Chapitre 6 : Libre.
Une fois en dehors de la maison de Billy, j'allai du côté conducteur de ma voiture me retrouvant donc avec mon dos aux autres. S'ils ne me provoquaient pas, je n'allais rien faire sinon ça serait le cas contraire. Paul me regarda avec ses bras croisés et un sourcil relevé dans l'attente. Merde ! Je lui avais promis qu'il pourrait conduire mon bébé s'il se comportait. Soupirant de défaite, je lui tendis les clés à contrecœur, mais avant qu'il puisse les prendre, nous fumes interrompus dans notre échange silencieux par des personnes non désirables et plutôt dérangeantes.
« HEY PAUL, C'EST QUI LA CHAUDASSE QUI T'ACCOMPAGNE ? ENCORE UNE DE TES NOMBREUSES CONQUÊTES ? » Cria la voix d'Embry d'où il se tenait avec Jacob et Emily avant d'éclater de rire en se croyant drôle.
« Ferme-la, Call surtout si tu sais ce qui est bon pour toi ! » rétorqua sombrement Paul aussi vite en grognant.
Je me raidis au commentaire d'Embry. Non, mais pour qui il se prenait celui-là. S'il y avait bien une chose que je détestais plus que tout, c'était ce genre de commentaire. Je savais que depuis toujours j'attirais facilement l'attention sur moi surtout des hommes en général même celle de quelques femmes, mais ce n'était pas vraiment mon truc, mais merde, ce n'était pas une raison de me traiter comme la pire des salopes qu'il puisse exister ou me comparer à une putain pas chère et de basse gamme. Il y avait seulement que quelques personnes à qui je permettais de plaisanter sur mon physique et Embry ne faisaient pas partie de ce groupe. Paul, par contre…
Après quelques instants et quelques inspirations profondes, je serrai mes poings le long de mes côtés avant que mes yeux se rétrécissent dans des fentes et qu'un sourire sombre, mais à la fois diabolique se dessine sur mon visage. Paul écarquilla les yeux en voyant cela, car il avait appris par expérience que cette expression ne présageait rien de bon. Avant de faire quoi que ce soit, je lançai mes clés de voiture à Paul puis je me retournai très lentement comme au ralenti. Délibérément, je m'avançai d'une démarche prédatrice et féline.
« La chaudasse comme tu l'appelles si bien, Embry Call a un nom et elle sait parler pour elle-même… » Dis-je une fois que j'atteignis Embry et que je fus à quelques centimètres de son visage avec la tête penchée sur le côté tout en utilisant une voix froide et dure.
De l'odeur que je perçus, je pouvais déceler la présence de Paul un peu en arrière de moi. Apparemment, mon odorat était aussi développé. Je tournai légèrement la tête pour le voir avec ses bras croisés, un sourire narquois et des yeux froids posés sur les trois personnes avec nous. Dans son regard, il y avait tant de mépris et de dégout. Je devais dire, je ne lui en voulais pas du tout de se sentir à cet égard vis-à-vis de ces trois-là même si pour Embry j'étais triste et blessé qu'il avait pris le parti de Jacob et qu'il avait fait comme si notre amitié ne représentait rien à ses yeux. Pourtant, dans un sens, lui et moi étions plus ou moins semblables. Je pensais qu'il avait assez de volonté et de force en lui pour combattre l'ordre alpha de Jacob et donc reconnaitre Sam plutôt que ce crétin comme son alpha, mais en le voyant aux côtés de cet idiot, je me rendais compte que je m'étais trompé. Ne jamais juger une personne d'un point vu extérieur, mais le faire par ses actions. Mon père m'avait dit de faire attention à ce genre de personnes, mais je n'avais pas pensé qu'Embry puisse être ce genre de personne, le genre faux cul et hypocrite, j'aurais dû le savoir mieux que d'ignorer le conseil de mon père. Disons aussi que quand il m'avait parlé de cela, je me remettais tout juste du premier départ des Cullen donc j'étais un peu déboussolé et pas moi-même.
« Qui es-tu ? Comment connais-tu mon nom ? » Demanda Embry d'une voix plus sérieuse avec un froncement de sourcils tout en m'étudiant intensément.
« Eh bien… » Dis-je d'une voix trainante en me reculant d'un peu et me plaçant légèrement en avant de Paul. « Je suis franchement blessé Embry que tu ne me reconnaisses pas. Pas après toutes les fois que nous avons passé notre temps ensemble à lire et à étudier, pas après tout le temps que j'ai consacré à t'aider pour tes études et tes leçons ou à t'expliquer ce que tu ne comprenais pas… Suis-je si méconnaissable Paul ? » Fis-je ironiquement en tournant ma tête un court instant vers le dénommé.
« Non, Beauté, tu ne l'es pas… loin de là. » Répondit-il en louchant sur ma poitrine avec insistance.
À cela, je m'avançai vers lui et lui frappai l'arrière de la tête quand je le parvins.
« Aie ! » s'exclama-t-il faussement blessé en se frottant la tête même s'il n'avait pas mal du tout et que je n'avais pas utilisé assez de force pour lui causer des dommages. Quel comédien celui-là…
« Arrête de loucher sur mes seins pervers ! » le réprimandais-je avec des yeux plissés. Merde ! J'avais trop trainé avec Leah, je devenais comme elle… aussi chienne.
« Qui es-tu ? » demandant grossièrement Jacob en nous interrompant tout en bombant son torse se croyant intimidant, mais il était loin du résultat désiré. Il en fallait beaucoup plus pour me faire peur ou me faire reculer.
« Quelqu'un que tu ne devrais pas faire trop chier, Jacob Black… » Répondis-je tout simplement en tournant mon regard vers lui puis en jetant un coup d'œil à Emily et en retournant aussi vite mon attention vers lui. « Tiens… Je vois que tu as pris les restes de Sam... Même pour toi c'est pathétique et lamentable… » Déclarais-je avec un rictus sur mon visage en dévisageant Emily avec mépris et dégout.
« NE PARLE PAS D'ELLE COMME ÇA ! TU NE L'AS CONNAIS MÊME PAS ! » S'énerva-t-il en commençant à trembler, ce qui provoqua l'éloignement soudain d'Emily de lui.
« C'est vrai je ne la connais pas si bien que toi apparemment, mais assez pour savoir quel genre de femme elle est vraiment. » Me contentais-je de répondre sans être perturbé par son éclatement ou ses tremblements.
« Tu ne la connais pas ! » répéta-t-il fermement entre ses dents tout en essayant de maintenir ses tremblements afin de ne pas phaser.
« Oh vraiment ! Pourtant c'est vrai ce que je dis et tout le monde le sait autour de la Push. Quand Sam a brisé le lien d'imprégnation, elle s'est pourtant précipitée ici dans tes bras afin que tu la baises comme la petite chienne en chaleur qu'elle est réellement ! » Rétorquais-je en souriant largement quand je vis son visage pâlir si ce c'était même possible.
« Comment oses-tu ? » s'indigna Emily en s'avançant vers moi et en essayant de me gifler au visage.
Eh bien… comme toujours, il y avait que la vérité qui blessait…
Avec mes nouveaux réflexes acquis et ma rapidité, j'attrapai facilement son bras avec une main et de l'autre, je lui envoyai mon poing en plein visage et sans ménagement. Elle tomba au sol sous le coup tout en prenant son nez ensanglanté dans ses mains et en me regardant avec colère, mais aussi surprise. Si j'étais la fille d'un flic, ce n'était pas pour rien. Elle aurait dû savoir mieux que de me provoquer.
« Si tu savais seulement depuis combien de temps j'ai voulu et eu l'envie de faire ça, je dois dire que ça fait du bien. Tu te crois plus puissante et plus haute que toutes les autres personnes dans cette réserve et dans le pack parce que tu as eu un alpha sous ton contrôle et qu'à présent tu en baises un autre. Ne le nie pas, tu pues son odeur. La vérité, c'est que tu es une honte pour toutes les femmes, mais aussi pour ta famille. Quelle femme prendrait un homme qui est déjà pris par une autre et surtout quand il s'agit de l'homme de sa propre cousine, sa chaire et son sang ? Tu me dégoutes tellement, je suis heureuse que Sam ait enfin vu qui tu étais vraiment. Une chienne sans valeur qui écarte ses jambes pour tous les hommes qui passent et cela à la moindre occasion pour aboutir à ses fins. Tu es une vraie salope. Non pire que ça, tu es une vraie putain ! » Déclarais-je d'une voix glaciale et des yeux méprisants et furieux.
« COMMENT OSES-TU ? » cria Jacob en levant à son tour la main tout en se rapprochant à toute vitesse.
Avant que Paul intervienne comme je savais qu'il allait faire pour me défendre, j'esquivai le coup de Jacob et frappai dans son aine avec le bout de ma botte et cela avec toutes mes forces. Il tomba à genoux en hurlant de douleur et d'agonie en me regardant avec des larmes aux yeux. Je souris victorieusement et de satisfaction. S'il y a bien quelque chose que les hommes n'allaient jamais apprendre, c'était de ne pas essayer de frapper une femme et surtout pas quand elle porte des talons, mais surtout pas quand elle est déjà très en colère. J'ignorai Jacob et m'approchai d'Emily puis je la tirai vers moi par ses cheveux en les tirant durement ce qui lui provoquai de gémir douloureusement. Ensuite, je mis ma bouche à côté de son oreille avant de prendre la parole.
