Chapitre 3 Libre

Voyant que Sam n'était toujours pas décidé à se réveiller et de me laisser libre de mes mouvements pour que je puisse me lever, je me décidai de me reperdre dans mes souvenirs, souvenirs assez douloureux puisque c'était ceux du moment où Victoria avait frappé et au moment où je m'y attendais le moins. J'aurais dus mieux le savoir que de baisser ma garde comme je l'avais fait.

Après que mon père et moi, nous nous étions séparés pour de bon des bras de l'autre, j'avais rangé les quelques affaires bien à l'abri que j'avais reçu. Ensuite, tous deux, nous avions fait notre chemin vers le bas pour sortir de la maison, monter dans la voiture de mon père puis nous nous étions dirigés vers le lycée de Forks où avait lieu la remise des diplômes. À ma grande surprise, j'avais été promue major de mon année à la plus grande fierté de mon père et celle de Billy, mais il fallait quand même dire que j'avais bossé assez dur pour obtenir mon diplôme même si j'ignorais ce que j'allais faire comme études par la suite, je n'étais toujours pas décidé à ce moment-là. Une fois arrivés là-bas, nous nous étions séparés et j'étais allé rejoindre mes camarades de classe en restant plus particulièrement avec Ben et Ange.

Après mon petit discours pour l'avenir et les félicitations des différents professeurs parce que j'avais obtenu mon diplôme avec mention, la cérémonie se poursuivit sans aucun problème. Quand elle fut enfin terminée, mon père et moi nous étions allés manger un petit morceau dans un restaurant de Seattle pour célébrer cette étape importante de ma vie comme l'avait mentionné mon père et il avait insisté pour la fêter ailleurs que dans Forks parce que je méritais mieux que ça. Je n'avais pas objecté parce que j'avais vu que ça lui faisait plaisir et que ça servait à rien que je le fasse têtu comme il était.

Ce fut seulement quelques heures plus tard quand nous étions rentrés dans notre maison que le cauchemar commença, ce fut mes derniers moments que j'avais eus avec mon père, ce fut la dernière fois que j'avais vu mon père en vie et en souriant de bonheur.

Flash-back :

Mon père venait de refermer la porte d'entrée derrière nous quand soudain, elle se ré ouvrit violement avec fracas pour faire apparaitre un jeune homme de plus ou moins mon âge. J'écarquillai les yeux de surprises, mais aussi de crainte quand je vis l'extrême pâleur de sa peau qui était sans défaut visible à l'œil humain, mais surtout quand je croisai ses yeux rouges écarlates. À cela, je fermai les yeux quelques instants priant silencieusement que mon père puisse s'en sortir indemne, je réalisai aussi ce qui se passait réellement et quelques larmes s'échappèrent de mes yeux pour faire leur chemin le long de mes joues. Je ré ouvris mes yeux un moment plus tard et reculai vers mon père en me mettant devant mon père autant que je le pouvais comme une sorte de bouclier. Ce vampire n'aura pas mon père sans combat de ma part. Je savais pour sûr que c'était surement un des laquais de Victoria, un petit messager comme l'avait été Laurent.

« Qui es-tu ? » demandais-je d'une voix plutôt froide en essayant d'utiliser les conseils de Rose afin de ne pas montrer ma peur et mes craintes à sa présence et à ce qu'il représentait comme danger pour moi, mais aussi pour mon père.

Je savais que je ne pouvais rien faire contre lui. Après tout, je n'étais qu'une humaine faible et fragile par rapport à lui qui était un vampire avec des réflexes et des mouvements très rapides. Cependant, ce n'était pas pour autant que je n'allais pas mourir sans combattre. Je ferais tout en mon pouvoir si cela signifiait que mon père avait une chance de s'échapper.

« C'est Riley Biers… Il a disparu il y a quelques mois de cela. Ses parents l'ont cherché depuis, ils le cherchent depuis très longtemps. » Répondit mon père à la place de l'intrus.

Je déglutis nerveusement. C'était bien ma chance ça, j'étais face à un nouveau-né. Je savais instantanément que je n'allais pas sortir vivante de là, mais j'allais tenter tout en mon pouvoir pour faire sortir mon père d'ici même si cela signifiait faire un truc stupide ou me sacrifier. J'espérais seulement qu'il allait s'en sortir vivant et sans trop de gravité. Je savais que c'était un espoir inutile, mais je devais y croire, je ne pouvais pas abandonner aussi facilement.

« C'est Victoria qui t'a envoyé ici pour faire son sale boulot à sa place ? » demandais-je en crachant avec venin le nom de mon enfer personnel.

« Bien, bien, bien… Ah Riley… Tu as apporté nos invités en place… La fête va enfin pouvoir commencer… » Entendis-je chantonner une voix sordide de quelque part dernière moi appartenant à un vampire que j'avais déjà croisé.

En l'entendant, je pris la main de mon père dans la mienne en la serrant pour la vie chère, je la serrai aussi fortement que je le pouvais. Si Victoria était présente, c'était fini pour nous deux. J'avais juste un souhait qu'elle allait faire vite. Putain ! Pourquoi il fallait que Jacob soit aussi con. Si mon père mourait et que je m'en sortais vivante, il allait sacrément regretter de m'avoir rencontré et de m'avoir refusé son aide pour protéger mon père.

« Riley… » Commanda-t-elle d'une voix vicieuse et sadique.

Au ton de sa voix, je savais immédiatement qu'elle allait s'amuser et que ce serait très très douloureux pour nous. La seconde d'après, je me retrouvai plaqué contre un mur assez difficilement, maintenu par la gorge avec mes jambes pendantes dans le vide. Comme je le pouvais, j'essayais de me débattre avec mes jambes de toutes mes forces, mais mes efforts ne servaient à rien du tout, ils étaient inutiles face à la force d'un vampire. J'essayais également de desserrer l'emprise que Riley avait sur ma gorge en essayant de dégager ses mains avec les miennes ainsi que mes ongles en le griffant et en les plongeant aussi dans sa peau de granit. Bien entendu, rien ne marchait comme il se le devait, il fallait que je trouve un moyen. Je devais empêcher cette chienne de s'attaquer à mon père.

« Laisse mon père tranquille espèce de folle psychopathe ! » déclarais-je péniblement en me débattant tout en gardant mes yeux sur mon père qui me regardait avec peur et inquiétude.

« Oooh… Mais c'est là que tu as tort, ma chère Bella. Je vais m'amuser avec lui… En plus, je ne vais même pas me salir les mains… » Se moqua-t-elle en tournant autour de mon père comme une lionne affamée.

