Pour ce deuxième chapitre, il me fallait une chanson triste jouable au piano. J'ai donc repris une que j'avais déjà utilisé dans "L'Ombre des Morts". Je vous présente "Hello", d'Evanescence, tiré de l'album Fallen


Sasuke rêvait. Son rêve était confus, mais il en garda une image d'une précision absolue. Il était en train de rêver…

Il rêvait de viande.

« Bizarre » songea-t-il, et il se réveilla.

Sasuke ouvrit les yeux dans une chambre simple, meublée avec goût. La fenêtre grande ouverte laissait voir la forêt et le ciel du matin. Un couple d'oiseau passa en chantant.

Sasuke pensa alors que quelque chose clochait.

Son dernier souvenir montrait Naruto et lui s'effondrant, blessés tout les deux à mort. Que faisait-il dans une chambre, en vie de surcroit ? Quelqu'un avait du le sauver. Pas un ninja, parce que sinon, il serait dans les geôles de Konoha. Peut-être un garde-forestier ?

Sasuke tenta de se lever, quand une douleur terrible lui traversa le dos. Il baissa les yeux sur son corps… et compris instantanément d'où venait son rêve de viande. Son corps était recouvert de pansements rosâtres et une odeur fade de sang s'en dégageait. Le spectacle était si laid qu'il eu la nausée.

Au prix de quelques efforts, il s'assit sur le lit et observa la chambre. Des murs blancs, un tapis tunisien, une commode… Rien d'intéressant. Puis il regarda sa table de chevet et vit la dernière chose à laquelle il s'attendait.

Un chat ninja, dormant du sommeil du juste.

Sasuke ferma les yeux une seconde, le temps de réfléchir. Seuls les ninjas ont des animaux ninjas. Mais il est impossible que ce soit un ninja qui l'ait sauvé. Pourquoi perdre du temps et des soins pour un déserteur ? Même les renégats ne s'aident pas entre eux. Sasuke se passa une main dans les cheveux et recula légèrement. Le lit grinça horriblement et le chat ninja sauta littéralement sur ses pattes.

« Quoi ? On nous attaque ? miaula le chat.

Sasuke eu un sourire. Le chat se tourna vers lui d'un mouvement souple et le fixa de ses yeux jaunes.

« Tu es réveillé, à ce que je vois. »

Sasuke hocha la tête, sans rien dire. Le chat s'assit sur son arrière-train.

«-Ma maîtresse commençait à craindre pour ta vie. Tu as dormis deux nuits et une journée entière.

-C'est ta maîtresse qui m'a sauvé ? »

Le chat inclina gracieusement la tête.

« C'est bien elle. »

Sasuke avait une autre question à poser, mais il n'en avait pas envie. Trop peur de la réponse, sans doute. Il prit une profonde inspiration et demanda :

« Est-ce que vous avez sauvé quelqu'un d'autre ? »

Le chat releva la tête et planta son regard dans le sien.

« Oui. Nous en avons sauvé un autre. »

Sasuke découvrit alors qu'on pouvait être soulagé et furieux en même temps. Puis la fureur l'emporta. Il donna un coup de poing rageur sur le matelas. Le chat battit de la queue, une fois.

«-La colère ne te mènera nulle part, garçon.

-…

-Si tu as faim, ma maîtresse a fait du pain et du thé. »

Sans un mot, Sasuke saisit le plateau posé à même le sol est mangea tout ce qu'il s'y trouvait. Le chat sauta sur le sol et sortit par la porte entrouverte.

« Ma maîtresse t'attend en bas, dans le salon. Ah, et tant que j'y suis… »

Le chat disparu de la pièce.

« … je m'appelle Uru. »


Quand Sasuke sortit de la chambre dans le couloir, il eu le bonheur d'y trouver des toilettes. Il se débarrassa de 36 heures de liquide inutile avec soulagement et ressortit un peu mieux qu'il n'était entré. Un peu mieux seulement. Il se dirigea vers l'escalier en s'appuyant contre le mur et en en rageant contre ses jambes trop faibles.

Descendre l'escalier faillit être au-dessus de ses forces mais il tint bon. Il craignait en revanche le moment où il allait devoir remonter. Vu son état, il avait plus de chance de se casser la figure que de monter une marche.

Une fois la dernière marche franchie, Sasuke se retrouva dans un grand et élégant salon. Un canapé en velours et deux fauteuils entouraient une vaste cheminée, pour l'heure éteinte. En face de la cheminée, derrière un piano à queue, se tenait la plus impressionnante discographie que Sasuke avait jamais vue. Il y avait là, le garçon l'aurait parié, assez d'heures de musique pour alimenter toutes les boites de nuit de Konoha pendant une semaine.

Uru leva la tête à l'approche de Sasuke, puis se dirigea en trottinant vers le piano. Il sauta sur la chaise posée devant, se roula en boule et ne bougea plus. Ce qui bougea, en revanche, ce fut une porte-fenêtre juste à côté de Sasuke. La porte s'ouvrit en grand et une femme entra dans le salon.

