Chapitre 10 : Libre.
Le jour de la pleine lune était enfin arrivé. À présent, nous étions à la fin du mois d'Août et pratiquement à la fin de l'été. La plupart de la journée, je la passai blotti contre Peter tout en profitant de la tranquillité présente et du calme régnant. Jasper s'était chargé de déterrer le corps de mon père la nuit dernière. Heureusement pour nous, Jasper avait fait des études de médecine et donc, il pourra intervenir si un problème surgissait durant le rituel. Vieux Quil avait fait appel aux esprits et à leur magie afin de restaurer le corps de mon père comme il avait été avant sa mort et lorsqu'il était bien vivant.
Finalement, l'heure fatidique arriva. Dans quelques minutes, la cérémonie allait commencer et j'étais terrifié à cette idée, surtout si quelque chose venait à mal se passer. Pour cette cérémonie, Vieux Quil m'avait imposé de porter une robe Quilleute, car c'était la coutume et tradition pour ce genre de cérémonie. C'était une robe en peau d'animal de couleur clair et elle atteignait jusqu'au haut de mes genoux, une robe toute simple et rien d'extravagant.
En ce moment, Peter se tenait à côté de moi debout sur le porche de la maison, à observer avec attention la scène devant nous près du chêne. L'arbre était une source de vie importante et sacrée pour la tradition Quilleute. C'était pourquoi Vieux Quil avait fait placer le corps de mon père à cet endroit bien particulier. Plusieurs bougies et encens étaient également disposés en cercle autour de l'arbre et de mon père.
« Prête, Bell's ? » Demanda mon père sous sa forme de fantôme.
« Tu sais, ça fait bizarre… Ton corps est là-bas et pourtant, je te parle sous ta forme de fantôme… Mais pour te répondre… Je-… Je ne sais pas pour être honnête. » Murmurais-je en toute honnêteté.
Je me sentais si engourdie comme si mon corps était bien présent, mais que moi, je ne l'étais pas, comme si j'étais dans un rêve ou simplement que j'assistais à la scène sans pouvoir intervenir et sans avoir aucun contrôle de mon corps.
« Ça ira… J'ai confiance en toi… » Me rassura-t-il.
Cela dit, je fermai les yeux un court instant et je pris une profonde inspiration bien nécessaire afin de me donner du courage, mais aussi pour calmer mes nerfs naturellement, sans pour autant avoir besoin de l'intervention de Jasper et de son don d'empathie pour le faire.
Après quelques minutes, j'ouvris mes yeux une nouvelle fois et je commençai à marcher vers le lieu où allait avoir lieu le rituel tout en faisant attention à ne pas regarder le corps sans vie de mon père. Au lieu de cela, je resserrai ma main sur celle de Peter, qui m'accompagnait sachant que j'en avais besoin et que c'était difficile pour moi, et je croisai mes yeux avec ceux de mon frère de cœur et à présent de sang, Sam, tout en continuant à avancer jusqu'à ce que j'atteigne le bord du cercle et que j'y entre.
Une fois dans celui-ci, je lâchai la main de Peter et je me couchai sur l'herbe luxuriante puis je fermai les yeux, ne voulant pas voir le corps de mon père même si je savais qu'il était recouvert d'une couverture.
« Es-tu prête, chérie ? » Demanda Jasper agenouillé près de moi sur mon côté. Je pouvais le sentir contre ma peau.
« Oui. » Soufflais-je sincèrement, mais avec appréhension.
« Dès que Charlie aura assez de sang dans son corps afin de pouvoir recevoir son âme de retour, mais aussi pour permettre la transformation en vampire, je t'injecterais un peu de morphine afin de soulager de quelque peu la douleur que va provoquer le venin lorsqu'il traversera ton corps, le modifiant en vampire. La douleur ne va pas s'en aller complètement, au contraire. Tu vas te sentir légèrement engourdie et endormie, mais c'est le mieux que je puisse faire afin que tu n'aies pas l'impression de bruler vive sur un bucher en flammes. Je sais que tu es forte et courageuse, mais cette douleur, je ne la souhaite à personne. Si tu sens l'envie de crier ou de hurler, fais-le. Ne te retiens surtout pas. Je vais faire tout mon possible afin que tu ressentes le moins possible la douleur et la brulure qui sont engendrées par le venin s'amplifiant sans ton système et provoquant certaines modifications de façon internes, mais aussi externes dans ton corps. » Expliqua-t-il en caressant mes cheveux affectueusement en m'aidant à m'apaiser. « Ça va aller, p'tite sœur… » Me rassura-t-il en souriant lorsque j'ouvris mes yeux pour quelques instants.
« J'ai compris. » Murmurais-je pour ensuite refermer mes yeux.
« Bois ceci, mon enfant… Les esprits vont à présent prendre soin de toi… Tu es digne d'être une Quilleute… » Murmura Vieux Quil avec émotions dans sa voix.
L'instant suivant, je sentis le bord d'un verre placé sur mes lèvres. Je les ouvris légèrement et je bus le liquide du verre sans me poser de questions. J'avais confiance en Vieux Quil et je savais qu'il ne ferait rien pour me porter préjudice.
Quelques minutes plus tard, je me sentis commencer à somnoler. La dernière chose dont je pris connaissance fut une aiguille insérer dans mon avant-bras avant que je sente mon sang être aspiré de mon corps puis je fermais les yeux complètement et je me laissai sombrer dans un autre monde. Vieux Quil avait certainement dû me donner un puissant somnifère fabriqué de façon Quilleute.
« Peter… Il est temps… Il faut faire vite, elle a perdu beaucoup de sang et elle est très faible… » Entendis-je la voix de Jasper dans ma semi-conscience après un très long moment.
« Allons-y ! » Se précipita aussitôt Peter.
Avant que je reperde conscience une nouvelle fois, je sentis plusieurs morsures sur mon corps. Les deux côtés de mon cou, mes poignets, mes chevilles et à l'endroit où battait mon cœur. La douleur commença aussitôt et très intensément. Je dus réprimer un cri de douleur tellement ça faisait mal. J'avais été prévenu que ça arriverait, mais je ne m'attendais pas à une douleur aussi violente et fulgurante. C'était comme si des milliers de poignards très aiguisés étaient plantés dans chaque partie de mon corps et le traversait avec lenteur. C'était insuportable.
« Voilà… Il n'y a plus qu'à attendre… Elle me bloque, je ne sais pas ce qu'elle ressent… ça peut être inconscient ou pas… Je ne sais pas si je vais réussir à passer à travers la barrière qui la protège afin que je prenne le maximum de sa douleur… » Déclara Jasper avec soucis dans sa voix mielleuse.