Mon père ne la regardait pas ne se souciant pas d'elle. Je compris alors que la peur qu'il ressentait n'était pas à cause des vampires présents dans notre maison, mais pour moi, il avait peur de ce qu'il pourrait m'arriver. Ses yeux étaient uniquement axés sur moi avec une expression inquiète et craintive. Pourtant, je ne pus voir aucune peur sur le reste de son visage ou visible dans son corps. Il savait comme moi que nous allions tous les deux mourir quel que soit comment, il allait arriver. Des larmes silencieuses glissèrent de long de mes joues. J'avais envie de crier, de hurler, mais aucun son ne sortit de ma bouche, j'étais trop paralysé pour dire quoi que ce soit.

« Je t'aime, ma chérie… » Articula-t-il silencieusement avec sa bouche et des yeux brillants de larmes.

« Je t'aime… » Lui répondis-je de la même façon en ravalant un sanglot.

Victoria s'arrêta finalement devant mon père pour qu'elle se retrouve face à face avec lui. Elle mit son nez contre la jugulaire de mon père et renifla l'odeur de son sang, mon père ne broncha pas préférant ne pas lui donner la satisfaction de lui montrer ce qu'il ressentait. Mon père était un homme fort et il n'allait surement pas montrer la moindre faiblesse même face à sa mort prochaine. L'instant suivant, mon père tomba à genoux en se tenant le ventre avec une grimace sur son visage. J'étais confuse à ce qu'il venait de se passer. Il retira alors sa main de son ventre et ce fut à cet instant que je vis les dégâts et du sang recouvrant sa main. Je compris alors. Cette salope utilisait une arme humaine pour le faire perdre autant de sang que possible tout en s'assurant qu'il éprouvait le plus de douleur possible. En voyant mon père dans cet état, je me débattis encore plus difficilement et encore plus vilement comme une bête sauvage.

« LAISSE-LE TRANQUILLE SALE PUTE ! » hurlais-je énergiquement tout en fulminant et en la regardant avec haine.

Victoria ricana simplement à ma réaction et à mon déchainement puis elle poignarda mon père encore plusieurs fois dans des coups assez brusques et sans pitié. En faisant cela, elle provoqua plusieurs coupures assez profondes qui firent perdre à mon père une quantité de sang qui devenait de plus en plus importante. Si elle continuait comme cela, elle allait le vider complètement de son sang. Finalement, après longtemps et je ne sus combien de temps, Victoria commença à se lasser et elle frappa mon père quelques fois avant de le laisser tranquille tout en le laissant tomber au sol sans ménagement. Il était à peine vivant et il respirait à peine. Je savais qu'en le voyant ainsi que c'était la fin pour lui, c'était ses derniers instants. Je ne pouvais pas la supporter, j'étais déchirée. Victoria regarda mon père une dernière fois avec un grand sourire satisfait sur son visage avant de faire son chemin vers moi. Mes yeux se durcirent en la voyant approchée. Mon père respirait difficilement mes ses yeux étaient concentrés sur moi.

« Maintiens là tranquille Riley pendant que je m'occupe personnellement d'elle… » Ordonna-t-elle sans me quitter des yeux.

Riley resserra encore plus sa prise sur moi et il piégea mes mains au-dessus de ma tête avec sa main libre tout en stoppant mes jambes qui se débattaient en se collant plus contre moi. Malgré cela, j'essayai toujours de me tortiller comme je le pouvais. Victoria s'arrêta sur le côté de Riley puis elle approcha la lame du couteau qu'elle tenait à quelques millimètres de mon visage. Ensuite, avec la pointe de la lame, elle traça un chemin à travers ma joue droite. Je la regardai froidement sans ciller et avec aucune peur ou crainte. D'un geste vif, elle passa rapidement la lame du couteau le long de ma joue. Je sentis aussitôt le sang couler le long de la coupure qu'elle avait faite et ça faisait un mal de chien, mais j'essayai de retenir mes gémissements de douleur. Avec la douleur que je ressentais, je pouvais largement deviner qu'elle avait créé une plaie très profonde.

« Dommage… Tu avais un si beau visage… Un visage d'ange. Maintenant, les hommes ne te regarderont plus de la même façon, avec des yeux remplis d'adoration et de désir, ils seront remplis de dégout et de mépris à la place. Aucun homme ne pourra t'aimer avec un visage hideux… Tu passeras le reste de ta vie seule et sans amour… » Se moqua-t-elle avec un rire froid dénué d'humour.

« Tu vas regretter cela Vicky, mon frère ne va pas laisser passer ça. Il va te faire endurer les pires souffrances. Tu n'aurais pas dû t'attaquer à moi. Il va se venger sur toi et crois-moi, quand il le fera… ça ne sera pas avec miséricorde. Je serais toi, je courrais aussi loin que je le peux parce qu'il va te chasser et il ne va pas s'arrêter jusqu'à ce qu'il mette la main sur toi…» Dis-je avec un sourire diabolique.

« Qui est ton frère ? » demanda Riley curieusement tout comme Victoria se moquait de mes dires.

« Regarde le bracelet sur mon poignet et Vicky va te dire à quel clan appartient la crête ainsi qu'à quel point mon frère est dangereux… Crois-moi, il peut être très sadique surtout avec les personnes qui s'en ont pris aux personnes à qui il tient » L'informais-je avec mes yeux haineux fixés sur Victoria.

Riley fronça les sourcils, mais fit ce que je lui avais dit. Il regarda les symboles avec confusion, mais Victoria eut les yeux écarquillés avec terreur. Cependant, elle reprit très vite un masque impassible. Je souris satisfaite.

« Qu'est-ce que c'est ? » demanda-t-il vers Victoria, mais celle-ci ne lui répondit pas.

« Le coven Whitlock… Mon frère est le major ou le dieu de la guerre si tu préfères… » Répondis-je avec un sourire béat en voyant sa peur, mais aussi celle de Victoria.

Victoria déglutit difficilement, mais se recomposa très vite. Avant de partir comme elle avait l'intention de faire, elle me poignarda sur le côté et je grimaçai de douleur ne voulant pas lui faire le plaisir de me voir hurler d'agonie tellement elle avait plongé le couteau profondément à plusieurs reprises. Elle retira avec une lenteur exagérer le poignard et me regarda avec mépris. C'était sûr maintenant… Jasper et Em allaient se faire un plaisir avec elle.

« Tu peux la relâcher Riley… » Déclara-t-elle sans me lâcher des yeux.

