Chapitre 10 : Ou le passé se mêle au présent et révèle le pourquoi des absents :

Fabrice s'attendait à un grand choc, à des lumières bizarres, à des sensations étranges, il n'en fut rien. Le brouillard se contenta de recouvrir le paysage, se faisant épais comme de la purée, puis il commença à disparaitre. Une fois totalement disparu, Fabrice put voir qu'ils se trouvaient dans le palais d'Omois, dans la suite de Tara plus précisément.

Le loup-garou tendit l'oreille et perçut des sortes de gémissement en provenance de chambre de Tara, curieux et inquiet, il jeta un regard à cette dernière qui fixait un point loin devant elle. Son regard était douloureux. Fabrice s'avança, franchissant la porte de la chambre, et s'arrêta net. La Tara du futur gémissait, certes, mais certainement pas de douleurs. Elle gémissait de plaisir.

Allongée sur son lit, les jambes écartaient et à peine couverte de son draps, la Tara du futur posa ses mains sur les hanches de son partenaire. Partenaire à la longue chevelure argenté qui ondoyait entre cuisses ouvertes de l'Héritière. Fabrice détourna les yeux, l'acte sexuel en lui-même ne le répugnait pas, mais voir ses amis en pleine partie de jambes en l'air, cela faisait partie de choses qu'il aurait préféré ne jamais voir.

Il y eut un mouvement près de lui et Fabrice tourna la tête, persuadé que c'était Tara qui l'avait rejoint mais il se trompait. A coter de lui se tenait Cal.

Le jeune Voleur, eut un instant de flottement avant pousser un cri de rage et de dégainer un de ses poignards.

Sur le lit, la Tara du futur sursauta et s'écarta de Robin aussi vite qu'elle put. Ce dernier affichait un air gêné, néanmoins, il se plaça légèrement devant Tara, pour la protéger. Cal avança, lentement, sans un mot, les lèvres légèrement retroussaient sur ses dents, comme un loup. Fabrice, pressentant le pire, se rua sur Cal pour l'empêcher d'avancer mais sa main traversa son bras.

« Ça ne sert à rien, lui souffla Tara, Il ne te voit pas, ne t'entendent pas, et tu ne peux pas les toucher. »

Le loup-garou revint sur ses pas et se plaça aux côtés de Tara, tandis que la Tara du futur ouvrait la bouche.

« La ferme, gronda Cal désormais à un mètre d'elle, Tu n'as rien à dire. Tu…J'étais en mission. Je pensais à toi durant chaque minutes alors que toi…Toi tu étais en entrain d'ouvrir tes cuisses à un autre. A lui.

-Ecoute Cal, fit Robin en se levant, main ouverte, prouvant qu'il n'avait pas l'intention de se battre, Elle m'aime, elle nous aime. Sortons, j'ai parlé à Tara d'une solution qui pourrait contenter tout le monde, allons en parler dans le salons, le temps que Tara s'habille. »

Cal l'aurait peut être écouté si le demi-elfe n'avait pas posé sa main sur son épaule, comme s'il était son ami. Il n'était plus son ami, plus depuis l'instant où il s'était glissé dans le lit de sa petite amie. Il réagit donc à se toucher comme à une agression. Il laissa son poing voler vers la bouche de Robin qui bloqua l'attaque mais brisa son poignet comme un morceau de bois. Avec un rictus de douleur Cal, saisit son poignard et le planta dans la poitrine de Robin, en plein dans le cœur. Le demi-elfe, attrapa le cou du Voleur et allait y appliquer une torsion mortelle quand la Tara du futur cria un mot :

« Stop. »

Et la chambre explosa. Tout fut soufflé, les murs, le plafond, les meubles…et recouvert d'une poussière grisâtre. Quand elle fut retombée, Fabrice put voir et il sût pourquoi ses deux amis avaient été rayé de la vie de Tara. Parce qu'elle les avait tué. Sans le vouloir mais le résultat était le même, sur le sol de sa chambre gisait ses deux amants, mort. La Tara du futur, miraculeusement indemne, poussa un hurlement avant de sortir, nue, de son lit et de se ruait sur le demi-elfe et le Voleur qu'elle berça dans ses bas en sanglotant.

Fabrice se tourna vers la Tara du présent et ouvrit la bouche pour parler mais déjà le brouillard revenait, non pas pour les ramener à leur époque mais pour leur montrer une autre scéne.