Je ne savais pas si c'était parce que Jasper m'avait administré une forte dose de morphine ou bien s'il utilisait son don afin d'enlever le plus de douleur possible, mais je ne ressentais presque plus rien. En quelques instants, mon corps était comme endormi. Je ne pouvais plus bouger. J'étais paralysé. Malgré le peu de douleur, je me sentais très chaude, voir brulante comme si des flammes léchaient mon corps en entier afin de l'englober dans un cocon de protection. La douleur n'était rien comparé à lorsque James m'avait mordu dans la salle de danse ou il y avait quelques minutes de ça lorsque Peter et Jasper m'avaient mordu à leur tour et qu'ils m'avaient également injecté le venin d'Emmett.
Les secondes passèrent pour devenir de longues minutes. Mon esprit jouait tous mes souvenirs depuis mon enfance jusqu'à maintenant. J'avais l'impression d'être une spectatrice à ma propre vie. Elle m'avait l'air si étrangère et si non-moi. C'était une expérience assez étrange en soi. En les revoyant ainsi, je pus voir une autre facette des gens que j'avais rencontrés durant ma vie, mais le plus frappant, c'était sans doute les Cullen.
En visualisant mes souvenirs avec eux d'un point de vue externe et d'un point de vue en n'étant pas obsédé et sans contrôle de moi-même avec Edward, je pus réaliser quel genre de personnes étaient réellement Carlisle, Esmé, Alice et Edward. Pas de très bonnes en tout cas. Tous les quatre manipulaient les autres et ils aimaient avoir le contrôle ainsi que de se croire supérieur sur les humains. Ils aimaient le pouvoir et la puissance que leur nature leur procurait. Edward m'avait dit un jour que les vampires buveurs d'humains étaient des monstres, mais en regardant mieux, c'était lui le monstre tout comme Carlisle, Esmé et Alice. Ils étaient les vrais monstres dans l'histoire, pas les Volturi ou les buveurs d'humains.
Maintenant, en regardant mieux les choses, je pouvais confirmer avec certitude et sans aucun doute mon hypothèse dont j'avais mentionné à Paul, Jared et Sam. Je n'avais jamais agi de mon libre arbitre. J'étais contrôlé et manipulé comme une marionnette, un pantin. Les Cullen, à l'exception de Jasper, Emmett et Rosalie, utilisaient ce contrôle sur moi afin que je reste avec Edward, pour une raison ou une autre, et que je fasse tout ce qu'il voulait de moi. J'étais écœuré. Je me sentais utilisé, humilier et presque sale. Un peu comme s'ils m'avaient violé physiquement. Heureusement que ça n'avait pas été le cas. J'avais été qu'une vulgaire marionnette à leurs yeux, un jouet avec lequel ils pouvaient s'amuser lorsqu'ils s'ennuyaient. Pire, j'avais été un animal de compagnie sous une forme humaine… J'étais si dégouté et en colère. D'une certaine façon, ils m'avaient tous les quatre violé, violer mon esprit et c'était bien pire que de l'être physiquement.
J'étais décidé que lorsque ma transformation serait complète, je trouverais un moyen pour qu'Aro Volturi puisse voir dans mon esprit afin que je lui montre ce que ces quatre Cullen avaient fait et comment ils avaient trop joué avec ma vie. J'étais certaine d'une chose, c'était que l'incident qui s'était produit lors de mon 18ème anniversaire n'était pas du tout un pur hasard ou une coïncidence. Il y avait trop d'éléments qui entraient en jeux pour que ça soit le cas.
Petit à petit, la chaleur se concentra dans tout mon corps. Elle s'intensifiait de plus en plus pour aller se concentrer dans ma poitrine où mon cœur battait. Même si le sentiment et les sensations étaient plus fortes, je n'avais pas mal ou je ne me tordais pas d'agonie. Au contraire en réalité, j'avais une agréable sensation de fourmillement dans les plantes de mes pieds et dans chaque terminaison nerveuse de mes mains, comme de légers courants électriques. C'était un sentiment grisant et je me sentais bien.
« Peter… Regarde ça ! » Entendis-je dire en état de choc la voix de Jasper de quelque part près de moi.
« C'est quoi ? » Demanda mon compagnon.
« Je ne sais pas pour sûr… ça fait peut-être partie de son pouvoir. On dirait de l'électricité. Il va falloir appeler Éléazar afin de le découvrir et de le savoir… » Murmura Jasper.
Je ne savais pas combien de temps s'écoula après cela ou même depuis combien de temps ma transformation avait débuté, mais tout ce dont je me rendais compte, c'était ce sentiment chaleureux devenant de plus en plus intense comme si ma poitrine était en feu ou que mes poumons étaient remplis de lave d'un volcan en éruption.
Au bout de quelques minutes, le sentiment s'estompa et je ne ressentis plus rien. Ni aucune douleur, ni aucune chaleur.
Après plusieurs minutes à réfléchir sur ce sujet, je me décidai d'ouvrir les yeux, mes nouveaux yeux, à ma nouvelle vie.
En ouvrant les yeux, je pus voir une forte et vive source de lumière. Je fermai les yeux quelques secondes afin de m'habituer à la luminosité du soleil ainsi qu'à la nouvelle sensation de ma vue encore plus améliorée que celle que j'avais lorsque j'étais métamorphe. Apparemment, d'après ce que j'avais pu constater sur le peu de ce que j'avais entraperçu lorsque j'avais ouvert mes yeux, je me trouvais toujours à l'extérieur et mes vêtements étaient différents de ce que j'avais porté lors de la cérémonie du rituel. Effectivement, je n'étais plus habillé de la robe Quilleute, mais d'une chemise à carreaux blancs et bleu ainsi qu'un mini-short de couleur clair tout en restant pieds nus.
En ré ouvrant mes yeux, je bougeai le bout de mes doigts dans l'émerveillement de l'éclat de ma peau et je commençai tout doucement à tester mes autres membres.
Une fois habitué aux nouvelles sensations et sentiments que m'avait provoqués mon réveil éternel dans cette nouvelle forme, je me redressai dans un mouvement fluide pour me retrouver en quelques secondes dans une position assise et je me décidai à regarder mes alentours.
Tout était si différent et si amélioré à ma vue. C'était si intense, si clair, si net et si détaillé. Je pouvais voir certains détails que je n'aurais jamais pu voir en étant humaine. Je pouvais voir encore plus loin de lorsque j'avais été un simple métamorphe. Maintenant… Qu'étais-je ? Étais-je simplement un vampire ou un hybride ? Ou étais-je un mélange des deux ? Réponses que j'allais devoir attendre, car il n'était pas encore temps de les recevoir.
Me fiant à mes autres sens, je pus entendre le bruit des oiseaux chantant, le son de la légère brise soufflante, mais aussi le bruit de plusieurs cœurs battant hormis ceux des animaux se trouvant dans la forêt à proximité. Je pus également sentir l'odeur distincte de l'herbe, des arbres, de la terre, mais aussi d'autres senteurs dont je n'arrivais pas à identifier ou à me rappeler avec précision. Elles m'étaient familières, mais c'était encore vague.