« Ne t'approche plus jamais de Sam et ne tente rien à nouveau pour le faire tomber à tes pieds ou pour le séduire afin de le récupérer. Si tu le fais, je le saurais et tu n'aimeras pas du tout les conséquences de tes actes. Tu as beaucoup trop joué avec lui et avec sa vie à mon gout. Tu as eu de la chance cette fois-là qu'Ombre ne t'a pas tué. Maintenant, il est temps de le laisser tranquille une bonne fois pour toutes. Ne joue pas avec moi, ma sœur ne t'as peut-être rien fait pour lui avoir pris Sam, mais je ne suis pas elle, je n'ai aucun scrupule à te faire payer si tu tentes encore quelque chose. Je ne suis plus une personne avec qui il faut jouer. Trop de choses se sont produites dans ma vie pour rester la même personne que j'étais autrefois et pour que je laisse des personnes comme toi me marcher sur les pieds. Cette époque est terminée pour de bon avec la mort de mon père… N'essaie surtout pas de me chercher à nouveau, car tu n'aimeras sans doute pas le résultat. » Déclarais-je sombrement d'une voix menaçante dans son oreille puis je la relâchai brutalement et j'allai rejoindre le coté de Paul qui me regardait avec admiration et fierté pour ce qu'il avait entendu parce que j'avais fait en sorte qu'ils entendent tous ce que je disais à Emily.
Là, je fixai Jacob et Embry avec un sourcil relevé dans le défi tout en croisant mes bras sur ma poitrine avec un air de confiance et d'assurance. Oui, je n'étais certainement plus la fille naïve et stupide que les Cullen avaient appris à connaitre, c'était juste un acte à cause des manipulations d'Edward. Les seuls qui avaient vraiment vu le vrai moi étaient Jasper et Emmett.
« Que se passe-t-il ici ? » demanda subitement une voix féminine en se rapprochant de l'endroit où nous nous trouvions tous.
Je me retournai pour voir Leah ainsi que Seth et Sue courir dans notre direction. Quand ils furent assez proche et à quelques mètres de nous, je me dégageai de la vue afin qu'ils puissent témoigner d'eux-mêmes du spectacle que j'avais produit à moi toute seule sans aucune aide. Leah s'arrêta brusquement quand elle vit l'état d'Emily et elle l'a regarda avec de grands yeux tout comme Sue le fit tandis que Seth eu un sourire amusé en voyant l'état pitoyable de Jacob, mais aussi celui d'Emily affalée à moitié sur le sol.
« Quand on parle de la louve, elle doit montrer nécessairement sa queue… » Murmurais-je sous mon souffle en roulant des yeux à la venue de ma sœur.
Un instant plus tard, un grand sourire et une expression de pure satisfaction ainsi que de fierté, d'émerveillement et de contentement apparu sur le visage cuivré de Leah.
« Eh bien… on dirait que finalement le karma t'a trouvée avec force, chère cousine de la mienne. » Chantonna-t-elle joyeusement en ricanant à la fin avant d'éclater de rire. « Qui a fait cet exploit pour que je remercie cette personne ? » demanda-t-elle quand elle se fut calmée suffisamment.
« C'est elle la coupable ! » ria Paul en me désignant de son pouce avant de laisser tomber un de ses bras sur mon épaule.
Leah me regarda avec un sourcil relevé puis elle fronça ses sourcils dans la confusion qui je pouvais bien être réellement.
« Bella ? » demanda-t-elle en état de choc avec de grands yeux en réalisant qui j'étais vraiment. « Comment ? » ajouta-t-elle au bout de plusieurs minutes.
« Bella, tu peux m'expliquer ce qui se passe ici et qu'as-tu encore fait ? » demanda la voix de Billy qui nous rejoignis dans sa chaise roulante. Merde ! Je l'avais complètement oublié lui tiens !
« Rien… » Répondis-je innocemment en haussant des épaules. « Pourquoi c'est forcément moi d'ailleurs qui aurait pu faire un tel carnage ? » demandais-je une seconde plus tard d'une voix faussement indignée et outrée.
« Ah oui ? Et ça alors ? » Demanda-t-il en désignant Emily et Jacob avachis au sol en piteux état tout en ignorant mon commentaire.
« Bien-… » Commençais-je en jouant avec une mèche de mes cheveux dans un geste mécanique pour être interrompue par Sue très rapidement.
« Bella… » Dit-elle dans une voix trainante en utilisant un ton qui me fit comprendre de ne pas tourner autour du pot.
« Bien, bien, maman… » Dis-je dans un ton de défaite en utilisant le surnom que je donnais à Sue depuis que je m'étais rapproché de Seth, mais aussi depuis Leah était devenue un peu plus cordiale avec moi mais aussi depuis le jour où elle était devenue comme une sœur. « J'ai juste dit à cette salope ce que je pensais de ses manières de prendre l'homme d'une autre femme et de laisser ledit homme tranquille. J'ai fait que me défendre, ils ont voulu tous les deux me frapper. Ce n'est pas ma faute s'ils sont tellement ignorants qu'ils ne m'ont pas reconnu et donc qu'ils ont oublié que je savais parfaitement bien me défendre en état la fille d'un chef de police. Tout le monde sait que mon père m'a appris à le faire. En plus, ce n'est pas non plus ma faute si certaines choses que j'ai dites ne leur ont pas plu. S'ils ne savent pas reconnaitre la vérité quand on la dit, c'est leur problème pas le mien… Si vous ne me croyez pas… Demandez donc à Paul, il est témoin de ce qui s'est réellement passé… » Déclarais-je avec désinvolture en fixant mes ongles devenus très intéressants. Rosalie serait tellement fière de ce coup-là.
« Je veux bien te croire, tu sais que tu es comme une fille pour moi et je sais que tu es incapable de mentir. Au contraire, tu dis ce que tu penses… Dis-moi que leur as-tu dit exactement ? » Demanda Billy avec des yeux soupçonneux pour ensuite river son regard sur Jacob avec déception mais aussi désapprobation pour ses actes.
« Je pense que ça vaudrait mieux que je ne te le dise pas parce que ça ne va pas te plaire de l'entendre… Tu sais comment je peux être franche et brute quand je suis en colère… Je ne suis pas la fille de mon père pour rien… Tu devrais le savoir plus que quiconque. » Répondis-je avec un sourire de mes propres que je savais était l'une de ses faiblesses. J'avais beaucoup trop trainé avec Emmett parce que j'avais travaillé beaucoup trop ce sourire. C'était une chose que j'avais toujours fait mais maintenant il était amélioré à la Emmett mélangé à la Bella Swan.
« Bien… » Abandonna-t-il en soupirant et en se retournant en faisant rouler son fauteuil vers sa maison.
« Autre chose à dire Jacob ? » ricanais-je en penchant la tête sur le côté de façon curieuse une fois que je me fus assuré que Billy n'était plus à portée de voix.
« Tu n'es plus autorisé à venir sur les terres de la Push. » Dit-il d'une voix ferme d'alpha quand il se releva.
« Ce n'est pas une nouvelle en soit pour moi, mais sache que ton ordre ridicule d'alpha n'a pas d'effet sur moi. D'un… je ne suis pas un loup que tu peux contrôler à ta guise, mais de toute façon même si c'était le cas, tu n'as pas les couilles pour le faire. De deux… je fais ce que je veux, c'est un pays libre, mais le plus important, je fais officiellement partie du pack de Sam. » Déclarais-je fièrement avec un grand sourire béat.
« Comment ça ? » demanda Leah intriguée en intervenant.
« Oh ! J'ai fait un petit quelque chose pour entrer officiellement dans le pack comme un membre de la tribu… » Dis-je simplement en évitant ses yeux parce que je savais comment elle allait réagir quand elle allait apprendre ce que j'avais réellement fait.
« Mais tu es un visage pâle ! » s'insurgea Emily de façon outrée.
« Un petit quelque chose… Comme quoi ? » Demanda Seth dubitatif en ignorant Emily.
« Oh ! Tu ne sais pas grand-chose… Il se peut que j'ai fais un petit voyage spirituel et un rituel de liaison de sang… pas grand-chose quoi ! » Déclarais-je sans beaucoup d'importance et avec désinvolture comme si ce n'était rien et qu'il n'y avait eu aucun danger ou risque pour moi.
« QUOI ? MAIS TU ES COMPLÈTEMENT FOLLE ET MALADE D'AVOIR FAIT UN TRUC PAREIL ! TU AURAIS PU Y RESTER ! » Hurla Leah tout comme son corps frémissait.
« Oh ça va ! Je vais parfaitement bien ! » Répliquais-je aussitôt.
« Mais -… » Protesta-t-elle plus calmement.
« Pas de mais qui compte ! Ce qui est fait est fait ! Point final ! » M'exprimais-je d'un ton ferme et final. « Merde et les grandes sœurs surprotectrices… » Murmurais-je sous ma barbe même si je savais qu'elle pouvait très bien l'entendre. À cela, Paul éclata de rire.