Aussitôt dit, Riley me relâcha sans ménagement et je retombai au sol en serrant les dents à l'impact de mon corps sur le sol. Espèce d'enfoiré ! Rapidement, Riley disparut dans un flou pour laisser Victoria avec moi. Elle me sourit de façon sadique avant de s'accroupir et de me poignarder à plusieurs reprises, mais cette fois dans le ventre. Des larmes que je ne pus retenir coulèrent d'elles-mêmes à la douleur que je ressentais et à ses coups violents. Une fois qu'elle se releva, elle lança le poignard à travers la pièce pour qu'il aille se loger dans le mur du fond avec un bruit sourd. Elle me donna un dernier sourire de prédateur et écrasa son pied au même endroit que James l'avait fait sur ma jambe. Je ne pus retenir mon cri d'agonie. Ensuite, elle disparut tout comme Riley plus tôt.

Respirant profondément pendant quelques instants, je restai ainsi immobile, mais bien vite je pensai à mon père et j'ouvris les yeux. Je devais absolument vérifier son état. J'espérais au fond de moi qu'il était encore en vie. Avec douleur, je rampai difficilement vers mon père, car cette putain m'avait brisé la jambe tout en laissant un chemin de sang sur mon passage et je me plaçai à côté de lui tout en le prenant dans mes bras comme je le pouvais ce qui n'était pas une tâche facile avec la douleur que je ressentais à cause de mes blessures plutôt profondes. Mon père était encore vivant, mais il ne l'était pas pour encore très longtemps. Il ouvrit les yeux et gémit montrant sa souffrance. Si seulement je pouvais l'aider et atténuer sa douleur…

« Oh papa… Ne me quitte pas… Je t'en supplie… » Pleurais-je en le serrant contre ma poitrine tout en essayant d'ignorer ma propre douleur et en caressant d'une main ses cheveux avec tendresse.

« Chut petite fille… ça va aller… Je serais toujours avec toi, je l'ai promis… Chante… Chante pour moi comme tu as l'habitude de le faire… » Murmura-t-il en toussant et en grimaçant de douleur tout en me regardant avec des yeux doux, mais tristes remplis de larmes contenues.

« Mais… » Tentais-je d'une voix tremblante toujours en pleurant.

« S'il te plait… C'est tout ce que je veux. Je désire plus que tout entendre une dernière fois ta belle voix pour m'accompagner dans cet autre monde. J'aurais tant voulu rester avec toi, mais tu sais comme moi que ce n'est pas possible et que c'est la fin pour moi. Souviens-toi de ce que je t'ai dit plus tôt dans la journée… Je suis fier de toi et cela pour tout ce que tu fais peu importe quoi ou ce qui se passe dans l'avenir, ne te préoccupe pas des autres mais de toi-même. Sois toi et si les gens ne l'aiment pas… eh bien, tant pis pour eux, c'est leur problème pas le tiens tant que tu es heureuse, c'est tout ce qui compte… Je t'aime ma petite fille. Mon corps te quitte peut-être, mais mon cœur et mon âme seront toujours avec toi à tes côtés à chaque jour qui passe… » Chuchota-t-il péniblement dans une respiration difficile en laissant enfin ses larmes tomber.

« Très bien… Si c'est ce que tu veux, je vais le faire… » Consentis-je avec une voix étouffée de chagrin et des larmes coulantes comme une tempête de pluie. Je n'arrivais pas à les arrêter.

D'une voix tremblante, je commençai alors à chanter les paroles de « Talking to the moon » de Bruno Mars, mais tout en berçant mon père dans mes bras et en sanglotant. Finalement, la chanson prit fin.

« Je t'aime ma petite fille… » Murmura mon père avant de fermer les yeux pour la dernière fois.

« Papa… » Appelais-je. « Papa… » Répétais-je plus fort en devenant de plus en plus hystérique et en le secouant, mais je ne reçus aucune réponse.

N'obtenant aucune réaction de sa part, je mis mon index sur son pouls pour constater que malheureusement, je ne sentis aucun battement, ni aucune impulsion.

« Non… » Murmurais-je quand je réalisai cela. « NON ! » hurlais-je en pleurant.

Mes sanglots doublèrent d'intensité quand je réalisai que mon père était mort et je laissai tomber ma tête contre l'endroit où battait normalement son cœur.

Au bout d'un certain temps, je relevai la tête et cherchai désespérément ainsi que frénétiquement avec une main tremblante mon téléphone portable dans une de mes poches. Une fois en main, je composai le numéro de Billy tout en essayant de me calmer et de faire cesser mes sanglots.

« Résidence Black… » Répondit la voix de Jacob quelques instants plus tard. Manquait plus que lui tiens !

« Bi-Billy… » Demandais-je d'un ton pressé et urgent en continuant à sangloter.

« Qu'est-ce que tu veux Bella ? » demanda Jacob d'une voix dure et brute quand il me reconnut.

« J'AI BESOIN DE PARLER À BILLY, CONNARD. C'EST URGENT ! » M'exclamais-je en hurlant d'une voix désemparée et désespérée me souciant que très peu si je criais ou pas.

« Bella ? Qu'y a-t-il, ma chérie ? » Demanda Billy d'une voix préoccupée un instant plus tard après un moment de silence et qu'il ait pris l'appel.

« Vic-Victoria… El-Elle est venue ici. Papa… Papa… Il… » Sanglotais-je hystériquement en commençant à avoir du mal à respirer, je commençais également à ressentir les effets de la perte importante de mon sang.

« Calme-toi, tout va bien se passer… Je vais envoyer quelqu'un pour prendre soin de tout cela et de vous deux. Tu restes en ligne… » Essaya-t-il de m'apaiser comme il le pouvait d'une voix calme et douce. « Comment va Charlie ? Est-il gravement blessé ? » Demanda-t-il avec anxiété et inquiétude.

« Il-Il est mort… » Répondis-je d'une voix brisée.

« Oh mon dieu ! Est-ce que toi tu es blessé ? » Demanda-t-il d'une voix étouffée.

« Oui… Elle m'a poignardé et m'a brisé la jambe. Je perds beaucoup de sang. Je-Je ne sais pas si-si je vais tenir encore longtemps, je suis si épuisé… » Murmurais-je à bout de souffle et d'une respiration difficile tout en essayant de rester consciente et éveillée.

« NE FERME SURTOUT PAS LES YEUX ! N'OSE PAS LE FAIRE… TU M'ENTENDS ISABELLA MARIE SWAN ! » Cria Billy en paniquant tout d'un coup en réalisant la gravité de la situation.

« J'ai plus la force… » Chuchotais-je en sentant les paupières de mes yeux de plus en plus lourdes avant que je me sente tombé sur le corps inerte de mon père et que l'obscurité me prenne, mais pas avant que j'entende la voix de Billy au téléphone hurler et une autre plus distincte, mais plus proche de moi.

