Le Fruit de nos Actes

Chapitre 02 : L'Ombre Plane

Le voyage avait duré sept mois, plus longtemps que prévu à cause des négociations avec Thranduil pour les laisser passer par la forêt Noire, celles-ci n'ayant abouti qu'à un refus catégorique, la compagnie s'est vu obligé de la contourner. Foutus Elfes. Foutus Thranduil.

Lorsqu'ils aperçurent la Comté, la compagnie soupira de soulagement avant d'appréhender la suite. Ils n'avaient pas eu d'autres messages de Balin, ils ignoraient si Bilbo avait été retrouvé, comment Balin se débrouillait dans la Comté, comment la Comté s'était organisé face à la menace. Ils ignoraient tout et étaient dans l'attente de connaître les tenants et les aboutissants. Horrible situation que la leur.

La compagnie s'était faite silencieuse alors qu'ils se rapprochaient de la Comté. Tout le long, ils s'étaient efforcés de maintenir une bonne ambiance, d'éviter de parler de la Comté car quand ils le faisaient, aucun ne parvenait à taire leur inquiétude. Mais ils ne pouvaient plus cacher leur crainte, s'efforcer de rire.

Ils avaient tous déjà vu la mort et ils craignaient de la voir en possession du corps de Bilbo.

Seuls les bruits de la forêt les entouraient, le soleil réchauffait l'atmosphère. C'était une bonne journée.

Brusquement ils furent encerclés. Ils durent arrêter leur monture et dégainer rapidement.

-Nous ne sommes pas ici en ennemi. Assura un des elfes qui venaient d'apparaître. Nous venons vous conduire à Fondcombe.

-Et pourquoi des elfes nous amèneraient à Fondcombe ? Demanda Thorin suspicieux

-Car un de vos amis nous a demandé ce service. Dit-il en transmettant une enveloppe cachetée au roi d'Erebor

Une lettre de Balin. Après lecture, la compagnie suivit les elfes jusqu'à Fondcombe où ils furent accueillis par Elrond.

-Bienvenue à Fondcombe. Cela fait longtemps depuis votre dernière visite.

-Merci de votre accueil. Commença le Durin avec juste ce qu'il faut de courtoisie puis montrant l'enveloppe continua. Vous avez accueillis chez vous un autre nain, nous souhaiterons le voir.

-Bien évidemment.

La compagnie suivit donc Elrond, les elfes qui les avaient conduit à la Fondcombe s'occupèrent des poneys et de transporter leurs bagages dans les chambres qui leur fut préparées.

Balin se trouvait dans un salon, il posa le livre qui le tenait occupé et se précipita vers la compagnie. Il fut rapidement rejoint par son frère.

-Comment vas-tu? Demanda Dwalin

-Je vais bien. Je suis ravi de tous vous voir.

-Qu'est-ce qui s'est passé pendant sept mois?

-Asseyons-nous.

Les treize nains vinrent se placer au tour de la table et les explications commencèrent.

-Après que je vous ai envoyé la lettre, Le maire de Grand'Cave et le Thain, ceux dirigeant la Comté, ont mis en place un couvre feu, installé des tours de garde et déconseillé aux habitants d'être seuls et de se rendre dans la forêt. Mais ce ne sont pas des soldats, il y a bien longtemps que les hobbits n'ont pas connu de conflit. Les rapts ont diminué mais n'ont pas disparu.

-Et Bilbo ? Questionna Bofur

-Monsieur Sacquet est dans une de nos chambres. Répondit Elrond

-Comment ? Pourquoi ?

-Il a été trouvé il y a quatre jours par des elfes. Il était couvert de sang et de blessure en état de choc près d'un fleuve. Répondit Elrond

-Ensuite ils m'ont averti et m'ont fait venir. Continua Balin. J'ai essayé d'aller parler à Bilbo mais j'ignore ce qui s'est passé durant la période où il a disparu.

-Il ne vous a rien dit ?

-Il a demandé comment aller Myca puis n'a pas dit un mot.

-Myca ?

-Le jeune garçon qui était avec lui lorsqu'il s'est fait enlevé.

-Alors ? Comment va-t-il ? Ce garçon a pu dire quelque chose ?

-Myca n'a toujours pas été retrouvé. Répondit Balin visiblement attristé

-Nous devons voir Bilbo. Ce qu'il sait sur les ravisseurs nous permettra de sauver sa Comté.

-Vous ne pourrez aujourd'hui. Contredit Elrond. Suite à ses blessures nous lui avons administré un sédatif, il dort en ce moment. Vous pourrez aller le voir demain.

-Pourquoi devoir attendre ? Nous devons agir rapidement ! Protesta l'un des nains

-Je n'ai pas souvenir vous connaître. Répondit l'elfe

-Il s'agit de mon fils. Répondit Gloin.

-Gimli, à votre service.

-Vous apprendrez Gimli fils de Gloin qu'il ne sert à rien de brusquer un blessé surtout lorsque celui-ci est état de choc.

Gimli fixa méchamment Elrond qui lui répondit avec mépris. Ces nains ! Qu'il était mauvais de les avoir chez soi.

-Vous êtes les bienvenues aux côtés de Bilbo Sacquet, restez le temps nécessaire. Le repas va vous être apporté.

Elrond s'inclina devant les nains et quitta la pièce laissant les nains entre eux.

-Monsieur Balin ? L'interpella Ori. Comment va monsieur Bilbo exactement ?

Tous gardèrent le silence attendant avec angoisse la réponse. Balin fixa tour à tour les membres de la compagnie. Thorin fut celui qui le fixa avec le plus d'intensité car il devait être le plus inquiet. Les remords qui dévoraient le roi étaient sans nul doute importants car Thorin et Bilbo s'étaient quittés en de très mauvais termes. Balin caressa sa barbe hésitant à dire la vérité.