Cela dit, je me retournai et me dirigeai vers ma voiture avec Paul me suivant tout en lançant les clés et en les rattrapant dans ses mains fièrement pendant tout le chemin jusqu'à la voiture afin de me narguer ouvertement. Sans un mot, je grimpai du côté passager en boudant d'avoir perdu mon pari avec moi-même qu'il n'allait pas pouvoir se comporter puis Paul prit la place au volant. Quelques instants plus tard, il démarra le moteur dans de délicieuses vibrations puis il accéléra à toute hâte afin de sortir de l'allée de Billy. Juste avant que nous quittions le domaine de Billy, je pus apercevoir brièvement la tête de Jacob à la vue de la voiture, mais aussi à celle du conducteur. Dire que c'était hilarant serait un euphémisme. Jacob avait la bouche grande ouverte et on aurait dit qu'il voulait pleurer à l'injustice. Pendant tout notre trajet sur les routes de la Push afin de rejoindre ma maison, Paul conduisait à grande vitesse, et cela au son de la musique passant dans la voiture.
Finalement, nous arrivâmes sur le chemin familier de ma maison après un certain temps. Paul s'immobilisa dans un dérapage synchronisé puis il stoppa le moteur et me tendis les clés à contrecœur avec une mine boudeuse sur son visage.
« Cette voiture est une vraie déesse ! » s'exclama-t-il dans l'émerveillement tout en caressant le volant avec admiration et envie.
« Alors ce n'est plus moi ta déesse ? Je me fais surpasser par ma propre voiture… que le monde est injuste ! » Répliquais-je d'une voix dramatique avec une moue boudeuse avant de reprendre une expression amusée aux gouts des hommes pour les voitures.
« Bien sûr que tu es ma déesse ! » rétorqua-t-il vivement avec un sourire narquois.
« Allez… Viens, grand malin… J'ai besoin de toi et de tes muscles, il faut bien que vous serviez à quelque chose d'utile après tout. En plus, j'ai besoin de me défouler un bon coup et qui mieux que toi pour m'aider à cette tache… » Dis-je en sortant de la voiture et en marchant vers le porche de ma maison.
« Ah ouais ? Quel genre d'exercices physiques comptes-tu entreprendre qui ont besoin de mon aide et de mon corps ? » Demanda-t-il avec arrogance et une voix suggestive en rejoignant mon côté tout en fléchissant ses muscles.
« Pas ça, idiot ! J'ai gardé le sac de boxe qui appartenait à mon père. J'en faisais avant sa mort, mais après, avec ma hanche, il m'était impossible de faire le moindre mouvement ainsi que de bouger comme je le voulais avec l'état dégradé de ma hanche… » Lui expliquais-je plus sérieusement.
« OK, je vois le truc. Je ne t'aurais pas imaginé avec ce style de sport, mais tout est possible avec toi. Montre-moi où il se trouve. D'ailleurs, où le veux-tu ? » Demanda-t-il en marchant à mes côtés avec ses mains dans les poches arrières de son jeans coupé tout en regardant devant lui.
« Crois-moi, Paul… Il y a certaines choses que tu ne connais pas à mon sujet… » Soupirais-je. « Là-bas, ça serait bien… » Dis-je en me retournant et en lui montrant avec mon doigt la direction du ponton. « Tu vois le chêne isolé ? Il est assez solide pour soutenir le poids du sac. » Lui expliquais-je.
« J'ai remarqué qu'il y avait en effet certaines petites choses que je ne savais pas à ton sujet… je n'aurais jamais pensé que tu puisses être capable de faire un truc pareil à Emily… » Commenta-t-il en me jetant un coup d'œil et en me faisant un sourire en coin.
« J'étais en colère, c'est pour cette raison que j'ai été aussi loin et encore, elle a eu de la chance. Comme je l'ai dit, je ne suis plus la même personne. J'étais déjà ainsi avant, mais je ne le montrais pas c'est tout. J'ai commencé à être à nouveau moi-même après le départ définitif des Cullen grâce à une discussion avec mon père, mais aussi quelques conseils utiles de Leah, mais aussi de Rosalie. Comme je l'ai dit, je me suis trop laissé marcher sur les pieds afin que les autres soient heureux au détriment de mon propre bonheur, mais cependant, j'ai eu ma limite après la mort de mon père parce que si Jacob avait aidé à le protéger, il serait encore là surtout en sachant que cette nuit-là, Victoria était seule avec un nouveau-né. Ils n'auraient pas fait long feu contre toute une bande de loups. Je ne pourrais jamais pardonner ça, ni même aux Cullen parce qu'ils m'ont laissé non seulement à me débrouiller toute seule entre les mains de cette salope de Victoria, mais aussi à celles des Volturi. Beaucoup trop de monde a joué avec moi pour que je reste la même et me laisse faire comme si de rien n'était. » Grognais-je avec colère en serrant mes poings.
« Je comprends ton point… Crois-moi, si j'avais pu faire quelque chose, j'aurais été le premier à le faire importe ce qui allait en couté. » Dit-il. « Bon… » Changea-t-il de sujet. « … C'est OK pour ton sac de boxe, mais tu m'en dois une ! » Accepta-t-il en souriant.
« D'accord… Si c'est le prix à payer pour tes loyaux services. Que dirais-tu… que je cuisine pour toi de bons petits plats et de la pâtisserie pendant deux semaines entières ? Plats que je viendrais moi-même t'apporter chez toi… Au moins, tu seras sûr qu'ils n'auront pas été empoisonnés par Emily… Qu'en dis-tu ? » Demandais-je en ricanant à mon commentaire sur Emily et en me retournant vers lui en tendant ma main vers lui pour sceller l'accord.
« De la nourriture... » demanda-t-il avec un sourire devenant de plus en plus large. « Je suis à cent pour cent dans cette affaire… » Finit-il avec enthousiasme et des yeux étincelants tout en prenant ma petite main dans sa grande paluche dans l'accord. Ma main semblait ridiculement petite dans la sienne.
Je dirigeai Paul alors vers le garage et nous entrâmes à l'intérieur, je lui montrai où se trouvait le sac de boxe ainsi que le matériel dont il avait besoin pour l'installer et le fixer convenablement ainsi qu'avec solidité. Pendant le temps qu'il s'occupait de cela, j'allai dans la maison, montai à l'étage et j'entrai dans la salle de bain afin de prendre une douche rapide. En attendant que l'eau se réchauffe après que j'avais commencé à la faire couler, je me déshabillai et m'observai dans le miroir sur pied installé dans la pièce. À la vue de mon corps, j'écarquillai les yeux de surprise en remarquant tous les changements physiques qui avaient eu lieu sur ma personne grâce au transfert du sang de Sam.
Mes cheveux atteignaient désormais le bas de ma taille. Ma peau avait une belle couleur et nuance dorée, elle n'était pas aussi foncée que celle des Quilleutes, mais elle n'était plus aussi blanche et pâle qu'avant. Ma poitrine avait un peu grossi et j'avais à présent des abdos visibles.
J'avais toujours été en forme avant surtout après le départ des Cullen. J'avais commencé peu de temps après qu'ils soient disparus de la ville à frapper plusieurs fois par semaine dans le sac de boxe de mon père. En général, c'était bien souvent quand j'étais en colère ou agacé par quelque chose qui s'était passé. J'avais eu certes des abdos à ce moment-là, mais ils n'avaient pas été aussi visibles ou définis comme ils l'étaient aujourd'hui. En plus, ils avaient un peu disparu à cause du fait que je n'avais plus pu me défouler sur le sac à cause de la hanche avec laquelle je m'étais retrouvé grâce à Victoria après son attaque sur mon père et sur moi.
Je devais convenir avec Paul qu'il avait entièrement raison quand il avait dit que j'étais chaude. Je ne m'étais jamais senti si bien dans ma peau et dans mon corps, je me sentais à l'aise dans celui-ci même malgré ma cicatrice traversant la moitié de mon visage, mais mon père avait réussi avec seulement quelques mots bien placés de me la faire accepter et accepter également qui j'étais maintenant. Mes marques n'enlevaient pas ma beauté naturelle ou ma beauté intérieure. Je souris de contentement à cette dernière réflexion. Enfin, j'avais compris le raisonnement de mon père, mais aussi de Jasper quand il m'avait dit dans cette chambre d'hôtel à Phœnix que j'en valais la peine. Maintenant, je comprenais parfaitement et sans doute les termes qu'il avait utilisés pour me réconforter. Ce n'était pas la beauté extérieure qui comptait le plus, mais celle qui se trouvait à l'intérieur de chacun de nous, celle qui faisait de nous celui ou celle que nous étions réellement.
Enfin, je me sortis de mes pensées et j'entrai dans la cabine de douche après avoir vérifié que l'eau était à la bonne température. Je ne comptais pas rester bien longtemps parce que c'était juste pour dire de me rafraichir un peu. En effet, je n'avais pas besoin de prendre une longue douche puisque j'allais être trempé de sueur plus tard quand j'en aurais fini avec mon défoulement sur le sac de boxe.