« BELLA ! » entendis-je une dernière fois avant de sombrer dans le néant complètement.

Fin du flash-back.

Je me sortis de mes pensées et souvenirs quand je sentis quelque chose d'humide me poussant sur le côté. Je revins à moi et remarquai qu'Ombre s'était réveillé et s'était relevé aussi. Il se tenait au-dessus de moi avec sa tête à quelques centimètres de mon visage et il avait l'air inquiet ainsi que préoccupé. Sans doute à cause des larmes qui coulaient le long de mes joues silencieusement et abondamment. Pour le rassurer que j'allais bien et que ce n'était rien de grave, je lui fis un petit sourire rassurant même si je savais qu'il n'atteignait pas mes yeux. Dans le confort, Ombre lécha mon visage.

« Beurk ! » m'exclamais-je aussitôt en frottant la trace où il m'avait léché avec un morceau de mon t-shirt usé.

En faisant cela, je vis qu'Ombre remarqua ma cicatrice sur ma hanche ainsi que celles laissées sur mon ventre mais aussi celle prouvant mon opération. Celui-ci pencha la tête sur le côté en question.

« Ce n'est rien, ne t'en fais pas trop… juste quelques mauvais souvenirs indésirables… » Reniflais-je en touchant la longue marque sur mon visage laissé par Victoria sur cette soirée fatidique.

Il me regarda encore un instant avec sa tête penchée sur le côté dans la confusion. Il était vrai que personne ne savait avec exactitude ce qui s'était vraiment passé ce jour-là parce que j'en avais parlé à personne. C'était trop douloureux pour moi de le faire ainsi que beaucoup trop difficile à en parler sans que j'éclate en sanglots, mais je ne voulais surtout pas voir les regards remplis de pitié et de désolation des autres ou encore recevoir de faux mots de réconfort ou de fausses compassions et compréhensions quand les gens ne savaient pas ce que c'était de voir ton père mourir dans tes bras. Les seules personnes qui connaissaient la vérité sur le tout étaient Billy, Seth et Leah. Pour les deux derniers, je leur avais fait promettre de ne jamais rien dire à quiconque et surtout pas à Jacob Black, mais je ne voulais surtout pas qu'ils en parlent en présence d'autres personnes. Comme leur loup détestait plus que tout Jacob, il était simple pour eux de le cacher de lui.

Finalement, je me redressai sur mes coudes avec ma tête penchée un peu vers l'arrière et vers le haut en adressant un regard significatif au loup qui se trouvait au-dessus de moi. Aussitôt, il se dégagea de moi et me laissai libre de mes mouvements. Je me redressai alors complètement pour me retrouver dans une position assise puis je m'étirai afin de détendre mes muscles endoloris d'avoir passé ma nuit sur le plancher en bois et non sur un bon matelas douillet et confortable. Une fois fait, avec une petite grimace sur mon visage et un peu douloureuse à cause des mouvements pour ma hanche ainsi que ma jambe, je rassemblai la couette ainsi que l'oreiller dans un tas et me levai en les prenant dans mes bras.

« Bon, monsieur le loup… Je vais remettre tout cela dans ta chambre puis toi comme moi nous allons faire notre chemin vers ma maison et une fois là-bas, je vais te préparer un bon petit déjeuner, tu dois mourir de faim. Te connaissant comme je le fais, je suis sûr que tu n'as pas eu un repas correct depuis quelques jours, voir des siècles… » lui dis-je tout en m'avançant en boitant sur le perron en ouvrant la porte d'entrée et en pénétrant à l'intérieur pour ensuite me rendre à l'étage, déposer les articles dans mes bras à leur place initiale et enfin je refis mon chemin vers le bas pour sortir finalement de la maison.

Une fois que je passai la porte-moustiquaire et que je fus sur le perron, je m'arrêtai dans mon élan quand je vis Ombre sur la pelouse. Ce n'était pas sa petite amélioration et le fait qu'il avait changé de position qui me choquai et qui m'inquiétai aussi, mais ce fut le fait qu'il se tenait dans une position dominante en grondant vers Seth. Aussi vite, je courus les quelques mètres me séparant de lui comme je le pouvais sans me déclencher ou tomber et je me stoppai devant lui, faisant ainsi un barrage entre lui et Seth.

« Hé là grand garçon… Seth ne veut aucun mal. Il est là pour s'assurer que tu vas bien parce qu'il est préoccupé pour toi. N'oublie pas, c'est un des membres de ton pack, il ne fera jamais rien contre toi. En plus, c'est mon petit frère… » L'informais-je dans un ton rassurant même si j'étais tout sauf cela en ce moment. J'étais extrêmement inquiète et terrifier pour mon petit frère.

Si Sam l'avait vraiment voulu, il n'en aurait fait qu'une bouchée. Ombre était un loup très puissant et bestial, c'était un combattant, un guerrier dans l'âme, il était né pour ça, le rôle d'alpha lui convenait parfaitement. Enfin, Ombre cessa de grogner et il se calma doucement quand il vit que je n'allais pas bouger d'où je me trouvais. Tout en restant dans la même posture, je tournai ma tête légèrement vers Seth pour réaliser qu'il s'était transformé dans sa forme humaine.

« Retourne chez toi pour un peu te reposer et mets les autres au courant de tout ce qui s'est passé. Ensuite, tu viens chez moi et je te ferais à manger. Tant que tu y es… Dis au reste du pack de Sam bien sûr de se joindre à nous également même si je n'ai pas besoin d'invitation pour Paul. Le connaissant il va s'imposer de lui-même maintenant qu'il sait où je vis. Informe aussi Quil de prendre Claire avec lui, ça fait trop longtemps que je n'ai plus vu la petite puce… » Déclarais-je d'une voix douce et un clin d'œil avant de retourner une nouvelle fois mon attention vers Ombre qui avait ses babines retroussées de façon menaçante et dangereuse vers Seth avec des yeux meurtriers et féroces.

« OK. Avant de faire tout cela, je vais aller en patrouille un peu… Fais attention à toi Bell' s… » Dis Seth avant que j'entende les traces de ses pattes frapper le sol herbeux de l'été.

« Allons-y… Je vais te faire quelque chose pour remplir ton estomac. » Dis-je en me redressant et en frottant mes genoux pour faire partir les traces de terre et les quelques brins d'herbe sur mon jeans déchiré.

Eh bien… Heureusement que c'était un vieux. Il allait sans doute falloir que je le coupe afin de le transformer dans un short, car le jeans en question était bien trop usé maintenant pour tenir encore debout et de rester un simple pantalon.