Sasuke eu juste le temps de voir une masse de cheveux rouge pâle avant que la femme ne passe derrière le canapé. Elle se pencha pour regarder quelque chose que Sasuke ne pouvait pas voir, hocha la tête et se redressa pour regarder Sasuke.

Ledit Sasuke pris aussi son temps pour l'observer. 30 ans, des cheveux rouge attachés en queue-de-cheval, de grands yeux vert sombre, la peau mate, bref, rien d'extraordinaire. Par contre, Sasuke avait passé plus de six ans de sa vie à côtoyer des ninjas et il savait reconnaitre une tenue de combat quand il est voyait une. Intéressant.

« Alors, bien dormis ? »

La femme s'était exprimée tranquillement, comme à un vieil ami. Sasuke se sentait trop faible pour se fâcher et laissa filer.

«-Oui, bien dormis. Merci.

-De rien. Je m'appelle Shokko Varuna.

-Moi, c'est Sasuke Uchiwa. Enchanté. »

Elle sourit, mais ne semblait pas vraiment heureuse.

« Uru a dû te dire que je commençais à m'inquiéter. Je vous ai trouvé dans un état critique et j'ai sérieusement cru que vous alliez y passer. »

Sasuke ne répondit pas et s'avança vers les fauteuils. Il en avait assez de se tenir debout avec une jambe douloureuse. En s'approchant, il vit qu'il y avait quelque chose posé sur le canapé. Avant qu'il ait le temps de l'identifier, la chose releva la tête et le fixa.

« Ben alors, teme, tu dis pas bonjour ? lança Naruto.


Naruto se réveilla quatre heures avant Sasuke, ce qui le rendit particulièrement heureux quand il le su. Battre Sasuke, dans n'importe quel domaine, y compris les heures de sommeil, le rendait heureux. Pour rétablir un semblant de justice, il est utile de dire que Naruto se cogna la tête contre le plafond quand il se leva et retomba dans son lit aussi sec.

« Qui a eu la # !¤* idée de mettre un plafond aussi bas ? »

Naruto réessaya de se lever, plus prudemment. Il constata alors qu'il était dans un grenier. Pas étonnant que le plafond soit si près. Il réussi à se mettre sur ses pieds sans trop de mal, mais au moment de marcher, il manqua se casser la figure au bout de trois secondes. Naruto décida alors sagement de s'assoir et d'attendre que les cloches cessent de sonner dans sa tête.

Descendre l'escalier fut aussi délicat et difficile que de conduire une moto dans une tempête de neige sur une route en travaux, mais Naruto réussi. Il s'avança dans le couloir du premier étage, passant devant une chambre à la porte entrouverte d'où s'échappait une respiration profonde. Si Naruto avait été plus curieux, il aurait pu profiter du spectacle de Sasuke dormant avec l'élégance d'une vache assommée. Mais il passa outre, intrigué par un son qui venait du rez-de-chaussée. Un piano.

Naruto descendit quelques marches et s'assit sur le tapis de l'escalier pour profiter de la musique. Son écoute attentive fut récompensée quelques secondes plus tard, quand le joueur de piano commença à chanter.

Naruto, faute de lecteur CD ou même de radio, n'avait pas entendu énormément de musique dans sa vie. Mais là, il pouvait dire sans la moindre expérience que c'était beau. La voix de cette femme, car c'était une femme, touchait quelque chose au fond de son âme.

« Has no one told you she not breathing ?

Hello, I'm your mind, giving for you someone to talk to…

Hello »

Naruto recommença à descendre, mais plus lentement, en silence, pour mieux écouter.

« If I smile and don't believe

Soon I know I'll wake from this dream… »

De là où il était, il voyait parfaitement celle qui chantait. C'était une femme aux longs cheveux rouge pâle. De dos, il lui donnait 25 ou 30 ans. Il y avait un siège devant le piano, mais elle restait debout, laissant ses doigts courir sur les touches.

« Don't try to fix me, I'm not broken

Hello, I'm the lie living for you so you can hide

Don't cry… »

Naruto s'avança vers la chanteuse. En passant, il cogna le canapé. Le choc produisit un bruit sourd (pour le canapé) et un gémissement de douleur (pour Naruto). La fille se retourna immédiatement, abandonnant un accord émouvant sur son piano. Naruto lui fit un petit signe de la main, moitié pour la saluer, moitié pour dire qu'il allait bien.

«-Ah, c'est toi…

-Bah oui, c'est moi. Mais dites, euh…

-Je m'appelle Shokko Varuna.

-D'accord. Moi, c'est Naruto Uzumaki. Je peux te poser deux questions ?

-Vas-y.

-Où suis-je et où est Sasuke ?