-Il va mal. Ses blessures sont presque guéries mais c'est son esprit qui est sujet de préoccupation. Il ne dit rien, mange juste ce qui est nécessaire et reste inactif. J'ignore ce qui s'est passé mais je redoute que cela ait vaincu notre cambrioleur.

Les nains baissèrent la tête et le silence pesèrent sur leurs épaules.

-Non cela ne se peut.

Tous regardèrent Thorin avec étonnement.

-Bilbo nous a aidé lors de la reconquête d'Erebor, il nous a libéré de la forêt, il a fait face par deux fois à Smaug le Terrible et nous a sauvé lors de la guerre des Cinq Armées. Bilbo ne saurait être vaincu, il a eut mainte occasion de nous montrer qu'il était solide.

-Il a raison ! Appuya Fili. Dès demain nous irons voir Bilbo et je suis persuadé qu'il ira mieux. On ne peut pas le laisser tomber.

Les nains acclamèrent le discours des Durin et reprirent confiance en leur cambrioleur. Tout ira bien. L'ambiance se fit plus joyeuse et optimiste, jusqu'à ce que le repas promis par Elrond arriva.

Mais qu'est-ce qu'ont les elfes contre une bonne viande saignante ?

Lorsque le repas fut fini et la soirée bien avancée, les nains allèrent dans leur chambre qu'on leur avait préparé. Thorin avait droit à sa propre chambre grâce à son titre de roi d'Erebor. Dori, Nori et Ori se partageaient une chambre à l'étage inférieur, à leur gauche se trouvaient Oin, Gloin et Gimli, à la gauche de ceux-ci, Bofur, Bombur et Bifur avaient été installé, enfin la dernière chambre était pour Balin, Dwalin et Fili.

Et Kili ?

Lorsque Balin questionna Fili au sujet de l'absence de son frère, il répondit :

-Le conseil a toléré que le roi parte pour aider l'ami du peuple des nains d'Erebor, mais ils ont refusé que tous les Durin quittent Erebor pour cette quête. Donc, Kili a dû rester à l'arrière pour s'occuper et représenter Erebor en tant que héritier du trône. Mais avec la présence de Gimli nous sommes à nouveau treize nains.

T-T-T-T-T-T-T

Lorsque le sédatif ne fit plus effet, la lune siégeait dans le ciel éclairant avec douceur le monde. Bilbo ne sut pas où il était et ce qu'il y faisait. Il se redressa difficilement, chaque mouvement lui donnait envie de se recoucher immédiatement, mais il parvint à s'asseoir sur le lit. Il examina la pièce et se rappela ce qui s'était alors passé.

L'air lui manqua soudain, sa respiration se fit plus saccadée. Les murs se resserraient de plus en plus et il restait désespérément bloqué dans ce maudit lit. Sortir. Il devait sortir. Sortir et vite.

Sa poitrine se levait et s'abaissait à un rythme bien trop élevé, la tête lui tournait affreusement, ses vêtements lui collaient à la peau à cause de la sueur accentuaient la sensation oppressante d'être pris au piège.

Sans qu'il ne sache comment, sans même réellement en avoir conscience, Bilbo quitta le lit, ouvrit avec violence les portes vitrées qui conduisaient à un balcon et vint s'y poser.

Il posa son front contre le marbre, rechercha la fraîcheur dans la pierre et dans l'air. Quand son souffle devint moins chaotique, il sentit toutes ses blessures affligées durant ces derniers mois. Il se souvint de chacune d'entre elles, comment il les avait obtenu, qui les lui avait donné, la manière dont elles ont été soigné. Il se souvint de tout ce qu'il avait vu, sentit, touché et entendu. Tous ses sens avaient été sollicité pour son plus grand malheur. Et pire que tout, il se souvint la raison pour lesquelles il avait dû subir toutes les horreurs marquées sur son corps et dans son esprit.

Il pleura, silencieusement il laissa tout son chagrin s'exprimer. Et il pleura sans savoir si il parviendrait à s'arrêter avant l'aube.

T-T-T-T-T-T-T

Thorin assit sur un des fauteuils présent dans la chambre, fumait sa pipe. Ses yeux bleus étaient glacials, ils étaient indéchiffrables. Le nain s'était égaré dans ses souvenirs permettant ainsi à ses remords de le torturer sans une once de pitié.

Il se rappelait de sa vie à Erebor avant Smaug, de l'attaque du dragon, de la Moria, des années d'errance pour son peuple dont il avait la responsabilité, du deuil que sa soeur et lui avait dû supporter, de sa rencontre avec Gandalf, de la formation de la compagnie, de sa rencontre avec Bilbo.

Il ne put s'empêcher de sourire. Il se rappelait de l'air égaré de Bilbo, de la politesse qu'il avait fait preuve malgré le comportement de ses invités imposés, de la manière dont il perdit conscience à cause de la description donnée par Bofur sur la mort provoquée par le feu d'un dragon.

Il se souvenait de sa surprise lorsque la compagnie dû s'arrêter à cause de l'arrivée inattendu du hobbit qui avait signé le contrat. De l'argent qui s'échangeait suite au pari.

Thorin avait été persuadé que le hobbit ne serait qu'un poids et qu'il trouverait la mort avant d'atteindre Erebor. Non seulement Bilbo était arrivé jusqu'à Erebor mais tous les membres de la compagnie devaient leur vie à Bilbo qui les avait sortie du pétrin plusieurs fois.

Quand il se souvenait de tout ce qu'il devait à Bilbo et de ce qu'il lui avait donné en remerciement, Thorin ne pouvait qu'être honteux et regretter son entêtement. Que n'avait-il pas essayé de contacter Bilbo au lieu d'attendre pareil situation. Il avait beaucoup à dire, des excuses surtout, qui aurait dû parvenir au cambrioleur bien plus tôt.