Bientôt, mon regard croisa une paire d'yeux rouges. Je fronçai alors les sourcils au premier abord, car ces yeux m'étaient familiers, très familiers, puis la réalisation se fit dans mon esprit et je me rappelai le propriétaire de ces yeux. Au même instant que la réalisation se fit, je sentis une très forte et très intense traction vers cette personne et je sus avec certitude de qui il s'agissait. Peter.
Aussi vite, je me relevai dans un mouvement gracieux et très rapide. Il allait vraiment falloir que je m'habitue à ces nouvelles aptitudes et choses. C'était vraiment déroutant.
« Peter… » Chuchotais-je dans l'émerveillement et dans la crainte tout en me surprenant du son que ma voix avait pris. Elle était si douce et si claire.
Si j'avais trouvé Peter beau lorsque j'étais métamorphe… Ce n'était rien comparer à ce que je voyais en ce moment. Il était un dieu… Ses cicatrices des guerres du sud le rendaient encore plus beau et plus magnifique. Ça lui donnait un air de mauvais garçon, mais aussi ça montrait son côté sauvage de nomade et sa force. Il était encore plus à couper le souffle de ce qu'il était avant à mes yeux. Je dus difficilement réprimer un gémissement en le voyant et retenir mon envie de lui sauter dessus pour le réclamer comme le mien. À ses yeux, je pus voir qu'il savait ce qui se passait dans ma tête et il me fit un sourire effronté, fier de l'effet qu'il avait sur moi.
« Chaton… » Répondit-il en s'avançant avec prudence, ne voulant pas me brusquer.
Il n'eut pas le temps d'avancer plus loin parce que soudainement, j'apparus juste devant lui et je lui sautai dessus avec mes jambes entourant sa taille. Il fut surpris par mon geste audacieux parce que l'instant suivant, nous nous retrouvâmes au sol avec lui couché sur l'herbe et moi au-dessus de lui, ce qui me provoquai de laisser échapper un rire heureux.
« Tu es si belle et magnifique… » Chuchota-t-il dans l'émerveillement en croisant mes yeux.
« Et tu es toujours aussi canon et sexy… » Répliquais-je sans honte ou embarras avec un sourire narquois.
Peter ne put répondre quelque chose, car notre moment fut interrompu. Je n'avais qu'une envie, grogner mon mécontentement et mon agacement, mais je reconnus immédiatement la voix.
« Bella… Chérie… » Demanda la voix de derrière moi en utilisant un ton hésitant.
Ma tête fouetta d'elle-même vers cette direction tout comme je me relevai et me mis devant Peter dans une position accroupie. Il me fallut seulement une nano seconde pour réagir de la sorte. Je fixai alors l'intrus pour voir Jasper avec un sourire affectueux et ses mains en l'air en signe de reddition. En le remarquant et en ne sentant aucune menace pour mon compagnon, je me redressai lentement.
En voyant toutes ses cicatrices, je n'avais qu'une envie, c'était de grogner, mais je le retins difficilement. C'était Jasper et il était mon frère.
Derrière lui se trouvaient Jared et Paul souriant avec leurs bras sur leurs côtés de manière non menaçante. Quil était un peu en arrière en gardant un œil attentif sur moi, prêt à intervenir si la situation venait à se dégrader et à se dégénérer. À cela, je fronçai les sourcils quelques secondes puis je regardai derrière Quil pour voir Seth, Sam et Leah formant une barrière comme s'ils protégeaient quelque chose. Ce fut en voyant le visage inquiet de Leah que je réalisai. Mon père.
Aussitôt, je cessai de respirer, même si je n'avais plus besoin de le faire. C'était une habitude qui serait difficile à faire disparaitre. Je ne voulais pas tenter le diable en respirant l'odeur du sang circulant à présent dans les veines de mon père et risquer de perdre le contrôle.
« Bella ? » Appela mon attention Jasper.
En l'entendant, je retournai mes yeux sur lui pour ensuite relever un sourcil dans le questionnement et la curiosité.
« Quel genre de régime veux-tu ? Humain comme Peter et moi ou bien animal comme les Cullen ? » Demanda-t-il en s'avançant d'un pas non menaçant, mais toujours prudent et lent.
En comprenant sa question, je regardai dans ses yeux pour voir qu'ils avaient une couleur rouge rubis. Il était surement retourné au régime naturel pour les vampires de façon plus permanente que lorsqu'il était réapparu dans ma vie. Je fronçai les sourcils dans la réflexion sur les pour et les contre puis je souris sincèrement et largement.
« Comme Peter et toi… des criminels. » Déclarais-je fermement en faisant quelques pas en avant de Peter.
Sur ce, Jasper disparut pour réapparaitre quelques secondes plus tard. Jasper me lança alors un sac de sang que je rattrapai d'une main avec une facilité étonnante. Peter me l'ouvrit et je le mis à ma bouche puis je le bus goulument comme si c'était le meilleur repas que je n'avais jamais gouté dans ma vie. Ce fut maintenant que le liquide chaud et délicieux entrait dans ma bouche que je réalisai à quel point j'avais soif. Étrange… je n'avais même pas eu mal à ma gorge et je n'avais pas non plus remarqué ma soif de sang lorsque je m'étais réveillé. Ce qui avait été le plus important avait été Peter puis mon père et son bien-être. Lorsque la poche fut vide de sang, Jasper m'en donna une seconde que je bus tout aussi rapidement que la première. Lorsque ma soif fut assouvie et rassasiée, je laissai tomber le sac vide à mes pieds et je regardai Jasper ainsi que Peter dans la confusion.
« Nous irons chasser plus tard, le sang venait de l'hôpital. Tu dois te charger de la transformation de ton père désormais et il ne faut pas trainer… » Expliqua Jasper avec compassion lorsque je regardai avec inquiétude et un air peu sûr vers l'endroit où mon père se trouvait.
« Nous serons là pour t'aider et t'arrêter au cas où il y a un problème et que ta soif te submerge… » Me rassura Peter en prenant ma main et en déposant un chaste baiser à la base de ma nuque, ce qui me fit frissonner de plaisir et de désir.
Avec une profonde inspiration, j'hochai la tête pour moi-même et je m'approchai avec lenteur vers où mon père était couché dans l'inconscience. Seth se dégagea de ma vue, mais il resta proche puis Sam se releva à son tour et il s'appuya contre l'arbre tout en me souriant de façon encourageante. Leah, quant à elle, resta sur le côté de mon père tout en lui tenant la main. En me voyant arrivé de plus près, elle me fit un sourire crispé et forcé.
Je ne le montrais pas, mais à l'intérieur de moi, j'étais terrifier et pétrifier de devoir transformer moi-même mon père, mais je devais le faire. C'était son choix, son souhait. Je devais réussir et me contrôler suffisamment pour permettre la transformation et ne pas le tuer à la place.