Après que ma tâche fut accomplie, je commençai mon chemin vers la forêt, mais Ombre m'arrêta très vite dans mon élan en se plaçant devant moi afin de me stopper. Je le regardai un instant dans la confusion, mais très vite il se laissa tomber sur le sol tout en me regardant de façon significative. Pas moyen putain…

« Tu n'es quand même pas sérieux là ! Tu es beaucoup plus grand et plus haut que les autres ! Tu es complètement fou ! » M'exclamais-je en glissant une main dans mes cheveux dans un signe de nervosité.

Toutes les tentatives que je pouvais faire pour le dissuader étaient inutiles et je le savais. Sam était un homme très borné et têtu quand il le voulait, mais Ombre l'était encore plus. Je l'étais moi-même, mais contre la forme de loup de Sam, je ne pouvais pas gagner cette bataille. Après un moment et à la vue qu'il n'avait pas l'air de se décider à changer d'avis sur la question, je soupirai de défaite et résignation, mais aussi d'agacement de ne pas pouvoir tenir tête à Ombre. Quand il faisait ses yeux de chien battu, c'était ma faiblesse. Enfin, je m'avançai lentement avec hésitation vers lui.

« Bon… Très bien… Tu as gagné cette fois… Mais la prochaine fois, ça ne sera pas aussi facile que ça pour me berner dans tes plans à la noix. » Marmonnais-je dans ma barbe. J'avais l'impression d'agir comme un gosse qui n'obtenait pas ce qu'il voulait. En fait… J'agissais un peu comme Quil et Paul quoi…

Avec vraiment aucune envie, mais alors là aucune, j'enjambai Ombre et me laissai tombé sur lui puis je mis mes mains autour de son cou. Quand il constata que j'avais une bonne prise sur lui et que j'étais correctement installé en toute sécurité, Ombre se releva prudemment et avec douceur ainsi qu'avec attention pour ne pas m'effrayer et me faire tomber. Une fois rassuré que j'étais encore accroché à lui comme une bouée de sauvetage, il commença une marche lente que je remerciais silencieusement et il s'avança vers l'orée de la forêt pour enfin s'y engouffrer. Une fois qu'il eut fait quelques mètres dans les bois, il accéléra le pas pour que ça devienne une marche de plus en plus rapide et pour finalement devenir une course.

Contrairement à Paul, Ombre faisait attention quand il y avait des branches gênantes afin d'essayer que je ne les prenne pas en plein visage. Être sur le dos d'un loup était totalement différent que d'être sur celui d'un vampire quand il courrait à toute vitesse. Les deux espèces étaient bien différentes par de nombreuses manières.

Avec Edward, je n'aimais pas cela parce que non seulement il courait bien trop vite à mon gout, mais en plus de cela, il ne se souciait pas de moi ou de mon bien-être. Edward pensait que j'avais été qu'avec lui, mais il se trompait grandement.

En effet, quand Edward était en général à la chasse, Emmett trouvait toujours un moyen de venir et nous passions nos journées ensemble, il était vraiment le frère que je n'avais jamais eu et que j'avais toujours voulu avoir. Il m'avait à plusieurs reprises installé dans ses bras puissants avec délicatesse comme si j'étais le trésor le plus précieux du monde pour lui à l'inverse d'Edward qui me jetait sans douceur à chaque fois sur son dos comme si j'étais une vulgaire chose sans importance. À plusieurs reprises quand il faisait cela, je m'étais retrouvé avec des ecchymoses tellement il avait utilisé de forces. Peut-être que c'était ce que je représentais réellement pour lui après tout, une chose sans plus d'importance que ça. Sinon pourquoi m'avoir laissé la première fois comme il l'avait fait ainsi que la deuxième fois sans m'avertir qu'ils partaient tous ou peut être la façon qu'il m'avait traité pendant toute notre pseudo relation ? Pourquoi n'avais-je pas réalisé comment il était vraiment avant tout cela ? Je ne comprenais toujours pas, mais je savais une chose dont j'étais sûr, c'était qu'il y avait un truc de bizarre dans tout cela, quelque chose de non naturel.

Emmett et moi, nous nous étions vraiment rapprochés après le désastre de l'Italie quand ils étaient tous revenus dans ma vie comme si de rien n'était. Il n'y avait eu que Em et Jasper qui s'étaient réellement excusé et avaient tout fait pour se faire pardonner de leur abandon parce que oui ce n'était pas le fait qu'Edward m'avait quitté après mon 18e anniversaire qui m'avait le plus blessé et me faire sentir trahie, mais l'abandon de la famille complète. Avant que tout cela se passe, avec Emmett nous étions déjà très proches, mais notre lien fraternel s'est vraiment renforcé et finalisé quand ils étaient tous revenus. Jasper plaisantait toujours en disant que nous étions des jumeaux perdus ou que nous avions été des jumeaux dans une autre vie.

J'aimais aussi le fait que j'avais eu la possibilité de vraiment connaitre Jasper et de voir la personne qu'il était vraiment sans le contrôle et les manipulations d'Alice sur lui. J'avais été triste quand il avait décidé de quitter la famille Cullen, mais si cela le rendait plus heureux et que c'était ce qu'il voulait vraiment qui étais-je pour l'en empêcher ? Je voulais son bonheur. Il le méritait plus que tout, plus que quiconque.

Finalement, au bout d'un très long moment, Ombre et moi, nous franchîmes la limite des arbres donnant sur ma propriété. Je souris avec nostalgie en la voyant apparaitre souhaitant que mon père fût là pour voir ce que j'avais fait du terrain où il venait pécher le week-end, c'était vraiment un petit coin de paradis, c'était parfait pour moi. Il me fallait ce genre d'endroit, un lieu isolé de tous et de tout, mais entouré de la nature. Depuis petite, je m'étais toujours sentie reposée, en paix et en harmonie quand j'étais en contact avec la nature en général. Je me sentais bien. Ombre s'arrêta et je contemplai la maison que j'avais construite.

