Salut à vous fans de Sterek, voici mon chapitre 2.
Je tiens à remercier toutes les personnes qui me lisent et notamment un énorme merci aux gens qui prennent le temps de me laisser une review. Ça me fait vraiment plaisir.
Bonne lecture!
- Tes lèvres ont le goût du fruit défendu. Si j'y goûte de nouveau, je suis sur de m'y perdre.
- Goûte-moi encore !
- Je veux te faire languir. Je veux t'entendre gémir sous mes caresses. Je vais te rendre fou sous mes baisers.
- Derek !
Sa voix n'était qu'un souffle hésitant, une plainte sourde et rutilante.
- Tais-toi ! Grogna le loup contre sa bouche.
Le temps s'était arrêté enveloppant Stiles dans une bulle de ferveur, mais également d'incertitude et de crainte. Son sang s'enflammait, la tête lui tournait, les mots lui manquaient. Il était incapable de réfléchir. Les mains de Derek étaient partout sur son corps l'empêchant d'avoir la moindre pensée cohérente. Il n'était plus qu'une marionnette entre ses bras, il n'aspirait plus qu'à faire partit de lui alors qu'il sentait les doigts du loup s'enfoncer au plus profond de sa chair, guidé par l'élémentaire et égoïste désir de gouter à ses lèvres.
« Goûte-moi encore » Derek l'avait pris au mot et Stiles avait l'intime conviction qu'il ne sortirait pas indemne pas de cette folie destructrice, il se brûlerait même carrément les ailes. Car rien chez le loup ne témoignait la délicatesse, il n'était qu'impatience et bestialité, rage et passion, angoisse et tourment. Sa langue se faisait plus sauvage à chaque seconde, ses lèvres plus avides et ses caresses transpiraient d'une animalité féroce. Il le malmenait et son dos rebondissait contre la porte sous les pulsions ravageuses digne d'un loup en rut. Derek imposait son propre désir oubliant la fragilité de la condition humaine.
Stiles avait la sensation de se perdre dans un déluge d'émotions, plongeant au plus profond d'un gouffre que Derek créait sous leurs pieds. Pour sur, il avait réveillé la bête endormie, mais il ne pouvait guère se plaindre. Il avait rêvé de cet instant, l'avait désiré follement se rappelant les fois où il avait hurlé le nom de l'alpha lors de ses nuits agitées. Cependant, il peinait à croire que ses songes prenaient une dimension aussi surréaliste. Derek était comparable à de la lave en fusion, un geyser trop longtemps contenu, il paraissait incontrôlable, comme si le loup avait pris le dessus sur son hôte. Comment un simple 'je t'aime Derek' avait-il pu déclencher un pareil tourbillon d'ivresse emportant tout sur son passage ? L'alpha semblait ne plus raisonner se laissant emporter par un tsunami d'effervescence et d'appétence. Ils étaient sur le point de coucher ensemble, ce n'était pas une situation anodine pour le pauvre Stiles qui n'avait jamais eu de partenaire. Certes, il était l'unique responsable des événements, il avait déclenché un cataclysme, allumant la flamme d'un désir enfoui, et même s'il avait très envie du loup, il n'était plus sur de rien. Il commençait à paniquer, il n'était peut-être pas prêt à franchir le pas. Et il avait la très nette sensation qu'il allait se faire bouffer tout cru. Il crevait d'envie de ne faire plus qu'un avec Derek, partageant le même souffle, la même salive, les mêmes caresses, leurs deux corps glissant dans un unisson parfait, mais il crevait également de trouille. Le doute s'installait pour s'ancrer profondément. Il s'en voulait d'avoir joué au plus malin avec l'alpha et de l'avoir provoqué si intimement. Mais comment lui dire ? Comment lui avouer ses terribles angoisses ? Il le prendrait surement pour un imbécile et à juste titre d'ailleurs. Ou alors, il se moquerait ouvertement et lui proposerait de revenir quand il serait devenu un homme. Aucune des ces deux options n'étaient potentiellement acceptables.
Quand le manque d'oxygène se fit sentir, Derek s'écarta et posa sur l'humain un regard intense, inquisiteur, irascible. Stiles en profita pour s'éloigner afin de reprendre son souffle et recouvrer ses esprits. Il n'était pas un loup garou lui, et le manque d'air pourrait bien le tuer si Derek ne prenait pas garde.