Après quelques minutes, je sortis rapidement de la douche, m'enroulai dans une serviette et séchai plus ou moins mes cheveux pour ensuite faire une tresse avec eux afin qu'ils ne soient pas gênants lorsque je serais occupé à frapper dans le sac de mon père. Une fois fait et que je fus séché correctement, je sortis de la salle de bain et me dirigeai vers ma chambre puis entrai dans mon dressing que j'avais installé récemment puis j'en sortis avec un short court en jeans ainsi qu'un débardeur blanc et un ensemble de sous-vêtements sans oublier une paire de baskets.
Habillé, je descendis les escaliers et sortis de la maison, mais pas avant d'avoir pris au passage mon mp3. Dehors, j'allai dans le garage, je m'emparai des gants de boxe et du ruban de protection afin de ne pas trop blesser et endommager mes mains puis je ressortis de là et m'installai sur le perron de la terrasse fermée et observai Paul occupé à installer le sac à l'arbre. Je devais dire… C'était un beau spécimen et un sexy à cela. J'aurais bien voulu tenter le coup avec lui comme je lui avais déjà dit, mais je ne voulais pas une nouvelle fois me retrouver avec mon cœur brisé en morceaux. Je ne le supporterais pas cette fois-ci, je ne m'en relèverais pas.
« Admirant la vue ? » demanda Paul avec un sourire satisfait et narquois quand il eut terminé.
« Peut-être… C'est vrai que c'est un beau paysage ! Tout un spectacle à voir ! » Ricanais-je en faisant semblant d'observer les arbres et le lac devant mes yeux.
« Tu veux de l'aide pour mettre la protection ? » demanda-t-il en se rapprochant de moi d'une démarche décontractée.
« Bien sûr… c'est toujours mieux de recevoir de l'aide et d'un bel homme à cela… » Dis-je en souriant et en lui tendant ma main droite après avoir enlevé mon bracelet que m'avait offert Jasper pour mon diplôme.
« Ça représente quoi en fait ? » demanda Paul en jetant un coup d'œil sur le bracelet après qu'il m'ait bandé la main avec la protection et qu'il me vit le remettre sur mon poignet. Je le quittais que très rarement.
« C'est une crête, le symbole d'un coven… symbole du coven de Jasper. C'est une protection à toutes fins utiles pour les autres vampires leur disant de cette façon de ne pas me toucher. S'ils sont assez intelligents, ils ne feront rien contre moi en sachant la signification de l'emblème Withlock. Jasper n'est pas n'importe qui dans le monde vampirique, il est très redouté. La plupart ont peur de lui, ils le craignent plus que tout. Beaucoup tremblent de peur rien qu'à l'évocation de son nom ou de son surnom. Le major Jasper Withlock. C'est un véritable guerrier et un puissant à cela. » Expliquais-je.
« Ce gars-là… c'est celui avec toutes ces cicatrices recouvrant pratiquement tout son corps ? » demanda-t-il. « Si c'est lui, c'est vrai qu'il donne la chair de poule. Lui et la grosse armoire à glace. Je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi énorme que lui ! » S'exclama-t-il dans la crainte en pensant à mes deux frères.
« Ouais, c'est bien lui et l'armoire à glace comme tu l'appelles c'est Emmett. Tous les deux sont comme des frères… » Confirmais-je tristement en pensant à eux. Je me demandais d'ailleurs s'ils avaient appris l'attaque de Victoria et la mort de mon père. J'espérais au fond de moi que ce n'était pas le cas. Je ne voulais pas les juger ou leur en vouloir sans avoir une réponse.
« Bon… Je vais te laisser te défouler… J'ai des patrouilles à faire dans les alentours, mais aussi sur le territoire du pack. Toutefois avant de partir, j'ai une dernière question… » Déclara-t-il sérieusement avec une pointe d'hésitation dans sa voix.
« Vas-y… » L'invitais-je en le regardant attentivement lui montrant silencieusement qu'il avait toute mon attention.
« Je me demandais… Pourquoi as-tu ce pendentif ? Enfin, je veux dire… Pourquoi ne le quittes-tu pas ? » Demanda-t-il avec un petit sourire tout en prenant délicatement du bout des doigts mon pendentif en l'examinant avec soin et curiosité.
« C'est le dernier vrai cadeau de mon père. Il me l'a offert le jour de mon diplôme, le dernier jour que je l'ai vu et que je l'ai eu dans mes bras. » Répondis-je avec une voix tremblante et triste en retenant difficilement mes larmes en prononçant ces mots et en évoquant ce jour-là.
« Je suis désolé, beauté, je ne voulais pas te bouleversé ou évoquer ça… » S'excusa-t-il avec des yeux doux.
« Tu ne pouvais pas savoir… » Le rassurais-je avec un tout petit sourire qui n'atteignit pas mes yeux. « Tu sais… pendant mon voyage spirituel, mon père m'a dit quelque chose d'assez troublant, mais j'ai fortement confiance en son jugement pour savoir que c'était la vérité. Il m'a dit de te prévenir, te prévenir afin de te préparer pour l'arrivée de mon compagnon désigné… et je le fais. Je voulais te dire que même si je vais passer le reste de ma vie et de mon existence avec un autre homme, je t'aimerais toujours quoiqu'il arrive. Je veux que tu saches que je t'aime profondément et qu'une partie de moi, une grande partie de mon cœur te seras toujours réservé et dédié. » Je m'arrêtai un instant afin de reprendre ma respiration et de calmer les larmes silencieuses s'échappant de mes yeux. « Je sais qu'un jour tu vas m'oublier de cette façon à cause de cette foutue imprégnation, mais je voulais juste te le dire avant que je me consacre entièrement à mon compagnon et à mon avenir avec lui… » Déclarais-je d'une voix triste et des larmes dans mes yeux.
J'avais réussi à me calmer de pleurer, je voulais être forte malgré mon envie de sangloter. Pour moi, cette situation était vraiment dure, elle m'était pénible. Je ne savais plus quoi ressentir ou quoi penser tellement j'étais dans un état chaotique et mes émotions étaient pêlemêle, elles étaient contradictoires. Pourquoi ma vie devait être si difficile et remplie d'autant d'embuches ?
« Je ne pourrais jamais m'imprégner… » Commença-t-il fermement en prenant mon visage dans ses mains tout en me fixant intensément dans les yeux. « Je ne pourrais jamais le faire, pas dans cette vie et pas dans une autre. Je serais incapable de le faire parce que je t'aime trop pour laisser notre amour partir et disparaitre comme ça, car une personne de là-haut a décidé de cette façon, que c'était comme cela que ça devait se passer et pas autrement. Même si je rencontrais cette personne, je me battrais pour briser cette obligation, je me battrais quoiqu'il m'en coute. Je ferais tout en mon possible pour briser ce lien maudit qui apporte pour la plupart le malheur et la souffrance. Personne ne m'obligera à passer ma vie avec une personne dont je ne veux rien à faire et à voir. Tu es la femme de mon cœur, de mon âme et de ma vie. Tu es la seule femme pour moi. Ce n'est pas seulement l'homme en moi qui est en train de te parler ou de penser tout cela, mais aussi le loup. Depuis le premier jour, le premier jour où tu as osé me frapper, toi et moi nous avons été une équipe. Rien, ni personne ne pourra briser cela. Je serais toujours dans ta vie, je ne quitterais pas tes cotés et ça jamais. Je sais que ça ne sera pas la façon dont je le voulais ou le voudrais, mais si c'est comme ça… Eh bien… je le préfère à ne pas t'avoir du tout dans ma vie. Tu seras toujours dans mon cœur… » Déclara Paul avec passion et émotions ainsi qu'avec des larmes coulantes le long de ses joues. Je devais dire, j'étais dans le même état que lui tellement j'étais touché et ému par ses mots.
« Oh Paul ! » sanglotais-je en me jetant dans ses bras tout en m'accrochant à son corps de toutes mes forces pour la vie chère.
Pourquoi la vie devait être si injuste avec nous ? Nous avions trouvé l'un et l'autre, nous nous aimions comme pas possibles, mais nous ne pouvions pas être ensemble parce qu'il avait été décidé autre chose et que ce n'était pas écrit dans les livres pour chacun de nous. Moi, j'étais consacré à un vampire et Paul… Je n'en savais rien et je ne voulais pas le savoir. Paul avait le choix de se battre comme Sam avait réussi à le faire, mais moi non. J'étais destiné à mon compagnon depuis le jour où j'avais été conçue. Malgré le fait que j'aurais voulu être avec Paul, j'acceptais le fait que j'étais destiné à un autre. Je savais que le lien d'âme sœur pour des vampires était très puissant. Si deux compagnons étaient séparés, ils en mourraient. C'était d'ailleurs pourquoi deux compagnon ne pouvaient pas être trop éloigné de l'autre pendant trop longtemps car sinon ils auraient une douleur aigue dans la poitrine, la douleur pouvait être si aigue, si atroce que les deux compagnons pouvaient être dans l'incapacité de bouger ou de penser clairement. Pour les loups c'était moins pénible et c'était plus supportable. Oui, ils pouvaient avoir une légère douleur ou une gène dans la poitrine mais ce n'était rien comparé aux vampires. Ils pouvaient très bien survivre sans leur imprégnation. Bien sûr, ils auraient comme un sentiment de vide, comme si quelque chose manquait mais rien de bien grave.