Arrivant près de lui, à l'autre côté de Leah, je m'agenouillai et je pris la main chaude de mon père dans la mienne dans une prise douce tout en veillant à rester prudente afin de ne pas briser les os de sa main. Il fallait absolument que je réussisse. Pour lui, pour moi, pour nous… Je voulais mon père de retour et à la normale. Je voulais sentir ses bras autour de moi et pouvoir le serrer dans mes bras.
« Que dois-je faire ? » Demandais-je en jetant un coup d'œil par-dessus mon épaule à Peter qui se tenait debout juste derrière moi.
« Tu dois mordre dans son cou, ses poignets et ses chevilles… » Répondit-il avec un sourire rassurant en posant une main sur mon épaule tout en caressant ma nuque de son pouce. Cela provoqua de me détendre de quelque peu.
« Très bien… » Intervint Jasper en s'abaissant sur mon côté en me tendant une seringue vide.
« Que veux-tu que j'en fasse ? » Lui demandais-je dubitative en fronçant les sourcils, mais en prenant tout de même la seringue dans ma main sans vraiment comprendre à quoi elle entrait en jeu.
« C'est pour que tu mettes de ton venin dedans pour ensuite l'injecter directement dans son cœur. Ça sera plus rapide. Peter t'a mordu dans la poitrine, mais en général, c'est une chose qui se fait uniquement entre compagnons lorsque l'un transforme l'autre. C'est l'une des étapes de l'accouplement et ce qui rend encore plus fort et plus puissant le lien existant entre les deux. » Expliqua-t-il en se reculant un peu, mais en restant assez proche afin d'intervenir si un problème survenait.
J'hochai simplement la tête dans la compréhension puis je regroupai dans ma bouche autant de venin que je le pouvais et je le fis couler dans la seringue.
Une fois que celle-ci fut remplie, je la rendis à Jasper d'une main légèrement tremblante, car je me sentais incapable de faire moi-même le geste. Avec un sourire, Jasper la prit dans sa main, inséra l'aiguille au bout, ouvrit la chemise de mon père puis d'un geste vif et sans aucune hésitation, il injecta mon venin dans le cœur de mon père. Avec un coup d'œil encourageant de sa part, je me penchai et je mordis dans le cou de mon père. Je n'attendis pas pour gouter le sang qui, à présent, coulait dans ses veines, parce que j'injectai autant de venin possible dans son système tout en ignorant le gout de mon propre sang et qui était maintenant celui de mon père. Très vite, je m'occupai des poignets de mon père et je fis le même processus avec ses chevilles.
Une fois fait cette dure tache, je me reculai et j'essuyai ma bouche avec ma main tout en regardant mon père avec attention et inquiétude. La minute suivante, j'entendis son cœur devenir plus frénétique et plus fort, signe que le changement commençait à se produire.
Après s'être assuré que la transformation en vampire avait bien débuté, Jasper injecta à mon père un produit que je devinais devait être de la morphine.
« Pourquoi son corps ne bouge-t-il pas à cause du changement ? Logiquement, d'après ce que toi et Peter vous m'avez raconté, une personne en transition devrait se tordre de douleur et hurler d'agonie… Là, il n'y aucun son, ni aucun frémissement de sa part… Est-ce normal ? Y a-t-il un problème ? Est-ce que j'ai fait quelque chose de mal ? » Le questionnais-je avec mes yeux fixés sur mon père. « Pourquoi n'y a-t-il pas le moindre petit gémissement sortant de sa bouche ? » Ajoutais-je rapidement dans un souffle.
« Je l'ai mis dans un coma artificiel avec mon don. C'était la seule façon que le fantôme de ton père, ou son esprit si tu préfères, reste enfermé dans son corps sans avoir la possibilité de s'échapper après que tu lui as donné ton sang et ça, jusqu'à ce que tu le transformes pour sceller, une bonne fois pour toutes, le rituel. » Expliqua-t-il avec un petit sourire de réconfort. « Toi non plus, tu n'as émis aucun son. » Finit-il en souriant avec complicité.
Je ne savais même pas qu'une chose pareille était possible de faire pour lui. C'était vraiment un puissant pouvoir.
Peter vint me prendre dans ses bras pour le soutien. Il savait que je ne voulais pas quitter le côté de mon père de sitôt.
Maintenant, il restait plus qu'à attendre le réveil de mon père. J'avais hâte d'une chose, c'était d'être une nouvelle fois dans les bras de mon père et je ferais tout en mon pouvoir pour le protéger. Personne ne le touchera ou ne lui fera du mal encore une fois. Personne ne me le prendra une nouvelle fois comme l'avait fait cette chienne de Victoria. Quoiqu'il arriverait à l'avenir… Je ne permettrais pas de le perdre… je le refusais. Si quelqu'un lui voulait du mal, il devrait d'abord passer par moi. Ce qui voulait aussi dire par Jasper et Peter. Ça, ça serait une tache très difficile à faire sachant à quel point ils sont protecteurs, surtout Peter…
Trois jours plus tard.
Pourquoi ça durait si longtemps alors que pour moi, ça avait seulement duré quelques heures, voir une journée ?
Je n'en pouvais plus d'attendre. J'avais l'impression que ça faisait une éternité depuis que j'avais mordu dans la peau de mon père afin de le transformer en vampire.
Peter avait essayé à plusieurs reprises de me faire chasser, mais ça avait été un échec complet et sans succès. J'étais trop préoccupé par mon père. J'avais terriblement peur qu'il ne se réveille pas du tout. Jasper et Peter m'avaient rassuré comme ils le pouvaient plusieurs fois, mais je ne pouvais pas m'en empêcher, c'était plus fort que moi. Finalement, au bout d'un moment, ils avaient abandonné toute tentative en voyant que je n'allais pas changer d'avis ou mon comportement. Je devais me retenir de grogner contre eux pour essayer de m'éloigner et me distancer de mon père.
Actuellement, j'étais en train de faire les cent pas avec mes mains dans mon dos tout en regardant le sol. J'étais en train de marcher juste à quelques centimètres de distance des pieds de mon père. Je ne voulais pas trop m'éloigner de lui, je m'en sentais incapable. J'étais ennuyée, frustrée et impatiente. Je n'en pouvais plus d'attendre. Je savais qu'en faisant cela, je tapais sur les nerfs des autres, mais je m'en fichais royalement. Je me doutais bien qu'il ne leur allait pas falloir longtemps avant que l'un d'eux ne le supporte plus et perde patience, mais mon père était plus important, avec Peter bien sûr, pour que je m'inquiète de leur état d'esprit.
« Merde, Peter, fais quelque chose ! Elle me tonne le tournis à faire les cent pas et à tourner en rond comme ça ! » Râla Quil en perdant finalement patience.
D'ordinaire, Quil, n'était pas une personne avec une très grande patience, mais là apparemment, il avait atteint sa dernière limite. Un Quil n'ayant plus de patience était un Quil de mauvaise humeur, de très mauvaise humeur.