- Qu'est-ce que tu fais ? Demanda Derek le suivant du regard.
- Laisse-moi juste une minute, faut que je reprenne mon air. T'as peut-être une réserve d'oxygène inépuisable, mais figure-toi que pour ma part je ne suis qu'un misérable petit humain qui a besoin de temps à autre de prendre de bonnes goulées d'air pour ne pas crever asphyxier. A ce rythme je ne survivrai pas…
- Stiles ! Cesse de raconter n'importe quoi ! Ce qui arrive est ta faute et je n'en ai pas fini avec toi. Loin de là.
Cette sentence eut sur Stiles l'effet d'un cocktail Molotov. Son sang ne fit qu'un tour et Derek profita de son désarroi pour le plaquer de nouveau contre la porte afin de l'embrasser suçant avec une lenteur étourdissante sa lèvre inférieure. Le jeune homme aurait voulu parler, dire n'importe quoi qui puisse mettre fin à son malaise et mettre un peu de distance, mais le regard de braise de Derek l'en empêcha le condamnant au silence. Son cœur se mit à battre plus fort et il sentait comme une boule chaude et humide dans le bas de son ventre le chatouiller de manière exquise. Derek savait le mettre dans tous ses états. Cette sensation frôlant la douleur était si vive, que Stiles aurait voulu fermer les yeux si ceux de Derek ne l'hypnotisait pas tant. Ses lèvres exigeantes, fermes, lentes se moulaient sur les siennes à la perfection. Le loup l'enlaça et l'attira contre lui. Une main s'enroula autour de sa nuque, l'autre glissant le long de son dos jusqu'à sa taille, puis ses fesses qu'il malaxa fermement en pressant ses hanches contre les siennes frottant son érection contre son ventre. « Bordel, Derek Hale, le loup garou alpha sexy avait vraiment très envie de lui, de le bouffer sur place ». Stiles tremblait comme une feuille alors qu'il entourait la taille du loup dans un geste hésitant.
Il mourrait d'envie de se laisser aller, obligeant son cœur et son esprit à accepter ce qui allait fatalement arriver, mais il ne parvenait à se départir de ce malaise omniprésent. Et s'il se plantait sur toute la ligne ? Et si Derek ne faisait que s'amuser avec lui, profitant de sa faiblesse humaine et de sa naïveté ? L'amour qu'il portait au loup n'était peut-être pas réciproque. Après tout, Derek ne lui avait rien confessé préférant les actes à des mots inutiles et ennuyeux. Et sa promesse de le faire languir, de le rendre fou sous ses caresses, cela raisonnait un peu comme un jeu. Il en était désormais certain, il ne sortirait pas indemne de cet amour. Il allait se consumer et Derek se lasserait rapidement de lui.
Si Stiles n'osa rien dire, s'enfonçant toujours plus loin dans les méandres de la peur et accusant avec une vive tristesse les émois de son cœur, son trouble n'échappa pourtant pas à son compagnon qui cessa de l'embrasser. Derek le dévisagea quelques instants, ferma les yeux, écouta, puis, sans plus de considération pour le jeune homme, se détourna. Stiles le suivit des yeux restant bêtement planté au milieu de la pièce mimant une grimace d'incompréhension.
- Derek ! Qu'est-ce qui se passe ?
Stiles était perplexe, désorienté.
- Rentre chez toi ! Lança le loup en s'installant sur son lit.
Le jeune homme était en plein bug. Qu'est-ce que c'était que ce revirement de situation ?
- Est-ce que j'aurai raté un épisode ? Parce que là je ne comprends plus rien. Tu m'expliques ? Demanda le jeune homme en s'approchant du lit.