« Je t'aime et je le ferais toujours… même après ma mort. Toujours et à jamais… » murmura-t-il dans mon oreille après un long moment dans cette position à nous réconforter l'un et l'autre avant qu'il se dégage, dépose un baiser à la commissure de mes lèvres puis quelques secondes plus tard sur mon front.
« Je t'aime aussi…tellement… » Gémis-je d'une voix fissurée.
Paul me serra dans ses bras longuement une dernière fois avant de s'éloigner à contrecœur, de se retourner et de courir vers les bois environnants ma maison et mon terrain. Avec un dernier clin d'œil, il se transforma dans son loup argenté puis il accéléra vers la forêt en entrant dedans pleinement pour disparaitre de ma vue pour de bon cette fois un moment plus tard.
Souriant doucement et en poussant un dernier soupir, j'allai prendre une bouteille d'eau dans le frigo, la posai sur la rambarde de la terrasse fermée puis j'allumai mon lecteur mp3, le glissai dans la poche arrière de mon short et j'enfilai enfin mes gants de boxe, gants que mon père m'avait offerts peu de temps après le départ des Cullen. Une fois fait, je marchai vers mon sac de boxe et commençai lentement mes coups pour qu'ils deviennent de plus en plus puissants au fur et mesure que les minutes passèrent et que la musique jouait continuellement dans les écouteurs installés dans mes oreilles. Bien souvent, quand je frappai dans le sac, j'écoutais de la musique assez entrainante comme du rock ou de la musique de ce genre-là. Cela m'aidait à me défouler ainsi qu'à faire sortir toute la colère, la douleur et la frustration que je ressentais. En ce moment précis, j'étais en train d'écouter du « Bon Jovi », j'étais dans l'humeur de cela.
Effectivement, Jacob avait eu de la chance que je ne m'étais pas concentré sur son cas et que Billy était sorti à ce moment-là parce que sinon il serait dans un pire état de ce que je l'avais mis. Il avait encore eu plus de chance maintenant que j'avais apparemment la force d'un métamorphe. Il allait falloir que je teste afin de voir aussi si j'avais la vitesse.
Au bout d'une longue heure à frapper sans ménagement et énergiquement dans le sac, j'étais en sueur et je frappais avec beaucoup de force faisant ressortir ainsi ma frustration, ma colère et ma rage pour tout ce qui m'étais arrivé dans ma vie dernièrement surtout depuis mon arrivée à Forks et après le départ subit des Cullen. Actuellement, la chanson « Supermassive de Muse » passait, c'était vraiment le genre de musique qu'il me fallait. Je frappais avec mes poings et mes pieds avec tout ce que j'avais en moi alimenté par ma colère et ma fureur sur l'injustice qu'avait été ma vie jusqu'à présent. Le sac allait dans tous les sens.
Finalement, après un certain temps supplémentaire à me défouler, j'arrêtai de frapper dans le sac avec une respiration à peine haletante et difficile quand je réalisai que j'étais surveiller je retirai mes gants lentement et les laissai tomber sur le sol puis j'atteignis mon mp3 de ma poche tout en retirant mes écouteurs de mes oreilles à l'aide de l'autre main. En inspirant profondément, je réalisai qu'étonnamment, je ne ressentis aucune odeur étrangère ou celle reconnaissable d'un vampire. Pourtant, malgré ce fait, je savais avec certitude que j'étais espionné. Lentement, je scrutai attentivement les alentours avec mes yeux ainsi que dans les bois à la recherche de tout signe d'une présence. Je sentis les poils de mon cou se redresser. Maintenant avec ce signe, je savais qu'il s'agissait d'un vampire, il n'y avait aucun doute là-dessus. Il y avait qu'avec leur espèce que ce phénomène se produisait.
« Qui que tu sois, je voudrais te dire que si tu as l'intention de me bouffer et de me vidanger comme je sais que tu vas faire, j'aimerais quand même bien voir le visage de mon assassin ! Ta mère ne t'a pas appris la politesse on dirait ! » ricanais-je tout en marchant vers ma maison en tournant le dos vers les bois en lui montrant que je n'avais pas peur d'un grand méchant vampire.
Quelques instants plus tard, j'atteignis le perron de ma maison et après avoir pris ma bouteille d'eau en commençant à boire, je refis le chemin inverse et m'arrêtai au bout du ponton. La seconde où je m'immobilisai, j'entendis les pas distincts d'un vampire courant en se faufilant comme un fantôme et comme un flou. J'ignorai cela faisant comme si je ne l'avais pas entendu pour paraitre en simple humaine qui n'avait pas ses sens sur développés. Au lieu de cela, je me contentai de continuer à boire à ma bouteille et à observer le lac ainsi que les arbres devant moi.
Un certain temps plus tard, je sentis un souffle froid et glacé sur l'arrière de mon cou. Cela me provoqua des frissons, mais pas de peur étonnamment, plutôt le contraire en fait, des frissons de plaisir traversaient tout mon corps et je ne comprenais pas vraiment la signification. À moins que ce soit le vampire don mon père m'avait parlé quand j'avais fait ce voyage spirituel.
« Certainement enivrant, divin et délicieux je dois le dire… Pourtant malgré ce parfum succulent et alléchant, je ne vais pas y gouter… Non, pas quand je t'ai cherché pendant si longtemps. La seule fois où je te gouterais, ça sera quand je te transformerai et que je te réclamerais comme la mienne le moment venu. Crois-moi, s'il en tenait qu'à moi, je le ferais là tout de suite et ici, mais je sais que tu m'en voudras énormément. Je ne vais certainement pas tuer ou faire du mal à la chose la plus importante de mon existence… » Déclara une voix masculine avec un fort accent en murmurant avant de déposer un baiser doux sur ma nuque ce qui me provoqua encore plus de frissons.
À cela, je me retournai vivement afin de mieux examiner mon invité-surprise et mes yeux s'agrandirent quand je vis l'homme devant moi. Que dis-je… le dieu.
Étrangement, c'était une réplique carbone de Jasper, mais avec tout de même des différences perceptibles. Je le regardai en fronçant les sourcils me demandait ce qu'il voulait dire parce ses mots d'un peu plus tôt, je ne comprenais pas tout à fait le sens des mots qu'il avait prononcés.
Pourquoi ne va-t-il pas déjà vider de mon sang ou tout simplement tuer ? Voulait-il s'amuser et me narguer comme l'avait fait James dans le studio de danse à Phoenix ? Quels étaient son point et son raisonnement ? Quelles étaient ses motivations et quel était son véritable but ? Pourquoi me sentais-je de cette façon pour ce vampire que je ne connaissais même pas ? Pourquoi n'avais-je pas peur ou n'avais-je aucune crainte en sa présence ? Pourquoi sa proximité ne me dérangeait-elle pas du tout ? Il était pourtant si près… En général, j'étais plutôt mal à l'aise quand une personne se trouvait un peu trop proche à mon gout de moi, de mon espace personnel, mais là, je n'avais aucun problème avec ce fait. Pourquoi ?
« Tu es une étrange créature… Je ne sens aucune peur et aucune crainte pour moi venant de toi. Je n'ai jamais rencontré une humaine dans ton genre, tu es vraiment unique. Tu n'as pas encore couru loin de moi pour ta vie, tu n'as pas couru face au méchant vampire devant toi… Oui, certainement très étrange… » Dit-il avec un sourire amusé.
Il parut étonné et surpris quand je ne tiquai pas au mot vampire. Oh… il allait être très surpris.
« Moi… peur d'un vampire ? » répétais-je avec un ricanement des miens et des yeux amusés. « Pas mon genre… Ce n'est pas pour rien que mes loups me surnomment amant à sangsues… J'attire le danger à des kilomètres, mais aussi toutes les espèces de créatures surnaturelles… » Haussais-je les épaules.
« Amant à sangsues ? Loups ? » Demanda-t-il dubitatif en ne comprenant pas ce que je voulais dire par là tout en me dévisageant sans comprendre ma réaction à lui. Je ne pense pas qu'il avait prévu que je réagisse de la sorte à sa venue.
« Tu sais cow-boy… » Commençais-je en le voyant avec son chapeau et ses bottes. Oui, certainement un homme du sud, tout ce que j'aimais. « … tu n'es pas le seul vampire que j'ai rencontré et tu ne seras surement pas le dernier. Regarde… » Dis-je en montrant mon poignet tout en glissant un peu le bracelet représentant le coven Withlock qui cachait d'habitude la morsure de James.
« Attends un peu… Où as-tu eu ce bracelet ? » Me demanda-t-il en prenant mon poignet dans l'une de ses mains et en le rapprochant de lui, il regarda attentivement la crête tout en l'examinant avec soin.
« Quelqu'un me l'a donné… » Répondis-je évasivement sans pour autant donner beaucoup de détails.
« Ne joue pas à ce petit jeu avec moi. Je sais ce que c'est, je sais ce qu'il représente comme beaucoup de monde parmi les vampires d'ailleurs. C'est la crête du coven Withlock. Seul un membre de ce clan a pu te la donner. Il n'y a que deux membres en faisant partie. Le major et son capitaine. Je sais pour un fait que ce n'est pas le capitaine qui te l'a donné lui-même… » M'informa-t-il d'une voix intriguée tout en m'examinant avec un sourcil relevé.