Après ma sortie de l'hôpital un peu de temps après la mort tragique de mon père, j'étais retourné dans la maison que j'avais partagée avec lui, mais vivre dedans m'étais vraiment pénible e difficile. À chaque fois que j'entrais dans le hall d'entrée ou dans le salon, je me souvenais de ce qui s'était produit et à chaque fois, je finissais en pleurant ainsi qu'en me balançant d'avant et d'en arrière ou tout simplement en me retrouvant dans une position fœtale en sanglotant hystériquement. Le plus souvent, c'était mon adorable Seth qui me trouvait dans un état lamentable et qui me calmait. Je ne le remercierais jamais assez pour tout ce qu'il avait fait pour moi. Il avait été le seul à m'aider et à me soutenir dans mes moments de besoins et difficiles. Bien sûr, il y avait eu Leah mais à ce moment-là, je n'étais pas aussi proche d'elle que son frère et donc, ça n'avait pas été la même chose. Nous nous étions vraiment rapprochés par la suite mais je n'avais pas la même relation que celle que j'entretenais avec Seth. Elle était plus une grande sœur voir une mère comme je voyais à présent Rosalie. Billy avait également essayé d'être là mais avec Jacob dans le chemin, il n'avait pas pu le faire tout le temps. Concernant Renée… Eh bien disons qu'elle avait complètement disparu de la surface. Phil avait également été présent et m'avait aussi beaucoup aidé mais avec sa carrière en pleine croissance, ce n'était pas évident pour lui de se libérer comme il le voulait, il avait beaucoup de responsabilités mais je ne lui en voulais pas du tout. Au contraire, j'avais gardé le contact avec lui par téléphone et par e-mail. Je le voyais comme un grand frère et un meilleur ami. Je l'appréciais vraiment…

Heureusement que quand j'étais sorti de l'hôpital près d'une bonne semaine plus tard après le drame, Billy s'était chargé de faire nettoyer la maison afin que je ne voie pas le gâchis qui avait eu lieu dans le salon, je n'avais eu plus qu'à me soucier des arrangements funéraires parce que je n'avais pas vraiment la tête à autre chose avec mon rétablissement et ma convalescence, mais aussi la très mauvaise nouvelle que j'avais reçue à l'hôpital. Mais même avec ce que Billy avait fait de la maison en attentant ma sortie de l'hôpital, je n'avais pas eu la force de rester très longtemps dans la maison, ce fut pourquoi Phil m'avait apporté dans le motel à la sortie de Forks en attendant que je me rétablisse comme je le devais et que toutes les affaires de mon père étaient réglés pour que je puisse habiter ailleurs. Bien entendu, il avait fait en sorte que Sue, la mère de Leah et de Seth, qui était une infirmière prenne soin de moi.

En effet quand Victoria m'avait poignardé à plusieurs reprises dans mon ventre provoquant des plaies très profondes, elle avait gravement endommagé mon utérus. Les médecins avaient tout essayé pour réparer les dégâts comme ils l'avaient pu, mais il y avait eu certaines complications pendant l'intervention chirurgicale et j'avais eu une hémorragie interne. Ils avaient failli me perdre à plusieurs reprises, mais ils avaient réussi à me sauver par je ne savais toujours pas quel miracle, mais pas avant qu'ils furent forcés de me faire une hystérectomie et donc quand je m'étais réveillé, ils m'avaient annoncé que je ne pourrais jamais avoir d'enfants. J'avais eu un moment avant d'accepter ce fait, mais Billy et Seth avaient réussi à me calmer. À mon avis, c'était à ce moment-là que je m'étais rapproché de Leah car elle et moi avions maintenant ce point commun même si elle, elle avait encore une chance d'avoir des enfants un jour quand elle arrêtera de se transformer en louve. Pour moi, c'était permanent malheureusement. Il était certain que quand j'allais revoir Victoria la prochaine fois, j'allais lui faire payer pour ça.

Quelques jours après l'enterrement de mon père avaient passé quand j'avais reçu l'appel d'un avocat de Seattle me demandant de passer à son bureau pour la lecture du testament de mon père ainsi que de ses dernières volontés. Quand je m'étais rendu à son bureau j'avais été choqué qu'en fait l'avocat de mon père fût aussi celui de Jasper, mais également celui des Cullen. C'était vraiment ironique comment le monde était petit mais je savais qu'il travaillait plus pour Jasper que pour les Cullen. Jasper avait un moyen naturel pour intimider les gens sans faire grand-chose, il portait un air dangereux et menaçant. Je me souvenais encore de la première que je l'avais vu et je m'étais dit que ce n'était pas le genre de personne qu'il fallait faire chier.

Dire que j'avais été surprise quand j'avais appris de ce que j'avais hérité était un euphémisme. Apparemment, depuis ma naissance, mon père avait mis une très grande somme d'argent et de biens de côté pour moi. J'avais également hérité de tous les biens et de l'argent de la famille Swan. Qui aurait pensé qu'en réalité la famille Swan était l'une des familles les plus fortunées et cela depuis des générations dans le monde entier. La famille Swan dépassait même les Cullen. Quand il m'avait révélé ce petit détail j'avais éclaté de rire et ensuite lui avait fait un sourire béat et de merde tellement j'aurais voulu voir la tête d'Eddy et les trois autres Cullen que je méprisais à présent. J'avais même envoyé une petite vision à Alice rien que pour la narguer, j'aurais tant voulu être une petite souris pour voir la réaction qu'elle avait eu quand elle avait reçu ma vision. Elle avait certainement dû pleurnicher comme une petite fille à l'injustice de sa vie…

Au départ, ce terrain n'était qu'à moitié à mon père, je ne savais même pas que c'était à lui jusqu'à ce que Jason Jenks m'en ait parlé. L'autre moitié avait été partagée entre Billy et Harry Clearwater, le père de Leah et de Seth. Quand j'étais sorti du bureau de Jenks, j'avais regardé Seth avec de grands yeux choqués, ce dernier m'avait accompagné pour le soutien. Je lui avais aussi demandé de me conduire à son père parce que j'avais une idée brillante et fantastique. Quand j'étais arrivé là-bas, j'avais proposé à Harry d'acheter sa part du terrain parce que je voulais vivre dans un endroit proche de mon père et quoi de mieux que l'endroit où il allait pécher quotidiennement. Avec la condition qu'Harry pouvait continuer à venir pécher, il accepta avec un grand sourire tout comme Billy d'ailleurs. Pour lui, j'avais fait également améliorer sa maison pour son état physique afin qu'il puisse se débrouiller par lui-même sans l'aide de personne parce que je savais que c'était quelque chose qui le gênait et qui l'irritait fortement. Bien sûr… il y avait eu quelques protestations de sa part, mais finalement il avait accepté pour mon plus grand plaisir et en échange je lui avais promis de lui cuisiner ses repas le plus souvent possibles. J'avais effectivement apporté quelques améliorations, mais elles étaient seulement pour le bien de Billy. Jacob pouvait allait se faire foutre…

Depuis la mort de mon père, beaucoup de choses avaient changé, mais j'avais surtout changé moi-même dans mon comportement et dans ma personne plus particulièrement, je n'étais plus la même fille qui se laissait marcher sur les pieds. Je m'étais endurci et j'étais aussi devenu une vraie garce, voire une chienne à certains moments. J'en avais ras le bol que les gens me marchent dessus, me mentent ou me manipule comme bon leur semblait. Donc, j'avais commencé à dire ce que je pensais aux gens en ignorant ce qu'ils pouvaient bien en penser. J'étais une personne très froide à présent surtout avec certaines personnes avec qui je ne me sentais pas à l'aise ou en confiance. Même quand j'allais faire de simples courses, Lauren faisait demi-tour quand elle me voyait entrer dans le magasin, car la dernière fois que je l'avais croisé, je lui avais clairement fait comprendre de ne pas me faire chier où elle en payerait gravement le prix, mais aussi d'arrêter d'emmerder Ben et Ange comme elle faisait. Tout comme Rose, on me nommait la reine des glaces.