Thorin soupira bruyamment, il n'aimait pas la situation dans laquelle il se trouvait.

Ses pensées s'assombrirent de plus en plus, l'entraînant doucement mais sûrement dans les ténèbres. Il parvint à leur échapper grâce à un grand fracas qui se fit entendre. Thorin songea à un orage mais le ciel était clair. Le roi se leva et fixa la lune qui resplendissait.

Demain, il s'excusera auprès de Bilbo et mettra tout en œuvre pour l'aider, qu'importe les moyens ou le temps demandé.

T-T-T-T-T-T-T

Le lendemain les nains furent amenés dans une grande salle à manger, absolument magnifique et baignée dans la lumière. Sur une longue table était dressée de nombreux plats qui auraient pu faire saliver n'importe qui. Quel dommage qu'il n'y ait pas de viande. Si cela avait été le cas les elfes n'auraient reçut aucune plainte. Les discussions allaient bon train, on parlait de tout sauf de ce qui était important. Le retour à la réalité se ferait bien assez tôt.

Bilbo avait quitté sa chambre et marchait à pas lent dans Fondcombe malgré son état qui réclamait de rester inactif. Il ne pouvait plus rester enfermé, il avait désespérément besoin d'air alors il se trouvait à errer dans les jardins d'Elrond. Il finit par se poser près d'un arbre, il ferma les yeux et profita de la fraîcheur matinale qui le détendit. Bilbo n'était pas au courant de la venue des nains, il avait accepté que très rarement les visites de Balin si bien que le semi-homme ignorait tout ce qui avait pu se dérouler durant son absence. Cela aurait dû l'importer, il aurait dû demander à être informer de tout au lieu de cela il continuait à rester prisonnier. Qu'importe que les elfes l'ont retrouvé et soigné, qu'importe qu'on le dise de retour, qu'il avait réapparut, en réalité il ne s'en était pas sortit, il y était encore. Il le sentait, il le savait.

La panique le prit à la gorge, il n'en sortirait jamais. Il aurait beau se débattre, il aurait beau espérer, il resterait pour toujours là-bas. Cette fatalité le terrorisa. Sa respiration devint hachée, il ne voyait plus, la tête lui tournait. Il avait tellement chaud. Il était glacé. De l'air, il lui fallait de l'air. Pourquoi ne parvenait-il pas à respirer ? Il essaya de partir mais il avait déjà abusé de son corps en se rendant jusqu'ici et la panique ne l'aidait pas à contrôler ses gestes.

Il était dans un tel état qu'il ne remarqua pas que l'on s'approcha de lui. Avec inquiétude, une main se posa sur son épaule mais le contact fit s'agiter encore plus encore Bilbo.

-Tout va bien. Lui affirma-t-on. Vous êtes en lieu sûr. Respirez. Non plus doucement. Voilà calmez-vous.

Une fois sa poitrine moins agitée, Bilbo prêta attention à l'homme face à lui, car il s'agissait bien d'un homme mais qui paraissait être un adolescent. Brun et assez grand. Mais n'importe qui est plus grand qu'un hobbit songea Bilbo ce qui le fit rire.

L'homme fut déstabilisé par la soudaine hilarité du semi-homme qui était ravagé par les larmes quelques minutes plus tôt.

-Vous allez mieux ?

Bilbo hocha vaguement la tête.

-Merci. Répondit-il

-Avez-vous une chambre à Fondcombe ?

-Oui on m'en a prêté une.

Bilbo passa ses mains sur son visage essayant d'essuyer la sueur et les larmes qui le recouvraient.

-Vous devriez vous y poser. Dois-je vous y accompagner ?

L'homme crut avoir perdu son interlocuteur tant son regard devint vague, en réalité le semi-homme calculait la probabilité qu'il parvienne en un seul morceau jusqu'à la chambre dans l'état dans lequel il était. Il n'avait pas envie de recevoir de l'aide, surtout pour quelque chose d'aussi simple que se déplacer. Il mourrait d'envie de refuser et de se débrouiller. Mais il sentait la limite de son corps. Le simple fait d'avoir bougé ses bras avait réveillé une atroce douleur. Bilbo poussa un soupir tout en passant une main sur le front.

-Je le crains.

L'homme plaça Bilbo sur son dos et lui demanda où se trouvait la chambre. Ensuite ni l'un ni l'autre n'essaya de faire la conversation, ce qui arrangea le hobbit qui n'avait absolument aucune envie de parler. Une fois parvenu à la chambre, l'homme voulut poser le semi-homme sur le lit mais celui-ci décréta qu'il serait mieux sur un des fauteuils et bien que le porteur ne le crut pas il ne chercha pas à le contredire.

Une fois bien installé, Bilbo soupira d'aise et remercia le jeune homme.

-Ce n'est rien. Répondit-il modestement

-Je n'ai pas souvenir vous connaître.

-C'est parce que c'est la première fois que l'on se rencontre. On m'appelle Estel en ces lieux.

-Enchanté, je m'appelle Bilbo Sacquet.

-Oh, j'ai entendu parler de vous. En bien. Précisa-t-il. Vos amis sont arrivés hier.

-Mes amis ?

Sitôt eut-il prononcé ces mots, la porte s'ouvrit pour laisser entrer les nains qui n'avaient pas eu la politesse de frapper et Elrond. Ce dernier salua Estel en le voyant puis quand il sut ce qu'il faisait ici il réprimanda le hobbit.

-Vous n'auriez pas dû quitter votre chambre.

-C'est ce que j'ai remarqué.