« Comment tu sais tout ça toi ? Et qui te dit que ce n'est pas le capitaine qui me l'a donné comme tu le mentionnes si bien ? » Demandais-je avec suspicion en le toisant.
« Parce que je le sais… » Répondit-il avec un sourire arrogant et effronté.
« Réponds à mes questions… » L'invitais-je fermement avec des yeux plissés en perdant patience peu à peu. Il était clair pour moi que Jared avait raison au sujet de mon tempérament, il se rapprochait très fort de celui de Paul, encore pire maintenant qu'avant.
« Très bien, très bien… Je m'excuse madame, je ne me suis pas présenté correctement. Je m'appelle Peter, Peter Withlock. Capitaine, frère et ami de longue date du major Jasper Withlock… » Déclara-t-il en s'inclinant légèrement tout en soulevant son chapeau de cow-boy couleur blanc avec une corde en cuir noir entourant la base de celui-ci. Tout cela il le fit avec un sourire de merde sur son visage.
« J'aurais dû le savoir… Donc, je rencontre enfin l'infâme Peter Withlock en personne… » Murmurais-je avec un sourire radieux et des yeux moqueurs.
« Infâme, je ne dirais pas, mais Withlock… Certainement que je le suis et fier de l'être. » Répondit-il avec un sourire narquois. « Donc, j'en conclus que si le major te l'a donné c'est que tu dois être importante pour lui. » Conclut-il avec intérêt.
« Suppose qu'il y a du vrai là-dedans… en tout cas, je suis Isabella Swan par le chemin. Ex-membre de la famille Cullen et nouveau de la tribu Quilleute depuis quelques jours. Petite sœur avec tout, mais le sang d'Emmett Dale McCarthy-Cullen et de Jasper Alan Withlock, anciennement connu Hale… » Dis-je avec une révérence exagérée et dramatique.
« Ex-membre ? » demanda-t-il de façon intriguée et sceptique.
« Longue histoire, mais pour faire court… Disons simplement que j'ai été très stupide et que j'ai eu une relation très brève avec Edward. Oui, je ne sais pas ce que j'ai eu dans la tête pour le faire, mais je l'ai fait. Un de mes plus grands regrets crois-le ou non… enfin bon, il m'a proposé de l'épouser et j'ai refusé. Quelques jours plus tard, plus aucun Cullen dans la ville, ils avaient tout simplement disparu du jour au lendemain sans un mot, rien… Fin de l'histoire pour les Cullen, mais malheureusement pas pour moi. » Lui expliquais-je avec amertume tout en traçant d'un doigt la cicatrice de ma joue.
« Comment ça ? Je ne comprends pas… Que t'est-il bien arrivé pour que tu aies tant de douleur dans tes yeux ? » Me questionna-t-il en examinant ma cicatrice et celle de mon poignet pour ensuite river ses yeux rouges dans les miens.
« Longue histoire aussi… Les deux marques que tu vois sont reliées entre elles deux. » Répondis-je à titre informatif. « Si tu veux plus de détails et plus d'informations sur ce qui s'est vraiment passé avec les Cullen, téléphone donc à Jasper. Je suis sûr qu'il te sera d'une aide précieuse pour assouvir ta curiosité et qu'il répondra à toutes les questions dont tu dois certainement te posé vu ton regard, il te racontera toute l'histoire en détail. » Dis-je fatigué en entrant dans ma maison et en me laissant tomber sans le canapé sans grâce.
« Comment as-tu réussi à survivre à une morsure de vampire sans être tué ou bien transformé ? Je n'ai jamais de toute mon existence entendu parler de ce genre d'histoire sauf comme un moyen de torture. Crois-moi chérie, je sais de quoi je parle et ce que c'est. J'ai été dans les guerres du sud avec le Major… » Me renseigna-t-il en me contemplant et en s'installant dans le canapé en face de moi avec la table basse nous séparant de quelques bons mètres après quelques secondes de silence.
Je laissai tomber ma tête contre le dossier du canapé et fermai les yeux durant quelques instants dans la réflexion et la contemplation sur ce que j'allais lui répondre. Puis finalement, je les ré ouvris une nouvelle fois tout en les rivant sur Peter pour remarquer que celui-ci m'observait intensément.
« Tu veux vraiment savoir hein ? D'accord, je vais te raconter, mais pas dans les détails approfondis… Si je ne te dis rien de toute façon, tu ne vas pas me laisser tranquille… » Soupirais-je maussade en fronçant les sourcils puis en enlevant la bande de protection de mes mains pour dire de m'occuper en cherchant les mots pour décrire tout ce qui s'était passé pour moi. Enfin, je repris la parole.
« Une question que je me pose avant que je commence… Pourquoi appelles-tu Jasper… Major ? » Demandais-je avec curiosité et intrigue.
« Il t'a raconté son histoire ? Non ? » Demanda-t-il avec un sourcil relevé.
« Oui, un peu avant que les Cullen disparaissent du jour au lendemain de ma vie et que lui parte un peu plus tôt… En fait, c'est un peu grâce à lui que j'ai vraiment vu clair et que je me suis rendu compte à quel point malsain ma relation avec Edward était vraiment. » Répondis-je avec une note de colère pour la façon dont les Cullen m'avaient quitté comme des lâches en n'osant pas m'affronter en face, mais aussi pour la façon dont je m'étais laissé embobinée par Edward et son faux amour qui était plus selon Jasper une obsession possessive qu'autre chose.
« Eh bien… Tu sais alors que quand il était un être humain, il est entré dans l'armée confédérée et cela à un très jeune âge. Au fil du temps, il est monté de grade en grade très rapidement pour enfin être promu Major. Le plus jeune de son temps, je dois ajouter. Quand cette salope de Maria l'a trouvé avec ses sœurs, il était en mission afin d'assurer la sécurité des habitants d'un petit village. Maria l'a transformé parce qu'il était un combattant, un guerrier et qu'il avait de l'expérience dans ce domaine étant donné qu'il était déjà dans une armée. Elle avait besoin de lui afin de former ses nouveaux nés pour créer aussi une armée pour gagner du territoire pour le sang, mais aussi pour le pouvoir. Tu vois… quand le Major a été transformé, il a gardé le titre de Major parce qu'il était craint de beaucoup, c'était une bête pour se battre, mais aussi pour tuer. C'est ce qu'il était. Le Major et Jasper sont deux personnes totalement différentes dans un seul corps… Le Major est très sombre et n'a aucune pitié tandis que Jasper est calme et peut être doux comme un agneau s'il te laisse entrer dans son cœur. Toutefois, il ne faut pas non plus trop chercher Jasper et s'attaquer aux personnes à qui il tient. » Expliqua-t-il avec un sourcil relevé à la fin pour voir si je comprenais son raisonnement et ses propos.
Je hochai la tête dans la compréhension. Certaines choses me semblaient plus claires dont le comportement de Jasper quand il s'était attaqué à James quand j'étais grièvement blessé à cause de ce sale type. C'était à cause de cela que lors de ma fête d'anniversaire, je n'avais pas compris pourquoi Jasper avait craqué et avait perdu le contrôle de sa soif avec une seule goutte de sang et que lors de l'épisode avec James, j'en avais perdu beaucoup plus. Jasper n'avait pas bronché une seule fois tandis qu'Edward avait failli perdre le contrôle quand il avait sucé le venin dans mon sang. C'était vraiment étrange maintenant que Peter avait mentionné cela. Pendant un instant, je visualisai la scène de mon anniversaire… Je me rappelais maintenant de ses yeux, ils n'étaient pas doux, mais plutôt durs au contraire. Cependant, son regard n'avait pas été posé sur moi, non, il était fixé sur Edward comme s'il avait su à ce moment-là, la menace qu'Edward avait représentée, comme s'il voulait me protéger et non m'attaquer. Et si ça avait été le cas… Pourquoi Alice n'avait-elle pas eu une vision de cela s'il voulait vraiment m'attaquer ? Après tout, les visions d'Alice étaient basées sur les décisions que les gens prenaient…
C'était vraiment étrange… Mais j'allais le découvrir un jour ou l'autre… Peut-être pas tout de suite, peut-être pas demain non plus, mais un jour, je découvrirais la vérité sur ce qui s'était réellement passé et si c'était quelque chose qui ne me plairait pas, les personnes responsables allaient payer pour cet affront, mais aussi à cause dont Jasper s'est senti et a été traité… En ce moment même, j'en faisais la promesse…
« Pour répondre à ta question précédente… J'ai survécu parce que ce connard d'Edward a sucé le venin. D'ailleurs, je ne sais toujours pas comment il a réussi à le faire étant donné que j'étais sa chanteuse, mais je sais que d'après les vagues souvenirs que j'ai de ce moment-là, Carlisle a dû l'arrêter. À savoir comment je me suis retrouvé mordu en premier lieu… Eh bien… pour que tu comprennes, il faudrait que je te raconte la façon dont j'ai rencontré les Cullen et comment je me suis retrouvé dans une famille complète de vampires… » Lui expliquais-je en haussant des épaules à la fin de mon petit monologue.