Peter s'avança alors vers moi de l'endroit où il se trouvait contre l'arbre et il me fit arrêter ce que je faisais depuis un long moment déjà en me prenant par les épaules pour ensuite me prendre dans ses bras dans une étreinte de réconfort et rassurante.
« Chut, chaton… Il va se réveiller d'un moment à l'autre. Je sais que c'est stressant pour toi, mais il faut que tu te calmes et que tu sois encore un peu patiente. » Murmura-t-il dans mon oreille.
« Très bien… » Concédais-je bien malgré moi en me blottissant plus profondément dans l'étreinte accueillante de ses bras.
Plusieurs heures passèrent après cela lorsqu'un changement majeur put se faire remarquer chez mon père. Son cœur battait de plus en plus vite et quelques gémissements douloureux sortirent de sa bouche.
Je le regardais avec attention et préoccupation pendant tout le temps que j'étais installé confortablement dans les bras de Peter, assise sur ses genoux, tout comme il avait son dos appuyé contre l'arbre et que ses bras entouraient ma taille avec son menton posé sur mon épaule. De temps en temps, il déposait légers baisers dans le creux de mon cou afin de m'aider à rester calme pendant que je gardais mon attention fixée sur mon père avec ma main tenant la sienne depuis le début de sa transformation.
Bizarrement, depuis que j'avais injecté de mon venin dans le corps de mon père, Leah semblait plus distante, plus lointaine avec lui, mais pour l'instant, je ne m'en occupais que très peu, voir pas du tout. Il y avait plus important que de m'inquiéter à propos de son comportement troublant. J'étais sur cependant, c'était que ça avait à voir avec l'imprégnation. Peut-être n'avait-elle pas résisté à la transformation de mon père…
Soudainement, le bruit du battement du cœur de mon père cessa complètement. Il n'y avait plus aucun son à part celui du chant des oiseaux logeant dans la forêt avoisinante et les battements de cœurs appartenant aux membres du pack. Je relâchai alors la main de mon père afin de ne pas le brusquer lorsqu'il ouvrira les yeux pour la toute première fois en tant que vampire. Un silence suivit sans que personne n'ose même prononcer un mot ou faire un mouvement.
Finalement, les yeux de mon père s'ouvrirent et dans un flou, il était dans une position accroupie en montrant ses dents tout en regardant autour de lui dans la confusion.
Avant que Leah puisse faire un geste afin d'aller à lui, je posai ma main sur sa jambe, lui indiquant clairement de ne rien faire de tel. Personne ne savait comment mon père allait réagir et s'il allait se comporter comme un nouveau-né ou plutôt comme moi. En plus, Leah même si elle était une louve restait encore en partie humaine et du sang circulait dans ses veines. Si mon père perdait le contrôle et la mordait, elle mourrait à coup sûr étant donné que le venin était très mortel pour les métamorphes. Si ça venait à être le cas, mon père s'en voudrait terriblement et je ne voulais pas lui faire porter cette culpabilité ou ce fardeau. Donc, il valait mieux prendre toutes les précautions possibles.
Au bout de plusieurs minutes, mon père se redressa et se tint debout avec la tête haute d'une posture confiante et assurée.
Bien vite, son regard, de ses yeux rouges, tomba sur moi et il fit un pas en avant dans ma direction avec sa main tendue vers moi. Il n'en fallut pas plus pour faire réagir Peter parce qu'en une fraction de seconde, je me retrouvai derrière Peter avec lui dans une position de protection à quelques centimètres de moi.
« Bell's… » Murmura mon père en tendant encore plus sa main vers moi et en ignorant le comportement défensif de mon compagnon.
Avec une tape sur l'arrière de la tête de mon compagnon, je le contournai et je courrai à toute vitesse dans les bras protecteurs ainsi qu'accueillants de mon père. Une fois dans la prison de ses bras, je sanglotai de soulagement et de bonheur.
Un long moment passa lorsque finalement je rompis l'étreinte avec mon père. Il me regarda avec confusion un petit instant et en réponse, je lui fis un petit sourire rassurant et complice.
« Quelqu'un d'autre a été en attente pour ton réveil… » L'informais-je en lui prenant la main et en marchant vers où Leah se tenait maladroitement aux côtés de Jasper et Peter.
Lorsque je parvins près d'eux, je pris la main de Leah et la mit sur celle de mon père avant de me reculer à contrecœur et d'aller près de Peter qui me pris dans ses bras.
Après une demi-heure dans un silence confortable et paisible, Jasper le rompit en se raclant la gorge bruyamment.
« Peter, tu prends Bella à la chasse, tandis que moi, je m'occupe de Charlie… » Annonça-t-il en fronçant les sourcils en remarquant le comportement plus qu'étrange de mon père avec Leah.
En effet, il la regardait avec des sourcils froncés et le front plissé. Je me demandais ce qui se passait. Quelque chose avait certainement dû se produire lors de la transformation en vampire, mais il allait falloir attendre le fin mot de l'histoire pour pouvoir agir.
Sur cette annonce, Jasper partit avec mon père et Leah en direction de la forêt vers je ne savais où sans que je puisse avoir l'occasion de dire au revoir à mon père.
« Quel est le plan ? » Demandais-je en regardant Peter dans les yeux une fois que mon père fut disparu de ma vue.
« Que tu chasses en premier lieu puis que nous allions à la recherche des Cullen lorsqu'il sera temps de le faire après ta phase de nouveau-né. Le Major va se charger de ton père pendant ce temps-là. Il vaut mieux que vous soyez séparé durant votre chasse. Lorsque la tâche sera accomplie et que vous serez bien nourris, le Major va emmener ton père et Leah quelque part au Canada afin de nous laisser un peu de temps, mais aussi pour apprendre à ton père les bases d'être un vampire ainsi que de lui enseigner à se battre et à se défendre même si ton père sait déjà le faire et qu'il a certaines notions en étant un flic. C'est juste au cas où quelque chose venait à arriver et qu'il entre dans un combat. Par contre, je crains que je doive te dire que tu ne le reverras pas pendant une petite période. Je vais faire la même chose avec toi que va faire le Major avec ton père même si je sais que ton père t'a déjà appris les notions de base pour te défendre. Si nous vous séparons de la sorte, c'est à cause du lien d'accouplement qui nous unit toi et moi, mais aussi à cause de l'imprégnation. À cause de ce fait, notre lien est encore plus fort et plus puissant et donc, mes instincts sont pires qu'en temps normal. Maintenant que tu es un vampire, ils sont décuplés. En plus de cela, je suis très possessif et ça risque de dégénérer et mal tourner avec autant d'hommes autour de toi. Le Major et moi, nous préférons prendre nos précautions. Il y aura trop de tension d'être en la présence de non seulement ton père, mais aussi le Major qui est un homme célibataire. Je sais que tu le vois comme le frère, comme il est le mien, mais mes instincts le voient autrement. Étant donné que ce sont des hommes, j'aurais difficile à pousser mes instincts vers le bas ou sur le côté. » Expliqua-t-il sérieusement avec un visage désolé.