Les nains coupèrent court à la discussion entre Bilbo et Elrond en saluant vivement le hobbit. Estel s'excusa auprès d'Elrond et quitta la pièce. Le seigneur elfe laissa les nains et le semi-homme discuter comme ils l'entendaient mais resta dans la pièce.

-Cela fait bien longtemps monsieur Sacquet !

-Comment vous sentez-vous ?

-Je vais bien. Parvint-il à répondre. Mais que faites-vous ici ?

En effet Bilbo n'avait jamais cru revoir les nains suite à ce qui s'était passé à Erebor, revoir Balin n'avait pas réellement atteint cette certitude, c'est pour cela qu'il ne comprenait pas pourquoi il était entouré par autant de nain.

La compagnie s'était installée à leur aise dans la chambre et était ravie de voir Bilbo. Suite à la description faite sur l'état de santé de leur cambrioleur, ils ne furent pas surpris de le voir fatigué et un peu perdu.

-Je les ai prévenus de ce qui se passait à la Comté. Expliqua Balin. Ils sont venus pour vous aider.

-M'aider ?

-On n'a pas peur de se battre ! S'exclama Ori. On va massacrer ceux qui vous ont enlevé !

-Reste calme. Ordonna Dori

Le hobbit se sentait perdu dans toute cette agitation et alors qu'il voulait reprendre ses esprits on l'interpella.

-Vous auriez dû nous prévenir de ces disparitions bien plus tôt. Reprocha gentiment Bofur

-Disparitions ?

-Dites-nous, que vous est-il arrivé ? Demanda brusquement Gimli

-Pardon mais, qui êtes-vous ?

-Comment vous en êtes vous sortit ?

-Sortit où ?

-Est-il vrai qu'un enfant était avec vous ?

-Myca. Comment va Myca ?

Toute cette agitation n'aidait en rien Bilbo à se calmer. Il perdit à nouveau le contrôle de sa respiration, il ne cessait de devoir tourner la tête à droite et à gauche, tout son corps était tendu. Il voulait qu'il sorte tous. Mais comment les congédier ? Il avait tellement envie de leur hurler de partir. Elrond observa le comportement de tous et se focalisa sur Bilbo.

Bien qu'il semblait avoir de conscience de l'endroit où il se trouvait et avec qui, il paraissait ne pas comprendre lorsqu'on lui parlait de son enlèvement et des sept derniers mois. Aurait-il pu oublier ? Non cela ne pouvait être retenu, Bilbo avait prouvé avec ses crises être parfaitement conscient de ce qui s'était passé. Mais il venait de subir une crise un peu plus tôt et l'agitation ne l'aidait pas à se remettre les idées en place. Elrond s'apprêta à congédier les nains quand il fut prit de vitesse.

-Sortez.

La voix de Bilbo était marquée par l'épuisement mais elle parvenait à être suffisamment forte pour être entendu de tous les nains. Tous se regardèrent avec surprise et n'osèrent bouger.

-Bilbo, nous souhaitons vous aider. Commença doucement Balin

-Nous sommes venus d'Erebor dans cet unique but. Grogna Gimli mécontent

Gloin remit Gimli à sa place en lui disant d'être plus poli.

-Je sais. Soupira Bilbo en passant sa main sur son front. Je sais. J'en ai parfaitement conscience croyez-moi. Mais j'ai besoin...Sortez...s'il vous plaît.

Sans qu'il ne puisse y faire quoi que ce soit, la voix de Bilbo se brisa sur les derniers mots. Il avait désespérément besoin d'être seul, désespérément besoin d'air. Et maintenant.

Les nains se regardèrent et se mirent d'accord en silence. Dans un même mouvement, ils se levèrent tous et se dirigèrent vers la sortie. Elrond ouvrit la marche après avoir rappelé à Bilbo qu'il n'avait pas à hésiter à faire appeler les serviteurs si le besoin s'en faisant ressentir. Bofur quand à lui avertit le cambrioleur qu'ils repasseraient.

Quand la porte se ferma, laissant Bilbo seul dans la pièce, le hobbit ferma les yeux et se détendit enfin ce qui lui permit ainsi d'avoir les idées claires. Il se sentit sale, incroyablement sale, ce qui n'était pas vraiment étonnant avec toute la sueur froide que ses crises avaient provoqué alors il se leva et se rendit dans la salle d'eau rattachée à sa chambre.

Pour avoir un bain chaud les elfes devaient se débrouiller de cette manière :

Une grande bassine était surélevé, au dessous se trouvait en permanence du bois qu'ils devaient allumer, une fois que le feu prenait bien alors ils faisaient couler l'eau dans la bassine grâce à un ingénieux système, quand l'eau était suffisamment chaude ils n'avaient plus qu'à se laver et se détendre par la même occasion.

Les hobbit possédaient un système assez similaire sauf qu'ils faisaient chauffer l'eau là où elle était stockée et non lorsqu'elle était dans la bassine.

Bilbo prépara donc son bain comme cela devait être fait et s'installa dans la bassine. Il commença par se laver avec le savon au parfum des fruits de saison et d'une brosse qui le fit grimacer à chaque fois qu'elle passa sur une de ses blessures.

La pire de ses blessures selon lui était celle qui traversait son abdomen, il laissa ses doigts l'effleurer mais c'est le souvenir qui le fit frissonner.

Il replongea rapidement la tête sous l'eau et y resta jusqu'à ce que l'air lui manque. Il inspira profondément en plaquant ses cheveux, devenus lisse à cause de l'eau, en arrière avant de se poser contre le bord et s'étira de tout son long. Il ferma les yeux et enferma son esprit dans des souvenirs plus agréables.