« J'ai tout mon temps… » Se contenta-t-il de répondre en s'installant plus profondément et plus confortablement dans le fauteuil tout en enlevant son chapeau de cow-boy et en mettant ses mains derrière sa tête dans une posture décontractée.
En le voyant ainsi, je me permis à mieux l'inspecter. Il était certain que c'était un très bel homme, même magnifique à cela. Il n'était probablement plus un adolescent quand il avait été transformé. Surement dans le début de la vingtaine. À mon avis, il était un peu plus âgé que moi en âge physique, mais pas de beaucoup. Je dirais environ 24 ou 25ans pas plus. Il ressemblait vraiment beaucoup à Jasper comme si c'était son frère de sang, mais je savais que ce n'était pas le cas. Toutefois, Peter était quand même différent de Jasper par bien des aspects. Que ce soit physique ou bien mentalement. Point de vue personnalité, du peu que j'avais eu l'occasion de voir jusqu'à présent, Peter était un rassemblement de la personnalité de Jasper et de celle d'Emmett, il était le juste milieu. Peter était blond et avait les cheveux coupés très courts dans une manière militaire, mais en même temps assez longs pour qu'on puisse passer ses doigts à travers eux. Sa teinte était plus d'une couleur sable là où celle de Jasper était plus tirant vers la paille. Il avait une forte mâchoire et son visage était d'une forme ovale. Ses épaules étaient larges et construites. Peter possédait un corps très musclé et sculpté, mais pas autant construit comme la carrure d'Emmett. Il avait également de très longues jambes et il était plutôt grand par rapport à mon petit corps.
« Dis-moi… Es-tu du Texas ? » Demandais-je.
« Né et élevé là-bas… » Répondit-il simplement avec un large sourire fier de ce fait.
« C'est bien ce que je pensais. Un accent du sud… tout ce que j'aime. » Souris-je de satisfaction.
« Heureux de l'entendre et que ça soit à ta convenance… » Commenta-t-il avec un sourire malicieux.
Oui, certainement mon type d'hommes. Pourquoi étais-je donc toujours attiré par les hommes avec l'aspect mauvais garçon ? D'abord Paul puis maintenant lui.
Peter était habillé d'une chemise rouge, d'un jeans clair taille basse, de bottes noires en cuir de cow-boy. Il avait aussi une veste en cuir de couleur noir sur lui. Je pouvais certainement dire en le voyant si nonchalant et désinvolte que Peter était un homme plutôt rebelle et n'avait pas peur de dire ce qu'il pensait au fond de son esprit, il avait un air sûr et confiant. Il avait beaucoup d'assurance en lui. En le regardant, j'étais sûr que c'était de lui dont mon père m'avait parlé pendant mon voyage spirituel. Il allait falloir aussi que je lui parle de ma pseudo relation avec Paul.
Nous n'avions peut-être jamais été ensemble officiellement lui et moi, mais nous agissions avec l'autre comme un. Soudain, j'écarquillai les yeux de surprise quand je réalisai vraiment ce qui se passait et qui était réellement Peter pour moi. Bien vite cependant, je remis mon masque en place et fis comme si de rien n'était.
« Étant donné que moi je n'ai pas tout mon temps contrairement à toi, je vais te faire un résumé de l'histoire. Si tu veux plus d'infos, tu as qu'à contacter Jasper… » Commençais-je en me perdant doucement dans mes souvenirs. « Quand j'avais 17ans, j'ai décidé de venir dans la petite ville de Forks afin de vivre avec mon père parce que l'une des raisons était que ma mère venait de se remarier. Bien entendu, il y avait d'autres raisons, mais je n'ai pas envie d'en parler pour le moment… mais pour te mener sur le bon chemin, je n'ai jamais eu une bonne relation avec ma mère. Soit… Le premier jour quand j'ai commencé au lycée, j'ai remarqué un groupe de personnes plutôt étranges. Je savais qu'il y avait quelque chose de pas naturel et de bizarre. Ces personnes m'intriguaient. Plus tard, j'ai appris que c'était les Cullen. Enfin bref, Edward et moi nous sommes devenus proches après un moment. Un jour que nous étions avec le reste de la famille occupée à jouer au baseball, trois nomades sont apparus lors du jeu. L'un d'entre eux a vite pris gout à l'odeur de mon sang et il le voulait plus que tout. En plus de cela, il voulait me chasser étant donné que j'étais protégé par un si grand nombre de vampires et que c'était un tracker. Enfin de compte, il a été détruit par Jasper, Emmett et Alice qui l'ont démembré et brulé, mais cela après une course-poursuite. Avant que les Cullen viennent à mon secours, il a réussi à m'infliger quelques dommages et dégâts ainsi que de me mordre. » Énonçais-je d'une voix absente.
Je m'arrêtai un court instant dans mon récit afin de reprendre mes esprits et mon train de pensées, mais aussi pour voir si Peter suivait toujours. Ce fut le cas donc je repris la parole non sans une profonde inspiration avant de me lancer une nouvelle fois dans l'histoire.
« À la fête de mon 18e anniversaire qu'avait organisée Alice sans mon opinion ou mon consentement, j'ai eu une coupure de papier avec l'un des emballages cadeaux et ça a entrainé une perte de contrôle sur la soif de sang de certaines personnes ce qui a provoqué le départ subit des Cullen de ma vie. J'ai passé par une période de dépression, mais grâce à mon père et à sa présence constante pour moi, je m'en suis remis même s'il n'était pas le seul à ne pas me laisser tomber. Plus tard, j'ai découvert l'existence d'autres créatures surnaturelles, il y avait un pack complet de loups sur la réserve de la Push, ce sont en réalité des métamorphes. Des humains ayant la possibilité de se transformer en animaux. Ils n'ont pas le choix en la matière puisque c'est dans leurs gênes. Eux-mêmes m'ont appris, que la compagne du nomade qui m'avait chassé était dans le coin et voulait surement quelque chose. Bien sûr, j'ai vite mis les pièces ensemble et j'ai réalisé qu'elle me voulait. Après tout, j'étais la cause que son compagnon était mort et donc elle voulait se venger. Un jour, j'ai sauté d'une falaise parce que j'avais vu les gars le faire et je trouvais que ça avait l'air plutôt amusant, je voulais un coup d'adrénaline, je voulais faire quelque chose hors du commun, j'avais envie de sentir ce que ça faisait. Alice a eu une vision de cela, mais ne m'a jamais revu refaire surface ou remonter de l'eau. Elle a donc supposé que je m'étais noyé et morte. Elle l'a dit à Rosalie et elle est partie en direction de Forks pour aller voir mon père au cas où il avait besoin de soutien et d'aide. Pendant ce temps-là, Rosalie l'a dit à Edward. Au lieu de vérifier les faits, ce gros con est allé aux Volturi afin de demander pour la mort. Bien entendu, ils ont refusé étant donné qui leur est précieux pour son don, mais aussi à cause de leur relation avec Carlisle. Contrarié qu'ils lui refusent son souhait, il les a provoqués en voulant se révéler aux humains. Alice a eu une vision de cette décision et nous sommes allés jusqu'en Italie pour l'en empêcher. J'ai dû aller jusque là-bas et affronter les Volturi, moi une humaine. Si je suis sorti de là vivante, c'est pour la simple raison que je devais être transformé en vampire dans un très court délai, mais aussi parce que la plupart des pouvoirs des Volturi dont celui d'Aro, Jane, Alec et Demetri ne fonctionnaient pas sur moi. Aro était très intrigué par ce fait et il voulait voir ce que je pourrais donner une fois que j'étais transformé. Caius, lui voulait simplement ma mort pure et simple et Marcus avait des émotions que je ne pouvais pas bien identifier quand il m'observait. D'après ce qu'Alice m'a dit, normalement il ne réagit pas du tout, mais là, avec moi c'était une tout autre histoire. Même si j'avais peur pour ma vie et que j'étais humaine, je ressentais un lien de sécurité avec lui. Je sais que c'est étrange, mais c'est ce que j'ai ressenti vers lui. C'était l'accord original, mais comme tu peux le constater toi-même, ça n'a pas eu lieu et les Cullen sont repartis une seconde fois en ne respectant pas l'accord. Pourtant, ils savaient très bien que les Volturi ne donnent pas de seconde chance. » Soupirais-je avec irritation. Encore une raison de plus pour laquelle je détestais la plupart des Cullen, car ils avaient conscience du danger dans lequel ils me mettaient.
« Continue… » M'invita-t-il avec un hochement de la tête avec ses yeux toujours fixés sur moi avec attention.