« Attends si j'ai juste là et que j'ai bien compris la chose… Tu es en train de me dire que je ne peux pas voir mon père, mais aussi Jasper, jusqu'à ce que notre accouplement soit finalisé et que ma phase de nouveau-né est terminée ? Merde, Peter ! Je n'ai même pas pu dire au revoir à mon père ! Père, qui je te le rappelle, je n'ai pas vu depuis plus de deux ans à cause d'une chienne qui s'est dit que ça serait amusant de le tuer pour me faire souffrir… » Grognais-je mon mécontentement avec un sourcil relevé.
« Oui, en clair… c'est ça… Tout vampire qui t'approche… Enfin, je veux dire les hommes en général… sont une menace. » M'informa-t-il avec un sourire penaud tout en se grattant l'arrière de la tête dans un geste nerveux et mal à l'aise. « Es-tu prête pour la chasse ? » Demanda-t-il innocemment en changeant brusquement de sujet.
À cela, je plissai les yeux, lui montrant que le sujet de conversation n'était pas terminé puis je hochai la tête dans le consentement à contrecœur.
Avant de partir, je dis au revoir à Sam, Jared, Paul et Seth d'un signe de la main. Je ne voulais pas non plus tenter le diable en provoquant les instincts de Peter à sortir parce que je les avais approchés de trop près.
Après cela, Peter et moi, nous nous mîmes à courir pour ensuite entrer dans la forêt.
Au bout d'un certain temps à parcourir la forêt environnante vers le centre de Seattle, nous arrivâmes enfin à destination. Là, je suivis Peter, car pour être honnête, je ne savais pas où aller ou bien où il fallait se diriger.
Bientôt, Peter entra dans une ruelle sombre et nue d'individus. Ensuite, une fois bien à l'abri des regards, il se propulsa vers le haut pour atterrir sur le toit d'un des immeubles. Je le fixai avec des yeux surpris et choqués durant un instant avant de me secouer et de reprendre contenance de moi-même. Il aurait quand même pu me prévenir avant. Marmonnant dans ma barbe toutes sortes de choses au sujet des compagnons stupides et diverses d'autres choses, je fis de même que Peter et j'atterris à ses côtés un instant plus tard en lui lançant un regard noir.
« Pas si mal que ça après tout… » Admis-je lorsqu'il me prit la main.
Peter se contenta de secouer la tête tout en roulant des yeux et nous commençâmes à sauter de toit en toit pendant une bonne vingtaine de minutes.
Enfin, Peter nous arrêta et il me fit signe de rester silencieuse ainsi que de ne faire aucun bruit en posant un doigt sur ses lèvres. En réponse, je hochai la tête et observai attentivement la scène se jouant sous mes yeux en bas de l'immeuble où nous nous tenions.
Un homme d'une quarantaine d'années, accompagné de deux autres hommes de la même tranche d'âge, avait réussi à piéger une malheureuse jeune fille qui n'avait pas l'air d'avoir plus de quinze ans. Je n'avais qu'une envie en les voyants, c'était d'arracher leurs têtes en comprenant leurs intentions, mais j'avais surtout aussi l'envie de grogner de mépris et de dégout face à cette scène écœurante. Je ne pouvais pas croire que de tels hommes puissent exister ou circuler librement. Je savais qu'il y en avait beaucoup d'autres et que de pauvres jeunes filles et femmes se faisaient violer chaque heure et chaque jour. Malheureusement, nous ne pouvions rien faire pour l'arrêter ou l'éviter, car ça sera toujours pareil. Au moins, je savais que j'allais rendre service à la société en les tuant.
Je jetai un coup d'œil à Peter et ce dernier hocha simplement la tête, m'indiquant d'aller de l'avant et de faire confiance à mes instincts de chasse ainsi qu'à mes sens.
Sans attendre, je sautai du toit pour atterrir silencieusement à une dizaine de mètres derrière les trois porcs quelques secondes plus tard.
Me relevant gracieusement et d'un mouvement fluide, je fis un pas en avant avec assez de bruit pour leur faire connaitre de ma présence et je me raclai bruyamment la gorge afin de bien faire les choses et pour attirer leur attention sur moi.
Lorsqu'ils se retournèrent, je fis un signe de ma tête à la jeune fille afin de lui faire comprendre se s'enfuir au plus vite et de ne pas rester là.
Durant un bref instant, je fixai le mur contre lequel elle avait été adossée avec ses jambes repliées et il se passa quelque chose dont je ne m'attendais pas, quelque chose de tout à fait étrange et surprenant. J'eus de nombreux flashs concernant ce qui s'était produit un peu avant mon intervention, un peu comme des visions, mais pas de l'avenir, plutôt du passé.
Comprenant ce qui se passait vraiment, je fermai les yeux lorsque j'entendis l'atterrissage de Peter à quelques pas de moi afin de faire cesser ces visions, mais sans le vouloir, je pensai à Rosalie.
Dès lors, dès que je vis son visage dans mon esprit, toute sa vie m'apparut et se joua devant mes yeux. Je ne pouvais pas l'arrêter, je n'avais aucun contrôle sur ce pouvoir et je n'aimais pas du tout cela. Je n'aimais pas ce pouvoir à voir le passé des gens, surtout un comme celui de Rosalie. Ce n'était pas un don, c'était une véritable malédiction. Je savais ce qu'elle avait vécu grâce aux journaux qu'elle m'avait laissés, mais le voir de mes propres yeux et en être témoin… C'en était une autre histoire, une horrible histoire. Je vis les moindres moments de sa vie humaine ou vampire. Les scènes se déroulèrent, me montrant chaque instant de souffrance et de bonheur jusqu'à présent.
Dieu merci… ça se termina enfin… Je n'avais pas non plus besoin ou envie de voir ça ou bien de voir mon cher frère des ours complètement nu et dans des positions assez suggestives… Quelle horreur pour mes pauvres yeux !
Subitement, j'ouvris les yeux, même si c'était qu'après seulement quelques secondes, et je regardai mon compagnon avec de grands yeux choqués, horrifiés, confus, mais aussi interloqués à la fois. J'étais complètement perdu, mais je ne m'attardai pas trop longtemps sur la question, car il était l'heure de ma chasse.
Soudainement, j'avais très soif pour le sang de criminels, surtout les violeurs en face de moi. Je savais que ce n'était pas la première fois qu'ils s'en prenaient à une pauvre fille sans défense. Après tout, trois jours étaient passés depuis la dernière fois que j'avais bu du sang des poches que m'avait donné Jasper lors de mon réveil à cette nouvelle vie.