Il redevenait un enfant et ses parents étaient vivants. La Comté lui paraissait sans fin alors qu'il passait toutes ses journées à l'explorer, à rechercher des elfes. De la cuisine de son cher smial s'échappaient de nombreuses et délicieuses odeurs à chaque fois que sa mère préparait les repas. Il salivait rien qu'en repensant au fameux crumble aux fraises de sa mère, il n'existait pas meilleurs crumble que celui-là. Il rit doucement en se remémorant à la première fois qu'il avait fumé à la pipe, c'était durant un repas de famille, son père lui avait passé la sienne pour qu'il puisse tirer une bouffée lorsque sa mère les avait vu elle était devenu furieuse, son fils n'avait pas encore vingt-six ans et son mari était décidément bien stupide. Le sourire de Bilbo s'agrandit lorsqu'il se souvint quelle tête avait fait son père quand sa mère le priva de sa pipe. Ses parents étaient morts alors qu'il était encore jeune malgré cela jamais ses parents lui avait autant manqué. Il se permit de soupirer avant de sourire à nouveau. Dans ces souvenirs, il voulait bien s'y noyer.

Il se décida à sortir de l'eau au bout de quelques minutes supplémentaires, il fit évacuer l'eau dans le conduit prévu à cet effet, il s'essuya en prenant garde à ses blessures et il s'habilla avec les vêtements que les elfes avaient eu la bonté de lui prêter.

Ses cheveux redevenaient bouclés quand il quitta la salle d'eau.

-Allez-vous mieux ?

Bilbo sursauta violemment par cette présence imprévue. Thorin se tenait debout prés des fauteuils et fixait intensément le hobbit qui se braqua presque aussitôt.

-Je vais mieux.

Juste un souffle. Il se racla la gorge avant de reprendre :

-Êtes-vous là depuis longtemps ?

-Non. Je ne suis pas resté longtemps avec les autres, je voulais vous parler seul à seul, mais...

-Mais vous vous êtes perdu. Deux fois.

Au lieu de se vexer d'avoir eu la parole coupée, Thorin sourit à Bilbo qui lui rendit bien que faiblement.

-De quoi vouliez-vous me parler ?

-Puis-je ? Demanda Thorin en indiquant un des fauteuils

-Non.

La réponse du semi-homme le déboussola tant qu'il n'osa parler ou bouger, le nain attendait la moquerie qui ne venait pas. Les choses allaient être encore plus difficiles que prévue. Bilbo lui faisait face avec sa mine butée et les bras croisés sur sa poitrine avec force.

-Je tiens à ce que vous sachiez que je regrette que nous nous retrouvions dans pareille circonstance. Nous aurions dû reprendre contact suite à la reconquête d'Erebor, qui est en partie de votre fait. Nous nous sommes quittés en d'horrible circonstance que nous aurions pu éviter. L'Arkenstone est sans nul doute le plus beau des joyaux mais...

-Ne me parlez pas de cette affreuse pierre. Le coupa Bilbo furieux. Si c'est pour me parler de cette horreur, vous pouvez partir.

-Une horreur ? S'exclama Thorin avant de reprendre difficilement son calme. Je n'étais pas venue parler de l'Arkenstone de toute façon. J'étais venu parler de notre quête, de la reconquête d'Erebor.

-Alors partez.

-Allez-vous m'écouter à la fin ?

-Je n'en ai pas envie. Je ne vois pas pourquoi nous devrions parler de votre comportement stupide et odieux.

-Mon comportement stupide et odieux ? Je crois me souvenir que vous nous avez tous honteusement trahi sans remord.

-Si vous avez appelé trahison le fait d'essayer de vous mettre un peu de plomb dans votre cervelle alors oui j'ai essayé de toutes mes forces de vous trahir.

-Comment osez-vous ? Alors que j'étais venu pour m'expliquer pour mon comportement.

-Il n'y a rien à expliquer. Il fallait absolument préserver l'or de votre pauvre petit peuple même si cela devait déclencher une guerre et je ne suis qu'un voleur et un traître. Vous avez bien insisté dessus.

-Vous êtes tellement entêté.

-Moi entêté ? C'est vous qui osez me dire ça ?

-Vous êtes la personne la plus entêté de la Terre du Milieu. Si j'avais su que vous n'auriez de cesse de remettre mon autorité en question je ne vous aurais pas laissé ce contrat.

-Parce que vous croyez que je ne regrette pas de l'avoir signé ? Cela a été la pire des décisions que j'aurais pu prendre.

-Vous ne le pensez pas. Fit le nain secoué par les propos de son vis à vis

-J'aurais dû y mettre le feu. Persista Bilbo. Vous laissez partir pour votre aventure insensée et sans intérêt. Je suis un hobbit, jamais je n'aurais dû me mêler de cette histoire ridicule.

-Insensée ? Sans intérêt ? C'est donc ainsi que vous voyez la reprise de notre maison ?

-Jamais j'aurais dû m'en mêler. Jamais. Jamais. Jamais.

Bilbo débuta alors une litanie rythmée par le secouement de sa tête, il semblait incapable de prononcer tout autre mot, il avait ses yeux posaient sur Thorin mais ne le regardait pas. Le comportement du hobbit mis mal à l'aise le roi, sûrement qu'il devait faire quelque chose mais il ne savait pas quoi. Décidant qu'il ne pouvait laisser le hobbit ainsi, il prit sur lui et s'approcha d'un pas qui se voulait sûr. Thorin l'attrapa fermement aux épaules ce qui fit tressaillir le pauvre Bilbo.

-Ne me touchez pas. Ordonna-t-il

-Je voulais juste...

-Partez. Laissez-moi seul.

Il se dégagea d'un coup sec de l'emprise du nain et se dirigea rapidement vers la porte qu'il ouvrit.

-Partez.