Au bout d'un certain temps, je me sortis de mes pensées et Ombre s'abaissa sur le sol afin de me laisser aller. Je descendis de lui avec un sourire et je marchai vers la grande maison. Certes, ce n'était pas une villa comme celle des Cullen ou même un manoir, mais c'était ma maison, mon bébé, ma fierté. C'était un long travail difficile que j'avais réalisé avec mes propres mains et mes efforts. Il avait fallu un très long moment, mais finalement j'avais réussi à accomplir mon rêve même si ce n'avait pas été facile tous les jours avec mon handicap mais Seth et Leah avaient été là, pour m'aider.

Avec un regard sur Ombre pour vérifier s'il me suivait, je montai les quelques marches en bois du perron, ouvris la porte-moustiquaire et enfin la porte d'entrée en bois peint en blanc avec le dessin d'un signe sculpté dedans, un travail de Seth. Le symbole de la famille Swan.

« Tu comptes rester sur le perron toute la journée ou tu vas entrer à l'intérieur ? Tu sais… C'est assez grand pour toi et je peux faire de la place si tu ne tiens pas à reprendre une forme humaine tout de suite. » L'invitais-je en laissant la porte grande ouverte.

Ombre me fixa un instant semblant réfléchir à la question puis il se décida à entrer. À l'intérieur, je poussai contre le mur l'un des canapés et repoussai sur le côté la table basse du salon pour qu'il puisse s'installer sur le tapis duveteux. Ce tapis était un cadeau du vieux Quil, l'un des ainés et le grand-père de Quil. Lui et moi, nous nous entendions plutôt bien malgré son caractère grognon. Une fois l'espace libre, je me reculai afin de laisser la place à Ombre qui se coucha en boule et qui m'observa attentivement. Je soupirai tristement en secouant la tête dans un geste incrédule.

« Tu ne veux pas faire revenir Sam pour moi ? Il me manque, j'ai envie de sentir ses bras chauds autour de moi et d'avoir de longues conversations comme j'avais l'habitude d'avoir avec lui avant que toute cette histoire avec Jacob commence... » Murmurais-je en le fixant dans les yeux cherchant le moindre signe que Sam allait revenir.

Ombre se contenta de cligner plusieurs fois des yeux puis il déposa sa grosse tête entre ses deux pattes de devant la posant sur le tapis en peau d'animal tout en m'ignorant par la suite. Je savais parfaitement qu'Ombre avait besoin d'être en contrôle, mais qu'est-ce que Sam pouvait me manquer terriblement. Je ne l'avais plus vu depuis ma confrontation avec Jacob. Donc ça faisait un bail…

« Très bien comme tu le voudras c'est toi qui décides après tout, je ne vais pas te forcer à le faire pour le moment… » Soupirais-je. « Mais je te garantis une chose, c'est que je vais aller parler au vieux fou pour trouver une solution à ce méga problème. Crois-moi, je vais tout faire pour le régler ! »Dis-je fermement avec un visage sérieux et grave montrant à quel point j'étais sincère avant que je me retourne et que j'aille vers la cuisine préparer un petit quelque chose pour ce loup borné.

La cuisine était plutôt une grande pièce, car j'aimais cuisiner et passer mon temps dedans, mais il me fallait aussi de la place surtout depuis que je boitais à cause des blessures que m'avait infligées Victoria. Non seulement, elle m'avait poignardé et avait touché ma hanche par la même occasion, mais elle avait aussi fait de gros dégâts quand elle avait frappé son pied où James l'avait fait. J'avais déjà eu une fracture assez importante qui n'était pas entièrement guérie et donc en faisant cela, elle avait aggravé encore plus les choses pour ma jambe, ce qui en résultait pour moi de boiter et d'avoir encore mal certaines fois quand je faisais des mouvements inappropriés. Je ne pouvais plus faire certaines choses que j'avais aimées faire avant, comme la moto ou la course par exemple. Il me fallait aussi de l'espace pour ma sœur et mon frère quand ils venaient me rendre visite, mais je devais aussi en avoir pour que Billy puisse circuler avec sa chaise roulante librement. J'aurais aimé qu'il me rende plus souvent visite, mais il était un peu limité pour conduire une voiture, il devait absolument avoir un chauffeur.

Les murs étaient peints d'un gris souris et les meubles de la cuisine équipée étaient d'un bleu turquoise foncé allant plus vers le bleu que vers le vert, c'était en fait le juste milieu. Les poignées des portes étaient en aluminium. Dans le centre de la pièce se trouvait un ilot central qui servait de bar et de table en même temps à certains moments surtout quand j'étais seul pour manger, il était aussi assez grand et de couleur grise pour l'épaisse tablette en bois sur le dessus et les portes des armoires de l'ilot étaient d'un bleu turquoise. La cuisine en général était très éclairée et illuminée grâce aux grandes doubles portes vitrées dans le fond de la pièce prenant tout un mur à elles seules, mais il y avait d'autres fenêtres également dans la pièce. C'était un choix personnel parce que j'aimais voir le paysage forestier le matin, mais j'aimais aussi cuisiner en profitant de la vue merveilleuse des arbres et de la forêt environnante. Devant ces grandes portes vitrées était installée une grande table en bois noire que je pouvais rallongée à volonté.

Réfléchissant quelques secondes à ce que je pourrais préparer pour le groupe de loups qui allaient certainement être affamés et qu'en plus Ombre n'avait pas encore manger un bon repas de la journée, je décidai d'abord de lui concocter un petit quelque chose puis j'allais m'occuper du repas de midi pour plus tard quand les autres seront là.