Le décor était également la chambre de Tara, même si sa propriétaire semblait plus vieille et plus fatigué. Elle était assise dans un fauteuil avec en face d'elle un homme à la chevelure noir.

« Je ne te demande rien. Je veux juste que tu sois au courent.

-Donc nous sommes d'accord ? Tu gardes le bébé, mon identité reste secrète et je n'entends plus jamais parler de toi ni de ce gosse ?

-Oui, c'est cela. »

Fabrice eut à peine le temps de comprendre que l'homme était le père d'Aria que le décor changea de nouveau. Il se trouvait désormais dans une salle d'autopsie. La Tara du futur avait le ventre rond et les traits tirés.

« Je ne me suis pas trompé, affirma le légiste. Mon verdict est clair : suicide ! »

La Tara du futur releva le drap recouvrant le corps et étouffa un sanglot. Sa tante, pâle comme la Mort reposais devant elle.

Fabrice jeta un regard à la Tara du présent et se rendit compte que son amie pleurer mais avant d'avoir pu la réconforter le décor changea de nouveau. Ils se trouvaient désormais dans un jardin terrien, le jardin du manoir de son enfance nota Fabrice après un instant d'observation.

Il observa les personnes présentes et son cœur dit un bond. Il jeta un coup d'œil à Tara, comme pour lui demander la permission d'aller voir de plus près. Celle-ci eut un demi-sourire puis hocha positivement la tête.

Le loup-garou s'approcha et contempla la scéne qu'il avait sous les yeux : Moineau, sa tendre Moineau, plus vieille, plus femme mais toujours aussi belle habillée d'une fine robe blanche à bretelle tenait dans ses bras un minuscule bébé. Enfin, Fabrice le trouvait minuscule mais après tout c'était peut-être la taille normale d'un bébé. Lila. Sa fille. Elle avait quelque cheveu miel sur la tête et les yeux…Les mêmes yeux que sa maman.

« Tata Moineau, Tata Moineau ! Je peux prendre Bébé Lila dans mes bras ? »

Fabrice regarda Aria qui venait d'arriver, elle était légèrement plus jeune que celle qu'il connaissait, mais très peu. Il se vit aussi, plus vieux, plus tranquille, mais il ne se regarda qu'un quart de seconde car il aperçut Tara et manqua de s'évanouir. Elle était pâle et maigre, ses yeux étaient ternes, sans vie, néanmoins, elle adressa un splendide sourire à sa fille quand celle-ci lui lança qu'elle savait tenir un bébé comme il fallait. Le Fabrice du futur enlaça la Moineau du futur et lui colla un baiser sur les lèvres.

La brume refit son apparition et lorsqu'elle s'effaça ils étaient de retour dans le présent. Le loup-garou posa une main sur ses yeux, le monde tournait légèrement autour de lui. Tara quant à elle se roula en boule sur le sol et explosa en sanglot. Aussitôt Fabrice oublia son mal de tête et enlaça son amie de toujours.

« C'est ma…ma faute…s'i…s'ils sont morts ! Je le fais tuer ! Je… »

Elle ne termina pas sa phrase, trop occupé à sangloter. Au bout de plusieurs minutes, elle se calma enfin et Fabrice proposa sur un ton neutre de rentrer au manoir en passant par les vergers du Père Carmins, endroit où, enfant, ils allaient souvent chaparder des cerises. Il argumenta en disant qu'il adorait ça et qu'en plus cela ferait surement plaisirs à Aria. Tara se laissa convaincre et ils partirent, bras dessus, bras dessous comme lorsqu'ils étaient enfants.

Confortablement assis dans son fauteuil, il explosa de rire. Cela avait fonctionné, cette gamine n'avait pas marché, non elle avait couru. Et bientôt il aurait tout ce qu'il voudrait. L'empire. Sa vengeance. Tout. Il répéta se mot à haute voix, il était délectable.

Certes, cela avait demandé des années et des années de préparation, certes il y avait encore un pourcentage de malchance que cela échoue. Mais il était confiant, pour l'instant tout marcher comme sur des roulettes.

Il réprima un autre rire et se dit que oui, vraiment, il était plus facile de détruire que de crée. Une citation lui revint à l'esprit.

« La différence entre quelque chose de cassé et quelque chose de détruit, c'est qu'une chose cassé on peut la réparer, une chose détruite il n'y a rien d'autre à faire que l'enterrer et l'oublier.

Il allait les détruire et bientôt tous les aurait oublié.