Thorin et Bilbo se fixèrent, aucun ne voulant céder à l'autre.

-J'espère que vos très chers amis elfes sauront vous supporter. Cracha Thorin froidement avant de quitter la pièce

Bilbo claqua si fort la porte que les elfes à proximité sursautèrent et jetèrent des coups d'œil dans la direction de Thorin qui se prit tous les regards noirs auquel il répondit avec mépris. Il se rendit ensuite à sa chambre qui s'avéra être en dessous de celle de Bilbo, il y fit les cent pas cherchant à se calmer. Le discours tenu par le semi-homme l'avait profondément énervé et blessé, bien plus qu'il ne s'y était attendu.

Qu'est-ce qui avait cloché ?

Il ne comprit pas l'emportement de Bilbo, pas plus qu'il n'accepta son impolitesse. Comment avait-il pu lui refuser de s'asseoir et le congédier de cette façon. Il était Thorin Ecu-De-Chêne, il méritait un meilleurs traitement que celui là.

Il était entrain de s'agiter quand on frappa à sa porte.

-Entrez. Grogna-t-il

Balin ainsi que Dwalin entrèrent dans la chambre, ils se jetèrent un regard intrigué en voyant l'énervement de Thorin. Ce dernier n'apprécia pas le silence et demanda sèchement la raison de leur venue.

-Le repas est prêt. Répondit Balin. Nous t'attendons pour manger.

-Je n'ai pas envie de m'y rendre. Soupira Thorin exaspéré bien qu'il ne pouvait ignorer que sa présence était obligatoire

-Le hobbit a pris place à table. Précisa Dwalin

Étant celui qui discutait le plus souvent avec Thorin, Dwalin avait bien conscience que son roi appréciait grandement le cambrioleur. La première expression de Thorin fut de la surprise mêlé à une certaine joie comme l'espérait Dwalin, mais rapidement Thorin se rembruni avant de déclarer énervé :

-Ce satané hobbit ! Je n'ai pas envie de le voir non plus.

Cette fois-ci les frères se regardèrent avec un certain amusement.

-Il n'a pas accepté tes excuses ?

-Il ne m'a pas laissé les exprimer.

-Qu'est-ce que tu as dis ?

-Je n'ai pu rien dire. Satané Sacquet ! Il s'est soudainement énervé sans aucune raison.

-Es-tu sûr que tu n'as rien dit qui a pu le froisser ? Il s'est bien énervé pour quelque chose.

-Vous insinuez que c'est entièrement de ma faute ?

-Non, nous n'oserions pas. Répondit Balin avec une pointe d'ironie

Thorin lança un regard glacial au vieux nain qui soutint avec un sourire en coin.

-Nous en discuterons plus tard. Le repas est prêt. Rappela Dwalin

Les deux autres nains opinèrent et ils se rendirent dans la même salle où ils avaient pris le petit déjeuner. L'ambiance y était légère, chacun riant et y allant de sa blague, même Bilbo paraissait reposé et joyeux. Thorin s'excusa pour son retard et quand il fut attablé on attaqua les plats.

Bilbo s'adressa aux nains et à ses hôtes avec toute la politesse caractéristique des hobbits, il se montra être d'une agréable compagnie. Ce qui énerva Thorin. Ce semi-homme se comportait comme si il ne s'était rien passé, c'est à peine si il paraissait avoir été énervé contre Thorin. Seulement les regards noirs en coin qu'il recevait parfois de Bilbo confirmaient au nain qu'il n'avait pas rêvé la dispute.

Satané hobbit !

Après le repas, Bilbo resta avec les nains, essaya de se faire pardonner son comportement de la matinée tout en évitant avec soin toute conversation se rapportant avec la raison de la venue des nains. Thorin se tenait à l'écart quand il fut interpellé par Balin qui lui demanda ce qui s'était exactement passé, il obtient un récit assez fidèle à force de poser les bonnes questions et de vouloir avoir tous les détails.

-Voulais-tu vraiment d'excuser ?

-Évidement.

-Rappelles-moi de ne jamais te laisser t'excuser au nom d'Erebor sinon nous finirions en guerre.

-Je n'ai rien dis de mal. Objecta Thorin

-Tu as employé le nous, le rendant responsable des erreurs dont tu voulais d'excuser et puis lui parler de l'Arkenstone alors que c'est à cause de ce joyaux que Bilbo a été contraint de nous quitter en mauvais terme était sûrement la pire idée que tu aurais pu avoir. Tu aurais dû commencer par dire « je m'excuse » cela lui aurait tellement coupé l'échine que tu aurais pu lui raconter toute l'Histoire de la Terre du Milieu sans qu'il n'ose rétorquer quoi que ce soit.

À tout cela Thorin n'y avait pas songé mais hors de question qu'il l'avoue.

-Mais il a renié notre quête, il regrette la moindre aide qu'il nous a apporté. Il a décrété comme insensé le fait de regagner notre royaume.

-Je sais. Il me l'a également dit une des rares fois où j'ai pu lui rendre visite après que les elfes l'aient retrouvé.

Thorin ne tenait plus en place et faisait des aller retour incessant devant Balin qui demeura assis.

-Mais pas avant.

Cette simple petite phrase fit stopper net le roi qui fixa intrigué le nain espérant ainsi qu'il poursuivrait.

-J'ai eu le temps de discuter avec Bilbo de notre aventure, durant les derniers mois où j'ai séjourné à Cul-De-Sac j'ai appris comment était Bilbo avant et après son retour d'Erebor. Son aventure n'a pas été qu'une partie de plaisir, il le reconnaît mais il aimait la partageait, en parlait. J'ai bien remarqué qu'il a été déçu de ne voir que moi sur le seuil de sa porte. Je pense qu'il voulait formuler quelques excuses lui aussi. Le changement s'est opéré pendant le laps de temps où il a disparu.