« Comme ça, on aime jouer avec des petites filles innocentes et sans défense ? Je trouve ça vraiment ignoble et pathétique de vous attaquer à elle et que vous êtes trois… Je pense que je vais aussi jouer avec vous, bande de salopards, et vous faire payer pour ce que vous aviez prévu de faire, mais aussi pour ce que vous avez fait aux autres. Vous êtes répugnants et vous me rendez malade ! » Grognais-je en apparaissant devant le leadeur du groupe tout en envoyant un bon coup de genou bien placé dans son entrejambe.
« Rappelle-moi de ne jamais te faire trop chier, chérie ! » Grimaça Peter dans un volume que seuls nous deux pouvions entendre.
Le vaut rien hurla de douleur en tombant à genoux tout en suppliant que j'arrête. Il me regarda ensuite avec terreur et je lui pris une de ses mains dans l'une des miennes en la broyant pour ensuite briser chaque os de ses doigts et écraser sa main dans une poigne de fer. Je fis le même procédé avec l'autre main pour ensuite frapper durement ses jambes et les briser tout comme l'avait fait James avec moi dans le studio de danse à Phoenix. Satisfaite du résultat, je le pris par les cheveux et le tirai rudement près de ma bouche pour finalement en terminer avec lui et insérer mes dents dans la peau de son cou afin de boire, sans aucun remord ainsi que goulument, le liquide le maintenant en vie.
Une fois fait et complètement rassasiée, je le relâchai négligemment et le laissa tomber comme une vulgaire poupée de chiffons pour remarquer à mes pieds, l'instant d'après, le corps d'un des deux hommes restants.
Bien vite, Peter relâcha son repas et il se recula en laissant tomber le troisième homme sans vie.
Si seulement, ces hommes pouvaient prendre feu, nous n'aurions pas à nous en occuper nous-mêmes et à faire disparaitre les corps…
Aussitôt que cette pensée me traversa l'esprit, de la fumée se dégagea des trois corps pour finalement devenir de légères flammes et enfin des feux de joie dans trois tas différents.
Voyant cela, Peter se précipita à mes côtés et il nous fit sauter sur le toit de l'immeuble où nous nous trouvions un peu plus tôt.
« Comment ? » Demanda-t-il après quelques secondes de silence en se tournant afin d'être face à face avec moi.
« En toute honnêteté… Je ne sais pas vraiment. Tout ce que je sais, c'est que je voulais qu'ils prennent feu par eux-mêmes ainsi nous ne devrions pas nous en charger. Cependant, ce n'est pas la seule chose qui s'est produite… Lorsque la jeune fille s'est enfuie, j'ai regardé le mur où elle avait été et j'ai eu comme des visions de ce qui s'était déroulé juste avant notre arrivée. C'est en quelque sorte un peu comme Aro Volturi en a lui-même, mais contrairement à lui, je n'ai pas besoin d'un contact physique et ce n'est pas des pensées ou des souvenirs, mais des faits réels. En fait, en y réfléchissant mieux, je pense que c'est quelque chose entre le pouvoir d'Aro, mais aussi celui d'Alice à part qu'il s'agit du passé et non de l'avenir. Au lieu d'être des décisions, c'est des faits. Je ne comprends pas vraiment comment cela fonctionne réellement… » Soupirais-je en ne comprenant pas moi-même ce qui s'était produit plus tôt. C'était un pêle-mêle dans ma tête.
« Je pense que ça fait partie de l'ensemble de tes pouvoirs. Il est très rare pour un vampire d'en avoir plusieurs, mais certains en ont. Pour en savoir davantage, il faudrait demander l'avis d'Éléazar Denali. Sa capacité est de déceler chez un être humain ou chez un vampire certains pouvoirs spéciaux. Je me demande si ce n'est pas quelque chose qui a à voir avec ton bouclier. Durant ta transformation, à un certain moment, ton corps entier a été recouvert d'un champ magnétique. On pouvait voir des étincelles d'électricités crépiter tout autour de toi. C'était un truc de fou à voir. Peut-être qu'à un certain niveau, tu peux faire usage des éléments, mais je n'en suis pas sûr. Pour parler de ton bouclier… Souviens-toi, Eddy-boy ne pouvait pas lire dans tes pensées. Aro ne pouvait pas atteindre ton esprit. Jane et Alec n'avaient aucun effet sur toi avec leurs dons et tout le monde sait que ce sont des puissants. Demetri n'arrivait pas à te situer où que tu étais. Le lutin manipulateur avait également du mal à voir ton avenir avec précision. Selon le Major, quand elle essayait, c'était vague et flou sans beaucoup de détails et informations concrètes. Toi-même, tu as mentionné que tu sentais comme une bulle protectrice autour de toi et de ton esprit lorsqu'Eddy-boy est revenu et qu'il essayait de t'éblouir. À mon avis, tu as un bouclier qui a toujours été présent, un puissant. D'après ce que je sais, Aro en possède un physique dans sa garde, mais celui-ci a besoin d'être en contact avec Aro pour le protéger. Tu as un genre de bouclier, mais pas seulement… il y a autre chose en dessous, j'en suis certain. Quoi ? Je ne sais pas, par contre… » Déclara Peter dans un ton réfléchi et une voix pensive.
« Ce que tu dis a du sens, en effet… » Murmurais-je, montrant mon accord pour ses dires et observations.
Cela dit, Peter me prit vivement dans ses bras comme si j'étais une jeune mariée et il commença à sauter par-dessus les toits à vitesse vampire jusqu'à ce que l'on atteigne un endroit isolé et proche de la forêt.
Une fois dans les profondeurs des bois, Peter me remit sur mes pieds, m'appuya contre un arbre tout en se collant à mon corps et il fouina mon cou avec son nez en respirant profondément mon odeur comme un drogué en manque de sa dose quotidienne.
Après un long moment ainsi, il se dégagea et me regarda avec des yeux plus foncés que précédemment en croisant les miens.
« J'ai dû nous sortir de là le plus vite possible… Certains membres des Volturi étaient proches d'où nous étions. J'ai recouvert ton odeur et donc, ils ne sauront pas que tu étais là dans les parages. J'espère seulement qu'ils ne vont pas avoir l'idée d'aller rendre visite aux Cullen ou qu'ils vont partir à ta recherche près de la Push après la lettre que tu leur as envoyée, car ça sera une catastrophe s'ils le font. Ça sera un véritable bain de sang. » Réfléchit-il à voix haute en m'observant d'un air concerné et inquiet.
« S'ils le font, ils ne vont pas pouvoir me détecter, car lorsque nous sommes allés à la maison des Cullen, j'étais déjà devenue une louve et mon odeur avait également changé. De toute façon, ils n'oseront jamais aller sur les terres Quilleutes puisque dans ma lettre, j'ai mentionné à Caius ce qu'était réellement le pack. Ils savent donc ce que le pack est capable de faire. Je ne pense pas que notre cher Caius Volturi aimerait revivre une répétition de ce qui s'est passé lorsqu'il est allé à la chasse aux enfants de la lune… » Dis-je mécaniquement sans trop savoir d'où je connaissais ces informations apparaissant dans ma tête soudainement.