-Si «Sasuke» c'est le garçon qui était avec toi, il est dans un lit, à l'étage, en train de dormir. Quand à l'endroit où tu es, c'est ma maison, à la frontière du Pays du Feu, à quelques kilomètres de Konoha.

-Oh… Et sinon… Comment vous nous avez trouvé ? »

Shokko haussa les épaules.

«-Un peu par hasard, en fait. J'ai entendu un fracas dans la forêt à côté de chez moi. Je suis allé voir et mes chats m'ont avertit qu'il y avait une odeur de sang. En suivant l'odeur, on est tombé sur vous. Je vous ai ramenés chez moi, soignés et veillés. Tu as dormis des heures, presque trois jours. Je commençais à croire que vous ne vous réveillerez jamais. »

Elle sourit en prononçant la dernière phrase. Avec ce sourire, elle semblait plus jeune, plus vivante. Naruto décida qu'il aimait bien cette fille.

Soudain, son ventre manifesta bruyamment son envie de nourriture de ramen. Naruto devint écarlate. Shokko rit, ce qui le fit encore plus rougir. Finalement, elle le montra le canapé en disant :

« Assied-toi là, je vais chercher à manger. »

Le petit-déjeuner fut succulent. Shokko lui prépara un plateau rempli de brioche, confitures, chocolat et même des pommes. Naruto mangea de tout et énormément, jusqu'à ce que son trou noir d'estomac fut rassasié. Shokko ramena le plateau à la cuisine et revint ensuite lui tenir compagnie.

«-Si tu veux me demander quelque chose, n'hésite pas.

-D'accord. Tu peux chanter une chanson comme tu le faisais tout à l'heure ? »

Shokko plissa les yeux.

«-Ça t'as plu ?

-Oui, beaucoup.

-Tu veux que je la refasse ?

-Oui ! »

Elle retourna donc à son piano et recommença la chanson.

« Playground school bell rings, again

Rain clouds come to play, again

Has no one told you she not breathing… »

Naruto se recroquevilla sur le canapé, les yeux fermés. Il s'endormit, puis, bien plus tard, fut réveillé par une voix qui disait :

« Alors, bien dormis ? »


« Ben alors, teme, tu dis pas bonjour ? »

Il y eu une seconde de silence que Sasuke mit à profit pour aller s'assoir dans un fauteuil. Il avait l'air pas, mais alors pas content du tout. Une personne normale aurait prudemment fermé sa bouche, mais pas Naruto.

« T'as pas l'air en forme. »

Sasuke explosa.

« Évidement que j'ai pas l'air en forme, crétin ! Tu m'as blessé à mort et il m'a fallu presque deux jours pour me réveiller ! Tu t'attendais à me voir comment ? Intact ? Je suis pas une tornade, moi ! Je guéris normalement ! »

Naruto eu un sourire, tandis que Shokko s'éloignait en secouant la tête.

« T'as encore assez d'énergie pour gueuler, donc ça va. »

Sasuke lui jeta un regard noir, mais ne répondit rien.

Il y eu de nouveau un silence, brisé cette fois par la porte de la cuisine qui claquait derrière Shokko. Sasuke prit enfin la parole.

« Qui est-ce ? »

Naruto le regarda sans comprendre.

«-Qui ?

-Shokko, idiot. Elle porte une tenue de combat, élève des chats ninjas, porte secours à un ninja et un déserteur sans poser de question… Je trouve ça louche, je voulais savoir ce que t'en pense. »

Naruto prit le temps de réfléchir.

«-Je ne sais pas pourquoi elle nous a sauvé, mais pour le reste… Si tu veux mon avis, Shokko est un ninja errant. Elle n'a pas de village d'attache, elle s'est installée ici… Oui, ça marcherait. »

Sasuke lui jeta un regard surpris.

«-Tu es perspicace.

-Et toi vraiment idiot si tu crois que je suis incapable de réfléchir, lança Naruto, vexé et incapable de le dissimuler.

Shokko revint à cet instant, armée d'un pilon de poulet à la mexicaine. Sasuke ouvrit la bouche pour lui poser une question, mais…

« Plus tard. Le repas de midi est prêt. Si vous voulez, on parlera après. »

Avant que les deux garçons aient pu répondre, elle jeta le poulet à Uru qui l'avala d'un coup. Shokko remontait déjà à l'étage.


La traduction de la chanson est écrite dans l'ordre où Shokko la chante, pas dans l'ordre du morceau original

" Il n'y a personne qui t'as dit qu'elle ne respirait pas ?

Salut, je suis ton âme, venue pour te donner quelqu'un à qui parler..."

"Si je souris sans y croire

Bientôt je vais me réveiller de ce rêve"

"N'essaye pas de me fixer, moi je ne suis pas brisée

Salut, je suis le mensonge vivant pour que tu puisses te cacher...

Ne pleure pas."

"La cloche de la cours de récré sonne, encore...

Les nuages de pluie viennent jouer, encore..."