-Et qu'as-tu appris ?

-Tout d'abord Bilbo ne regrette pas de nous avoir aidé à reconquérir Erebor à cause de la manière dont vous vous êtes comporté, du peu que j'ai pu comprendre lors d'une crise à laquelle j'ai assisté, il regrette de nous avoir aidé à cause des répercussions que cela a eu sur la Comté.

-La Comté est bien loin d'Erebor.

-Savais-tu que les peuples possèdent des moyens de guérison distinctive ? Jusqu'à la forme du point de suture ?

-Non, je l'ignorais. Ne put-il qu'y répondre étonné par le changement de sujet. Où veux-tu en venir ?

-D'après l'elfe qui a soigné Bilbo, les blessures qu'il a obtenu au cours des derniers mois ont été soigné par des orcs.

-Ces odieuses créatures ne sont douées que pour la destruction.

-Oh non, ils possèdent une certaine science de la guérison.

Le roi d'Erebor observa Balin afin de déterminer la justesse de ses propos, après tout, Thorin n'arrivait pas à concevoir ces bêtes d'orcs faire autre chose que détruire. Mais le vieux nain était sûr de lui et de ses affirmations, il n'y avait pas l'ombre d'une moquerie ou d'un doute.

-À quand remonte la première disparition confirmée ? Demanda alors le brun qui suivait le fil de pensée dans lequel Balin voulait l'entraîner

-Quelques mois après le retour attesté de Bilbo dans la Comté.

-Nos ennemis seront donc devenus les siens.

-C'est ce qui apparaît.

En contre bas on entendait le rire des membres de la compagnie. Pour s'entraîner on combattait en duel, les spectateurs encourageaient les participants avec beaucoup d'énergie. D'autre faisait un concours un peu plus reposant, celui des ronds de fumé dont l'objectif était de faire le rond au plus gros diamètre.

Bilbo parvenait à battre les autres nains facilement tout en applaudissant le vainqueur d'un des duels.

Thorin fixait le hobbit, progressivement toute sa colère s'effrita pour être remplacé par le remord et l'incompréhension.

-Mais pourquoi ? Azog est mort, nous avons eu sa tête détachée du reste du corps comme preuve. Et si il s'agit d'une vengeance contre notre victoire durant la guerre des Cinq Armées, pourquoi ne pas nous avoir attaqué ? Ou les elfes et les hommes ? Il n'y avait que Bilbo pour représenter les hobbits alors pourquoi s'en prendre à eux ?

Il était réellement déconcerté par l'attitude des orcs qui lui sembla illogique. Pourquoi n'avaient-ils pas réclamé sa tête ? Lui, Thorin fils de Thrain, qui avait abattu Azog. Pourquoi voulaient-ils la tête de Bilbo fils de Bungon.

Balin qui avait déjà eu tout le temps de penser au motif de leur ennemi, répondit avec la lassitude provoquée par son âge :

-Une fois Azog mort, son fils Bolg a reprit la relève et ne cherche qu'à venger leur honneur.

-Quel honneur peuvent-ils avoir ? Et pourquoi les hobbits ? Il aurait été plus logique de s'en prendre à nous.

-Cela aurait été un choix téméraire mais pas des plus intelligents. Les orcs vaincus doivent être peu et déroutés. Comment alors auraient-ils pu s'attaquer à Erebor ? Comment auraient-ils pu s'aventurer dans la forêt Noire ? Comment auraient-ils pu s'en prendre aux hommes qui ont de solide alliance ?

-Alors pour venger ce qu'ils osent appeler leur honneur, ils s'attaquent aux hobbits qui ne connaissent rien du monde et de la guerre. Dit Thorin avec amertume

Balin ne put qu'acquiescer désolé. Ils restèrent silencieux un instant durant lequel Thorin réfléchissait à la marche à suivre maintenant qu'il connaissait l'ennemi. Quand il annonça à Balin ce qui devait être fait, le nain lui répondit à chaque fois.

Il nous faut retrouver la trace des orcs à partir du lieu où Bilbo a disparu.

Nous ignorons où exactement Bilbo a été enlevé puisqu'il a refusé d'en parler, de plus la piste est vieille de plusieurs mois maintenant.

Il faut partir de l'endroit où Bilbo a été retrouvé dans ce cas.

Les elfes qui y avaient pensé n'ont rien retrouvé de concluant.

Et bien ils devaient partir des lieux où s'étaient produites les autres disparitions.

C'était faisable mais cela ne sera pas une tache aisée car on ignorait à chaque fois l'endroit exacte où les victimes se faisaient enlever.

Alors ils devaient les tenir en échec en protégeant la Comté des attaques jusqu'à ce qu'ils parviennent à remonter à la tête.

Et la stratégie à aborder était évidemment...

Ils devaient avoir recensé le lieu où les personnes disparaissaient, même si c'était approximatif. Ils verraient sans aucun doute une région plus attaqué que les autres. Il la défendrait et ferait en sorte de faire parler les orcs qu'ils parviendraient à attraper.

C'était effectivement quelque chose qu'ils pouvaient faire.

Mais.

Mais pour tendre une embuscade il fallait des informations. Les orcs étaient leurs ennemis. Très bien. Alors combien étaient-ils ? Comment opéraient-ils pour enlever les hobbits exactement ? Se rendaient-ils dans un lieu en particuliers ? Que faisaient-ils des hobbits ? Car après tout, à part Bilbo, on n'en avait retrouvé aucun mort ou vif.

Ces informations ils ne les possédaient pas.

En effet la seule personne qui aurait pu répondre à toutes ces questions était Bilbo qui refusait catégoriquement d'en parler.