Pour toute réponse, Derek lui décocha un regard plein d'animosité. Cet humain le rendait fou et il se sentait passablement irrité, voir même très échauffé. Non, mais c'était quoi son problème à ce gamin ? Il débarquait chez lui à sept heures du mat, lui balançait au visage des sentiments dont il n'avait pas eu conscience jusque là, lui faisait carrément du rentre dedans comme une chienne en chaleur et quand enfin il cédait à ses avances lui donnant ce qu'il recherche, il n'était finalement pas capable d'aller jusqu'au bout ? Comme toujours il avait ouvert la bouche pour sortir un flot de paroles inutiles tentant de le convaincre que cela pourrait marcher entre eux, et quand Derek était passé à l'acte pour lui rabattre une fois pour toute son caquet, il l'avait senti trembler sous ses doigts. Il avait entendu les battements de son cœur palpiter de plaisir puis très vite vibrer comme une âme blessée. Son désir s'était transformé en une peur viscérale. Qu'est-ce que ça voulait dire ? Stiles avait-il si peu confiance en lui ? Cette idée blessa cruellement le loup. Derek reconnaissait volontiers qu'il s'était laissé emporter, consumer par son besoin inconsidéré de lui faire l'amour, de le sentir, le toucher, mais au grand jamais il ne lui serait venu à l'esprit de le brutaliser… de le forcer. Il n'avait pas besoin d'une âme torturée dans ses bras. Il n'était pas homme à posséder le corps d'un autre sans son accord. Et quand bien même ses regards avaient incité Stiles à se taire, il ne fallait tout de même pas exagérer au point d'endurer un calvaire émotionnel ingérable. Lui qui d'ordinaire avait du sarcasme à revendre parlant avec une agitation qui lui était propre, il s'était muré dans le silence et l'inconfort plutôt que de lui faire part de ses craintes. Il l'aurait pourtant écouté, rassuré. Non, mais quel imbécile ! Et voilà qu'il agissait comme s'il ne comprenait rien.
- Oh oh Derek ! Je te parle ! Qu'est-ce qui se passe ?
- C'est quoi ton problème ? Le tança Derek la voix emplie de reproches.
- Hein ! Mon problème ? Mais de quoi est-ce que tu parles ? Je n'ai pas de problème voyons. Pourquoi est-ce que j'aurais un problème ? De toute évidence, c'est toi qui semble en avoir un. Alors si tu pouvais éclairer ma lanterne sur ce qui vient de se passer, je te ser…
- Est-ce que tu me prends pour le dernier des idiots ? Hurla le loup en se levant.
- Woooh ! Calme-toi !
Dans un geste de défense, Stiles tendit les bras quand Derek se planta face à lui comme prêt à le mordre.
- Qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi est-ce que tu t'emportes comme ça ?
- Je m'emporte parce que tu n'es qu'un gamin qui ne sait pas ce qu'il veut.
Stiles fronça les sourcils secouant vaguement la tête. Il ne comprenait pas. Qu'est-ce qui avait bien pu pousser l'alpha à se mettre dans un état pareil ?
- Qu'est-ce qui t'as pris ?
- Bon sang Derek, je ne comprends rien à ce que tu dis.
- Je te parle de cette angoisse qui te tient aux tripes. Je ne suis pas un violeur Stiles, je ne t'aurai pas forcé même si tu m'as ouvertement chauffé. Pour qui est-ce que tu m'as pris ?
Stiles ouvrit la bouche puis la referma. Il le fit à plusieurs reprises mais aucun mot ne parvenait à franchir le bord de ses lèvres. Derek l'avait soufflé, littéralement. Merde, il avait tout compris.
- Tu pensais que je n'en saurais rien ? Poursuivit le loup vexé. Je te rappelle que je peux entendre les battements de ton cœur et ressentir les émotions. Je n'ai même pas eu besoin de te renifler pour savoir que tu puais la peur. Tu aurais dû me dire que tu n'étais tout simplement pas prêt.
La lueur qui s'alluma dans le regard du loup inquiéta le jeune homme. Ses prunelles reflétaient très clairement la souffrance et la contrition. Comment avait-il pu bêtement croire que Derek ne se rendrait compte de rien ? Il était l'alpha après tout.
- Tu ne réponds rien ? Claqua le loup énervé par le silence angoissant du jeune homme.
Stiles baissa les yeux, bien incapable de soutenir davantage son regard. Il avait commis la pire des fautes, il en était conscient. Lui, qui d'ordinaire si bavard ayant toujours quelque chose à dire avait été mouché. Derek ne lui pardonnerait sans doute pas son manque de confiance.
Il l'avait perdu avant même de lui appartenir.
Ça c'est juste pour vous énerver un peu. Oui, je suis vilaine.
