuer à vivre ma vie.