« À mon retour d'Italie avec Edward, il a voulu que nous reprenions notre relation où elle était avant son départ comme si de rien n'était, mais je ne pouvais pas faire ça, il m'avait profondément blessé lors de notre rupture. Non seulement par son geste, mais aussi par ses paroles si cruelles. En plus, je n'étais plus la fille timide et naïve qu'il avait faite dans un moule, qu'il avait créé pour son propre plaisir et désir. J'avais changé, je n'étais plus cette fille soumise qui faisait tout ce qu'il voulait, non j'étais redevenu la personne que j'étais avant que ma relation avec Edward commence. Quelques jours plus tard, croyant que j'avais eu assez le temps de réfléchir et que je pourrais le reprendre en ignorant totalement mes souhaits et mes décisions comme il le faisait très souvent, il a tenté le tout en me demandant de l'épouser. Bien sûr, j'ai refusé immédiatement. Une semaine plus tard, ils ont tous disparu sans un mot, sans une explication. Sachant qu'ils m'avaient laissé sans aucune protection face à Victoria, je suis allé aux loups afin de leur demander leur aide. Quand je suis arrivé sur place, je me suis rendu compte que les choses avaient changé durant ma courte absence. L'alpha avait changé et l'alpha légitime avait pris son poste. Étant donné que je ne le voyais que comme un frère ainsi qu'un meilleur ami et que je ne le voyais comme rien de plus, il a refusé de m'aider et il m'a interdit de revenir sur leur terre. Malheureusement, les membres du pack n'ont rien fait pour s'y opposer parce que je ne le savais pas à l'époque, mais apparemment ce connard avait placé un ordre alpha sur eux afin que personne ne puisse m'aider ou même me parler. Donc j'ai dû au final me débrouiller seule. Non seulement pour me protéger et rester en vie, mais aussi protéger mon père comme je le pouvais et avec mes moyens... » Poursuivis-je d'une note amère en secouant la tête à la fin tout en essayant les larmes qui coulaient avec ma main en pensant à cette période.
« Tu veux peut-être faire une pause ? » proposa Peter avec compassion en voyant probablement mon trouble émotionnel et ma difficulté à en parler. Pour moi, c'était la partie la plus difficile à revivre et à remémorer.
« Tu sais quoi ? Je vais aller prendre une douche, car je suis recouverte de sueur puis je vais contacter le pack. Je pense qu'il est enfin temps que je leur dise ce qui s'est passé ce soir-là… » Me décidais-je en murmurant tout en me levant avec un sourire hésitant en le regardant attentivement dans les yeux.
« OK comme tu veux… Je vais essayer de contacter le Major afin de trouver les Cullen, car j'ai envie de leur rendre une petite visite. J'ai quelques petits trucs à leur dire, mais aussi je veux donner une leçon à Eddie sur a façon de traiter une femme correctement et comme il se le doit… C'est-à-dire avec respect, tendresse et amour mais aussi égalité. » Déclara-t-il en hochant la tête.
« Eh bien… » Commençais-je d'une voix trainante. « … pour le fait de contacter Jasper, il n'y a pas le moindre problème parce que je voudrais moi-même lui parler au sujet de son ex-manipulatrice et chienne de femme afin de savoir si elle eut une vision ou non de ce qui s'est produit après leur départ. Et pour le fait d'aller chercher les Cullen… Il y a deux petits problèmes. Un… tu ne sais pas où ils se trouvent actuellement. Jasper n'est plus avec eux d'après ce que je sais, il a quitté le coven avant que le reste des Cullen le fasse à leur tour. Deux… comptes-tu vraiment quitter ta compagne seule et sans défense ? » Demandais-je en ricanant à son visage surpris et choqué, pourtant je savais, qu'il en fallait beaucoup pour provoquer de telles choses chez un vampire.
« Co -… Comment sais-tu ça ? » Demanda-t-il à son tour complètement confus en me regardant avec des sourcils froncés.
« Eh bien… Il se trouve que j'ai mes propres sources personnelles à ma disposition… » Répondis-je énigmatiquement en faisant semblant de m'intéresser à mes ongles tout en portant un sourire narquois.
« Bell's arrête de taquiner ainsi ce pauvre homme ! » entendis-je me réprimander la voix de mon père.
À cela, Peter tourna vivement la tête dans tous les sens et de chaque côté. Je ne comprenais pas pourquoi d'ailleurs.
« C'était quoi ça ? » s'exclama-t-il toujours occupé à chercher la source.
« Tu as entendu ? » demandais-je surprise et intrigué.
« Bien sûr ! » dit-il en fronçant les sourcils dans la confusion.
« Et maintenant, il peut me voir ! » ria mon père en apparaissant soudainement à quelques centimètres de Peter.
« Putain ! » s'exclama Peter en sautant en arrière et en regardant mon père avec de grands yeux ronds.
Quant à moi, eh bien… je ricanai tout simplement puis me mis à rire hystériquement, car ce n'était pas tous les jours qu'une personne assistait à un vampire ayant peur d'un fantôme.
« Qu'est-ce qu'il y a, Peter ? Peur d'un fantôme ? » Demandais-je d'un ton moqueur après m'être suffisamment calmé.
« Euh… Bien sûr que non que je n'ai pas peur ! Qui c'est ? » Dit-il avec des yeux méfiants sur mon père tout en se trémoussant d'un pied à l'autre de façon mal à l'aise.
« Eh bien… Je te présente Charles Swan… mon père. Je pense que tu as remarqué les ressemblances évidentes. » Présentais-je d'un ton faussement formel en ayant un sourire amusé à ses yeux écarquillés et un regard d'horreur suite à ma révélation.
« Mais -… Mais c'est un fantôme et les fantômes, ça n'existe pas ! » S'exclama-t-il en glissant une main dans ses cheveux dans un geste de frustration.
« Pourtant les vampires existent ainsi que les loups garou… Pourquoi pas les fantômes aussi ? » Rétorquais-je en roulant des yeux à son raisonnement et à sa déclaration stupide. « Soit… Comme tu peux le voir de tes propres yeux, mon père est l'exception à la règle semble-t-il dans ce cas. Tu as réussi alors ? » Dis-je avant de m'adresser directement à mon père.
« Ouais. Les esprits m'ont aidé dans cela. Ils m'ont permis de revenir sous cette forme pour ce que tu as fait pour Sam. Ils essaient aussi de découvrir un moyen pour que je sois dans mon corps. En attendant… je suis un fantôme. Je sens que je vais bien m'amuser avec ça et bien en profiter… » Répondit-il en tournant sa tête dans ma direction avec un sourire narquois et malicieux.
« OK… très bien. Je vous laisse tous les deux… » Dis-je avec moquerie en voyant le visage de Peter prendre une teinte encore plus pâle si c'était même possible.
« Tu n'es quand même pas sérieuse là ! » répliqua Peter vivement avec de grands yeux en me suppliant de rester avec eux.
« En fait… Si je le suis. Papa, je présume que tu sais alors ce que j'ai fait à Jacob et à Emily ? » Souriais-je béatement en me rappelant dans l'état que je les avais laissés.
« Oui et ce garçon a eu de la chance que je n'étais pas là. Non, mais comment ce vaurien ose essayer de frapper une femme et surtout ma petite fille ! » Grogna-t-il en se laissant tomber dans mon fauteuil puis en dirigeant son regard sur Peter avec attention. Eh bien, on dirait qu'il avait quand même de la solidité dans ce corps fantomatique.
« Oh Peter ? Si tu comptes courir à la recherche des Cullen… Tu n'as pas intérêt à y aller sans moi. J'ai deux ou trois choses bien placées dans mon esprit que je voudrais leur dire personnellement… » Déclarais-je avec un sourire sombre.
« OK. Je pense que je vais aller à la chasse… J'ai besoin de réfléchir à tout ça… » Convenu-t-il en hochant la tête vers mon père et moi.
« Une dernière chose avant que tu y ailles, cow-boy… Ne chasse pas sur la Push ou dans Forks. Disons qu'à la Push, il y a deux packs de loups. Un avec qui je m'entends plutôt très bien, mais l'autre, je ne m'entends pas du tout avec certains membres. En plus, j'ai frappé l'alpha et sa putain. Je n'ai pas envie de devoir aller te chercher et te retrouver en morceaux. Tu es beaucoup mieux en une pièce… » Déclarais-je avec un sourire narquois puis en me léchant légèrement les lèvres afin de lui prouver mon point et en le détaillant des pieds à la tête.
« Tu sais… tu es vraiment l'humaine la plus étrange que j'ai jamais posé les yeux dessus ou que j'ai rencontrée… » Fit-il remarquer en secouant la tête avec un sourire amusé, mais aussi incrédule.
Secouant la tête, je sortis de la pièce avec un rire amusé et je montai à l'étage vers ma chambre ainsi que vers la salle de bain laissant mon père et l'homme qui était censé compléter mon âme et mon cœur à leurs occupations ou à leur discussion parce que j'étais sûr que mon père allait se faire un plaisir de faire passer à Peter un interrogatoire complet. Mon père avait peut-être accepté que Peter était mon compagnon véritable, mais ce n'était pas pour autant qu'il allait le laisser passer aussi facilement. Ce n'était pas pour rien qu'il avait été flic pratiquement toute sa vie. Une chose que je savais cependant, c'était que j'avais hâte d'entende et de voir mon frère de cœur protecteur, mais aussi j'étais impatiente de voir la tête qu'allaient faire les Cullen en me voyant, mais aussi en apprenant que Peter, un vampire qui buvait des humains était en fait mon compagnon. Il était clair pour moi que Carlisle, mais aussi Edward allaient en faire toute une grande histoire pour un rien. Je les connaissais que trop bien pour ne pas le savoir à l'avance comment ils allaient véritablement réagir aux changements qui avaient eu lieux dans ma vie depuis leur départ…