Thorin et Bilbo regardèrent le semi-homme, ils savaient tous deux qu'ils devaient réussir à le faire parler assez rapidement puisqu'ils ignoraient pendant encore combien de temps la Comté tiendrait face aux orcs.

T-T-T-T-T-T-T

Bilbo était assis dans un des fauteuils de sa chambre, un livre entre les mains dans lequel il s'était plongé après le dîner. Il entendit la poignée être tournée mais la porte resta close puisqu'il l'avait fermé. Il fixa la porte s'attendant à ce que la personne qui se trouva derrière se présente et demande à rentrer mais au lieu de cela il entendit le bruit des pas qui s'éloignaient. Il reprit sa lecture sans plus s'en occuper. Quelques minutes plus tard, il entendit du bruit provenant du balcon. Il fronça les sourcils en se dirigeant vers les portes vitrées qu'il ouvrit. Il vit alors un grappin de fortune fermement accroché au rebord, Bilbo resta stupéfié et n'osa bouger.

-Non mais c'est une blague. S'exclama-t-il en voyant Thorin surgir

Le nain enjamba le rebord pour faire face au semi-homme.

-Vous aviez fermé la porte à clé.

-Ce n'était pas pour que vous passiez par le balcon.

-Je veux vous parler.

-Ça n'excuse pas de passer par le balcon. Il y a une porte, c'est bien pour que ça serve à quelque chose.

-Vous ne m'auriez jamais ouvert.

-Là dessus vous avez raison.

-Vous pourriez avoir la politesse de nier ce fait.

-Et vous pourriez avoir la politesse d'arrêter de débarquer sans prévenir.

Thorin dû prendre sur lui pour calmer la colère qui s'insinuait dans ses veines alors que face à lui Bilbo croisait les bras et tapait du pied.

-Laissez-moi rentrer que nous discutions. Dit le nain en faisant un pas en avant

-Non, si c'est pour discuter comme ce matin, je n'en ai pas envie.

Et disant cela Bilbo regagnât sa chambre et ferma à clé les portes vitrées.

-Vous n'êtes pas sérieux ? Je viens de passer par le balcon pour vous parler. Protesta Thorin

-Je n'ai pas souvenir de vous avoir demandé de le faire.

Le brun voulu à nouveau protester mais le semi-homme ferma d'un coup sec les rideaux. Et il ose critiquer son caractère. Après avoir poussé un soupir, Thorin parvint à se calmer suffisamment pour expliquer les motifs de sa venue.

-Je voulais que l'on parle de ce qui s'était passé à Erebor, je voulais m'excuser. Dit-il en butant sur le dernier mot

Dans sa chambre, Bilbo regarda le rideau comme si c'était lui qui venait de lui parler et sans en avoir réellement conscience il se rapprocha de la fenêtre afin de pouvoir faire face au nain.

-Je voudrais aussi que nous parlions de ce qui s'est passé au cours des derniers mois.

Bilbo retira sa main du rideau avec autant de rapidité et de peur que si il avait prit feu. Thorin ne pouvant percevoir dans quel état se trouvait le hobbit, continua :

-Vous nous avez aidé contre Smaug, nous voulons vous aider contre les orcs.

Cette fois le hobbit recula jusqu'à ce qu'il se cogna contre la table basse, ou du moins devait-elle l'être pour les elfes.

-Bilbo, nous devons parler de tout cela. Ouvrez-moi.

Mais rien ne se produisit. Les rideaux ne bougèrent pas et Thorin n'entendit aucun bruit dans la chambre.

-Cela doit être difficile pour vous mais vous ne pouvez fuir. C'est votre Comté qui est en danger et nous avons besoin de votre aide pour la sauver.

Toujours rien et cela commençait à l'agacer.

-Vous risquez de perdre votre maison. Tous vos proches sont en danger.

-Comme si je ne le savais pas. Cracha Bilbo avec hargne

Ravi d'avoir une réaction, il dechanta en réalisant que ce n'était pas en énervant Bilbo qu'il parviendrait à rentrer.

-Je sais que tout est de ma faute si c'est pour me dire ça que vous êtes venu alors partez.

-Bilbo...

-Partez !

Satané hobbit. Thorin chercha les mots, les tournures de phrase qui calmeraient Bilbo mais tout ce qu'il voulait faire était de briser ces foutus portes et entrer sans son autorisation. Très mauvaise idée il le savait. Il prit sur lui se disant qu'il se vengerait sur les meubles de ses hôtes.

-Je repasserais. Promit-il

Et il repassa.

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Commentaires :

Merci à vous toutes et à vous tous (si il y a des garçons) pour avoir pris le temps de laisser une review. Cela me fait réellement plaisir de constater que des personnes sont intéressé par ma fic et j'espère que ce chapitre ne vous a pas déçu et que le prochain vous plaira également voir plus^^ J'ai pris beaucoup de plaisir à écrire la scène du balcon, je croise les doigts pour que vous en ayez eu à la lire. Pour ceux qui seraient inquiet par la non présence de Kili, sachez que je n'ais rien contre ce personnage et qu'il a un rôle à jouer dans mon histoire^^

Guest : Merci pour ta review qui a été la première que j'ai reçu \o/ et j'espère ne pas t'avoir déçu

Jjujuu : Tu es la seconde personne à m'avoir commenté alors que la fic venait tout juste d'être posté. Un grand merci à toi aussi. J'espère que tu continues à adorer mon histoire et que malgré le fait que tu saches maintenant qui a enlevé les hobbits tu ais d'autre question en réserve pour continuer à lire ma fic.

L : Voici la suite réclamée à grand cri ! Le méritait-elle? J'espère que oui. Merci d'avoir laissé une review ça m'a fait plaisir de la recevoir.