Au bout d'une bonne demi-heure à cuisiner, je me dirigeai vers le salon et déposai une assiette avec une omelette aux poivrons, oignons, pommes de terre et lardons devant Ombre. Celui-ci renifla quelques instants avant de commencer à manger avec appétit et délice. Le laissant seul et tranquille, je retournai dans ma cuisine à mes fourneaux et commençai à cuisiner deux plats différents. Mes lasagnes Swan et mes spaghettis à la bolognaise faite maison. Bien entendu, je me chargeai en premier lieu des lasagnes étant donné qu'elles étaient plus longues à préparer et à cuire. Pendant qu'elles cuisaient dans le four, j'en profitai pour préparer à mon aise la sauce bolognaise. Je commençai donc à hacher les oignons puis à les faire dorer. Ensuite, je fis colorer la viande et ajouta des poivrons ainsi que des champignons pour enfin terminer par y mettre la purée de tomates ainsi que les épices nécessaires. Satisfait que tous les ingrédients furent ajoutés comme il se le devait, je laissai la sauce mijoter un peu. Une heure plus tard, mes lasagnes étaient cuites et ma sauce était prête.

Présentement, j'étais occupé à découper les légumes pour la salade quand j'entendis un boucan pas possible venant du salon. Eh bien, on dirait que les garçons et Leah étaient arrivés en fin de compte… Secouant la tête, je les ignorai et continuai ce que j'étais en train de faire comme si de rien n'était.

« Tante Bella… » Murmura une toute petite voix enfantine de derrière moi.

Je posai mon couteau sur le comptoir, essayai mes mains avec un essuie puis je me tournai pour apercevoir la petite Claire qui avait bien grandi depuis la dernière fois que je l'avais vu, cette petite princesse était en fait l'imprégnée de Quil et elle le faisait tourner bourrique depuis le tout début. Elle se tenait à l'entrée de la cuisine en se tordant les mains dans la timidité et la nervosité. Je lui souris joyeusement afin de la rassurer puis je m'accroupis comme je le pouvais à cause de ma hanche et j'ouvris grand mes bras pour qu'elle vienne à moi. Quand elle vit cela, elle se précipita à toute hâte et à toute vitesse pour ensuite se loger dans mon étreinte tout en me serrant de toutes ses forces. Un instant plus tard, je me relevai avec elle accroché autour de ma taille comme un petit singe.

« Tu m'as manqué énormément, ma petite puce… » Dis-je avec des larmes aux yeux en caressant tendrement ses longs cheveux noirs.

« Moi aussi… Méchant Jacob et méchante Emily ne voulaient pas que je vienne te voir, mais maman est venue et a dit que je pouvais si je le voulais. Maman t'aime beaucoup… » Murmura-t-elle d'une petite voix d'enfant tout en jouant avec l'une des mèches de mes cheveux en la tournant autour de ses doigts.

La dernière fois que j'avais vue Claire, elle allait avoir quatre ans, c'était un peu avant l'obtention de mon diplôme il y a deux ans de cela. La dernière fois que je l'avais vu, c'était lors de ma confrontation avec Jacob. Maintenant, Claire avait bien grandie dans une magnifique petite fille, elle avait à présent six ans. Tant de temps avait passé depuis et tant de temps avait été perdu à cause de Jacob.

« Tu as faim, princesse ? » demandais-je avec un doux sourire.

« Oui ! » cria-t-elle avec bonheur en frappant énergiquement des mains dans l'excitation et l'enthousiasme.

« Hé Bell' s qu'est- ce qu'on mange ? » demanda Quil en entrant dans la pièce tout en se frottant le ventre avec sa main sans aucune salutation. Non mais quel impoli celui-là !

« Si tu n'utilises pas un autre ton avec moi, tu n'auras rien du tout… Je ne suis pas ta bonne… Compris ? » Répliquais-je aussitôt avec un sourcil relevé.

Il ne répondit pas, mais déglutit parce qu'il savait que j'étais très sérieuse à ce sujet. Sans un autre mot, il se retourna et alla rejoindre les autres. Je secouai la tête amusée. En souriant sincèrement pour une fois depuis bien longtemps, je reposai Claire sur ses deux pieds puis allai vers la table en bois et commençai à mettre la table pendant le temps que les pâtes cuisaient dans l'eau salée.

Environ un quart d'heure plus tard, j'installai la salade et le parmesan sur la table. Je fis reculer Claire avec moi en nous mettant contre le comptoir de la cuisine afin de ne pas être bousculé ou dans le chemin quand la bande de goinfres arriveront dans la pièce comme un troupeau d'éléphants.

« À TABLE ! » criais-je d'une voix forte et élevée avec un sourire narquois en sachant comment il allait réagir.

Immédiatement, Paul, Jared, Quil, Seth et Leah se ruèrent dans la cuisine suivie de la forme en loup de Sam et ils coururent tous vers la table en s'installant rapidement avec impatience.

« Tu n'es quand même pas sérieuse là, beauté ! Tu ne vas pas nous faire manger de la salade ! On est des loups pour ton info pas des lapins bouffeurs d'herbe ! » S'exclama Paul avec incrédulité.

« Si tu me permets, espèce de grand crétin… Je vais d'abord servir Claire puis mettre une part de côté pour Billy ainsi que pour vieux Quil puis je vais moi-même me servir une assiette si vous voulez bien me le permettre et seulement après, je mettrais les plats sur la table pour que vous puissiez tous les dévorer à votre faim, mais n'oubliez pas Sam aussi non ça ira très mal pour chacun de vous. Est-ce que j'ai été assez clair ou dois-je me répéter ? » Dis-je d'une voix ferme avec un sourcil relevé afin de voir s'ils étaient assez intelligents pour me laisser faire ce que bon me semblait.

« Mais… » Protesta Quil avec une moue d'un enfant qui n'avait pas ce qu'il voulait.

« Pas de mais Quily ou je le dis à grand-père Quily ! » le gronda Claire avec des yeux innocents.

En voyant les yeux de Quil s'écarquiller de peur puis se ramollir en regardant Claire, j'éclatai de rire, car son visage était si drôle à voir. Je préparai donc les quelques assiettes avant de mettre les plats sur la table et de servir une part pour Ombre. J'eus à peine le temps de sortir du chemin quand ils se ruèrent tous sur la nourriture. Je secouai la tête en roulant des yeux. On dirait qu'ils n'avaient jamais rien eut à manger de leur vie… Les choses n'avaient pas beaucoup changé à ce sujet. Ensuite, je posai l'assiette plutôt généreuse devant Ombre avec une caresse sur sa tête et je fis enfin mon chemin vers Claire. Je l'installai sur l'un des hauts tabourets de l'ilot central, mis son assiette devant elle et m'asseyais enfin à côté d'elle tout en commençant moi-même à manger ma propre assiette de nourriture tout en discutant avec Claire sur ce qui s'était déroulé chez elle depuis la dernière fois. En milieu de repas, Ombre vint s'installer à mes pieds et ferma les yeux pour dormir. Je souris avec affection en voyant cela, mais bien vite je reconcentrai mon attention sur Claire. Elle avait un débit de parole incroyable…