« Qu'est-ce que-… » Commença-t-il en me regardant avec des yeux ronds et un visage abasourdi.
« Je n'en sais fichtrement rien de comment je connais ces infos, mais elles sont survenues tout d'un coup dans ma tête. C'est comme si elles avaient toujours été présentes, mais qu'elles étaient bloquées par quelque chose. Peut-être l'œuvre de mon bouclier… Je ne suis pas vraiment sur en réalité. Crois-tu que ma transformation a fait en sorte de débloquer tout cela ? » Demandais-je en fronçant les sourcils, mais en ne regardant pas pour autant Peter. Mes yeux étaient fixés quelque part derrière son épaule sans pour autant voir spécialement quelque chose.
« Nous avons vraiment besoin d'en parler à Éléazar. Le problème se pose dans le fait que-… qu'il était un membre des Volturi avant qu'il rencontre sa compagne. J'espère simplement qu'il n'en parlera pas aux Volturi sinon nous allons être dans une sacrée merde, surtout si Aro et ses frères l'apprennent et qu'ils se mettent en tête de t'avoir dans leurs rangs. Aro fera tout en son pouvoir afin de t'avoir dans sa garde et ça, il en est hors de question, importe le prix que je dois payer. Il ne t'aura ni maintenant, ni jamais, quel que soit le moyen que je doive utiliser pour l'empêcher. Je suis prêt à tout afin de te conserver à mes côtés, là où tu appartiens. Tu es à moi et à moi uniquement ! » Déclara-t-il avec force et possessivité avant de prendre mon visage entre ses mains expertes et de placer ses lèvres sur les miennes afin de les ravager dans un baiser langoureux.
Très vite, le baiser prit une ampleur tout autre parce qu'il devint plus passionné, plus fougueux et plus rugueux. Depuis que je connaissais Peter, nous nous étions déjà embrassés à plusieurs reprises, mais ce n'était rien comparer à cela. Celui-ci était rempli de besoin, de faim et de nécessité. C'était la dernière limite de toute la frustration qui s'était accumulée depuis l'apparition de Peter dans ma vie et nous savions tous les deux que nous avions besoin de plus. Nous voulions tous les deux passer à l'étape suivante de notre relation et devenir plus physiques avec l'autre.
Après quelques minutes, Peter se dégagea du baiser et il commença un chemin de baisers le long de ma mâchoire puis il mordit quelques fois dans la peau de mon cou, mais pas assez profondément pour y laisser des marques de morsures ou des traces. Ses attentions provoquèrent à mon corps de trembler et à frémir dans le plaisir et dans l'anticipation ainsi que de laisser divers gémissements d'extase sortirent de mes lèvres.
À cela, Peter s'écarta et il me fixa intensément avec des yeux aussi noirs comme l'était la nuit. Je déglutis audiblement à l'intensité de ses yeux.
Bon sang, mais qu'est-ce qu'il attendait pour continuer ? Il voulait que je m'enflamme de combustion spontanée ou quoi !
« Si-… Si nous n'arrêtons pas cela maintenant-… je ne serais plus en mesure de m'arrêter. » Déclara-t-il d'une voix rauque avec son accent beaucoup plus prononcé et perceptible que d'ordinaire.
« Qui t'a dit que je voulais m'arrêter ? » Répliquais-je doucement avec un sourire narquois et un sourcil relevé.
« Je ne veux pas te prendre ainsi comme un animal sauvage et contre un arbre pour ta première fois. Je veux que notre accouplement soit quelque chose de spécial et d'inoubliable, quelque chose de magique et merveilleux. En plus de cela, tu le mérites. C'est ta première fois, ta première expérience et je veux que tu sois tout à fait sûr ainsi que prête pour cette étape de notre relation. Une fois que ça sera fait, tu ne pourras pas revenir en arrière. Je ne veux pas non plus que tu le regrettes… Nous ne sommes pas obligés de nous précipiter, nous pouvons encore attendre si tu en as besoin. J'attendrais tout le temps nécessaire si c'est ce qu'il faut, même si ça ne sera pas facile de retenir mes besoins pour toi ainsi que mes instincts les plus sauvages et animales… » Dit-il avec tendresse et douceur dans sa voix tout en me caressant la joue de sa main marquée de cicatrices de toutes ces batailles contre les nouveau-né contre lesquels il avait dû faire face afin de survivre.
« Mais je veux cela, je te veux… J'en suis sûre et je n'ai aucun doute à ce sujet… » Insistais-je fermement en commençant à caresser son torse à travers son t-shirt de façon significative et suggestive.
« Je te crois sans aucun doute… J'en ai envie autant que toi, tu n'imagines même pas à quel point, mais je veux encore quelque chose de spécial et inoubliable. Je veux que ça soit dans un endroit magique et spécial à nos yeux, rien qu'à nous. Laisse-moi préparer les choses, laisse-moi préparer cela pour toi. Tu es trop importante pour moi, chaton, pour que cette étape de notre relation soit bâclée de la sorte parce que nos instincts le veulent de cette manière. Je sais très bien que pour toi, étant un nouveau-né, ce n'est pas des plus facile, surtout de garder tes instincts vers le bas et sous contrôle, mais c'est pour le meilleur… Je connais un endroit magnifique… J'espère que tu sais te contrôler jusque-là pour ne pas me sauter dessus ! » Déclara-t-il avec un sourire narquois et des yeux ludiques à la fin.
Il allait vraiment me laisser dans cet état en plus !
Je voulais le tuer, je voulais l'étriper… Merde quoi ! J'étais une femme avec des besoins qui avaient été rejetés lorsqu'Edward me refusait tout contact parce qu'il était trop prude, trop couillon, et pas assez homme pour me toucher correctement comme tout adolescent le ferait. Certes, je n'avais jamais rien fait avec Edward, je n'aurais pas été avec lui jusqu'au bout parce que je savais au fond de moi qu'il n'était pas le bon pour moi. Même si je comprenais les raisons de Peter, ça faisait tout de même encore mal et c'était blessant d'entendre son refus, surtout lorsqu'il s'agissait de mon propre compagnon. J'avais l'impression qu'il ne me voulait pas ou que je n'étais pas assez bonne pour lui.
Je masquai rapidement mes émotions afin qu'il ne les lisent pas sur mon visage, mais une chose était sure et certaine… Il allait le regretter de m'avoir refusé ce dont je voulais et ce dont j'avais besoin. Il allait le payer. J'allais tout faire pour le tourmenter et le rendre fou de désir…
« Est-ce que ça prendra longtemps pour s'y rendre ? » Demandais-je en faisant la moue pour ensuite prendre ma lèvre inférieure entre mes dents. Quelque chose dont je savais rendait dingue Peter.
« Non, tu n'as rien à craindre… » Répondit-il en gémissement à mon action pas si innocent avant de prendre mes lèvres avec les siennes dans un baiser assez passionné.
